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(Onze heures trente-deux minutes)
Le Modérateur : Donc, bonjour,
tout le monde. Bienvenue à ce point de presse de Québec solidaire. Prendront la
parole, dans l'ordre, Alejandra Zaga Mendez, députée de Verdun, Johanne Gouskos,
Maxence Corriveau, Sylvain Williams et finalement Guillaume Cliche-Rivard,
responsable solidaire en santé.
Mme Zaga Mendez : Merci
beaucoup. Bonjour, tout le monde. Tout à l'heure, j'ai déposé une pétition et j'ai
interpelé la ministre de la Santé et des Services sociaux concernant l'état des
infrastructures de l'Institut Douglas, un projet de modernisation promis depuis
des années qui n'arrive pas. Je pense que tout le Québec a été témoin, la
semaine dernière, de l'état catastrophique des bâtiments à l'Institut Douglas.
Il y a aucun doute qu'il faut s'en occuper et qu'il faut rénover l'institut au
plus vite. C'est des images choquantes, bien sûr, mais, malheureusement, ce n'est
qu'un aperçu de ce que les intervenants qui sont ici avec moi aujourd'hui
vivent et nous disent depuis des années.
En ce moment, la ministre m'a répondu que
c'était un enjeu de maintien d'infrastructures et juste un dégât d'eau, mais c'est
d'ignorer la réalité, c'est ne pas voir ce que nos soignants, mais surtout nos
patients en santé mentale, vivent au Douglas. Et c'est pour cette raison-là que
j'amène le terrain à elle, c'est pour cette raison-là que tous les membres du
personnel sont ici avec moi. Des exemples, il n'en manque pas. Je peux
vous parler du dégât d'eau ou du fait que, le jour d'avant, l'aile gériatrique,
où est-ce que sont les patients aînés, il n'y avait pas de chauffage. L'été d'avant,
les infirmiers devaient déplacer des patients parce qu'il faisait
dangereusement chaud dans les chambres. Vous allez en avoir des témoignages
aujourd'hui qui, je vous le dis, des fois glace même le sang.
Nous sommes ici pour demander une seule
chose : Accélérer rapidement le projet de modernisation pour l'Institut
Douglas. On ne peut plus attendre, c'est une crise qui est vécue sur le
terrain. Je vous cède la parole.
Mme Gouskos (Johanne) : Bonjour,
je m'appelle Johanne Gouskos. Je suis éducatrice spécialisée à l'Institut
universitaire en santé mentale Douglas depuis plus de 26 ans. J'y ai
consacré ma carrière. J'ai accompagné des milliers de personnes de grande
détresse psychologique et j'ai vu, année après année, les installations se
dégrader de façon indigne. Le plafond du Pavillon Lehmann n'est pas le seul
pavillon... n'est pas le sol plafond de l'Institut Douglas qui s'est effondré à
la suite de fuites d'eau, il est simplement le plus récent. Au quotidien, nos
thérapeutes rencontrent leurs patients dans leur bureau. Les patients
contournent des poubelles vides placées au sol pour récupérer l'eau qui coule
des plafonds. Selon la météo, les gouttes peuvent devenir bruyantes et
impossibles à ignorer. Le thérapeute et la personne qui soignent essaient de
faire comme si de rien n'était, mais c'est tout simplement impossible. Comment
ne pas ressentir de la gêne lorsqu'on accompagne une personne en détresse dans
un environnement aussi peu sécuritaire et peu thérapeutique?
Cet environnement est particulièrement
difficile pour nos patients. Une personne psychotique peut croire que les
gouttes m'envoient des messages ou une autre qui est en anxiété généralisée et
se dit consciente que les plafonds s'effondrent au Douglas. Je peux
difficilement tolérer l'angoisse d'être dans nos installations. Pour les gens
qui font partie de notre clientèle, le simple fait de quitter leur domicile
pour venir consulter est déjà un immense défi. Ils sont épuisés quand ils sont
rendus chez nous. Il ne leur reste plus d'endurance mentale pour composer avec
les plafonds qui coulent, les coquerelles, les souris qui circulent dans les
lieux de soins.
