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Point de presse de M. Monsef Derraji, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le jeudi 11 juin 2026, 8 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures trente minutes)

M. Derraji : Bonjour, tout le monde. Pour la toute dernière en mode «hot room», parce que demain, ça va être à l'extérieur. Je cède la parole à mon chef, Charles Milliard.

M. Milliard (Charles) : Excellent. Merci beaucoup, merci beaucoup, Monsef. Bon matin, merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui. Donc, avant de parler, avant de laisser, évidemment, mon collègue Monsef parler du scandale de la chasse aux sources qui a été exposé, ce matin, par Thomas Gervais, pour ne pas le nommer, de Radio-Canada, je veux revenir sur la dernière semaine, d'un point de vue économique, parce que je pense qu'on a assisté à un spectacle désolant, dans les derniers jours, de mes deux principaux adversaires, et ça montre que mes deux adversaires se discréditent, au niveau économique. Un, par manque d'ambition, par manque de compréhension de la situation économique, et l'autre, par manque de rigueur et par manque de compétences, de toute évidence.

Alors, dans un premier temps, le Parti québécois a fait, et vous... vous les avez questionnés là-dessus ce matin, une sortie économique que je considère lamentable, cette semaine, et qui risque de très, très mal vieillir. Je parle évidemment de l'opposition au projet de TGV. J'en conclus que le Parti québécois est, donc, contre la modernité, contre le développement économique, contre le développement touristique, que des organisations ont chiffré jusqu'à des retombées positives de 3,6 milliards de dollars, contre les transports collectifs et, finalement, contre le progrès. Alors, l'économie au service d'une idéologie, c'est rare que ça donne de bons résultats au niveau économique. Et avec M. St-Pierre Plamondon, on peut être sûr que le Canada va rester au fond de la cale en termes de développement économique et de transport collectif. Alors, ce projet-là doit être amélioré, il ne doit pas être condamné. Alors, moi, je vous dirais, honte au Parti québécois pour cette décision-là, cette semaine.

Du côté de la Coalition avenir Québec, bien, écoutez, l'indignation, c'est quelque chose qui se partage, parce que je suis indigné de ce que je vois à la Coalition avenir Québec depuis hier, autant sur le fond que sur la forme. Je pense que le rapport de la VGQ, il est dévastateur et il est honteux. Je pense, ce qu'on a entendu, hier, devrait révolter les Québécois. Des risques qui sont mal mesurés, un manque de suivi, près de 700 millions de dollars qu'on a mis au jeu avec, apparemment, comme le disait M. Legault, une moyenne au bâton qui est importante. Bien, si on peut faire une analogie de baseball, là, trois balles, deux prises, une autre prise s'est retirée, en ce moment, et avec ces 700 millions de dollars d'argent là, on peut se demander combien d'hôpitaux on aurait pu rénover puis combien d'écoles on aurait pu, aussi, construire.

Et qu'est-ce que fait — je termine là-dessus — qu'est-ce que fait la première ministre, pendant ce temps-là? Bien, elle nous dévoile son style de leadership. Donc, c'est quoi, le style de leadership de Mme Fréchette? Quand ça va bien, on prend des photos, on fait des voyages, on sourit à la caméra, puis quand ça va mal, bien, on se pousse, on n'est pas au courant puis ce n'est pas de notre faute. Alors là, je vous dirais que la stratégie Ponce Pilate, depuis quelques jours, là, ça doit, ça doit suffire. Hier, elle a lancé M. Legault, M. Fitzgibbon, sous l'autobus, alors qu'elle devrait, elle aussi, se retrouver sous l'autobus, parce que rappelons-nous qu'elle a été ministre de l'Économie, ministre de l'Énergie, ministre de l'Immigration. C'est quoi, les trois dossiers qui vont mal, en ce moment? L'Énergie, l'Immigration, l'Économie.

Et je termine en parlant de l'immigration, justement. On nous a annoncé en grande pompe le retour du PEQ. Alors, j'espère que personne, à la CAQ, ne s'attend à ce qu'on érige une statue pour les remercier. C'est vraiment un contexte de pyromane pompier, c'est-à-dire, c'est rare qu'on va demander à quelqu'un qui a mis le feu de l'éteindre. On a eu des mois d'incertitude, au Québec, à cause de ça. Alors, je termine là-dessus en vous disant : J'en viens à la conclusion que, finalement, là, la troisième voie de la CAQ, bien, c'est une voie de contournement. C'est une voie de contournement des processus, c'est une voie de contournement des règles. Il est grand temps qu'on mette fin à ça. Alors, je cède la parole à Monsef.

