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Point de presse de M. Gérard Deltell, leader parlementaire du deuxième groupe d'opposition, et de M. Christian Dubé, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de finances

Version finale

Le jeudi 10 octobre 2013, 11 h 34

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures trente-cinq minutes)

M. Dubé : Alors, bon matin, tout le monde. Encore une fois, c'est pour vous parler de votre sujet préféré : le budget, le déficit zéro, etc.

Alors, ce matin, on a eu tout un revirement de la discussion d’un gouvernement qui ne veut pas, depuis plusieurs mois, répondre à notre demande. Si on revient en arrière un petit peu, au mois de novembre dernier, nous avons déposé un projet de loi, le projet de loi n° 192, pour avoir un directeur du budget, qui était un projet de loi qui était... un principe, plutôt, qui avait été accepté ou qui était accepté par les gens du Parti québécois lorsqu’ils étaient dans l’opposition. Nous avons poussé ça, nous avons montré par plusieurs fois l’importance d’avoir une neutralité dans l’information qui est donnée à tous les mois, et surtout avant une période électorale.

Et l’inquiétude que nous avons à la coalition, c'est que, si le gouvernement refuse d’avoir une neutralité dans l’information, c'est qu'ils ont des choses à cacher. Je sais que c'est des mots qu'on n'a pas le droit de dire à l’Assemblée nationale, mais on peut appeler ça comme on veut, on peut parler de manque de transparence, mais il y a une chose qui est sûre, on est à la veille des élections. Est-ce que c'est dans un mois? Est-ce que c'est dans six mois? On ne peut pas refaire la même chose que l’an dernier.

Et moi, je vais vous montrer un petit graphique, puis d’ailleurs... Je vais vous le montrer, un petit graphique, puis d’ailleurs je voulais vous le montrer le plus rapidement possible. Ce matin, je n’avais pas de temps... Vous avez vu, je me suis fait couper mon temps à l’Assemblée nationale quelques fois, alors j’ai dit qu’au moins j’allais prendre le temps avec les journalistes, ce matin.

Si vous regardez le fameux trou de 1,6 milliard que le gouvernement dit qu’ils ont hérité des libéraux… Ça fait au moins une vingtaine de fois que vous l’entendez à l’Assemblée nationale. Moi, je l’ai demandé plusieurs fois à la Commission des finances publiques, je n’ai jamais eu de réponse. La seule réponse que je peux imaginer, c’est pour la période de trois mois qui s’est terminée le 30 juin 2012, qui était la date de publication, à peu près, du mois de septembre 2012, c’était une perte, après trois mois, de 1,6 milliard. C’est le seul trou de 1,6 milliard que j’ai pu voir. Ce trou-là, aujourd’hui, pour la même période en 2013 — c’est les états financiers qui viennent d’être publiés il y a quelques jours — maintenant, il est d’au moins 2 milliards. Alors, ça, c’est le trou des libéraux — si je prends l’expression du PQ — et ça, c’est le trou du PQ. Alors, qui dit mieux? Ça, c’est la première chose.

Alors, ce qu’on veut s’assurer, ce qu’on veut s’assurer, c’est que, si on s’en va en élection dans un mois, dans quelque temps, peu importe, je voudrais savoir : Est-ce que le trou du PQ est plus gros que le trou du Parti libéral? Première question. Je vous vois rire, là, mais c’est vrai que c’est drôle.

Mais la deuxième grande question...

M. Lacroix (Louis) : ...

M. Dubé : Pardon?

M. Lacroix (Louis) : Le trou du PQ va faire péter le Québec.

M. Dubé : Voilà. Non, mais là je suis vraiment dans le trouble.

La deuxième question, pour terminer sur une note sérieuse — vous savez que je suis très sérieux — si, aujourd’hui, après trois mois, on est à un déficit d’au moins 2 milliards, regardez ce qu’il faut faire pour l’année qui est en cours. Ça, c’est après trois mois, et là on vise 1 milliard et plus pour être capables de payer le Fonds des générations. Alors, regardez l’écart qui doit être fait, là.

