Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures vingt-quatre minutes)
Mme Gentilcore : Bonjour à
tous et à toutes. J'aimerais vous parler ce matin de révélations importantes
qui ont été faites à mon collègue Joël Arseneau hier, dans le cadre de l'étude
des crédits en services sociaux.
Donc, on le sait, la première ministre a
fait une annonce en grande pompe la semaine dernière pour annoncer un plan en
itinérance, mais, à force de questions au ministre Carmant, mon collègue Joël
Arseneau a appris que ce plan-là... il n'y avait rien de ce plan-là qui avait
été attaché avec les acteurs des milieux communautaires. Non seulement ça, mais,
quand on lui demande l'échéance de... pour ce projet-là, on nous dit qu'on est
incapables de se projeter puis qu'on va devoir attendre.
Donc, quand on fait une annonce en grande
pompe comme ça, la moindre des choses, c'est s'attendre à ce que ça a été
attaché avec les milieux puis à s'attendre à ce qu'on a un échéancier clair
pour que ça puisse bouger rapidement. Dans ce cas-ci, permettez-nous d'en
douter.
Autre chose dans cette annonce-là, la
première ministre disait qu'il y aurait des projets pilotes dans seulement
trois régions du Québec. Je vous l'annonce, là, ça fait des années qu'on le
sait, l'itinérance est rendue partout au Québec, pas seulement dans trois des
régions. Et, quand mon collègue Joël Arseneau a demandé au ministre : Qu'est-ce
que vous répondez aux régions par rapport à ça? Bien, on dit aux régions qu'elles
doivent être patientes et qu'elles doivent attendre. Donc, les régions vont
devoir attendre pour l'itinérance.
On n'a plus le temps d'attendre, on n'est
plus au temps des projets pilotes, on est au temps de l'action. Notre chef Paul
St-Pierre Plamondon a fait une sortie très structurée et structurante il y a
quelques jours de ça pour annoncer notre plan en itinérance. Un plan en cinq
axes très détaillé. Ça fait des années qu'on dit au Parti québécois que l'itinérance
serait une grande priorité pour un gouvernement du Parti québécois, et c'est ce
qu'on va mettre en œuvre.
M. Paradis : Très bien.
Continuons un petit peu sur les crédits, parce que, parfois, on peut se
demander à quoi sert l'exercice, mais l'exercice permet de poser des questions
et d'avoir des échanges constructifs avec les ministres concernés. Et moi, je
voudrais attirer l'attention hier sur les échanges qu'on a eus avec le ministre
de la Justice à propos du plan de modernisation du système de justice. Donc, c'est
un... c'est un projet de transformation numérique.
Et des collègues des autres partis et moi-même,
on a questionné le ministre, et moi, pendant plusieurs minutes sur des
questions très simples : Combien d'argent a été dépensé sur ce programme
de modernisation du système de justice? Et on n'a pas eu de réponse. On a eu
toutes sortes de chiffres puis toutes sortes de subtilités. Mais on demandait
un chiffre, on ne l'a jamais eu.
Ensuite, on a demandé combien de contrats
ont été octroyés et combien de contrats en matière informatique. Parce que les
révélations hier, des médias, c'était que le morcellement du projet en
plusieurs contrats pouvait causer des problèmes, justement, d'imputabilité sur
les coûts totaux. Et là non plus, on n'a pas été capables d'avoir de réponses.
Et ça, malheureusement, ça rappelle SAAQclic, ça rappelle le scandale SAAQclic,
parce que, pendant des mois, on a posé ces questions-là, on n'a pas eu les
réponses. Ça a pris une grande commission d'enquête, ça a pris un rapport de la
Vérificatrice générale pour qu'on ait la lumière là-dessus. On semble de
nouveau être dans les mêmes... les mêmes lignes, et c'est vraiment très
préoccupant, très inquiétant.
On a appris plusieurs choses, là, très
rapidement, en rafale. Le REM serait rentable, mais le PDG de CDPQ n'a pas
voulu dire quel est le rendement du REM à Montréal.
Le ministre responsable des relations avec
les Premières Nations et des Inuits a convenu avec nous qu'il fallait
travailler, qu'il y a eu des problèmes avec le processus de consultation des
Premières Nations, notamment en rapport avec le projet de loi n° 1 sur la
Constitution et le projet de loi n° 5 sur l'accélération des projets.
Et aussi on a su de la part du ministre de
la Justice qu'il n'y a pas de position gouvernementale encore sur la majorité
numérique, alors que les impacts négatifs des écrans sur nos enfants sont
maintenant complètement établis et démontrés et que plusieurs pays sont en
train d'agir. Il y a des recommandations du rapport de la commission spéciale
sur les écrans là-dessus, ils ne sont pas mis en œuvre. J'ai posé plein d'autres
questions aussi sur la question des écrans, et manifestement le gouvernement n'est
pas là où il devrait être. Là-dessus, on est prêts à répondre à vos questions.
