L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de Mme Maïté Blanchette Vézina, députée de Rimouski

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de Mme Maïté Blanchette Vézina, députée de Rimouski

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mercredi 6 mai 2026, 9 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Neuf heures vingt minutes)

Mme Blanchette Vézina : Bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, je suis avec Doris Chabot, de Québec mérite mieux, pour vous revenir aussi sur la pétition qui a circulé depuis à peine un mois, pétition qui avait déjà circulé, là, rappelons-le, elle avait recueilli plus de 33 000 signatures, mais n'était pas conforme au format de l'Assemblée nationale pour pouvoir être déposée à l'Assemblée nationale. Donc, la pétition, qui demande, là, donc, d'imposer un moratoire pour sauvegarder les arbres sur le tracé du tramway, va être déposée aujourd'hui. Elle a recueilli plus de 12 000 signatures, 12 284 très exactement.

Écoutez, je pense que c'est un moment important. Ce qu'on demande à la première ministre, c'est de prendre un pas de recul, dans le dossier du tramway notamment, parce que, sincèrement, c'est des sommes qui sont dépensées alors que le projet n'est pas ficelé. Et alors que le projet... on vient d'avoir un sondage qui est sorti hier, mené par Respect Citoyens, le projet n'a pas l'aval de la population de Québec. On est à 66 % des citoyens qui sont contre si le coût du projet est à 7 milliards de dollars, ce qui est très, très probable, et ça monte à 76 % des gens qui sont contre. Donc, trois personnes sur quatre à Québec ne sont pas en faveur d'un projet de tramway. Et ça, bien, ça s'explique notamment parce qu'il y a d'autres priorités pour les Québécois. Et c'est aussi ce qu'on demande à la première ministre de considérer dans un contexte où, économiquement, le Québec, c'est difficile pour les citoyens, c'est difficile aussi d'un point de vue budgétaire. Est-ce que ce projet là, aujourd'hui, à la lumière de ce qu'on a comme situation économique aujourd'hui, est une réelle priorité? Ça ne devrait pas être la santé? Ça ne devrait pas être des infrastructures qui sont en train de dépérir, des infrastructures routières par exemple, d'autres?

J'ai l'impression... Et là on a encore annoncé, le gouvernement a encore annoncé, des sommes qui vont servir à un projet qui n'est pas finalisé, 55 millions pour faire un... pour faire un tunnel. On a déjà eu, dans l'histoire de la ville de Québec, des bretelles d'autoroute qui se jetaient dans un cap, qui ont été là pendant je ne sais pas combien de décennies. C'est des sommes que les Québécois gagnent durement. Chaque million de dollars, aujourd'hui, qui est dépensé par le gouvernement du Québec devrait être regardé à la lumière de ce que les Québécois ont comme difficultés financières. Plutôt que de dépenser des sommes pour démontrer électoralement qu'un projet avance, je pense qu'il est important que le gouvernement fasse preuve de prudence avec les fonds publics et s'assure qu'il y aurait des sommes uniquement lorsque le projet sera... aura son montage financier finalisé et que ce sera un réel projet pour ne pas qu'on se retrouve avec, comme on l'a eu dans le passé, des bretelles d'autoroute qui n'arrivent nulle part. J'aimerais céder la parole à Mme Chabot, s'il vous plaît.

Mme Chabot (Doris) : Alors, bonjour à tous. Je suis contente puis je remercie, en fait, d'avoir une écoute, parce que, dans le fond, les citoyens, depuis le début de ce projet-là, n'ont pas d'écoute, hein? Si on voit que plus ça monte le montant des coûts, plus l'adhésion baisse, c'est parce que les gens ont leurs priorités. J'écoutais hier, en ligne, sur Cube, des lignes ouvertes, un monsieur qui appelait puis il pleurait parce qu'il mangeait juste un repas par jour pour que ses enfants puissent manger. Et qu'on fasse une telle violence, un, à l'environnement... Parce que raser les arbres matures avant de savoir les coûts, avant de savoir si le projet est financé, parce que ça prend les coûts... Quand on disait : On veut le financement, on veut le financement, bien, on ne peut pas avoir le financement tant qu'on n'a pas, en 2027, le rapport de la CDPQ Infra qui va dire combien ça va coûter. Donc, il faut aller étape par étape.