Alors, pourquoi je reviens avec ça, ce matin? C’est que la transparence qu’on veut… et c’est pour ça qu’on a insisté d’avoir le Vérificateur général, c’est pour ça qu’on a appuyé la motion du député de Brome-Missisquoi, il faut qu’on se fasse confirmer que ce chiffre-là est bon et que ce chiffre-là est encore possible, O.K.? Et ce qu’il faut comprendre, c’est que ça, ici, là, tout cet écart-là, là, il est probablement encore plus grand aujourd’hui, parce que, dans ce chiffre-là, ici, il y a 1,4 milliard de revenus non récurrents, c’est-à-dire que, dans le milliard qui est ici, il y a un revenu qui vient de l’harmonisation de la TPS, qui ne sera plus là. Alors, imaginez-vous que, si on n’avait pas ce 1,4 milliard là, c’est 3 milliards qu’il faudrait atteindre.

Alors, la question est très simple : Si le Vérificateur général ne vient pas nous prouver ça rapidement, on va se retrouver en élection avec des gens qui vont faire des promesses qu'ils peuvent couper les impôts, qu'ils peuvent faire toutes sortes de choses, alors que c'est mathématiquement impossible.

Alors, je vais passer la parole à Gérard pour vous parler plus sérieusement de ce beau sujet.

M. Deltell : C'est plus l’axe parlementaire et politique que je vais aborder avec vous, M. Dubé a très bien expliqué les enjeux économiques. Écoutez, c'est rare que je dis ça, mais, pour moi, le Parti québécois est vraiment de mauvaise foi dans ce dossier-là. Voilà un Parti québécois qui, pendant les années d’opposition, faisait la belle bouche en disant : Écoutez, nous, nous voulons avoir un vérificateur indépendant qui ferait les choses,tel qu'ils le promettent. D’ailleurs, sur le site Internet du Parti québécois, qu'on voit encore aujourd’hui, il y a toujours la déclaration de la première ministre. M. Asselin va la faire rouler. Merci. Alors, écoutez bien ce qu’elle dit, madame.

(Présentation audiovisuelle)

• (11 h 41 — 11 h 42) •

M. Deltell : Bien, justement. Malheureusement, ça fait plus de 13 mois qu'ils sont au pouvoir puis 13 mois aux commandes de l’état, comme tel, et ils n'ont rien fait dans ce domaine-là. Alors, c'est pour ça que je parle, malheureusement, de la mauvaise foi du Parti québécois dans ce dossier-là. Ils font belle bouche en disant : Oui, on veut de la transparence. Mais ça fait 13 mois qu'ils auraient pu agir, et ils n'ont rien fait. Et, mieux que ça, j’ai offert une sortie de secours à mon ami Drainville tout à l’heure : il y a un projet de loi qui a été déposé par M. Dubé — puis pas hier, là, ça fait 11 mois que ce projet de loi est déposé à l’Assemblée nationale — et qui dit très clairement : Voici ce qu'on veut, on veut un directeur parlementaire du budget qui, avec toute l’autorité nécessaire et la neutralité requise, va pouvoir donner l’heure juste à tous les trois mois sur l’état des finances publiques. Et le PQ n'a rien fait.

Le PQ est très lâche quand vient le temps d’agir concrètement pour donner l’heure juste. Au contraire, il préfère se dissiper à gauche et à droite dans des situations pour commettre des crises qui existent actuellement au Québec avec l’affaire des accommodements raisonnables. C'est eux-mêmes qui ont décidé de prioriser la charte plutôt que de prioriser l’engagement qu'eux avaient pris d'avoir un directeur parlementaire du budget. Alors, moi, j'en appelle quand même au Parti québécois : Il n'est jamais trop tard pour bien faire, appelez la loi n° 192 puis, en quelques semaines, on règle l’histoire.

Le Modérateur : Questions?

M. Journet (Paul) : Ça fait déjàquelques… Ça fait déjà environ une année que M. Drainville et ses collègues promettent de mettre de l’avant une solution pour faire toute la lumière sur les finances publiques. Comment vous expliquez le fait qu'ils n'ont pas encore de solution et qu'il semble que la voie privilégiée par M. Drainville n'est pas celle que veulent ses collègues?

