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Point de presse de M. Martin Ouellet, porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports et M. André Villeneuve, député de Berthier

Version finale

Le mercredi 14 mars 2018, 8 h 10

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures onze minutes)

M. Ouellet : Alors, bon matin à tous. Vous le savez, présentement nous sommes à l'étude article par article du projet de loi n° 165, qui parle beaucoup de sécurité routière. La sécurité routière, ça fait plus d'une dizaine d'années qu'on en parle, mais aujourd'hui, présentement, on est en train d'étudier le projet de loi pour amener beaucoup d'améliorations.

Je vous dirais, puis mon collègue André, qui suit la commission, aussi pourrait vous en parler, que la plupart des mesures qui sont apportées sont effectivement unanimes. Il était temps, au Québec, d'apporter une meilleure sécurité sur nos routes, d'apporter une modification relative aux comportements qui ont changé. Mais une chose qu'on veut faire ce matin, puis c'est pour ça qu'on a réuni la presse, on veut aussi aujourd'hui mettre fin à quelque chose que tout le monde est conscient, c'est-à-dire qu'au Québec, sur une autoroute, malgré le fait que c'est annoncé à 100 kilomètres, les gens roulent plus vite que 100 kilomètres, et surtout les policiers, policières du Québec appliquent une certaine tolérance avant de donner des tickets pour ceux et celles qui dépassent la limite.

Alors, ce qu'on va proposer ce matin par un amendement, on va proposer un projet pilote, un comité d'experts va se pencher pour réfléchir s'il serait opportun d'augmenter la limite de vitesse sur une autoroute. Est-ce que c'est 115? Est-ce que c'est 120? Est-ce que c'est 122? Le comité d'experts va nous le dire, mais nous, on pense qu'aujourd'hui il est temps de mettre fin à l'hypocrisie. Tout le monde au Québec sait que, lorsqu'on roule sur une autoroute, ce n'est pas 100 kilomètres qu'on va se faire prendre, ce n'est pas à 105. Il y a une zone de tolérance appliquée par les policiers, tout le monde le sait. Alors, ce qu'on veut être, c'est très transparents. Dorénavant, sur les autoroutes, après le projet pilote, s'il devient concluant, les routes du Québec... les autoroutes du Québec pourraient afficher une limite de vitesse supérieure. Mon collègue André pourrait préciser certaines orientations qu'on a entendues hier en commission parlementaire, qui nous amènent à aller dans ce sens-là. Alors, je laisserais la parole à mon collègue André.

M. Villeneuve : Alors, bon, oui. Alors, bonjour, tout le monde, heureux d'être avec vous ce matin. Effectivement, nous étudions présentement le projet de loi n° 165, Code de la sécurité routière, et je vous invite à écouter la commission... on devrait peut-être changer de salle aujourd'hui, je ne sais pas encore, mais, bon, de l'écouter parce que ce n'est pas sur caméra, mais, bon, ça peut toujours s'écouter sur le Web. Écoutez, le Code de la sécurité routière n'a pas été ouvert, la loi n'a pas été ouverte depuis plus d'une décennie, et, ce faisant, on s'aperçoit qu'il y a beaucoup, beaucoup de corrections à apporter.

Et je pense... et nous sommes... non seulement je pense, mais nous sommes convaincus qu'il est opportun de présenter un amendement qui va faire en sorte que nous allons être au diapason, finalement, nous allons être dans la réalité, parce que c'est de ça dont on parle ce matin, donc, de regarder si on peut maintenant respecter soit les 100 kilomètres-heure sur l'autoroute ou tout simplement aller de l'avant avec un projet pilote qui permettrait d'être collés à la réalité des Québécois et des Québécoises. On le sait, les policiers tolèrent jusqu'à 118 kilomètres-heure sur les autoroutes.

D'ailleurs, à cet égard, le ministre, hier, a clairement dit que, lui, ce qu'il sait, c'est que les policiers tolèrent plus que la limite permise, mais il ne sait pas c'est quoi, la limite qui est tolérée par les policiers. Est-ce que c'est 115, 118? Et même qu'il nous confirme que, lorsque la température est différente, donc température plus dangereuse, les policiers auraient une tolérance moins grande à laisser dépasser le 100 kilomètres-heure. Est-ce que c'est 112, 113? On ne le sait pas. Le ministre nous dit qu'il ne le sait pas, mais ce qu'il sait, c'est qu'effectivement on va au-delà du 100 kilomètres comme tolérance.

