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Point de presse de M. Jean-François Lisée, chef de l’opposition officielle

Version finale

Le vendredi 15 juin 2018, 13 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures vingt-neuf minutes)

Le Modérateur : Mesdames et messieurs, j'ai le plaisir de vous présenter l'équipe de députés du Parti québécois, de l'opposition officielle, et de vous présenter le chef de l'opposition officielle, M. Jean-François Lisée.

M. Lisée : Au cours des prochains jours, il va y avoir beaucoup de mots, d'intentions, de promesses, et puis le monde vont dire, sur plusieurs points, à peu près la même chose. On est pour la jeunesse, on est pour les enfants, on est pour l'éducation, l'économie, l'immigration, la langue, la nation. Les Québécois vont se dire : Mais comment est-ce qu'on distingue, là, qui dit vrai? Ils disent, c'est toutes des priorités, mais pour qui c'est vraiment une priorité?

Bien, comme c'est le bilan de la session, on s'est dit : On va regarder les votes puis on va regarder les chiffres qui parlent. Lorsque le Parti québécois, la CAQ et le Parti libéral ont eu à se commettre, qu'ont-ils fait?

Et je pense que le sujet qui incarne le mieux la distinction entre le Parti québécois et les deux autres partis de gouvernement, c'est l'enfance et la jeunesse.

Le 30 mai, Véronique Hivon, ayant entendu Éric Caire, de la CAQ, dire que les études sur la qualité des services de garde n'avaient aucune importance, n'en est pas revenue. Elle a dit : Sûrement que ça doit être un égarement. Ça ne se peut pas qu'un parti politique qui veut gouverner le Québec dise que les études ne doivent pas guider nos actions en ce qui concerne nos enfants. Alors, elle a soumis une motion qui demande aux partis politiques de tenir compte des conclusions des études lors de la confection de leur politique en matière de services de garde. La CAQ a refusé de voter cette motion, les libéraux aussi.

Et là on a appris que dans des services de garde non régis, où il y a 40 000 de nos enfants, la qualité, en plusieurs cas, pas tous, n'est pas au rendez-vous. Il y a eu un projet de loi où Véronique et plusieurs députés du Parti québécois ont dit : Ça n'a pas de sens. Il faut ajouter des amendements à cette loi pour garantir la qualité des services de garde à ces 40 000 enfants du Québec. Les caquistes ont refusé, les libéraux ont refusé. Et là on a appris dans Le Devoir qu'il y a des cas où c'était tellement désastreux, l'hygiène, que des enfants étaient maltraités. Alors, Véronique a dit : Bien, il faut faire quelque chose. Elle a soumis une motion qui demandait, le 5 juin, au gouvernement d'enquêter sur ce phénomène et de s'assurer que les services de garde en question cessent leurs activités. Les libéraux ont voté contre.

Alors, en éducation, ah, c'est des priorités pour tous les partis. Mais là on s'est rendu compte que dans leurs promesses, alors que la moitié des écoles du Québec sont vétustes, alors qu'on sait qu'il manque aujourd'hui de techniciennes, d'orthophonistes, de psychoéducateurs, nous, on s'est dit, au Parti québécois, ça n'a pas de sens de se priver de centaines de millions de dollars de revenus scolaires si c'est vrai que ta priorité, c'est de répondre aux besoins des enfants.

Alors, on l'a testé. Carole Poirier, 22 mars, une motion disant qu'on doit rénover les écoles souffrant un déficit d'entretien, rendre acceptable le ratio élèves-enseignants avant d'envisager une réduction de revenus de 1,3 milliard de dollars pour le réseau. Les caquistes ont dit non, les libéraux ont dit non. Elle n'en est pas revenue, Carole, elle a dit : Ils n'ont sûrement pas compris que moins d'argent dans l'éducation, ça ne pouvait pas montrer qui était prioritaire pour l'éducation. Ça fait que le 26 avril, elle leur a donné une deuxième chance : Que l'Assemblée nationale demande aux partis de s'engager à rénover toutes les écoles avant de procéder à une baisse de la taxe scolaire. Les caquistes ont dit non, les libéraux ont dit non.

Et puis là Carole, c'est quelqu'un qui est résilient. Elle est revenue le 1er mai, puis là on avait une pile de témoignages de professeurs des dernières semaines, expliquant comment la vétusté et l'absence de ressources nuisaient à la réussite de milliers d'enfants et à leur propre santé à eux et à elles. Alors, Carole a dit : Écoutez, que l'Assemblée accueille positivement le manifeste des profs en mouvement et qu'elle demande aux partis de s'engager à améliorer les conditions d'enseignement avant toute réduction de la taxe scolaire. La CAQ a dit non, les libéraux ont dit non.

Bien là on s'est dit : C'est dangereux, là. S'il fallait que, par malheur, les libéraux ou la CAQ soient au pouvoir — c'est un scénario qui est évoqué par certains observateurs — bien là, ça pourrait aller mal pour nos enfants dans les écoles parce qu'ils s'engagent à réduire les revenus scolaires. Alors, Alexandre Cloutier a déposé une motion et un projet de loi qui dit qu'il faut protéger les services et les budgets des services à l'éducation, à l'enfance et à la protection de la jeunesse, une loi bouclier anticompressions de protection de la jeunesse. Bien, les caquistes et les libéraux ont voté contre la motion puis les libéraux n'ont pas appelé notre projet de loi.

On a dit : On va peut-être avoir plus de chance en santé, de faire voir le bon sens aux deux autres partis, parce que nous, nos propositions, on sait qu'elles sont bonnes, elles sont ancrées dans le réel, elles sont crédibles, elles sont applicables. Alors, le 6 février, vous vous en souviendrez, c'était le moment où l'épuisement professionnel des infirmières est devenu un sujet de débat national. Alors, Diane Lamarre  a déposé cette motion : Que l'Assemblée dénonce la surcharge de travail des infirmières, qu'elle demande au gouvernement l'ajout immédiat d'effectifs pour régler cette crise. Les libéraux ont dit non. Les caquistes n'ont pas eu le temps de parler, les libéraux ont dit non d'abord.

