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Point de presse de Mme Alejandra Zaga Mendez, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de finances, et M. Guillaume Cliche-Rivard, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé

Version préliminaire

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Thursday, February 5, 2026, 11 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement


 

11 h 31 (version non révisée)

(Onze heures trente-deux minutes)

Le Modérateur : Donc, bonjour, tout le monde! Bienvenue à ce point de presse de Québec Solidaire. Prendrons la parole, dans l'ordre, Alejandra Zaga Mendez, députée de Verdun, Johanne Gouskos, Maxence Corriveau, Sylvain Williams et finalement Guillaume Cliche-Rivard, responsable solidaire en santé.

Mme Zaga Mendez : Merci beaucoup. Bonjour, tout le monde! Tout à l'heure, j'ai déposé une pétition et j'ai interpelé la ministre de la Santé et des Services sociaux concernant l'état des infrastructures de l'Institut Douglas, un projet de modernisation promis depuis des années qui n'arrive pas. Je pense que tout le Québec a été témoin, la semaine dernière, de l'état catastrophique des bâtiments à l'Institut Douglas. Il y a aucun doute qu'il faut s'en occuper et qu'il faut rénover l'institut au plus vite. C'est des images choquantes, bien sûr, mais, malheureusement, ce n'est qu'un aperçu de ce que les intervenants qui sont ici avec moi aujourd'hui vivent et nous disent depuis des années.

En ce moment, la ministre m'a répondu que c'était un enjeu de maintien d'infrastructures et juste un dégât d'eau, mais c'est d'ignorer la réalité, c'est ne pas voir ce que nos soignants, mais surtout nos patients en santé mentale, vivent au Douglas. Et c'est pour cette raison-là que j'emmène le terrain à elle, c'est pour cette raison-là que tous les membres du personnel sont ici avec moi.      Des exemples, il n'en manque pas. Je peux vous parler du dégât d'eau ou du fait que, le jour d'avant, l'aile gériatrique, où est-ce que sont les patients aînés, il n'y avait pas de chauffage. L'été d'avant, les infirmiers devaient déplacer des patients parce qu'il faisait dangereusement chaud dans les chambres. Vous allez en avoir des témoignages aujourd'hui qui, je vous le dis, des fois glace même le sang.

Nous sommes ici pour demander une seule chose : Accélérer rapidement le projet de modernisation pour l'Institut Douglas. On ne peut plus attendre, c'est une crise qui est vécue sur le terrain. Je vous cède la parole.

Mme Gouskos (Johanne): Bonjour, je m'appelle Johanne Gouskos. Je suis éducatrice spécialisée à l'Institut universitaire en santé mentale Douglas depuis plus de 26 ans. J'y ai consacré ma carrière. J'ai accompagné des milliers de personnes de grande détresse psychologique et j'ai vu, année après année, les installations se dégrader de façon indigne. Le plafond du Pavillon Lehmann n'est pas le seul pavillon... n'est pas le sol plafond de l'Institut Douglas qui s'est effondré à la suite de fuites d'eau, il est simplement le plus récent. Au quotidien, nos thérapeutes rencontrent leurs patients dans leur bureau. Les patients contournent des poubelles vides placées au sol pour récupérer l'eau qui coule des plafonds. Selon la météo, les gouttes peuvent devenir bruyantes et impossibles à ignorer. Le thérapeute et la personne qui soignent essaient de faire comme si de rien n'était, mais c'est tout simplement impossible. Comment ne pas ressentir de la gêne lorsqu'on accompagne une personne en détresse dans un environnement aussi peu sécuritaire et peu thérapeutique?

Cet environnement est particulièrement difficile pour nos patients. Une personne psychotique peut croire que les gouttes m'envoient des messages ou une autre qui est en anxiété généralisée et se dit consciente que les plafonds s'effondrent au Douglas. Je peux difficilement tolérer l'angoisse d'être dans nos installations. Pour les gens qui font partie de notre clientèle, le simple fait de quitter leur domicile pour venir consulter est déjà un immense défi. Ils sont épuisés quand ils sont rendus chez nous. Il ne leur reste plus d'endurance mentale pour composer avec les plafonds qui coulent, les coquerelles, les souris qui circulent dans les lieux de soins.