Alors, comme société, je pense qu'il est temps d'adapter notre... ou plutôt je devrais dire comme parlementaires, il est temps d'adapter la législation à la réalité. D'ailleurs, plusieurs pays d'Europe, la limite, c'est 130, entre autres, donc tolérer 130. Il y a plusieurs États au Canada où la limite est aussi plus élevée que le 100 kilomètres-heure. Alors, je pense qu'il est temps, aujourd'hui, de s'adapter, finalement, à la situation actuelle qui est tolérée par l'ensemble des policiers du Québec.

La Modératrice : Merci. On va maintenant passer à la période de questions. Micro de droite, Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour. Vous avez deux réalités totalement différentes, un roule la 138 en courbes et en forêt, l'autre roule la 40. Vous roulez à combien sur la 138 pour venir à Québec?

M. Ouellet : Moi, je roule à peu près à 80-90. Je te dirais, si tu me permets, qu'une autoroute, c'est un accès limité. On roule sur l'autoroute, on doit sortir, on a une sortie, on veut rentrer, on est vraiment dans une entrée très sécurisée, tandis qu'une 138 ou une 132, on peut rentrer et sortir de façon perpendiculaire à certains endroits, des sorties de cours, des entrées de routes.

Alors, pour moi, une 138, qui est plutôt une route secondaire, et une autoroute, qui est un accès limité, j'y vois une grande différence, et c'est pour ça que le projet pilote veut d'abord s'adresser aux autoroutes, donc aux accès plus limités par rapport au transport.

M. Laforest (Alain) : Alors, M. Villeneuve, Berthier à Québec, vous faites ça à quelle vitesse, vous? Ça serait quoi, la vitesse qui serait la meilleure?

M. Villeneuve : Bien, vous savez que moi, je suis originaire de Lavaltrie, un village voisin du village de Gilles Villeneuve, alors... bon, vous posez une drôle de question ce matin, vous savez que M. Gilles Villeneuve fut un grand coureur automobile.

Écoutez, la 138, il faut comprendre une chose, mon collègue vient de le dire...

M. Laforest (Alain) : Mais je ne parle pas de la 138, je vous parle de la 40.

M. Villeneuve : Oui, je veux juste revenir... je vais revenir sur la 40 après. Au niveau de la 138, il y a énormément d'entrées charnières. On peut en retrouver, dans mon secteur, chez nous, entre autres... à tous les 30 mètres, 100 mètres, il y a une entrée charnière à l'est ou à... plutôt au nord ou au sud. Alors, ce n'est pas vraiment pas que l'on vise par l'amendement qu'on va déposer aujourd'hui même en commission parlementaire, mais c'est beaucoup plus, évidemment, pour aller, comme le disait mon collègue, au niveau des autoroutes. Est-ce que ça sera entre Lavaltrie et Montréal? Je sais que vous rêvez tous que ça soit chez vous pour pouvoir essayer le projet pilote, mais on verra.

Pour ce qui est de la vitesse, honnêtement, je vais être très franc avec vous, moi, je roule 110 sur l'autoroute, mais évidemment toujours dans des conditions idéales. Alors, lorsque la circulation le permet, lorsque l'environnement autour de moi le permet, sur l'autoroute, je roule 110 et je ne pense pas que je suis en train d'avouer un péché mortel que de le dire. Je suis très honnête puis je vous le dis.

Et maintenant le projet pilote... Et là je tiens à le préciser, là, il n'y aura aucun... à mon sens, à notre avis, là, il n'y a aucun compromis à faire sur la sécurité routière au Québec. Ça, là, il faut que ça soit très, très, très clair, et c'est ce que va nous apporter, j'ose espérer... c'est le projet pilote qui va nous apporter des réponses par rapport à cet enjeu-là, qui est non négociable, donc, non négociable au niveau de la sécurité routière

Est-ce que, présentement, c'est sécuritaire, ce qu'on voit sur les autoroutes? Imaginez un conducteur qui roule 115 et qui voit une auto-patrouille à un demi-kilomètre en avant de lui. Est-ce qu'il lève le pied? Et ça fait quoi comme répercussions à l'arrière? Ça fait quoi comme répercussions à l'avant? Est-ce que, présentement, c'est sécuritaire? Moi, je n'ai pas la réponse. Est-ce que de formaliser et de dire que, maintenant, c'est 120, pas plus, on ne viendrait pas, d'une certaine façon, améliorer la sécurité routière et est-ce qu'on ne viendrait pas, d'une certaine façon, améliorer la fluidité de la circulation routière? Alors, je pense, c'est des questions qui méritent des réponses, et un projet pilote, assurément...

