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Point de presse de Mme Ruba Ghazal, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de culture et de communications

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mardi 12 mai 2026, 11 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures douze minutes)

M. Zanetti : Bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, le sujet que je veux amener à votre attention, c'est la question de ces séries québécoises en voie de se faire annuler ou annulées à cause qu'il y a une crise, une véritable crise, dans la production audiovisuelle au Québec. On l'a vue, l'inaction du gouvernement canadien, dans la taxation des GAFAM qui se sont accaparé les revenus publicitaires, ça a mis en péril le modèle d'affaires des compagnies québécoises qui produisaient des... qui produisent encore des séries, des films, toutes sortes de... de choses qui font vivre la culture québécoise, qui font vivre, aussi, les artistes, les artisans, les travailleurs du milieu culturel. Et là, il y a vraiment urgence.

Et quand on voit, aussi, que cette... comment dire, cette précarisation du modèle d'affaires encourage la concentration, aussi, de la possession de ces compagnies-là. Et ça aussi, c'est une mauvaise chose. Et moi, ce que je trouve dramatique, c'est de voir que c'est rendu que les artistes se font demander d'abandonner leurs fonds de pension, se font demander de réduire drastiquement leurs salaires. Les travailleurs de l'AQTIS, par exemple, qui se font demander de couper dans leurs... dans leurs budgets, dans leurs conditions de travail. Ces producteurs qui se font demander de couper 30 % pour la saison d'après, puis encore un autre 30 % la saison d'après. Puis à un moment donné, ça ne se peut plus.

C'est... c'est très grave, on est en train de précariser... Le gouvernement de la CAQ est en train de laisser se précariser le milieu de l'audiovisuel et, donc, la culture québécoise. C'est dramatique. Il faut qu'il y ait une intervention. C'est grave de laisser entre les mains du Canada inactif la gestion de la taxation des GAFAM, qui nous permettrait, justement, de financer le système de façon à ce que ça aille dans les poches des artistes aussi, parce que c'est aussi grave, le fait que des compagnies aillent dire à des artistes : Coupez dans vos... dans votre fonds de pension. Qui va payer pour ces artistes-là qui n'auront pas de fonds de pension, après ça? C'est tout l'ensemble de la collectivité québécoise. Il n'est pas question qu'on fasse que cette crise là se fasse sur le dos des artistes, des travailleurs et travailleuses du Québec. Alors, on est en pleine solidarité avec eux.

Mme Ghazal : Merci. Merci beaucoup, Sol. Il y a la précarisation des artistes et artisans du Québec et ça a un impact sur notre culture, puis il y a aussi un appauvrissement de la classe moyenne, des pères et des familles qui font un travail honnête, qui travaillent très, très fort et qui n'arrivent même pas à payer le loyer, l'épicerie, l'essence. Moi, en fin de semaine, je ne sais pas si vous l'avez lu, un papier d'Isabelle Maréchal, d'un père de famille de 31 ans, Keven Houde. Quand je l'ai lu, c'est vraiment, vraiment venu me chercher. Et il dit : Je n'ai jamais fait autant d'argent, mais je n'ai jamais été aussi pauvre. Ce père de famille qui travaille à temps plein, qui accumule les heures supplémentaires, il est obligé de se priver de repas. De manger une seule fois pour permettre à ses enfants puis à sa famille de pouvoir manger. Et sa situation n'est pas exceptionnelle, puis j'ai vu des commentaires, les gens ont été très touchés par cette histoire-là parce qu'elle n'est pas seule. Il y a beaucoup de familles qui vivent dans cette précarisation là, et c'est du jamais vu, au Québec, de vivre dans cette situation là, comme ça.