Ça ne donne rien de raser des arbres comme ils ont fait avec le boisé Legendre puis le boisé Rochebelle qui a été coupé il y a quatre ans, qu'il ne s'est rien passé pendant quatre ans. Ça fait que c'est une violence qui est faite à l'environnement, qui est faite à la faune et à la flore, mais, en plus, qui est faite aux expropriés. Parce que les expropriés, là, qui ne dorment pas la nuit depuis des années, qui se font dire : Il y a quelque chose qui va arriver et qui ne savent pas... on ne leur donne pas d'aide. Puis on... eux, ils ressentent ça comme de la violence. Quand il y a eu le reportage de Radio-Canada sur les expropriations à Mirabel, on a fait un reportage 20 ans plus tard, puis on dit : C'est épouvantable, ce que les gens ont vécu, ils ont vécu de la violence, ils ont des vies brisées, bien, c'est ça qu'on est en train de vivre à Québec. Ce n'est pas parce que vous ne le voyez pas aux nouvelles que ça n'existe pas, ça, les gens que ça cogne à la porte, on t'a pris ton terrain, on prend ton parking, on prend tes arbres, puis tu n'as rien à dire, prouve-nous que ça vaut de l'argent. C'est aux citoyens à se dépatouiller avec ça.

Ça fait que c'est vraiment... c'est comme en parallèle, les élus s'en vont, nous, on fait ça, sans égard à l'opinion, puis sans égard à qui va le payer, puis sans égard à la violence que tous les niveaux, que ce soit la nature, la faune, la flore puis les citoyens, vivent. Alors, je demande au gouvernement d'avoir un minimum d'écoute envers tous ces êtres vivants là. Merci.

Journaliste : Je vous écoute, là, toutes les deux, on comprend que, bon, les arbres, c'est quand même secondaire dans votre discours. L'objectif, c'est la fin du projet.

Mme Blanchette Vézina : Bien, écoutez, les arbres, c'est quand même important, c'est des arbres centenaires, ce n'est pas quelque chose qui repousse en deux temps trois mouvements. C'est un des aspects, effectivement, du problème, mais il y a aussi des gens qui sont touchés par ces expropriations-là, alors que le projet, on le sait, là, avant 2027, on n'aura pas les coûts réels. Et, je le rappelle, on a... le gouvernement a autorisé des sommes pour faire des travaux pour un troisième lien, autre bel exemple, là, sur un tracé qui ne sera pas retenu, là. Encore une fois, on repart sur une nouvelle cassette, un nouveau projet, un nouvel appel d'offres, alors qu'il y avait 150 millions, là, de mémoire, qui avait été autorisé l'été dernier pour faire des travaux préparatoires pour un projet qui ne se réalisera pas dans ce tracé-là.

Ce qu'on demande au gouvernement... c'est qu'en ce moment, là, les Québécois, le coût de la vie, c'est très difficile, est-ce que la priorité, c'est de faire un tramway, des travaux préparatoires d'un tramway qui n'est pas prêt? En tout cas, ce qu'on entend du sondage qui a été mené par Respect Citoyens, c'est non, ce n'est pas une priorité pour les gens de la ville de Québec, puis ce n'est pas une priorité, je pense, pour les Québécois. Donc, on demande au gouvernement de faire un pas de recul, d'attendre avant de faire des travaux préparatoires, d'investir d'autres sommes, de couper des arbres, d'exproprier des gens, des commerçants qui sont impactés en ce moment, que le projet, au moins, les coûts soient connus, et là la population pourra décider si c'est un projet qu'elle souhaite. Mais on le voit, plus les coûts augmentent, moins l'adhésion populaire qui est déjà très basse, est grande, plus elle diminue.

Journaliste : Sur le projet de troisième lien aussi, il risque d'y avoir des impacts sur l'environnement. Mais est-ce que vous êtes contre ça?

Mme Blanchette Vézina : En fait, le projet de troisième lien, là, il ne se réalisera pas avec Mme Fréchette. Ce n'est pas moi qui l'a dit, c'est M. Drainville lors de la course à la chefferie. C'est encore : On repousse en avant, on va redéfaire des dépenses gouvernementales pour un projet qui ne se réalisera pas par le gouvernement de la CAQ. Je pense que les citoyens l'ont très bien compris, que c'est encore un... on pellette en avant. Et ce n'est pas juste moi qui le dis, là. Même Bernard Drainville, le député de Lévis, l'a mentionnait lors de la course à la chefferie. C'est simplement un report aux calendes grecques d'un projet que la Coalition avenir Québec ne veut pas vraiment.