Depuis 26 ans, j'ai vu une institution de santé mentale, reconnue mondialement pour la qualité de ses soins, se détériorer lentement, mais sûrement. C'est honteux que le gouvernement a laissé une telle institution se dégrader à ce point sans se soucier des impacts directs sur la santé mentale des personnes qui reçoivent les soins comme celles qui les prodiguent. Exigeons un environnement sécuritaire digne et réellement propice à recevoir et offrir des soins de santé mentale. Nous le méritons tous.

M. Corriveau (Maxence) : Bonjour à tous. Maxence Corriveau, président FIQ pour l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal. Donc, on est à nouveau devant vous aujourd'hui pour dénoncer la vétusté alarmante de l'Hôpital Douglas. C'est un établissement clé en santé mentale, mais dont certaines infrastructures datent de 1890...


 
 

11 h 36 (version non révisée)

M. Corriveau (Maxence) : ...En 2026, c'est inacceptable que des soins modernes soient offerts dans des bâtisses aussi désuètes. Les infrastructures de l'Hôpital Douglas figurent parmi les pires au Québec. On n'est pas les seuls à le mentionner. Le gouvernement le sait, l'évaluation des bâtiments de Santé Québec arrive à la même conclusion que nous.

À l'intérieur des murs, les problèmes sont aussi graves que réels. Il y a des moisissures dans les salles de bain où, bien évidemment, les patients refusent de se laver. Il y a des dégâts d'eau à répétition qui peuvent mener à des fermetures d'espaces, par exemple des salles de bains pour des personnes à mobilité réduite. On retrouve des graffitis, des trous, de la rouille, des problématiques de rongeurs et d'insectes. À l'entrée de certaines unités, le sol peut être jonché de mégots de cigarettes. Une forte odeur d'urine est présente. Puis, dans les tunnels qui relient les pavillons, il y a des fuites persistantes des tuyaux qui mettent en danger non seulement la sécurité des patients mais aussi celle des professionnels en soin. Dans des conditions comme celles-ci, établir un lien thérapeutique, c'est impossible. Les problèmes de thermorégulation aussi aggravent la situation. Il n'y a aucune climatisation dans les chambres, si bien qu'une chaleur accablante est présente l'été. Et le froid, on a des chambres froides. De plus, les unités sont surpeuplées. On a des espaces qui sont conçus pour une vingtaine de patients puis on en compte aujourd'hui une quarantaine. Comment est-ce qu'on peut soigner dignement comme ça? C'est impossible.

À cela s'ajoute aussi l'aménagement des lieux, qui n'est pas sécuritaire. On ne peut pas effectuer une surveillance fonctionnelle. Certaines unités n'ont même pas de salle d'isolement, ce qui fait en sorte qu'on doit des fois déplacer des patients en crise à l'intérieur de l'institut.

Le gouvernement et son agence de Santé Québec sont bien au courant de la situation et une pétition circule depuis longtemps pour rénover l'hôpital. Maintenant, le Douglas refait surface dans les médias pour un dégât d'eau majeur. Heureusement, les patients peuvent compter sur des professionnels en soins extraordinaires qui font des miracles à chaque jour, mais ils travaillent dans des conditions complètement indignes. Personne, je dis bien personne, ne devrait rentrer travailler le matin en ayant peur que le plafond leur tombe sur la tête. Puis là je ne parle pas de venir quérir des soins, c'est encore pire. Donc, il est grand temps que le gouvernement investisse dans une innovation majeure. La dignité des patients qui sont extrêmement vulnérables et la sécurité du personnel l'exigent. Merci beaucoup.

M. Williams (Sylvain) : Merci. Donc, mon nom est Sylvain Williams, je suis scientifique à l'Institut Douglas depuis maintenant près de 30 ans et professeur à la Faculté de médecine de psychiatrie de l'Université McGill.