Elle dit : Qu'elle exige du gouvernement qu'il consacre toutes les sommes disponibles en santé, à l'amélioration, à l'accès des soins, à la réduction de la charge de travail des infirmières plutôt qu'à une hausse injustifiable de la rémunération des médecins. Les libéraux ont dit non.

Puis là il y a eu jusqu'à 500 médecins, omni et spécialistes, qui ont dit : Ça n'a pas d'allure, les hausses de rémunération que vous nous envoyez, quand on voit le délabrement et l'épuisement dans le système de santé. Ça fait qu'on s'est dit : Bien, tout le monde va être content de voir ces médecins qui ont une telle conscience sociale et qui refusent de se faire verser, tenez-vous bien, 7 milliards de dollars au cours des huit prochaines années. Ils ont dit : Ces 7 milliards-là, là, prenez-les pour les soins.

Alors, Diane a déposé, le 13 mars, une motion qui dit que l'Assemblée salue les médecins qui demandent l'annulation de leur hausse salariale et le réinvestissement de ces sommes pour l'amélioration des soins de santé. Les libéraux ont dit non. Ils ne voulaient même pas saluer les 500 médecins qui disaient : On ne veut pas les hausses de salaire, mettez ça dans les soins.

Alors, on a dit : Écoutez, on va faire la totale, parce que nous, on en a, des propositions, puis là on va voter. On a dit, le 21 février : Il faudrait geler la rémunération des médecins, réinvestir les sommes dans les besoins, notamment en soins à domicile, en protection de la jeunesse, donner une vraie autonomie aux 200 000 professionnels en santé, notamment les infirmières et les pharmaciens, mettre en place un réseau de cliniques d'infirmières spécialisées en CLSC ouverts les soirs et les fins de semaine. Moi, je pensais que tout le monde voterait pour ça. Bien, non seulement les libéraux ont voté contre, mais les caquistes ont voté contre. Il faut le savoir.

On a parlé d'économie. On a parlé d'économie, puis nous, sortir le crime organisé du cannabis, on trouve c'est une bonne idée, mais on veut le sortir complètement. Alors, le 8 février, Nicolas Marceau a soumis une motion : Que l'Assemblée demande au gouvernement d'interdire à la future société du cannabis de s'approvisionner auprès de producteurs ayant reçu du financement en provenance des paradis fiscaux. Les libéraux ont dit non. Puis si vous n'avez pas catché, là, tout ce pour quoi ils ont dit non, nous, on va le faire. Nous, on va le faire.

Alors, Martin Ouellet, le 10 avril, a dit que, bien, ça prendrait 25 % de contenu local dans l'acquisition de matériel de transport roulant. Et là on sait que c'est le refus des libéraux et de la CAQ de mettre cette clause dans les deux lois du REM qui explique pourquoi il y a des ouvriers, en ce moment, en Inde qui construisent notre train électrique, à deux dollars de l'heure. Et ce fiasco économique, fait par les libéraux, applaudi par la CAQ, est une indication de ce qui distingue ces deux partis des vrais nationalistes économiques au Québec, c'est-à-dire le Parti québécois.

Nicolas a aussi déposé un projet de loi pour dire que la Caisse de dépôt devrait revenir à la mission que Jean Lesage lui avait indiquée, d'investir dans l'économie québécoise, et on ajouterait un élément nouveau, de permettre aux Québécois de pouvoir investir une partie de leurs épargnes à la Caisse de dépôt. La CAQ n'a montré aucun intérêt, le gouvernement a refusé d'appeler notre projet de loi.

Le 24 avril, Alain Therrien, en pleine période des impôts, a dit : C'est bien compliqué, ça. Même pour Alain Therrien, c'était trop compliqué, tous ces rapports d'impôt. Alors, on a demandé à ce que Revenu Québec préremplisse la déclaration d'impôt de tous les contribuables qui ont une situation fiscale le permettant, simplifier la vie des gens. Les libéraux ont dit non.

Mireille Jean qui, avec Alain et Martin Ouellet, ont fait le tour du Québec pour parler aux entrepreneurs, ont dit : Une chose facile qu'on pourrait faire immédiatement pour rendre la vie plus facile aux entrepreneurs, c'est d'obliger les grandes compagnies qui ont acheté des services à ces entreprises de les payer dans 30 jours. Payez-les dans 30 jours. Ils ne le font pas. Ça nuit à la liquidité de milliers de petites entreprises au Québec. Alors, lorsque Mireille a déposé son projet de loi, moi, je pensais qu'on l'adopterait en trois jours tellement c'est quelque chose de simple, de facile, d'immédiatement efficace. Non, les libéraux ont refusé. Ils ont refusé, imaginez, d'aider les petites entreprises.

Alors, il y a des grands travaux au Québec. Le troisième lien, le troisième lien... peut-être qu'un jour il y aura un troisième lien. Il y a un bureau d'étude qui fait une étude d'opportunité. Ça, ça veut dire : Est-ce que c'est opportun, oui ou non, de dépenser des milliards dans un troisième lien. Alors, nous, on dit : On va attendre de savoir si les experts trouvent que c'est opportun. Mais les caquistes puis les libéraux, eux autres, ne veulent pas attendre. Ils affirment le savoir déjà. Ils ont fait des études, mais je pense que c'est des études électorales de nombre de comtés que ça pourrait leur donner s'ils faisaient semblant de savoir que c'est opportun.