M. Derraji : Merci, chef. Écoutez, je pense qu'avec l'article de Thomas Gerbet, aujourd'hui, on peut conclure, c'est la première vraie crise qui frappe le leadership de Mme Fréchette. Et, malheureusement, moi, je vais revenir à la base. La base de tout cela, c'est le manque de transparence de Mme Fréchette. Mme Fréchette a préféré être moins transparente que Pierre Fitzgibbon. J'ai dénoncé ça au mois de décembre dernier, et d'ailleurs, je vous invite à lui poser la question suivante : Combien de mégawatts on a, encore? Mme Christine Fréchette a perdu sa crédibilité en matière économique. Elle ne peut pas prétendre, aujourd'hui, qu'elle ne savait pas combien de mégawatts il restait. Mme Fréchette, elle était ministre de l'Économie au moment où les instances du Vérificateur général menaient leur enquête. Elle était ministre de l'Économie et de l'Énergie. D'ailleurs, au mois de décembre dernier, j'avais écho de plusieurs de ses rencontres. Et donc, Mme Fréchette, aujourd'hui, ne peut pas mettre la faute uniquement sur le dos de Legault et de M. FitzGibbon.

Si, aujourd'hui, M. Thomas Gerbet a révélé le congédiement de M. Olivier, qui a eu le courage de dénoncer, à l'interne, ce qui se passait au niveau de la filière batterie et qui a, aussi, rencontré le Vérificateur général. Hier, le Vérificateur général a donné raison à M. Olivier-Smith. M. Olivier Smith dénonçait, à l'interne, les politiques d'investissement de Mme Fréchette et du gouvernement caquiste. Donc, aujourd'hui, qu'est ce qu'on peut retenir? C'est le style de leadership de Mme Fréchette. C'est la chasse, la chasse aux sources. Quand il s'agit d'un courriel de son collègue, ministre des Finances, au lieu de confronter la réalité et répondre : Non. On va s'assurer de savoir qui a coulé cette information aux journalistes. Permettez-moi de vous dire : Vous travaillez avec des sources, je travaille avec des sources, avec beaucoup de sources. Ça fait partie de mon travail. Mon travail de contrôleur de l'action gouvernementale, c'est, justement, aller chercher l'information, sinon, je ne vais pas jouer mon rôle. Je pense que tous, aujourd'hui, tous, peu importe, peu importe le média, on doit dénoncer ce qui s'est passé, parce que le but était d'informer le public. Merci.

Journaliste : ...M. Derraji?

M. Derraji : Au mois de décembre dernier, quand j'ai posé ma question sur les blocs d'énergie, j'ai eu un appel de la première ministre, notamment pour la vidéo qui n'existe plus, et elle m'a informé que l'UPAC fera enquête et qu'elle a parlé avec son sous-ministre. Moi, je lui ai dit, en souriant... je ne vais pas vous cacher ce que j'ai fait, j'ai dit : Voilà, go.

Journaliste : Est-ce que l'UPAC vous a appelé? Parce que là, vous me parlez d'un appel de la première ministre. Est-ce que l'Unité permanente anticorruption vous a appelé?

M. Derraji : La première étape était que Mme Christine Fréchette m'a avisé que l'UPAC s'est saisie du dossier. J'attendais l'appel de l'UPAC, je l'ai eu au mois de mai, et la question était très simple — vous allez rire — : Est-ce que vous êtes prêts à collaborer? Ça veut dire quoi, collaborer? Collaborer, c'est quoi? C'est parler de la source qui m'a donné l'information? Et de quel document s'agit-il? C'est le document sur les mégawatts que j'ai dévoilé au mois de décembre. Encore une fois, Mme Fréchette a refusé de parler des mégawatts, et elle a préféré lancer une enquête policière. C'est ça, M. Laforest.

Journaliste : Donc, c'est la première ministre... c'est la première ministre qui a demandé à l'UPAC d'enquêter?

M. Derraji : Mme Christine Fréchette m'a appelé pour informer, m'informer que son ministre lançait... n'est... est obligé d'aviser l'UPAC pour faire enquête. Et la preuve, je vous ai dit, j'ai reçu un message de l'UPAC pour parler avec un enquêteur, chose qui a été faite il y a quelques semaines, mais ce n'est pas en lien avec M. Olivier Smith. C'est en lien avec le document que j'ai, entre mes mains, sur les mégawatts et les entreprises qui sont en attente et les entreprises qui ont reçu les mégawatts.