Depuis 26 ans, j'ai vu une
institution de santé mentale, reconnue mondialement pour la qualité de ses
soins, se détériorer lentement, mais sûrement. C'est honteux que le
gouvernement a laissé une telle institution se dégrader à ce point sans se soucier
des impacts directs sur la santé mentale des personnes qui reçoivent les soins
comme celles qui les prodiguent. Exigeons un environnement sécuritaire digne et
réellement propice à recevoir et offrir des soins de santé mentale. Nous le
méritons tous.
M. Corriveau (Maxence) : Bonjour
à tous. Maxence Corriveau, président FIQ pour l'Ouest-de-l'Île-de-Montréal.
Donc, on est à nouveau devant vous aujourd'hui pour dénoncer la vétusté
alarmante de l'Hôpital Douglas. C'est un établissement clé en santé mentale
mais dont certaines infrastructures datent de 1890. En 2026, c'est inacceptable
que des soins modernes soient offerts dans des bâtisses aussi désuètes. Les
infrastructures de l'Hôpital Douglas figurent parmi les pires au Québec. On
n'est pas les seuls à le mentionner. Le gouvernement le sait, l'évaluation des
bâtiments de Santé Québec arrive à la même conclusion que nous.
À l'intérieur des murs, les problèmes sont
aussi graves que réels. Il y a des moisissures dans les salles de bain où, bien
évidemment, les patients refusent de se laver. Il y a des dégâts d'eau à
répétition qui peuvent mener à des fermetures d'espaces, par exemple des salles
de bains pour des personnes à mobilité réduite. On retrouve des graffitis, des
trous, de la rouille, des problématiques de rongeurs et d'insectes. À l'entrée
de certaines unités, le sol peut être jonché de mégots de cigarettes. Une forte
odeur d'urine est présente. Puis, dans les tunnels qui relient les pavillons,
il y a des fuites persistantes des tuyaux qui mettent en danger non seulement
la sécurité des patients mais aussi celle des professionnels en soin. Dans des
conditions comme celles-ci, établir un lien thérapeutique, c'est impossible.
Les problèmes de thermorégulation aussi aggravent la situation. Il n'y a aucune
climatisation dans les chambres, si bien qu'une chaleur accablante est présente
l'été. Et le froid, on a des chambres froides. De plus, les unités sont
surpeuplées. On a des espaces qui sont conçus pour une vingtaine de patients
puis on en compte aujourd'hui une quarantaine. Comment est-ce qu'on peut
soigner dignement comme ça? C'est impossible.
À cela s'ajoute aussi l'aménagement des
lieux, qui n'est pas sécuritaire. On ne peut pas effectuer une surveillance fonctionnelle.
Certaines unités n'ont même pas de salle d'isolement, ce qui fait en sorte
qu'on doit des fois déplacer des patients en crise à l'intérieur de l'institut.
Le gouvernement et son agence de Santé
Québec sont bien au courant de la situation et une pétition circule depuis
longtemps pour rénover l'hôpital. Maintenant, le Douglas refait surface dans
les médias pour un dégât d'eau majeur. Heureusement, les patients peuvent
compter sur des professionnels en soins extraordinaires qui font des miracles à
chaque jour, mais ils travaillent dans des conditions complètement indignes.
Personne, je dis bien personne, ne devrait rentrer travailler le matin en ayant
peur que le plafond leur tombe sur la tête. Puis là je ne parle pas de venir
quérir des soins, c'est encore pire. Donc, il est grand temps que le
gouvernement investisse dans une innovation majeure. La dignité des patients
qui sont extrêmement vulnérables et la sécurité du personnel l'exigent. Merci
beaucoup.
M. Williams (Sylvain) : Merci.
Donc, mon nom est Sylvain Williams, je suis scientifique à l'Institut Douglas
depuis maintenant près de 30 ans et professeur à la Faculté de médecine de
psychiatrie de l'Université McGill.
