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(Onze heures douze minutes)
M. Zanetti : Bonjour,
tout le monde. Aujourd'hui, le sujet que je veux amener à votre attention, c'est
la question de ces séries québécoises en voie de se faire annuler ou annulées à
cause qu'il y a une crise, une véritable crise, dans la production
audiovisuelle au Québec. On l'a vue, l'inaction du gouvernement canadien, dans
la taxation des GAFAM qui se sont accaparé les revenus publicitaires, ça a mis
en péril le modèle d'affaires des compagnies québécoises qui produisaient des...
qui produisent encore des séries, des films, toutes sortes de... de choses qui
font vivre la culture québécoise, qui font vivre, aussi, les artistes, les
artisans, les travailleurs du milieu culturel. Et là, il y a vraiment urgence.
Et quand on voit, aussi, que cette... comment
dire, cette précarisation du modèle d'affaires encourage la concentration,
aussi, de la possession de ces compagnies-là. Et ça aussi, c'est une mauvaise
chose. Et moi, ce que je trouve dramatique, c'est de voir que c'est rendu que
les artistes se font demander d'abandonner leurs fonds de pension, se font
demander de réduire drastiquement leurs salaires. Les travailleurs de l'AQTIS,
par exemple, qui se font demander de couper dans leurs... dans leurs budgets,
dans leurs conditions de travail. Ces producteurs qui se font demander de
couper 30 % pour la saison d'après, puis encore un autre 30 % la
saison d'après. Puis à un moment donné, ça ne se peut plus.
C'est... c'est très grave, on est en train
de précariser... Le gouvernement de la CAQ est en train de laisser se
précariser le milieu de l'audiovisuel et, donc, la culture québécoise. C'est
dramatique. Il faut qu'il y ait une intervention. C'est grave de laisser entre
les mains du Canada inactif la gestion de la taxation des GAFAM, qui nous
permettrait, justement, de financer le système de façon à ce que ça aille dans
les poches des artistes aussi, parce que c'est aussi grave, le fait que des
compagnies aillent dire à des artistes : Coupez dans vos... dans votre
fonds de pension. Qui va payer pour ces artistes-là qui n'auront pas de fonds
de pension, après ça? C'est tout l'ensemble de la collectivité québécoise. Il n'est
pas question qu'on fasse que cette crise là se fasse sur le dos des artistes,
des travailleurs et travailleuses du Québec. Alors, on est en pleine solidarité
avec eux.
Mme Ghazal : Merci.
Merci beaucoup, Sol. Il y a la précarisation des artistes et artisans du Québec
et ça a un impact sur notre culture, puis il y a aussi un appauvrissement de la
classe moyenne, des pères et des familles qui font un travail honnête, qui
travaillent très, très fort et qui n'arrivent même pas à payer le loyer, l'épicerie,
l'essence. Moi, en fin de semaine, je ne sais pas si vous l'avez lu, un papier
d'Isabelle Maréchal, d'un père de famille de 31 ans, Keven Houde. Quand je
l'ai lu, c'est vraiment, vraiment venu me chercher. Et il dit : Je n'ai
jamais fait autant d'argent, mais je n'ai jamais été aussi pauvre. Ce père de
famille qui travaille à temps plein, qui accumule les heures supplémentaires,
il est obligé de se priver de repas. De manger une seule fois pour permettre à
ses enfants puis à sa famille de pouvoir manger. Et sa situation n'est pas
exceptionnelle, puis j'ai vu des commentaires, les gens ont été très touchés
par cette histoire-là parce qu'elle n'est pas seule. Il y a beaucoup de
familles qui vivent dans cette précarisation là, et c'est du jamais vu, au
Québec, de vivre dans cette situation là, comme ça.
