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(Neuf heures sept minutes)
M. Fontecilla : Bonjour, tout
le monde! Donc ici... Je suis ici aujourd'hui, c'est vendredi, et accompagné de
M. Roger Fournier, un locataire qui a subi de fortes pressions de la part de
son propriétaire pour quitter son logement, de l'harcèlement.
On est ici pour dénoncer encore une fois
les effets concrets de la crise du logement sur la vie des locataires
vulnérables. Hier... Cette semaine, la ministre de l'Habitation a présenté le projet
de loi n° 20 qui s'attaque aux mauvaises cibles, donc, c'est les supposés
riches qui vivent dans du logement social, et alors qu'ils laissent... laissent
faire les propriétaires sur... laissent faire les différents stratagèmes, là,
pour évincer, pour faire des reprises frauduleuses, pour harceler les
locataires vulnérables, et tout ça pour arriver à augmenter le loyer. Alors que
la crise du logement est en pleine... est en plein développement partout au
Québec, là, la ministre de l'Habitation ne fait rien.
Je vais donner la parole à M. Roger
Fournier pour qu'il nous explique la situation malheureuse dans laquelle... qu'il
a vécue ces derniers... ces dernières années.
M. Fournier (Roger) : Oui.
Bonjour. Mon nom, c'est Roger Fournier. Je vis dans un... dans un appartement
subventionné par l'office municipal. Et aujourd'hui je suis ici pour annoncer
que nous autres, les locataires, on a nos droits. Puis les propriétaires ne
respectent pas les... Parce que moi, j'ai eu un dégât d'eau puis... le 17...
janvier 2025. Et j'ai appelé... et j'ai appelé aussi d'autres personnes, David,
pour qu'on m'envoie de l'aide parce que mon plafond était défoncé. Puis tout qu'est-ce
qu'il y a eu, c'est que le propriétaire... le concierge, il n'a rien voulu
faire. Il m'a donné deux sacs à vidanges puis il m'a dit de le ramasser. Puis j'étais
frustré parce que ce n'était pas ma responsabilité. On a un concierge, ce n'est
pas pour rien.
Puis je demande aux gens comme moi, qui
vivent les mêmes affaires, vous aviez des droits, faites... faites...
M. Fontecilla : Faites
quelque chose?
M. Fournier (Roger) : Oui,
faites de quoi, vous avez vos droits. C'est fini de se faire écœurer par nos
propriétaires. Puis ils ont... ils n'encaissent pas les chèques puis après ça,
ils disent qu'on est... qu'on n'a pas payé. Ça fait que, moi, la malhonnêteté
comme ça, moi, je n'accepte pas ça.
M. Fontecilla : Est-ce qu'il
vous a demandé de partir?
M. Fournier (Roger) : Oui. Il
m'a donné... Il m'a offert trois fois 10 000 $ pour que je m'en
aille, puis j'ai refusé. Puis ils m'ont demandé de faire un virement par
Interac. Mais, moi, je suis incapable de faire ça. Ça fait que, là, il a
attendu cinq mois parce que... avant de m'appeler pour me dire qu'il n'avait
pas reçu mes chèques. Bien, moi, les virements par Interac, je ne connais rien
là-dedans. Puis, quand je l'ai fait une fois, je croyais dans ma tête que ça se
faisait automatique, qu'il prenait le loyer à tous les mois. Bien là, il m'a...
j'ai envoyé quatre chèques, puis il a attendu six mois avant de les encaisser.
Ça fait que, là, j'ai été obligé de ferme... d'annuler les chèques puis faire
un chèque au montant de 2 039 $. Puis l'argent, elle a toujours été
dans le compte. Bien, il n'a jamais été le chercher. Fait que ceux et celles
qui vivent la même situation que moi veuillez foncer.
M. Fontecilla : Le
chauffage... est-ce qu'il vous a coupé le chauffage?
