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Point de presse de Mme Ruba Ghazal, députée de Mercier, et M. Sol Zanetti, député de Jean-Lesage

Version préliminaire

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mardi 20 octobre 2026, 15 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement


 

15 h 15 (version non révisée)

(Quinze heures seize minutes)

Ruba Ghazal (Mercier) : Alors, bonjour, tout le monde. On vient de vivre un moment très, très émouvant. Toute la gang de Québec solidaire, on vient d'être assermentés, et je suis extrêmement contente et fière de nous. Et je suis aussi très fière d'être aux côtés de nos officiers et officières, qui ont commencé, qui ont été nommés aujourd'hui, donc notre leader, Alexandre, notre leader adjoint, Etienne, et notre whip à Québec solidaire, nous, on l'appelle la whipette, parce qu'on aime ça féminiser, Stéphanie Vachon. Je suis vraiment très contente, on va faire du bon travail, efficace, comme on l'a toujours fait à Québec solidaire, à l'Assemblée nationale.

Donc, le travail continue. Parmi les dossiers urgents, en ce moment, il y a la crise de l'itinérance, la crise que j'appelle la crise humanitaire de l'itinérance. Vous l'avez vu probablement, il y avait un dossier dans  LaPresse, avec des photos. Ça se passe dans Hochelaga-Maisonneuve, avec le campement de Notre-Dame. On parle de cohabitation de gens qui vivent dans la rue, carrément. C'est vraiment un dossier troublant, puis ce n'est pas le premier, et ce ne sera pas le dernier. Si on ne fait rien puis si on n'agit pas rapidement, eh bien, la crise ne va faire que s'empirer encore plus. Et c'est totalement inacceptable que ça existe dans une société riche comme le Québec, et on doit agir de façon urgente.

Là, il commence à faire de plus en plus froid, l'hiver est à nos portes, et, comme à chaque année depuis longtemps, on attend toujours à la dernière... même pas minute, à la dernière seconde pour confirmer des soutiens financiers nécessaires pour éviter que des êtres humains, des Québécois et Québécoises dorment dans la rue quand il fait moins 20° dehors ou quand il neige. Ça n'a juste pas de bon sens. Aucune personne sensée ne trouve ça normal de laisser du monde dormir dehors, à des températures invivables. La crise de l'itinérance... C'est l'hiver. Bien, ils n'attendront pas nos travaux parlementaires, ils n'attendront pas qu'on s'entende entre nous ni notre calendrier parlementaire. Les personnes qui dorment dans les entrées de commerces, dans les bancs de parc, dans leur voiture, dans le métro et des campements ont besoin qu'on agisse le plus vite possible.

Et moi, ce qui me rassure, c'est que le nouveau premier ministre du Québec a indiqué vouloir faire de l'itinérance une affaire personnelle. Bien, tant mieux, on répond : Tant mieux. Le Conseil des ministres va être nommé demain, et on va... nous saurons déjà s'il va tenir parole sur l'itinérance. On leur ont tous... on va tous l'avoir pris au mot, parce qu'il a mis en place aussi un objectif de réduire l'itinérance de 50 %, donc ça va prendre des moyens immenses, énormes. Donc, aujourd'hui, à Québec solidaire, on réclame dès maintenant au nouveau premier ministre du Québec de débloquer sans délai les fonds nécessaires aux mesures d'urgence. Ni les personnes à la rue, ni les villes et les municipalités, ni les organismes communautaires ne peuvent attendre la prochaine mise à jour budgétaire. C'est une question de dignité, de santé et de sécurité publique. En agissant dès maintenant, bien, on peut sauver des vies. Alors, je laisse la parole à mon co-porte-parole, Sol Zanetti.

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : Merci, Ruba. Je suis également très fier d'avoir été assermenté aujourd'hui avec un caucus aussi formidable. C'est vraiment une grande joie de penser qu'on va travailler ensemble pendant les prochaines années. Et il y a beaucoup de travail qui nous attend au parlement, dont celui de porter les revendications du milieu communautaire pour mettre fin à la crise de l'itinérance. Moi, à chaque fois que je viens à l'Assemblée nationale, à pied, en vélo, bien, je prends la rue du Pont, puis je passe devant Lauberivière, au carré Lépine, et il y a énormément de monde dans la rue. Je peux vous dire que ça me rappelle l'urgence d'agir et de notre mission ici, comme parlementaires, de régler cette crise humanitaire là. Comme l'a dit Ruba, l'hiver n'attendra pas la mise à jour budgétaire, il faut agir de toute urgence.

Chaque année, là, sous la CAQ, il y avait un soutien financier qui arrivait à minuit moins une, malgré les cris du cœur des organismes communautaires, des maires et des mairesses. C'est toujours à la dernière seconde, toujours à la dernière minute. Ça suffit, les suspens inutiles et inhumains. Les gens qui dorment dans la rue ont besoin d'aide du gouvernement tout de suite, fini le suspens. Ils ont besoin de savoir...


 
 

15 h 20 (version non révisée)

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : ...s'ils vont avoir une solution pour dormir au chaud cet hiver. Ça me brise le cœur de penser qu'il y a du monde qui vivent dans cette incertitude-là. Vendredi dernier, il y avait pas mal de monde à la Nuit des sans-abri à Québec, dans Saint-Roch, à Beauport. Le monde du communautaire, là, ils ont du cœur comme ça ne se peut pas, mais ils sont à bout. Il ne faut pas les prendre pour acquis. Ils sont à bout, puis ils ont besoin de ressources, ça presse.