Donc, évidemment, malheureusement, j'ai été témoin la semaine dernière de... des chutes Niagara, des chutes Niagara dans un centre de recherche. C'est assez incroyable. Malheureusement, évidemment, les dégâts sont majeurs, les plafonds tombent. On a tous vu les vidéos à la télévision, et c'était vraiment ça, les planchers endommagés, les murs endommagés, de l'amiante un peu partout. C'est maintenant. On est en train de faire l'investigation, pas nous, mais le CIUSSS et les autres... les autres firmes.

Donc, le plus sérieux également, c'est, bon, les instruments scientifiques, hein? Des investissements de millions de dollars du public maintenant qui sont aux poubelles. Une catastrophe.

Évidemment, là, on parle aussi des gens, des scientifiques au centre qui sont affectés, hein, les projets qui sont arrêtés. Les jeunes scientifiques, vous savez, le... le Douglas, c'est un centre où on a beaucoup de jeunes étudiants qui apprennent à faire de la recherche, qui font de la recherche à la maîtrise, au doctorat, au postdoctorat. Donc, une... plus d'une centaine d'individus. Maintenant, les projets sont arrêtés. Donc, maintenant, plus de 100, une centaine de projets ont été stoppés et plus d'une centaine d'assistants de recherche, d'associés, de recherche d'étudiants sont paralysés. Donc, c'est vraiment une catastrophe, là. L'édifice, semblablement, va être fermé pendant des mois et des mois, à temps... jusqu'à tant qu'on trouve des solutions pour rénover. Comment ça va être rénové?

Donc, si vous ne savez pas, le... le centre de recherche Douglas, c'est un leader, là, canadien, mondial, là, à l'international sur la santé mentale et puis sur l'Alzheimer. Hein, on sait tous, là, des centaines de personnes, des centaines de milliers de personnes au Québec, au Canada souffrent de la maladie d'Alzheimer. Des centaines de milliers de personnes sont traitées chaque année, pour la dépression par exemple. Donc, la recherche, ce n'est pas juste l'arrêt des expériences mais c'est également l'arrêt de... pour trouver des solutions pour des nouveaux traitements et mieux comprendre ces maladies. Donc, un centre de recherche, c'est...


 
 

11 h 41 (version non révisée)

M. Williams (Sylvain) : ...super important dans un milieu hospitalier. L'autre chose que je voulais vous dire, c'est qu'en fin de compte, ce que j'ai vécu, et les équipes ont vécu, la semaine passée, au Douglas, bien, ce n'est pas surprenant. C'est... c'est choquant, mais ce n'est pas surprenant, puisque ce n'est pas la première fois qui arrive des dégâts majeurs au Douglas. Il y a quelques années, il y a eu un feu important, de l'eau qui s'est infiltrée dans des boîtes électriques, qui a causé un feu majeur qui aurait pu faire brûler l'hôpital au complet, mais qui aurait pu aussi, évidemment, là, blesser peut-être de façon fatale les employés, les étudiants qui y travaillent. Non, vraiment, une catastrophe.

Mon message, c'est le suivant. Déjà, le gouvernement, il y a quelques années, avait mis de l'argent de l'avant pour qu'on travaille avec des architectes, des ingénieurs, pour faire les premiers plans, pour renouveler le centre de recherche, renouveler l'hôpital. Et, malheureusement, ce projet, qui était extraordinaire pour des nouvelles infrastructures, a été mis sur la glace l'année passée ou il y a un an et demi. Donc, ce que l'on demande, c'est que ce projet soit remis sur les rails. C'est primordial pour la recherche et la santé des patients.

Merci.