M. Fournier (Roger) : Oui,
c'est ça. Merci, monsieur. C'est ça, on a... Ça fait depuis le mois de
novembre, chez nous, on gèle et ça fait trois mois qu'on ne met pas de
chauffage. Puisque. Ça fait trois mois qu'on gèle. Il faisait des -28 puis on
n'avait pas de chauffage. Moi, je trouve ça... moi, je trouve ça inhumain
d'agir de même parce qu'il veut qu'on s'en aille. C'est pour ça qu'il ne fait
pas les réparations, c'est pour ça qu'il ne met pas de chauffage, pour qu'on
perde patience puis qu'on s'en aille. Bien, moi, je suis là jusqu'à 60 ans
minimum, puis j'ai juste 59 ans et je leur tiens tête. C'est pour ça que
je suis ici aujourd'hui, pour dire à tout le monde : Foncez, arrêtez de
vous faire manipuler par vos propriétaires parce qu'eux autres, ils pensent
qu'on est vulnérable puis qu'on ne ferait rien. Bien là, c'est pour ça que je
suis ici aujourd'hui, pour le dénoncer. Puis mon propriétaire, c'est Laurent
Cardinal, puis j'espère qu'il écoute cette maudite entrevue là, excusez-moi,
mais j'espère que tu vas t'ouvrir les yeux parce que, là, c'est assez, le
niaisage avec vous autres, là.
Moi, je fais partie... avec Roxbury
Capital Holdings, puis c'est lui, Laurent Cardinal, qui est propriétaire. En
plus, je tente souvent de téléphoner à Avi, je lui envoie des textos. La ville
de Montréal a envoyé des textos puis des lettres enregistrées aux propriétaires
puis ils n'ont jamais répondu. Puis j'ai passé au tribunal le 23 mai...
non, excuse, le 23 janvier, ils ne se sont jamais présentés au tribunal.
Ça fait que monsieur, il n'est pas responsable. Il doit prendre ses
responsabilités de propriétaire puis il faut que... Puis là je suis en attente
du jugement de la cour puis il va falloir que monsieur agisse, sinon ça va
aller plus loin. Moi, je suis ici puis j'espère que ma présence va servir à
bien du monde dans mon... pas rien que dans de mon bloc, partout au Québec.
J'ai vu des photos dans le Journal de Montréal que les gens sont avec
leurs manteaux dans la maison. Ça fait que ce n'est pas normal, dénoncez-le.
Moi, j'ai tout fait, j'ai été à la ville,
j'ai été à... La ville est venue chez moi. On a demandé à M. Cardinal de
mettre des tuiles pour le feu. Bien, eux autres, ils ont mis des tuiles pour l'eau.
Ça fait que ça ne conforme pas à ce que la ville a demandé. Alors, il doit
faire ma toilette au complet puis ça fait un an que ça traîne. Bien là, j'en ai
mon ras-le-bol. Ça fait que c'est ça. Moi, Avi, puis Laurent Cardinal, puis
David de l'IAD, moi, c'est fini avec eux autres, je ne veux plus avoir contact
avec eux autres parce qu'ils ne répondent pas à nos textos, ils ne répondent
pas à nos lettres, ils ne répondent pas au téléphone. Quand j'ai eu mon dégât,
comme je vous le disais au début, j'ai demandé de l'aide. Il n'y a personne qui
est venu me voir. Ça fait qu'est-ce que vous avez des questions à...
Journaliste : Bien oui. Bien,
moi, je... je vais m'approcher ici de la caméra. Donc, c'est des gens qui
brisent des vies, selon vous, là, ces propriétaires-là qui essaient de trouver
des façons de contourner les règles, là, parce que vous en êtes l'exemple, tu
sais, ça affecte beaucoup de gens, là, pas seulement... pas seulement quelques
personnes.
M. Fournier (Roger) : Ah! pas
juste moi, plusieurs... J'ai ma journaliste du Journal de Montréal, Mme
Langlois, qui est venue chez moi, puis elle a fait le tour des appartements.
Puis il y a beaucoup de monde qui ont les plafonds, là, que... il y a... il y a
un de mes... de mes voisins qui ont mis du «tape», du «tape» noir, là, pour
l'électricité pour faire tenir son plafond. C'est inacceptable.
Journaliste : Mais vous savez
que... vous pensez que c'est simplement pour vous faire partir? Dans le fond,
ils veulent faire partir les gens. Parlez-moi de ça.