C'est pour ça que nous, à Québec solidaire, on amène des propositions, des solutions pour aider des familles comme celle de M. Keven Houde. On est sorti, en fin de semaine, avec une plateforme ambitieuse et crédible, pour amener une alternative avec des solutions différentes de ce qui a toujours été fait, que ce soit par le gouvernement de la CAQ, le Parti libéral, le Parti québécois, ceux qui nous ont gouvernés pendant les 20, 30 dernières années. Des mesures, même, qui ne coûtent pas cher, en fait, qui ne coûtent rien à l'État : contrôler les loyers, geler les loyers à l'inflation pendant un an, pour l'épicerie, de plafonner les marges de profits, qui ont plus que doublé depuis la pandémie, pour les épiceries. C'est des mesures qu'on peut mettre en place de façon urgente pour aider les familles comme celle de M. Houde. Donc, ce qu'on voit, ce que vivent les familles aujourd'hui, bien, c'est le bilan de la CAQ, c'est le bilan, aussi, de Mme Christine Fréchette, qui fait partie du gouvernement de la CAQ depuis des années.

Journaliste : Concernant les GAFAM, M. Zanetti. Est-ce que ce n'est pas le fédéral qui ne fait pas son boulot, actuellement?

M. Zanetti : Le fédéral ne le fait pas et on ne peut pas attendre qu'il le fasse. Il faut un Québec indépendant dans lequel c'est nous qui décidons de ces enjeux de taxation là, parce qu'aussi, on a des enjeux culturels différents de ceux du Canada, puis on ne peut pas se laisser, comme ça, entre les mains d'un gouvernement qui ne fait rien puis qui n'a pas cette audace-là.

Journaliste : Donc, on fait quoi?

M. Zanetti : On fait l'indépendance, on taxe les GAFAM...

Journaliste : L'indépendance, l'indépendance, c'est quoi, votre plan pour aider la production et les producteurs télévisuels?

M. Zanetti : On taxe les GAFAM, on prend cet argent-là, qui était avant...

Journaliste : Le fédéral, il ne paie pas.

M. Zanetti : Je comprends, mais il y a des façons de le faire, ça se fait ailleurs dans le monde. Il faut qu'on trouve la façon de le faire. Il y a un enjeu de volonté politique, et puis il faut qu'on...

Journaliste : ...

M. Zanetti : On va regarder ça en temps et lieu, le modèle précis, là, je ne suis pas aujourd'hui pour donner le fin détail, mais sur le principe, on ne peut pas capituler là-dessus, parce que c'est la production audiovisuelle, mais c'est tout le milieu des médias aussi et ça, c'est très grave. On ne peut pas laisser ce secteur-là se défaire, parce que c'est un enjeu culturel et c'est un enjeu de démocratie. Et on a besoin d'information au Québec, on a besoin de démocratie, on le sait qu'il y a une grande fragilité en ce moment. J'ai parlé de l'audiovisuel, mais je parle aussi du milieu médiatique, il y a beaucoup de monde en ce moment qui se sentent une épée de Damoclès au-dessus la tête et c'est très, très grave. Ça prend une intervention étatique.

Journaliste : Est-ce que ça prend un audit sur la modernisation informatique du système de justice au Québec?

Mme Ghazal : Bien, en fait, au-delà des audits, là, ce que ça prend, c'est de, pour tous les projets de transformation numérique dans tous les ministères, parce que, là, aujourd'hui, on parle du système de justice, on parle aussi du système de santé, mais il y a d'autres ministères, Ressources naturelles, les cégeps, etc., où ce qu'on doit faire, c'est suivre les recommandations du rapport Parent, notamment la recommandation numéro un : il faut qu'on ait une expertise.

M. Zanetti : ...

Mme Ghazal : Qu'est ce que j'ai dit?

