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(Treize heures trente-sept minutes)
Mme Ghazal (Ruba) : Bonjour,
tout le monde. Très, très heureuse de vous retrouver ici, dans l'enceinte du
Parlement, avec Sol, avec toute l'équipe de Québec solidaire, cette équipe
renouvelée de Québec solidaire. Aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, on
accueille les plus expérimentés, incluant Alexandre Boulerice — il
est où? Oh! il est caché, bien caché — mais aussi celles qui nous
amènent un vent de fraîcheur, Stéphanie, Roxane et Gisèle.
À cette belle équipe, les Québécoises et
les Québécois ont donné le mandat d'être une opposition constructive, que ce
soit pour lutter contre l'itinérance, pour régler la crise du logement, pour
assurer la sécurité des femmes. Le nouveau gouvernement du Québec pourra
compter sur notre collaboration. Mais collaborer ne veut pas dire donner un
chèque en blanc. On va s'opposer à toute mesure qui aggrave la crise du
logement, qui affaiblit nos services publics, qui rompt avec la tradition d'accueil
du Québec, dont j'ai moi-même bénéficié, ou qui nous fait reculer en matière d'environnement.
Sur ces enjeux, les Québécoises et
Québécois pourront compter sur l'équipe de Québec solidaire pour défendre leurs
intérêts avec toute la détermination que vous nous connaissez. D'ailleurs, vous
ne serez pas étonnés, on va le répéter très souvent, comme je l'ai fait, comme
Québec solidaire, on l'a fait : la priorité des priorités, c'est le
logement. N'importe qui est sérieux dans sa volonté de s'attaquer à la crise
humanitaire de l'itinérance doit absolument agir sur le logement s'il ne veut
pas voir exploser le nombre de personnes en situation d'itinérance. Il y a
urgence d'agir et c'est pour ça que, dès aujourd'hui, nous demandons au
gouvernement de prolonger le moratoire sur les évictions. Sinon, c'est des
centaines et des centaines de locataires qui vont recevoir, comme cadeau de
Noël, en décembre, des avis d'éviction. On va travailler d'arrache-pied pour
éviter ça et prolonger le moratoire qui se termine au début de l'année
prochaine. On demande aussi au nouveau gouvernement du Québec d'interdire les
évictions durant l'hiver. Personne, aucun Québécois, aucune Québécoise ne
devrait être jeté à la rue de son logement quand il fait -20 dehors. C'est le
gros bon sens.
Les Québécoises et Québécois peuvent aussi
compter sur Québec solidaire pour être un rempart contre l'austérité. On va se
tenir debout pour protéger nos services publics et demander au gouvernement d'éviter
les mesures d'austérité, particulièrement en éducation. On voit ce qui se passe
en ce moment, en France, on sait ce qui attend les gouvernements qui désinvestissent
dans l'avenir de leur jeunesse. On ne peut pas continuer à laisser nos écoles
tomber en morceaux. C'est le cas au Québec. On ne peut pas abandonner nos
profs, notre personnel scolaire, on ne peut pas abandonner nos enfants et leur
avenir. L'éducation, c'est beaucoup trop important pour décider de faire des
économies là-dedans. L'école publique, tout le monde y tient. C'est un des plus
grands vecteurs d'égalité, d'inclusion et de richesse de notre société. C'est
notre responsabilité d'en prendre soin.
Alors, voilà, on commence dès ce matin
avec ce premier caucus, avec une équipe déjà mobilisée, déjà déterminée à
travailler pour le bien être des Québécois, pour le bien commun. Puis je sens
qu'on va réussir, avec notre équipe, à faire de grandes choses. Les gens
peuvent compter sur Québec solidaire pour être leur voix et pour travailler
très fort pour améliorer leur vie. Merci beaucoup, Je laisse maintenant la
parole à Sol.
M. Zanetti (Sol)
: Merci,
Ruba. Je vraiment content qu'on se retrouve ici, dans notre premier caucus à la
fois expérimenté et renouvelé, avec notre belle équipe qui est... avec qui j'ai
vraiment hâte de développer des liens nouveaux. C'est une législature qui est
particulière qui commence, une législature dans laquelle on a un gouvernement
minoritaire à l'Assemblée nationale du Québec. Ça crée des opportunités de
travailler ensemble sur des choses qu'on a en commun, et dans ces circonstances-là,
nous, à Québec solidaire, on va avoir, dans le fond, plus de pouvoir que jamais
pour aller chercher des gains plus que jamais. On va faire de notre balance du
pouvoir un levier pour obtenir des résultats et améliorer la vie des gens.
Et en plus de tout ce qu'a nommé Ruba, je
retiens aussi qu'elle a obtenu un engagement clair du premier ministre lors des
débats pour une réforme du mode de scrutin. Je pense plus que jamais, avec les
dernières élections, que le modèle ne fonctionne plus. On le constate. Le Parti
québécois a obtenu 46 % des sièges avec 28 % des voix. C'est une
injustice démocratique. Mais la santé de la démocratie, à l'heure actuelle,
avec ce qu'on voit ailleurs dans le monde, là, c'est plus important que jamais.