Donc, évidemment, malheureusement, j'ai
été témoin la semaine dernière de... des chutes Niagara, des chutes Niagara
dans un centre de recherche. C'est assez incroyable. Malheureusement,
évidemment, les dégâts sont majeurs, les plafonds tombent. On a tous vu les
vidéos à la télévision, et c'était vraiment ça, les planchers endommagés, les
murs endommagés, de l'amiante un peu partout. C'est maintenant. On est en train
de faire l'investigation, pas nous, mais le CIUSSS et les autres... les autres
firmes.
Donc, le plus sérieux également, c'est,
bon, les instruments scientifiques, hein? Des investissements de millions de
dollars du public maintenant qui sont aux poubelles. Une catastrophe.
Évidemment, là, on parle aussi des gens,
des scientifiques au centre qui sont affectés, hein, les projets qui sont
arrêtés. Les jeunes scientifiques, vous savez, le... le Douglas, c'est un
centre où on a beaucoup de jeunes étudiants qui apprennent à faire de la
recherche, qui font de la recherche à la maîtrise, au doctorat, au
postdoctorat. Donc, une... plus d'une centaine d'individus. Maintenant, les
projets sont arrêtés. Donc, maintenant, plus de 100, une centaine de projets
ont été stoppés et plus d'une centaine d'assistants de recherche, d'associés,
de recherche d'étudiants sont paralysés. Donc, c'est vraiment une catastrophe,
là. L'édifice, semblablement, va être fermé pendant des mois et des mois, à
temps... jusqu'à tant qu'on trouve des solutions pour rénover. Comment ça va
être rénové?
Donc, si vous ne savez pas, le... le
centre de recherche Douglas, c'est un leader, là, canadien, mondial, là, à
l'international sur la santé mentale et puis sur l'Alzheimer. Hein, on sait
tous, là, des centaines de personnes, des centaines de milliers de personnes au
Québec, au Canada souffrent de la maladie d'Alzheimer. Des centaines de
milliers de personnes sont traitées chaque année, pour la dépression par
exemple. Donc, la recherche, ce n'est pas juste l'arrêt des expériences mais
c'est également l'arrêt de... pour trouver des solutions pour des nouveaux
traitements et mieux comprendre ces maladies. Donc, un centre de recherche,
c'est super important dans un milieu hospitalier.
L'autre chose que je voulais vous dire,
c'est qu'en fin de compte, ce que j'ai vécu, et les équipes ont vécu, la
semaine passée, au Douglas, bien, ce n'est pas surprenant. C'est... c'est
choquant, mais ce n'est pas surprenant, puisque ce n'est pas la première fois
qui arrive des dégâts majeurs au Douglas. Il y a quelques années, il y a eu un
feu important, de l'eau qui s'est infiltrée dans des boîtes électriques, qui a
causé un feu majeur qui aurait pu faire brûler l'hôpital au complet, mais qui
aurait pu aussi, évidemment, là, blesser peut-être de façon fatale les
employés, les étudiants qui y travaillent. Non, vraiment, une catastrophe.
Mon message, c'est le suivant. Déjà, le gouvernement,
il y a quelques années, avait mis de l'argent de l'avant pour qu'on travaille
avec des architectes, des ingénieurs, pour faire les premiers plans, pour
renouveler le centre de recherche, renouveler l'hôpital. Et, malheureusement,
ce projet, qui était extraordinaire pour des nouvelles infrastructures, a été
mis sur la glace l'année passée ou il y a un an et demi. Donc, ce que l'on
demande, c'est que ce projet soit remis sur les rails. C'est primordial pour la
recherche et la santé des patients. Merci.
M. Cliche-Rivard : Merci.
Les intervenants en ont parlé, ce n'est pas la première fois ni la dernière
fois qu'on vous parle de la qualité des infrastructures en santé au Québec, là.
