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(Douze heures quatre minutes)
Le Modérateur
: Alors,
bonjour. Bienvenue à cette conférence de presse du ministre responsable de la
Langue française, Jean-François Roberge. Il est accompagné aujourd'hui de la
ministre de l'Éducation, Sonia LeBel, pour présenter le projet de loi n° 8, encadrant la langue de l'enseignement en formation
professionnelle et en formation générale des adultes.
M. Roberge, je vous laisse la parole.
M. Roberge : Merci beaucoup.
Merci à vous d'être là. Merci à toi, chère collègue, la ministre de l'Éducation,
Mme Sonia LeBel, qui m'accompagne, parce que c'est un projet de loi qui est
important, évidemment, qui touche le réseau de l'éducation. C'est important qu'on
travaille ce projet de loi en équipe, nous-mêmes et nos formations, évidemment,
les ministères. Je pense que c'est important de faire un petit recul pour
donner une perspective aux gestes qu'on pose aujourd'hui. Le recensement de
2021 du gouvernement fédéral, dont on a reçu les informations en 2022, a
montré, malheureusement, qu'il y avait plusieurs voyants rouges sur le tableau
de bord de la vitalité de la langue française, que ce soit la langue d'étude,
la langue de travail, la langue de consommation dans les commerces, langue de
consommation en ligne, langue parlée à la maison.
Le gouvernement a réagi très, très
rapidement avec la création du Groupe d'action pour l'avenir de la langue
française, avec six ministres qui ont travaillé de concert, puis ça a terminé
avec un plan pour la langue française extrêmement important, lequel a débouché
sur plusieurs mesures structurantes, notamment la loi portée par mon collègue à
la Culture et les Communications sur la découvrabilité et la création d'un
tableau de bord québécois sur la situation linguistique qu'on voulait, année
après année, avoir des informations qui sont les nôtres puis être capable
ensuite de faire des analyses détaillées, là, pour être capable de mesurer
certains indicateurs. Et puis ce qu'on voit dans cette analyse, c'est qu'il y a
une très forte corrélation entre le dernier diplôme reçu, la langue dans
laquelle on reçoit le dernier diplôme, puis, après ça, la langue qu'on utilise
au travail, dans les communications, même dans les communications personnelles.
Donc, ce projet de loi qu'on amène
aujourd'hui vient s'assurer que l'ensemble du parcours éducatif
préuniversitaire sera maintenant couvert par la Charte de la langue française.
C'est un projet de loi qui s'ajoute donc à un bouquet de mesures qui sont
indispensables pour inverser le déclin de la langue française dont je parlais
tout à l'heure. C'est un projet de loi qui est basé sur des constats qui sont
clairs. Selon, justement, les données du tableau de bord de la situation
linguistique du Québec, on voit que la langue d'étude est vraiment liée avec la
langue de travail et la langue utilisée dans les commerces et la langue... les
communications privées. 78 % des allophones, dont la langue
d'enseignement, du plus haut niveau de scolarité, est le français, utilisent le
français au travail.
Donc, quand on étudie en français, on
travaille en français, même si on était, au départ, un allophone ou un anglophone,
la proportion passe à 19 %. Donc un allophone qui est diplômé en anglais a
seulement 19 % des chances de travailler en utilisant le français. Quand
on parle de la langue de commerce, la langue utilisée pour magasiner, mais
c'est à peu près la même proportion. En réalité, un allophone qui a le dernier
diplôme en anglais a seulement 20 % des chances de magasiner en français,
tandis que l'allophone, qui diplôme en français, a 80 % des chances de
magasiner en français. Donc, l'effet est très, très structurant. Il faut donc
s'assurer, évidemment, que les gens étudient en français dans la plus grande
proportion, en respectant les droits de la communauté historique anglophone,
évidemment, je vais y revenir plus tard. La situation linguistique est
inquiétante, c'est vrai, mais ce n'est pas partout pareil à la grandeur du
Québec. Montréal est un endroit où c'est plus difficile, par exemple. Pour ce
qui est de travailler le plus fréquemment en français, bien, 74 % des
Québécois travaillent généralement, vraiment, en français, mais sur l'île de
Montréal, c'est 52 %, c'est un écart très, très différent. Si on veut
parler dans la langue de commerce, bien, dans l'ensemble du Québec, on magasine
en français à 83 %; sur l'île de Montréal, c'est 62 %. Pourquoi je
vous parle de ça? Bien, parce que deux tiers de la formation professionnelle et
de la FGA, la formation générale des adultes, se passe sur l'île de Montréal.
Donc, deux tiers de la FP, FGA en anglais est là où le français est le plus
vulnérable. Au moment où on se parle, bien, notre formation générale aux
adultes et notre formation professionnelle se trouvent à être un moteur
d'anglicisation, là où le français va mal. Vous comprenez qu'il faut changer
les choses, le statu quo n'est pas une option. Donc, la langue normale des
études, la langue normale du travail, du commerce, la langue d'intégration dans
la nation québécoise, bien, c'est le français. Puis, en ce moment, il y a une
absence de disposition légale à ce sujet-là.
La question maintenant : Oui, mais est-ce
que ça touche beaucoup de personnes? La réponse, c'est oui, il y a à peu près
27 000 personnes, au moment où on se parle, qui reçoivent un
enseignement en anglais sans être ce qu'on appelle des ayants droit, sans
posséder de certificat d'admissibilité à l'enseignement en anglais. 27 000
personnes, et trois quarts de ces personnes-là sont sur l'île de Montréal.
Donc, vous voyez qu'il est nécessaire de bouger, et voilà, c'est pour ça qu'on
avance. La Charte de la langue française date de 1977. On a fait un grand pas
en avant en 2022. On est allé renforcer notre charte, on est allés toucher les
cégeps, mais restaient, entre le secondaire et le cégep, bien, parfois, la
formation professionnelle, la formation générale aux adultes, on vient colmater
cette brèche.
Je rappelle que le projet de loi respecte
les droits de la communauté historique anglophone, des ayants droit. On peut
parler des gens qui ont un certificat d'admissibilité en français. Bref, si on
a le droit de fréquenter l'école publique primaire et secondaire en anglais,
d'aucune manière le projet de loi ne viendrait brimer ce droit de fréquenter la
formation générale aux adultes ou la formation professionnelle en anglais
aussi. Pas d'incidence non plus pour les Premières Nations et les Inuits. On a
l'habilitation réglementaire qui nous permet d'appliquer, grosso modo, les
mêmes dispositions qu'on a appliquées au collégial. Donc, ça, c'est extrêmement
important. On avance de manière raisonnable, en préservant les droits des
différentes communautés, bien sûr. Et on arrive avec une période de transition
qui est tout à fait raisonnable. Donc, le projet de loi s'appliquerait deux ans
après sa sanction. Et, évidemment, toutes les personnes qui, au moment de
l'application de la loi, donc dans deux ans, toutes ces personnes-là qui
seraient en train de suivre un parcours pourraient le compléter. Il ne s'agit
pas de briser des parcours scolaires.