Alors, moi aussi, je prends le nouveau premier ministre au mot, et j'espère qu'il va tenir parole. Pour faire de la lutte de l'itinérance... à l'itinérance une priorité nationale, il faut agir de toute urgence et il faut aussi rapidement agir en prévention. Ça va prendre des actions claires et rapides pour offrir des logements sociaux et communautaires et des services durables pour la sortie de crise. Sinon, là, le monde ne sera pas capable de sortir de la rue. Puis les rues vont continuer de se remplir. Pour reprendre des termes que j'ai entendus vendredi soir dernier pendant la Nuit des sans-abri, le robinet, il est ouvert à fond, en ce moment.

Je m'attends à ce que le premier ministre débloque d'abord et avant tout les fonds nécessaires réclamés par les villes et par le milieu communautaire pour les soutenir dans leurs missions. Ils savent ce dont ils ont besoin, il faut les écouter. Merci.

Le Modérateur : Merci, M. Zanetti. Merci, Mme Ghazal. On va maintenant prendre vos questions. Comme on est beaucoup, j'aimerais que vous vous en teniez à une question, une sous-question, s'il vous plaît.

Journaliste : Bonjour. Mme Ghazal, juste une petite précision, là. Vous avez fait un appel à la jeunesse, est-ce que c'est un appel à manifester comme il se passe actuellement en France?

Ruba Ghazal (Mercier) : C'est un appel... Moi, j'ai... Pendant la campagne et même avant, là, je rencontre beaucoup de jeunes. Il y a des jeunes qui me disent : Moi, je ne parle plus de la crise de l'environnement alors que c'est une crise qui me fait vraiment peur. Il y a des jeunes qui me disent : Moi, dans mon école, je veux dire, il n'y a pas... je n'ai pas accès à des projets particuliers intéressants, j'ai des difficultés dans les écoles, je n'ai pas accès à des professionnels. Donc, c'est plus un appel à l'espoir.

Puis ce qui se passe ailleurs dans le monde, bien, c'est important ici que ça nous alerte, parce que ce que les jeunes... ce qu'ils font, là, les manifestations... Pas juste en France, là, ça se fait ailleurs, j'ai parlé de la des manifestations aussi en Espagne, en Italie, dans d'autres pays. Il y a une colère chez les jeunes puis, ici, ça doit nous alerter parce que c'est important de les écouter.

Journaliste : Mais est-ce que c'est un appel au calme ou c'est un appel à dénoncer?

Ruba Ghazal (Mercier) : C'est un appel à investir puis c'est un appel à s'assurer que... de notre école publique, là, bien, qu'elle ne continue pas à tomber en ruine puis qu'on investisse puis qu'il n'y ait pas des coupures puis de l'austérité dans notre système d'éducation. Je ne sais pas si tu veux ajouter des choses?

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : Non, c'est parfait.

Ruba Ghazal (Mercier) : C'est parfait.

Le Modérateur : Une question?

Journaliste : D'abord, qu'est-ce que vous espérez, exactement, de la part de Paul St-Pierre Plamondon en termes d'itinérance? Est-ce que, par exemple, un ministre responsable de l'itinérance, ce serait déjà un bon... un bon pas en avant?

Ruba Ghazal (Mercier) : Bien, nous, on a proposé qu'il y ait un super ministre qui va avoir l'oreille du premier ministre. Et là, Paul St-Pierre Plamondon a dit que, lui, il en fait une affaire personnelle, puis il veut devenir le premier ministre de l'Itinérance ou, lui-même, le premier ministre et le super ministre de l'Itinérance. Et moi ce que je réponds, c'est tant mieux. C'est une bonne chose. Donc, on va être d'accord, on va pouvoir travailler ensemble.

Maintenant, Sol a parlé qu'il était à la Nuit des sans-abri, ici, à Québec. Nous, on a été plusieurs députés, Stéphanie, elle y a été, à Sherbrooke. On a été quatre, cinq députés à la Nuit des sans-abri à Montréal, puis ce qu'on entend, puis j'ai parlé aussi avec des maires et mairesses, ce qu'ils nous disent, c'est qu'on a besoin de l'argent maintenant. Ce n'est pas juste des promesses d'investissement qui vont venir plus tard ou qu'il faut attendre qu'on siège. C'est maintenant, aujourd'hui, il faut que l'argent sonnant et trébuchant arrive. Il y a des organismes communautaires qui s'empêchent d'embaucher parce qu'ils ne savent pas s'ils vont être capables d'embaucher. Ils ne savent pas, ça fait qu'ils attendent. Mais là, on ne peut pas attendre quand l'hiver est à nos portes puis qu'il faut ouvrir des haltes-chaleurs 24/7, il faut le faire rapidement.

Je vous donne un exemple, là. Tu sais, moi, ce que je demande au premier ministre, c'est s'il trouve que c'est important, de... demain, il va nommer son Conseil des ministres, donc il va se nommer responsable comme ministre de l'Itinérance, bien qu'il annonce, dès demain, le montant qu'il va investir. J'ose croire que depuis les derniers jours, il a parlé avec les maires et mairesses, il a parlé avec les organismes communautaires pour savoir combien ils ont d'argent. Je vous donne juste un exemple, là, à Montréal, moi, ce qu'on me dit, c'est 20 millions de dollars tout de suite, maintenant, qui doit descendre. Ça, c'est juste à Montréal pour nous assurer d'avoir les mesures d'urgence comme les haltes-chaleurs et autres choses.

Journaliste : Mais dans... Pour ce qui est de demain, le fait que Mme Jeannotte ne soit pas présente à la... bon, à l'assermentation des ministres, qu'est ce que vous en pensez? Qu'est ce que... Est-ce que c'est quelque chose qui arrive un peu tard, finalement, qui aurait pu être fait avant, dans le fond?

