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Point de presse de Mme Madwa-Nika Cadet, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mardi 12 mai 2026, 15 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Quinze heures trente-deux minutes)

La Modératrice : Bonjour. Alors, bienvenue à ce point de presse du Parti libéral du Québec pour réclamer le maintien de l'enveloppe protégée consacrée à l'achat de livres dans les écoles. Donc, on va commencer avec la porte-parole du Parti libéral en matière d'éducation, Madwa-Nika Cadet. On aura ensuite la directrice générale de l'Association des libraires du Québec, Gabrielle Simard, ensuite le directeur général de l'Association des distributeurs de livres, Benoit Prieur, ensuite le président de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois, Pierre-Yves Villeneuve, et on va terminer avec la responsable sociopolitique de l'Association des professeurs de français du Québec, Claudine Grenier.

Mme Cadet : Merci. Bonjour à tous. Je me trouve ici devant vous à titre de porte-parole libérale en matière de culture, de langue française et en matière d'éducation afin de demander quelque chose de très clair à la ministre de l'Éducation, Sonia LeBel, soit le fait de protéger la mesure pour l'achat de livres dans nos écoles.

D'abord, sur la réforme proposée par Mme LeBel de consolider les mesures budgétaires, hein? Parce qu'on en a beaucoup entendu parler. Celle-ci, elle était attendue par le milieu. Il y en avait trop, ce qui créait de la microgestion et une lourdeur bureaucratique. Partant de ce principe, à la place, j'aurais fait pareil. Mais, on le sait, les exceptions, c'est ce qui confirme la règle. Alors, c'est ce que nous lui demandons aujourd'hui, une exception à cette consolidation pour protéger l'achat de livres, comme elle a accepté de le faire pour l'aide alimentaire, parce que nous avons des craintes de voir une baisse significative de l'achat de livres avec un impact sur la réussite éducative de nos jeunes.

Et ces craintes sont fondées. L'an dernier, à cause des compressions budgétaires, même si la mesure était toujours protégée, nos libraires indépendants ont constaté que l'équivalent de 250 000 livres jeunesse ne se sont pas vendus. Imaginez, là, nos jeunes ont perdu la chance de lire 250 000 livres. Toute la chaîne du livre, déjà fragile, est... en a écopé. Mais c'est surtout la réussite éducative de nos jeunes qui en a pris pour son rhume.

La ministre LeBel, elle réplique depuis plusieurs jours de ne pas s'inquiéter. Elle nous dit : Regardez, les budgets sont protégés. Même là, il y a quelques minutes, donc, je viens de lui poser la question en période des questions, puis elle m'a répondu la même chose : Les budgets sont protégés, donc laissons au terrain la possibilité de prendre ces décisions. Mais si les compressions ont mené à des pertes aussi importantes à l'échelle du Québec l'année passée, alors que la mesure était protégée, c'est irréaliste de s'attendre à ce que la dilution de la mesure ne crée pas exactement les mêmes effets.

Il n'est pas de gaieté de cœur, là. Nos 72 centres de services scolaires, moi aussi, j'ai confiance qu'ils ont les meilleures intentions du monde de permettre la lecture à nos jeunes. Je pense que tout le monde s'entend sur cet objectif-ci puis sur cet... cet objectif-ci, qui est noble. Mais, malgré les plus belles intentions du monde, parce qu'il y aura inévitablement des arbitrages à faire, si on a une mesure qui est diluée à l'intérieur d'une enveloppe qui est fusionnée, bien, il n'y a aucune garantie. Or, la lecture, ça ne devrait jamais être optionnel. Je le répète, une minute de lecture par jour, c'est 8 000 mots par année, 20 minutes de lecture par jour, c'est 1 800 000 mots par année. La lecture, c'est la base.

Je sais que Mme LeBel, c'est une femme rigoureuse, pragmatique, qui aime les consensus. Nous lui offrons aujourd'hui une solution concrète, efficace et qui est demandée par le milieu. J'ai derrière moi donc les différents acteurs de la chaîne du livre et des acteurs du milieu de l'éducation aussi. Pour sa part, Mme Fréchette, elle a affirmé qu'elle ne voulait pas toucher aux services aux élèves dans son mandat. Bien, c'est son premier test.

Alors, Mme Fréchette, Mme LeBel, au nom de la langue, au nom de la culture et, bien sûr, au nom de nos jeunes, le Parti libéral du Québec vous demande formellement de reculer et de protéger la mesure sur l'achat de livres dans nos écoles.

Mme Simard (Gabrielle) : Merci beaucoup. Donc, merci déjà pour... pour l'opportunité, pour le soutien que vous apportez au milieu du livre, au milieu de l'éducation. Je serai brève. En fait, c'est qu'en ce moment, ce qu'on constate, c'est que le système des enveloppes protégées fonctionne bien. Oui, il est imparfait, comme beaucoup d'autres systèmes, oui, il pourra gagner à être amélioré. Du côté des libraires, en tout cas, il n'y a pas d'objection à ce qu'on simplifie les processus. Par contre, bien qu'il soit imparfait, il garantissait quand même deux choses essentielles. La première, c'est que dans les écoles, on a des livres pour les élèves. Et la deuxième chose, c'est que ça permet d'avoir un réseau de librairies indépendantes qui fait rayonner la culture et la littérature à travers tout le Québec.

Avec la réforme de la ministre LeBel, on vient complètement changer les règles du jeu. C'est dommageable non seulement pour les élèves, bien sûr, mais également pour les libraires qui travaillent fort pour la culture partout dans la province, qui perdent toute prévisibilité. Et évidemment c'est l'ensemble de la chaîne du livre qui en souffre. On parle d'une menace actuellement qui est bien réelle pour la survie de certaines librairies, voire même de certains éditeurs.