Donc, un projet de loi qui répond à un
besoin qui est réel, qui est documenté, qui est chiffré, qui est cohérent avec
nos orientations, notamment la Loi sur l'intégration à la nation québécoise, et
qui a été travaillé en équipe. Voilà pourquoi on est fiers d'avancer ensemble
dans cette direction. Merci.
Le Modérateur
: Merci,
M. Roberge. Je pense que Mme LeBel n'avait pas d'allocution, mais elle va être
disponible, donc, pour répondre aux questions des journalistes. On va commencer
la période des questions avec Louis Lacroix, Cogeco.
Journaliste : Bonjour, Mme la
ministre, M. le ministre. Est-ce que, quand on atteint l'âge adulte, on ne
devrait pas avoir le droit d'étudier dans la langue que l'on souhaite?
Mme LeBel : Je peux aller...
M. Roberge : On peut y aller
tous les deux.
Mme LeBel : Oui, vas-y.
Commence, je vais compléter.
M. Roberge : Ah! bien,
écoutez, le français est vulnérable au Québec, et je pense qu'il faut être
capable d'agir pour inverser la tendance. En ce moment, on utilise des fonds
publics, notre réseau scolaire, oui, qui a un volet anglophone, mais un volet
francophone, mais ça reste notre réseau scolaire national, nos centres de
services scolaires, francophones et anglophones, nos ressources, nos taxes et
impôts servent à faire basculer des gens qui sont arrivés ici, qui ne sont pas
des ayants droit, et on les diplôme, on les scolarise puis on les fait basculer
dans le camp anglophone, sachant très bien qu'ils ont 80 % des chances
ensuite de travailler en anglais plutôt qu'en français, de consommer en anglais
plutôt qu'en français. Je pense qu'on ne peut pas simplement prôner le statu
quo dans cette situation-là, on a l'obligation morale d'agir.
Journaliste : Mais un adulte,
par exemple, qui finit son secondaire peut aller dans un cégep anglophone,
n'est-ce pas?
M. Roberge : Bien, pour le
réseau...
Journaliste
: S'il
décide, là.
M. Roberge : ...pour le
réseau collégial, on a bougé dans notre charte de la langue française, le
travail a été fait. Regardez, depuis l'adoption de la loi 96, voici ce
qui...
Journaliste
: ...
M. Roberge : Mais je vais
répondre à votre question, mais je vais illustrer, parce que j'attendais à ce
que des gens allaient nous dire : Oui, mais avez-vous agi pour le niveau
collégial? Vous agissez en formation générale et professionnels aux adultes. Ce
qu'on a dit, c'est que le niveau collégial... Regardez, là, la tendance. Ça,
c'est le réseau anglophone collégial. On a une diminution significative. On
prévoit arriver bientôt à autour... à un peu moins de 13 % de l'effectif
complet au Québec qui serait scolarisé au collégial en anglais. Donc, on a agi
d'une manière particulière au collégial, puis on s'en vient agir aussi en
formation générale aux adultes.
Journaliste
: Oui,
mais...
M. Roberge : Ce n'est pas
interdit au collégial, mais, dans les faits, le nombre de places diminue
d'année en année.
Journaliste : Je comprends.
Mais pourquoi est-ce qu'on vient limiter les droits des personnes à vouloir
étudier en anglais aux secteurs professionnel et pour adultes? Pour le même
adulte, il peut... il peut choisir la langue d'enseignement qu'il veut dans...
en éducation supérieure, mais, quand il arrive au professionnel ou encore à
l'éducation aux adultes, là il ne peut plus choisir la langue.
Mme LeBel : Bien, je vais peut-être
me permettre de compléter. Bon, premièrement, on a expliqué le fait que, quand
on étudie dans une langue X, on a 80 % des chances de travailler et de
vivre dans cette langue-là. Je pense que c'est important d'aller franciser ces
gens-là, mais il ne faut pas... il ne faut pas confondre, là, l'enseignement
supérieur, la formation générale aux adultes, la formation professionnelle.
Dans la majorité de nos secteurs de formation générale aux adultes, ce sont des
gens de 17, 18 ans qui vont chercher leur première diplomation, qui est
l'équivalent d'un diplôme de secondaire cinq, parce qu'ils ont eu plusieurs
difficultés. Ils arrivent, ils ont... ils ont un niveau qui n'est pas du niveau
secondaire cinq. La formation professionnelle, c'est un parcours aussi qui est
fait au même titre que la formation générale des jeunes, c'est-à-dire que c'est
un parcours de diplomation à part entière dans un métier ou dans quelque chose.
Donc, je pense, c'est important de le mentionner, de le... Ces gens-là vont
aller chercher la première diplomation, qui est la diplomation en... le niveau
secondaire. Et je pense que c'était important... mais on l'a fait pour la
formation générale des jeunes, de compléter le travail et de le faire aussi
pour la formation professionnelle et la formation générale des adultes.
Journaliste : ...mais, juste
pour être clair, là, ça veut dire qu'un adulte, moi, je vous parle d'adulte,
là...
Mme LeBel : De 17 ans,
des fois.
Journaliste : Bien, un
adulte, légalement, c'est à partir de 18 ans. On s'entend?
Mme LeBel : Oui.
Journaliste : OK.
Mme LeBel : Mais dans la
formation générale des adultes, la formation professionnelle, souvent ce sont
des gens de 17, 18 ans.
Journaliste : Oui. Puis il y
en a... Oui. Puis souvent, ce sont des gens de 25, 26, 27 ans. Il y en a,
n'est-ce pas?
Mme LeBel : Oui.
Journaliste : Alors,
quelqu'un qui aurait... qui serait adulte, au-dessus de 18 ans, parce que
lui, il ne veut pas faire des études supérieures, parce qu'à l'étude
supérieure, il peut aller soit au cégep en anglais, il peut aller soit à
l'université en anglais, tout ça, il a le droit de faire ça. Mais parce que lui
veut avoir un autre niveau d'études, qui est un métier, par exemple, plombier,
menuisier, électricien ou autre, là, il n'aurait pas le droit d'étudier
là-dedans en anglais. Il faut absolument qu'il soit confiné en français. Donc,
ce n'est pas les mêmes droits pour les... Les deux adultes, là, il y en a un
qui est supérieur, il n'a pas les mêmes droits que l'autre qui est au
professionnel.