Des voix : ...

Mme Chabot (Doris) : Mais j'aimerais répondre... J'aimerais répondre à la question de la madame. En fait, c'est complètement faux, que c'est un prétexte. Parce que moi, ça fait six ans que je... que j'ai débuté mon combat pour sauver ces arbres-là. Et, si vous relisez le rapport du BAPE... Je ne sais pas si vous l'avez lu, le rapport du BAPE? Non. Le rapport du BAPE disait que c'est le tracé le plus destructeur pour l'environnement. Alors, ce n'est pas un caprice, de sauver ces arbres-là. Il y en a plusieurs centenaires. Et c'est... Même le directeur du bureau de projet dit qu'il va fournir des airs climatisés pour contrer la création d'îlots de chaleur. Et les GES qui vont prendre 15 ans à se résorber avec les 40 000 voyages de camions puis les 495 000 tonnes de béton. Alors, si on est conséquents avec qu'est-ce qu'on dit, bien, il faut sauver ces arbres-là. Puis le BAPE avait dit : Bien, prenez un autre tracé, retournez à la table à dessin.

Moi, je ne suis pas contre le transport en commun ni le transport structurant, sauf qu'il y a des tracés qui seraient moins destructeurs. Alors, c'est... c'est sûr que, quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. Là, tu sais, faire semblant que c'est pour arrêter le tracé, non, ces arbres-là sont essentiels à la santé. On parle de santé des citoyens, bien, c'est... ça contribue, c'est officiel, tous les scientifiques le disent, à la santé des citoyens. Donc, c'est pour ça qu'il faut les protéger.

Journaliste : Donc, le tracé de tramway qui ne... n'abattrait pas d'arbres, ça, vous êtes pour?

Mme Chabot (Doris) : Oui.

Mme Blanchette Vézina : Je pense que, tu sais, dans...

Journaliste : Vous aussi?

Mme Blanchette Vézina : Bien, dans les tracés qui ont été proposés, il y en avait des... par le BAPE notamment, là, il y en avait des moins destructeurs, je pense. Puis là je ne veux pas m'en ingérer dans les affaires de la ville, mais il y a d'autres intérêts qu'uniquement le tramway, dans... dans tout ça. Il y a l'intention aussi de refaire des infrastructures d'aqueduc, d'égout. On... Ça a le dos large, l'environnement, là. On dit qu'on veut réduire les GES, utiliser du transport collectif, mais il y a aussi une volonté de revoir, de faire une réfection des infrastructures qui a... qui a fait pencher la balance pour ce tracé. Puis il faut le nommer, parce que c'est quand même... Si on se dit que c'est l'environnement, l'enjeu, est-ce qu'il n'y aurait pas d'autres... d'autres alternatives? Mme Chabot me mentionnait... Mme Chabot...

Journaliste : ...les infrastructures... justement la ville dit : On va faire les infrastructures en même temps parce que les infrastructures sont désuètes. Donc, ce n'est pas justement une bonne chose?

Mme Blanchette Vézina : Bien, elle pourrait les faire comme toute autre ville le fait, avec les subventions qui pourraient être disponibles, là.

Journaliste : ...de profiter d'un projet qu'on essaie d'installer pour justement faire...

Mme Blanchette Vézina : Avec 76 % de la population qui serait contre à Québec. Je pense qu'il y a... il y a un message qui est envoyé par la population, par les gens de Québec, dans le sondage qui a été mené. C'est : Soyons prudents. Est-ce que c'est une priorité aujourd'hui? La réponse à ça, c'est non.

Journaliste : ...vous êtes contre le tramway actuel, le projet actuel, ou vous êtes contre toute forme de tramway ou de transport...

Mme Blanchette Vézina : Non. Je pense qu'on veut tous améliorer la fluidité du transport. On n'est pas contre le transport collectif. Mais même le BAPE le mentionnait, que ce n'est pas le bon tracé.

Journaliste : ...sur rail, est-ce que ça, vous êtes pour?

