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(Huit heures vingt-quatre minutes)
M. Zanetti : Bonjour, tout le
monde. Alors, aujourd'hui, je veux qu'on parle de télétravail et de
téléprésentiel. Hier, la ministre Duranceau a vraiment ouvert son jeu sur le
mépris et la condescendance qu'elle a envers les employés de l'État, de dire
qu'il faut qu'ils reviennent faire des heures de route, dépenser de l'argent
pour de l'essence, pour après ça arriver dans un bureau entouré de monde qu'ils
ne connaissent pas, pour faire des réunions Teams avec du monde qui ne sont pas
dans la même bâtisse. Pourquoi? Pour apprendre à se comporter comme il faut.
Vous rendez-vous compte à quel point ça
n'a pas d'allure puis quelle vision méprisante cette ministre, et la première
ministre et le gouvernement de la CAQ, a envers les employés de l'État, envers
la classe moyenne? C'est terrible. On est, à un moment donné, où le coût de la
vie explose, le coût de l'essence explose. Le gouvernement ont encouragé les
gens à s'installer en région en disant : Vous allez pouvoir faire du
télétravail si vous travaillez pour le gouvernement. Ils font ça, puis là,
après ça, ils disent : Revenez trois jours semaine minimum. Il faut
que le gouvernement sorte, descende de sa tour d'ivoire puis qu'il fasse acte
de la réalité, qu'il fasse confiance à ses fonctionnaires, qu'il commence à les
respecter.
On entend beaucoup de rumeurs dans les
corridors des ministères, où est-ce que les gens se disent : Dans le fond,
ils ne disent pas, la CAQ, mais ils font ça pour écoeurer les fonctionnaires,
pour les forcer à quitter. C'est ça, le mot qui circule. C'est ça, que les gens
pensent vraiment qu'il est en train de se passer. Et ça se passe... On a aussi
beaucoup de témoignages de personnes qui disent : Bien, moi, depuis qu'ils
ont fait ça, j'ai diminué mon temps de travail, je pense prendre ma retraite
plus tôt. Alors, c'est vraiment une tactique hypocrite de la CAQ.
Il faut que ça arrête, il faut qu'ils
respectent les fonctionnaires. Puis c'est juste cohérent, là, avec l'idée de
faire économiser de l'argent au monde, avec l'idée de dire : On va
augmenter la qualité de vie. En plus, le télétravail, il y a des études qui
montrent que ça rend plus efficace, plus productif au travail.
Alors, augmentons la qualité de vie,
diminuons les dépenses du Québec en essence, respectons les gens puis ayons de
la... ayons de la souplesse pour le télétravail, les fonctionnaires, s'il vous
plaît.
Mme Zaga Mendez : Merci, Sol.
Moi, j'ai le goût de vous parler d'une nouvelle hier, là, concernant les
dividendes de Loblaws. Pendant que les Québécois sont en train de piger de plus
en plus dans leurs économies pour remplir le frigo, Loblaws annonce qu'il verse
encore plus d'argent à ses actionnaires. En seulement 12 semaines, l'entreprise
ont fait des profits de 594 millions de dollars. Ça, c'est une hausse de
18 % par rapport à l'an dernier, là. C'est énorme. Puis, depuis cinq ans,
je pense que tout le monde le voit, les prix des aliments augmentent sans
cesse. C'est rendu qu'une personne sur trois pige dans ses économies et prend
la carte de crédit pour manger, pour payer l'épicerie. C'est une personne sur
trois qui s'endette pour payer l'épicerie, pendant ce temps-là, les géants de
l'alimentation donnent des millions à leurs actionnaires.
La première ministre nous parle du coût de
la vie. Bien, tant mieux, là, c'est le temps de s'attaquer à la priorité, au
premier poste de dépense que c'est, le prix du panier d'épicerie. Ce qu'on
demande, de notre côté, depuis des mois, c'est de plafonner les marges de
profit des géants de l'alimentation. Parce qu'il faut être capable de descendre
le coût à la caisse. Ce n'est plus possible de continuer comme ça. Il faut
donner l'oxygène aux familles... des... les familles des Québécois et
Québécoises. Il faut que la première ministre se penche là-dessus rapidement.
Journaliste
: Bien, juste
une petite question sur votre proposition sur le télétravail. M. Zanetti — je
m'excuse — vous êtes quand même élu dans le centre de Québec, votre
collègue aussi, dans Taschereau. On connaît les difficultés dans Saint-Roch. Ce
n'est pas un peu contradictoire en ce sens que les travailleurs font aussi
vivre le quartier, là?