M. Roberge : On souhaite tous
qu'il soit scolarisé, diplômé en français. Mais le réseau qu'on appelle réseau
d'enseignement supérieur s'adresse pratiquement à 100 % à des adultes. On
peut bien, des fois, parfois s'inscrire au cégep à l'âge de 17 ans, mais
ce n'est pas trop long que pendant la diplomation, on devient adulte, si on ne
l'est pas déjà. Donc, l'enseignement supérieur est un réseau d'adultes.
Formation générale, on dit aux adultes, là, mais ce n'est pas... ce n'est pas
juste aux adultes. Les formations professionnelles, il peut y avoir des gens
qui aient 18 ans, des gens qui n'ont pas 18 ans, mais c'est quand
même différent, l'enseignement supérieur, qui est un réseau pratiquement
seulement destiné aux adultes. Il peut y avoir une mesure qui est différente,
mais l'objectif est le même. Comme je l'ai montré tout à l'heure, on a agi de
manière très claire pour le collégial, on vient agir pour la formation générale
aux adultes, la formation professionnelle. Le message qu'on envoie, c'est que
la langue normale d'étude au Québec, c'est le français.
Le Modérateur : Merci. On va
passer à Patrick Bellerose, Le Journal de Québec, qui prend des notes.
Journaliste : Oui, oui, on
peut. Mais j'ai quand même de la misère avec... votre raisonnement. Je suis
désolé. Mais vous dites : Le réseau en enseignement supérieur est juste
destiné aux adultes. Le cégep, clairement, tout le monde rentre à 16,
17 ans, donc pourquoi ne pas appliquer... Bien, on rentre à 17 ans au
cégep, là, en général. Pourquoi ne pas appliquer la même... le même
raisonnement au cégep puis imposer le cégep en français, si ce sont des jeunes,
justement, tout comme en formation professionnelle ou enseignement aux adultes?
M. Roberge : On ne... On peut
entrer au cégep sans avoir 18 ans, là, ça peut arriver, mais on ne diplôme
pas au cégep sans avoir 18 ans normalement, là.
Journaliste : La même chose
s'applique pour la formation professionnelle et... Bien, c'est ce que vous
m'avez souligné.
M. Roberge : Bien, ce n'est
pas toujours le cas. Il fallait tracer la ligne quelque part. Puis on assume
très bien d'avoir tracé la... la ligne entre un traitement différencié en
enseignement supérieur puis l'autre qu'on appelle formation générale des
jeunes. D'ailleurs, c'est le nom dans la loi, je pense.
Mme LeBel : Oui.
Journaliste : Est-ce que vous
êtes confiants de pouvoir adopter ce projet de loi ci avant la fin de la
session? Il reste très peu de temps. Est-ce que ça va être adoption, un, deux,
trois, ou ça va passer par la... par la régulière?
M. Roberge : Ça ne dépend pas
seulement de nous. Il y a des discussions entre les leaders. On a vu ce matin
que les libéraux ont demandé une consultation particulière. Donc, écoutez, là,
ça... Nous, on l'a mis au monde, on pense que c'est possible. Il y a des
discussions entre leaders. Je pense, ce serait pertinent, évidemment, que ce
soit adopté, mais là, je ne peux pas décider de ça à moi tout seul aujourd'hui.
Journaliste : Les chances
semblent faibles, autrement dit?
M. Roberge : Je ne
qualifierai pas, là, faible, forte, probable, improbable. Moi, ce que
j'aimerais qu'on discute aujourd'hui, c'est de la pertinence de la mesure qui
est là. Puis je pense qu'elle est bien pertinente, documentée, avec des
chiffres qui sont, je vous dirais, inattaquables, là, des chiffres qui ont
été... qui viennent du tableau de bord, qui... qui viennent de l'Institut de la
statistique du Québec, qui ont été repris par le Commissaire à la langue
française, donc je pense qu'on est béton là-dessus.
Journaliste : J'aimerais vous
entendre sur l'imposition de la loi 101 aux municipalités, là. Vous n'avez
pas commenté encore. Pourquoi exiger que chaque employé municipaux, chaque
fonctionnaire vérifient à chaque... pour chaque transaction, si une entreprise
ou un commerce se conforme à la loi 101, alors qu'on sait qu'il y a à
peine 18 commerces, là, qui ne sont pas conformes présentement?
M. Roberge : Je pourrai
prendre des questions sur d'autres sujets après ce point de presse là, si vous
le voulez, ou via... via le... mes attachés.
Journaliste : Bien, après...
Bien, en scrum, vous... en scrum, vous avez refusé de répondre, là, donc je
vous pose la question ici aujourd'hui.
M. Roberge : Oui. On peut la
prendre? Bien, écoutez, on peut le dire, là.
Journaliste : ...
M. Roberge : Oui, mais ça...
mais, si on fait... les tours de tous les sujets qui nous intéressent, là...
Journaliste : Bien, M.
Roberge, je vous ai posé la question en scrum, vous avez refusé, là. C'est...
Ça reste la langue française. Je ne suis pas très... Je ne suis pas hors champ.
Je pose la question.
M. Roberge : Bien, je pense
que ce qui est normal au Québec, c'est que l'État fasse affaire avec des
entreprises qui respectent ses lois fondamentales.
Journaliste
: Même si
ça impose un fardeau incroyable aux municipalités qui disent : Bien,
écoutez, nous, ça va alourdir la tâche, et que l'impact semble quand même
minime?
M. Roberge : Bien, je pense
qu'il faut prendre la mesure d'un nouvel outil. Peut-être que les municipalités
n'ont pas eu le temps encore de constater. On appelle l'outil de vérification.
Le ministère et l'OQLF ont créé un mécanisme très, très simple avec un moteur
de recherche. Donc, c'est... Je ne suis même pas sûr que c'est 30 secondes
pour vérifier l'éligibilité d'une entreprise. Donc, c'est très, très, très
rapide. Donc, c'est sûr, c'est, si on regarde ce qui se passait l'an passé pour
valider l'éligibilité d'une entreprise versus aujourd'hui, on est à des années
lumières, là, on vient de moderniser, de numériser la manière de faire. Donc,
c'est très rapide.
Le Modérateur : Merci. Alain
Laforest, TVA.
Journaliste : Bonjour. Juste
une question technique, hier, c'était écrit Loi visant principalement à cadrer
la langue d'enseignement puis, aujourd'hui, Loi encadrant la langue
d'enseignement. Qu'est-ce que vous avez retiré entre hier et aujourd'hui?
M. Roberge : Écoutez, je ne
sais pas ce qui s'est passé entre...
Journaliste : Est-ce que ça
devait viser autre d'autres choses?
M. Roberge : Il n'y a pas...
le projet de loi n'a pas changé entre hier et aujourd'hui, là, pourquoi c'est
écrit visant ou encadrant.
Journaliste : Il n'y a pas
quelque chose qui n'a pas passé au Conseil des ministres mercredi?