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : Ah! bien, nous, on est bien d'accord avec ça. Notre position, nous, c'est que le Québec ne devrait pas financer des institutions monarchiques. Donc, on propose de retirer cet argent-là du Québec à toute l'institution de la Lieutenante-gouverneure pour que ce soit investi à des choses utiles. Et... Voilà, donc les démarches qui sont faites en ce sens là, on les trouve bonnes, puis on est bien d'accord. Éventuellement on va s'affranchir de la monarchie avec l'indépendance, puis le plus on peut cheminer vers là...


 
 

15 h 25 (version non révisée)

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : ...cheminer vers, le mieux c'est.

Journaliste : ...qu'on mette de l'argent sur l'itinérance, ce qu'on a promis du côté du PQ, en fait, que cet argent-là va aller à l'itinérance.

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : Oui, c'est ça. Bien, c'est quand même... va falloir pas mal, pas mal, pas mal plus d'argent que ça, là, parce qu'on parle de peut-être 700 000 $, là. Donc, non, allons... on va augmenter beaucoup l'argent, là, pour l'itinérance, oui.

Le Modérateur : Prochaine question.

Journaliste : Bonjour. Vous faites des demandes sur, bon, l'itinérance, par exemple, où, dans votre discours, vous avez parlé des taxes, de taxer les plus riches. Donc, vous avez des demandes auprès du gouvernement qui est minoritaire, mais sur quel sujet Québec solidaire est prêt à faire des compromis en échange, là?

Ruba Ghazal (Mercier) : Bien, par exemple, pour la demande qu'on fait aujourd'hui, moi, j'ai confiance qu'on va convaincre le gouvernement de sortir l'argent rapidement. L'argent nécessaire est suffisant pour que tout le monde qui est dans la rue puisse avoir un endroit où loger de façon temporaire. Puis évidemment, l'objectif, c'est de financer encore plus. Ce qu'on demande, c'est une mesure urgente, parce que l'hiver est là, là, il est à nos portes puis on ne peut pas... ça serait totalement inacceptable. Puis, moi, je ne nous le pardonnerais pas collectivement, qu'il y ait des morts dans la rue comme il y en a eu parce qu'il y a des gens qui dorment dans la rue.

Ça fait que, là, maintenant, la demande, c'est de sortir l'argent tout de suite, dès demain, là, de ne pas attendre la mise à jour budgétaire, de ne pas attendre de parler avec les autres partis. C'est consensuel, qu'on ne veut plus que des gens dorment dans la rue. Bien là, en ce moment, nous, on se fait le porte-voix des organismes communautaires, des maires et mairesses qui disent : Bien, on n'a pas les ressources, là. C'est maintenant qu'on a besoin de cet argent-là, c'est urgent.

Mais, moi, j'ai confiance, à cause de... du fait que le premier ministre a dit que c'est une priorité personnelle. J'ai confiance qu'on va réussir à le convaincre qu'on n'a pas besoin de faire de compromis ou de discussion, parce que c'est le gros bon sens.

Journaliste : Est-ce que Québec solidaire est capable de faire des compromis?

Ruba Ghazal (Mercier) : Dans l'absolu, oui, bien sûr, bien sûr. On est capables de discuter. On a réussi à avoir des gains, on a réussi face à un gouvernement de la CAQ qui ne pensait même pas qu'il y avait une crise du logement à faire des gains pour les locataires. Ça fait que, ça, ça veut dire qu'on est capables de travailler pour les gens, pour la population.

Journaliste : Parce que vous dites que vous voulez faire une opposition constructive. Qu'est-ce que ça veut dire, pour vous, une opposition constructive?

Ruba Ghazal (Mercier) : Oui. Bien, c'est de faire des propositions que... qui sont du gros bon sens, que des êtres humains ne dorment pas dans la rue. Une autre proposition aussi, c'est de prévenir l'itinérance, parce que n'importe qui qui est sérieux dans la lutte à l'itinérance doit aussi s'attaquer avec des mesures fortes sur la crise du logement. Et on a une autre mesure très constructive qui coûte 0 $ à l'État, qui est celle d'interdire les évictions pour les locataires pendant l'hiver. C'est aussi du gros bon sens.

Le Modérateur : Prochaine question.

Journaliste : Bonjour, Mme Ghazal. Je vous ramène à votre expression de garde partagée de cette balance du pouvoir. Ça fait déjà deux semaines, donc est-ce que déjà... je sais qu'il n'y a pas des discussions formelles, mais est-ce que déjà vous avez des indications de quel côté penche davantage cette balance-là du... de la part du gouvernement?

Ruba Ghazal (Mercier) : À date, non. Moi, je... Ce que j'ai entendu de la part du... de Paul St-Pierre Plamondon, c'est qu'il trouve des bonnes idées chez tout le monde, tous les partis, donc notamment Québec solidaire, puis qu'il a envie qu'on travaille en collaboration, parce que c'est le mandat qu'on a reçu collectivement de la population, et on est d'accord avec ça.

Donc, on vient de faire une proposition. Demain, si l'itinérance, c'est une priorité pour lui puis qu'il veut la réduire de 50 % — c'est ça qu'il a proposé, c'est sa cible, c'est énorme — donc, ça prend des mesures fortes. Donc, demain, je m'attends à ce qu'il y ait des montants pour les organismes communautaires, pour les municipalités, pour qu'elles puissent agir pour que personne ne soit dehors alors qu'il fait -20 °C.

Journaliste : Sur ces fonds d'urgence, justement, M. Zanetti disait qu'à chaque automne on se retrouve devant le même problème. Donc, tant qu'à demander un déblocage cette année, demandez-vous à ce que ce soit pérennisé?