M. Zanetti : Oui, je
comprends. Je pense qu'il y a d'autres façons de revitaliser les centres-villes
que de forcer les fonctionnaires à faire, des fois, deux heures de route,
dépenser de l'essence pour venir travailler en téléprésentiel dans des bureaux,
avec du monde qu'ils ne connaissent pas par ailleurs, hein? Ils ne font pas
comme du «team building», là, ils ne font pas de la socialisation. Là, ils se
rencontrent toujours dans un bureau qui est nouveau, qui n'est pas exactement
le même. Ils ne peuvent pas s'installer nulle part. Les choses de l'ergonomie
ne sont pas toujours adaptées. Il faut qu'ils traînent toujours toutes leurs
affaires. C'est lourd. Il y en a chez qui ça pose des problèmes de santé. Donc,
les coûts sont vraiment très élevés.
Et, en ce moment, à Québec,
particulièrement avec les travaux qui ont lieu en ce moment pour préparer le
tramway, qui est évidemment une excellente chose, bien, il y a des enjeux de
mobilité au centre-ville. Et ça allégerait la congestion, ça faciliterait les
choses à tout le monde, si on n'obligeait pas les fonctionnaires, on le sait, il
y a beaucoup de fonctionnaires à Québec, à venir faire du téléprésentiel.
Journaliste : ...vous
demandez d'enlever tout... tout minimum ou c'est deux jours...
M. Zanetti : Bien, nous, on
demande qu'il y ait de la souplesse puis que des choses soient négociées.
Évidemment, là, tu sais, il faut que ce soit négocié avec les syndicats, les
représentants des travailleurs et travailleuses.
Journaliste : Mais,
concrètement, donc, on voudrait rester à deux jours?
M. Zanetti : Bien,
concrètement, je pense que les gens étaient mieux comment c'était avant. Et
puis je ne veux pas fixer quelque chose qui ne serait pas négocié. Je pense qu'il
faut qu'il soit... Les demandes des syndicats, en ce moment, c'est d'arrêter
avec les trois jours obligatoires, d'avoir plus de souplesse. Puis, tu
sais, je les laisserai négocier ce qui est vraiment adapté à la réalité, là, tu
sais, ça peut changer.
Journaliste : ...même pas
deux jours, là. Ça veut dire... On peut négocier. Ça veut dire que des
gens n'auraient pas besoin... qui n'ont pas d'équipe, par exemple, dans une antenne
régionale pourraient ne pas se présenter du tout au bureau.
M. Zanetti : Ce n'est pas ça
qu'on dit. Dans le fond, je pense qu'il faut qu'il y ait des choses qui soient
négociées en fonction aussi de la tâche, là. Tu sais, il y a des tâches qui ne
se font pas à distance. Le télétravail... Nous autres, on a déposé un projet de
loi pour le télétravail. Ça ne veut pas dire qu'une tâche qui ne se fait pas en
télétravail devrait pouvoir se faire en télétravail, évidemment. Mais c'est
comme, quand c'est possible de le faire, bien qu'on ait le droit de le faire.
Je pense que c'est la moindre des choses. Puis, évidemment, il y a tellement de
cadres d'emplois différents qu'on ne peut pas avoir du mur-à-mur, mais il faut
de la souplesse.
Journaliste : ...que vous
donnez, la personne qui fait deux heures pour se rendre à une antenne
régionale, qui est toute seule de son équipe, qui fait du présentiel, cette
personne-là, dans votre esprit, pourrait rester à la maison
cinq jours-semaine. C'est ce que je comprends.
M. Zanetti : Bien, là, ça, il
faut que ce soit négocié avec les syndicats. Je ne peux pas...Tu sais, je veux
dire, est-ce que, cette personne-là, il faut qu'elle soit... absolument une
journée pour une raison que j'ignore? C'est tellement hypothétique. On ne peut
pas donner des cadres comme ça, hypothétiques, pour des réalités qui sont si
différentes. La seule chose qui est certaine, c'est... il faut que ce soit
négocié.
Puis la situation actuelle, elle est trop
rigide, elle est contre-productive, elle coûte cher à tout le monde puis elle
emmerde tout le monde. Puis elle manque de respect aussi envers les employés de
l'État. Tu sais, c'est ça. Ce qui s'est passé hier, là, ce n'est pas quelque
chose de nouveau, c'est juste une plus grande désinhibition qui a révélé le
mépris et la condescendance de cette ministre-là envers la classe moyenne du
Québec qui travaille pour l'État.