Puis pendant ce temps-là, le gouvernement continue de s'entêter à se poser des
questions sur un éventuel troisième lien qui coûterait 10 milliards alors
que nos hôpitaux sont en décrépitude. Vraiment? Quel mauvais choix financier,
quel mauvais choix de gestion publique! Et, à chaque année qu'on ne fait pas
les projets mentionnés, ce sont des centaines de millions de dollars en coûts
additionnels qui s'ajoutent sur la facture déjà budgétée de ces hôpitaux-là. Ça
ne disparaîtra pas du jour au lendemain, là. Ce n'est pas parce que le
gouvernement décide d'arrêter de regarder ce qui se passe à HMR, décide
d'arrêter de regarder ce qui se passe à Douglas, ou décide d'arrêter de
regarder ce qui se passe un petit peu partout au Québec, que le problème va se
volatiliser, là. Au contraire, ça va s'empirer, ça va coûter plus cher. Puis
pendant ce temps-là, ce sont des travailleurs, des travailleuses, des patients,
des patientes qui voient leur vie, leur sécurité être mises en danger par
l'inaction gouvernementale.
Tout à l'heure, en période de questions,
ma collègue de Verdun a sollicité une réponse du gouvernement. La personne qui
s'est levée, c'est le ministre des Infrastructures. La seule réponse qu'il
avait, c'est que pendant les années libérales, il ne s'était rien passé. Ça
fait huit ans qu'ils sont au pouvoir. Ça fait huit ans qu'ils ont une capacité
d'action. Ça fait huit ans qu'ils ont décidé de ne pas privilégier, ne pas
prioriser le projet de loi de l'hôpital. C'est leur bilan. C'est leur
responsabilité. La santé mentale, c'est au cœur des discussions aujourd'hui, là.
C'est au cœur de la prévention, c'est au cœur de la cohabitation de nos
quartiers, c'est au cœur de la prévention en matière de suicide, et c'est
l'enfant mal aimé, là, pour l'instant, de la part du gouvernement dans tout le
système de la santé et des services sociaux. Et Douglas écope. Malheureusement,
Montréal écope. Le Sud-Ouest, l'ouest de Montréal écope.
Ce que je demande au gouvernement
aujourd'hui, c'est d'arrêter d'abandonner Montréal, d'arrêter d'abandonner la
santé mentale, d'arrêter d'abandonner nos patients et nos patientes. Ce qu'on
veut, c'est un échéancier clair, une réponse claire, un engagement financier,
une date de début de reconstruction, parce que ça suffit. On ne peut plus vivre
dans ces conditions-là. Les patients, les patientes, les travailleurs, les
travailleuses n'en peuvent plus. C'est quand la date?
Merci.
Le Modérateur
: Merci
beaucoup. On va ouvrir la période de questions.
Journaliste : Oui, bonjour.
J'aurais besoin, en fait, de clarification.
Mme Zaga Mendez : Oui.
Journaliste
: Ce que
vous demandez, dans le fond, c'est que le projet entre dans la phase non pas de
réalisation mais de planification. C'est bien ça?
Mme Zaga Mendez : En
fait, l'état du projet promis en 2020 est encore à l'étude. Et, ce qu'on
voudrait, là, c'est que ce soit accéléré, c'est-à-dire planification et
réalisation le plus vite possible.
Journaliste
: ...
Mme Zaga Mendez : Je
comprends. Il y a des... Il faut passer...
Journaliste
: Donc, là,
il faut commencer par planifier, là.
Mme Zaga Mendez : Je
comprends tout à fait, mais je pense que ce qu'on démontre aujourd'hui puis
depuis des années, c'est que c'est un état de crise. Puis j'ai parlé avec du
monde à l'intérieur du Douglas, et, quand nous on se parle, on regarde ce qui
se passe à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, là, les gens du Douglas ne sont
juste pas surpris. C'est leur réalité quotidienne depuis des années. Alors,
oui, bien sûr, il y a des étapes, mais il faut que ces étapes-là soient
accélérées. Il faut que ce projet-là arrive au plus vite.
Journaliste : Et vous voulez
que ce soit mis en planification dans le prochain PQI?
Mme Zaga Mendez : ...pour
le plus vite possible.