Mme Blanchette Vézina : Bien, moi, ce que j'entends de certains experts, c'est que ce n'est peut-être pas la solution la meilleure. Puis depuis quelques semaines, je fais des rencontres dans... dans ce dossier-là pour bien comprendre l'enjeu. Mais, en fait, la fluidité, puis ça, c'est très bien dit aussi dans l'étude... la fluidité ou l'amélioration du transport ne... ce ne sera pas atteint avec le tramway, là. Ça... C'est... Ce sont des chiffres qui sont... c'est si la population y adhère. Et, en ce moment, tel que présenté, avec la phase qui est en train d'être développée, on n'atteindra pas une fluidité, une amélioration de la circulation, parce que l'ensemble du projet... il n'y aura pas l'ensemble du projet TramCité qui va être réalisé.

Journaliste : ...ça n'a pas clos le débat là-dessus? Parce qu'on en a beaucoup, beaucoup parlé, du tramway, pendant cette campagne municipale là, puis les gens ont choisi le maire qui souhaite le projet.

Mme Blanchette Vézina : Bien, écoutez, moi, je vois le sondage qui a été mené hier, les résultats du sondage, je pense que la population peut voter pour un maire pour différentes raisons. Puis je ne viens pas contester l'élection du maire dûment élu. Par contre, ce que la population est venue dire hier, c'est, pour le... pour... contre le... le tramway, pardon, 66 % des gens. C'est beaucoup. Puis ça, c'est si c'est 7 milliards. On tend plus vers le 13 milliards. Là, ça monte à 76 % des gens qui sont contre le tramway. Donc, il y a un message qui est envoyé aujourd'hui par la population, par les gens de Québec, puis la... la première ministre, le gouvernement, devrait écouter le message qui est envoyé.

Journaliste : ...vous dites, on doit prendre un pas de recul, et plus ça allonge, plus les coûts montent et plus les gens sont contre, plus les coûts montent. Donc, ça mène à un cul-de-sac, finalement.

Mme Blanchette Vézina : Bien, on n'a pas les coûts, en ce moment. Parce qu'on peut prendre un pas de recul, au moins attendre jusqu'en 2027 d'avoir la réalité du coût de ce projet là. Là, il y a des travaux qui ont été faits aussi, c'était le stationnement... non, c'est un boisé dans... Rappelle-moi le nom du boisé?

Mme Chabot (Doris) : Les deux boisés, Rochebelle puis Legendre, qui ont été rasés il y a quatre ans, ça a donné quoi, de faire ça? Bien, ce n'est pas... c'est... en fait, c'est au niveau... J'écoutais, ce matin, un ingénieur qui expliquait, ça va à l'encontre de la démarche des ingénieurs. Quand on a un ingénieur, avant de faire des... on s'assure que toutes les choses sont réglées avant de faire un... de faire des choses irréparables. Puis après ça, quand le financement est bouclé, après ça, on s'assure... Il y a des étapes dans des projets, puis c'est pour ça qu'il y a quatre décrets, en fait, là, il y a des étapes à suivre. Puis là, quand les gens disent : Le tramway est débuté, il ne peut pas être débuté. Ce qui est débuté, c'est des travaux préparatoires. Le tramway ne peut pas débuter tant que le quatrième décret, qui est la phase de réalisation, soit donné. Mais le quatrième décret ne peut pas être donné tant que les... les études, qu'on va avoir en 2027, la Caisse de dépôt va déposer ses soumissions, les coûts. Toutes les études, en 2027, le gouvernement va regarder c'est quoi, les coûts, c'est quoi que ça implique, et après ça, ils vont faire le financement. Ce qui est fait, là, c'est de l'improvisation totale. On fait des travaux... mais en fait, c'est un prétexte, parce que je rebondis sur la question : «Êtes-vous contre les infrastructures?» Non, mais est-ce que c'est un prétexte pour faire les infrastructures? C'est... l'oeuf vient de la poule, la poule vient de l'œuf. Tu sais, c'est qu'à un moment donné, il y a des étapes à suivre...

Journaliste : ...les travaux sont un prétexte pour faire...

Mme Chabot (Doris) : Pour faire... C'est ça, pour avoir... pour faire payer à la province, en fait, les infrastructures, les tuyaux de la ville de Québec. Bien là, c'est parce qu'ils ont... le gouvernement a débloqué des fonds...

Journaliste : C'est déjà subventionné, ça?

Mme Chabot (Doris) : C'est ça. Donc là, ils les font.

