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Point de presse de Mme Ruba Ghazal, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de culture et de communications

Version préliminaire

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Tuesday, February 3, 2026, 11 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement


 

11 h 03 (version non révisée)

(Onze heures deux minutes)

M. Zanetti : Bonjour, tout le monde. Alors, merci d'être là, dans cette rentrée parlementaire spéciale, quand même, comme on n'en a pas vu depuis longtemps, avec deux partis qui sont en course à la chefferie, avec un premier ministre dont on connaît la date de départ de son poste. Et là, il y a un agenda parlementaire qui a l'air de vouloir continuer. Un agenda parlementaire plein de projets de loi qui ne font absolument pas l'unanimité dans la société québécoise, qui ne font même pas l'unanimité au gouvernement lui-même. Je pense au projet de loi sur la constitution, projets de loi antisyndicaux, les projets de loi sur la laïcité, notamment, puis aussi le projet de loi n° 5 qui vient affaiblir les remparts qui protègent l'environnement au Québec quand il vient le temps de faire des grands projets d'intérêts nationaux.

Alors, moi, j'aurais une proposition à faire à la CAQ, là, c'est de dire : Arrêtez ça, là. Retirez ces projets de loi là sur lesquels vous ne vous entendez même pas vous-mêmes. On le voit avec la course à la chefferie qui se déroule sous nos yeux. Retirez ça, puis prenez du temps pour écouter. Finissez donc votre mandat comme ça. Appelez les mandats d'initiative en commission parlementaire que les oppositions ont mis de l'avant, notamment la nôtre, qui dit qu'on veut entendre le PDG d'Hydro-Québec, par exemple, et notamment aussi cet autre sur la hausse tarifaire dans les épiceries. Rappelez les projets de loi des oppositions qui font l'unanimité, comme celui que Ruba a déposé sur la contraception, ou que Andrés a déposé sur le gel des loyers. Appelez ces choses-là, écoutez le monde, puis prenez le temps de faire votre course tranquille. Il y a des choses qu'on pourrait faire et ça pourrait finir en beauté, ce passage de François Legault comme premier ministre.

Mme Ghazal : Oui, merci. Merci beaucoup, Sol.

Alors, bonjour, tout le monde. Heureuse de vous retrouver en cette dernière session avant les élections. Québec solidaire, cette session, on va être à l'offensive sur le coût de la vie. Tout coûte extrêmement cher. Les gens travaillent, ils n'y arrivent pas. Ils n'arrivent pas à payer leur loyer, leur hypothèque, leur épicerie. Je les vois. Moi, je me tiens maintenant dans les épiceries beaucoup. Je parle aux gens devant les magasins à une piastre puis ils me disent : Bien, nous, ça coûte tellement cher, on est obligé de compléter notre épicerie dans les magasins à une piastre, tellement ça coûte cher. Puis ça, ce n'est pas des gens au bas de l'échelle, c'est la classe moyenne, c'est des gens qui travaillent et ils en arrachent puis ils attendent des solutions en cette année électorale. Ils nous regardent, nous les élus, qu'est-ce qu'on fait, qu'est-ce qu'on leur propose à eux concrètement, pour les aider face à cette situation-là. Donc, des propositions, on va en faire plein, et aussi des engagements en vue de la campagne électorale, c'est sûr et certain.

Moi, je dois vous avouer, c'est rendu que chaque matin que je me lève, je me dis : Est-ce qu'il y a un autre féminicide? Est-ce qu'il y a une autre femme qui a été tuée par son conjoint ou par son ex-conjoint? Et, malheureusement, il y a eu un sixième féminicide. On est à peine un mois de cette année-là. C'est le double et plus que l'année passée, c'est un véritable fléau. C'est un échec collectif. Ce n'est pas juste des drames personnels pour des individus, c'est un échec collectif. Moi, je le crois, François Legault, quand il me dit qu'il est sensible face à cette situation-là. Je crois aussi Ian Lafrenière quand il me le dit. Mais les femmes, là, qui sont en train de mourir, ou les femmes qui pourraient encore être victimes de féminicide, elles, elles n'attendent pas juste des mots ou des bons sentiments de la part des élus, de la part du premier ministre, parce que François Legault est encore premier ministre, donc, il a des responsabilités. Les organismes qui accueillent ces femmes font leur part. Elles font leur part le plus qu'elles peuvent. Elles y mettent leur cœur, leur âme, pour sauver le plus de femmes qu'elles peuvent, malgré le fait qu'elles n'ont pas l'argent suffisant. Les femmes qui sont victimes de violence conjugale de plus en plus, et ça, c'est une bonne nouvelle, elles appellent, elles prennent le peu... le courage qu'elles ont dans la situation horrible et elles dénoncent. Mais malheureusement, une fois sur deux pour elles, la porte est fermée.