Journaliste : ...en parlant d'apprendre
à...
Journaliste
: ...à se
comporter.
M. Zanetti : À bien se
comporter. Je ne sais pas si elle pense que les travailleurs, les travailleuses
de l'État sont comme des enfants ou je ne sais trop, là, mais c'est très
méprisant. Moi, je n'en reviens pas. Je ne peux même pas comprendre que c'est
qu'elle a voulu dire par là. Ce qui est clair, c'est qu'elle les regarde de
haut, puis pas à peu près.
Journaliste : Non, mais c'est-tu
une question d'organisation d'horaire aussi, là? Tu sais, je veux dire, on a
bien beau dire : On fait des Teams, on se déplace à la journée longue pour
pouvoir faire des Teams avec des gens, qui sont en région notamment, ça se
peut-tu, que ce soient les fonctionnaires qui... c'est hypothétique, là, ce que
je dis, ce que je demande, mais qui... qui doivent s'organiser autrement?
M. Zanetti : Bien, je pense
que tous les fonctionnaires voudraient pouvoir s'organiser autrement. Puis,
pour pouvoir s'organiser autrement, ça prend de la souplesse puis ça prend la
possibilité de... Tu sais, il faut se déplacer quand il faut se déplacer, mais
là la règle, c'est au moins trois jours-semaine, peu importe la nécessité.
Journaliste : ...de la
souplesse, ça, trois jours au bureau, deux jours à l'extérieur?
M. Zanetti : Bien, pas si ce
n'est pas nécessaire. Dire : Tout le monde, peu importe, nécessaire ou
pas, pertinent ou pas, peu importe où est votre équipe de travail, peu importe
où vous habitez, peu importe les circonstances, peu importe la nature de votre
emploi, trois jours minimum pour tout le monde, ça, c'est le contraire de
la souplesse pour nous.
Journaliste
: ...de
l'argument que Mme Duranceau avait mis de l'avant où... il me semble, c'était
une espèce d'étude ou un sondage, là, peut-être vous vous en rappelez mieux que
moi, mais où elle disait : Pour la santé mentale des travailleurs, c'est
intéressant aussi d'être là, au bureau, il y a des gens qui sont isolés, etc.
Est-ce que, de ce point de vue là, ce n'est pas superintéressant d'être au
bureau trois jours par semaine?
M. Zanetti : C'est sûr, que
la présence puis rencontrer ses collègues de temps en temps, puis même
régulièrement, ça peut être intéressant, mais l'affaire, c'est que, là, ce n'est
pas ça qui se passe. Ce qui se passe avec sa règle mur à mur, c'est que des
gens se pointent dans des bâtisses, ils ne rencontrent pas nécessairement leur
équipe. Leur équipe, des fois, ils sont en télétravail, ils les voient toute la
journée en Teams, puis les gens qui sont à côté d'eux, c'est du monde qui ne
sont pas stables, qui changent en fonction des jours de la semaine, puis ils ne
se développent aucune relation.
Journaliste
: ...qu'il
faut changer, plutôt que la directive de trois jours?
M. Zanetti : Bien, ce qui est
sûr...
Journaliste
: Dans le
sens que c'est... c'est peut-être plutôt au patron de dire : Bon, on va
mettre les équipes ensemble puis physiquement le plus possible au lieu de
les... les brancher sur Teams pendant huit heures de temps. Tu sais, c'est...
Le problème, dans ce que vous décrivez, ce n'est pas le fait d'être au bureau
trois jours, c'est le fait d'aller au bureau pour se brancher sur un Teams.
M. Zanetti : Exact. Ce qu'on
dénonce, c'est le manque de souplesse, c'est de dire : Il faut arrêter
avec cette règle, cette obligation mur-à-mur, et puis que les gens puissent, en
fonction de leur réalité, de leur équipe, de leurs tâches puis de leur contexte
particulier, prendre les décisions qui sont les meilleures. Puis cette
décision-là peut inclure de... de venir... d'avoir des réunions d'équipe en
présentiel toutes les semaines, mais au nombre de fréquences qui sera
nécessaire selon le poste d'emploi puis la tâche des gens, pas trois jours
obligés, tout le monde, tout le temps, partout au Québec, tout le temps pour
tout le monde. Ça, ce n'est pas... C'est trop...