Ruba Ghazal (Mercier) : Bien, en fait, ça, c'est des mesures d'urgence. Les meilleures mesures, c'est de prévenir l'itinérance pour que plus aucune personne ne se retrouve dans une situation où elle est obligée de se retrouver à la rue. Donc, ce que ça prend, moi, ce que j'aimerais, c'est que les mesures d'urgence, par exemple, à Montréal, le 20 millions — mais là il faut qu'il parle avec tout le monde, là, pour s'assurer que c'est ça, le montant, c'est le montant que, moi, j'ai entendu, à Québec, c'est autre chose, ailleurs, c'est autre chose — donc qu'il soit débloqué puis que ça soit la dernière fois. Pourquoi? Parce que l'investissement qui est meilleur, c'est dans les logements sociaux et communautaires que les gens sont capables de se payer. C'est le moratoire, c'est-à-dire que c'est d'interdire les évictions des locataires pendant l'hiver. Si on fait juste ça, là, d'interdire le fait que des gens puissent perdre leur logement en plein hiver, on vient déjà de prévenir aussi l'itinérance. Puis on en a plein, là, de propositions.

Les villes, là, tu sais, moi, j'ai parlé avec la mairesse de Montréal, Soraya... voyons! Martinez Ferrada, excusez-moi, donc... C'est parce que je l'appelle souvent Soraya. Ça fait que j'ai parlé avec elle, puis, elle, ce qu'elle dit, c'est que oui on a besoin de mesures d'urgence. C'est maintenant, là, c'est demain qu'il faut que ça...


 
 

15 h 30 (version non révisée)

Ruba Ghazal (Mercier) : ...ça arrive. Mais, ce qu'on peut faire, c'est avoir des logements puis investir un 50 millions pour sortir 500 unités chaque année, là. Ça, on vient de rentrer dans notre argent. Puis on n'a plus besoin de mesures d'urgence, là, parce que les gens vont avoir un toit pour vivre dans la dignité.

Journaliste : Merci.

Journaliste : ...on m'entend?

Ruba Ghazal (Mercier) : Oui.

Journaliste : Oui. Voilà. Vous en avez parlé durant votre discours, des manifestations en France, je voulais juste revenir un petit peu là-dessus. Est-ce que vous craignez que le vent de droite qui vient d'arriver au Québec, comme vous l'avez nommé dans votre discours également, puisse amener ce genre de manifestations ici, entraîner ça? Quel rôle ça pourrait avoir, ce vent... ce vent de droite, dans ce genre de manifestations?

Ruba Ghazal (Mercier) : Au Québec, on a des services publics, on a l'école publique québécoise, qui est une grande richesse. Quand... Quand, dans une société, l'éducation va, tout va. Et malheureusement, au travers des dernières années, il y a eu des coupures, il y a eu de l'austérité dans nos écoles publiques. Et il y a des élèves, des enfants qui sont plus chanceux que d'autres. S'ils naissent dans une famille riche, bien, ils peuvent accéder à une meilleure éducation que d'autres enfants du Québec, qui, s'ils naissent dans une famille moins riche, moins fortunée ou s'ils ont des difficultés à l'école, bien, ils ont moins de services. Moi, je trouve ça... C'est un bris total de ce qu'on a bâti au Québec. Et, ce que ça prend, c'est une société égalitaire. Puis ça, ça permet d'avoir une société aussi paisible et pacifiée. Puis c'est une richesse, ça, au Québec. Ça fait que moi, j'ai confiance.

Ce que j'aimerais, c'est qu'on ne coupe pas puis qu'on ne fasse pas payer les enfants du Québec en continuant à désinvestir dans notre système d'éducation puis qu'on investisse pour qu'il y ait des professionnels dans nos écoles pour s'occuper des élèves en difficulté, qu'il y ait des profs avec des bonnes conditions de travail pour enseigner, qu'on n'accepte pas qu'il y ait des rongeurs dans nos écoles ou que le toit coule, donc de donner de l'amour à nos écoles puis à notre système d'éducation public. Puis ça, c'est entre nos mains. C'est un choix politique qu'on peut faire dès maintenant et... de ne pas couper. Ça fait que c'est... c'est ce que Québec solidaire va défendre.

Journaliste : Dans ces manifestations-là, il y a un mouvement de gauche qui est derrière, et on a vu plusieurs groupes derrière ces manifestations-là, pas seulement les étudiants. Qu'est-ce que vous en pensez, des manifestations qu'on a vues samedi?

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : Samedi où?

Journaliste : ...France, le 17 octobre.

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : En France. Je comprends. Il faut regarder d'où ces choses-là partent. Je pense que tout ça a commencé avec un plafond d'une école qui s'est effondré sur un enfant, là, ou quelque chose comme ça. L'année passée, ici, là, il y a un plafond dans une école qui s'est effondré, qui n'a pas blessé personne. Puis, en ce moment, dans mon quartier, il y a une école qu'il a fallu qu'ils déménagent tout le monde parce que, bien, elle était dangereuse aussi. Alors, moi, ce qui me préoccupe, c'est... c'est ça, en fait. C'est l'état de nos services publics, l'état de nos infrastructures puis les conséquences de l'austérité. Et je pense que ce dont on devrait discuter le plus et ce qui devrait occuper nos débats à l'Assemblée nationale, c'est ça, financer les services publics pour être sûrs que les toits ne tombent pas sur la tête des étudiants.

Journaliste : Bien, elle était quand même légitime, la question. Sur la manière, donc, est-ce que la manière dont certaines manifestations ont été faites en France, c'est la bonne manière de faire?