Dans la mise à jour économique, des peccadilles que le gouvernement a données aux maisons d'hébergement, alors qu'elles demandent 57 millions, et le gouvernement solidaire s'engage à mettre 57 millions de dollars. Moi, je n'accepte pas que François Legault réponde : Il n'y a plus d'argent dans la caisse, parce que nous, on l'a gaspillé, puis de ne pas sauver la vie des femmes.

Donc, j'invite tout le monde, oui, de travailler ensemble. Oui, on a des bons sentiments puis il n'y a personne qui accepte la situation. Maintenant, c'est quoi les actions? Et c'est François Legault, qui peut, dès maintenant, changer le bilan en matière de sécurité des femmes avant qu'il quitte.

Journaliste : Est-ce que vous comprenez... le gouvernement actuel n'a plus la légitimité de gouverner, M. Zanetti?

M. Zanetti : Bien, il a la légitimité de le faire au sens où il a été élu puis il y a des lois sur les élections à date fixe et tout ça. Mais là, je pense qu'il doit prendre du recul sur les projets qu'il avait commencés et qui ne font pas l'unanimité, et pour lesquels finalement ceux qui les avaient commencés, celui qui les avait commencés, ordonnés, il part, là. On le sait. Puis là, on voit, étant donné que les langues se libèrent, que tout le monde n'est pas d'accord au cœur même du gouvernement.

Alors moi, la légitimité qu'ils ont, c'est de commander des commissions parlementaires sur les sujets qui ont été demandés pour écouter la population, écouter les experts, pour au moins finir un peu en beauté. Vous savez ce qui tenait ensemble la Coalition avenir Québec, là, c'était les bons sondages de François Legault. Son taux de popularité est disparu. Et là, la coalition elle est en train d'exploser complètement. On le voit, c'est un spectacle. Dans ce contexte-là, moi, si j'étais eux, je me mettrais en mode écoute.

Journaliste : Ce n'est pas un peu normal, à quelque part, que des projets de loi ne fassent pas l'unanimité? Je veux dire, si c'était un critère, on n'adopterait rien à l'Assemblée nationale.

M. Zanetti : Oui, vous avez bien raison. Peut-être que j'aurais dû dire qui font... qui soulèvent des levées de boucliers très généralisés dans la société. Quand on regarde le projet de loi de constitution, une constitution construite sans consultation en amont, qui est décriée par les nations autochtones au Québec, qui est décriée par les syndicats, par les groupes féministes, par... Il n'y a pas grand monde qui soutient ça...


 
 

11 h 08 (version non révisée)

M. Zanetti : ...donc ça, c'est un projet en particulier de les répartir. Puis, je pourrais faire la liste.

Journaliste : ...pourquoi ne pas appeler des élections anticipées, tant qu'à retirer tout ça? Pourquoi ne pas aller voir les électeurs?

M. Zanetti : Bien, c'est une bonne question. Nous autres, on va... on va être prêts à n'importe quel scénario. Cela dit, il y a quand même une loi d'élections à date fixe au Québec qui sert à ce que les gouvernements ne déclenchent pas des élections au moment où ça leur est favorable pour des raisons partisanes. Je pense qu'il est important de respecter ça, à moins d'une circonstance exceptionnelle, là.

Journaliste : ...M. Bouazzi en avait 13 projets de loi ce matin.

M. Zanetti : Oui.

Journaliste : On ne touche plus à 13.... On fait quoi? On fait quoi jusqu'en juin?

M. Zanetti : On écoute, on... Il y a tellement de mandats...

Journaliste : On met le Québec sur pause?

M. Zanetti : Bien non, au contraire. On écoute le Québec pour une fois en huit ans. Ce serait vraiment bien, ça. Moi, j'aimerais ça entendre ce que les gens en éducation, ils veulent plutôt que de se voir imposer des réformes puis des projets de loi. Ça fait longtemps que le monde de l'éducation, ils n'ont pas été contents de quoi que ce soit. Tu sais, j'aimerais ça qu'on les entende. Il y a tellement de mandats d'initiative qui ont été déposés pour qu'on entende le monde. Puis, des projets de loi par les oppositions, il y en a qui ne font pas l'unanimité, mais il y en a qui font l'unanimité. La question de la... de la contraception, il y avait de la grosse ouverture du point de vue du... du côté du premier ministre. Il pourrait être appelé, ce projet de loi là. Il y a plein de choses qui pourraient être faites.