Journaliste : ...de la
défense, là, on voit ce matin que Toronto utilise la menace référendaire pour
leur dire : N'allez pas au Québec, il y a de l'instabilité. Vous pensez
quoi de ça?
M. Zanetti : Bien, il y a
beaucoup des gens qui s'opposent à l'indépendance du Québec, ils ne veulent pas
que les Québécoises et les Québécois décident leurs propres lois, signent leurs
propres traités commerciaux. Ils ne veulent pas qu'on... qu'on décide de ce
qu'on fait avec notre propre argent. Puis, ces gens-là, qu'ils soient à
Montréal, à Toronto ou au Parti libéral du Québec, ces gens-là, ils vont...
instrumentaliser n'importe quoi pour faire peur aux gens, pour faire dire ou
pour faire penser aux gens que notre liberté est dangereuse. Mais nous autres,
ça ne nous empêchera pas de nous battre pour la liberté des peuples du Québec.
Journaliste : Dans un
contexte où les gens sont...
Journaliste
: Est-ce
que ça nuit, vous pensez, aux arguments de Montréal en ce moment, le fait qu'il
y a le Parti québécois qui est en tête dans les sondages? Est-ce que ça peut
avoir un effet sur la décision finale?
M. Zanetti : Montréal est une
grande ville qui abrite déjà plein d'organisations internationales de haut
niveau, de haut calibre. Il y a... C'est une ville qui est magnifique. C'est
une ville dans laquelle il y a plein de gens qualifiés, capables de faire ces
choses-là. Montréal a tout pour accueillir n'importe quelle organisation puis
elle n'a rien à envier à Toronto. Puis ce n'est pas Toronto qui va faire peur
aux Québécoises et aux Québécois puis leur faire faire des sacrifices sur leur
liberté pour quelque raison que ce soit.
Journaliste : ...répondu.
Est-ce que ça peut nuire, en ce moment?
M. Zanetti : Ce qui nuit au
Québec, là, c'est de ne pas prendre ces décisions par lui-même. Ce qui nous
nuit collectivement, c'est d'envoyer 90 milliards à Ottawa à chaque année
et que 3,5 de ces milliards-là servent à développer les sables bitumineux. Ce
qui nuit au Québec, là, c'est que notre argent soit envoyé là puis revienne
avec des conditions d'où est-ce qu'on va le dépenser. Ça, ça nuit au Québec pas
mal plus que n'importe quoi. C'est ça qu'il faut qu'on garde en tête.
Journaliste : Dans le
contexte, M. Zanetti, qu'il y a quand même de l'instabilité économique
partout sur la planète, comment M. Carney peut aller vendre à ses
partenaires internationaux cette instabilité-là? Est-ce que cet argument-là
que... M. Carney va devoir défendre son choix face à des partenaires, là,
européens notamment, est-ce que, justement, Toronto ne vient pas d'appuyer sur
le bon piton avec ça?
M. Zanetti : Je vais vous
dire, ça procure beaucoup d'instabilité, OK, pour nous, au Québec, là,
d'envoyer 90 milliards à Ottawa puis de les laisser décider qu'est-ce
qu'on fait avec, parce que ça nous enlève la possibilité de défendre nos
intérêts. Ça, c'est de l'instabilité, parce que, dès que le Canada va aller
négocier des traités commerciaux avec nous, qu'est-ce qui va avec la gestion de
l'offre que les Américains veulent abolir? Ça, c'est de l'instabilité. Ça,
c'est grave et c'est grave pour nous. Alors que le Canada utilise des arguments
de peur pour nous contraindre puis prendre des décisions à notre place, ce
n'est pas nouveau, ça ne me surprend pas, mais nous, on ne tombera pas
là-dedans.
Journaliste : ...dénoncer la
réalité, dans le fond, de dire que... de brandir, là, le fait qu'il y aurait de
l'instabilité, ce n'est pas juste énoncer la réalité qu'il y aurait de
l'instabilité?
M. Zanetti : Il y a déjà de
l'instabilité, alors il faut choisir la moins pire. L'instabilité, en ce
moment, là, c'est que tous les traités commerciaux sont sur la table en train
de se faire renégocier. On n'est pas à la table. Le secteur culturel n'est pas
à la table. L'abolition de la gestion de l'offre nous pend au-dessus de la
tête. Ça, c'est de l'instabilité, et ça, c'est grave, et ça rend l'indépendance
du Québec urgente.
Journaliste : ...mais que
Toronto dise ça, là, ils ne font pas juste énoncer la réalité qu'un potentiel
référendum, ça créerait de l'instabilité?