Alors, nous, on a demandé, avec Martin Ouellet, le 21 février, que l'Assemblée demande aux partis politiques du Québec d'attendre les conclusions de l'étude d'opportunité avant de s'engager à réaliser ce projet. Les caquistes et les libéraux ont dit non. Ils ont dit : On est tellement des mauvais gestionnaires puis on est tellement électoralistes qu'on ne veut même pas s'engager à attendre le résultat de l'étude avant de faire des promesses inconsidérées et non crédibles.

Et on est très, très, très préoccupés par l'accès aux régions par les vols aériens. On sait qu'Air Canada est en position de monopole et que les prix sont 55 % plus élevés pour des trajets à l'intérieur du Québec par rapport à des trajets en Ontario ou en Colombie-Britannique. Et on a proposé la seule solution que le gouvernement du Québec peut appliquer, dans ses compétences, pour casser le monopole d'Air Canada. C'est un programme de prix plancher qui ferait en sorte qu'un concurrent qui essaie de se faire sortir du marché par Air Canada serait compensé pour maintenir sa présence contre une guerre de prix d'Air Canada. Bien là, non seulement les libéraux ont voté contre, mais la CAQ a voté contre aussi. La CAQ a voté contre. J'avais dit que M. Couillard était l'employé du mois d'Air Canada, bien, François Legault n'est pas loin derrière, pas loin derrière.

En justice, Véronique a déposé une motion disant très simplement qu'on veut une instance spécialisée dédiée spécifiquement aux violences sexuelles et conjugales au sein de la Cour du Québec. Dans l'année de #moiaussi, dans l'année de la prise de conscience planétaire des problèmes d'agressions sexuelles, on dit : Écoutez, ça se fait ailleurs, ça devrait se faire ici. Les libéraux ont dit non.

Alors, il y en a tellement, puis je sais que vous voulez tous les entendre, mais j'en passe quelques-uns. Sur l'immigration, le chemin Roxham, ce scandale quotidien, Catherine Fournier a demandé encore et encore au gouvernement d'accepter de demander la suspension de l'entente avec les États-Unis qui fait de ce point d'entrée irrégulier un scandale permanent. Au début, les libéraux ont dit : Ça n'a pas de sens, ça ne peut jamais arriver. Ensuite, on s'est rendu compte qu'ils en parlaient en privé, mais ils n'ont jamais voulu agir là-dessus, ils n'ont jamais voulu permettre à l'Assemblée de lui donner le rapport de force de le demander à Justin Trudeau. Donc, clairement, ils ont peur.

On a demandé, pour nos agriculteurs... André Villeneuve a dit : Écoutez, ça n'a pas de sens. L'augmentation de la spéculation fait que les taxes foncières agricoles augmentent considérablement. Il y a un programme de remboursement qui est plafonné par le gouvernement du Québec, ce qui fait que nos agriculteurs, qui sont déjà en situation précaire pour plusieurs d'entre eux, ça va être pire. Alors, il a fait une motion pour demander de déplafonner le remboursement des taxes foncières. Les libéraux, eux, ont dit : Non, ça ne nous intéresse pas.

Puis là on sait bien, là, que le gouvernement canadien est à la veille de céder à Donald Trump sur le lait, sur les quotas d'importation de lait. Alors, on sait que les libéraux ont accepté de signer l'accord européen sans compensation, donc perdre tout le rapport de force, sous les applaudissements de la CAQ. La CAQ était d'accord pour qu'on perde notre rapport de force face à Ottawa pour la compensation de l'industrie laitière. La CAQ puis le Parti libéral n'ont rien dit lorsque, dans le Transpacifique, on a encore donné des centaines de millions qui sont imposés en baisses de revenus à nos industries laitières.

Alors, le Parti québécois, qui a toujours été du côté de notre industrie agricole et laitière, a proposé, le 12 juin, dans une motion que j'ai déposée : Que l'Assemblée s'oppose et ne ratifie aucun accord international nouveau concédant une augmentation des quotas. Ils ont dit non. Ils ont dit non, et les faits montrent clairement qu'ils étaient prêts à laisser tomber l'industrie laitière.

Alors, imaginez, on est obligés de faire deux motions spéciales pour la CAQ tellement ça posait problème. Alors, lorsque leur candidat vedette, Youri Chassin, a déclaré que lui, candidat de la CAQ, ne croyait pas au bien commun, on s'est dit : Bien, c'est original et dangereux, original et dangereux. Alors, on a déposé une motion. On a été obligés de déposer une motion disant que l'Assemblée nationale se prononce en faveur d'un État québécois au service du bien commun. Aïe! c'est fou, on est obligés de faire dire ça par l'Assemblée parce qu'un des partis qui veut gouverner a un candidat vedette qui dit le contraire.

Et cette semaine, bien, cette semaine, c'était la semaine du rappel de l'éthique. On termine la semaine, on termine la session avec un cas où le gouvernement libéral a décidé de faire la démonstration qu'il y avait vraiment une immunité libérale lorsque les libéraux sont au pouvoir. On savait déjà que, de réorganisation de la justice en coupures de budget, les procureurs n'arrivent pas à la tâche de préparer les dossiers et de mettre en accusation tous ces organisateurs libéraux qui sont soupçonnés de crimes importants, et on doit constater que, malgré toutes les enquêtes, on va se présenter aux urnes le 1er octobre sans qu'un seul libéral ne soit derrière les barreaux malgré la très longue liste de suspects et de gens qui sont sous enquête.

Mais là on a vu que même un député libéral qui avait été reconnu coupable par la Commissaire à l'éthique d'avoir dépensé 22 000 $ de trop, les libéraux l'ont protégé pour 22 000 $.

Une voix : ...

M. Lisée : Près de 25 000 $. Pas grave. Et là ils ont démontré, oui, oui, il y a une immunité libérale, on va tout faire pour défendre les libéraux contre quelque accusation que ce soit.