Journaliste : Et si j'ai bien compris, à ce moment-là, Mme Fréchette vous avise aussi qu'elle... qu'ils ont demandé à ce que l'extrait vidéo de l'Assemblée nationale soit retiré, c'est ça?

M. Derraji : C'est très juste.

Journaliste : OK. Et à ce moment-là, vous... je ne sais pas comment vous réagissez, mais est-ce que vous vous attendez à ce que l'Assemblée nationale obtempère? Compte tenu que c'est une institution qui doit être neutre, et je n'ai pas souvenir, personnellement, de précédent.

M. Derraji : Oui, mais je vais vous dire ce qu'elle m'a dit : Vous avez de l'information confidentielle. En fait, j'étais dans le banc des accusés. Et vous savez quoi? En tant que parlementaire respecté qui fait son travail avec rigueur, je lui dis : Ce n'est pas ça, mon intérêt. Mon intérêt, c'est que vous devez dire la vérité aux Québécois. Les Québécois doivent savoir si on a encore des mégawatts ou pas. Pourquoi Fitzgibbon dévoilait les mégawatts? Vous devez être transparente. Donc, j'ai accepté, je n'ai pas challengé la décision. Pourquoi? Parce que ce qu'elle m'a dit, que ça peut compromettre, ça peut... elle m'a parlé de délit d'initié. Elle m'a parlé d'un délit d'initié. Donc, moi, je vous le dis, est-ce que j'aurais dû insister à garder la vidéo? Mon but, ce n'est pas nuire. Le document, je l'ai montré deux secondes. Mais, le but, il n'était pas là. J'avais l'information qui était sur le bureau du premier ministre. J'avais de l'information véridique, que j'ai encore.

J'invite Mme la première ministre à être honnête avec les Québécois. J'invite Mme Christiane Fréchette à changer son style de leadership. J'invite Mme Christine Fréchette à dire toute la vérité concernant les mégawatts. Pourquoi? C'est important pour les consommateurs, c'est important pour le développement économique du Québec, et on ne peut plus dire n'importe quoi.

Journaliste : ...je reviens, là, sur le geste posé par l'Assemblée nationale. Là, vous êtes en train de dire : Si c'était à refaire, j'aurais peut-être dû challenger la décision. Est-ce que, par exemple, ils auraient pu simplement... brouiller l'image du document qui apparaissait à la caméra, ici, là?

M. Derraji : Mais je vais vous parler en toute honnêteté. Même moi, j'étais surpris. Vous savez, ça fait huit ans que je suis député, même moi, j'étais surpris. On m'appelle, je tremblais : Ah! tu as fait, je ne sais pas quoi. Et, écoutez, c'est elle, c'est Mme la première ministre qui a appelé le Bureau de l'Assemblée nationale pour retirer la vidéo. J'ai... Écoute, retirez la vidéo.

Journaliste : ...une précision. Parce que je veux... Parce que vous avez dit : Mme Fréchette m'a appelé pour m'informer que son ministre lançait l'enquête. C'est quand qu'elle vous a appelé? C'était en décembre qu'elle vous a appelé. C'est ça?

Journaliste : Elle n'était pas première ministre...

M. Derraji : Bien, elle était ministre de l'Économie.

Journaliste : Elle était ministre de l'Économie à ce moment-là, donc c'est elle qui lançait l'enquête.

M. Derraji : Oui, oui. Bien, maintenant, elle est... Bien, je peux vous... même, si vous avez du temps, je vous... chercher même la date. Oui, on m'a informé, et l'UPAC...

Journaliste : Mais quand vous dites : Son ministre, c'était le ministre de...

M. Derraji : Sous-ministre. Non, non, attendez, attendez. Sous-ministre, sous-ministre...

Journaliste : Ah! j'avais compris son ministre.

M. Derraji : Non, non, non. Sous-ministre. OK. Désolé. Son sous-ministre, il a parlé avec lui. Et on m'a informé que l'UPAC va lancer une enquête sur le document que j'avais et les informations que j'avais. Donc, l'enquête a été lancée en ce moment. Au mois de mai, je ne me rappelle plus de la date, j'ai reçu un email au bureau de l'UPAC pour me demander. Ils veulent me parler. Chose que j'ai acceptée. Et vous savez c'est quoi, la question, et vous savez c'est quoi, ma réponse, quand on vous pose la question sur vos sources.