Journaliste : ...ce qu'elle veut.

Mme Ghazal : En ce moment, là, les gens, je l'ai dit tantôt, là, on n'arrête pas de le répéter, on le voit, ils ne sont pas capables de payer le loyer. Hein, c'est... il y a eu un... un rapport qui est sorti, une grande majorité de gens. Pourquoi? Parce que les loyers ont tellement explosé parce qu'il n'y a aucun contrôle des loyers. Il y a la mesure du TAL, mais, on le sait, là, il y a des gens qui ont reçu des augmentations de 20 % et 40 % l'année passée. Puis, je vous le garantis, cette année aussi, il va y avoir des très grandes hausses des loyers.

Nous, on a proposé de contrôler le loyer et le gouvernement n'est pas à l'écoute. Qu'est-ce qu'il fait pour aider les locataires qui ne sont pas capables de payer? Il ne fait rien.

Journaliste : Je comprends, mais vos propositions ne feront pas unanimité. Vous dites «il faut écouter la population», la population dit qu'il y a un problème, par exemple le coût du loyer ou le coût des aliments, pourrait proposer, par exemple, s'entendre : On voudrait des baisses d'impôts généralisées ou des crédits d'impôts remboursables très importants qui pourraient mettre à mal les finances publiques. Est-ce qu'on doit donner à la population ce qu'elle veut? C'est ça, ma question.

Mme Ghazal : On ne parle pas juste des solutions, c'est-à-dire que...

Journaliste : ...qui font consensus.

Mme Ghazal : ...c'est-à-dire... Oui, mais, en ce moment, il y a un problème, on parle de la crise du logement, et ce qu'on a, c'est un ministre têtu qui veut avoir une constitution qui met en risque le droit à l'avortement au Québec. Il n'y a personne qui a demandé ça. C'est totalement inacceptable. Mais je ne le vois pas, le projet de loi, qu'on pourrait en débattre, puis on ne serait peut-être pas d'accord avec les mesures, pour permettre aux gens de payer leur loyer quand ils travaillent, pour contrôler le loyer. Peut-être qu'on ne serait pas d'accord avec la mesure. Peut-être que ce ne sera pas la mesure qui est demandée par tel groupe ou tel groupe. Il est où le projet de loi pour régler la situation en ce moment? Il n'y en a pas. Tout ce qu'on veut, c'est mettre au pas les... mettre au pas les... les profs, et tout ça, dans les... dans les services de garde alors qu'on a besoin de places, mettre au pas les gens qui travaillent, les syndicats, mettre au pas... et après ça mettre à risque le droit à l'avortement. Donc, même entre eux, la CAQ, ils ne sont pas d'accord. Moi, j'avais déjà demandé à François Legault, une semaine ou deux avant qu'il dise qu'il ne se représente pas puis qu'il va quitter : Arrêtez de nuire, arrêtez de nuire au moins, et soyez à l'écoute, et réglez les vrais problèmes. Après ça, on peut discuter des propositions puis des mesures. Mais ce n'est pas ça qu'on fait en ce moment. On ne parle pas de la crise du coût de la vie, on ne parle pas de l'épicerie, on ne parle de rien. On parle de mettre à mal le droit à l'avortement puis d'une constitution que... qui n'est pas celle du peuple mais qui est celle de Simon Jolin-Barrette.

Journaliste : Juste, une précision sur votre introduction. Est-ce que vous faites un lien entre ce que vous considérez comme un sous-financement, par exemple des maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, et le nombre de féminicides?