M. Roberge : Pardon?
Journaliste
: Il n'y a
pas quelque chose qui n'a pas passé au Conseil des ministres mercredi?
M. Roberge : Les
délibérations des conseils des ministres demeureront...
Journaliste
: Oui, mais
c'est-tu pour ça que le nom a changé?
M. Roberge : Le projet de loi
n'a pas changé dans le cœur du projet de loi, d'aucune manière.
Journaliste : Dans le cœur.
Dans l'essence, oui?
M. Roberge : Non. Écoutez, je
ne sais pas pourquoi c'est écrit «visant» ou «encadrant», là. C'est le même
projet de loi que nous avons travaillé de concert. Il n'y a pas eu de
changement.
Journaliste : OK. Autre
sujet. M. Dubreuil vous a dit clairement hier que la loi n° 96,
ça n'a pas fonctionné. On est encore sur le français, là. Il dit : Non, ce
n'était pas la bonne chose, ça ne va pas assez loin. Vous lui répondez quoi?
M. Roberge : Bien, je ne
crois pas qu'il a tenu les propos que vous tenez, là, c'est votre
interprétation. Je pense qu'il constate qu'il faut en faire plus. Aujourd'hui,
nous en faisons plus. Il a mentionné l'importance de relations
interculturelles, l'importance d'agir particulièrement à Montréal. C'est ce
qu'on fait aujourd'hui. Et justement, l'importance que des nouveaux arrivants,
notamment des allophones, soient en contact avec la majorité francophone, c'est
ce qu'on fait aujourd'hui aussi. Donc, je pense qu'on est en ligne droite avec
le cœur de ses propositions.
Journaliste : On est le 4,
c'est ça, hein? Oui, 4 juin. J'ai comme l'impression qu'on est en campagne
électorale, là, parce que les chances, puis mon collègue l'évoquait tantôt, que
vous le fassiez adopter sont nulles, M. Roberge, là, d'ici vendredi
prochain, à moins que ce soit un bâillon. Donc, vous nous annoncez un bâillon
aujourd'hui?
M. Roberge : Je n'annonce
absolument pas un bâillon aujourd'hui. Ce que je dis, c'est que ça va
appartenir aux différents leaders, qu'il y a des discussions en ce moment. Il y
a plusieurs projets de loi qui vont être adoptés d'ici vendredi prochain, j'en
suis convaincu. En fait, je le sais, puisque le leader fait le point
pratiquement tous les jours avec le caucus, et ça bouge, là, et ça bouge à tous
les jours. Donc, j'espère que celui-ci sera adopté.
Journaliste : Merci. Je vais
me permettre quelques questions, M. Roberge, vous pourrez continuer à
regarder devant vous, là, parce qu'on a abordé la question de M. Dubreuil,
le commissaire, hier, qui a dit, concernant votre mesure visant à étendre la
portée de la Loi n° 101 : Nous, on a analysé les
endroits où le français reculait de la façon la plus importante depuis 20,
25 ans, et le recul, il est surtout chez les diplômés universitaires. Ça
revient un peu à ce que vous disiez, là, avec le dernier diplôme. Chez les gens
de métier, le français se porte beaucoup mieux. Est-ce que c'est une mesure qui
va vraiment avoir un effet, si on parle de 27 000 personnes?
M. Roberge : 27 000
personnes, je pense que c'est majeur. D'autant plus que la grande majorité de
ces personnes-là sont dans la grande région de Montréal, donc là où le français
est le plus menacé. C'est majeur. Si on veut reprendre les mots du commissaire,
il a dit hier : C'est sur mon radar. Donc, cette mesure-là est sur son
radar. Donc, je pense qu'il travaillait... il n'était pas au point d'en faire
la recommandation, mais il travaillait exactement sur ceci. Peut être
l'aurait-il recommandé dans deux mois, dans trois mois, dans quatre mois, mais
on va dans cette direction-là. Et, pour ce qui est de l'enseignement supérieur,
comme je vous dis, on a déjà agi avec la loi n° 96, et
puis ma collègue à l'Enseignement supérieur continue de travailler avec les
universités.
Journaliste
:
Pourquoi
ça arrive aujourd'hui, ce projet de loi, dans la mesure où vous l'aviez... vous
aviez été averti de ce problème-là? Vous aviez parlé d'une faille en 2023, vous
aviez demandé au ministère d'étudier la question, vous envisagiez le dépôt d'un
projet de loi. Pourquoi on attend minuit moins une, là?
M. Roberge : Bien, on est
toujours en réflexion, on est toujours en travail. Depuis 2023, écoutez, on a
renforcé la Loi sur la laïcité, on a adopté une loi sur l'intégration à la
nation québécoise. Tout ça va dans cette même direction là du vivre-ensemble,
du partage de la culture commune. Si on avait adopté cette loi-ci, il y a six
mois, bien, il y aurait une autre loi qu'on n'aurait pas pu adopter. Donc, on
est dans un continuum.
Journaliste
: OK. Donc,
c'était moins important que ce que vous avez adopté avant?
M. Roberge : C'est un
continuum. Écoutez, là, on avance au fur et à mesure. Ce n'est pas
nécessairement une chose qui est plus importante ou moins importante que
l'autre. On reçoit des informations, on collige des informations, on avance, on
a plusieurs chaudrons sur le feu, puis on est en continuité.
Journaliste
: Juste, rapidement,
petite précision, vous avez mentionné, là, le fait que la loi entrerait
seulement en vigueur en 2028. Pourquoi?
Mme LeBel : Oui. Bien, je peux
y aller. C'est sûr qu'on parle de 27 000 personnes présentement qui sont
aux études dans les deux sphères mentionnées et visées par le projet de loi. Et
c'est... avec les discussions avec mon collègue, les discussions avec le réseau
francophone, c'est, je vous dirais, un délai qui est raisonnable pour nous
permettre. Parce que ces gens-là devront être scolarisés, et donc en français.
Donc, c'est un délai qui va nous permettre de pouvoir adapter et s'assurer
d'être présents, parce qu'on ne veut pas échapper ces gens-là. L'idée, c'est de
les scolariser. Donc, ça va permettre au réseau de pouvoir... je dirais,
adapter et absorber ces gens-là pour les... pour les diplômer correctement et
leur donner les services auxquels ils ont droit, là.
Le Modérateur
: OK,
très bien, merci. On va passer à Thomas Laberge, La Presse canadienne.
Journaliste
: Oui.
Bonjour. La clause dérogatoire n'est pas dans le projet de loi, si je ne
m'abuse?
M. Roberge : Elle n'est pas
dans le projet de loi...
Journaliste
: Pourquoi?