M. Deltell : Bien, moi, je trouve que c'est de la mauvaise foi pure et simple. Mme Marois, dans son propos préélectoral, dit qu'il faut avoir toute l’équité nécessaire afin de ne pas se faire manipuler par un gouvernement qui serait de mauvaise foi. Mais, s'ils étaient de bonne foi, ça fait un an qu’ils auraient agi, et ils n’ont pas agi. Et, mieux que ça, ils n’ont qu’à appeler le projet de loi n° 192, et c’est réglé en dedans de deux, trois semaines. Mais non, ils ne veulent pas. Ils ont priorisé leur plan d’action, et, pour eux, avoir un directeur parlementaire du budget, ce n’est pas prioritaire.

Écoutez, M. Drainville... on le disait, là... je l’avais même dit dans une entrevue que c’était le Lucky Luke de l’Assemblée nationale, il légiférait plus vite que son ombre. Il est arrivé avec trois, quatre projets de loi, monsieur — bing, bang, boum! — mais, curieusement, il n’y avait pas le directeur parlementaire du budget. Et là, quand on le lui remet sur le museau aujourd’hui, il dit : Oui, oui, on travaille là-dessus. Aïe! Vous avez priorisé d’autres choses que ça, alors ne nous faites pas accroire aujourd’hui que oui, oui, vous, les purs, et vous, avec les élans de transparence, vous voulez faire ça. Aïe! Vous aviez un an pour le faire, et vous ne l’avez pas fait.

M. Lavallée (Jean-Luc) : C’est quoi, la portée de la motion qui vient d’être adoptée en Chambre à l’unanimité?

M. Deltell : Écoutez, j’ai beaucoup de réserves par rapport à ça. On sait que le Parti québécois, les motions qui font leur affaire, c’est correct, puis on les envoie à Ottawa, on les envoie au Sénat, on les envoie à la planète entière, mais, quand ça ne fait pas leur affaire, bon, là, c’est correct, c’est beau, on passe à un autre appel. Alors, j’ai beaucoup de réserves. Malheureusement, les péquistes, qui se veulent les parangons de la vertu parlementaire, quand il y a des motions qui ne font pas leur affaire, bien, désolé, mais on fait comme si de rien n’était. Alors, je souhaite que, cette fois-là, ils soient conséquents avec eux-mêmes.

Et je tiens à vous rappeler que la semaine dernière, il y a un vote extrêmement important qui a été pris sur la motion que nous avons présentée, comme quoi les partis s’engageaient sur l’honneur à rembourser l’argent qui aurait pu être versé de façon illicite dans les 15 dernières années. J’ose espérer que les partis politiques vont confirmer l’action que nous avons mise de l’avant de notre côté. Alors, oui, aujourd’hui, il y a eu le vote là-dessus, j’espère qu’ils vont le suivre. Mais malheureusement les péquistes, quand les motions ne font pas leur affaire, ils font comme si ça n’existait pas.

M. Lavoie (Gilbert) : M. Dubé, il y a certaines années où la mise à jour économique et financière s’est faite en octobre, d’autres années, en novembre, et on en voit même parfois en décembre. À titre de critique de l’opposition, vous avez un certain accès au ministère des Finances, est-ce que vous avez une idée quand est-ce que ça va se faire?

M. Dubé : Je vais vous dire, c’est un accès très limité, là. Je sais à peu près où est le bureau. On a essayé d’y aller quelques fois, puis je peux vous dire qu’on n’est pas vraiment les bienvenus là. On a demandé de l’information. En fait, je trouve votre question très pertinente, parce qu’hier j’ai expliqué, lorsqu’on a eu ce débat-là, que, lorsqu’on fait la mise à jour, pour moi, il n’est pas très important d’avoir soit six mois de réel, six mois de prévision ou cinq mois de réel avec sept mois de prévision. Parce que c’est ça qu’on va avoir, on va avoir un 12 mois mis à jour avec un certain nombre de mois réel.

Aujourd’hui, pour votre question, si, par exemple, cette mise à jour là était déposée à la mi-novembre, c’est probablement avec le réel du mois de septembre. Ça, ça voudrait dire qu’on aurait un six mois de réel, un six mois de prévision. Pour moi, ce n’est pas tellement la... c’est assez acceptable. Ce qu’il faut...