M. Cliche-Rivard : Merci.

Les intervenants en ont parlé, ce n'est pas la première fois ni la dernière fois qu'on vous parle de la qualité des infrastructures en santé au Québec, là. Puis pendant ce temps-là, le gouvernement continue de s'entêter à se poser des questions sur un éventuel troisième lien qui coûterait 10 milliards alors que nos hôpitaux sont en décrépitude. Vraiment? Quel mauvais choix financier, quel mauvais choix de gestion publique! Et, à chaque année qu'on ne fait pas les projets mentionnés, ce sont des centaines de millions de dollars en coûts additionnels qui s'ajoutent sur la facture déjà budgétée de ces hôpitaux-là. Ça ne disparaîtra pas du jour au lendemain, là. Ce n'est pas parce que le gouvernement décide d'arrêter de regarder ce qui se passe à HMR, décide d'arrêter de regarder ce qui se passe à Douglas, ou décide d'arrêter de regarder ce qui se passe un petit peu partout au Québec, que le problème va se volatiliser, là. Au contraire, ça va s'empirer, ça va coûter plus cher. Puis pendant ce temps-là, ce sont des travailleurs, des travailleuses, des patients, des patientes qui voient leur vie, leur sécurité être mises en danger par l'inaction gouvernementale.

Tout à l'heure, en période de questions, ma collègue de Verdun a sollicité une réponse du gouvernement. La personne qui s'est levée, c'est le ministre des Infrastructures. La seule réponse qu'il avait, c'est que pendant les années libérales, il ne s'était rien passé. Ça fait huit ans qu'ils sont au pouvoir. Ça fait huit ans qu'ils ont une capacité d'action. Ça fait huit ans qu'ils ont décidé de ne pas privilégier, ne pas prioriser le projet de loi de l'hôpital. C'est leur bilan. C'est leur responsabilité. La santé mentale, c'est au cœur des discussions aujourd'hui, là. C'est au cœur de la prévention, c'est au cœur de la cohabitation de nos quartiers, c'est au cœur de la prévention en matière de suicide, et c'est l'enfant mal aimé, là, pour l'instant, de la part du gouvernement dans tout le système de la santé et des services sociaux. Et Douglas écope. Malheureusement, Montréal écope. Le Sud-Ouest, l'ouest de Montréal écope.

Ce que je demande au gouvernement aujourd'hui, c'est d'arrêter d'abandonner Montréal, d'arrêter d'abandonner la santé mentale, d'arrêter d'abandonner nos patients et nos patientes. Ce qu'on veut, c'est un échéancier clair, une réponse claire, un engagement financier, une date de début de reconstruction, parce que ça suffit. On ne peut plus vivre dans ces conditions-là. Les patients, les patientes, les travailleurs, les travailleuses n'en peuvent plus. C'est quand la date?

Merci.

Le Modérateur : Merci beaucoup. On va ouvrir la période de questions.

Journaliste : Oui, bonjour. J'aurais besoin, en fait, de clarification.

Mme Zaga Mendez : Oui.

Journaliste : Ce que vous demandez, dans le fond, c'est que le projet entre dans la phase non pas de réalisation, mais de planification. C'est bien ça?

Mme Zaga Mendez : En fait, l'état du projet promis en 2020 est encore à l'étude. Et, ce qu'on voudrait, là, c'est que ce soit accéléré, c'est-à-dire planification et réalisation le plus vite possible.

Journaliste : ...

Mme Zaga Mendez : Je comprends. Il y a des... Il faut passer...

Journaliste : Donc, là, il faut commencer par planifier, là.

Mme Zaga Mendez : Je comprends tout à fait, mais je pense que ce qu'on démontre aujourd'hui puis depuis des années, c'est que c'est un état de crise. Puis j'ai parlé avec du monde à l'intérieur du Douglas, et, quand nous on se parle, on regarde ce qui se passe à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, là, les gens du Douglas ne sont juste pas surpris. C'est leur réalité quotidienne depuis des années. Alors, oui, bien sûr, il y a des étapes, mais il faut que ces étapes-là soient accélérées. Il faut que ce projet-là arrive au plus vite.

Journaliste : Et vous voulez que ce soit mis en planification dans le prochain PQI?

Mme Zaga Mendez : ...pour le plus vite possible.