Mais on se disait : Mais au moins, avec François Legault, il l'a dit, en éthique, c'est tolérance zéro. Il nous l'a dit, ça. Vous l'avez entendu quand il avait dit ça, c'était tolérance zéro. Et là on l'a... et là il avait un test, ces dernières 48 heures, quand il s'est rendu compte que le président de son parti avait fait en sorte de charger jusqu'à 90 % d'intérêt à du pauvre monde en Ontario. Et là François Legault a réfléchi quelques heures : Qu'est-ce que ça veut dire, tolérance zéro? Bien, pour la CAQ, c'est tolérance 90 %, parce qu'il l'a gardé comme chef de son parti. Alors, M. Legault a échoué à son propre test des valeurs et à son propre test de l'éthique.

Alors, dans cette campagne, il y a trois choses qui vont être en jeu finalement : l'oubli, le changement à tout prix et la conviction. Les libéraux comptent sur l'oubli. Ils veulent que les Québécois ne se souviennent pas qu'ils ont mis à la porte des centaines de professionnels en éducation, qu'ils ont largué des dizaines de milliers d'enfants en difficulté, qu'ils ont réduit les soins à domicile de Québécois handicapés, ils ont réduit de 500 000 heures de soins à domicile pendant une année sur les aînés. Ils veulent qu'on oublie ça. Ils comptent sur l'oubli. C'est leur chance de succès, les libéraux, c'est l'oubli.

Les caquistes, leur seule chance de succès, c'est le changement à tout prix. Ne regardez pas les détails, on n'a jamais gouverné, pensez juste à ça, ne regardez pas les détails.

Puis nous, notre chance de succès, c'est les convictions et la crédibilité. On vous dit : Regardez les détails, parce que la vérité des convictions puis des priorités n'est pas dans les déclarations de principes, elle est dans les budgets, les votes, les combats qu'on a menés. Et je pense que tout ce qu'on a fait ces dernières années et dans cette dernière session témoigne que le Parti québécois est fidèle à ses convictions, montre des solutions crédibles et que nous, on ne table pas sur l'oubli ou le changement à tout prix, on table sur les convictions et la crédibilité. Merci.

(Applaudissements)

Le Modérateur : Merci beaucoup, M. Lisée. Nous passons maintenant à la période de questions. Je vous demanderais, s'il vous plaît, étant donné votre nombre, d'abord une question et une sous-question. Je débuterais par le micro de droite, M. Lacroix, Cogeco.

M. Lacroix (Louis) : Mesdames messieurs, M. Lisée, bonjour. Dans les deux bilans qui ont été présentés ce matin, celui du Parti libéral, celui de la CAQ, ni M. Couillard ni M. Legault n'ont mentionné le Parti québécois ou Jean-François Lisée. Vous avez été complètement exclus, mis de côté, comme si vous n'existiez pas.

Est-ce que ça démontre que vous êtes un peu les ignorés dans cette future campagne là?

M. Lisée : Bien, ça démontre qu'ils sont très mal conseillés, peut-être par la même personne, parce que des fois on a de la difficulté à distinguer l'original de la copie, hein? C'est eux-mêmes qui disent : On est l'original et la copie. On n'arrive pas à les distinguer, et ils ont peut-être les mêmes stratégies.

Moi, ce matin, j'ai entendu Mario Dumont dire que j'étais le lapin Energizer de la politique québécoise. J'aime ça.

M. Lacroix (Louis) : Quel thème va occuper la souveraineté, M. Lisée, dans la prochaine campagne? En 2014, ça avait été le thème central, là, ça avait même été l'espèce de point tournant de la campagne. Quel thème ça va occuper pour vous dans cette campagne-là? Est-ce que vous allez parler de souveraineté? Est-ce que vous allez parler des enjeux de la souveraineté, ce que ça pourrait représenter, être un Québec indépendant, etc.?

M. Lisée : Ça va faire partie, bien sûr, de notre message. Nous avons un plan pour réussir l'indépendance du Québec. Ça passe par ne pas avoir des fédéralistes au pouvoir à compter du 1er octobre. Ça, c'est la première chose à faire. Si vous voulez faire l'indépendance, là, n'élisez pas des fédéralistes.

Deuxièmement, on veut mettre à jour les études sur l'indépendance et on va préparer, pour l'élection de 2022, l'offre indépendantiste, et l'élection de 2022 se fera directement, frontalement, sur la question de l'indépendance. Mais on a considéré, par volonté de réussite et par respect pour le rythme des Québécois... On a entendu leurs priorités. Ils ont dit : Les libéraux ont rendu notre système de santé malade, notre système d'éducation vétuste et pas à la hauteur, notre système de justice avec des délais scandaleux. Il faut réparer le fondamental. Ils ont laissé la langue décliner à Montréal. Il faut réparer le fondamental pour être solides, pour faire l'indépendance. C'est ce qu'on dit, c'est ce qu'on va continuer à dire.

Le Modérateur : Merci. M. Dion, Radio-Canada.

M. Dion (Mathieu) : Bonjour à tous. En 2015, quand PKP avait le vent dans les voiles, vous avez dit : Les gens veulent vivre leur moment PKP. Avez-vous l'impression que les gens veulent vivre leur moment François Legault?

M. Lisée : Bien, ils le vivent en ce moment, puis ça va se terminer au moment de l'élection. Vous ne vous attendiez pas à celle-là, hein?

M. Dion (Mathieu) : Vous avez l'habitude d'élaborer davantage, mais avez-vous l'impression que les gens ne vous écoutent plus?