C'est pour ça que nous, à Québec
solidaire, on amène des propositions, des solutions pour aider des familles
comme celle de M. Keven Houde. On est sorti, en fin de semaine, avec une
plateforme ambitieuse et crédible, pour amener une alternative avec des
solutions différentes de ce qui a toujours été fait, que ce soit par le
gouvernement de la CAQ, le Parti libéral, le Parti québécois, ceux qui nous ont
gouvernés pendant les 20, 30 dernières années. Des mesures, même, qui ne
coûtent pas cher, en fait, qui ne coûtent rien à l'État : contrôler les
loyers, geler les loyers à l'inflation pendant un an, pour l'épicerie, de
plafonner les marges de profits, qui ont plus que doublé depuis la pandémie,
pour les épiceries. C'est des mesures qu'on peut mettre en place de façon
urgente pour aider les familles comme celle de M. Houde. Donc, ce qu'on
voit, ce que vivent les familles aujourd'hui, bien, c'est le bilan de la CAQ,
c'est le bilan, aussi, de Mme Christine Fréchette, qui fait partie du
gouvernement de la CAQ depuis des années.
Journaliste : Concernant les
GAFAM, M. Zanetti. Est-ce que ce n'est pas le fédéral qui ne fait pas son
boulot, actuellement?
M. Zanetti : Le fédéral
ne le fait pas et on ne peut pas attendre qu'il le fasse. Il faut un Québec
indépendant dans lequel c'est nous qui décidons de ces enjeux de taxation là,
parce qu'aussi, on a des enjeux culturels différents de ceux du Canada, puis on
ne peut pas se laisser, comme ça, entre les mains d'un gouvernement qui ne fait
rien puis qui n'a pas cette audace-là.
Journaliste
: Donc, on
fait quoi?
M. Zanetti : On fait l'indépendance,
on taxe les GAFAM...
Journaliste : L'indépendance,
l'indépendance, c'est quoi, votre plan pour aider la production et les
producteurs télévisuels?
M. Zanetti : On taxe les
GAFAM, on prend cet argent-là, qui était avant...
Journaliste : Le fédéral, il
ne paie pas.
M. Zanetti : Je
comprends, mais il y a des façons de le faire, ça se fait ailleurs dans le
monde. Il faut qu'on trouve la façon de le faire. Il y a un enjeu de volonté
politique, et puis il faut qu'on...
Journaliste : ...
M. Zanetti : On va regarder ça
en temps et lieu, le modèle précis, là, je ne suis pas aujourd'hui pour donner
le fin détail, mais sur le principe, on ne peut pas capituler là-dessus, parce
que c'est la production audiovisuelle, mais c'est tout le milieu des médias
aussi et ça, c'est très grave. On ne peut pas laisser ce secteur-là se défaire,
parce que c'est un enjeu culturel et c'est un enjeu de démocratie. Et on a
besoin d'information au Québec, on a besoin de démocratie, on le sait qu'il y a
une grande fragilité en ce moment. J'ai parlé de l'audiovisuel, mais je parle
aussi du milieu médiatique, il y a beaucoup de monde en ce moment qui se
sentent une épée de Damoclès au-dessus la tête et c'est très, très grave. Ça
prend une intervention étatique.
Journaliste
: Est-ce
que ça prend un audit sur la modernisation informatique du système de justice
au Québec?
Mme Ghazal : Bien, en fait,
au-delà des audits, là, ce que ça prend, c'est de, pour tous les projets de
transformation numérique dans tous les ministères, parce que, là, aujourd'hui,
on parle du système de justice, on parle aussi du système de santé, mais il y a
d'autres ministères, Ressources naturelles, les cégeps, etc., où ce qu'on doit
faire, c'est suivre les recommandations du rapport Parent, notamment la
recommandation numéro un : il faut qu'on ait une expertise.
M. Zanetti : ...
Mme Ghazal : Qu'est ce que
j'ai dit?