M. Roberge : ...mais les
dispositions du projet de loi viennent toucher à des sections de la loi qui
sont déjà couvertes. Donc, en réalité, cette... ce projet de loi là sera
couvert par la clause de souveraineté parlementaire...
Journaliste
: Par le
biais, OK.
M. Roberge : ...puisque le...
Il y a déjà un bouclier parmi les articles que nous... que nous modifions.
Donc, d'une certaine manière, sans que nous ne l'inscrivions directement dans
ce projet de loi là, les dispositions du projet de loi seraient protégées.
Journaliste
: Donc,
c'est... Ça va être à l'abri des contestations. Tous les éléments du projet de
loi ou seulement certains éléments du projet de loi?
M. Roberge : L'ensemble du
projet de loi déposé aujourd'hui fait l'objet de protection de la mesure de
souveraineté parlementaire laquelle est préalablement incluse dans la Charte de
la langue française.
Journaliste
: Parfait.
Merci. Ma dernière question était sur la date d'entrée en vigueur, mais M.
Cardin m'a devancé.
Le Modérateur
:
Sébastien Desrosiers, Radio-Canada.
Journaliste
: Oui. Plus
tôt, M. Roberge, bien, vous avez parlé de la dernière langue d'étude, là, à
quel point c'est important. Vous avez dit que... quelque chose comme
l'application de la loi 101 va s'étendre à l'ensemble du parcours éducatif
préuniversitaire. Or, ce n'est pas le cas, puisque la loi 101 ne
s'applique pas comme telle au cégep. Je sais que vous en avez fait davantage en
imposant un plafond avec la loi 96, mais vous savez que certains vous
demandent d'aller encore plus loin. Alors, pourquoi ne pas aller au bout de la
logique et d'étendre l'application de la loi 101 au cégep?
M. Roberge : La
loi 101... en fait, la Charte de la langue française s'applique au
collégial, elle ne s'applique pas de la même manière au primaire et en
formation générale et aux adultes, EFP, si on adopte ce projet de loi là, qu'au
collégial. Mais la Charte de la langue française s'applique maintenant au
collégial. Avant 2022, si vous regardiez la loi, là, à aucun endroit il n'y
avait le mot «cégep» ou «collège» dans la Charte de la langue française. Avec
la loi 96, oui, la Charte de la langue française s'applique au cégep, pas
de la même manière, effectivement, mais elle s'applique au cégep et l'effet net
est remarquable. L'objectif sera atteint à terme.
Journaliste
: Mais ce
que vous faites aujourd'hui pour la formation générale aux adultes et pour la
formation professionnelle, pourquoi ne pas faire la même chose au cégep?
M. Roberge : C'est un réseau
différent. On parle dans un certain cas d'enseignement supérieur où 100 %
des gens qui sont diplômés sont des adultes, tandis que, là, on est dans le
réseau de l'éducation et non pas en enseignement supérieur, où il y a une plus
forte proportion de personnes qui ne sont pas des adultes.
Journaliste
: OK. Puis,
Mme Lebel, vous avez parlé du fait qu'il faut scolariser les personnes qui vont
migrer du réseau anglophone vers le réseau francophone. Justement, qu'est-ce
qui est mis en place pour franciser ces personnes-là? Est-ce que... parce que,
dans le projet de loi, il n'est pas question de ressources, de fonds
supplémentaires qui sont alloués à cette mission-là.
Mme LeBel : C'est parce qu'on
pense... que le délai de deux ans va permettre au réseau d'absorber tout ça.
Puis il faut comprendre que l'argent va suivre les individus, hein? Ces gens-là
sont déjà scolarisés. Il y a des fonds, déjà du gouvernement et du ministère de
l'Éducation qui servent à leur scolarisation dans la formation professionnelle
ou dans la FGA aux... du côté anglophone. Donc, l'argent est attaché à un
individu, donc l'argent... suivra les personnes.
Maintenant, pour avoir la capacité de les
scolariser, on pense, nous, avec les discussions qu'on a eues avec le réseau,
que deux ans est une... est un bon délai pour être capable de le faire.
D'ailleurs, comme le disait mon collègue, ce n'est pas au lendemain des deux
ans qu'on va prendre tous ces gens-là, parce que les gens qui seront en cours
de parcours, dans ces deux années-là, vont avoir la possibilité de terminer le
parcours dans le réseau dans lequel ils l'ont commencé. Donc, on va avoir le
temps de se préparer puis on va être capable de pouvoir le faire adéquatement.
Le Modérateur
: Merci.
Laurence Royer, Noovo.
Journaliste
:
...avez-vous peur que ça puisse décourager des gens d'aller à l'école, par
exemple, aux adultes? On peut penser qu'il y a déjà des gens pour qui l'école
c'est difficile, qu'il faut déjà les motiver beaucoup pour aller à l'école. Avez-vous
peur que de mettre cette barrière-là, de les obliger à aller à l'école en
français, ça puisse... ça puisse les inciter à lâcher l'école?
Mme LeBel : Ça fait partie des
préoccupations, hein, parce que, dans toute cette préoccupation là, nous, à
l'éducation, on veut être capables de scolariser ces gens-là. On parle... On
parlait d'enseignement supérieur tantôt, mais là on parle ici d'un premier
diplôme, que ce soit un diplôme de formation professionnelle ou, s'il découle
de la formation générale des adultes, c'est un diplôme de formation générale
qui est du niveau du secondaire V, en grande partie. Donc, c'est pour ça
qu'on pense qu'avec le délai qu'on met en place, on va être capable aussi,
surtout dans la formation générale aux adultes, de les accompagner, de faire en
sorte... où ils ont généralement plus près de 17 ans, que de 35 ou
40 ans.
Donc, on va être capable de les
accompagner et on va mettre les outils en place pour être capable de bien faire
les choses pour eux. Parce que l'objectif, à terme, oui, c'est de les
franciser, mais c'est également de leur donner l'occasion d'avoir un premier
diplôme.
M. Roberge : Juste un
complément. Il y a plusieurs personnes là-dedans qui ont fréquenté les écoles
secondaires publiques francophones, ils sont arrivés à 10 ans,
12 ans, 13 ans. Ils ont fait leur secondaire II, III, IV, V en
français. Et là, comme il n'y a aucune règle, bien, ils sont peut-être... ils
ont peut-être migré en formation professionnelle en anglais ou en formation
générale des adultes en anglais, mais ils ont déjà été préalablement scolarisés
en français dans notre réseau public, dans certains cas. Donc, c'est une simple
cohérence que de dire : Bien, vous allez continuer dans le réseau
francophone.
Journaliste
: C'est
aussi quelque chose qui peut les motiver à poursuivre leur formation, d'avoir
accès à cette école anglaise là?