M. Lisée : Non, je pense que… Écoutez, il y a une volonté de changement qui est très réelle, O.K., et l'argument… puis on parle aux Québécois puis on fait même des groupes, etc., puis le seul argument qui porte, disons, la lune de miel de François Legault, c'est qu'il n'a jamais gouverné. Les gens ne se souviennent même pas qu'il était ministre de la Santé puis qu'il est responsable du fiasco du salaire des médecins.

Alors, très bien, il est porté par ça. Et c'est pour ça qu'on dit : Ne regardez pas juste la couverture, lisez le chapitre. Quand vous allez voir les détails, vous allez déchanter, parce que ce qu'on dit sur l'éducation, les gens savent qu'on a raison. On ne peut pas baisser les revenus puis augmenter les dépenses. Ce qu'on dit sur la santé, il faut arrêter que les médecins soient hégémoniques. Mais la CAQ puis les libéraux continuent à dire que les médecins doivent être hégémoniques, on veut faire les choses autrement. On le sait que nos propositions, elles sont au diapason de la crédibilité puis de ce que les gens connaissent dans le réseau.

Puis je pourrais continuer sur la langue puis sur les autres choses. Donc, on n'a pas de doute qu'au moment de la conversation nationale qu'est une campagne électorale, où il y a des vraies comparaisons, où il y a des vrais débats... parce que, si ça avait été François Legault au lieu de Philippe Couillard devant moi tous les jours à répondre à des questions, là, il ne serait pas où est-ce qu'il est maintenant. Alors, on est très confiants.

Le Modérateur : Merci. On va aller à M. Lavoie ensuite. M. Dion, allez-y, allez-y, allez-y.

M. Dion (Mathieu) : On est à l'heure des bilans. Pascal Bérubé avait dit que ce serait difficile d'accéder au pouvoir s'il n'y avait pas de fusion avec Québec solidaire. Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis. On est à l'heure des bilans. Avec le recul, pensez-vous qu'effectivement ça n'a pas aidé d'avoir de fusion avec Québec solidaire, que ça vous a nui et que ça vous place dans cette mauvaise posture aujourd'hui?

M. Lisée : Bon, d'abord, il s'agissait d'un pacte électoral, O.K., et puis ça dit quelque chose sur Québec solidaire qui était plus intéressé à se battre contre le parti progressiste qu'est le Parti québécois que contre des partis de droite que sont le Parti libéral et la CAQ.

Donc, ça dit beaucoup de choses sur eux, et on sent un peu partout au Québec beaucoup d'électeurs de Québec solidaire qui nous parlent encore de ce moment manqué, qui sont encore très amers face aux décisions de Québec solidaire et qui sont des électeurs du Parti québécois maintenant à cause de ça.

Le Modérateur : Merci. M. Lavoie, Le Soleil.

M. Lavoie (Gilbert) : Oui. Bonjour, M. Lisée. Vous avez été journaliste à La Presse pendant quelques années.

M. Lisée : Oui.

M. Lavoie (Gilbert) : Sept, huit?

M. Lisée : Cinq.

M. Lavoie (Gilbert) : Enfin, je pense qu'on était même là à la même période, vous à Washington, mais enfin, écoutez, je... Vous savez comment ça marche, donc, un journal. J'ai été un petit peu surpris cette semaine de vous entendre, pas vous mais Pascal, questionner la liberté éditoriale d'un journal. De la part d'un ancien journaliste, c'est un peu surprenant.

M. Lisée : Il n'était pas question... et Pascal n'a pas questionné la liberté éditoriale. Il a demandé si l'indépendance de cette nouvelle structure allait vraiment permettre au quotidien d'être indépendant pour la suite des choses, parce qu'à partir du moment où l'actionnaire de contrôle, fédéraliste, M. Desmarais, n'est plus en contrôle de l'OBNL, est-ce que l'OBNL était libre ou non pour la suite? C'est la question qu'on a posée, tout simplement.

M. Lavoie (Gilbert) : Je comprends ça, mais la prémisse à cette question-là, ça a été une espèce de procès du journal, en disant : Depuis 1970, vous avez toujours voté pour le Parti libéral. Ça, ça ressemblait, dans mon esprit, avec respect, à une espèce de procès de la politique éditoriale de ce journal-là pendant 40 ans.

M. Lisée : Bien, c'est une question qui est posée. Alors, vous nous dites que vous vous retirez. Vous avez été extraordinairement constants dans vos décisions, et c'était votre droit, c'était votre argent. Mais maintenant, ce ne sera plus votre argent. Est-ce que vous allez laisser l'équipe éditoriale de LaPresse indépendante, faire ses propres choix ou non, et quelles sont les garanties de la liberté de LaPresse? Je pense que c'était la bonne question à poser, et nous sommes contents de voir que l'indépendance de la structure de l'OBNL, telle qu'elle existe maintenant, est plus grande qu'au début du débat, il y a trois semaines. Et je pense que nous y sommes pour quelque chose.

Le Modérateur : Merci. Mme Lévesque, Huffington Post.

Mme Lévesque (Catherine) : Bonjour. J'ai une question le fun et une question plate. Tout d'abord, Philippe Couillard a dit la chose suivante ce  matin : Pour le renouveau, ça prend de la continuité. Qu'est-ce que ça vous inspire?

M. Lisée : Je ne sais pas s'il pensait à lui, ou à la CAQ, ou aux deux en même temps, mais il est clair que, oui, l'interchangeabilité des candidats caquistes et libéraux au cours des dernières années montre qu'il y a énormément de continuité entre la CAQ et le Parti libéral, hein? Dans un premier temps, ça a été des caquistes qui sont devenus des ministres importants du Parti libéral, puis maintenant, c'est des gens qui auraient voulu être ministres libéraux qui sont candidats de la CAQ.