Mme Blanchette Vézina : En fait, j'entendais le maire Marchand mentionner, puis à raison, que les taux... les taux ne sont pas les mêmes, là, l'apport de la ville ne sera pas la même. Moi, je vous dis : Appelons un chat un chat. Le but, c'est de refaire les infrastructures, aqueducs, égouts sur le René-Lévesque puis sur le tracé du tramway. Bien, ne cachons pas ça derrière un potentiel tramway qui va coûter plusieurs milliards. Soyez transparents avec les citoyens. On n'a pas l'information, à ce moment-ci, du coût du tramway, et on le voit très bien dans le sondage qui a été mené. Plus les coûts augmentent, plus les citoyens... moins les citoyens adhèrent au projet.

Journaliste : ... le parallèle, là, sur les bretelles d'autoroute qui ne mènent nulle part. Vous dites que le... qu'on va faire un tunnel entre la haute et la Basse-Ville qui va mener...

Mme Blanchette Vézina : Bien, il faudrait éviter ce genre de situation là. Moi, ce que ce que je constate, ce que je constate depuis quelques années, avec le gouvernement de la CAQ, c'est qu'on fait des travaux préparatoires pour des projets qui ne se réalisent pas. Un pont qui va traverser une rivière sur la Côte-Nord qui ne va déboucher nulle part. Même chose dans le coin du Saguenay Lac-Saint-Jean, des autoroutes qui se poursuivent parce qu'électoralement, ça paraît bien, là, on va tomber en élections. Pour moi, c'est inquiétant parce que c'est des fonds publics, les citoyens paient des dizaines de milliers de dollars chaque année chacun. C'est des centaines de millions, des milliards de dollars qui sont dépensés comme ça. C'est de la mauvaise gestion par le gouvernement, à six mois des élections, les citoyens, ce qu'ils disent, ils l'ont dit avec le tramway : Est-ce que c'est une priorité, aujourd'hui? Non, ce n'est pas ça, la priorité, c'est la santé, c'est le coût de la vie. Contentons-nous de faire ça. Le gouvernement n'a pas les sommes, n'a pas un budget avec des surplus faramineux, on est en déficit budgétaire. Alors, moi, je vois uniquement de l'électoralisme dans l'annonce qui a été faite hier, des travaux préparatoires, avec l'argent qui appartient aux Québécois et qui a été durement gagné par les Québécois.

Journaliste : Sur autre dossier, êtes-vous à l'aise avec l'idée qu'une constitution du Québec pourrait être adoptée seulement par des membres du gouvernement et vous? Une loi au-dessus des lois pourrait être adoptées seulement par des députés d'une formation politique plus un, c'est-à-dire vous?

Mme Blanchette Vézina : Dans un processus démocratique, oui, pas par bâillon, ça, je l'ai mentionné hier, mais dans un processus démocratique, une loi peut être adoptée, puis je pense que c'est une bonne nouvelle.

Journaliste :  ...elle a un statut particulier, là, de... supralégislative?

Mme Blanchette Vézina : Bien, est-ce qu'on est d'accord avec tout ce qui est dans la constitution actuelle? La réponse à ça, c'est non, tu sais, on pourrait bonifier, puis on espère pouvoir le faire, aussi, en étude détaillée, parce qu'on va pouvoir cheminer, là, maintenant que les travaux sont repris. Mais toute loi peut être adoptée, puis je pense que c'est une bonne nouvelle. Nous, on s'élève au-dessus de la mêlée en disant : Rappelons-nous que c'est dans l'intérêt des Québécois et du Québec, et même le Parti libéral l'a dit. Le Parti québécois, bon, il voudrait une constitution uniquement si on est séparés, mais tous les Québécois sont d'accord avec le fait que ça nous prend une loi comme celle-là, puis elle pourra être modifiée par la suite par un autre gouvernement. Mais je pense que c'est déjà un bon jalon pour... dans l'intérêt du Québec. Et nous, on est d'accord avec ça.

Journaliste : ...est-ce que vous avez des discussions avec le bureau de la première ministre ou le bureau du leader à ce sujet-là, au niveau de la Constitution?

Mme Blanchette Vézina : Avec... oui, avec des équipes du gouvernement, effectivement.

Journaliste : Est-ce que la carte électorale, la carte électorale... M. Roberge a parlé, là, que ça allait être peut-être proposé demain. Est-ce que vous vous êtes entendus, le Parti conservateur avec le gouvernement, sur la carte électorale parce que vous étiez contre?