M. Zanetti : ...
Mme Ghazal : Ah! OK. Oui,
c'est ça, de la commission Gallant, donc, il faut qu'on ait... la première
recommandation, c'est qu'il faut qu'on ait une expertise ici, à l'interne, dans
les ministères, parce qu'en ce moment, il n'y a personne qui sait ce qu'on est
en train de faire, on donne tout au privé. Puis après ça, les compagnies
privées, elles font ce qu'elles veulent, puis elles font la grosse piasse, puis
c'est les Québécois qui paient. C'est ça qu'on doit faire. Oui, bien sûr, il faut
continuer les audits, il faut ouvrir les livres, s'assurer que les auditeurs
internes puissent faire leur travail comme il faut, mais on va rester dans
cette situation-là et on va avoir des fiascos par dessous fiasco, tant et aussi
longtemps qu'on ne mettra pas en place les mesures du rapport Gallant.
Journaliste
: Donc,
vous avez interpellé par... les déclarations de M. Bélanger ce matin qui dit
que, budgétairement, c'est suicidaire de rester dans cette lignée-là.
Mme Ghazal : Moi, je suis totalement
d'accord avec M. Bélanger. Il a été tassé par Mme Christine Fréchette parce
qu'il disait la vérité, parce qu'il disait des choses, parce qu'il allumait des
lumières, puis on a préféré le tasser plutôt que de s'assurer de voir c'est
quoi les voyants rouges puis s'assurer de ne pas avoir un fiasco.
Journaliste
: ...de ces
deux projets qu'ils avaient proposés, bon, ça n'a pas fait l'unanimité, là,
mais il y avait Data Québec, donc de nationaliser les infrastructures
numériques, mais également le code, donc, qui était un partenariat avec CGI, il
y a eu des critiques provenant de la gauche, particulièrement... dans ce
projet-là, mais qui donnait quand même l'opportunité au Québec de devenir
propriétaire d'un code, donc, et de faire... et de développer l'expertise à
l'interne avec des entreprises québécoises.
M. Zanetti : Mais la question
de la souveraineté numérique, elle est centrale puis elle semble un peu
occultée. La CAQ dit : Tu sais, l'enjeu, ce n'est pas seulement les
dépassements de coûts puis ce n'est pas seulement : Ah! il va-tu y avoir
des problèmes informatiques puis ça va prendre trop temps, puis... L'idée, ce
n'est pas tant... ce n'est pas uniquement qu'on n'est pas prêt à cause que,
c'est aussi l'idée de dire que la CAQ est en train de donner nos données à des
compagnies américaines, que, à cause du Cloud Act, le gouvernement américain va
pouvoir consulter à souhait. La CAQ est en train de mettre un collier puis une
laisse autour du cou du Québec, puis il est en train de la donner à Donald
Trump. Ça n'a complètement aucun bon sens. Et ça, il faut le dénoncer, et c'est
une des raisons principales pour lesquelles il faut arrêter ça, puis penser les
choses comme il faut. Réduire les dépassements, s'assurer que... Mais oui, mais
avoir une souveraineté numérique! Comment peut-on passer à côté de ça? C'est
tellement colonisé.
Journaliste
: Comme
parti indépendantiste, Mme Ghazal, est-ce que vous craignez d'être espionnée
par le fédéral actuellement, ce que laissait entendre tantôt le chef péquiste?
Mme Ghazal : Je n'ai pas ces
craintes-là, non.
Journaliste
: Sur la
mission à Paris de la première ministre, est-ce que c'est une priorité en ce
moment?
Mme Ghazal : Bien... Moi, je
suis en faveur du fait qu'en attendant d'avoir notre indépendance puis de
pouvoir rencontrer... que notre premier ou première ministre rencontre les
chefs d'État, moi, je suis en faveur que le Québec aille parler pour nos
intérêts.
Maintenant, est-ce que c'est la chose la
plus urgente? Peut-être que, moi, ce que j'invite Mme Christine Fréchette à
faire, c'est d'écouter ce que la France dit par rapport au PEQ, le Programme
d'expérience québécoise. La France est d'accord pour qu'on remette le PEQ en
marche. Ça faisait partie aussi de la promesse de Christine Fréchette et on
attend toujours.
Journaliste
: Ce matin,
on a la rectrice de l'Université Laval, le Rectum de l'Université de Montréal
puis plusieurs personnalités du monde des affaires aussi qui disent : Il
est temps, là, qu'on se crée peut-être un plan de talents, là, un espèce
d'instance, là, qui permettrait de voir venir les besoins dans les
bouleversements technologiques que connaît le monde du travail. Est-ce que
c'est le genre d'initiative qui vous plaît?