M. Roberge : Bien, je pense
qu'on doit envoyer le message qu'on va être là pour les épauler. S'ils ont
besoin d'être davantage francisés, on le fera. Il y a Francisation Québec, mais
il y a, de toute façon, dans les centres de formation professionnelle et centre
de FGA, des services d'accompagnement, des services de francisation. Je pense
qu'on envoie... on doit envoyer un message qui est fort, mais un message qui
est fort, c'est-à-dire en termes d'accompagnement aussi.
Mme LeBel : C'est vrai pour
les gens qui vont en formation générale aux adultes en français aussi, c'est
souvent des jeunes qui, malheureusement, ont eu de la difficulté dans le
parcours régulier de la formation générale des jeunes, qui ont besoin
d'accompagnement, qui ont besoin de soutien, pour qui ça prend... ça demande
des efforts supplémentaires pour être scolarisés. Donc, la formation générale
des adultes, comme vient de mentionner mon collègue, est outillée aussi pour
accompagner les gens, et on a l'intention de le faire. Et c'est pour ça aussi
qu'on se donne ce délai-là de mise en place pour être capable de pleinement les
servir correctement.
Le Modérateur
: Merci.
Hugo Pilon-Larose, LaPresse.
Journaliste
: Oui,
bonjour. En toute transparence, j'ai manqué le début de votre allocution. Donc,
si jamais ma question...
Mme LeBel : C'était pourtant
excellent.
Journaliste
: Pardon?
Mme LeBel : C'était excellent.
Journaliste
: ...j'irai
écouter en rappel. Mais juste une petite précision pour commencer sur un
chiffre, là, parce que vous citez, M. Roberge, le chiffre de 27 000, Mme
Fréchette, dans son discours inaugural, disait 10 000 élèves de plus
seront alors diplômés en français chaque année. Donc, quel est le bon chiffre?
Mme LeBel : Les deux chiffres
sont exacts, c'est-à-dire qu'on a, bon an, mal an, 27 000 personnes,
bien, on parle de... on a 36 000 personnes dans le réseau anglophone
qui est inscrite bon an, mal an, en formation générale ou en FP. Donc,
36 000 aux anglophones, on évalue que 27 000 de ces personnes-là ne
sont pas des... issues de la communauté historique anglophone. Donc, ce sont
des gens qui devraient être francisés ou étudier en français. Donc ça, c'est
les gens qui sont inscrits à chaque année. Et effectivement, bon an, mal an, on
diplôme entre 9 000 et 10 000 personnes. Donc, la nuance, c'est
que nous, on parle des gens qui sont inscrits, et elle, elle parle des gens qui
sont diplômés à chaque année. À l'intérieur des 9 000 à
10 000 personnes que l'on diplôme à chaque année, je pense qu'il y en
a à peu près également le trois quarts qui seraient des gens qui ne seraient
pas issus de la communauté historique anglophone. Les proportions sont environ
les mêmes. Donc, les deux chiffres sont exacts, c'est juste qu'on ne parle pas
de la même donnée.
M. Roberge : Je suis
100 % d'accord avec ma collègue...
Mme LeBel : Merci.
M. Roberge : ...mais je veux
préciser... Non, mais c'est une bonne nuance. Mais, en FP et en FGA, il y a des
gens, par contre, qui, des fois, ne diplômeront pas, mais ils vont quand même
fréquenter un réseau, en ce moment, qui va les angliciser pendant six mois, un
an, 18 mois. Alors, même si, à la fin, ils ne font pas partie de cette
statistique annuelle de diplomation, reste que, pendant plusieurs mois, et
parfois même plusieurs années, on les... et en ce moment, nous continuons de
les angliciser, de les immerger dans un milieu anglophone, alors que leur place
serait dans le réseau francophone. Puis il y a aussi tout le vocabulaire
professionnel, qu'on veut devenir plombier, mécanicien, aide-infirmier, peu
importe, tout le vocabulaire professionnel dans lequel ils sont immergés, bien,
il est anglophone. Même si, à la fin, ils ne sont pas diplômés, reste
qu'ensuite il y a beaucoup de chance qu'ils basculent dans la communauté
anglophone. On ne veut pas les empêcher d'être bilingues, mais on souhaite
qu'ils travaillent, qu'ils communiquent, qu'ils magasinent davantage en
français.
Journaliste : OK. Sur
l'embouteillage de projets de loi en Chambre, M. Roberge, juste vous, là, avec
le temps qui reste, vous avez donc cet élargissement de la loi 101, la
clause dérogatoire, là, pour la renouveler longtemps d'avance, et la carte
électorale. Dans... Comment allez-vous vous dupliquer pour faire tout ça?
M. Roberge : Je n'ai pas...
pas l'intention de me dupliquer, comme dans la chanson Omniprésent de Damien
Robitaille, que je vous invite à écouter.
Mme LeBel : ...
M. Roberge : Non, non, je ne
la chanterai pas. Quoique...
Journaliste : ...
M. Roberge : Oui. Non, ça va.
Mais c'est une bonne question. Il est possible qu'on ne réussisse pas à les
adopter les trois. Mais on travaille pour le faire avec chacun des trois. Chacun...
Chacun de ces trois projets de loi est important, et il appartient aux
leaders... aux leaders, au pluriel, là, de voir de quelle manière on est
capables d'y arriver. Parfois, ça peut être assez rapide. Donc, moi, je garde
espoir.
Journaliste : Dernière
question peut-être au niveau des émotions. Tu sais, en tant que nationaliste,
défenseur de la langue française, vous devez trouver ça dur quand même de voir
que la création de votre gouvernement, le Commissaire à la langue française,
qui émane de la dernière grande réforme linguistique, dit, au terme de huit ans
au pouvoir de la CAQ : La charte ne suffira pas à stabiliser la situation
du français au Québec, et particulièrement sur votre annonce d'aujourd'hui, en
gros, c'est cosmétique, là. Selon lui, c'est... ce n'est pas là que ça va avoir
le plus grand impact. Est-ce que cet échec-là pour vous est difficile à
recevoir?
M. Roberge : Bien, le
commissaire n'a pas parlé du mot «échec» et il n'a pas utilisé le mot
«cosmétique», là. C'est vous qui le faites, ce sont vos mots. Écoutez, moi je
suis fier de faire partie d'un gouvernement qui a voté la loi 96. Puis je
remercie encore le leadership et l'initiative de Simon Jolin-Barrette, qui a
créé ce commissaire... en fait, qui a carrément créé le ministère de la Langue
française aussi. On n'avait pas de ministère de la Langue française avant, on
n'avait pas de commissaire à langue française, on n'avait pas de plan d'action
en langue française, on n'avait pas de données statistiques comme on a aujourd'hui,
on n'assujettissait pas des entreprises de 25 à 49 employés, on n'avait
pas le droit de travailler en français. Il n'y avait rien au collégial. Il n'y
avait rien en FP, il n'y avait rien en FGA, il n'y avait rien sur l'affichage
par rapport à la prédominance de la langue française. On a fait énormément. Je
ne voudrais pas être le PQ aujourd'hui, eux qui n'ont rien fait lors de leur
dernier gouvernement. Même en immigration, le PQ donnait la citoyenneté à des
citoyens... de citoyenneté économique à des gens sans s'assurer qu'ils parlent
français. On a changé ça. C'est une autre mesure du plan en langue française.