Journaliste : Puis, par
rapport à ce que monsieur a expliqué tout à l'heure, là, qu'il y avait eu un
projet pour le centre de recherche. Bon. Juste pour clarifier, le projet qui
avait déjà été entamé, c'était juste pour une partie de l'institut, c'est ça,
ou... Parce que, là, juste de distinguer un peu ce qui a déjà été travaillé
puis... versus ce qui est demandé. Qu'est-ce qui est pour l'ensemble, là,
finalement?
M. Williams (Sylvain) : Le
début... Ce qui a été planifié en débutant, en 2022, c'est la planification
pour un nouvel hôpital, donc des soins, et le nouveau centre de recherche.
Donc, on avait travaillé, débuté les travaux pendant une couple d'années, et
donc il y avait eu vraiment un avancement, là, des travaux où était pour être
situés les nouveaux pavillons, comment on était pour agencer les différents pavillons
ensemble pour que ce soit fonctionnel, quel espace utiliser sur les terrains du
Douglas, les espaces de chaque édifice, les besoins. Donc tout ça, ça a été
étudié.
Journaliste
:
...l'ensemble.
M. Williams (Sylvain) : L'ensemble,
exactement.
Journaliste : Puis j'aimerais
ça vous entendre sur les propos de Mme Bélanger, tout à l'heure, qui a dit
qu'au... juste la citer comme il faut, elle a dit : Je vais continuer de
travailler avec mes collègues dans le respect des budgets que nous avons pour
faire en sorte qu'on puisse tout au moins, peut-être, améliorer notre maintien
d'actifs. Donc, qu'est-ce que vous comprenez? Ça donne l'impression qu'elle
fait une distinction entre l'entretien, les réparations, puis le projet, là.
Est-ce que c'est comme ça que vous le comprenez?
Mme Zaga Mendez : Bien, le
projet en question que Dr Williams a décrit, c'est justement pour venir pallier
un projet de maintien d'actifs, là. C'est-à-dire, si vous allez au Douglas, le
plafond tombe... dans la salle et ça coule partout. C'est plusieurs bâtiments,
et tout le monde ici a un exemple pour un bâtiment.
Donc, c'est un projet global. Le projet
qui a été mis sur la table, c'est faire un nouveau bâtiment à l'intérieur des
terrains pour, justement, peu à peu, amener les soins dans un nouveau bâtiment
qui est digne du XXIe siècle. Donc, le maintien d'actifs, là, c'est... ça
aurait dû être fait ça fait des années, mais là on est rendu, je pense,
ailleurs. Le problème, c'est que... l'exemple du centre de recherche, c'est
qu'on ne sait pas c'est quand que ce bâtiment-là va être ouvert. Puis
aujourd'hui c'est le centre de recherche. Est-ce que, demain, c'est l'aile
gériatrique? Est-ce qu'après-demain c'est l'hospitalisation? Une fois qu'il y a
des dégâts comme ça, ils n'ont pas le choix, les murs sont ouverts, il y a de
l'amiante. Qu'est-ce qui arrive?
Alors, c'est comme... C'est vraiment un
problème qui est vu... qui doit être vu dans son entièreté. Ce qu'on demande,
c'est que le projet en question qui est là, qui est sur la table, qui est
étudié, étudié, puis qui tourne en rond, arrive le plus vite possible parce que
les soins aux patients commencent à être compromis.
Journaliste : Donc, vous êtes
déçue de la réaction de la ministre Bélanger?
Mme Zaga Mendez : Mais, bien
sûr! C'est de l'inaction. La ministre ne nous a rien dit de nouveau. En fait,
elle nous dit que c'est un maintien d'actifs, un dégât d'eau. C'est d'ignorer
la réalité, c'est d'ignorer la réalité, donc c'est une grande déception. Et je
pense que tout le Québec s'attend à plus. La vidéo qui a été partagée partout
au Québec, là, je pense qu'elle parle d'elle-même, là. Si ça, ce n'est pas une
urgence, je me demande vraiment c'est quoi, une urgence, pour la CAQ.
Journaliste : J'aimerais vous
entendre, oui.