Mme Ghazal : En fait, le... les féminicides, il n'y a pas une seule solution. S'il y a quelqu'un qui dit «voici la solution», ne le croyez pas, il vous ment. Il y en a plein. Ça commence par les discours masculinistes puis l'éducation des enfants à l'école, où est-ce que là, on voit qu'il y a un discours qui dit que les femmes doivent rester à la maison puis il y a des profs qui m'en parlent, les enfants disent que c'est correct, jusqu'au financement des maisons d'hébergement pour que quand une femme appelle, on ne lui dise pas «désolé, il n'y a pas de place». Il y a la crise du logement qui fait qu'il y a des femmes, elles ne savent pas où aller, ça fait qu'elles restent avec leur conjoint violent parce qu'elles n'ont pas les moyens d'avoir un logement. Il y a les hommes récidivistes, hein, il y en a qui télégraphient qu'ils vont faire un féminicide, quasiment, là. Celui qui a tué sa femme puis qui s'est suicidé, ce n'est pas la première fois, là, il a même eu un bracelet anti-rapprochement. Puis, il y a... Ça fait que qu'est-ce qu'il faisait à l'extérieur? Comment ça se fait qu'il n'est pas en prison? Peut-être que sa femme, elle a eu peur, ça fait qu'elle a décidé pour les enfants : C'est correct, il peut... je vais retirer mes plaintes. Mais on le sait qu'il est dangereux, puis si ce n'est pas... ce n'est pas à elle d'évaluer la dangerosité, mais c'est notre système de justice. C'est une multitude de mesures, dont celle de financer les maisons d'hébergement. On ne peut pas... on ne peut pas... Le premier ministre, je ne veux pas l'entendre me dire qu'il n'y a pas la capacité de payer de l'État puis qu'il veuille faire des économies sur la vie des femmes. Je ne veux pas entendre ça.

Journaliste : Qu'est-ce que vous pensez de la...


 
 

11 h 13 (version non révisée)

Journaliste : ...par le Parti conservateur de faire la promotion d'une culture de la famille. Ça revient, là, beaucoup, là, cette idée que, bien... on est en dénatalité, donc il faut faire davantage la promotion de la famille pour contrer ça.

Mme Ghazal : Bien, les femmes et les hommes, mais les femmes auront les enfants qu'elles auront choisi d'avoir. Maintenant, nous, comme société, on n'a pas à leur dire : Faites plus d'enfants, faites moins d'enfants. C'est... Ça, non, c'est... ce discours-là, on n'est plus en 1950.

Cela dit, ce qu'il faut faire, c'est mettre les conditions en place pour que les femmes et les hommes puis les familles qui veulent avoir des enfants, que c'est ça leur choix. Parce que moi, je suis pour la liberté de choix. Donc, si elles, elles désirent d'avoir des familles, bien, il faut qu'il y ait les places en garderie, il faut qu'il y ait une éducation de qualité pour leurs enfants, qu'elles soient... ne doivent pas se serrer la... que les familles ne doivent pas se serrer la ceinture pour les envoyer au privé, parce que ça coûte extrêmement cher avec l'éducation à trois vitesses. Il faut mettre... Il faut... arrêter la crise du logement, mettre en place un contrôle des loyers. Il faut mettre toutes les conditions dans la société pour permettre aux familles qui ont... qui choisissent librement de faire des enfants, de faire les enfants qu'ils veulent.

Journaliste : ...à 7 % dans les sondages?

Mme Ghazal : C'est sûr que ce n'est pas la place où j'aurais aimé qu'on soit, à Québec solidaire, c'est sûr et certain. Mais j'en ai vu d'autres.

Journaliste : C'est quoi, votre application de ça, votre diagnostic?

Mme Ghazal : J'en ai vu d'autres. Moi, je m'en rappelle très, très bien, moi. Demain, c'est les 20 ans de Québec solidaire. Moi, j'étais là, à la Fondation de Québec solidaire. Puis on disait : Ça ne marchera pas, cette affaire-là, vous n'aurez jamais aucun député, vous n'aurez rien.0 Puis on n'a pas écouté. Parce que quand on s'implique en politique, quand moi je m'implique en politique à ce moment-là, je n'entendais pas ces oiseaux de malheur là, je ne les écoutais pas. Parce que, si je les avais écoutés, je ne serais pas ici devant vous. Moi, quand je fais de la politique, c'est pour suivre des convictions. Moi, je n'accepte pas que des PDG et des millions de dollars... puis que les gens souffrent. Donc, c'est pour ça. Maintenant, en 2018 aussi, on était à peu près à ce niveau-là, 8 %, 9 %. Parlez-en à Manon, après l'élection, ça a été quoi, le résultat. Moi, c'est là que je suis devenue députée puis que je me suis présentée avec Sol puis avec d'autres. On n'a pas regardé les sondages, on n'a pas regardé les sondages, quand on a décidé de devenir...