Journaliste : Puis, par rapport à ce que monsieur a expliqué tout à l'heure, là, qu'il y avait eu un projet pour le centre de recherche. Bon...

Mme Zaga Mendez : ...

Journaliste : ...juste pour clarifier, le projet qui avait déjà été entamé, c'était juste pour une partie de l'Institut, c'est ça, ou... Parce que...


 
 

11 h 46 (version non révisée)

Journaliste : ...là, juste de distinguer un peu ce qui a déjà été travaillé puis... versus ce qui est demandé. Qu'est-ce qui est pour l'ensemble, là, finalement?

M. Williams (Sylvain) : Le début... Ce qui a été planifié en débutant, en 2022, c'est la planification pour un nouvel hôpital, donc des soins, et le nouveau centre de recherche. Donc, on avait travaillé, débuté les travaux pendant une couple d'années, et donc il y avait eu vraiment un avancement, là, des travaux où était pour être situés les nouveaux pavillons, comment on était pour agencer les différents pavillons ensemble pour que ce soit fonctionnel, quel espace utiliser sur les terrains du Douglas, les espaces de chaque édifice, les besoins. Donc tout ça, ça a été étudié.

Journaliste : ...l'ensemble.

M. Williams (Sylvain) : L'ensemble, exactement.

Journaliste : Puis j'aimerais ça vous entendre sur les propos de Mme Bélanger, tout à l'heure, qui a dit qu'au... juste la citer comme il faut, elle a dit : Je vais continuer de travailler avec mes collègues dans le respect des budgets que nous avons pour faire en sorte qu'on puisse tout au moins, peut-être, améliorer notre maintien d'actifs. Donc, qu'est-ce que vous comprenez? Ça donne l'impression qu'elle fait une distinction entre l'entretien, les réparations, puis le projet, là. Est-ce que c'est comme ça que vous le comprenez?

Mme Zaga Mendez : Bien, le projet en question que Dr Williams a décrit, c'est justement pour venir palier un projet de maintien d'actifs, là. C'est-à-dire, si vous allez au Douglas, le plafond tombe... dans la salle et ça coule partout. C'est plusieurs bâtiments, et tout le monde ici a un exemple pour un bâtiment.

Donc, c'est un projet global. Le projet qui a été mis sur la table, c'est faire un nouveau bâtiment à l'intérieur des terrains pour, justement, peu à peu, amener les soins dans un nouveau bâtiment qui est digne du XXIe siècle. Donc, le maintien d'actifs, là, c'est... ça aurait dû être fait ça fait des années, mais là on est rendu, je pense, ailleurs. Le problème, c'est que... l'exemple du centre de recherche, c'est qu'on ne sait pas c'est quand que ce bâtiment-là va être ouvert. Puis aujourd'hui c'est le centre de recherche. Est-ce que, demain, c'est l'aile gériatrique? Est-ce qu'après-demain c'est l'hospitalisation? Une fois qu'il y a des dégâts comme ça, ils n'ont pas le choix, les murs sont ouverts, il y a de l'amiante. Qu'est-ce qui arrive?

Alors, c'est comme... C'est vraiment un problème qui est vu... qui doit être vu dans son entièreté. Ce qu'on demande, c'est que le projet en question qui est là, qui est sur la table, qui est étudié, étudié, puis qui tourne en rond, arrive le plus vite possible parce que les soins aux patients commencent à être compromis.

Journaliste : Donc, vous êtes déçue de la réaction de la ministre Bélanger?

Mme Zaga Mendez : Mais, bien sûr! C'est de l'inaction. La ministre ne nous a rien dit de nouveau. En fait, elle nous dit que c'est un maintien d'actifs, un dégât d'eau. C'est d'ignorer la réalité, c'est d'ignorer la réalité, donc c'est une grande déception. Et je pense que tout le Québec s'attend à plus. La vidéo qui a été partagée partout au Québec, là, je pense qu'elle parle d'elle-même, là. Si ça, ce n'est pas une urgence, je me demande vraiment c'est quoi, une urgence, pour la CAQ.