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : Je pense que ce qu'il faut regarder ici, là... Nous autres, notre travail de parlementaire, c'est de regarder c'est quoi, la bonne manière de gouverner. Puis, la bonne manière de gouverner, c'est de ne pas faire d'austérité. Puis c'est cette voie-là qu'on va défendre à l'Assemblée.

Journaliste : ...pour faire du pouce aussi là-dessus, sur ces questions-là, mais vous voyez d'un bon œil que les... que les jeunes manifestent en Europe, en France?

Ruba Ghazal (Mercier) : Bien... Bien, les jeunes qui manifestent, qui sortent dans la rue, c'est un exercice démocratique. C'est important. Maintenant, pour prévenir... On ne veut pas que la même chose arrive. Pour prévenir les violences dans notre société, il faut investir.

Journaliste : ...a vu... Oui. Mais ce qu'on a vu en France, vous voyez ça d'un bon œil?

Ruba Ghazal (Mercier) : Bien, c'est-à-dire qu'il y a des jeunes qui sortent dans la rue puis qui veulent puis qui réclament une éducation de qualité pour tout le monde. Même des jeunes lycéens qui sont dans des écoles privées ont embarqué dans le mouvement. Il y a aussi les gilets jaunes, il y a des agriculteurs, tout le monde qui dit : Bien, il y a une inégalité de richesse. Puis, que les gens sortent dans la rue puis s'expriment, ça, c'est une bonne chose dans une société démocratique. Mais, l'objectif ici, pour ne pas qu'on se rende là, c'est de nous-mêmes... de protéger nos... notre... notre modèle québécois, qui a été si malmené, puis d'investir dans nos écoles.

Et, cette colère-là, elle est compréhensible. Mais, ce qu'il faut puis ce dont on doit discuter pour prévenir les violences, c'est d'augmenter l'égalité des chances entre tout le monde. C'est ça qui est notre force. C'est ça, notre richesse, c'est ça, notre actif collectif. Et nous, on va être les gardiens et les gardiennes de cet actif collectif là. Puis c'est ça, la raison pour laquelle on est dans une société paisible au Québec. Mais on ne veut pas que ça disparaisse. On veut protéger ça.

Journaliste : Comment interprétez-vous les résultats du référendum en Alberta? Est-ce qu'il y a des parallèles à dresser avec...


 
 

15 h 35 (version non révisée)

Journaliste : ...le Québec?

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : Bien, d'abord, la situation albertaine puis les Albertains, c'est très différent de la situation québécoise des Québécoises et Québécois. C'est des motivations de groupes indépendantistes très différents, des contextes super différents. Donc, c'est difficile de faire des comparaisons. Moi, ce que je vois, c'est qu'il y a eu plusieurs questions référendaires qui ont été gagnées en Alberta, désirant une plus grande autonomie, et ce que ça démontre pour moi, c'est que la question de qui décide de quoi, et de la décentralisation des pouvoirs est un sujet d'actualité dans le Canada.

Nous, à Québec solidaire, notre conclusion de tout ça, c'est qu'il faut être un pays, un pays libre qui peut certainement faire des accords commerciaux avec le Canada, des partenariats de toutes sortes, mais tout le temps des partenariats qui sont libres. Et cette idée-là, nous, on va continuer de se battre pour ça parce qu'on voit que c'est ce dont nous avons besoin, notamment pour réaliser la transition écologique et éviter que des pipelines nous passent dessus et qu'on soit capables de donner un avenir puis un bel environnement aux générations futures.

Journaliste : Mme Ghazal, juste en terminant. Mme Ghazal, vous êtes arrivée avant la cérémonie avec... Vous avez pris le foulard, le... de Manon Massé, vous l'avez brandi, alors, pouvez-vous expliquer votre geste?

Ruba Ghazal (Mercier) : Bien, moi, je suis d'origine palestinienne, je suis née au Liban dans une famille de réfugiés palestiniens, j'ai vécu aux Émirats arabes unis dans un pays qui n'était pas le mien, donc on a toujours été apatrides, puis mes parents ont décidé, quand j'avais 10 ans, de venir ici au Québec. On est venus, mes sœurs, mon frère et toute ma famille ici parce qu'il y a la paix, parce qu'il y a l'éducation publique, parce qu'il y a tout ça. Et c'est sûr et certain que moi, je sais que je suis chanceuse, puis nous, on est arrivés au mois de juillet, puis à chaque mois de juillet depuis presque 40 ans, je dis à mes parents : Merci de nous avoir amenés ici.

Puis, quand je vois les jeunes Palestiniens, que ce soit à Gaza ou ailleurs, qui souffrent, qu'il y en a qui meurent, je me dis, ça aurait pu être moi. Et moi, je suis chanceuse parce qu'on a une société pacifiste. Et donc c'est sûr que je suis 100 % québécoise, 100 % palestinienne, j'ai deux nations, pas de pays, je veux avoir mon pays du Québec et la Palestine sera toujours dans mon cœur.

Le Modérateur : Prochaine question.

Journaliste : Oui. Concernant l'itinérance, vous avez donné votre appui il y a quelques mois à la tenue du fameux sommet, là, sur l'itinérance. Sauf que ce sommet-là doit avoir lieu au printemps, puis là, vous réclamez des actions tout de suite.

Ruba Ghazal (Mercier) : Oui.

Journaliste : Ça ne va pas un peu à l'encontre de la logique du sommet qui consiste à se réunir, à faire le point puis ensuite à déterminer là où on va mettre des investissements?