M. Laforest (Alain) : Mais votre projet pilote, il s'établit à combien? C'est quoi, la vitesse? C'est 105, c'est 110, c'est 115, c'est 120?

M. Villeneuve : Bien, écoutez, là, on est sur la forme, M. Laforest. Et puis je pense que l'idée, c'est de dire : On va mettre un projet pilote en place, on va asseoir des experts à une table, et c'est avec eux qu'on va établir les paramètres d'un projet pilote pour, justement, être capables de mesurer et de toujours garder en tête la sécurité routière, qui est, je pense, l'enjeu numéro un.

La Modératrice : Merci. Caroline Plante, La Presse canadienne, micro de gauche.

Mme Plante (Caroline) : Bonjour. Alors, on peut prendre pour acquis, par exemple, que, si la limite est à 115, disons, les gens vont rouler un peu plus vite, qu'il va y avoir aussi une tolérance.

M. Ouellet : Non, c'est ça, on a eu ce questionnement-là. Ce qu'on sait aujourd'hui, c'est que, présentement, il y a une zone de tolérance sur les autoroutes, les policiers donnent des tickets peut-être à 119, 120. Nous, si, exemple, le projet pilote, on affiche une vitesse à 120, bien, c'est à 121 qu'on va se faire attraper, et les photoradars, même chose. Donc, il faut éviter cette zone, je vous dirais, d'appréciation du comportement. Si c'est assuré que c'est cette limite-là, bien, c'est un kilomètre supérieur, avec peut-être une zone de tolérance, un ou deux kilomètres, selon, effectivement, le degré de précision des différents outils que les policiers peuvent utiliser... Ce qu'on sait, c'est que ces outils-là arrivent avec un degré de précision, un ou deux kilomètres. Donc, je présume que quelqu'un qui roule à 121 ne se ferait peut-être pas arrêter, mais, à 122, avec la précision, effectivement... Donc, on ne fait pas... on n'augmente pas les vitesses. C'était ça, la grosse question ce matin : Est-ce que vous augmentez les vitesses? La réponse, c'est non, on veut juste appliquer les vitesses qui sont présentement tolérées sur les autoroutes, et la meilleure façon de le faire, de l'évaluer et de l'étudier, on croit que c'est par un projet pilote.

Mme Plante (Caroline) : Vous augmenteriez la vitesse officiellement, donc, sur les affiches sur l'autoroute, là, ça passerait de 100 à, disons, 115 ou 120. Comment est-ce que ça rend les routes plus sécuritaires, ça, d'accepter une vitesse plus élevée sur les routes?

M. Ouellet : Bien, la première chose qu'on se dit, c'est qu'en harmonisant la pratique, déjà les comportements vont être conscients. C'est parce que, là, lorsque les gens sont derrière le volant, ils ont cette zone de tolérance qui, malheureusement, amène les chauffeurs à modifier leur comportement. Alors, si maintenant c'est clair que c'est 120, exemple, et que la zone de tolérance, elle est inexistante, nous, notre prétention, c'est que, pour la fluidité, pour le flux de transport sur l'autoroute, il y a moins de risques de freinage brusque, considérant l'apparition d'un policier, dans une zone où est-ce qu'il y aurait des photoradars, entre autres, mais surtout c'est que ça permet aux gens d'être dans la même fluidité sur l'autoroute.

Alors, pour nous, on ne pense pas que la sécurité va être un enjeu parce que sinon on ne le proposerait pas. Mais on veut s'asseoir avec le comité d'experts, eux vont nous dire est-ce que c'est 115, est-ce que c'est 120. Et, si c'est ça, on va être d'accord pour dire : Dorénavant, c'est la limite qui est maintenant permise, et on va appliquer les pénalités pour ceux qui la dépassent en fonction de cette nouvelle connaissance là, mais surtout on va enlever cette tolérance qu'on laissait, malheureusement, à la discrétion du policier, mais à la discrétion aussi des gens qui utilisaient la route.