Journaliste : J'aimerais vous entendre, oui.

M. Corriveau (Maxence) : Vous parliez de déception, nous, on parle de frustration. On a l'impression que le gouvernement pellette le problème par en avant puis qu'il ne prend pas en considération la vulnérabilité des patients. Essayez de vous mettre dans la tête qu'il y a des... il y a de la pédopsychiatrie, là-bas, il y a des gens qui ont leur premier épisode psychiatrique, ils vont se présenter dans les pires établissements que Santé Québec peut leur offrir. Là, on parle d'essayer d'instaurer un lien thérapeutique avec ces jeunes-là, mais on parle aussi d'essayer de leur insuffler de l'espoir que peut-être qu'un jour ça va aller mieux, mais comment ça peut aller mieux quand c'est ça qu'on a à leur offrir? Puis le gouvernement, bien, on a l'impression qu'il se ferme les yeux puis qu'en réalité, il n'a pas trop l'intention de faire quoi que ce soit pour ces gens vulnérables là.

Journaliste : Pendant que vous êtes là, peut-être, j'en ferais une petite dernière. Ça m'a frappé, tout à l'heure, quand vous parliez de mégots de cigarettes qui traînent, d'odeur d'urine. Je veux dire, ça, ça relève de l'entretien, là, ça ne relève pas de travaux d'un futur hôpital. Il n'y a pas des défaillances du côté du CIUSSS, de Santé Québec, ou juste même de l'hôpital lui-même pour ce qui est de l'entretien des installations?

M. Corriveau (Maxence) : C'est sûr que je ne pourrais pas nécessairement parler de la catégorie d'emploi que je ne représente pas, mais on sait très bien qu'il y a eu plusieurs coupures au niveau du ministère de la Santé, dont des postes en entretien ménager. Écoutez, j'ai déjà fait l'expérience d'essayer de laisser traîner un verre pendant que je partais en vacances. Je suis revenu, il était là, tu sais. Ça fait que, oui, il y a des problèmes aussi au niveau du «staffing», puis ça, c'est du «staffing» dans toutes les catégories, pas juste au niveau des infirmiers, pas juste au niveau des professionnels puis... Mais, effectivement, c'est un problème global, là.

Mme Asselin (Josée) : Si je peux me permettre...


 
 

11 h 51 (version non révisée)

Mme Asselin (Josée) : ...l'employeur aussi a envoyé des notes de service un peu partout dans ces installations pour dire : Bien, dorénavant, les poubelles ne seront pas vidées à chaque semaine. Dorénavant, ça sera aux deux semaines. Donc, on vous demande de ne pas mettre les aliments dans tel type de poubelles, on vous le demande... dans l'autre poubelle, pour être sûr qu'il n'y a pas d'odeurs dans les bureaux. Donc, les gens se sentent complètement abandonnés, ils sont découragés, puis, ce qu'on a peur, c'est la rétention du personnel expérimenté. Actuellement, il y a des pénuries partout au Québec puis on pense qu'on va réussir à attirer des gens dans un milieu exécrable, avec des conditions exécrables comme ça? C'est complètement ridicule. Les gens sont complètement découragés.

Journaliste : Pouvez-vous leur donner votre nom? Pardon.

Mme Asselin (Josée) : Oui. Bonjour. Je suis Josée Asselin, représentante nationale à l'APTS.

Journaliste : Can I jump in in English?

Mme Zaga Mendez : Yes, sure.

Journaliste : I would like to… Well, you are competing with several health infrastructures in Québec who… which need, like, massive investments, and we can think about l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. So, like, what's worse about the situation at Douglas? How can you make sure that you are at the top of the list? Because the minister Charette said: Let's be patient, let's wait for a few weeks. This is what he told reporters…

Mme Zaga Mendez : Of course, of course, and that's what they've been telling us for years. That's the issue. And I think it's unfortunate that we have to compete. Who has more mouses? Who has more bats? It's up to that, the management of infrastructures. Like, that's the thing they're asking us: Show us how many bats, or how many mouses, or how many… mold do you have. I think that… that, for me, it's an issue in itself, that's how we're managing our infrastructures. We're waiting for a catastrophe to happen, we're waiting for the crisis, for the Niagara Falls… waterfalls on the lab. And that's the way that the CAQ is managing the… of the infrastructures.