M. Lavoie (Gilbert) : C’est assez acceptable?

M. Dubé : C’est assez acceptable, pour moi, le six mois de réel et un six mois de prévision. Ce qui est déplorable, puis je le redis, et pour reprendre un peu la question de tout à l’heure, M. Marceau, dans la même Chambre, il y a deux semaines, il disait que le Vérificateur général n'est pas capable de vérifier des prévisions — vous vous souvenez? Il a dit ça — alors que c'est tout à fait faux.

Je suis allé rencontrer le Vérificateur général, je l’ai expliqué hier, le six mois de prévision... Tout ce qu'on demande au vérificateur, et ça se fait dans tous les prospectus, ça se fait dans toutes les grandes organisations, on dit au vérificateur : Pour la partie prévision, vous faites la liste des principales hypothèses qui sont arrivées, qu'on a prises pour être capable d’arriver aux prévisions. Et, à ce moment-là, les gens seront en mesure de dire : On comprend le six mois de réel et on comprend très bien si les hypothèses du gouvernement sont réalistes ou farfelues. Alors, il a changé d’idée, parce que le vérificateur, hier, a envoyé une lettre et il a dit : Je suis prêt à faire cette vérification-là, autant pour la partie réelle que pour la partie prévisionnelle.

M. Lavoie (Gilbert) : Mais, dans un scénario théorique, là, d’élection le 9 décembre, c’est difficilement... on peut imaginer que, de toute façon, la mise à jour va se faire avant la journée du scrutin. Et, comme le vérificateur entend faire les efforts nécessaires pour dévoiler ses conclusions en même temps, normalement ça devrait rassurer les partis d’opposition, non?

M. Dubé : Mais, ce qui est intéressant de ce que vous... S’il y a vraiment une volonté de le faire, ils ont juste à prendre au moins le mois de septembre puis prendre le mois d’août. Ces états financiers là sont disponibles. Alors, ce que je vous dis, s’il y a une volonté de le faire, le vérificateur, lui, il peut partir avec des données aujourd’hui puis échanger un mois de réel avec un mois de prévision. Puis à ce moment-là on va avoir les états financiers très rapidement. Ça va?

M. Dutrisac (Robert) :M.Dubé, si l’état des finances publiques est aussi alarmant que les partis d’opposition le suggèrent, est-ce que vous pensez que le gouvernement serait en mesure de présenter un budget... le prochain budget en respectant la Loi sur l’équilibre budgétaire? Est-ce que vous pensez que c’est faisable?

M. Dubé : Moi, je trouve ça de plus en plus impossible, et c’est pour ça que j'ai hâte que le vérificateur s’y mette. Parce que, là, je vous dis, après trois mois, on a à peu près 2 milliards de déficit dans une économie qui baisse.

L’an dernier, vous avez vu dans mon tableau, on voyait 1,6 milliard après trois... mais on n’avait pas le revenu non récurrent de cette ampleur-là. Donc, c’est un déficit de 3 milliards, là, qu’on a l’air d’avoir, sans avoir une idée des hypothèses que le gouvernement fait, puis on sait que les revenus rentrent moins vite. Alors, la possibilité d’atteindre zéro... d’être entre 1,5 milliard et 3 milliards de déficit, elle est là.

Maintenant, tout ce que ça implique, si vous me permettez, il y a eu des gens, l’an... la semaine dernière à Toronto, les principales agences de crédit, qui disent : Écoutez, là, là ça commence à regarder... une augmentation des taux, là. Vous vous souvenez, de ça? On a emprunté à 3,58 % au début de l’année, on a à peu près 60, 70 points de base de plus qui ont augmenté, et là on n’a pas vu encore l’ampleur du déficit. Alors, on peut comprendre pourquoi qu’ils ne veulent pas sortir les chiffres. Mais la réalité va être un déficit très important. Et l’agence de crédit, pour moi, n’est qu’un facteur.