Avec la multiplicité des voix politiques au Québec, on a le devoir d'assurer à
tout le monde que leurs voix comptent. Alors, j'ai une demande pour le premier
ministre. Une fois que la personne ministre responsable de la Réforme des
institutions démocratiques sera nommée, bien, qu'il la mandate d'organiser une
rencontre avec les autres partis représentés à l'Assemblée nationale et le
Mouvement Démocratie nouvelle pour travailler ensemble à la... à réformer le
mode de scrutin. Paul St-Pierre Plamondon a débuté sa campagne en disant qu'il
allait faire ce qu'il disait. Eh bien, là, il l'a dit à Ruba, au débat des
chefs, qu'il allait faire une réforme du mode de scrutin, c'est le temps de
montrer qu'il a une parole. Ça commencerait bien le mandat. Et c'est quelque
chose qui peut être fait, cette rencontre-là, dès la semaine prochaine ou la
semaine suivante. Alors, bien, merci, on va laisser place à vos questions.
Mme Ghazal (Ruba) : Merci,
Sol.
Le Modérateur : Merci, Sol.
Merci, Ruba. On va maintenant prendre vos questions. Vous pouvez vous diriger
vers les micros. Isabelle.
Journaliste : Oui. Bonjour.
Isabelle Porter, du Devoir.
Mme Ghazal (Ruba) : Bonjour.
Journaliste : À ce sujet-là,
votre demande, est-ce qu'elle vise une réforme, une... particulière? On parle
d'une proportionnelle en tant que telle ou d'un système mixte?
M. Zanetti (Sol) : Ce qui
avait fait l'objet de plein de consultations puis d'une entente entre
différents partis politiques en 2018, dont le Parti québécois, c'était un
système proportionnel mixte compensatoire à répartition régionale. Donc,
c'est... c'est technique, là, mais nous, c'est... c'est vers ça qu'on
s'oriente. C'est le consensus qu'il y a eu. Tu sais, je pense que la
consultation de la société civile, elle a été faite maintes et maintes fois,
dont la dernière fois en 2018, des discussions entre les parties, il y en a eu.
Là, la CAQ a débarqué de ce consensus-là. On a vu... J'ai cru comprendre la
semaine dernière que le Parti libéral du Québec montrait de l'ouverture. Donc,
moi, je pense qu'ils doivent être invités à cette rencontre-là, dont je parle.
C'est pour ça que j'ai dit : Tous les partis invités représentés à
l'Assemblée nationale.
Et, oui, l'objectif pour que chaque vote
compte, donc, c'est qu'il y ait une proportionnalité entre le pourcentage de
voix obtenues puis le pourcentage de sièges. Puis je suis certain... On s'est
déjà entendus sur un modèle assez précis, alors maintenant, je pense qu'il est
le temps de venir réitérer ce consensus-là et puis dire comment est-ce qu'on le
met dans un projet de loi.
Journaliste : Sinon, je... je
voudrais vous entendre sur le référendum en Alberta. Là-bas, en ce moment, les
gens se font questionner non pas seulement sur la pertinence de faire
l'indépendance, mais sur un paquet d'autres questions. Est-ce que Québec
solidaire serait favorable à ce qu'un éventuel référendum au Québec inclue
d'autres questions? Puis, si oui, lesquelles?
M. Zanetti (Sol) : Heille!
Ça, c'est... c'est beaucoup de détails pour quelque chose d'hypothétique, qui
n'est pas maintenant. Je ne rentrerai pas dans, tu sais, le commentaire trop
approfondi de ce que font les Albertains en ce moment, mais je leur souhaite de
faire une décision qui représente vraiment ce qu'ils veulent pour leur avenir.
Mme Ghazal (Ruba) : Mais, tu
sais, nous, pendant la campagne, même avec Sol, on a proposé de donner plus de
pouvoir à la population avec des référendums d'initiative populaire. Donc, ce
n'est pas juste le gouvernement qui pose une série de questions. Parce que les
gens, ils sont cyniques, là. Ils ont l'impression qu'ils votent une fois aux
quatre ans, ceux qui votent, puis après ça, bien, ils n'ont plus droit à la
parole. Tu sais, le nombre de pétitions qu'ils nous demandent de prendre à
l'Assemblée nationale, puis, après ça, ils ont l'impression que leur voix ne compte
plus. Nous, comme parti politique démocrate, on veut évidemment tabler sur
cette opportunité historique. Puis Sol va prendre en charge ce dossier-là au
nom de Québec solidaire pour nous assurer que le mode de scrutin, qui est
totalement malade, qui ne fonctionne pas, avec lequel on a voté en 2026, bien,
que ce soit le dernier, puis qu'il y en ait un autre. Mais aussi ce qu'on a mis
de l'avant, puis on pourra en discuter avec les autres partis politiques, c'est
que quand il y a un enjeu qui est important ou une décision qui a été prise au
parlement qui va à l'encontre de beaucoup de citoyens, puis que les citoyens se
mobilisent en grand nombre avec un grand nombre de votes, de signatures d'une
pétition un peu partout au Québec puis qu'ils la soumettent, bien, que ce soit
possible qu'il y ait un référendum pour qu'ils puissent défaire une mauvaise
décision ou qu'ils puissent en tous cas avoir leur voix au chapitre entre deux
élections. Les gens ont besoin de ça. Ça, ce serait aussi une façon de donner
la parole aux Québécois et Québécoises et au peuple.