La Modératrice : Merci. Marie-Michèle Sioui, Le Devoir, micro de droite.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Bonjour à vous deux. Ce n'est pas la première fois qu'on entend cette proposition-là. Je me questionne sur le timing, dans un contexte où on parle de cannabis, de distractions au volant avec le cellulaire, les tablettes, et compagnie, mais beaucoup du cannabis surtout, vous en avez entendu parler dans les consultations. Est-ce que c'est le bon moment pour proposer ce genre de projet là?

M. Ouellet : C'est le bon moment parce que ça fait plus d'une décennie qu'on n'a pas travaillé à améliorer la sécurité routière à l'intérieur du projet de loi. On a une fenêtre présentement. On a apporté plusieurs modifications qui, assurément, amènent une meilleure sécurité. Donc, la discussion, présentement, est dans l'espace public.

Vous avez raison. Est-ce que la consommation de cannabis au volant, l'alcool au volant, tout ce qu'on a pu entendre ces derniers temps par rapport à la conduite avec les facultés affaiblies... Je pense que c'est le moment d'en discuter, mais c'est le moment aussi de cesser d'avoir la tête dans le sable et dire aux Québécois et aux Québécoises : Dorénavant... Nous le savons, qu'il y avait une zone de tolérance. Nous appliquons nécessairement la nouvelle loi, qui va nous dire : Présentement, c'est la loi qui amène à mettre, je vous dirais, les limites à ce qui est véritablement véhiculé sur les routes, c'est-à-dire il n'y a pas de tolérance. Ça serait 120 si on roule à 120. Donc, on arrête de jouer de la tête dans le sable, si je peux répondre à votre question, puis on dit : La vérité, c'est ça, il n'y a pas de zone de tolérance, c'est 120. Et en haut de 120, on est malheureusement fautifs, à ce moment-là.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Savez-vous si un changement de vitesse pourrait impliquer des travaux physiques? Parce que les courbes doivent être pensées par les ingénieurs pour qu'on les prenne à 100 kilomètres-heure et non 120 ou 130, là.

M. Ouellet : Bien, votre question est pertinente. C'est pour ça que, dans le projet pilote, on va circonscrire à un endroit où effectivement la configuration de la route ne nous amènerait pas à faire des changements majeurs. Mais assurément...

Je vais donner un exemple. Moi, sur la 138, il y a des endroits que je roule 90, il y a des endroits que c'est affiché à 70, des endroits que c'est affiché à 50. Il pourrait effectivement, dans certains tronçons de l'autoroute où est-ce que... parce qu'il y a effectivement une courbe prononcée, ce qui était 120 à un endroit pourrait descendre plus bas parce que la vitesse de la route ne serait pas, effectivement, sécuritaire pour prendre une courbe. Je n'ai qu'à penser, notamment la 40, lorsqu'on arrive près de Trois-Rivières, je présume qu'à 120 ça ne serait pas appliqué. Donc, le panneau ferait tout simplement dire : Sur cette portion de route, voici la vitesse recommandée, la vitesse permise.

M. Villeneuve : Si je peux me permettre, je pense qu'il n'y a jamais un bon moment pour arriver avec des changements, là. En fait, je pense qu'il faut créer le... il faut en parler, à tout le moins, et c'est ce qu'on va faire ce matin. Je vous invite à suivre la commission, où on va déposer l'amendement, où on veut finalement amener cette réalité-là qui existe présentement sur les autoroutes.

Votre question, vos deux questions sont très, très pertinentes, et notamment sur le cannabis. Le cannabis, ça va être tolérance zéro. Que vous rouliez à zéro kilomètre-heure... Donc, que vous soyez mobiles ou en mouvement, là, ça va être tolérance zéro, je pense. À moins que je me trompe, là, je pense qu'on va arriver pas mal à ça. Alors, la vitesse comme telle, ça devrait... En principe, là, les gens ne devraient pas conduire sous l'effet d'une drogue, on s'entend là-dessus.