Alors, je pense que là, le seul changement qu'on aurait, libéral-CAQ, ce serait du renouveau dans la continuité, mais la continuité dans le même type de gouvernement qu'on a eu jusqu'à maintenant. C'est comme ça que je le comprends, mais il y a peut-être d'autres façons de le décoder, je ne sais pas.

Mme Lévesque (Catherine) : On ne la comprend pas trop nous-mêmes. Pour la question un peu plate, vous aviez… bon, le PQ avait le vent dans les voiles, quand même, au début de l'année. Après, il y a eu la crise du Bloc québécois. En rétrospective, à quel point ça vous a fait mal au PQ, toute cette crise qui s'est passée au Bloc?

M. Lisée : On ne le saura jamais. On ne le saura jamais. On n'arrive pas à identifier, là, dans les variables.

Alors, est-ce que ça a aidé? Non. Dans quelle mesure? Puis on ne le saura jamais, puis ça ne sert à rien. Nous, on est tournés vers l'avenir. On est tournés vers l'avenir. On sait qui on est, on sait ce qu'on a à proposer. Les distinctions entre nous et les deux autres partis sont extrêmement claires. Alors, on se tourne vers l'avenir de façon très confiante.

Mme Lévesque (Catherine) : Mais ça n'a pas fait mal à l'image des souverainistes?

M. Lisée : Comme je vous dis, ça n'a pas aidé, mais je ne peux pas le quantifier.

Le Modérateur : M. Laforest, micro de droite.

M. Laforest (Alain) : Messieurs dames, une précision. Est-ce que vous avez peur de manquer de piles?

M. Lisée : Non, non, non. L'énergie que nous avons dans l'équipe... Écoutez, écoutez, c'est une très bonne question. Les autres aussi étaient bonnes, hein? Ils m'ont dit : Ne jamais dire que c'est une bonne question sans dire que les autres étaient bonnes, O.K.? Bon.

Écoutez, d'où vient l'énergie du Parti québécois? Bien, elle vient de ses convictions, mais elle vient aussi de son extraordinaire empreinte militante. On a 80 000 militants, et, si vous voulez savoir s'ils sont contents, regardez le financement populaire. Depuis janvier, mois après mois, on ramasse presque autant d'argent que tous les autres partis réunis, hein? Je le disais tout à l'heure, il y a les mots, il y a les déclarations de principe, il y a les faits puis il y a les sommes. Les gens, du Parti québécois et au-delà, disent : On est tellement confiants dans ce parti, on aime tellement ce qu'il dit, on aime tellement l'équipe qu'on est prêts à débourser des sous plus que jamais. Puis ça, ça nous donne de l'énergie, puis on n'en manquera pas pour le 1er octobre, pour le premier mandat puis pour le deuxième.

M. Laforest (Alain) : C'était une précision qui était assez longue. Je vais y aller avec ma question.

M. Lisée, vous êtes un stratège. Que dites-vous aux souverainistes mous qui, selon les sondages, vont à la CAQ et vous délaissent, alors que le Parti québécois est à son 50e anniversaire cette année?

M. Lisée : Alors, je leur dis que la pire façon d'aborder les choses, c'est de voter pour des fédéralistes. Si vous voulez faire l'indépendance, ne votez pas pour des fédéralistes. Si vous voulez faire l'indépendance, votez pour des indépendantistes, des indépendantistes qui ont un plan méthodique, réaliste, pragmatique pour se rendre au succès de l'indépendance, puis ça, c'est le Parti québécois.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que Jean-François Lisée est prêt à retenir l'idée que le Parti québécois pourrait se désintégrer le 1er octobre?

M. Lisée : Non.

Le Modérateur : Mme Prince, micro de gauche.

Mme Prince (Véronique) : Oui. Bonjour à tous. Philippe Couillard, ce matin, se présente en le protecteur de l'économie. François Legault offre l'espoir. Si on résume en une pensée, qu'avez-vous à offrir?

M. Lisée : Les gens, on offre les services aux gens. On offre nos convictions, on offre notre crédibilité, mais prendre soin des gens, vraiment, pas juste dans le discours, prendre soin des enfants quand c'est le temps de les protéger, prendre soin des élèves quand c'est le temps de décider si on a des revenus ou non pour eux, prendre soin des régions quand on décide que, oui ou non, ils vont avoir des liaisons aériennes qui ont de l'allure, tu sais, à chaque fois, les entrepreneurs, qu'ils soient remboursés dans les 30 jours.

On s'occupe de notre monde de façon crédible, immédiate, puis je pense que personne ne peut douter de la conviction de chaque candidat du Parti québécois et candidate du Parti québécois. Nous, on est des vrais. Puis on le sait, là, que les changements entre les libéraux puis les caquistes laissent douter de la conviction de ces deux équipes-là. Il y a des gens remarquables, mais le doute s'installe sur la conviction de ces deux équipes-là, mais pas au Parti québécois.

Nous, on croit à ce qu'on dit, on dit ce qu'on fait, on est des vrais. Alors, la vérité, peut-être, si vous cherchez seulement un mot.

Mme Prince (Véronique) : En politique, pour tous les partis, il y a des hauts et des bas. Est-ce qu'à ce moment-ci vous sentez l'indifférence par rapport au Parti québécois?

M. Lisée : Non, parce que je sens que les gens adorent une mesure du Parti québécois, qui est l'élection à date fixe, et ça a donné à un certain nombre de gens qui s'intéressent plus ou moins à la politique la permission d'attendre à la fin avant de s'en mêler vraiment. Et on le voit, de toute façon, à chaque cycle politique, de plus en plus de gens se décident à la dernière minute.

Alors, je pense que c'est une occasion qui nous est donnée, mais à chaque fois qu'on teste nos propositions puis qu'on la compare aux autres, les Québécois nous disent : C'est vous qui avez raison, c'est vous qui avez la bonne proposition sur l'immigration, sur la santé, sur l'éducation, sur l'enfance.