Des voix : ...

M. Derraji : Pardon?

Journaliste : ...juste pour conclure là-dessus. M. Milliard, est-ce que votre whip a fait le tour de vos députés pour savoir s'ils ont été contactés dans l'UPAC concernant l'enquête qui concerne votre parti?

M. Milliard (Charles) : Il n'y a pas eu d'autre rencontre que celle que je vous ai mentionnée. Je vous ai parlé... Je vous ai parlé de la rencontre à laquelle moi, j'ai participé, il y a quelques semaines.

Journaliste : ...pour savoir s'il y a des députés qui ont été rencontrés?

M. Milliard (Charles) : Oui, des vérifications qui ont été faites avec... avec la whip du parti.

Journaliste : ...si vous devenez premier ministre, est-ce que vous voulez changer les règles pour qu'un fonctionnaire comme celui qui a perdu son emploi puisse donner des documents à des journalistes? Non, mais je vous entendre... être premier ministre, là.

M. Milliard (Charles) : Oui, oui. Non, non, je comprends. Oui, oui. Bien oui, tout à fait, je suis au courant. Écoutez, moi, je pense qu'il faut saluer le travail d'Olivier, d'Olivier Smith, qui a été fait aujourd'hui. C'est un travail qui est important et qui fait partie de la démocratie. Puis vous le savez, vous le vivez à tous les jours. Monsef l'a fait et malheureusement a eu à utiliser cette façon de fonctionner là à plusieurs reprises.

Pour ce qui est de modifier la loi, moi, je pense qu'en ce moment, la priorité, c'est de faire respecter ce qui est possible de faire en ce moment. Et, quand je vois une première ministre demander une enquête dans une situation comme ça pour cacher des... un fiasco financier économique, pour moi, ça m'apparaît très problématique.

Journaliste : ...vous pourriez tolérer...

M. Derraji : Si vous me permettez juste une seconde. Juste vous permettez quelque chose. Le problème, ce n'est pas la loi. Combien d'enquêtes Mme Fréchette a lancées? Il y a une enquête sur son ministre des Finances, sur son courriel qu'il lui a envoyé. Il y a une enquête... On ne sait même pas est-ce que l'enquête portait sur Olivier Smith ou sur une autre source qui m'a donné l'information. Mme Fréchette doit éviter ce genre de politique. Mme Fréchette, elle est première ministre, elle doit s'occuper de gérer les affaires du Québec et régler le déficit du Québec et le gaspillage qu'on a eu avec le Vérificateur général hier. Les 800 millions de dollars qu'on a perdus, c'est ça qui... qui doit tous nous outrer aujourd'hui. Combien d'écoles nous avons perdues, combien d'hôpitaux on a perdus à cause de cette mauvaise gestion? C'est là où on doit tous être indignés aujourd'hui.

Journaliste : ...vous, comme... comme gouvernement, si vous prenez... si vous formez le gouvernement, qu'est-ce que vous... est-ce que vous allez faire des... est-ce que vous allez lancer des enquêtes pour trouver des personnes qui sont des lanceurs d'alerte?

M. Derraji : Bien... Bien, clairement, je ne veux pas parler au nom de mon chef, clairement, notre rôle... notre rôle... bien, notre rôle, ce n'est pas... ne pas lancer la chasse aux sources. C'est ce que Mme Fréchette est en train de faire. La loi existe. Mme Fréchette a, d'une manière, je veux dire, délibérée, elle a choisi elle-même de lancer les enquêtes. Elle m'a informé du lancement de l'enquête sur un document que j'avais, mais elle n'a pas cru bon de nous dire la vérité par rapport aux mégawatts.

Journaliste : ...M. Milliard, comme premier ministre, là, vous voyez, vous êtes premier ministre, puis il y a un parti d'opposition qui a des documents sur des entreprises, les entreprises ne sont pas contentes, vous, vous faites quoi?

M. Milliard (Charles) : Moi, je ne pense pas que les... ce sont les règles en cours qui sont problématiques. C'est la façon dont elles sont appliquées par le gouvernement de la Coalition avenir Québec. Donc, l'enjeu, il n'est pas dans les textes de loi. L'enjeu, il est dans le comportement des décideurs politiques.

Journaliste : Parlant du comportement, M. Milliard... M. Milliard, là, vous dénoncez aujourd'hui le traitement qu'a subi un lanceur d'alerte...