Concernant, maintenant, comment ça va se décliner sur le terrain, bien, le projet pilote va répondre à ce genre de questions là. Nous, on pense que 115, 120... Est-ce que c'est 120 présentement? Les policiers tolèrent jusqu'à 118, c'est ce qu'on entend toujours partout, hein? Alors, le projet pilote, pour ce qui est de la forme, va... cette forme-là va être élaborée, on l'a dit puis on le répète, là, par des experts qu'on va asseoir autour d'une table, et on va déterminer l'endroit ou les endroits où ce projet pilote là pourrait se tenir. Je pense que c'est un projet qui, en quelque part, va pouvoir répondre à des questions auxquelles aujourd'hui on n'a pas de réponse sur la sécurité actuelle des autoroutes et va en même temps pouvoir se projeter, donc, dans le temps pour répondre à d'éventuels changements, donc, d'augmenter la limite de vitesse sur les autoroutes.

On parle de la limite de vitesse au niveau du maximum, mais au niveau du minimum, la question se pose peut-être aussi. Avez-vous déjà roulé à 60 kilomètres-heure? Quelqu'un... Qui me posait une question, tantôt, à quelle vitesse que je roulais parfois sur l'autoroute? M. Laforest, est-ce que vous avez déjà roulé à 60 kilomètres-heure sur l'autoroute? Moi non plus, puis je ne le conseille à personne, mais pourtant on peut le faire. Est-ce que c'est sécuritaire? Alors, je pense que, là, des enjeux drôlement importants de sécurité qui se posent.

Nous, ce qu'on fait ce matin, c'est qu'on met la balle au jeu ou la rondelle au jeu, tout dépendamment — le Canadien a fait une belle performance hier, on va mettre la rondelle au jeu — pour, justement, s'assurer qu'on va avoir les meilleures pratiques qui vont se faire au Québec. Mais ce n'est pas en gardant le statu quo, en ne profitant pas de l'opportunité de la fenêtre qui s'ouvre présentement... parce que le Code de la sécurité routière est ouvert présentement, et on va inviter le ministre, finalement, à bien vouloir accepter notre amendement pour que nos routes soient... Et, je le répète, on ne fera aucun compromis sur la sécurité, et la meilleure façon de le faire, c'est d'avoir toutes les données probantes pour pouvoir prendre une décision, agir et donc amener le changement.

La Modératrice : Merci. Micro de gauche, Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui, bonjour. Vous venez de mentionner l'ouverture que vous attendez de la part du ministre. Avez-vous déjà eu des discussions avec lui? Est-ce qu'il y a de l'ouverture de la part du gouvernement pour un tel projet pilote?

M. Ouellet : On n'a pas eu de discussion encore avec le ministre à ce sujet, mais je pourrais laisser la parole à André, c'est André qui suit les travaux de la commission.

M. Villeneuve : Oui, bien, normalement, c'est Martin qui est porte-parole, donc, en transports, mais Martin avait été appelé à deux projets de loi en même temps. Donc, il n'a pas encore la capacité d'ubiquité, alors j'ai accepté avec très grand plaisir de prendre la relève par rapport à ce projet de loi là.

Non, ça n'a pas été discuté avec le ministre. Mais en fait moi, je vous revire la question de bord : Pourquoi le ministre n'en a pas parlé? Tu sais, on s'attend, à quelque part, lorsqu'on ouvre une loi, à ce qu'il y ait quand même, je ne sais pas, moi, un certain... bon, je ne veux pas dire courage, mais à tout le moins une certaine volonté de se coller à la réalité qui existe. Et la réalité, on le répète, on le dit, les gens roulent à 118. Les policiers ne donnent pas de billet de contravention à 118, à moins d'avoir une conduite dangereuse, etc., mais ne donnent pas de billet si tout ça se fait correctement.

Alors, non, le ministre, on n'en est... je ne lui en ai pas parlé, mais soyez assuré que, dès ce matin, je vais lui en glisser un mot, puis je pense qu'il est pas mal au courant déjà.

M. Lavallée (Hugo) : Est-ce que ça entraînerait des modifications à d'autres articles du Code de la sécurité routière? Parce que, corrigez-moi si je me trompe, mais, si je ne m'abuse, il n'y a pas d'amende prévue, là, pour des excès de vitesse, disons, de cinq kilomètres-heure ou, enfin, en bas de 10, là, je ne suis pas au courant du fin détail. Mais, s'il n'y avait plus du tout, là, de zone de tolérance, est-ce qu'il faudrait, donc, pour s'assurer que ce ne soit plus le cas, modifier d'autres articles du Code de la sécurité routière?