Journaliste : Le nouveau
candidat potentiel de Québec solidaire, Alexandre Boulerice, a écrit hier sur
le réseau américain X. Il disait que ça se soignait, votre crainte d'être
espionné par les fédéraux. Vous en pensez quoi?
M. Paradis : Bon, d'abord,
sur le fond, hier, Paul St-Pierre Plamondon a répondu à une question en
disant : Bien, est-ce que c'est possible? Puis qu'est-ce que vous faites?
Et évidemment, comme... comme parti politique responsable, on a dit : Si
le passé est garant de l'avenir, bien sûr que c'est possible qu'il y ait de ces
manoeuvres-là. Elles ont toujours existé s'agissant du mouvement
indépendantiste, elles ont généralement été dans l'illégalité. Alors, les gens
qui nous disent : Ah! bien, les lois ne le permettent pas aujourd'hui.
C'est exactement les mêmes phénomènes.
Et, bien sûr, comme parti responsable, on
prend des mesures, d'ailleurs des mesures de ne pas avoir son téléphone
cellulaire tout le temps avec nous, là, bon. Qu'Alexandre Boulerice,
qu'Alexandre Boulerice...
Journaliste
: ...
M. Paradis : Non, mais c'est
important, parce que, sur le fond, c'est ça, la véritable question. Sur
Alexandre... sur Alexandre Boulerice, qu'on fasse de l'humour sur des questions
de santé mentale en 2026, c'est complètement inacceptable et c'est déplorable.
Que son parti politique dise que c'est simplement une blague, alors qu'on est
dans un système où, sur les médias sociaux, il y a tellement de polarisation,
il y a tellement d'exagération, il y a tellement de stigmatisation, c'est
complètement inacceptable, complètement inacceptable.
Journaliste
: ...de
l'humour, là, ce que vous dites.
M. Paradis : Ce n'est pas une
question...
Journaliste
: ...
M. Paradis : Ce n'est pas une
question d'humour. Demandez, demandez aux organisations qui s'occupent de santé
mentale, en 2026, s'ils aiment ça puis ils trouvent que c'est une bonne idée de
faire des blagues comme ça, puis d'alléguer de quelqu'un qui prend des mesures,
qui sont simplement des mesures normales, puis qui répond ce que tout le monde
sait à une question des journalistes, que c'est un... on fait de l'humour avec
la santé mentale, allez voir les organisations, demandez-leur.
Journaliste
: ...
M. Paradis : Bien, je lui
demande de regarder sa publication puis qu'il agisse en son âme et conscience.
Journaliste
:
...s'excuser, selon vous?
M. Paradis : Écoutez, ça...
ça, c'est à Québec solidaire de gérer ça. Moi, j'ai écouté... bien, je peux
vous dire que je suis extrêmement déçu de la réponse qui vous a été donnée ce
matin par Québec solidaire. Si c'est ça, la réaction de Québec solidaire à ce
qui a été écrit par quelqu'un qui est censé être une vedette de leur parti
politique, je pense que les Québécois vont juger.
Journaliste
: Il y a un
sondage, là, ce matin, qui montre que le Parti québécois est à peu près à
égalité avec le Parti libéral et puis que la... que Mme Fréchette semble faire
oublier une partie du bilan du gouvernement Legault. Comment vous voyez ça?
M. Paradis : Bon, nous, on
vous donne toujours les mêmes réponses sur les sondages, hein? D'abord, on ne
se gouverne pas par des sondages. Il y a des nouvelles encourageantes pour nous
dans celui-ci, on demeure le parti préféré des Québécois en tête des sondages.
Nous, on est... on est des gens de conviction. Et ce qui parle le plus pour
nous aujourd'hui, c'est le nombre de candidatures qu'on a déjà annoncées aux
Québécoises et Québécois. On est près à 30... près de 30 candidatures
annoncées, là. Des gens extrêmement compétents, rigoureux dans leur... dans
leur domaine, on fait des sorties, Catherine en parlait tout à l'heure, on est
sortis sur la justice cette semaine et on est sortis sur l'itinérance la
semaine dernière. Donc, on est en train de présenter ce qu'on va proposer aux
Québécois. C'est ça qui est le plus important pour nous. Alors, pour le reste,
c'est un sondage, il va y en avoir d'autres. Ça va fluctuer.
Journaliste
: ...expliquez
la popularité, là, immense de Mark Carney au Québec, là, presque à 50 %,
là.