Le deuxième facteur que vous dites, c’est : Quand il va falloir respecter l’équilibre budgétaire, de combien on va devoir mettre dans la prochaine année pour aller récupérer ce déficit-là? Ce sont des sommes excessivement importantes…

M. Dutrisac (Robert) : Mais, si tel était le cas, là, qu’il y aurait un déficit puis qu’il faudrait le combler en vertu de… combler la moitié, là, en vertu de la Loi sur l’équilibre budgétaire, est-ce que vous seriez disposés à appuyer le gouvernement qui voudrait changer la loi sur un déficit… l’équilibre budgétaire?

M. Dubé : Pas du tout. Pas du tout. Écoutez, on le redit…

M. Dutrisac (Robert) : Vous dites que ce n’est pas faisable, que ce n’est pas possible…

M. Dubé : Ce n’est pas faisable. Ce que je vous… Merci pour la question. Ce qu'on dit clairement, c'est que, si on continue à faire les choses de la même façon, on ne peut pas faire différemment. Nous, ce qu'on a dit, puis rappelez-vous le mandat qui m’a été donné il y a un mois, c'est : Où est-ce qu’on peut trouver la marge de manoeuvre pour faire les choses autrement dans les grands ministères, que ce soit en santé, en transport, en éducation? C’est ça qu’il faut regarder. On ne peut pas juste faire des petites coupures. Il faut regarder puis de dire : Est-ce qu’on peut faire les choses autrement?

Je sais qu’il vous reste un mois avant que je dépose mon rapport, j’y travaille très fort, mais il est encore possible d’avoir cette vision-là. Mais ce qui va être difficile, c'est que, si on arrive dans l’année en cours… et de dire : Bien, il va falloir prendre acte.

Puis moi, j’ai très hâte que le gouvernement ait le courage de dire : Non seulement on ne le fait pas, le déficit zéro, peu importent les raisons... Est-ce que c'est eux qui ont créé le climat qui fait qu'on a moins de revenus? On le sait tous que c'est une des réponses. Mais ce que je vous dis, c'est qu’il faut le voir, puis arrêtons de prendre les gens pour des valises. Parce que, là, en ce moment, ils ont… jusqu’à il y a une semaine, disaient : Tout va bien. Puis ils font un plan d’urgence. Alors, écoutez, là, ça ne fonctionne pas. Et c’est ça que nous…

Je pense que, si le vérificateur s’y mêle, ce qu’il a accepté hier, je pense, c'est une très bonne nouvelle pour la démocratie. Puis on va voir les chiffres bientôt, c'est ce que j’espère.

Le Modérateur : Deux questions en français, après ça on va passer aux questions en anglais, rapidement, M. Dubé.

M. Robillard (Alexandre) : Sur un autre sujet, moi, je voulais savoir : Est-ce que vous avez une réaction à la déclaration de Mme Marois, ce matin, qui disait que M. Péladeau va continuer de participer au comité ministériel sur l’électrification des transports?

M. Deltell : Bien, écoutez… oui. Écoutez, que le président du conseil d’administration d’Hydro-Québec soit dans le coup concernant les projets d’électrification, je pense que ça coule de source, là. Évidemment, ça pose toujours la question, M. Péladeau, baron de presse, tout ça. Bon, ça, c'est une autre affaire. Mais que le président du conseil d’administration d’Hydro-Québec soit là, c'est une chose, mais je m’étonne, à la lecture des articles… Je n’ai pas eu de confirmation, mais je m’étonne que M.Breton, qui est le parlementaire tout désigné par la première ministre pour s’occuper de ça, ne soit pas membre de ça. Alors, j’invite la première ministre à expliquer pourquoi M. Péladeau est là, puis son homme, théoriquement, de confiance, en Chambre, n’est pas là. Mme Marois s’expliquera là-dessus.

M. Robillard (Alexandre) : Quand vous dites c'est une autre affaire, baron de presse, tout ça, c’est quoi? C’est des risques de conflit d’intérêts, c’est... Pourquoi vous dites que c’est une autre affaire?

M. Deltell : Non, mais c’est parce que... Bien, tout a été dit concernant cette histoire-là, O.K.? Ça, c’est une chose, mais que… moi, de voir...

M. Robillard (Alexandre) :Donc, il n’y a pas de risque, selon vous.

M. Deltell : Non, mais moi, ce qui... Non, c’est ça. C'est ça que je veux dire.Parce que de voir le président du conseil d’administration d’Hydro-Québec être appelé à être dans le coup concernant les projets d’électrification, je pense que ça va de soi, là.