Alors, notre défi, ce n'est pas l'indifférence. Notre défi, c'est, au moment de la conversation électorale, de bien faire comprendre ça, puis de dire... on dit aux gens, là : Regardez bien, comparez bien, soyez des électeurs avertis parce que, si vous n'êtes pas des électeurs avertis, vous allez vous en faire passer une, là. Puis on ne souhaite pas ça pour le Québec.

Le Modérateur : Merci. M. Croteau, LaPresse.

M. Croteau (Martin) : Bonjour, M. Lisée. Ma question porte un peu indirectement sur les sondages, mais je parle plutôt des prochains mois. Qu'est-ce que vous devez changer cet été pour convaincre les Québécois de vous élire comme premier ministre dans trois mois et demi?

M. Lisée : On ne doit pas changer. On ne doit pas changer, on doit rester vrais et authentiques. Ce qu'on a à proposer aux Québécois, là, c'est ce qu'on leur dit depuis un an et demi que je suis chef et au-delà. C'est les propositions qu'on fait, c'est l'attitude qu'on a, c'est le rassemblement qu'on réussit avec Paul St-Pierre Plamondon, puis Jean-Martin Aussant, puis Diane Lavallée cette semaine, puis Lisette Lapointe qui revient, puis des candidats et des candidates de qualité pas encore assez connus un peu partout au Québec. On ne changera pas, c'est le Québec qu'on veut changer.

M. Croteau (Martin) : Il ne faut pas changer, mais dans l'état actuel des choses, les Québécois ne semblent pas très réceptifs aux idées proposées par votre parti. C'est un portrait du moment, vous me direz. Mais qu'est-ce qui fait que ce que vous faites actuellement ne semble pas connecter avec les Québécois?

M. Lisée : Soyez patient.

Le Modérateur : Merci. Micro de gauche, je crois que c'est M. Bellerose.

M. Bellerose (Patrick) : Bonjour, M. Lisée. Même question : Qu'est-ce qui explique votre troisième position dans les sondages? Il y a sûrement un facteur qui explique ça. Est-ce que c'est votre personnalité, vos idées, le report du référendum, la convergence ratée? Qu'est-ce qui explique votre troisième position?

M. Lisée : Ça n'aura tellement aucune importance le soir de notre victoire. Tu sais, c'est comme de dire : M. le premier ministre Justin Trudeau, comment expliquez-vous que vous étiez troisièmes jusqu'à trois mois de l'élection? On s'en fiche. On s'en fiche, hein? Le nombre d'équipes qui étaient troisièmes au classement général dans la saison régulière puis qui ont gagné la coupe, allez les compter.

M. Bellerose (Patrick) : Donc, ce sont les Québécois qui n'ont pas encore compris votre message?

M. Lisée : Je ne dis pas ça. Je dis qu'on verra le 1er octobre. Soyez...

M. Bellerose (Patrick) : Qu'est-ce que vous devez changer?

M. Lisée : Je ne veux pas changer, on est authentiques. Soyez patients.

M. Bellerose (Patrick) : D'accord. Donc, juste une petite raison pour comprendre...

Le Modérateur : Une dernière, s'il vous plaît, M. Bellerose.

M. Bellerose (Patrick) : Qu'est-ce qui fait que ça n'a pas réussi à percoler encore?

M. Lisée : Soyez patients.

M. Bellerose (Patrick) : Est-ce que c'est l'environnement plus global? Est-ce que c'est M. Legault...

M. Lisée : Je suis allé au bout de mes réponses là-dessus. Je m'excuse.

Le Modérateur : Mme Porter.

Mme Porter (Isabelle) : Oui, bonjour. J'ai remarqué que certains des députés qui quittent, comme Mme Léger, sont présents parmi vous, même s'ils ne vont pas participer à la prochaine campagne. Par contre, M. Cloutier, Mme Maltais ne sont pas là, pourquoi?

M. Lisée : M. Cloutier est sur un vélo, en ce moment, avec Sylvain Pagé et des députés d'autres partis pour faire Le Grand Défi Pierre Lavoie. Agnès...

Une voix : ...

M. Lisée : Ah oui! C'est ça. En ce moment, il y a les discours, en Chambre, des gens qui quittent, et, je pense, c'est le moment du discours d'Agnès.

Mme Porter (Isabelle) : Puis sinon, quel serait le pire scénario, à vous yeux : la réélection des libéraux ou l'arrivée au pouvoir de la CAQ?

M. Lisée : Ça, c'est difficile à dire, hein? Que c'est difficile à dire. Moi, je vais travailler pour que ce soit ni un ni l'autre, puis qu'on n'ait jamais de réponse à cette question-là.

Le Modérateur : Merci. On est en anglais, je crois. Mme Fletcher, micro de droite.

Mme Fletcher (Raquel) : Good afternoon. Mr. Lisée, just simply, what do you say to the people out there who are looking at the poles and say : The PQ is completely irrelevant in...  and the party is going to lose the majority of its seats come October 1st?

M. Lisée : I would say, they have learned nothing of recent history of poles and electoral results. And the number of teams that were third in the regular season and that won the cup is innumerable.

Mme Fletcher (Raquel) : You said «on s'en fiche, en français», so I was hoping that you'd say like : Just watch me.

Une voix : Non, c'est Trudeau qui a déjà dit ça.

Mme Fletcher (Raquel) : Sorry. Earlier this week, I challenged Mr. Leitão, because he has passed Bill 141, which was a bill of 500 pages and 2,000 articles, and I said : Can you give me 15 seconds of what this bill is, so I can put in my package? So I'm going to give you the same challenge : Can you give me a 15 second clip of why Quebeckers should vote for you on October 1st?