Journaliste : Juste pour
clarifier. Sur le fond, dans votre tête, quand il y aura un référendum, c'est
sur une seule question. A priori, vous n'avez pas pensé en ajouter d'autres,
là?
Mme Ghazal (Ruba) : Bien, on
n'a pas pensé à cette... à celui-là, là, pour faire le pays. Mais cela dit, ça
ne nous empêche pas de dire : On va attendre de faire du Québec un pays
pour donner la voix à la population. On peut dès maintenant faire la
proposition de Québec solidaire, des référendums d'initiative populaire, pour
donner la voix au peuple.
Journaliste : Merci.
Le Modérateur : Prochaine
question.
Journaliste : Encore sur la
réforme de mode de scrutin. Est-ce que... Pour aller plus vite, la CAQ avait
quand même avancé un projet de loi qui avait été étudié, est-ce qu'on pourrait
partir de ça comme base ou, pour vous, ce n'était pas bon?
M. Zanetti (Sol) : On
avait nous aussi déposé un projet de loi après l'abandon de la CAQ. Cela dit,
ce projet de loi là, quand même, était le fruit de beaucoup de compromis faits
à un parti qui, au fond, ne voulait plus vraiment faire la réforme du mode de
scrutin. Donc, je pense qu'on peut. Il y a beaucoup de travail qui a été fait,
mais disons que le projet de loi qui a déjà été déposé par la CAQ, puis même le
nôtre, je pense qu'on pourrait y amener des modifications qui assurerait une
meilleure adéquation entre le pourcentage de sièges, pourcentage de voix. Il
faut toujours garder en tête cette affaire-là, puis ce n'est pas quelque chose
qui prendrait du temps, il faut juste qu'on s'assoie. Si on s'entend sur
l'objectif, là, ça va être très rapide.
Journaliste : Puis, est-ce
que, dans votre tête, c'est possible de le faire, disons, pour que les
prochaines élections aient un nouveau mode de scrutin?
M. Zanetti (Sol)
:
Tout à fait.
Journaliste
: Puis, en
sous-question, vous, dans le fond, vous ne croyez pas que ça demande un
référendum, là, comme l'avait suggéré François Legault à l'époque pour changer
le mode de scrutin?
M. Zanetti (Sol) : Non,
absolument pas. Je pense que c'était une tactique dilatoire de sa part, là. Il voulait
chercher des façons de gagner du temps, puis, finalement, il l'a juste tout
simplement abandonné. Nous, on pense que ça se fait tout à fait. Je ne me
souviens plus exactement des délais que disait... donnait Élections Québec pour
dire combien de temps ça prenait à implémenter un tel système, mais, c'est
moins d'un an, dans ma mémoire.
Donc, je pense qu'il y a un an entre... au
moins un an entre maintenant et les prochaines élections, et ça nous donne le
temps de faire ça. Et ça permettrait de faire... de donner à la politique
québécoise un visage vraiment nouveau. Alors, moi, j'espère que la personne qui
sera nommée responsable des institutions démocratiques la semaine prochaine,
qu'elle sera motivée par la réforme du mode de scrutin. C'est un... Ça serait
un signal fort à envoyer, que ça se peut.
Journaliste : Bonjour,
Jean-François Poudrier, Noovo Info. Pour rester dans le domaine de la réforme
électorale, d'abord, je voudrais peut-être vous entendre sur le sort de la CAQ
dans cette élection-là, justement, avec 13 % des voix, 500 000, plus
de 500 000 votes, ils se retrouvent avec aucun député. Puis, en
sous-question par rapport à ça, est-ce que ce ne serait pas un peu trop de
gouvernement minoritaire pour la suite des choses? Parce que ce serait plus
difficile d'avoir un gouvernement majoritaire par la suite, là.
M. Zanetti (Sol) : Bien
d'abord, je pense que la Coalition avenir Québec, là, ils ont récolté ce qu'ils
ont semé, là, puis assez brutalement, là. S'ils n'avaient pas abandonné cette
réforme, aujourd'hui, ils auraient 15, 16 députés, là, à peu près, mais là
ils en ont zéro. Donc, ça montre que quand on est au pouvoir, il faut prendre
une décision pas à courte vue pour l'intérêt du parti au moment où il prend la
décision, il faut penser aux prochaines générations, à ceux qui vont nous
suivre.
Puis il faut penser à tous les partis,
puis à tout le monde, puis surtout aux gens qui votent pour les partis puis qui
veulent être représentés à la juste mesure. C'est ça, le... c'est ça, l'enjeu.
Il y a des gens qui sont très frustrés de dire : Moi, je vote pour un
parti, mais il y a vraiment moins de sièges que de votes... pourcentage de
votes obtenus, ce n'est pas juste, je ne me sens pas représenté. Alors, ça,
c'est vraiment important pour nous.
Journaliste : Et concernant
maintenant l'avis juridique par rapport à la présence de la
lieutenante-gouverneure lors de l'ouverture de la session, du discours
d'ouverture et tout ça, quelle est votre opinion par rapport à cela? Et est-ce
que vous craignez que peut-être ça risque de dérailler un peu la... le début de
la session, si jamais il y a des contestations, si on se retrouve devant les
tribunaux en raison de ça? Est-ce que vous croyez que c'est le moment de
s'adresser... de régler cette question-là?