M. Paradis : Ça, c'est
beaucoup une question pour vous, là, pour les gens qui commentez... qui
commentez les sondages, mais, nous, ce qu'on dit ou ce qu'on pense, c'est que,
plus on va en savoir sur Mark Carney, plus les Québécois vont prendre
conscience de ce que sont ses politiques, de l'impact qu'elles ont pour le
Québec. Et plus les Québécois vont être lucides sur ce qu'est Mark Carney,
parce que Mark Carney continue les politiques de Justin Trudeau avant lui, de
Pierre Elliott Trudeau de ce qui est un gouvernement libéral fédéral.
De plus en plus, les décisions de Mark
Carney se prennent en ignorant complètement le Québec, en ignorant les intérêts
du Québec. La question des fameux champs de compétence, là, ça a des impacts au
quotidien sur les Québécois. C'est-à-dire que le fédéral nous impose des
décisions souvent à l'encontre des intérêts du Québec. C'est le cas
actuellement en commerce international. On en parle beaucoup, de la posture
internationale du Canada face au Québec, plus les Québécois... puis c'est la
même chose en santé, c'est la même chose en éducation, c'est la même chose sur
les infrastructures. Regardez le nombre de projets où on doit encore se
retourner vers le fédéral, puis là de dire : Bien, on quête pour avoir
notre argent, alors qu'on devrait décider pour nous-mêmes qu'est-ce qu'on fait
avec nos infrastructures. C'est le cas pour le transport et la mobilité durable
à Québec. Plus les Québécois vont avoir de l'information là-dessus, plus ils
vont être lucides sur Mark Carney.
Journaliste
: Avez-vous
été surpris par l'appui, par exemple, du Parti libéral, à votre motion sur
l'autodétermination hier?
M. Paradis : Bien, que le
parti... que le Parti libéral du Québec soit obligé... Parce que, bon,
manifestement ça n'a pas eu l'air de leur faire tant plaisir, voir leur
réaction en chambre, mais je pense que c'est le minimum d'être obligé, pour le
Parti libéral, de convenir avec nous que les règles démocratiques au Québec,
c'est 50 plus un. Je pense que c'est un minimum.
Journaliste : Hier, vous avez
fait référence aux crédits de M. Lafrenière, hier, Affaires autochtones.
Mme Massé a souligné le fait qu'à Kanesatake, en ce moment, le crime
organisé a pris le contrôle de la réserve. Il y a des déversements de terres
contaminées dans le lac des Deux-Montagnes. Il y a des enfants qui se font
intimider avec des armes à feu. Il y a des coups de feu qui sont tirés de jour
et de nuit. Il y a des courses de rue dans les rues de Kanesatake. Les gens
sont terrorisés. Est-ce que la Sûreté du Québec doit intervenir pour mettre fin
à ça? Hier, M. Lafrenière a semblé dire qu'il avait les mains liées puis
qu'il ne pouvait pas faire grand-chose.
M. Paradis : Bon, j'ai....
j'ai assisté au tout début de cet échange-là parce que je devais sortir pour
une autre étude de crédits, donc je n'ai pas vu la nature... ce qui a été
l'échange entre le ministre et Manon Massé là-dessus. La situation que vous
décrivez est préoccupante. Je n'ai pas tous les détails, mais actuellement ce
qu'on... ce qui est favorisé, c'est qu'il y ait une collaboration entre les
autorités, les forces de l'ordre locales de la communauté et la SQ pour intervenir
dans des dossiers comme celui-là. Alors, à suivre.
Journaliste : Sinon,
concernant la manifestation dehors, la FAE, qu'est-ce que vous allez faire, là,
avec le débat qui a été lancé sur l'école à trois vitesses? Puis est-ce que
vous allez vous commettre avec des propositions là-dessus?
Mme Gentilcore : Bien, c'est
sûr qu'on a toujours... Tu sais, nous, on est toujours allés au front au Parti
québécois pour protéger nos écoles publiques, là. C'est notre position depuis
toujours. J'aimerais rappeler aussi que, l'année dernière, là, quand il y avait
un manque à gagner de 570 millions, bien, c'est Pascal Bérubé qui a mis au
jeu une pétition puis il est allé chercher 300 000 signatures pour
qu'il y ait un renversement de valeurs du côté du gouvernement.
Donc, on s'est... on s'est engagé
à tenir des états généraux sur l'éducation. Ça fait plusieurs années qu'on
s'est engagé à faire ça. Mais, contrairement au PLQ, on pense que le
financement public de l'école privée doit être discuté par des spécialistes qui
sont sur ce comité-là des états généraux. Donc, c'est ce qu'on pense. On veut
tenir un grand sommet sur l'éducation. On a préparé ça. On a un comité de sages
qui a travaillé sur, justement, des réflexions pour préparer ce grand sommet là.
