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(Neuf heures huit minutes)
Le Modérateur : Bonjour à
tous. Merci d'être avec nous ce matin pour cette conférence de presse. Nous
allons débuter avec une prise de parole de la présidente du Conseil du trésor, Mme France-Élaine
Duranceau, suivie du ministre des Transports et de la Mobilité durable, M. Jonatan
Jullien, ainsi qu'en terminant de M. Gilles Bélanger, ministre de la Cybersécurité
et du Numérique. Mme la ministre, la parole est à vous.
Mme Duranceau : Merci.
Bonjour, tout le monde. Alors, écoutez, au lendemain du dépôt du rapport de la
commission d'enquête sur la gestion de la modernisation des systèmes
informatiques de la SAAQ, dirigée par Me Denis Gallant, notre gouvernement
souhaite faire le point. Alors, aujourd'hui, on s'adresse aux Québécois et aux
Québécoises puis on trouvait important de faire ça ici, à l'Assemblée
nationale. La direction de la SAAQ a caché de l'information sciemment au
gouvernement, aux ministres et à tous les élus. Par extension, la direction de
la SAAQ a menti aux Québécois et aux Québécoises, aux gens que les 125 députés
de l'Assemblée nationale représentent.
Les constats de la commission sont très
clairs. Une culture inacceptable s'est installée au sein de la SAAQ. Et on se
doit de poser des gestes concrets pour rétablir la confiance du public. C'est
pourquoi, à la demande du premier ministre, je vais mettre en place un comité
de suivi qui sera chargé d'orchestrer la réponse gouvernementale aux 26 recommandations
du rapport. Ce comité, qui sera sous la responsabilité du Secrétariat du
Conseil du trésor, va coordonner les travaux, assurer la cohérence des actions
des différents ministères, proposer des mesures législatives et réglementaires
nécessaires dans les meilleurs délais.
Parallèlement, comme l'a indiqué le
premier ministre, nous évaluons l'ensemble des recours juridiques possibles,
tant envers les individus que les firmes qui ont été impliquées dans les
travaux à la SAAQ. On analyse aussi tous les leviers disciplinaires disponibles
pour que les responsables et les personnes fautives au sein de l'administration
publique et de la SAAQ soient confrontés aux conséquences de leurs actes. On a
fait un pas dans cette direction avec le projet de loi n° 7 que je
porte pour accroître l'imputabilité des hauts fonctionnaires. Puis, on va en
faire d'autres avec le comité de suivi qui sera mis en place.
Comme tous les Québécois et les
Québécoises, je suis outrée des révélations de la commission. Des titulaires de
charge publique qui ont brisé leur engagement envers la population, une
institution publique19257 qui
est respectée, qui est éclaboussée, des fonds publics utilisés sous des
mensonges et du camouflage. Comme les Québécois, nous voulons punir les
coupables.
Puis je veux en profiter aussi ce matin
pour passer un message aux parlementaires, hein, de tous les partis qui font clairement
leurs choux gras du rapport publié, là, depuis 24 h. Les travaux de la
commission ont révélé que l'information a été cachée à l'Assemblée nationale et
au gouvernement. Le PQ a enlevé les contre-pouvoirs. Les libéraux se sont fait
cacher des faits. La CAQ s'est fait cacher des faits. Alors, on s'est tous fait
cacher de l'information. Je pense que les oppositions devraient s'insurger
contre ça. Puis je les invite, dans le contexte actuel, à s'élever un petit peu
au-dessus de la mêlée, parce que c'est un petit peu ce à quoi les Québécois
s'attendent, puis qu'on arrête de faire de la petite politique avec ça puis
qu'on s'assure que les bonnes mesures sont mises en place pour que ça ne se
reproduise plus.
Alors, moi, comme l'ensemble des députés,
on est outrés de cette situation-là. Et puis les gens dans mon comté, je leur
parle, sont outrés de cette situation-là. Il n'y a personne dans le vrai monde,
là, les gens qui travaillent dans les entreprises privées, il n'y a personne
qui aurait agi de la sorte qui aurait gardé son emploi, hein? Il se serait fait
sacrer à la porte. Donc, je pense que c'est important que les coupables soient
punis.
Alors, la mise en place du comité de
suivi, l'évaluation des recours juridiques puis l'examen des mesures disciplinaires
sont les premières étapes d'un chantier important qui est devant nous. Et je
vais vous assurer que je prends ça très au sérieux. Quand ça coûte trop cher,
je le dis, quand c'est inadmissible, je le dis. Puis, dans cette situation-ci,
bien, il va falloir que les coupables en paient le prix.
Alors, je tiens à remercier le premier
ministre qui m'a confié ce rôle-là, parce que je pense que c'est un chantier
qui est important pour les Québécoises et les Québécois. Merci.
Le Modérateur : ...maintenant
la parole au ministre des Transports, de la Mobilité durable, M. Jonatan
Julien.
M. Julien : Bonjour, tout le
monde. Bonjour, chers collègues. Ma première réaction au rapport Gallant, bien,
je suis choqué. Je suis indigné. Je pense comme la plupart des Québécois, là,
comme la plupart d'entre nous. C'est la réaction un peu troublante qu'on a face
à des conclusions... des conclusions justement qui choquent.