M. Zanetti (Sol) : Bien,
on n'a pas consulté cet avis juridique, là, dans les détails et tout ça.
Évidemment, nous autres, on n'est pas favorables à la monarchie, hein, on veut
la démocratie, puis il n'y a pas, je pense, de mauvais moment de réfléchir
aux... à nos institutions puis à comment est-ce qu'elles pourraient être plus
démocratiques puis comment est-ce qu'on pourrait dépenser moins d'argent dans
des fonctions comme ça puis mettre ça là où c'est vraiment utile. Alors, on est
capables. On a montré dans le passé qu'on était capables de faire évoluer nos
institutions au Québec, là. Je pense que c'est possible encore.
Journaliste : Et même de le
faire tout de suite, quitte à retarder un peu, quelques...
M. Zanetti (Sol) : Oui,
bien là, nous autres, on est favorables à l'idée. Après ça, on n'a pas l'avis
juridique entre les mains puis tout ça. Je pense que c'est des choses... c'est
des discussions qu'il faut avoir aussi avec l'Assemblée nationale du Québec.
Puis je suis persuadé qu'il y a une façon de faire les choses dans l'ordre.
Le Modérateur
:
Prochaine question.
Journaliste : Vous avez
demandé... Marie-Josée Paquette-Comeau, Radio-Canada. Vous avez demandé au
prochain premier ministre, au premier ministre désigné d'allonger le moratoire,
en fait, sur les évictions.
Mme Ghazal (Ruba) : Oui.
Journaliste
: Qu'est-ce
que vous êtes prêts à donner en échange?
Mme Ghazal (Ruba) : Moi,
ce n'est pas comme ça que j'aborde les choses. C'est-à-dire que, moi, je suis
confiante. On est confiants qu'on est capables d'obtenir des gains. C'est le
gros bon sens de dire qu'en ce moment il y a une crise du logement qui
continue. Des logements qui sont construits à 2 000 $ et plus partout
au Québec, ça ne s'appelle pas «résorber la crise». Ces logements-là sont
vides. Donc, la crise continue, et c'était la raison d'être du moratoire. Puis
c'est vraiment grâce à Québec solidaire si le gouvernement, à l'époque de la
CAQ, a décidé d'avoir un moratoire, c'est parce que nous, on était là, puis on
a travaillé très fort pour être la voix des gens qui, sinon, se retrouvaient à
la rue.
Donc là, la situation, la crise du
logement, elle n'est pas résorbée, elle n'est pas réglée. Donc, c'est tout à
fait logique de prolonger le moratoire. Puis c'est une question du gros bon
sens. Ça fait qu'on a vraiment deux demandes. Prolonger le moratoire, parce
qu'à cause du moratoire, bien, il y a plein de propriétaires, peut-être, qui
ont déjà préparé leur avis d'éviction, en se disant : Le moratoire va se
terminer au mois de mai prochain. Donc, c'est maintenant, là, c'est en décembre
que les gens vont recevoir leurs cadeaux de Noël, d'avis d'éviction, en pleine
crise, en pleine crise de l'itinérance, il n'y a pas de logement. Donc, le gros
bon sens, c'est de le prolonger, c'est ce qu'on demande.
Ça fait que moi, je suis confiante, comme
on était capables de le faire dans le passé, qu'on est capables, juste avec ça,
pour le bien-être des Québécois, de prolonger le moratoire puis aussi de ne pas
permettre d'évincer des gens en plein hiver, là. Là, on parle de la crise de
l'itinérance, Paul St-Pierre Plamondon dit que c'est une priorité des priorités
pour lui. Il prend ça lui-même, c'est lui, le superministre de l'itinérance
comme premier ministre. Moi, je trouve que c'est une bonne chose. Je suis
contente que ce soit lui. Maintenant, ce que ça va prendre, c'est des actions.
Celle que je viens de nommer, celle de pas... d'interdire les évictions en
plein hiver, puis aussi d'avoir un engagement financier. Et, jusqu'à
maintenant, moi, je n'ai pas entendu aucun engagement financier en matière
d'itinérance, de l'argent supplémentaire pour... parce que ça ne peut pas être
juste les villes et les municipalités qui sont aux prises avec cette crise de
l'itinérance.
Les organismes communautaires qui n'en
peuvent plus, il va falloir qu'il y ait de l'argent qui sorte. On n'a même pas
besoin d'attendre, là, tu sais, de siéger. Il peut, tout de suite, avoir des
engagements pour qu'il y ait de l'argent pour régler la crise de l'itinérance
puis les deux demandes qu'on vient de faire.
Journaliste
: Par
rapport à Santé Québec, pendant la campagne électorale, vous aviez dit que ce
n'était pas le moment d'aller jouer dans les structures, mais le Parti
québécois travaille actuellement un projet de loi pour abolir Santé Québec.
Est-ce que vous allez appuyer un projet de loi qui abolit Santé Québec?