M. Fournier (Roger) : Oui.
C'est pour ça qu'il ne veut pas faire les réparations. Puis c'est... ce n'est
pas humain. On paie notre loyer, nous autres. On est... Puis moi, j'aurais bien
voulu ne pas payer mon loyer, mais on n'a pas le choix, malgré la loi, on est
obligé de payer pareil. Bien, c'est... ce n'est pas acceptable de voir des
gens... tu sais, il y a... il y a de l'eau qui coule puis ils ne l'arrangent
même pas. Ça fait qu'il faudrait que les gens manifestent, là.
Tu sais, on a parlé dans le journal, vous
avez vu l'annonce, puis tout, et... Puis, nous, qu'est-ce qu'on veut, c'est
qu'on... que le propriétaire nous respecte. On lui paie son loyer, bien, qu'il
fait les réparations. Je ne suis pas tout seul qui a des dégâts d'eau, qui ait
eu des plafonds défoncés, il y en a plusieurs. Bien, on se plaint, mais ils
n'agissent pas. On a beau aller à l'Office municipal, on a beau aller au
Tribunal administratif, mais ils n'agissent pas. Ils ne se présentent même pas.
Moi, j'ai été la dernière fois le 23 janvier, puis M. Cardinal était...
était censé d'être là puis il ne s'est même pas présenté. Ça fait que ça prouve
que ce n'est pas un propriétaire qui prend ses responsabilités au sérieux.
Journaliste : Qu'est-ce que
vous voudriez que les gouvernements fassent? Vous voudriez qu'ils aient une...
qu'ils agissent, j'imagine, pour empêcher encore plus ce type de façon de faire
là des propriétaires?
Journaliste : Bien que... que
le... voyons, qu'eux leur donnent des amendes salées, parce qu'il y a... et ils
ont une job à faire, puis ça fait un an que ça traîne puis ça n'a même pas
encore été fait. Je souhaite que le gouvernement leur donne une amende très
salée. Moi, j'ai demandé 15 000 $ pour... au tribunal pour les dommages moraux.
Puis ça, ça m'a fait beaucoup... ça m'a beaucoup affecté parce que je suis une
personne que... parce qu'ils ont voulu me mettre dehors au début. Puis moi, je
prenais plus de médicaments pour dormir parce que je ne dormais pas, je vivais
sous le stress, j'étais frustré, je... puis ma santé mentale en a pris un coup,
j'ai... j'ai déjà pensé... je ne dirai pas le mot, là, mais... Je suis
vulnérable. Puis j'ai besoin de dire au gouvernement : Bougez un peu. Là,
moi, j'ai fait mon pas aujourd'hui, puis j'espère que... le quartier... Comment
qu'on appelle ça?
M. Fontecilla : L'arrondissement,
la ville?
M. Fournier (Roger) : La
ville de Cartierville intervienne au plus vite. Parce que, là, ce n'est pas
vrai que je vais rester là jusqu'à 60 ans puis qu'ils ne mettront pas de
chauffage puis... en tout cas. Il y a-tu d'autres choses?
Journaliste : Bien, peut-être
une question pour M. Fontecilla. Bon, qu'est-ce que vous espérez? On sait qu'il
y a eu des changements qui ont été faits par la ministre Duranceau à l'époque,
mais ça ne semble pas fonctionner parce qu'on voit que ça contourne...
contourne les règles carrément, là.
M. Fontecilla : Tout à fait,
là. On voit que... on voit les conséquences directes de la crise du logement,
là, sur des vies bien concrètes, telle que celle de M. Fournier. La... Oui,
dans le cas du pl 31, la ministre... l'ancienne ministre de l'Habitation,
Mme Duranceau, a effectué quelques changements législatifs pour augmenter ce
qu'on appelle les dommages et intérêts punitifs, là, sur des propriétaires
négligents qui, manifestement... qui, manifestement, font en sorte d'abuser sur
la vie des locataires. Mais ce n'est pas suffisant. Il faut aller plus loin. On
voit que les abus sur les locataires sont quotidiens, ils se passent un peu
partout à travers le Québec, là. Les dommages et intérêts punitifs, là, ne
sont... qui sont en place maintenant, là, sont... ne fonctionnent pas. Les
propriétaires préfèrent payer les amendes avant et continuer à faire leurs
opérations afin de pouvoir, c'est ça la finalité finalement, pouvoir augmenter
les loyers. Le gouvernement doit aller plus loin parce que la crise du logement
est en train, en ce moment, de broyer des vies telles que celle de M.... de M. Fournir.