Mme Ghazal : Oui. Il faut
écouter les experts puis les gens du milieu pour tout ce qui est... que ce soit
les, comment on appelle ça, le l'intelligence artificielle et tout ça, c'est
très important parce qu'on est souvent en retard comme décideurs politiques, on
suit la parade, on laisse après ça les gens, par exemple, dans le milieu de
l'éducation, dans les cégeps, les universités à eux-mêmes, alors qu'il y a un
bouleversement complet de la façon de faire. On ne peut plus enseigner, on ne
peut plus faire des examens, et tout ça, comme on le faisait dans les années 90,
le début des années 2000, le monde a changé. Puis souvent, les décideurs
et les gouvernements sont en retard. Donc, c'est important. Alors qu'on a tout
ce qu'il faut, on a une expertise qui existe au Québec, profitons-en puis
écoutons les experts.
Journaliste : Bedford?
M. Zanetti : Oui. Le fait que
ces... que ces...
Mme Ghazal : C'est très
drôle! C'est... Quelle est la question? J'adore ça.
M. Zanetti : Je la connais.
Ça fait longtemps qu'on se côtoie, là. Bedford. Je sais que...
Journaliste : Non, non, mais
même... même si je posais une question, la ligne a été préparée. C'est quoi la
ligne du jour sur Bedford?
Mme Ghazal : Ah non, non,
non. On veut l'écouter. Moi, je veux l'écouter.
Journaliste : Vous voulez
écouter ma question?
M. Zanetti : Oui.
Journaliste : Alors,
trouvez-vous que c'est une bonne chose que les 11 enseignants aient perdu
leur brevet d'enseignement? Est-ce que les syndicats doivent le contester?
M. Zanetti : Non. C'est une
excellente chose. Ces gens-là devaient perdre leur emploi. Ce qui s'est passé à
Bedford n'a pas d'allure. Puis ce sur quoi je veux apporter notre attention,
c'est le fait que la CAQ n'avait pas besoin de faire une loi pour faire ça.
C'est de là que ça vient, là, les lois 94, là. Je veux dire, il fallait
renvoyer ces personnes-là. Qu'est-ce qui a été la réponse de la CAQ? Faire une
loi qui font perdre leur emploi à des femmes. C'est particulier. C'est grave.
Et moi, je suis très content de ce qui se passe aujourd'hui avec ces enseignants
de Bedford.
Le Modérateur : Merci. En
anglais.
Journaliste :
And can I get your... again, you
reaction to Bedford?
M. Zanetti :
Yes. The fact that those teachers were
fired is a very good thing. This is what had to happen. And the CAQ Government
didn't need to write a bill to do that. We didn't need the... we have never
needed the bill 94. And the only thing that the bill 94 did was getting women
fired, and that is not a good thing. It's... It's terrible. So, yes, I'm very
happy to see what is the end of that story. And it should have been that thing
all along.
Journaliste :
And yesterday of course there was the
major outage in Mauricie with DSN, the digital health roll-up. What's your
reaction to that?
Mme Ghazal :
Yes. Well, we know that the Government
and Mme Fréchette didn't listen to the people on the ground. There's some bog.
And we need also to... We'll see more and more problems in the future weeks. We
are sure about that. This is very bad for the people who are working and the
patient in these regions.
For Québec solidaire, it
was very important... it's very important to listen to the... and follow the
recommendation of Gallant report. The first recommendation is to have the
expertise inside the Government, not only to give our data, our numeric
sovereignty and everything to private companies. This is what the Government is
doing for all the transformation system in our public services.
Journaliste :
So, you're saying basically that the
Government disregarded the report, the Gallant report?
Mme Ghazal :
The Government disregarded the report
of M. Gallant. And this is very bad. We, in the future... we will have other
fiasco SAAQclic and we don't need that. Merci.
(Fin à 11 h 26)