M. Zanetti : Toronto, ils
font juste utiliser n'importe quel argument de peur pour faire croire qu'ils
sont meilleurs que Montréal puis ils ont tort.
Journaliste : ...un argument
fort, ce n'est pas un fait qu'il y aurait de l'instabilité s'il y avait un
référendum?
M. Zanetti : Rester dans le
Canada, pour le Québec, ça crée une instabilité qui est incomparable à
n'importe quelle autre instabilité. Et c'est cette instabilité-là qui nous
préoccupe et c'est celle sur laquelle on va travailler. Et cette instabilité-là,
la solution à ça, c'est l'indépendance du Québec. Alors, évidemment que nos
adversaires vont toujours revirer... essayer de revirer les choses de bord,
mais on ne se laissera pas dérailler.
Journaliste : ...ne viendrait
jamais dans un Québec indépendant. Ce qu'ils veulent, c'est faire partie du
Canada. Donc, est-ce qu'on doit se faire à l'idée, si Québec devient
indépendant, qu'on n'aura pas d'organisation comme ça, multilatérale, qu'on ne
pourra pas attirer de grandes organisations comme ça?
M. Zanetti : Le Québec a déjà
des grandes organisations puis des sièges de grandes organisations, notamment à
Montréal, il va continuer à en avoir. Il y a des... le Québec indépendant, avec
9 millions d'habitants, est plus populeux que la moitié des pays du monde.
On est plus grand qu'à peu près trois fois la France. Je veux dire, on est un
gros pays, et, ces pays-là, il y a des pays bien plus petits que le Québec qui
ont... sont aussi le siège de grandes organisations internationales, notamment
la Belgique. Alors, moi, ça ne m'inquiète absolument pas. Il faut qu'on ait
confiance en nous.
Journaliste
: So, you're not worried at all
that the… just the specter of the referendum is a tool that Toronto will use.
It's… it's a powerful… it's a powerful symbol. And obviously they want the…
they want the defense bank. So, they're going to hit hard on that. Do you think
that it's unfair?
M. Zanetti : I think that fear is the only weapon they have. And they will use
it as much as they can. But the reality is that Montreal is… has already… in
Montreal, there's a lot of international organizations. It's a big city. We're
able to welcome any big international organization, and we will continue to do
so. And Toronto, if they only have, like, fear arguments to tell us, well, it's
a sign of weakness.
Journaliste
: So, you don't agree that a referendum would create economic
instability, maybe scare the business community, etc.?
M. Zanetti : What I'm afraid of is the actual instability that is caused by the
fact that Québec is in Canada, and we let Canada negotiate for us the
economical treaties with the United States. And it's… it will maybe compromise
our agriculture and our cultural… also. So, this is the biggest instability we
have to fight. And the answer to that is independence.
Journaliste
: …could on Station W closing on Wellington. You know, it's been
there for 13 years. It kind of was one of these businesses that turned Verdun
around. So, what's your reaction to hearing that they're closing because of the
high rent and problems with their landlord?
Mme Zaga Mendez : Yes, it's a complete injustice. I've been working on the issues
concerning rent control and leases, commercial leases in Wellington for the
past four years. I've seen other businesses closing because of that. I just… I
spoke with the owner yesterday, and the issue is that we have nothing in Québec
that protects commercial, business and commercial leases. I had a petition last
year that proposed to homogenize the negotiations, have more tools for our
little… «petites, moyennes entreprises»… coffee shops to negotiate. And this is
just a sign that we need to… we need to do regulations to support our small
businesses, because otherwise they're going to be leaving the streets, such as
Wellington, and they're at the heart of the economic development. It's because
of businesses like that, like… Station W, that we have the Wellington Street as
it is. So, they have my full support and I'm going to be here fighting so we
can have more rent control for those «commerces».
Journaliste
: So, when it comes to commercial businesses right now, landlord can
turn around after a year and say, you know, I'm raising it 100%, the rent?
Mme Zaga Mendez : Yes, they can do anything. Actually, with… in this case, they… they
put the rent up to 60%. They said no. And because they said no, they went to
another person. They offered the lease, and they signed in for another price.
They can do anything, they can… I've… I've seen childcare disappear, like being
completely closed, because the landlord says : No more. And they have the right
because there's nothing on the law that helps them to protect them against this
kind of negotiations.
Journaliste
:
Merci.
Mme Zaga Mendez : Merci à
vous.
M. Zanetti : Merci.
(Fin à 8 h 43)