«La santé mentale», mental health, has always been forgotten, all the time. Everyone will tell you here how mental health, not only issues, patients, infrastructures, they're at the bottom of the list. And that's why we're here, we need to stop this trend and Douglas needs… everybody needs to pay attention, and the project needs to move forward right now. Vous voulez ajouter?

Mme Boisrond (Alexandra) : It's a very good question, you asked, but I would ask it differently. It's not: If the Douglas needs more than Hôpital Maisonneuve-Rosemont, it's: What exactly does the Government want from its health institutions? You know, the policy of: Je me souviens. You know, what are we? We're not a third world country. Why are we not taking care of our infrastructures? That's the real question to ask the Government.

Journaliste : And when you have an installation like this… I went to the Douglas Hospital many, many years ago, I thought it was beautiful, but I understand how… like, it's very, very old. But what's the impact on patients when you have, like, these waterfalls? What's the impact? What can you see? What can you observe?

Mme Boisrond (Alexandra) : But it's exactly like what my colleague said, you're going there to get better, but you're in an environment that doesn't… you know, better conditions for therapeutic treatments. You're there and you're scared of your environment. It's not only for the users, the patients, but for the staff, the professionals. It's terrible!

M. Corriveau (Maxence) : We sometimes have patients that come to the Douglas because they have suicidal intentions or depression, and they see the situation, they will witness the environment. And the first thing they want to do is to sign a treatment refusal because they cannot stand being that low in their personal life and to have to endure this situation on the top of their problems. So, they're saying: Well, maybe I can fix my situation by being home better than being within Douglas' walls.

Journaliste : We didn't get your name. Just…

Mme Boisrond (Alexandra) : Oh! Alexandra Boisrond.

Journaliste : OK, perfect. Avec le Douglas?

Mme Boisrond (Alexandra) : Assistante locale de l'APTS dans le CISSS de l'Ouest.

Journaliste :OK, so the Douglas site… lots of buildings on the Douglas site. Where does the Government…


 
 

11 h 56 (version non révisée)

Journaliste : ...start, like... Like how does this all begin? What needs to be dealt with first, do you think?

Mme Zaga Mendez : As we were saying, there's a project on the table already to start with hospitalizations and also the research center. This has already been prioritized actually a few years ago. That project has been starting for years, since 2020. So, people on the ground know where to start. It's up to the CAQ right now to accelerate the project so it goes to be planned, and then to be realized. But what we're showing is the level of «urgence», the level of emergency that we're at. I don't know what's going to take, and I don't want to come back here when somebody gets hurt. We don't want to come back here, and I don't know what's going to take.

Journaliste : I'd be curious to hear, not just from Québec solidaire, but also maybe somebody from the Douglas or the union team here, what did you make of the minister's responses? Both ministers were questioned on this. What did you make of it?

M. Williams (Sylvain) : Well, you know, this is a generic response to the question that Alejandra asked. So, I'm not surprised. What will it take? You know, that's my question. What will it take to do something significant? There's a project on the table. We've started this project. It's a mixture of new buildings, renovations. You know, we know where these buildings are going to be. So, it's a matter of restarting this project and get on with it. So, it's a matter for them to prioritize, you know, research mental health and put this on top of their agenda. So, you know, it's a political issue to me. And this is a political issue at the end of the day.

Journaliste : I'm just wondering, like, it's kind of an interesting time right now for the government, they're going to be changing leaders, then we're into another election. There could be a new government elected. Are you worried at all that this is just kind of being pushed aside, and then maybe could come back up next fall, maybe not being new in the priorities of a new government? What do you think about all that?