Est-ce que tout est réglé? Non. Non, mais c'est un travail de longue haleine.
Donc, moi, je pense qu'on a en ce moment donné le coup de barre, puis le bateau
va tourner, puis on va se rendre à destination. Mais on n'est pas arrivés, on
n'est pas arrivés. Puis je suis content qu'on ait un commissaire à la langue
française qui soit critique, qui avalise certaines... certaines mesures, qui
soit critique pour d'autres. C'est nécessaire d'avoir... d'avoir ces
contrepoids. Je vis très, très bien avec ça, très bien avec ça.
Journaliste : Un... Un
dernier petit détail en terminant. Il propose entre autres, le commissaire, de
faire un système de prêt pour les étudiants qui fréquentent les cours de
francisation de Francisation Québec, à l'image, d'ailleurs... non, vous n'êtes
pas en enseignement supérieur, vous, donc... donc à l'image de ce qui se fait
pour les cégeps et les universités. Je comprends que, là, il n'y aura pas un
quatrième projet de loi par rapport à ça, là, mais est-ce que c'est quelque
chose qui pourrait être imaginé? Est-ce que vous voyez ça d'un bon oeil?
M. Roberge : Bien, je pense,
c'est une question davantage pour mon collègue à l'Immigration parce que, là,
on touche directement Francisation Québec. Mais le commissaire fait des
recommandations qui ne s'adressent pas seulement au ministre de la Langue
française, donc Éducation, Enseignement supérieur, Immigration. Je vais laisser
mon collègue à l'Immigration traiter les recommandations qui le concernent.
Le Modérateur : Merci. Juste
avant l'anglais, j'ai accroché sur le chiffre que vous avez donné, Mme LeBel.
Vous dites qu'actuellement il y a à peu près 36 000...
Mme LeBel : ...
Le Modérateur : ...dans le
réseau anglophone. Si, du jour au lendemain, on retire 27 000 élèves
à ces écoles-là, qu'est-ce qu'il va advenir de ces centres de formation
professionnelle, collèges en anglais?
Mme LeBel : Bien, c'est une
excellente question. On a la préoccupation aussi de maintenir les centres de
services professionnels partout en région où ils sont disponibles pour les gens
qui sont issus de la communauté anglophone historique. Donc, il y a déjà des
mesures qui sont prévues à l'éducation pour maintenir ce qu'on appelle les
petites cohortes, qu'elles soient francophones ou anglophones. Donc, on va
travailler avec le réseau anglophone pour être capable de maintenir les
cohortes, en formation professionnelle ou en formation générale aux adultes,
qui touchent les gens de la communauté anglophone historique pour être capables
de s'assurer que les services qu'ils ont aujourd'hui soient maintenus. Et ce
délai de deux ans là, qu'on se donne pour travailler aussi avec eux, va être
très... va être fort utile pour être capables de voir de quelle façon on va
pouvoir faire ces mesures-là.
Il y a plusieurs choses qui peuvent être
mises en place, mais on va pouvoir travailler avec eux. L'objectif à terme, et
mon collègue l'a dit dans son allocution de départ, ce n'est certainement pas
de toucher aux droits de la communauté anglophone historique. Donc, s'ils ont
accès à de la formation professionnelle, s'ils ont accès à de la FGA dans
des... à Montréal ou en région, l'objectif sera de maintenir l'accès pour ces
cohortes-là, et donc on devra travailler avec eux. Mais ça existe déjà, même
dans le réseau francophone, d'être capable de dire : En Gaspésie, il y a
une cohorte en formation professionnelle, il n'y a pas assez de monde pour la maintenir,
il y a des mesures qui peuvent être mises en place pour s'assurer que ces
cohortes-là fonctionnent, même si elles sont techniquement en deçà des quotas
reconnus.
Donc,
on devra travailler avec eux. Mais je veux juste rassurer la communauté. L'objectif
n'est pas de toucher à leurs droits et d'affecter la communauté anglophone
historique, qui a présentement accès à ces formations-là. Cet accès-là devra
demeurer à terme.
Le Modérateur
: Merci.
On va...
Journaliste
: ...
Le
Modérateur
: Oui, Alain Laforest.
Journaliste :
...une question d'impression très courte, là. Tout à l'heure, à la période
de questions, lorsque le député de Saint-Jérôme vous a interpellé sur la carte
électorale, avez-vous senti qu'il y a eu une tentative d'intimidation ou de
pression de la part de l'ensemble de vos collègues qui avaient applaudi puis
que vous vous êtes levé alors que c'était interdit?
M.
Roberge : Non, j'ai senti de l'enthousiasme.
Mme LeBel : Du support.
M. Roberge : Du support pour
l'intervention que je venais de faire, tout simplement.
Le
Modérateur
: Merci. Philippe Authier, The Gazette.
Journaliste :
Good afternoon. I understand what you
have said several times that you… this bill is not intended to take away the rights
of the English-speaking community. However, if you move 27,000 students out of
the system, they say, the schoolboards say, you're cutting their enrollment,
you're cutting their funding. It does destabilize the system because they lose
these revenues and they have to… they can't keep the same teachers, they can't
provide the same programs. So, they do say, the networks do say that this will
hurt them.
Mme LeBel :
Well, the only thing I can say about
that is that this is not what we want to do. And that's why we're giving
ourselves two years to talk with them and work with them to make sure that we
maintain the… all the… all the services that are provided to the historical
Anglophone community. And we are… by this bill, we are not infringing their
rights in any way.
Journaliste :
I understand that. I'm not talking
about the individual rights, I'm talking about the schoolboards that have
14,000 students enrolled in these programs in the English system. If you
transfer them to the French system, those revenues are lost to those boards.
That's what I mean, that's where it will hurt them.
Mme LeBel :
Well, what we intend to do here is
protect the French language. We will not infringe in any way the rights of the
historical community, and we'll work with them to make sure that it does
affect… it affects them at the least… au minimum», at the minimum, at least.
So, we'll work with them. That's why we are giving them two years to look
forward for that. And we'll talk to them, we're already talking to them, and
we'll work with them. And, you know, in Quebec, it's really important to
protect the French language, it's really important to make sure that people
work, live and prosper in French. So, that's why we think that it's really
important to make this bill… forward, but we'll talk with them, we'll work with
them, and we have two years to make sure that everything goes as smoothly as
possible.