M. Zanetti : ...

Mme Ghazal : Ah! OK. Oui, c'est ça, de la commission Gallant, donc, il faut qu'on ait... la première recommandation, c'est qu'il faut qu'on ait une expertise ici, à l'interne, dans les ministères, parce qu'en ce moment, il n'y a personne qui sait ce qu'on est en train de faire, on donne tout au privé. Puis après ça, les compagnies privées, elles font ce qu'elles veulent, puis elles font la grosse piasse, puis c'est les Québécois qui paient. C'est ça qu'on doit faire. Oui, bien sûr, il faut continuer les audits, il faut ouvrir les livres, s'assurer que les auditeurs internes puissent faire leur travail comme il faut, mais on va rester dans cette situation-là et on va avoir des fiascos par dessous fiasco, tant et aussi longtemps qu'on ne mettra pas en place les mesures du rapport Gallant.

Journaliste : Donc, vous avez interpellé par... les déclarations de M. Bélanger ce matin qui dit que, budgétairement, c'est suicidaire de rester dans cette lignée-là.

Mme Ghazal : Moi, je suis totalement d'accord avec M. Bélanger. Il a été tassé par Mme Christine Fréchette parce qu'il disait la vérité, parce qu'il disait des choses, parce qu'il allumait des lumières, puis on a préféré le tasser plutôt que de s'assurer de voir c'est quoi les voyants rouges puis s'assurer de ne pas avoir un fiasco.

Journaliste : ...de ces deux projets qu'ils avaient proposés, bon, ça n'a pas fait l'unanimité, là, mais il y avait Data Québec, donc de nationaliser les infrastructures numériques, mais également le code, donc, qui était un partenariat avec CGI, il y a eu des critiques provenant de la gauche, particulièrement... dans ce projet-là, mais qui donnait quand même l'opportunité au Québec de devenir propriétaire d'un code, donc, et de faire... et de développer l'expertise à l'interne avec des entreprises québécoises.

M. Zanetti : Mais la question de la souveraineté numérique, elle est centrale puis elle semble un peu occultée. La CAQ dit : Tu sais, l'enjeu, ce n'est pas seulement les dépassements de coûts puis ce n'est pas seulement : Ah! il va-tu y avoir des problèmes informatiques puis ça va prendre trop temps, puis... L'idée, ce n'est pas tant... ce n'est pas uniquement qu'on n'est pas prêt à cause que, c'est aussi l'idée de dire que la CAQ est en train de donner nos données à des compagnies américaines, que, à cause du Cloud Act, le gouvernement américain va pouvoir consulter à souhait. La CAQ est en train de mettre un collier puis une laisse autour du cou du Québec, puis il est en train de la donner à Donald Trump. Ça n'a complètement aucun bon sens. Et ça, il faut le dénoncer, et c'est une des raisons principales pour lesquelles il faut arrêter ça, puis penser les choses comme il faut. Réduire les dépassements, s'assurer que... Mais oui, mais avoir une souveraineté numérique! Comment peut-on passer à côté de ça? C'est tellement colonisé.

Journaliste : Comme parti indépendantiste, Mme Ghazal, est-ce que vous craignez d'être espionnée par le fédéral actuellement, ce que laissait entendre tantôt le chef péquiste?

Mme Ghazal : Je n'ai pas ces craintes-là, non.

Journaliste : Sur la mission à Paris de la première ministre, est-ce que c'est une priorité en ce moment?

Mme Ghazal : Bien... Moi, je suis en faveur du fait qu'en attendant d'avoir notre indépendance puis de pouvoir rencontrer... que notre premier ou première ministre rencontre les chefs d'État, moi, je suis en faveur que le Québec aille parler pour nos intérêts.

Maintenant, est-ce que c'est la chose la plus urgente? Peut-être que, moi, ce que j'invite Mme Christine Fréchette à faire, c'est d'écouter ce que la France dit par rapport au PEQ, le Programme d'expérience québécoise. La France est d'accord pour qu'on remette le PEQ en marche. Ça faisait partie aussi de la promesse de Christine Fréchette et on attend toujours.