Ruba Ghazal (Mercier) : Oui. La tenue d'un sommet, ça fait consensus à l'Assemblée nationale, les 127 députés sont d'accord avec ça, et c'est une bonne chose. Nous, on l'a appuyé, puis on veut qu'il ait lieu, puis on va y participer activement. Maintenant, dans le sommet, ce n'est pas pour découvrir tout d'un coup de nouvelles solutions, parce que les solutions, on les connaît, elles sont connues, les municipalités, les villes en parlent souvent et aussi les organismes communautaires, ils sont sur le terrain. Le sommet va permettre d'avoir une vision, peut-être de se mettre d'accord tout le monde ensemble, puis d'agir, puis d'être dans l'action, puis d'agir pour prévenir l'itinérance pour que plus jamais on ne soit dans une situation d'urgence à chaque fois en se disant : Mon Dieu, qu'est-ce qu'on va faire? C'est pour prévenir puis avoir des actions de prévention pour mettre fin à l'itinérance une fois pour toutes.

Nous, ce qu'on demande aujourd'hui pour M. Paul St-Pierre Plamondon, c'est de dire, là, demain, là, c'est quoi les engagements financiers, puis que l'argent descende rapidement dans les organismes, dans les villes pour qu'elles puissent se mettre en action, qu'elles embauchent les intervenants, qu'elles ouvrent les haltes chaleur, qu'elles aient du monde pour que ce soit ouvert 24/7 et d'autres mesures d'urgence, parce que là, en ce moment, elles ne peuvent pas toutes agir. Tu sais, elles le font, mais pas... elles n'en ont pas assez.

Ça fait que c'est tout de suite dans l'urgence urgente, où est-ce que l'hiver est à nos portes puis il fait déjà froid, de faire en sorte que personne ne dorme dehors maintenant.

Journaliste : Sinon, concernant la nomination de Pascal Paradis, il y a des élus conservateurs qui ont dénoncé hier ce qu'ils considèrent comme des... Ils disent que c'est comme des nominations partisanes. Est-ce que c'est une lecture que vous partagez puis est-ce que vous, vous êtes à l'aise avec cette nomination-là?

Ruba Ghazal (Mercier) : C'est une nomination partisane, absolument, parce que M. Pascal Paradis, là, au-delà de ses compétences et tout ça, c'est quand même un ex-député du Parti québécois, et le premier ministre a décidé de le garder dans son équipe en créant... je pense que c'est un nouveau poste qu'il a créé, ça fait que oui. Après ça, moi, je me rappelle que Paul St-Pierre Plamondon a souvent dénoncé, lui, M. Bérubé aussi et d'autres députés péquistes ont souvent dénoncé les nominations partisanes, maintenant ils font la même chose. Est-ce que... Est-ce qu'on est mal à l'aise avec ça? C'est une nomination partisane. Vous demanderez à...


 
 

15 h 40 (version non révisée)

Ruba Ghazal (Mercier) : ...M. Paul St-Pierre Plamondon s'il est à l'aise avec ça ou pas. Mais, dans mon... dans mon sens à moi, c'est... c'est la définition d'une nomination partisane.

Le Modérateur : Prochaine question.

Journaliste : Bonjour. Je veux revenir sur les manifs en France, juste pour être certain de bien comprendre, là. Vous dites : Les manifs, c'est un exercice démocratique. Que les gens sortent dans la rue, c'est une bonne chose. Il y a quand même eu des excès, là, des... il y a des violences, là. Par exemple, en quoi, par exemple, incendier la mairie de Limoges est un geste démocratique? En quoi, par exemple, piller des commerces à Marseille est un geste démocratique? En quoi défoncer des centaines de vitrines à Paris est un geste démocratique? Est-ce que vous cautionnez ces gestes-là?

Ruba Ghazal (Mercier) : Bien sûr que non. Nous, ce qu'on veut c'est que... c'est prévenir ça. Puis... Puis on l'a vu aussi même aux États-Unis, je veux dire, il y a un climat social qui est très, très dur. Pourquoi? Parce qu'il y a une inégalité des chances de tout le monde. Il y a des gens plus riches, il y a des gens plus pauvres, puis la société souffre, puis la jeunesse demande d'avoir une éducation de qualité, une éducation où est-ce que le toit ne tombe pas sur la tête d'un enfant et ne le blesse pas. C'est la moindre des choses. Et ça, c'est sain. De demander ça, c'est sain.

Et, au Québec, on doit voir ça en se disant : Bien, nous, on veut prévenir de se retrouver dans cette situation-là puis protéger ce qu'on a de plus précieux, c'est-à-dire notre éducation publique de qualité et gratuite. Et on le voit, là, dans les écoles en ce moment au Québec, à cause du sous-investissement chronique dans notre système d'éducation, bien, notre école publique est mise à mal. Il manque des professionnels dans nos écoles publiques pour prendre soin des enfants qui ont des difficultés. Moi, il y a des parents qui disent : Bien, moi, je n'ai pas l'argent pour sortir ma carte de crédit puis aller au privé pour donner des... un orthopédagogue, par exemple, pour mon enfant qui a une difficulté. Normalement, on paie assez d'impôt pour pouvoir avoir accès à ces services-là.

Ça fait que, si on veut prévenir ça, ce qui se passe en France, bien, il faut qu'on protège notre grande richesse, qui est notre système d'éducation, donner de l'espoir à nos jeunes, peu importe le milieu dans lequel ils vivent. Moi, si je suis ici devant vous, comme tous nos autres ici, c'est grâce à l'école publique québécoise, puis je veux que ça continue. Donc, pour ça, il faut qu'on investisse. Et là, si on regarde ce qui a été présenté dans le cadre financier du Parti québécois, on s'en va vers l'austérité. Bien, nous, on va être les gardiens puis on va être un rempart contre les coupes dans notre système d'éducation, parce que ce n'est pas vrai que c'est les jeunes qui vont payer le prix de l'austérité dans nos écoles publiques.