M. Milliard (Charles) : Je n'ai pas compris le début.

Journaliste : Vous dénoncez aujourd'hui le traitement qu'a subi un lanceur d'alerte, dans le cas qui nous occupe.

M. Milliard (Charles) : Bien, bien sûr, bien sûr.

Journaliste : Qu'en... qu'en est-il, alors, du traitement que votre propre parti a fait subir à Marwah Rizqy, qui a agi, en quelque sorte, comme lanceuse d'alerte?

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, je pense que c'est des situations extrêmement différentes. Je me suis exprimé très clairement. J'ai eu une discussion... des discussions très cordiales avec Mme Rizqy. On parle, on parle d'une enquête qui a été faite à l'interne, au parti, comme... comme on a fait référence plus tôt. Moi, j'ai convenu avec Mme Rizqy que, tant que toutes les informations des enquêtes en cours n'étaient pas... n'étaient pas disponibles, on allait rester sur cette position-là. On est aujourd'hui le 11 juin. Mais je pense que de comparer cette situation-là à celle de ce matin, qui est un fiasco financier, économique important, c'est très différent.

Journaliste : Bien, c'est parce que, voyez-vous, dans le cas de M. Olivier, vous dites... vous dites : La VG... la VG donne raison à M. Olivier, et, à l'évidence, la Commissaire à l'éthique, avec ce qu'on a découvert avec le comportement de Mme Lakhoyan et tout ce qu'on sait maintenant sur la course à la chefferie, semble avoir donné raison à Mme Rizqy, n'est-ce pas?

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, le rapport... le rapport de Mme Lakhoyan, il existe, puis on a... on a réagi avec les infos qu'on avait. Donc, c'est pour ça qu'avec Mme Rizqy j'ai toujours été très clair qu'on voulait avoir les résultats de toutes les enquêtes. On ne les a pas. Alors que, dans le cas de Mme Fréchette, ce matin, c'est très clair, la situation est condamnable, et je pense que c'est important que les Québécois soient au courant de ça aujourd'hui.

Journaliste : Mais vous êtes... vous pourriez... enquête, là, à ma connaissance?

M. Derraji : Je vais juste me permettre... je vais juste me permettre... si ça ne vous dérange pas, je vais me permettre... Là, on parle... et j'ai beaucoup de respect à ma collègue Marwah Rizqy, mais, aujourd'hui, on parle de 800 millions de dollars perdus dans la filière batterie. On est en train de dire que l'UPAC a terminé son enquête, qui nous dit... Est-ce que vous êtes au courant que l'UPAC a terminé son enquête? Le fonctionnaire a été congédié déjà. On ne le sait pas. L'UPAC m'a appelé il n'y a même pas deux, trois semaines. Et moi, je ne vais pas faire Christine Fréchette... et je ne vais pas adopter son attitude. C'est elle qui a parlé de l'enquête et du congédiement de l'employé.Relisez l'article.

Journaliste : Oui, mais il y a eu des employés congédiés au Parti libéral...

Journaliste : Mais sur la vidéo, étiez-vous d'accord pour la retirer? Quand Mme Fréchette vous appelle puis elle vous dit qu'il faut retirer la vidéo parce qu'il y a des informations sensibles dedans, est-ce que vous étiez d'accord à ce moment-là, pour retirer la vidéo, vous? Est-ce que vous avez... Vous avez dit OK? Parce que, j'imagine... Avez-vous été consulté par l'Assemblée nationale? Est-ce qu'ils vous ont appelé pour vous demander si on pouvait retirer la vidéo, et étiez-vous d'accord?

M. Derraji : Je n'ai pas reçu d'appel de l'Assemblée nationale. Quand j'ai reçu l'appel de Mme Christine Fréchette, la vidéo était déjà retirée, et ma réponse fut : Écoutez, si vous jugez que les deux secondes des informations sont troublantes... écoutez, vous avez pris la décision de la retirer, la vidéo a été retirée. Mais, encore une fois, on est sur des discussions très secondaires. Je reviens sur le problème majeur. Est-ce que vous... aujourd'hui de nous parler des mégawatts qui restent? C'est ça le vrai débat.

Journaliste : Est-ce que vous le referiez, brandir le document ici, dans cette salle?

M. Derraji : Encore une fois, c'est une discussion, vraiment, sur un deux secondes d'un document.

Journaliste : C'est important, quand même.