Le gouvernement, en particulier la CAQ, doit agir. Même s'ils sont en fin de
mandat, ils ont un sens encore de soulager la pression énorme sur les
locataires partout à travers le Québec.
Journaliste : Et, bon, on
parlait d'Henry Zavriyev à Montréal, bon, c'est... c'est un cas classique de
propriétaire qui a quand même plusieurs édifices, qui effectue... tout le temps
le même... le même stratagème, en fait. C'est un peu ce que vous dénoncez
aussi, des propriétaires...
M. Fontecilla : Bien,
écoutez, oui, mais je... Oui. Allez-y.
M. Fournier (Roger) : Oui.
Bien, le monsieur que vous dites... comment...
M. Fontecilla : Zavriyev.
Journaliste : Zavriyev.
M. Fournier (Roger) : Bien,
ça, c'est son nom... prénom?
M. Fontecilla : Son nom de
famille.
Journaliste : Henry.
M. Fontecilla : Henry.
M. Fournier (Roger) : Henry.
Bien, c'est lui, le propriétaire. Bien, il a comme changé son nom, là, pour
Laurent Cardinal. M. a déjà eu un bloc en tutelle dans le passé. Puis moi,
j'aimerais bien ça que ça arriverait aujourd'hui encore avec notre bloc, qu'ils
mettent son bloc en tutelle, que la ville d'Ahuntsic mette son bloc en tutelle.
Parce que là, ça fait un an puis ça fait plusieurs fois qu'on se plaint, puis il
ne répond pas. Mme Turcotte, de la ville de Montréal, elle lui a envoyé des
mises en demeure, elle l'a appelé, il n'a jamais répondu. Ça fait que, si vous
n'êtes pas capable de répondre, M. Cardinal, bien, vendez-le donc, votre maudit
condo!
M. Fontecilla : Tout à fait.
M. Zavriyev, là, c'est un cas emblématique. Il est très, très connu, là, mais
ce n'est pas le seul. Et il a fait l'objet de plusieurs articles, d'enquêtes
journalistiques, mais il y en a beaucoup d'autres. Ce n'est que la pointe de
l'iceberg. Et on doit, on doit avoir une surveillance beaucoup plus étroite de
ce type de pratique, là. On sait que le gouvernement du Québec a déclaré un
moratoire sur les rénovictions, mais malheureusement, les rénovictions, on le
voit, elles continuent, en quelque sorte. Différents stratagèmes sont utilisés
pour harceler les locataires pour les forcer à partir. Les reprises
frauduleuses sont... c'est devenu une épidémie. Et, tout cela, ça finit, ça
finit par alimenter l'itinérance à Montréal, à Québec et dans tout... dans tout
le Québec, là. Il y va... C'est une politique de santé publique, si vous
voulez, à la limite, là, de discipliner davantage les propriétaires qui abusent
de la vie des locataires.
M. Fournier (Roger) : Je
voudrais aussi mentionner que j'ai eu un frigidaire. Mon frigidaire a cassé, a
lâché, puis j'ai dit j'ai perdu à peu près 200 $ de commande. Bien, M., ça
leur a pris huit jours pour qu'ils qui viennent changer mon frigidaire. Ça n'a
pas de maudit bon sens!
Ça fait que, là, je veux qu'e le
gouvernement lui fait savoir notre façon de penser aujourd'hui. Je suis content
d'être ici. Puis, comme je l'ai dit au début, je ne le fais pas juste pour moi,
je le fais pour tout le monde qui vit la même situation.
M. Fontecilla : Je vous
remercie. Bonne journée.
(Fin à 9 h 26)