Journaliste :
The Conseil du patronat has issued a statement about this, saying: «On ne
voit pas la nécessité de cette réforme et la trouve dommageable pour le réseau
de formation anglophone». Puis question aussi, they also asked
Mr. Roberge: Have you studied the impact on the labor market of delaying… of
losing these students who are being trained for everything from mechanics to
running… Have you assessed the loss of that labor?
M. Roberge :
We do not intend to loose any
workforce, any labor. People who intend to learn how to be nurse or a mechanic,
they will be able to do so, they will be able to achieve their dream. And
Conseil du patronat du Québec has the word «Québec» in it, Conseil du patronat
du Québec. And Québec has one official language. I think they
should think about that, and they should be aware, they should be afraid of
losing French in Montréal. And I hope they will act like partners when we fight
for our identity.
Journaliste :
…you seem to be creating a double
standard, whereas you allow university students freedom of choice to go into
the university networks that they want, and yet you're saying to some… to the
same age group adults, who are taking technical courses or adult education, that
they have to do it in French. So, they lose the freedom of choice. How do you
justify that?
M. Roberge :
Well, I don't think it's the same age
group.
Journaliste :
Pretty close. As Louis… As Louis
mentioned...
Mme LeBel :
Between university and «formation
professionnelle» and «formation générale des adultes», I mean, there's a world.
And, when you're talking about «formation professionnelle» or «formation
générale des adultes» in the vast is not… if not the totality of the cases, but
in the vast majority of the cases it's the first diploma that they've obtained.
When we talk about CEGEP or university, this is not the first diploma that they
obtained. And the impact of the first diploma that you obtain, for me, it's
greater on the rest of your life. So, I think that it was… it was imperative
that we act on «la formation professionnelle», «la formation générale aux
adultes», like we are doing in «la formation générale des jeunes». I'm sorry
about the French for the acronym, but I think you understand my point.
M. Roberge :
It's important to send a message to
newcomers, because we're talking about newcomers. We're not talking about the
English community who lives here for decades or centuries, we are addressing a
question regarding newcomers. And we are saying to those people, those
immigrants : Well, it's really… it's really good for you if you speak
another language, English or maybe a third or a fourth language, good, but you
have to speak French if you intend to live in Québec.
Le Modérateur
:
Merci. Cathy Senay, CBC.
Journaliste :
I just would like to clarify. How would
you make sure that you have the resources in place to help those students to
learn French at the same time than following their program, that they're not
saying : That's enough, that's too much for me to learn two things at the
same time, I'm giving up? How will you make sure that you have the resources in
place, strong resources, that you're not losing any student?
Mme LeBel :
Well, we have to take into account that
we're talking about allophones, where often neither French nor English is the
first language that they have. So, when they come here, we want them to be able
to… the first language, second language that they learn, because it's not… it's
not their first, is French. So, we want to make… to put… to push forward that,
if you come to Québec, I mean, the language that you should learn when you come
to Québec is French, to work and live and be a citizen in French as much as
possible. So, that's why we're giving ourselves two years, to make sure to put into
place measures to make sure to accompany them as the same… same as the… «le
réseau anglophone» accompanies them when they don't know English, but they
decide to go towards the «réseau anglophone» to learn a… «et la formation
professionnelle», so, to learn a «métier» or to get their first diploma, which
is equivalent to «secondaire V» when you come here. So, we are giving
ourselves two years. And, like my colleague said, at the end of those two
years, anybody who has started their… their achievement or their formation in
English will be able to finish it. And we think that we… we are going to be
ready to… «les accueillir», so, to greet them and to accompany them. And «la formation générale aux adultes» is already…
already has tools to accompany them. We already have people that are allophone
or English speaking or tendency towards English. This is something that we
already have in «la formation générale aux adultes en français», and we already
have tools to accompany them and help them. So, we will be able to do that.
Journaliste :
And, Minister Roberge, we're coming to
an end. So, how would you assess the importance of this bill and the
achievement of the CAQ government to protect the French language?
M. Roberge : I think this is a part of a huge plan. So, we… we've made it so
far. We… we came with a lot of action, a lot of politics. We… we moved for the
college. We will move for… with the universities. We… we take action. We took
action for small business, from 25 to 49 employees. And then we… we move on
with this new measure. So, I think, one by one, we can say : Oh! this won't do
the job, this won't… won't fix the problem. But when you have a large sea, when
you look that as a 360 vision, you can say that we have a plan, and we will
achieve our goal to inverse the decline of French language.
Journaliste
: Do you think so?
M. Roberge : Yes.
Journaliste
: Because this is not what the French commissioner is saying directly
and firmly and promptly.
M. Roberge : I'm pretty confident that all the measures we've made, when we look
something at a long term, will do the job. And we… if we have to go further,
we'll do, we'll do.
Le
Modérateur : Merci… CTV.
Journaliste
: Yes. Over here. Just… just for some clarification, I'm sorry, I don't
think I quite understood how exactly the transition period would look like.
What does this mean for students that are already in these programs?
Mme LeBel : …the students that are already in this program as of today will not
be affected. And anybody that will enter this program by the end of the
two-year period will not be affected. So, we're giving ourselves a possibility
to look ahead and to plan ahead by those two years. There's going to be
consultations. Obviously, we'll work with le réseau francophone et le réseau
anglophone to make sure that we land as smoothly as possible. But everybody
that are in those formations right now will not be affected. And anybody up to
the end of the two-year period that will enter those formations will not be
affected. But by the end of the two years, anybody else would have to be… will
have to apply that are naturellement visés par la mesure will have to apply in
the francophone réseau.
Journaliste
: And this will target mostly newcomers, immigrants. That's the…
Mme LeBel : Mostly, yes.
Journaliste
: I just want to also clarify something. The English school boards,
particularly Lester B. Pearson, they said that they weren't consulted. I mean,
will this be part of the two-year kind of gap where you guys will consult or
will you guys...
Mme LeBel : We talked to them, we explained to them where we're going. I mean,
obviously they have concerns that… that was raised. And we'll keep talking to
them. But I want to make sure that everybody understand that we will not… on
the right of the historical community, all the anglophones of Québec that have
the right to study and learn and be… obtain a diploma in English will keep that
right. This is not… those not… persons that are targeted. We… like we said
previously, we target mostly newcomers that has to learn a second language, and
we want to entice them to learn in French, their second language. Because when
you come to Québec, you have to live and to work and to prosper in French.
Journaliste
:
OK. Merci beaucoup.
Le Modérateur
: Merci.
C'est ce qui met fin à cette dernière conférence de presse.
Mme LeBel : Merci.
M. Roberge : Merci beaucoup.
(Fin à 12 h 54)