M. Williams (Sylvain) : Well, I'll let Alejandra answer this question, but personally, definitely it's a worry. You know, it's really a worry, because, you know, this project of the new hospital, when I arrived at the Douglas nearly 30 years ago, there was a project for a new hospital and research center, and the Liberal government had talked about it, you know, and were... you know, looked to be interested in going forward with this project. So, you know, the last years have shown a certain... the CAQ has shown a certain interest to do something. But then, as I said, it's on ice. So, they need to prioritize this project, you know. And we were, you know, I was thinking, well, you know, now, for example, for research, we can't do our work. I mean, what's the worst thing, you know? What's the worst that can happen? We cannot work...

Journaliste : Juste une petite question...

Mme Zaga Mendez : Oui.

Journaliste : ...

M. Williams (Sylvain) : Non, je ne me souviens pas, mais on avait eu plusieurs rencontres avec le... Dans le temps, évidemment, il n'y avait pas de CIUSSS, pas de Santé Québec, donc, il y avait un directeur de l'hôpital qui, vraiment, poussait Jacques Hendlisz, hein, qui poussait pour ce projet aille de l'avant. Donc, il avait fait les liens. Il avait même des plans avec des architectes pour refaire cet hôpital. Tout ça pour dire que, déjà voilà 30 ans, l'établissement était vétuste, donc, là, on est 30 ans plus tard et on se retrouve malheureusement avec cette situation-là qui va juste s'empirer, là.

Journaliste : ...

M. Williams (Sylvain) : Oui.

Mme Zaga Mendez : Mais, si je peux me permettre, c'est juste, les années... les années s'accumulent, c'est des décennies. Les gouvernements passent, mais les structures aussi, hein. Il faut se rappeler qu'on a vécu... Ils ont vécu, les gens, les changements envers les CIUSSS, l'arrivée de Santé Québec, et ce n'est pas pour rien qu'on monte au front. C'est parce que, plus la structure change, plus les structures s'ajoutent. Il faut se battre encore plus pour être entendus, et pour que les projets avancent. Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible. Ce n'est plus tenable. S'il y a 20, 30 ans, c'était ça, vous imaginez aujourd'hui? Quand c'est rendu, là, puis je vais le citer, là, il y avait un patient qui a dit : Je ne veux plus revenir au Douglas. Qui m'a écrit anonymement, en disant : Je ne veux plus revenir. Les familles écrivent à mon bureau en disant : Ce n'est pas possible.


 
 

12 h 01 (version non révisée)

Journaliste : …vous évaluez le projet à combien, le projet de rénovation de l'hôpital de glace?

Mme Zaga Mendez : Moi, je n'ai pas cette information. Ça, c'est l'information qu'a la Société québécoise des infrastructures. Il a été déposé, mais moi, je n'ai pas cette information-là.

Journaliste : Puis vous évaluez à combien le pourcentage de la proportion des bâtiments qui sont vétustes?

Mme Zaga Mendez : 80 %, 80 % en mauvais.... en très... mauvais ou très mauvais état, et ça c'est le rapport de mai 2025 du CIUSSS de l'Ouest.

Journaliste : Vous avez aussi parlé du fait que Santé Québec... aussi établi récemment que c'était vétuste, qu'il y avait... c'est quoi, exactement...

Mme Zaga Mendez : Oui, c'est justement, c'est en mai 2025, exactement.

M. Corriveau (Maxence) : Dans le fonds, Santé Québec se sert d'une échelle de A à F pour noter la vétusté ou la pertinence de maintenir un bâtiment ou non. Au Douglas, les meilleurs bâtiments sont cotés C, et la majeure partie sont cotés D, E, F. Et, si je peux rajouter, en pédopsychiatrie, ce sont les pires notes possibles d'acquérir, donc, des F à grandeur.

Mme Zaga Mendez : C'est ça, le 80 %, c'est quand je mets ensemble E et F du dernier rapport, justement.

Le Modérateur : Ce qui conclut le point de presse.

Mme Zaga Mendez : Merci, tout le monde, merci.

(Fin à 12 h 03)