Mme Ghazal (Ruba) : Ce qui est
important, là, c'est, au Québec, surtout en matière de réformes de structure en
santé, d'apprendre des erreurs du passé puis de faire des bilans. Qu'est-ce qui
est arrivé avec la CAQ? Qu'est-ce qu'ils ont fait? Ça a été le ministre de la
Santé et le premier ministre qui ont décidé de faire une réforme mur à mur, en
créant Santé Québec, sans consulter personne, sans s'assurer que si ça va
vraiment en amener plus de soins. Donc, il ne faut pas recommencer... Moi,
j'invite Paul St-Pierre Plamondon, le nouveau gouvernement, à ne pas refaire la
même erreur que la CAQ, puis décider sans consulter les travailleurs,
travailleuses, sans voir comment décentraliser le système de santé.
Une chose qui était bonne, c'est que,
pendant la campagne électorale, M. St-Pierre Plamondon, d'autres aussi ont dit
qu'ils sont d'accord avec la décentralisation. Ça fait que là, pour une
question de cohérence, on ne peut pas dire : On est pour la
décentralisation, puis, après ça, écrire un projet de loi sans consulter tout
le monde, en disant : On va l'abolir. On n'a pas besoin d'une réforme de
structure. Ce qu'on a besoin, c'est de décentraliser le système, d'écouter les
travailleurs, travailleuses, puis d'amener plus d'efficacité pour donner des
soins à la population. Ça fait que je lui demanderais d'apprendre des erreurs
du passé puis de ne pas les refaire.
Journaliste
: Donc,
s'il consulte la population, les travailleurs, syndicats, etc., vous pourriez
appuyer un projet de loi qui abolirait Santé Québec.
Mme Ghazal (Ruba) : Bien là,
en ce moment, ce qu'on entend, c'est qu'il est en train de travailler
là-dessus. Il n'y a pas de consultation, il n'y a rien. C'est lui-même, dans
son bureau, avec son comité de transition qu'il est en train de faire ça. Moi,
ce que je vois, c'est ce qui a été fait dans le passé.
Journaliste
: Donc, ça
vous inquiète, en ce moment, que ça se passe dans les bureaux et pas sur le
terrain.
Mme Ghazal (Ruba) : Bien, c'est
parce qu'on perd du temps pendant ce temps-là. Décentralisons, consultons les
gens qui ont les deux mains dedans, qui connaissent la population, qui
connaissent les patients, qui savent qu'est-ce qui marche, qu'est-ce qui ne
marche pas. Puis on ne peut pas avoir une solution mur à mur, peu importe ce
qu'il va faire comme réforme de structure dans le bureau du premier ministre.
Si c'est déconnecté de ce qui se passe partout puis que ça va être du
mur-à-mur, ça ne marche pas. On l'a vu, ça fait plusieurs réformes qu'on a...
au Québec. Ce n'est pas ça que les patients ont besoin.
Ça fait que commençons par faire les
choses dans l'ordre. Consulter les gens pour vrai, ne pas arriver avec une idée
fixe, puis dire : Moi, c'est là que je m'en vais, suivez-moi ou suivez-moi
pas. C'est ce que la CAQ a fait. On ne va pas recommencer dans le même... à
jouer dans le même film.
Le Modérateur
:
Prochaine question.
Journaliste
: Bonjour.
Ce matin, vous nous aviez dit que vous seriez intraitable sur l'austérité pour
votre collaboration avec un gouvernement minoritaire. Est-ce que ça veut dire
que, dès que les augmentations des budgets des services publics seront sous
l'inflation, vous voterez contre un budget éventuel, à partir du moment où on
n'atteint pas une augmentation équivalente à l'inflation?
Mme Ghazal (Ruba) : Nous
allons être intraitables sur l'austérité. Donc, s'il y a une augmentation des
dépenses plus basses que les revenus, ça, ça veut dire qu'il va avoir un impact
sur les services à la population, notamment dans notre système d'éducation,
dans notre système de santé, dans les services sociaux. En ce moment, on ne
peut pas encore continuer à faire payer les enfants, les gens qui ont besoin de
soins encore plus, ce n'est pas comme si notre système de santé puis notre
système d'éducation allaient bien pour faire des coupes puis de l'austérité.
Donc, nous, nous allons nous tenir debout, comme on l'a fait dans le passé. On
l'a fait, hein, dans le passé, avec le gouvernement de la CAQ. Moi, je m'en
rappelle très bien, de Bernard Drainville, quand il était ministre de
l'Éducation, en catimini, pendant l'hiver, il a fait des coupures dans le
système d'éducation, et on a été au front, à Québec solidaire, partout, là,
avec les gens qui étaient indignés par ces coupes, parce que ça avait un impact
sur leurs enfants, des parents, du personnel et même des directions. On a été
dans la rue avec eux pour dire : Ça n'a pas de bon sens, de faire payer
les enfants du Québec. Et, finalement, il y a eu un remaniement ministériel,
Sonia LeBel est arrivée puis elle a reculé sur cette coupe-là.