M. Derraji : Non, non, mais vous avez raison, c'est important. Ce qui est important, c'est le nombre de mégawatts, ce qui reste, et ce qu'on promettait et les choses que... Vous savez, vous avez posé une question importante sur les entreprises.

Journaliste : Oui, mais c'est... c'est ça, la question.

M. Derraji : OK, mais j'ai... j'ai une bonne réponse pour vous. J'ai des entreprises qui nous appellent, qui nous disent qu'on ne comprend pas les critères. J'ai des entreprises qui nous disent : Comment ça marche? Est-ce que c'est recevoir un texto qu'on va avoir les mégawatts? Malheureusement, je ne peux pas prouver ça. Mais c'est ce qu'on nous a dit. Quels critères le gouvernement utilise pour octroyer les mégawatts? C'est pour cela que je voulais un débat juste par rapport à l'octroi des blocs d'énergie. On ne peut pas continuer à fonctionner, et cacher l'information aux Québécois, et ne pas être transparents. C'est ce que je dénonçais au mois de décembre.

Donc, oui, par rapport à votre question, c'était secondaire, pour moi, le retrait de la vidéo. Pourquoi? Pourquoi? C'est parce que je voulais un débat sur le fond. Le débat sur le fond, c'est l'absence de transparence de Mme Christiane Fréchette en matière de mégawatts.

Journaliste : Mais vous ne trouvez pas fascinant qu'un député ait été censuré à l'Assemblée nationale. Ça ne vous trouble pas davantage?

M. Derraji : Je vous laisse... je vous laisse faire votre conclusion. Moi, ce qui me trouble, et je vais être bien honnête avec vous, là... Moi, j'ai des entreprises qui m'appellent, qui ont des projets et qui ne reçoivent pas un retour d'appel de ce gouvernement. Il y a des entreprises qui demandent : Ils sont où, les critères? Il y a des entreprises qui nous demandent pourquoi le gouvernement ne publie plus la liste des entreprises à qui ils ont octroyé les mégawatts. Quand c'est rendu que Pierre Fitzgibbon était plus transparent que Mme Christine Fréchette, ça en dit long sur le style de leadership de Mme Fréchette.

Journaliste : Est-ce que vous avez eu peur quand la première ministre vous a appelé? Vous avez dit que vous trembliez, je pense, tantôt. Est-ce que ça vous a fait peur quand elle vous a appelé pour retirer la vidéo?

M. Derraji : Je vais vous dire quelque chose. J'ai toujours été guidé par l'intérêt, l'intérêt de défendre les citoyens qui m'ont honoré d'être leur député et l'intérêt de 17923respecter mes engagements. L'appel que j'ai reçu, vous savez, c'est la première fois que je reçois un message texto où on m'informe : l'UPAC va enquêter et il y a un délit d'initié. Je dois vous avouer que, moi aussi, j'étais troublé. Oui, j'étais affecté, mais ce n'est pas ça qui va m'empêcher de continuer mon travail et à continuer à le faire et à protéger mes sources. Et vous savez pourquoi?

Journaliste : Alors, si Mme Fréchette a tenté de vous effrayer ce jour-là, elle a réussi.

M. Derraji : Non, non, je ne vois pas ça comme ça. Parce que le point de presse, c'est ce que je disais au point de presse, c'est secondaire devant le vrai problème. Est-ce que vous êtes capable aujourd'hui de me dire combien de mégawatts restent? Pourquoi cette information est cachée? Pourquoi Mme Christine Fréchette n'ose plus parler de la capacité du Québec aux mégawatts? Pourquoi... pourquoi Sophie Brochu a quitté Hydro-Québec? Pourquoi M. Legault voulait doubler la capacité? Pourquoi on se lance dans ces gros projets, alors qu'on n'a plus le vrai portrait? C'est sur ça qu'on doit discuter aujourd'hui. Et c'est vrai, il y a un débat à faire par rapport à l'enquête de M. Gerbet.

C'est vrai qu'il y a un débat à faire, mais moi, au nom du Parti libéral, je veux qu'on revient à l'essence même de tout cela. Tout cela a commencé parce que je voulais savoir le portrait réel des mégawatts. Pourquoi? Parce qu'on ne peut pas promettre des choses qu'on ne peut pas livrer. Mme Christine Fréchette ne peut pas continuer à couper le ruban, doit dire la vérité et toute la vérité par rapport aux mégawatts.