M. Corriveau (Maxence) : Vous
parliez de déception, nous, on parle de frustration. On a l'impression que le
gouvernement pellette le problème par en avant puis qu'il ne prend pas en
considération la vulnérabilité des patients. Essayez de vous mettre dans la
tête qu'il y a des... il y a de la pédopsychiatrie, là-bas, il y a des gens qui
ont leur premier épisode psychiatrique, ils vont se présenter dans les pires
établissements que Santé Québec peut leur offrir. Là, on parle d'essayer d'instaurer
un lien thérapeutique avec ces jeunes-là, mais on parle aussi d'essayer de leur
insuffler de l'espoir que peut-être qu'un jour ça va aller mieux, mais comment
ça peut aller mieux quand c'est ça qu'on a à leur offrir? Puis le gouvernement,
bien, on a l'impression qu'il se ferme les yeux puis qu'en réalité, il n'a pas
trop l'intention de faire quoi que ce soit pour ces gens vulnérables là.
Journaliste : Pendant que
vous êtes là, peut-être, j'en ferais une petite dernière. Ça m'a frappé, tout à
l'heure, quand vous parliez de mégots de cigarettes qui traînent, d'odeur
d'urine. Je veux dire, ça, ça relève de l'entretien, là, ça ne relève pas de
travaux d'un futur hôpital. Il n'y a pas des défaillances du côté du CIUSSS, de
Santé Québec, ou juste même de l'hôpital lui-même pour ce qui est de
l'entretien des installations?
M. Corriveau (Maxence) : C'est
sûr que je ne pourrais pas nécessairement parler de la catégorie d'emploi que
je ne représente pas, mais on sait très bien qu'il y a eu plusieurs coupures au
niveau du ministère de la Santé, dont des postes en entretien ménager. Écoutez,
j'ai déjà fait l'expérience d'essayer de laisser traîner un verre pendant que
je partais en vacances. Je suis revenu, il était là, tu sais. Ça fait que, oui,
il y a des problèmes aussi au niveau du «staffing», puis ça, c'est du
«staffing» dans toutes les catégories, pas juste au niveau des infirmiers, pas
juste au niveau des professionnels puis... Mais, effectivement, c'est un
problème global, là.
Mme Asselin (Josée) : Si je
peux me permettre, l'employeur a aussi envoyé des notes de service un peu
partout dans ces installations pour dire : Bien, dorénavant, les poubelles
ne seront pas vidées à chaque semaine, dorénavant ce sera aux deux semaines, donc
on vous demande de ne pas mettre les aliments dans tel type de poubelles, on
vous le demande dans l'autre poubelle pour être sûr qu'il n'y ait pas d'odeurs
dans les bureaux. Donc, les gens se sentent complètement abandonnés, ils sont
découragés, puis, ce qu'on a peur, c'est la rétention du personnel expérimenté.
Actuellement, il y a des pénuries partout au Québec puis on pense qu'on va
réussir à attirer des gens dans un milieu exécrable, avec des conditions
exécrables comme ça? C'est complètement ridicule. Les gens sont complètement
découragés.
Journaliste
:
Pouvez-vous leur donner votre nom? Pardon.
Mme Asselin (Josée) : Oui.
Bonjour. Je suis Josée Asselin, représentante nationale à l'APTS.
Journaliste :
Can I jump in in English?
Mme Zaga Mendez : Yes, sure.
Journaliste
: I would like to… Well, you
are competing with several health infrastructures in Québec who… which need, like, massive investments, and we can think about
l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont.
So, like, what's worse about the situation at Douglas? How can you make sure that you are at the top of the
list? Because the minister Charette said: Let's be patient, let's wait for a
few weeks. This is what he told reporters…
Mme Zaga
Mendez :
Of
course, of course, and that's what they've been telling us for years. That's
the issue. And I think it's unfortunate that we have to compete. Who has more
mouses? Who has more bats? It's up to that, the management of infrastructures.