M. Villeneuve : Ça, je pense que c'est... je ne veux pas... mais je pense que c'est accessoire, je pense que c'est accessoire. Partons avec l'idée qu'on veut se coller à la réalité du Québec que les Québécois vivent sur les autoroutes, partons avec cette réalité-là, partons avec la réalité qu'on veut améliorer la sécurité routière, en tout cas, on veut faire le mieux possible. Si on part avec ça, le reste, devient accessoire, et à ce moment-là les modifications ou les changements qui pourraient être demandés, je pense que ça ne posera pas de problème.

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...tolérance zéro pour le cannabis, est-ce qu'il faut...

M. Villeneuve : Je ne vous entends pas bien, moi.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Vous avez parlé de la tolérance zéro pour le cannabis. Est-ce qu'il faut descendre à 0,5 le taux d'alcoolémie pour ceux... quand on boit et on conduit?

M. Ouellet : Je pense qu'il en a été question — puis tu me corrigeras, André — dans le projet de loi en question, le gouvernement a fait connaître que c'était 0,8...

M. Villeneuve : 0,08.

M. Ouellet : ...0,08, pardon, et nous sommes, nous autres aussi, au Parti québécois, au même endroit. Je pense que la norme sociale a été acceptée. La norme sociale fait qu'effectivement 0,8, c'est la limite permise. Effectivement, les gens, ceux et celles qui consommeront de l'alcool et en plus du cannabis, on comprend que les facultés sont encore plus affaiblies, même s'il est à 0,8. Mais, pour ce qui est de notre formation politique, le 0,8 est la norme qui a été acceptée, et c'est la tolérance...

La Modératrice : Merci. Raquel, est-ce que tu peux poser une question en français?

Mme Fletcher (Raquel) : Est-ce que vous êtes capables de répondre en anglais?

M. Villeneuve : En anglais, tu peux-tu?

M. Ouellet : I can try.

Mme Fletcher (Raquel) : O.K. Je voulais juste que vous résumiez, pour les spectateurs anglophones, c'est quoi que vous proposez aujourd'hui, pourquoi c'est important d'augmenter les vitesses dans les autoroutes.

M. Ouellet : OK. Today, we propose that speed limits going to be… not much higher, we're just going to apply what's going on on the highway. Everybody knows that, when you use your car on the highway, you can use… not the speed limits, but you can… not ran, but you can drive at 120, and the cops will not arrest you. So, today, Parti québécois just will propose a «projet pilote»… in English, a «projet pilote»…

Mme Fletcher (Raquel) : Pilot project.

M. Ouellet : …pilot project, thanks, to the «projet de loi n° 165» just to make sure that we're going to study a new way to fix speed limits on the highway. And we think that's the good thing to do, because everybody knows that, on the highway, you can drive at the speed at 118 and you're going to be… not be arrest. So, we think that, with that «amendement»… it's going to be the best ways to just settle the same thing that what's happening on the highway.

Mme Fletcher (Raquel) : C'est-à-dire que…

M. Ouellet : Is this clear?

Mme Fletcher (Raquel) : Je pense que oui, c'est... juste une précision, c'est-à-dire que, si la limite est à 120, mettons, on le fixe à 120, les chauffeurs ne peuvent pas dépasser ça jusqu'à 130, c'est vraiment... ça va être à 120, ça va être... À 121, c'est contre la loi, vous allez avoir une contravention.

M. Ouellet : Yes. If the pilot project fixes the speed limit at 120, and you've been caught by a policeman at 121 or 122, you are going to be arrested. So, it's clear for us that there would be no more tolerance zone for a speed limit. Today, we don't announce that we are going to make a speed limit more higher, we just announce that today speed limit will be what's going on the highway. Everybody knows and everybody… most of people drive a car at speed limit at 118 on the highway, and we just are going to put the truth that speed limit is going to be much higher… not going to be much higher, but we are going to apply what's going on on the highway.

Mme Fletcher (Raquel) : O.K. Merci beaucoup. Thank you.

(Fin à 8 h 31)

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