Journaliste : Donc, vous ne vous remettez pas en question avec le 7 %? Vous n'avez pas fait de pas de recul pour vous demander : Pourquoi on est rendus là, alors qu'il y a quatre ans, on était à 16 %, par exemple?

Mme Ghazal : Comme je vous le dis, je ne suis pas en politique pour seulement analyser les sondages, parce que si je le faisais, on était à ce niveau-là il y a plusieurs années, puis j'ai... j'ai quand même continué. Parce que j'ai des convictions, j'ai des valeurs, c'est pour ça que je m'implique.

Journaliste : ...est-ce que vous avez fait un diagnostic? Est-ce que vous avez... Est-ce qu'il y a des pistes de... Qu'est-ce qui ne fonctionne pas, selon vous, auprès de la population, entre vous et Québec solidaire?

Mme Ghazal : Moi, je ne pense pas qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne pas. On a un nouveau leadership, ici, avec Sol et moi. Les gens sont en train d'apprendre à nous connaître. Et je suis convaincue que plus ils vont apprendre à nous connaître, plus ils vont nous aimer encore plus.

Et, cette session, nous allons être à l'offensive. Vous allez m'entendre très souvent. Puis je vais être pas mal la seule ici, à l'Assemblée nationale, à le faire, avec tous les députés de Québec solidaire, à pointer du doigt et à nommer les vrais coupables de la crise du logement, de la crise du coût de la vie, de la montée des prix dans les épiceries. En ce moment, il y a des... La classe politique, ce qu'elle nous dit, c'est : C'est la fatalité, on va essayer d'aider ceux qui en arrachent, puis les autres, bien, débrouillez-vous, vous travaillez, vous n'y arrivez pas, débrouillez-vous. Pendant ce temps-là, on a, que ce soit le gouvernement du Parti libéral, du Parti québécois... ils ont démantelé nos services publics, et c'est la population qui paie des impôts et vit avec ça. Moi, je ne crois pas qu'il y a une fatalité. C'est une...

Journaliste : ...

Mme Ghazal : Les vrais coupables, c'est les grands PDG qui gagnent le salaire moyen en quelques semaines, même pas, en début d'année, ceux qui s'en mettent plein les poches. Les vrais coupables, c'est les spéculateurs, hein? Si, en ce moment, c'est le Far West dans le monde du logement... Je veux dire, ce n'est pas quelque chose qui vient d'arriver. On est en train de vivre avec les conséquences du désinvestissement dans les logements sociaux des différents paliers de gouvernement, mais aussi de la décision de dire : On laisse le libre marché, hein? Parce qu'on nous dit que le libre marché, quand on le laisse aller, tout d'un coup, tout va bien aller. On est dans un système totalement déséquilibré.

Ça fait qu'on va être à l'offensive pour les nommer et on va aussi accuser. Moi, je vais continuer à accuser la classe politique qui a trahi la classe moyenne et qui a laissé faire, ces coupables-là. On est les seuls à avoir le courage de le faire.

Journaliste : Glencore est en train d'annoncer à ses employés de Rouyn-Noranda qu'ils suspendent des investissements de 300 millions de dollars qu'ils avaient promis parce qu'ils n'ont pas pu s'entendre avec le gouvernement. Donc, si la tendance se maintient, là, l'usine serait fermée l'année prochaine. Qu'est-ce que vous... Comment vous réagissez à ça?

M. Zanetti : On va regarder les détails de ce qui est... de ce qui est annoncé, là, dans les prochains jours, de ce qui va se développer. Évidemment, ce n'est pas la première fois qu'une multinationale fait du bras de fer puis des menaces pour essayer d'obtenir des avantages du gouvernement et de faire peur au monde. Alors, on va regarder qu'est-ce qu'il en est dans les prochains jours. On va regarder ça.

Journaliste : ...

M. Zanetti : Moi, ce que je vais prendre...


 
 

11 h 18 (version non révisée)

M. Zanetti : ...très au sérieux, là, c'est d'une part la protection des emplois des gens en Abitibi-Témiscamingue, puis à Rouyn-Noranda en particulier, et aussi la santé des citoyennes et des citoyens, puis la qualité de l'environnement. Parce que l'environnement, c'est une richesse collective qu'on a... qu'on doit protéger. La santé des gens, quand on a vu les impacts de la fonderie, là, on ne peut pas commencer à monnayer ça, puis à dire : Ah, bien là, ce n'est pas si grave pour vous autres, puis délocaliser les quartiers. Je pense qu'on doit prendre au sérieux ces affaires-là, puis on va continuer.