Donc, nous, ça va être comme ça, ça va
être comme ça qu'on va être guidés. On va être la voix des gens qui n'en
peuvent plus de ne pas avoir de service tout en payant beaucoup d'impôts. Ça ne
peut pas continuer. Et on a été clairs, à Québec solidaire, puis c'est le
mandat qu'on a, parce qu'on a été très clairs, puis on est élus, ici, pour être
la voix des gens qui ont besoin d'avoir un bon système d'éducation, un bon
système de santé et non pas des coupes. L'austérité, là, ça va avoir un impact
sur la population. On va être leur voix.
Journaliste : Puis sur les...
la relation avec le gouvernement, est-ce que vous serez prêts à appuyer le
gouvernement dans des projets de loi qui ne sont peut-être pas ceux que vous
aviez dans votre plateforme, en échange, si je peux dire, de mesures que vous
voulez pour faire avancer vos propositions?
Mme Ghazal (Ruba) : Bien, tu
sais, nous, notre boussole, c'est le bien commun, c'est améliorer la vie des
Québécois et Québécoises qui, en ce moment, se privent, souffrent beaucoup, que
ce soit de la crise dans nos services publics, que ce soit la crise du coût de
la vie, je veux dire, des gens qui travaillent à temps plein et qui vont faire
l'épicerie, puis il faut qu'ils regardent, là, quels produits ils vont être
capables de mettre dans leur panier d'épicerie. Ça, c'est quotidien, c'est
beaucoup de gens, c'est une classe moyenne qui a l'impression de s'appauvrir et
ils ont besoin d'être représentés à l'Assemblée nationale, puis ça, c'est
Québec solidaire.
Ça fait qu'on va être debout à chaque fois
que le gouvernement va aller dans le sens de régler la crise de l'itinérance
avec de l'argent puis des sommes investies — pas juste des vœux
pieux — à chaque fois qu'il va aller dans le sens des demandes que
Québec solidaire fait, par exemple, sur le mode de scrutin ou sur le moratoire
sur les évictions, ou ne pas mettre du monde à la rue pendant l'hiver, à chaque
fois qu'il va aller dans le sens d'investir dans nos services publics, nous, on
va collaborer, on va être là, on va être présents, puis on va même le féliciter
s'il va dans le bon sens. Mais s'il va dans le sens contraire de la population,
bien, on va être là puis on va se tenir debout.
Le Modérateur
:
Prochaine question.
Journaliste : Oui, bonjour à tous.
Patrick Bellerose, Journal de Montréal. Je comprends que Québec
solidaire ne proposera pas de député pour devenir président de l'Assemblée.
Est-ce que vous pouvez expliquer pourquoi? J'imagine que vous voulez éviter de
perdre un vote au Parlement lors de votes serrés?
Mme Ghazal (Ruba) : Bien,
nous, on est dans un parti d'opposition, puis pour nous, ce qu'on veut, c'est
avoir des dossiers puis travailler pour les Québécois et Québécoises. Donc,
c'est comme ça, moi, ça... on ne nous a jamais offert ça, puis on a... ça ne
nous intéresse pas, là. Quand on va être au gouvernement, par exemple, oui, ça
va nous intéresser, bien sûr.
Des voix : ...
Journaliste : Sur la question
de ma collègue, juste... juste pour bien préciser, donc, je comprends que vous
n'entendez pas négocier votre appui si le gouvernement va dans le sens de votre
propre intérêt. Donc, il n'est pas question...
Mme Ghazal (Ruba) : Attendez,
vous parlez de quoi, maintenant, de la présidence encore?
Journaliste
: Non, non…
Mme Ghazal (Ruba) : Ah! OK,
OK, je… OK.
Journaliste : Pour revenir
dans le sens dela question de ma collègue.
Mme Ghazal
(Ruba) :
OK,
OK. Parfait.
Journaliste : Donc, vous
n'entendez pas... vous n'entendez pas négocier votre appui, si le gouvernement
va dans le bon sens, dans le fond, si le gouvernement s'en va dans le sens des
propositions que vous avez déjà faites dans le passé.
Mme Ghazal (Ruba) : Bien, ce
n'est pas «négocier», ça a l'air comme faire des choses, je... Nous, ce qu'on
fait, c'est : on a des propositions pour que les gens arrêtent de perdre
leur logement puis se retrouvent à la rue. On a des propositions pour que la
classe moyenne qui travaille fort arrête de s'appauvrir. On a des propositions
pour que les enfants en difficulté, bien, leurs parents qui n'ont pas assez
d'argent, bien, soient... on ne les prive pas d'avoir, par exemple, des
services, ou public, d'orthophonistes et une éducation de qualité.
Ça fait que nous, on va être là puis on va
travailler pour les Québécois et Québécoises. C'est ça, notre travail, c'est
pour ça que les gens nous ont élus, puis on va être à l'Assemblée nationale,
puis on va faire ce travail-là. Puis on a obtenu des gains dans le passé, même
face à un gouvernement majoritaire. Là, on a un gouvernement minoritaire. Moi,
je suis confiante, puis j'arrive en me disant qu'on va être capable de
convaincre les autres partis politiques pour réformer le mode de scrutin. Moi,
je suis confiante que ça va fonctionner, parce qu'on est bons, on est efficaces
puis on travaille toujours avec notre boussole, qui est le bien-être du Québec.