M. Prieur (Benoit) : Merci, merci, Mme Cadet. Alors, je suis Benoit Prieur, je suis directeur général de l'Association des distributeurs de livres. Je me permettrais de faire un petit retour historique sur ce qu'est les programmes d'aide aux acquisitions de livres dans les bibliothèques scolaires. C'est un programme qui existe maintenant depuis 2006, sans interruption, un programme qui a... qui a démontré toute son utilité dans la relance des bibliothèques scolaires.

On se souvient qu'à l'époque, avant 2006 le réseau des bibliothèques scolaires était pratiquement anéanti, et grâce à des réinvestissements réguliers, constants depuis 2006, on a pu relancer nos bibliothèques, qui sont, aujourd'hui... qui sont, aujourd'hui, très utiles aux jeunes et aux éducateurs. Les programmes d'aide ont été constants depuis 2006, ils ont toujours été protégés, ou toujours été... ça a été des sommes toujours dédiées, sauf à deux exceptions près, en 2010-2011 et puis en 2013-2014, et, chaque fois, on a constaté des baisses importantes dans les achats de livres. On a aussi constaté des baisses importantes des achats de livres cette année, à cause du flou entourant les budgets, les budgets pour le ministère de l'Éducation.

Donc, lorsque les règles ne sont pas clairement émises, lorsque les règles ne sont pas dédiées ou protégées, bien, la preuve a été faite, bien, c'est le secteur du livre qui perd des ventes, mais c'est aussi les jeunes, les enseignants qui perdent... perdent des occasions d'apprentissage. Merci.

M. Villeneuve (Pierre-Yves) : La lecture est l'un des outils qui aide les élèves à accroître leur vocabulaire, à développer leur empathie, à structurer leur esprit critique, à mieux connaître le monde et à mieux se connaître eux-mêmes. C'est un vecteur de réussite. La lecture devrait être une priorité, particulièrement à l'heure où les experts et leurs... et les parents lèvent les drapeaux rouges concernant la surexposition aux écrans, qui sont infestés par la désinformation. Prétexter la flexibilité budgétaire pour fusionner les enveloppes d'acquisition, c'est ignorer la réalité et les nombreux défis auxquels nous allons faire face, et particulièrement, nos jeunes.

La littérature est une arme, et dans le contexte actuel, le Québec n'a pas le luxe de se priver d'une mesure qui encourage la lecture. Je ne pense pas avoir à vous rappeler le taux désastreux de manque de littératie au Québec. Si on veut inverser la tendance, il faut que nos jeunes soient en contact avec le livre. Ils ont besoin de diversité, de nouveauté. Le milieu, lui, a besoin de stabilité. Quand un ministère tousse, les écoles attrapent la grippe, mais c'est le milieu du livre qui se ramasse à l'urgence. Avec un assouplissement aussi extrême des règles budgétaires, les jeunes vont être privés d'œuvres qui développent leur imaginaire, leur sensibilité, leur rapport à la langue et à l'histoire. Les écrivaines et les écrivains pour la jeunesse, eux, vont être les premiers à être affectés économiquement, et, à long terme, bien, c'est l'ensemble du Québec qui va subir les conséquences de cette décision.

Mme Grenier (Claudine) : Bonjour. Je prends la parole aujourd'hui au nom de l'Association québécoise des professeurs de français. Quand on parle d'accès aux livres à l'école, particulièrement au préscolaire et au primaire, on parle d'un élément essentiel à la réussite éducative. Les bibliothèques scolaires et les bibliothèques de classe permettent aux élèves de développer leur vocabulaire, leur compréhension, leur imagination et leur rapport à la langue française. Pour plusieurs enfants, l'école est aussi le principal, parfois, le seul endroit où ils ont accès à des livres. Le nouveau programme de français met d'ailleurs de l'avant l'importance de la lecture, de la culture et du contact fréquent avec les œuvres culturelles. On demande aux enseignants de français d'être des passeurs culturels, mais ils ont besoin de moyens concrets pour cela. C'est pourquoi des mesures comme la 15103, qui soutient l'acquisition de livres pour les bibliothèques scolaires, ou encore, l'aide accordée aux enseignants du préscolaire et du primaire pour garnir leur bibliothèque de classe doivent rester.

Oui, nous comprenons la volonté de réduire le nombre d'enveloppes budgétaires et de donner plus de flexibilité au milieu, mais certaines enveloppes avaient, justement, la fonction de protéger l'accès aux livres et à la culture dans les écoles. Notre inquiétude aujourd'hui est simple : sans protection claire, ces investissements risquent de devenir variables d'une école à l'autre, et ça, c'est un manque de cohérence du gouvernement. Merci.

Mme Cadet : Merci. Donc, je veux remercier les différents acteurs du livre qui sont... qui sont derrière nous aujourd'hui, et particulièrement, donc, l'Association des professeurs de français, qui nous montre à quel point il faut absolument que la ministre recule sur sa volonté, donc, de fusionner la mesure sur l'achat de livres avec d'autres mesures.

S'il vous plaît, Mme la ministre, donc, vous le voyez, il y a un consensus à l'intérieur de toute la chaîne du livre et il y a un consensus qui se bâtit aussi dans le milieu de l'éducation. On vous connaît, je sais que vous pouvez être à l'écoute. Ça fait qu'on sera là, donc, pour protéger la chaîne du livre. Merci.

La Modératrice : Alors, c'est ce qui met fin à ce point de presse.

(Fin à 15 h 43)

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