Journaliste : Mais, si je comprends bien, ce que vous dites au gouvernement, c'est : Regardez ce qui se passe en France, puis, si vous maintenez votre volonté d'austérité, comme vous dites, on va se retrouver dans cette situation-là?

Ruba Ghazal (Mercier) : Ce n'est pas... Ce n'est pas aussi garanti comme ça, ça ne se passe pas comme ça, la vie, là. Nous, ce qu'on veut, c'est dire : Là-bas, là, les jeunes, là, la première cause, là, pourquoi il y a eu ce soulèvement-là... parce qu'il y a un toit qui est tombé sur la tête d'un enfant pendant qu'il étudiait. Mettez-vous à la place de ses parents. Ce n'est pas normal de se retrouver comme ça dans cette situation-là. Puis, si cette situation-là est arrivée, ce n'est pas parce que c'était une nouveauté, là, puis qu'on investissait, c'est parce que c'est de... désinvestissement chronique. On se retrouve dans la même situation. Nous, on va être les gardiens de notre système d'éducation publique. C'est notre plus grande richesse. C'est comme ça qu'on crée de la richesse au Québec. Ça fait qu'on veut qu'il investit.

Journaliste : ...sont une conséquence nécessaire, c'est ça?

Ruba Ghazal (Mercier) : Entre autres. Non. Comment? Qu'est-ce que vous avez dit?

Journaliste : Les violences qu'on voit en France sont une conséquence nécessaire.

Ruba Ghazal (Mercier) : Non, ce n'est pas ça que j'ai dit. Non, ce n'est pas ça que j'ai.

Le Modérateur : Prochaine question. Mathieu.

Ruba Ghazal (Mercier) : Il faut écouter ce que je dis.

Journaliste : Je vais quand même faire du pouce là-dessus, parce que ça fait plusieurs collègues qui vous demandent : Pouvez-vous tout simplement dénoncer la violence urbaine comme moyen de faire avancer la cause?, d'injustices probablement objectives, là, mais la violence urbaine, ce qu'on voit en France, vous nous dites : Non, ce n'est pas tout à fait le même contexte ici, au Québec. Je veux bien, mais pouvez-vous simplement dénoncer...

Ruba Ghazal (Mercier) : Il y a une... Là, en ce moment, il y a un sujet, il y a une cause de cette violence-là. Pour la prévenir, cette violence-là, qu'on ne veut pas retrouver... C'est quoi, la cause? C'est de ça qu'il faut parler. Donc, la cause, c'est qu'il y a des enfants qui veulent avoir une éducation de qualité. C'est ça. Maintenant...

Journaliste : ...plusieurs fois, madame. Je veux juste savoir si vous pouvez dénoncer la violence urbaine.

Ruba Ghazal (Mercier) : Bien sûr qu'on... Mais bien sûr que nous, on ne veut pas que les gens... les choses brûlent partout puis qu'il y ait de la violence puis qu'il y ait des gens qui se blessent puis des enfants dont l'œil est crevé. Puis il y en a... il y en a qui ont perdu leurs mains. Je veux dire, pour... Bien sûr qu'on est contre ça, qu'on ne veut pas que ça arrive. On ne veut pas que les gens subissent les violences. Si... Une des raisons pour lesquelles mes parents ont choisi le Québec, c'est parce qu'on est une société pacifiste. Ça fait que je vais être la plus grande défenderesse puis on va être les plus grands défendeurs de ça. Puis ça, c'est... comment ça arrive? C'est par une société où est-ce qu'il y a des services publics qui sont forts, où est-ce qu'on ne fait pas payer la classe moyenne puis on ne fait pas payer les enfants en désinvestissant dans notre école publique québécoise. Après ça, bien oui, on peut dénoncer les gens qui ont fait des casses. Bien oui, bien sûr qu'on dénonce ça, bien sûr. Mais, nous, ce qu'on veut, c'est aller sur pourquoi elle existe. Parce que je peux dénoncer à tous les jours, tous les matins, tous les soirs, pendant des siècles, puis ce qui est important, c'est comment est-ce qu'on la prévient pour ne pas qu'elle...


 
 

15 h 45 (version non révisée)

Ruba Ghazal (Mercier) : ...ça, c'est important d'écouter la colère des jeunes. Moi, je l'écoute.

Journaliste : Sur les 127 députés, ils s'en retrouvent combien qui sont à droite?

Ruba Ghazal (Mercier) : Allez leur demander.

Journaliste : Mais je vous le demande à vous.

Ruba Ghazal (Mercier) : Moi...

Journaliste : Vous êtes neuf qui vous dites à gauche. Est-ce que tous les autres sont de droite?