Like, that's the thing they're asking us: Show us how many bats, or how many
mouses, or how many… mold do you have. I think that… that, for me, it's an
issue in itself, that's how we're managing our infrastructures. We're waiting
for a catastrophe to happen, we're waiting for the crisis, for the Niagara
Falls… waterfalls on the lab. And that's the way that the CAQ is managing the…
of the infrastructures.
«La santé mentale»,
mental health, has always been forgotten, all the time. Everyone will tell you
here how mental health, not only issues, patients, infrastructures, they're at
the bottom of the list. And that's why we're here, we need to stop this trend
and Douglas needs… everybody needs to pay attention, and the project needs to
move forward right now. Vous voulez ajouter?
Mme Boisrond
(Alexandra) : It's a very good question, you
asked, but I would ask it differently. It's not: If the Douglas needs more than
Hôpital Maisonneuve-Rosemont,
it's: What exactly does the Government want from its health institutions? You know, the policy of: Je
me souviens. You know, what are we? We're not a third world country. Why
are we not taking care of our infrastructures? That's the real question to ask
the Government.
Journaliste :
And when you have an installation like
this… I went to the Douglas Hospital many, many years ago, I thought it was
beautiful, but I understand how… like, it's very, very old. But what's the
impact on patients when you have, like, these waterfalls? What's the impact?
What can you see? What can you observe?
Mme Boisrond
(Alexandra) : But it's exactly like what my
colleague said, you're going there to get better, but you're in an environment that doesn't… you know, better
conditions for therapeutic treatments. You're there and you're scared of your
environment. It's not only for the users, the patients, but for the staff, the
professionals. It's terrible!
M. Corriveau
(Maxence) : We sometimes have patients that
come to the Douglas because they have suicidal intentions or depression, and
they see the situation, they
will witness the environment. And the first thing they want to do is to sign a
treatment refusal because they cannot stand being that low in their personal
life and to have to endure this situation on the top of their problems. So, they're saying: Well, maybe I can
fix my situation by being home
better than being within Douglas' walls.
Journaliste
: We didn't get your name. Just…
Mme Boisrond (Alexandra) : Oh!
Alexandra Boisrond.
Journaliste
: OK,
perfect.
Mme Boisrond (Alexandra) :
Oui, Boisrond, du bois qui est rond. B-o-i-s-r-o-n-d.
Des voix : ...
Mme Boisrond (Alexandra) : Présidente
locale de l'APTS dans le CIUSSS de l'Ouest.
Journaliste
:OK, so the Douglas site… lots of buildings on the Douglas site. Where
does the Government... Like,
how does this all begin? What needs to be dealt with first, do you think?
Mme Zaga
Mendez :
As we
were saying, there's a project on the table already to start with
hospitalizations and also the research center. This has already been
prioritized actually a few years ago. That project has been starting for years,
since 2020. So, people on the ground know where to start. It's up to the CAQ
right now to accelerate the project so it goes to be planned, and then to be
realized. But what we're showing is the level of «urgence», the level of
emergency that we're at. I don't know what's going to take, and I don't want to
come back here when somebody gets hurt. We don't want to come back here, and I
don't know what's going to take.
Journaliste :
I'd be curious to hear, not just from
Québec solidaire, but also maybe somebody from the Douglas or the union team
here, what did you make of the minister's responses? Both ministers were
questioned on this. What did you make of it?
M. Williams
(Sylvain) :
Well,
you know, this is a generic response to the question that Alejandra asked. So,
I'm not surprised. What will it take? You know, that's my question. What will
it take to do something significant? There's a project on the table. We've
started this project. It's a mixture of new buildings, renovations. You know,
we know where these buildings are going to be. So, it's a matter of restarting
this project and get on with it. So, it's a matter for them to prioritize, you
know, research mental health and put this on top of their agenda. So, you know,
it's a political issue to me. And this is a political issue at the end of the
day.
Journaliste :
I'm just wondering, like, it's kind of
an interesting time right now for the government, they're going to be changing
leaders, then we're into another election. There could be a new government
elected. Are you worried at all that this is just kind of being pushed aside,
and then maybe could come back up next fall, maybe not being new in the
priorities of a new government? What do you think about all that?