Journaliste :  Est-ce que le gouvernement doit tout faire pour sauver ces emplois-là?

M. Zanetti : Le gouvernement, sa tâche, c'est de sauver les emplois, puis de sauver la santé des gens aussi, et de ne pas faire de compromis sur la santé des gens.

Journaliste : Il peux-tu faire les deux?

M. Zanetti : On va regarder, moi, je pense qu'il ne faut pas... Je pense qu'on peut faire les deux. Je pense qu'il ne faut pas tout de suite, disons, se laisser impressionner par les menaces de Glencore, qui est d'une des plus grosses multinationales au monde dont l'histoire éthique est scandalisante, c'est une des plus grosses... plus grosses capitalisations au monde. Ce n'est pas la première fois qu'ils font un bras de fer, qu'il essaie de faire plier les gouvernements sur les normes environnementales. Ils ont obtenu quelque chose avec la hausse de la norme de nickel de la CAQ, il y a quelques années. Donc, je ne plierais pas.

Journaliste : ...déplier de l'argent supplémentaire, c'est 300 millions, là. Est-ce que le gouvernement pourrait payer la moitié de la facture pour sauver les 3 300 emplois?

M. Zanetti :  On va analyser la solution, les...

Journaliste : ...

M. Zanetti : Je comprends, mais on va analyser les choses quand on va avoir pris pleinement connaissance de la nouvelle puis des détails entourant ça, puis on va poser des questions. Maintenant, la question c'est : On peut-tu arrêter de faire des compromis sur la santé des gens puis les laisser mourir du cancer? Depuis quand cette affaire-là, ce n'est pas quelque chose d'important, puis que tout à coup, là, toutes les menaces des multinationales nous font plier?

Le Modérateur : En anglais.

Journaliste : Regarding this... the last stretch of this legislative session, you want all the bills to be canceled?

M. Zanetti : There are a lot of bills that are really contested in the society and even in the government right now, we can see it because they have a leadership race and the...

Journaliste : Bill 1. Or is there more?

M. Zanetti : Yeah, Bill 1, Bill 2, Bill 5, Bill 9, like, on securism, on the unions, on the Constitution, and also the big Bill 5 on the legislation around big projects, it's weakening the environmental rules. So, yeah, they should take that off because they don't even agree about those bills for most of them. And there's a lot of people in the society contesting those bills. And they should take a time off until April when they have a new leader to listen to the society, listen to what they have to say, and call maybe bills that have been proposed by the oppositions, and listen to the people in commissions in order to hear and have their feedback and do something good with it.

Journaliste : But you don't want to have an early election?

M. Zanetti : Well, there is a law in order to have the election at the same date. This law is meant to be... to ensure democracy so that the government doesn't, like, go in election whenever it suits its interests. I think it's important, but if they go in elections, we will be ready. Of course.

Journaliste : One of the first things you mentioned is the six femicide in Québec.

17933 Mme Ghazal : Yeah.

Journaliste : What's your message? I know you said it in French. If you could repeat some of that in English, please.

Mme Ghazal : Yeah. This is... this feminicide, in 2026, is... comment on dit un échec... fail. Yeah. This feminicide is a fail for all our society. So, I'm really afraid about this situation, and those women. And if we want to avoid other feminicide, it's not only to talk about good feelings and how we... like, the Prime Minister and Mr. Ian Lafrenière just to say that they are sad about the situation. What's important now is to have actions. So, it's important to... for example, to put money, 57 million, in the housing for those women who want to escape from a violent person. So, this is what we should do, it's to make actions, not only to speak about that. And it's not true that the government don't have any money to save these lives. It's important to invest and to put money, and to put a lot of actions to protect women, and we don't want another femicide this year.

Journaliste : AndI know, quickly, you had mentioned in French some of your ideas that you don't want a woman calling a shelter, and they tell her there's no room, that young men need to be educated at an early age. Can you just elaborate on that?

17933   Mme Ghazal : Yeah. There's a lot of measures that we should put in place : education for...


 
 

11 h 23 (version non révisée)

Mme Ghazal : ...for young boys, about the equality between women and men, but also when a woman calls, and she has... she takes a lot of courage to call to say that she wants to escape from her house. Right now, they don't... there's not enough places, so it's our responsibility, of the... as a society, to open the doors to save and protect these women.

(Fin à 11 h 24)


 
 

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