Puis c'est ce qu'on a l'intention de faire.
Journaliste : Est-ce ça vous
dérange ce qu'on appelle la ségrégation, là, du réseau scolaire?
Mme Gentilcore : Mais
évidemment que c'est inquiétant, c'est-à-dire que nous, ce en quoi on croit,
c'est une éducation égale, équitable pour l'ensemble des jeunes Québécoises,
des jeunes Québécois sur le territoire. Puis c'est en ce sens-là qu'on va
travailler. Donc, c'est évident qu'on veut protéger nos services publics, on
veut protéger notre école publique. Il y a tellement d'enjeux actuellement dans
nos écoles, que ce soit des enjeux de violence, entre autres. Il y a tellement
de points sur lesquels faut travailler. Mais évidemment que nous, ce qu'on
souhaite, c'est que tous les Québécois, toutes les Québécoises puissent accéder
à une éducation de qualité et que ce soit payé par l'État.
Journaliste : Juste un mot
sur la loi Gabie Renaud. Il faut que ce soit adopté très rapidement, cette loi?
Mme Gentilcore : Absolument.
Donc, je pense que tous les partis s'entendent là-dessus, c'est une loi qui est
nécessaire pour mieux protéger nos femmes au Québec. Tous les partis ont
discuté de ça. J'ai été très vocal sur cet enjeu-là également. Et il y a
beaucoup à faire. On est à 10 féminicides déjà depuis le début de l'année,
on a déjà dépassé le nombre de féminicides qu'on a eus en 2025 sur le
territoire. Il faut en faire plus pour permettre aux femmes d'être mieux
protégées, pour ne pas... ne pas remettre sur leurs épaules un fardeau
supplémentaire, c'est-à-dire de devoir penser à comment se protéger de leur
agresseur. Donc, d'avoir à ce registre-là, je pense que c'est un minimum, puis
il faut que ce soit mis en place rapidement. Puis, bon, mon collègue le dit
ici, donc on n'a pas encore vu le texte. Évidemment, il va falloir lire le
texte. On va l'analyser comme il faut, mais, sur le principe, absolument, il
faut que ça avance rapidement.
Journaliste :
In terms of Bill 101. Yesterday,
minister Roberge announced that he plans to transfer 27,000 vocational students
from the English sector to the French. So, I just want to get your reaction to
the news.
M. Paradis :
We'll have to get back on you… with you
on that.
Journaliste :
…the spending estimates last night, Mr.
Roberge, under questioning from QS, said that to extend Bill 101 to cover
professional training and vocational training would imply… because you
remember, Madam Fréchette had said it might affect 10,000 students. And last
night Mr. Roberge said it was 27,000 students. I think that's what the… And Mr.
Bérubé was there, so...
Mme Gentilcore : I mean, we are... we want the education to be in French as much as
possible. We want cegep to be in French only as well. So, I don't know... I
didn't know that it was 27,000 instead of 13,000, but we need to pay for all of
them. We have to make sure that these people can study in French. We think it's
a good thing.
Journaliste : And what do you think of the poll, Mr. Paradis?
M. Paradis : Well, you know our basic answer to that, polls are polls. They're
going to vary in time approaching election time. The poll has good news for us.
It's been almost three years now with the PQ leading and being the favorite
party for a majority of Quebeckers. A part of that, we'll continue to work with
conviction in preparing our offer to Quebeckers. We are way ahead in terms of
announcements of candidates. We are almost30 candidates with incredible
profiles, people with rigor, with convictions. Many of them are stars in their
own field. And we'll continue more to come.
And same thing in
programing. So, we've been announcing a position this week on justice, last
week on homelessness, in «itinérance». So, we'll continue to work.
Journaliste
: Are you surprised that Mme Fréchette is climbing up so quickly?
M. Paradis : Well, you know, get this…
Journaliste
: …number 2 as… rated for the best premier.
M. Paradis : Well, once again, polls are polls and they're going to vary. Now,
is there a Fréchette effect? We've been asked the same: Was there a Milliard
effect? And then suddenly, whoops, the Liberal Party seems to be on a
descending slope. And then there was supposed to be a Pablo effect. So, these…
you know, these are, you know, poles. The fact remains that it's the same old
CAQ Government. Mrs. Frechette bears the responsibility of having been a member
of the cabinet. She was there with the spending spree on big multinationals. We
lost billions on that. That's still the same CAQ Government. And we're already
seeing it, we're already seeing it. They're just continuing the same kind of
practices without transparency, without due preparation for the proposals. So,
same old Government.
(Fin à 8 h 41)