M. Williams
(Sylvain) : Well, I'll let Alejandra answer
this question, but personally, definitely it's a worry. You know, it's really a
worry, because, you know, this project of the new hospital, when I arrived at
the Douglas nearly 30 years ago, there was a project for a new hospital and
research center, and the Liberal government had talked about it, you know, and
were... you know, looked to be interested in going forward with this project.
So, you know, the last years have shown a certain... the CAQ has shown a
certain interest to do something. But then, as I said, it's on ice. So, they
need to prioritize this project, you know. And we were, you know, I was
thinking, well, you know, now, for example, for research, we can't do our work.
I mean, what's the worst thing, you know? What's the worst that can happen? We
cannot work...
Journaliste : Juste une
petite question...
Mme Zaga Mendez : Oui.
Journaliste
: ...
M. Williams (Sylvain) : Non,
je ne me souviens pas, mais on avait eu plusieurs rencontres avec le... Dans le
temps, évidemment, il n'y avait pas de CIUSSS, pas de Santé Québec, donc, il y
avait un directeur de l'hôpital qui, vraiment, poussait Jacques Hendlisz, hein,
qui poussait pour ce projet aille de l'avant. Donc, il avait fait les liens. Il
avait même des plans avec des architectes pour refaire cet hôpital. Tout ça
pour dire que, déjà voilà 30 ans, l'établissement était vétuste, donc, là,
on est 30 ans plus tard et on se retrouve malheureusement avec cette
situation-là qui va juste s'empirer, là.
Journaliste
: ...
M. Williams (Sylvain) : Oui.
Mme Zaga Mendez : Mais,
si je peux me permettre, c'est juste, les années... les années s'accumulent,
c'est des décennies. Les gouvernements passent, mais les structures aussi,
hein. Il faut se rappeler qu'on a vécu... Ils ont vécu, les gens, les
changements envers les CIUSSS, l'arrivée de Santé Québec, et ce n'est pas pour
rien qu'on monte au front. C'est parce que, plus la structure change, plus les
structures s'ajoutent. Il faut se battre encore plus pour être entendus, et
pour que les projets avancent. Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible. Ce
n'est plus tenable. S'il y a 20, 30 ans, c'était ça, vous imaginez
aujourd'hui? Quand c'est rendu, là, puis je vais le citer, là, il y avait un
patient qui a dit : Je ne veux plus revenir au Douglas. Qui m'a écrit
anonymement, en disant : Je ne veux plus revenir. Les familles écrivent à
mon bureau en disant : Ce n'est pas possible. J'ai...
Journaliste
:
Excusez-moi. Vous évaluez le projet à combien, le projet de rénovation de
l'hôpital Douglas?
Mme Zaga Mendez : Moi, je n'ai
pas cette information. Ça, c'est l'information qu'a la Société québécoise des
infrastructures. Il a été déposé, mais moi, je n'ai pas cette information-là.
Journaliste
: Puis vous
évaluez à combien le pourcentage de la proportion des bâtiments qui sont
vétustes?
Mme Zaga Mendez : 80 %,
80 % en mauvais... en très... mauvais ou très mauvais état, et ça c'est le
rapport de mai 2025 du CIUSSS de l'Ouest.
Journaliste
: ...
Mme Zaga Mendez : Oui, c'était...
justement, c'est en mai 2025, exactement.
M. Corriveau (Maxence) : Dans
le fond, Santé Québec se sert d'une échelle de A à F pour noter la vétusté ou
la pertinence de maintenir un bâtiment ou non. Au Douglas, les meilleurs
bâtiments sont cotés C, et la majeure partie sont cotés D, E, F. Et, si je peux
rajouter, en pédopsychiatrie, ce sont les pires notes possibles d'acquérir,
donc, des F à grandeur.
Mme Zaga Mendez : C'est ça, le
80 %, c'est quand je mets ensemble E et F du dernier rapport, justement.
Le Modérateur
: ...le
point de presse.
Mme Zaga Mendez : Merci, tout
le monde, merci.
(Fin à 12 h 03)