Mme Blanchette Vézina : Moi, ça, ça m'inquiète beaucoup, ce dossier-là, je tiens à vous le dire. L'intention dit du gouvernement, c'est de protéger le poids politique des régions. C'est ce qu'on a entendu hier. Je n'ai pas encore vu le projet de loi. Mais ce qu'on me dit : Il n'y aura pas de statut particulier pour la Gaspésie. Ça, c'est ce qu'on m'a mentionné. J'ai hâte de voir dans le projet de loi. Et, pour arriver à protéger le poids politique de la Gaspésie, on va devoir, mettons, être créatifs avec la carte électorale, donc du 2022, du 2026, mélanger. On ajoute deux comtés, on ajoute deux élus et on protège Anjou—Louis-Riel. Ça, pour moi, là, c'est de la partisanerie. À six mois des élections... on est dans une démocratie, rappelons-nous, à six mois des élections, que le gouvernement fasse des négociations comme celles-là, essaie d'influencer les partis politiques, là, sur le principe, là, il y a un enjeu démocratique ici.

Mais moi, je l'ai répété, et on l'a dit à plusieurs reprises, si l'objectif, c'est de protéger le poids politique de la Gaspésie, donnez un statut d'exception à ces deux comtés là et surtout revoyez les critères qui sont dans la loi. Parce que ce n'est pas aux élus de l'Assemblée nationale de tracer les contours des comtés. Ça, c'est dangereux dans une démocratie. On le voit aux États-Unis, ce que ça peut faire, c'est des dérives où on contrôle les votes puis on contrôle l'assemblée. C'est pour ça qu'on s'est dotés d'une commission indépendante. Alors, la priorité, oui, en attendant, donnons un statut d'exception aux deux comtés de la Gaspésie, c'est ce que j'ai dit au ministre, mais revoyons les critères pour se permettre d'avoir un poids politique où les régions sont bien représentées au Québec.

Journaliste : ...dans le sens, est-ce que vous allez permettre un processus accéléré?

Mme Blanchette Vézina : Vous ne trouvez pas ça inquiétant que le ministre demande et joue avec la carte?

Journaliste : Donc, vous aussi, vous allez aider au processus accéléré, vous allez donner votre aval.

Mme Blanchette Vézina : Bien, je vais voir ce que le projet... ce que sera dans le projet de loi. Le ministre sait que, pour le Parti conservateur, l'important, c'est, oui, protéger les deux comtés par des statuts d'exception pour la Gaspésie, c'est ça qu'on demande, puis je pense que c'est ce que les Québécois... et l'Assemblée nationale a voté à l'unanimité, c'est protéger le poids politique de la Gaspésie en attendant de revoir les critères. Mais... Puis la Cour, elle a été très claire aussi, soyons clairs et ayons un processus qui est efficace, réel, pas juste théorique, pour revoir les critères. Je vais voir le projet de loi, mais vous ne trouvez pas ça inquiétant qu'il demande d'accélérer un processus où, justement, on vient toucher à des piliers importants de la démocratie, alors que les... l'Assemblée nationale ne pourrait pas s'exprimer sur la question? C'est ça qui est demandé par le ministre en ce moment. Qu'il devrait protéger les institutions démocratiques à six mois des élections, alors qu'on me dit : Si vous voulez protéger la Gaspésie, il faudrait que vous protégiez Anjou—Louis-Riel.

Journaliste : Puis pourquoi... Anjou—Louis-Riel, c'est quoi, l'enjeu pour... Qu'est-ce que vous y voyez comme stratégie?

Mme Blanchette Vézina : Bien, moi, il y a de la... Pour moi, il y a du... on travaille une carte électorale, alors que le législateur, ce n'est pas son rôle, c'est le rôle de la commission. En attendant, et ça aurait dû être fait depuis bien longtemps, protégeons le poids politique de la Gaspésie en donnant un statut d'exception et revoyons les critères. C'est ce que j'ai dit au ministre. Je vais voir le projet de loi, ce qu'il a à l'intérieur, mais si l'idée, c'est de protéger le poids politique des partis de Montréal qui sont présents à Montréal pour avoir l'appui du Parti libéral puis du Parti de Québec solidaire ou du PQ, moi, je trouve que, là, on touche à de l'influence politique indue dans un dossier qui devrait être indépendant.

Journaliste : Si le gouvernement aurait l'appui, en faisant ça, du Parti libéral, comme vous dites, là, c'est votre théorie...