Donc, je suis confiante qu'on va réussir à obtenir des gains par le gros bon
sens, donner une voix à la population, puis faire en sorte que les gens ne se
retrouvent pas à la rue en pleine crise du logement puis de l'itinérance.
Journaliste : Bien, vous avez
un pouvoir que... vous avez un pouvoir que vous n'avez jamais eu dans le passé,
face à un gouvernement minoritaire. Donc, il n'est pas question pour vous, par
exemple, de bloquer un projet de loi en disant : Bien, on n'a pas obtenu
ce qu'on voulait pour la réforme du mode de scrutin ou pour l'itinérance, donc
on va bloquer tel projet de loi pour obtenir tel autre?
Mme Ghazal (Ruba) : Bien,
c'est... c'est parce que, là, on parle en théorie, là. Nous, on arrive. On
arrive puis on va faire notre travail de parlementaires. Après ça, est-ce qu'il
y a des discussions, des... Je veux dire, il n'y a rien sur la table, là. Ça
fait que, tu sais, je ne veux pas préjuger de ce qu'on va faire, de ce qu'on ne
va pas faire. Mais moi, je ne vois pas ça comme une négociation. Moi, ce que je
vois ça, c'est comme on va faire notre travail de parlementaires à l'Assemblée
nationale puis on va utiliser notre balance du pouvoir pour le bien-être des
Québécois et Québécoises. Puis on va y aller en fonction de ce qui est présenté
devant nous.
En ce moment, tout ce qu'on a, c'est une
volonté du gouvernement du PQ de faire une priorité de l'itinérance. Mais là,
moi, ce que je n'entends pas, c'est les sommes sonnantes et trébuchantes. Moi,
ce que je veux, c'est de l'argent qui soit investi pour ça. Puis on a des
propositions pour prévenir la crise de l'itinérance. Comment est-ce qu'on
prévient la crise de l'itinérance? En ne permettant pas à des locataires de se
retrouver à la rue en pleine crise du logement puis en ne permettant pas aussi
un moratoire... bien, en prolongeant le moratoire. Donc, on a des solutions,
travaillons ensemble.
Journaliste : ...une
clarification. Vous dites qu'il n'y a pas d'argent qui a été mis de l'avant,
mais le PQ a proposé 1 milliard par année, là, pour l'itinérance pendant
la campagne.
Mme Ghazal (Ruba) : Oui,
c'est... c'est dans la campagne. Mais, en ce moment... en ce moment, même
Soraya Martinez Ferrada, la mairesse de Montréal, elle a dit qu'elle a besoin
de cet argent-là. En ce moment, c'est quoi qui se passe? Ça va être quoi?
Qu'est-ce qui s'en vient concrètement, là, pour l'hiver? L'hiver, c'est demain
matin, ça fait que l'hiver n'attend pas après nous, là, puis nos travaux, puis
notre... notre calendrier parlementaire. L'hiver arrive. Il y a des gens qui
vont être encore plus... Tu sais, moi, je ne veux pas qu'on se retrouve... On
est à 12 000 personnes en situation d'itinérance, je ne veux pas
qu'on se retrouve avec 13 000, 14 000, 15 000. On a des
solutions pour contrer ça, puis il faut qu'il y ait de l'argent qui arrive.
Donc, j'invite rapidement le gouvernement à s'asseoir avec les maires et
mairesses, M. Bruno Marchand, qui en fait aussi une priorité, et Mme Soraya
Martinez Ferrada, un peu partout, avec les organismes communautaires. Tu sais,
moi, il n'y a pas longtemps, dans un organisme communautaire, dans mon comté,
il a fallu que je me batte puis que je parle avec le ministre de l'Itinérance
pour m'assurer qu'ils ne perdent pas leur financement de base. Ça fait que je
ne... on ne veut plus se retrouver là-dedans. On veut que tout le monde ait
l'argent suffisant pour pas que personne ne se retrouve à la rue puis qu'on
soit encore dans une crise humanitaire comme à chaque hiver.
Le Modérateur : Prochaine
question.
Journaliste : Bien,
justement, prolonger un moratoire comme ça sur les évictions... mesure
concrète.
Mme Ghazal (Ruba) : Oui, tout
à fait.
Journaliste : Si vous n'avez
pas gain de cause, est-ce que vous avez un recours? Est-ce que vous avez...
Mme Ghazal (Ruba) : Bien,
moi, les gens l'ont vu, là, tu sais, moi, je suis quelqu'un... Puis, tu sais,
notre slogan, c'était C'est possible. On est... Moi j'arrive avec c'est
possible de faire entendre raison et le gros bon sens au gouvernement, qui a
prolongé le moratoire alors qu'on est en pleine crise de l'itinérance et en
pleine crise du logement. C'est le gros bon sens et c'est bon pour la
population. Donc, moi, je suis confiante que juste avec ça, avec le... ce qu'on
amène, qu'on va réussi à obtenir gain de cause puis qu'on va réussir à
convaincre le gouvernement et même les autres partis politiques.
Le Modérateur : Prochaine
question.
Journaliste : Bonjour à tous.
Les dernières années ont quand même été tumultueuses pour Québec solidaire. Je
parle à... disons, dans la gestion interne. Là, vous avez un caucus renouvelé
en partie. Est-ce qu'il y a des processus qui ont été mis en place pour
peut-être éviter que ça se reproduise?