M. Lisée : Because we are straight shooters, because what we promised, we will realize, because we think you should put people first. We're not saying that education is a priority and promising, like the CAQ and the Liberals, to cut funding revenues from… Can I start again?

Mme Fletcher (Raquel) : Yes.

M. Lisée : I think the key word is credibility. What we're saying is credible. The others are saying they will cut revenues for school and invest more. It can't happen. It doesn't exist. We say we're going to keep the money we have and prioritize schools and children. The others say that they will still have a health system all built around doctors. We say no. We are going to have to give much more autonomy to nurses, pharmacists and others that can give direct services. We say we won't hold a referendum in a first mandate. We will stick to that, but we will be strong defenders of the Québec nation and we will not, like the Liberals or the CAQ, just give up on our dairy industry and let Ottawa a cave to Trump.

Le Modérateur : Merci. Mme Senay.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Lisée, Mr. Legault already left the National Assembly. He had to meet voters in the Espace Québec at 1 :30. Mr. Couillard is about to meet voters or start his summer tour at 4 :00. You're still here, behind the desk. Don't you feel a bit, you know, behind actually?

M. Lisée : Well, actually the others are one month behind because we started our summer tour in late May with the Véronique mobile and we've been in most regions of Québec already and that's what we do all the time. And so, really, they're a month behind, so we're just signaling them way back with whatever mode of transportation they have.

Mme Senay (Cathy) : How do you feel about the fact that this morning Mr. Legault and Mr. Couillard never mentioned your name or the PQ?

M. Lisée : I love being the underdog. I think people love underdogs. There is Mario Dumont that said this morning that I was the Energizer bunny of Québec politics. I have plenty of energy to get to power on October 1st.

Le Modérateur : Merci. Mme Johnson, CTV.

Mme Johnson (Maya) : Good afternoon, everyone. Mr. Lisée, François Legault appears to have been inspired by the Obama's. He is campaigning on hope and change and he has said repeatedly, along with other members of his caucus, when they go low, we'll go high. What do you think of that?

M. Lisée : Well, you know, go back and see what he said after Donald Trump was elected and then say : Does this guy look like Obama? I mean, he made statements after the election of Donald Trump that didn't remind you of Barack Obama.

Mme Johnson (Maya) : Can you give us an example?

M. Lisée : Go and see the… he was prudent in the way he framed it, but he decided to make a great show of being against the elite. That's what he said.

Mme Johnson (Maya) : So essentially you're saying that François Legault is not to be trusted.

M. Lisée : Oh! I mean, I question his sincerity. I do question his… I think François Legault has great qualities and he's sincere when he talks about the economic development of Québec. And clearly he's fit to be Minister of the Economy or to head the Caisse de dépôt or Investment Québec, and he would be great.

But the other things, I mean, shifting his position on a number of other issues, trying to convince you that he's proud of being Canadian, I mean, it's painful to listen to him. He's so insincere. So, yes, I think that, you know, he has his qualities. On the economy, I know… I'm sure he believes what he says. But what he wanted is to be Premier of Québec. He couldn't do it in the Parti québécois, so he created his own party to get to that goal.

Le Modérateur : Merci. M. Authier, The Gazette.

M. Authier (Philip) : Hello. In your remarks in the Legislature, you were quite generous, kind to Mr. Legault, earlier at the… you said he's been around… he's now going to be the new vice-dean or…

M. Lisée : Elder, yes.

M. Authier (Philip) : Yes, the vice-elder, and you said he's now part of the furniture. Are you trying to remind voters of his past? Is there any message there?

M. Lisée : Yes, absolutely. You did decode me, you did decode me.

Une voix :

M. Lisée : Yes, with humor, I was trying to say that, you know, this guy has been elected 20 years ago for the first time, so he does not embody change. His ideas are not fresh. When he talks about new dams in the North, I mean, that's been there, done that, you know. What's fresh about that? When he says : New immigrants will wait three years before we know if we keep them or we throw them away, I mean, that's troublesome, you know. So, listen, this guy has been around for 20 years. Look at him on his merits, but he does not embody change.

Le Modérateur : Merci. Madame, micro de droite.

Mme MacKinnon (Catou) : Catou MacKinnon for CBC Radio. M. Lisée, just for the record, this is not a question, but can you just go through what the Liberals stand for, what the CAQ stands for, what your party stands for?

M. Lisée : Well, I think the Liberals stand for forgetfulness. They want us to forget how deep their cuts were and how hurtful they were for students, for youth, for the elderly and for the handicapped. I think the CAQ stands for change at any cost and don't look at the details. And the Parti québécois stands for conviction and credibility.

Mme MacKinnon (Catou) : Now, there's the question : What is that mean exactly in concrete terms for voters?

M. Lisée : Well, let the others make their own pitch, but clearly, I mean, the two examples that are most telling is : we think education and youth is a priority. So how do we prove it? Well, we have to… a legislation to make sure that there is quality for daycare everywhere. The CAQ and the Liberals fought against that. We say : You shouldn't take away a billion dollars a year in revenue for schools, you should put that money in schools. The CAQ and the Liberals want to cut the revenue for schools. So we're credible when we say : Education and youth is a priority. They are not.

Mme MacKinnon (Catou) : I don't know how that links up to your message of conviction.

M. Lisée : It's that we really mean it. We really mean it. They say they're for education, they don't mean it. When it's time to vote, they don't vote it. When it's time to budget, they don't budget it. We voted, we budgeted.

Le Modérateur : Dernière, s'il vous plaît. Merci.

Mme MacKinnon (Catou) : ...last one. If you wanted to see a party make a major gaffe that would lose them a ton of support, would you prefer it to be the CAQ or Québec solidaire?

M. Lisée : Well, why leave out the Liberals? I want to be equitable. Let them all do that. I won't choose. Merci beaucoup.

(Fin à 14 h 17)

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