Ruba Ghazal (Mercier) : Nous, on ne se dit même pas à gauche, tout le monde le reconnaît qu'on est à gauche, même nos adversaires politiques le reconnaissent. Nous, on est le seul parti progressiste au Québec, ça, c'est un fait reconnu par tout le monde, par les analystes, par tout le monde. Maintenant, pour ce qui est des partis politiques, on a regardé les cadres financiers de chacun des quatre partis politiques, et ce qu'on voit, c'est de l'austérité et des coupes où est-ce qu'on nous dit : Bien, l'État est trop lourd, donc il faut réduire, donc il faut couper partout. Et en coupant partout, bien, ça va avoir un impact sur les services publics. Moi, quand je me promène dehors puis je vais parler aux gens puis je leur dis : Est-ce que vous êtes à gauche ou à droite?, il y a... la majorité des gens, ils ne pensent pas comme ça. Ils me disent : Moi, je paie de l'impôt, j'aimerais ça être capable de payer mon loyer, de payer mon hypothèque, de payer mon épicerie, moi, je paie de l'impôt, j'aimerais ça ne pas attendre pendant des années pour avoir une chirurgie au genou, puis être obligé d'aller au privé, puis de... puis de payer une deuxième fois avec ma carte de crédit. C'est comme ça que les gens réfléchissent, plus que droite et gauche, qui sont des beaux débats qu'on peut avoir ici à l'Assemblée nationale, mais sur le plancher des vaches, ce qui est important, c'est de protéger ce qui est notre plus grande richesse au Québec, les services publics. Et ça, ça se fait en ne coupant pas. Et les quatre partis politiques qui se sont présentés pendant la campagne électorale, tout le monde coupait, tout le monde augmentait les dépenses, tous les quatre partis politiques augmentaient les dépenses plus bas que l'inflation, et ça, ça veut dire de l'austérité puis ça veut dire c'est la classe moyenne qui va payer le prix. Nous, on va être ici pour dire non.

Journaliste : Merci, madame.

Ruba Ghazal (Mercier) : Merci.

Le Modérateur : On va passer en anglais.

Journaliste : Good afternoon. Mme Ghazal, in your speech today, you mentioned, you know, the arrival of the... sort of a wave of the right coming to Québec. You also referenced the protests in France. What exactly was the message you were trying to get across with that?

Ruba Ghazal (Mercier) : The message that Québec solidaire we have is to protect our public services, our public education system, our health... health system, public system here in Québec. And this will be done by investing in our public services. And we will be the protectors of our public services here. And we will be also those who will defend the people who can't afford paying more and more rent. And we will be the voice of people also who are obliged to live in the street because there is a housing crisis, the homelessness crisis, by... by having a constructive solution.

Journaliste : Merci. And a question for M. Zanetti. Just, you know, we saw that Mme Jeannotte will not be present at the swearing in ceremony for the PQ's cabinet tomorrow. None of the MNAs of any of the parties so far this week have taken an oath to the King. What is your stance on all of this? How would you describe to people who might not understand why this is important?

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : I think there's a strong feeling in Québec that monarchy is not a legitimate political system, that it's a system of the past that has to be bypassed. So, we totally agree with this. And our suggestion would be to stop funding monarchy so we could use that money for something more useful. So, that is our suggestion. So, we totally agree with that way of going, yes. It's a... more than 80% in Québec is... of the people are in favor of the abolition of monarchy.

Journaliste : Bonjour, Mme Ghazal. This is the first time in a swearing in ceremony following an election where the Québec solidaire has gotten smaller. I was wondering what kind of challenges you're anticipating in the National Assembly to make sure that the Québec solidaire voice is heard.

Ruba Ghazal (Mercier) : Yes. Well, by... we have a very good, talented professional team here, and I'm very proud of our team, of our officers. We will be a constructive opposition, as we did in the last years. Even when we had a super majority of the government, we've been able to get gains for the people, and we will continue. So, that's why today... today we are ready to work, we are ready to protect our public services, and we are also asking to have money in emergent way for the organisms, for the cities, for the people who are sleeping in the street, to make sure that during this winter nobody will sleep outside.

Journaliste : So you're feeling confident, not anticipating challenges to make the Québec solidaire...


 
 

15 h 50 (version non révisée)

Journaliste : ...platform heard.

Ruba Ghazal (Mercier) : Yeah, well, there's always challenges in being in politics. There's always challenges, being here. But I'm confident that our voice will be heard because we are the voice of people who don't have voice. We are the voice of the middle-class people who work very hard but can't afford the cost of living, and we have solutions for them. And, right now, we have a right... kind of the balance of power. So, we will use it, always for the people.

Journaliste : Any issues you're hoping to collaborate on with minority Parti québécois government that stand out?

Ruba Ghazal (Mercier) : Issues like problems that I'm not sure about?

Journaliste : Homelessness, for example. Anything else that you're hoping or seeing Québec solidaire...

Ruba Ghazal (Mercier) : Yeah, homelessness. Yeah, well, housing crisis to prevent, also, homelessness. For example, we have a very easy solution that will cost $0 for the government to forbidden eviction during the winter. So, it's another way to attack the housing crisis, but also the homelessness crisis. And we have a lot of solution. We will have the right the time to come with these solutions and to obtain gains for the people. Merci.

Le Modérateur : En terminant.

Journaliste : One... Yeah, just one last one, about the Alberta's referendum. Can we have a... just a reaction from your part? And is there anything we can take away from what happened and the way that they ask for more autonomy on their side?

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : Yeah. There were a lot of questions in that referendum in Alberta. And the Albertan people are very different from the Québec people, the situations are totally different, the interests, everything is different. But what we can see is that a lot of people want more autonomy in Canada. So, the stake of... The issue of who decides what in Canada is a very actual question. And our answer to that is that Québec should decide for Québec at 100%, and then we would be a free country, and we could collaborate with other countries as every country does. So that is our view on that.

Journaliste : Is there anything that maybe we could do in Québec, like, ask questions like that, like referendum for us, for questions like they asked to the, you know, to the people about our relationship with the federal government, try to get more power out of the Ottawa?

Sol Zanetti (Jean-Lesage) : That's not our project. Our project is to do a referendum on whether or not we should adopt a constitution, a permanent constitution that would be one of free and independent Québec. Yeah.

Le Modérateur : Merci tout le monde pour le caucus.

Des voix : Merci.

(Fin à 15 h 53)


 
 

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