Mme Ghazal (Ruba) : C'est...
C'est... Dans toutes les bonnes familles, des fois, il y a des... des petites
chicanes qui arrivent, là, même dans des couples, dans... tout le monde. Et,
après ça, ça arrive dans toutes les bonnes familles, dans tous les bons partis.
Et, après ça, maintenant, aujourd'hui, c'est derrière nous. On est dans une
équipe expérimentée et renouvelée. Et moi, je suis confiante, là. Puis je le
vois, là, les... Que ce soit la population du Québec ou nos membres, nos
militants, tout le monde a beaucoup, beaucoup aimé la campagne positive,
constructive, propositionnelle qu'on a menée. Et ça, ça a amené comme un vent
de motivation encore plus grande pour continuer à faire avancer les idées du
seul parti progressiste à l'Assemblée nationale.
Journaliste : Mais vous
n'allez pas imposer une discipline, disons, plus ferme aux députés?
Mme Ghazal (Ruba) : Non. Ils
m'écoutent vraiment bien. J'ai juste à les regarder dans les yeux, puis ils
m'écoutent. Andrés! Mais vous savez comment on est. Je dis : On nous
écoute. Il y a aussi Sol, tu sais. On... Moi, je suis confiante que ça va très
bien aller. Puis je le sens. Pourquoi? Parce qu'on travaille pour le bien des
Québécois et Québécoises puis on a des solutions pour eux.
Journaliste : Merci.
Le Modérateur : Merci, tout
le monde. OK, oui, très rapidement, très rapidement.
Journaliste : Une dernière
petite question. C'est la première fois que... que vous vous retrouvez dans...
Québec solidaire, dans une situation de gouvernement minoritaire où vous avez
une balance du pouvoir. Est-ce que... Comment ça va fonctionner avec vos
instances internes? C'est quoi, la latitude de l'aile parlementaire pour...
pour donner des appuis qui peuvent être critiques à des projets de loi, un
budget, etc.? Est-ce que vous devez avoir... Comment ça fonctionne avec le
parti, disons, si je peux...
Mme Ghazal (Ruba) : Oui.
Bien... Bien, c'est les mêmes... le même fonctionnement habituel. Il n'y a rien
qui change à ce niveau-là, là. Vous lirez nos statuts. On a... Tu sais, on va
avoir un conseil national... je regarde mon ancienne présidente, un conseil
national, un congrès l'année prochaine, tout ça. Ça fait que ça va être la même
façon. On a toujours été un parti foncièrement démocratique où les membres
que... Sol et moi, on connaît quasiment tout le monde par cœur, là, ils ont
tous notre cellulaire... où il y a cette façon collégiale et démocratique de
travailler. Puis, ça, ça va continuer. Nos processus ne changent pas.
Le Modérateur : Merci, tout
le monde...
Journaliste
: ...
Le Modérateur : Il va falloir
qu'on aille travailler après. Je suis désolé.
Journaliste : ...Là-dessus,
en fait, c'est juste une petite curiosité par rapport à : Est-ce que...
Parce qu'un gouvernement minoritaire ça peut aller très vite aussi, est-ce
qu'il y a...
Mme Ghazal (Ruba) : Ça
peut être quoi?
Journaliste
: Un
gouvernement minoritaire ça peut aller très vite, je veux dire, dans le sens
où...
Mme Ghazal (Ruba) : Oui,
oui, oui.
Journaliste
:
...beaucoup plus vite que le rythme normal. Le fait que vous soyez des
porte-parole, est-ce qu'il y a une manière d'être peut-être plus réactifs tout
en ayant vos militants derrière vous dans la manière de travailler?
Mme Ghazal (Ruba) : Bien,
sérieusement, je veux dire, il faudrait... Moi, je suis porte-parole avec Sol,
Sol est arrivé plus tard, tu sais, depuis... je ne m'en rappelle plus, là,
novembre 2024, puis, je veux dire, s'il y a des gens qui sont réactifs... tu
sais, on l'est, là. On a réussi à obtenir des gains, la loi Gabie Renaud, plein
de choses. On a réussi à faire avancer beaucoup, beaucoup de choses pour les
gens, pour les Québécois et Québécoises, puis les membres sont là, et nos
processus sont pareils.
La plateforme que j'ai présentée, qu'on a
présentée pendant 40 jours pendant la campagne électorale, ce n'est pas
moi qui l'ai écrite dans mon bureau, là, ça a été dans... lors d'un congrès en
mai, où c'est... Vous avez assisté, là, au débat ouvert, on est d'accord, on
n'est pas d'accord, et tout ça. On est sortis de là unis, avec une plateforme
où on disait, par exemple, de taxer les grandes fortunes. Puis, ça, c'est les
membres qui l'ont amené de l'avant. Puis ça a été une des propositions dont on
m'a parlé le plus. Puis on a fait avancer les choses, là, pendant cette
campagne électorale.
Ça fait que les choses ne changent pas,
qu'on soit minoritaires, majoritaires. On continue à faire notre travail, avec
notre parti, avec les Québécois, avec notre aile parlementaire.
Le Modérateur
: Merci,
tout le monde.
(Fin à 14 h 09)