Journaliste : Ce matin, on a la rectrice de l'Université Laval, le Rectum de l'Université de Montréal puis plusieurs personnalités du monde des affaires aussi qui disent : Il est temps, là, qu'on se crée peut-être un plan de talents, là, un espèce d'instance, là, qui permettrait de voir venir les besoins dans les bouleversements technologiques que connaît le monde du travail. Est-ce que c'est le genre d'initiative qui vous plaît?

Mme Ghazal : Oui. Il faut écouter les experts puis les gens du milieu pour tout ce qui est... que ce soit les, comment on appelle ça, le l'intelligence artificielle et tout ça, c'est très important parce qu'on est souvent en retard comme décideurs politiques, on suit la parade, on laisse après ça les gens, par exemple, dans le milieu de l'éducation, dans les cégeps, les universités à eux-mêmes, alors qu'il y a un bouleversement complet de la façon de faire. On ne peut plus enseigner, on ne peut plus faire des examens, et tout ça, comme on le faisait dans les années 90, le début des années 2000, le monde a changé. Puis souvent, les décideurs et les gouvernements sont en retard. Donc, c'est important. Alors qu'on a tout ce qu'il faut, on a une expertise qui existe au Québec, profitons-en puis écoutons les experts.

Journaliste : Bedford?

M. Zanetti : Oui. Le fait que ces... que ces...

Mme Ghazal : C'est très drôle! C'est... Quelle est la question? J'adore ça.

M. Zanetti : Je la connais. Ça fait longtemps qu'on se côtoie, là. Bedford. Je sais que...

Journaliste : Non, non, mais même... même si je posais une question, la ligne a été préparée. C'est quoi la ligne du jour sur Bedford?

Mme Ghazal : Ah non, non, non. On veut l'écouter. Moi, je veux l'écouter.

Journaliste : Vous voulez écouter ma question?

M. Zanetti : Oui.

Journaliste : Alors, trouvez-vous que c'est une bonne chose que les 11 enseignants aient perdu leur brevet d'enseignement? Est-ce que les syndicats doivent le contester?

M. Zanetti : Non. C'est une excellente chose. Ces gens-là devaient perdre leur emploi. Ce qui s'est passé à Bedford n'a pas d'allure. Puis ce sur quoi je veux apporter notre attention, c'est le fait que la CAQ n'avait pas besoin de faire une loi pour faire ça. C'est de là que ça vient, là, les lois 94, là. Je veux dire, il fallait renvoyer ces personnes-là. Qu'est-ce qui a été la réponse de la CAQ? Faire une loi qui font perdre leur emploi à des femmes. C'est particulier. C'est grave. Et moi, je suis très content de ce qui se passe aujourd'hui avec ces enseignants de Bedford.

Le Modérateur : Merci. En anglais.

Journaliste : And can I get your... again, you reaction to Bedford?

M. Zanetti : Yes. The fact that those teachers were fired is a very good thing. This is what had to happen. And the CAQ Government didn't need to write a bill to do that. We didn't need the... we have never needed the bill 94. And the only thing that the bill 94 did was getting women fired, and that is not a good thing. It's... It's terrible. So, yes, I'm very happy to see what is the end of that story. And it should have been that thing all along.

Journaliste : And yesterday of course there was the major outage in Mauricie with DSN, the digital health roll-up. What's your reaction to that?

Mme Ghazal : Yes. Well, we know that the Government and Mme Fréchette didn't listen to the people on the ground. There's some bog. And we need also to... We'll see more and more problems in the future weeks. We are sure about that. This is very bad for the people who are working and the patient in these regions.

For Québec solidaire, it was very important... it's very important to listen to the... and follow the recommendation of Gallant report. The first recommendation is to have the expertise inside the Government, not only to give our data, our numeric sovereignty and everything to private companies. This is what the Government is doing for all the transformation system in our public services.

Journaliste : So, you're saying basically that the Government disregarded the report, the Gallant report?

Mme Ghazal : The Government disregarded the report of M. Gallant. And this is very bad. We, in the future... we will have other fiasco SAAQclic and we don't need that. Merci.

(Fin à 11 h 26)

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