Journaliste : Est-ce que c'est vrai que sur ce document-là, il y avait des... parce que, moi, je ne l'ai pas vu, le document, est-ce que c'est vrai qu'il y avait des informations sensibles sur des entreprises qui étaient nommées?

M. Derraji : Je ne peux pas répondre, malheureusement. Je me limite à parler de mégawatts. Si je parle du document, je joue dans le jeu. Moi, ce qui m'intéresse, c'est les mégawatts.

Journaliste : Juste une précision, là, l'enquête de l'UPAC, ça portait sur le lanceur d'alerte ou ça portait sur vous?

M. Derraji : Ah! là, vous posez une très bonne question... je me permets.

Une voix : ...

M. Derraji : Non, non, ça vous arrive souvent et je ne suis pas là pour vous juger, en aucun cas, et je ne juge aucun journaliste. Mais vous savez que c'est une des très bonnes questions. Pourquoi? Mme Christine Fréchette a lancé une enquête... non, non, c'est très simple à comprendre, parce que l'article est de Thomas Gerbet, il est un peu long, je comprends. L'enquête, l'enquête a été lancée par l'UPAC sur mon document. J'ai reçu l'appel par rapport à ce document. L'employé a été congédié sur je ne sais pas quoi. Je ne peux pas vous le dire, je n'ai pas accès à ces documents. Je n'ai pas accès à ce qu'il fait... faisait. Par contre, par contre, ce qu'il a dit est vrai et le Vérificateur général l'a mentionné hier. Est-ce qu'on a utilisé l'argent des contribuables québécois d'une bonne façon? La réponse est non. On a perdu 800...

Des voix : ...

M. Derraji : ...on a perdu 800 millions de dollars.

Journaliste : Est-ce que l'enquête porte sur le fait que vous avez montré le document?

M. Derraji : L'enquête portait sur qui m'a donné le document.

Journaliste : Mais, M. Derraji, s'il y a des allégations de délit d'initié dans un document, est-ce que ce n'est pas normal que l'enquête enquête? Que l'UPAC enquête à ce moment-là? Si on dit qu'il y a un délit d'initié, c'est le rôle de la police d'enquêter là-dessus, non?

M. Derraji : Bien écoutez, c'est ça, leur rôle, d'enquêter sur les délits d'initié, bien, écoutez, j'ai hâte avoir leur enquête.

Journaliste : Donc, vous ne croyez pas que quand, par exemple, il y a eu une allégation de délit d'initié qui est... qui est un crime, à ce moment-là, il doit y avoir une enquête?

M. Derraji : Bien, ils ont fait l'enquête. Mais c'est quoi, le rapport avec Olivier Smith?

Journaliste : Donc, c'est un prétexte?

M. Derraji : Ah! je vous laisse faire la conclusion. Vous posez toujours... vous posez de bonnes questions, mais je n'ai pas toutes les réponses, je dois l'avouer, et je vous parle de ce que je sais. C'est que... ce que je sais, j'ai eu une discussion en tant que porte-parole de l'énergie avec le ministre de l'Énergie, je lui ai dit que j'ai les documents par rapport aux mégawatts et je l'ai invitée à être transparent, comme Fitzgibbon, il a refusé de l'être. J'ai été obligé de lui dire voilà le portrait, sans dévoiler grand-chose, parce que je lui ai juste démontré que le document provenait du bureau du premier ministre. Et au lieu de nous dire voilà, je vais rectifier, voilà le portrait des entreprises, il a préféré ne pas dire la vérité et lancer une enquête sur ce document. C'est ça.

Journaliste : Si vous prenez le pouvoir, est-ce que vous allez le réintégrer, le fonctionnaire qui a perdu son emploi?

M. Derraji : Bien, écoutez, je vais être honnête avec vous, je ne sais même pas le contexte du... On parle d'une enquête...

Journaliste : Mais non mais vous avez salué... Tantôt vous avez dit : Bravo, bravo. Vous l'avez applaudi. Est-ce qu'il devrait réintégrer, M. Milliard?

M. Derraji : Mais il y a une enquête administrative, mais il y a une enquête administrative... moi, je ne suis pas au courant de l'enquête administrative, pour être honnête avec vous, là, je ne sais pas c'est quoi, l'enquête.

Journaliste : M. Milliard, vous l'avez applaudi...

M. Milliard (Charles) : Bien, basé sur l'information qu'on a, on salue... on salue le courage qu'il a eu. Maintenant, on n'a pas tous les détails de l'enquête administrative, alors il faudrait pendre...