Le Modérateur : Jean-Luc Lavallée.

M. Robillard (Alexandre) : M. Dubé, là-dessus, vous, est-ce que vous aviez un avis?

M. Dubé : Moi, j’ai dit que j’étais toujours d’accord à voir plus de gens d’affaires qui viennent au gouvernement, puis je n’ai pas changé d’idée.

Le Modérateur : Jean-Luc Lavallée.

M. Lavallée (Jean-Luc) :Rapidement, sur le Fonds de solidarité de la FTQ, comment vous décodez la soudaine ouverture du gouvernement là-dessus à une commission parlementaire, alors que la veille c’était la fermeture totale et complète? Qu’est-ce qui s’est passé en 24 heures?

M. Dubé : Je suis très heureux, très heureux. Quand le gouvernement recule pour les bonnes raisons, j’en suis très content. Si, hier, M. Bédard a soit mal compris la question, je vais lui donner le bénéfice… On n’a vraiment pas compris l’objection qu’il a faite hier.

Écoutez, moi, j’ai eu la chance… après, lorsqu’on a déposé notre motion, j’ai eu un appel du Fonds de solidarité, qui nous ont indiqué clairement qu’ils étaient d’accord avec notre demande, parce qu’ils nous disent : S’il vous plaît, ne faites pas de petite politique, puis qu’est-ce que vous voulez faire? J’ai expliqué… Écoutez, moi, je suis un partisan du Fonds de solidarité, c’est un fonds qui a aidé énormément d’entreprises, j’en ai bénéficié personnellement. Alors, je peux vous dire une chose, c’est qu’hier ces gens-là m’ont dit : S’il vous plaît, pouvez-vous agir rapidement? Bien, j’ai dit : Vous avez une chose à faire, appelez les deux autres partis rapidement. Et ce matin j’ai eu des communications avec eux, ils sont en train de faire les téléphones. Alors, je peux juste vous dire tant mieux, je pense que c’est une bonne approche. Et j’espère… Et je voudrais dire : J’espère que le gouvernement va agir rapidement parce que, dans ces cas-là, ce n’est pas des choses qui doivent traîner. On ne fera pas de panique, là, mais c’est le genre de choses qui doivent se régler très rapidement.

M. Deltell : D’ailleurs, notre chef a bien dit qu’il était prêt à collaborer immédiatement après la période de questions, on se met tout de suite à l’ouvrage avec la première ministre pour définir le cadre, puis le plus tôt sera le mieux.

M. Dubé : Tant mieux, tant mieux.

Mme Plante (Caroline) : Mr. Deltell, Mr. Dubé, are you uncomfortable today criticizing Mr. Péladeau? …uncomfortable?

M. Deltell : No, not really.

M. Dubé : I don’t think we are. I said clearly that we welcome business people, men or women, to come in politics, and I think that’s very, very good.

Mme Plante (Caroline) : Mr. Deltell?

M. Deltell : Yes, and as far as I’m concerned as CEO— CEO?

M. Dubé : Chairman.

M. Deltell : Chairman? — chairman of the board of Hydro-Québec, I think it’s quite important to see this guy going in the loop with the Government about electrification. I think it’s the same field.

Mme Plante (Caroline) :But you are dismissing the whole other side of the story which is that Mr. Péladeau is also chair of a big TV station, a news station. Do you see a problem with himpossibly having access to privileged information?

M. Deltell : Well, as far as I’m concerned, this guy is very honest and very professional, and we do respect that, and I have a full respect for him. And, on the other hand, I have to say that I have full respect also for the guys who work in the newspaper and TV station, I’m sure they are 100% independent of their boss.

Mme Plante (Caroline) : So, you are saying he’s honest, so the fact that his honesty will be… will make it so that he won’t share any information, that it’s his honesty?

M. Deltell : I do respect him. I do respect him and I trust him, as I trust the guys who work in the TV station and newspaper, they are independent, in their mind, of the fact that their boss is working as a chairman of Hydro-Québec.

M. Dubé :Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 11 h 55)

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