Mme Blanchette Vézina : Et de QS, oui

Journaliste : ...et de QS et du PQ, mais n'aurait pas l'appui du Parti conservateur.

Mme Blanchette Vézina : Bien, écoutez, moi j'ai dit : On n'arrive pas à l'objectif si on ne donne pas un statut d'exception à la Gaspésie puis on ne revoit pas les critères, mais je vais voir qu'est-ce qui sera dans le projet de loi, là. Sur le principe de protéger la Gaspésie, on est d'accord.

Journaliste : Non, mais ce n'est pas un peu contradictoire que vous vous dites : Le gouvernement veut aller accélérer, ce n'est pas démocratique pour la carte électorale, mais, de l'autre côté, vous êtes prêts à tendre la main pour la Constitution quand il y a une... 800 organisations de la société civile qui est contre, tous les partis d'opposition sont contre appliquer cette constitution à cette vitesse-là actuellement. Vous, vous dites : On tend la main pour que ça passe dans cette session-ci. Ce n'est pas un peu contradictoire?

Mme Blanchette Vézina : Bien, nous, on va faire le débat. Ce que le ministre des... protégeant les institutions démocratiques demande, c'est d'accélérer un processus sur une carte électorale qui devrait être fait de manière indépendante. C'est inquiétant dans une démocratie que les élus municipaux négocient en vase clos une carte électorale à six mois des élections sur des principes démocratiques et veuillent accélérer le processus à un point où il n'y aura plus de débat. C'est ça qu'on nous demande.

Journaliste : Mais ce n'est pas inquiétant de faire passer une Constitution, dont la majorité...

Mme Blanchette Vézina : Il n'y a pas de processus accéléré qui est demandé pour la Constitution dans ce cas-ci.

Journaliste : ...juste pour la protection, parce que vous dites que vous voulez protéger la Gaspésie, mais le directeur général des élections a dit : Si on protège la Gaspésie, on va juste faire : Ah! Bien, on va se tourner vers la région ou l'autre région suivante, que ce soit la Côte-Nord ou l'Abitibi.

Mme Blanchette Vézina : Et c'est pour ça qu'il faut revoir les critères de la loi. C'est ce qui est... c'est ce qui est nommé aussi par... par la cour.

Journaliste : Mais ce que je voulais dire, c'est que si vous décidez de protéger toutes les régions mais pas Montréal, ça aussi, c'est un choix politique qui peut être avantageux ou pas pour une formation, non?

Mme Blanchette Vézina : Mais je pense qu'à l'unanimité les partis politiques ont dit : En attendant de revoir les critères, protégeons le poids politique de la Gaspésie. C'est des comtés qui sont plus grands que des pays, là, rappelons-nous ça. Ce n'est pas la même situation à Montréal, où un comté peut être marché, là, à pied. Je prends l'exemple de... du comté de Gaspé, là, c'est 3 heures, là, faire le tour, faire la route, là, ce n'est pas 3 heures, c'est 3 heures faire une route d'un côté, c'est 6 heures, c'est gros en ce moment. Alors, imaginez. Puis, il y a d'autres comtés qui à mon avis, puis pas juste à mon avis, même à l'avis de la commission, sont trop grands d'un point de vue géographique et ils sont déjà protégés par la commission, en disant : on ne peut pas l'étendre davantage. Donc, c'est ce qu'on vient faire pour la Gaspésie, c'est ce qu'on propose. Moi, je questionne en ce moment ce qui se passe comme négociations, parce que ce sont des dérives démocratiques qui peuvent être dangereuses dans une société de droit, comme on a.

Journaliste : ...est important et même primordial pour que ça aille de l'avant. Est-ce que vous... On comprend que vous n'hésiterez pas à ne pas donner votre appui s'il y a quelque chose qui ne vous plaît pas dans le projet de loi.

Mme Blanchette Vézina : Bien, comme je l'ai dit, en plus, j'ai une formation d'avocate, là, moi, je ne vois pas pourquoi on viendrait tripoter des comtés à six mois des élections, alors que l'intérêt derrière ça n'est pas de protéger la démocratie ou protéger le poids politique de la Gaspésie. Alors, je vais regarder ce qu'il y aura dans le projet de loi puis je... vous verrez pour la suite. Merci.

(Fin à 9 h 44)

Participants


Document(s) associé(s)