Journaliste : ...

M. Milliard (Charles) : Bien, avec l'information qu'on a en ce moment, c'est difficile de répondre, mais je pense qu'il faut saluer le fait qu'il a... qu'il a mis l'épaule à la roue pour dévoiler ces informations-là qui sont très... très inquiétantes.

Journaliste : Is UPAC stepping outside of its rules and responsibilities in this case?... more than they're supposed to by overstepping?

M. Derraji : For sure, for sure. I don't understand why she did that. So, the problem is about the megawatt. So, she should be more transparent about the megawatt.

Journaliste : ...you, when she contacted you to remove... to... saying to you that they'll remove the video at the... on the National Assembly website, when you show that document, and she said that that may be a an insider trading offense, is this intimidation?

M. Derraji : Maybe. So, my role, and this is why I told Mrs. Fréchette, that's... my role is like putting the focus on megawatts. And she should be more transparent. The problem is not my press conference. The problem is not the document that I had. The problem is why she chose to be not more transparent than Pierre Fitzgibbon. And Pierre Fitzgibbon, he did that every single year.

Journaliste : ...part of the electrification of the province, this is...

M. Derraji : It's huge! It's the future of our economy. If we don't have the megawatt, forget the economy, forget the plan of... of Fréchette and the CAQ. They should be more transparent if we have the megawatt or not. And that's why today what I want is to have the focus about the future of energy, the future of our megawatt, if we have the capacity to tell all entrepreneurs : Come, we have it.

Journaliste : ...the premier using UPAC to chase down the whistleblower? Is this an abuse of power is what we want to know.

M. Derraji : It's only an example, another example of the leadership of Mrs. Fréchette.

Journaliste : What... What it is? How can we qualify it? Why should people care about this story today?

M. Derraji : ...

Journaliste : But it's a simple question.

Journaliste : ...what do you think of the Government using UPAC in this way? That's what we want to know.

M. Derraji : It's not... It's not only using UPAC. How many, how can I say that, «les enquêtes», inquiries she launched? «C'est» one for... for Eric Girard and another one regarding me, another one regarding this... regarding Olivier Smith. So, she... she's trying to find something and don't... don't doing like what she should do as a premier.

Journaliste : Is she abusing her powers?

M. Derraji : Maybe she's... using... or it's... like it's kind of leadership. What do you want to do with your leadership? You want to govern to be a premier or losing your time trying to find something? So, this... That's why I said at the beginning it's a true example of the leadership of our Premier.

M. Milliard (Charles) : It's telling. And to your question, I think, with the information that we have, it certainly is worrisome to see that she's using that kind of... that kind of power. But that's with the information that we have from the article this morning.

Journaliste : ...it's unprecedented, I mean, to have...

M. Milliard (Charles) : Well, I... I've never seen that personally. So, this certainly is day one of... of something new this morning.

Journaliste : Does it show that she doesn't have authority?

M. Derraji : Or the debate about the megawatt is very important, and she want... she decide not to have the real debate.

Journaliste : ...having this inquiry on the email of Mr. Girard, having the inquiry on this document, does it show... and having this civil servant that lost his job, but we don't know exactly why, but he...

M. Derraji : It's at least three example, at least, three example. Yes.

Journaliste : Yes. Does it show that Ms. Fréchette doesn't have any authority at all on her government?

M. Derraji : Maybe you're right to say that. What is the authority, if, for every problem, you launch an inquiry? So, this is your solution? So, for every problem, the solution coming from Mrs. Fréchette : I will launch a new inquiry.

Journaliste : When you got that call, you said you were trembling. Can... Can you describe your feelings in that moment?

M. Derraji : You know, it was the first time that I receive a call like that. So, again, my role here is to do my job. My role is not do what she say to me. So, that's why, for me, the problem is not the video. You know what? Or the press conference. The problem is about the megawatt and the future of our economy. And you know why? Because the future of economy, it's very important for us, as the Liberal Party of Québec. And we have some entrepreneurs calling me. We need 17923to know how it works with this Government if we want to have or to receive a positive answer, if we ask them about the megawatt. So, that's why I did that, that's why I ask Mrs. Fréchette to be more transparent, to be just transparent like Fitzgibbon. And that... this is bad. Look, she's not transparent. And Pierre Fitzgibbon, he did what she should do.

La Modératrice : Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 9 heures)

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