Ce qu'on apprend essentiellement dans le
rapport Gallant, c'est... c'est que la gouvernance, les parlementaires ont fait
face à des mensonges. On a menti. Et, pour moi, les mensonges, quand je lis le
rapport, ce qui est... ce qui est le plus dommageable, c'est... c'est fait de
manière... c'est fait sciemment, c'est fait consciemment. Ce n'est pas une
omission, une omission d'information. C'est que c'est structuré à l'intérieur
de l'information qui a été donnée par rapport au projet.
On nous dit qu'on aurait dû... questionner
plus. J'en suis. Je suis d'accord. Peut-être qu'on aurait pu être plus
pointilleux. Mais, si je pose 10 questions à un menteur puis j'ai
10 mensonges, si je passe 100 questions à un menteur, je vais avoir
100 mensonges, puis si j'en pose 1000, je vais avoir 100 mensonges.
Ce qu'on observe, c'est que de manière
volontaire, consciente, on n'a pas donné la... l'information aux
parlementaires, quelques individus, Malenfant, Tremblay, Marsolais, qui ont été
nommés à l'intérieur du rapport. Moi, je suis responsable de la SAAQ. J'ai des
rencontres périodiques, régulières avec la SAAQ depuis mon arrivée. Je suis
allé voir les employés. Les employés, là, c'est 5000 employés. La très,
très, très grande majorité de ces employés-là sont droits dans leurs
chaussures. Ils travaillent pour le bien commun. Ils travaillent comme des
serviteurs publics. Puis, pour quelques individus qui ont été nommés à
l'intérieur du rapport, ils se retrouvent dans une espèce de torpeur où leur
réputation est entachée. Puis, moi, je pense qu'on doit maintenant redresser
ça.
On a posé des gestes. Je salue d'ailleurs
l'embauche, là, qu'on a fait de Serge Lamontagne, que j'ai déjà rencontré à
plusieurs reprises. On a fixé, M. Lamontagne et moi, le nouveau PDG de la SAAQ,
les principaux éléments sur lesquels on doit travailler. Et clairement les
rapports de... de l'Autorité des marchés publics, du Vérificateur général,
Gallant sont au cœur de nos préoccupations par rapport aux projets
informatiques. Et, oui, le redressement financier aussi est au cœur de nos
préoccupations. On a Dominique Savoie, présidente du CA. On a nommé un comité
de restructuration d'anciens mandarins, Pierre Rodrigue, André Legault, Mme
Gosselin, que j'ai rencontrés à quelques reprises déjà, qui vont me déposer un
rapport.
On a revu les règles de gouvernance parce
que... On fait face à quoi ici? Du pouvoir centralisé aux mains de quelques
individus sans contre-pouvoir. Ça, à la fin, c'est ça, la situation. Quelques
individus avaient la fonction de contrôler et de réaliser, et, aussitôt qu'ils
sont malveillants ou qui décident consciemment de ne pas produire
l'information, c'est impossible de l'obtenir.
À partir du moment où une fonction de
contrôle interne n'est pas une fonction placard et qu'elle joue son rôle, elle
peut jouer son rôle, on évite ça. À partir du moment où il y a des seuils qui
sont nommés de contrôle avec l'information au conseil d'administration, on
réduit ces risques-là. Donc, c'est ça à quoi on fait face, et c'est les
modifications qu'on a déjà apportées et qu'on va continuer à apporter à
l'intérieur du comité avec mes collègues.
En terminant, je regarde vers l'avant,
j'ai confiance en Serge Lamontagne. M. la montagne, pour moi, a tous les
leviers pour intervenir, et je serai à ses côtés pour le faire. La SAAQ est un
joyau au Québec. On doit lui redonner ses lettres de noblesse, et ça passe
naturellement par cette restructuration-là puis le suivi des recommandations.
On va mettre tous les efforts nécessaires pour le faire. Merci.
Le Modérateur : Merci
beaucoup, M. le ministre. J'invite maintenant le ministre de la Cybersécurité
et du Numérique, M. Gilles Bélanger.
M. Bélanger : Bien, bon matin
à tous. Merci, France-Élaine. Merci, Jonatan. Moi, je vais quand même être
bref, mais je veux vous dire que j'ai passé le week-end à lire les presque
1 000 pages, le 1 000 pages du document. Je veux féliciter
Me Gallant, toute la commission. Ils ont fait un... ils ont fait un travail qui
est précieux pour nous. Évidemment, la première chose que j'ai lue, c'est les
26 recommandations. Je suis allé au sommaire, j'ai lu les
26 recommandations, puis je me suis dit : Bien, on est à la bonne place
parce qu'on travaille déjà depuis des mois sur certaines... certaines actions
qui sont en ligne avec certaines recommandations.
Puis moi, ce matin, je vais vous dire, je
regarde en avant puis je suis confiant. Pourquoi je suis confiant? Parce qu'il
va y avoir un comité qui va être en place sous le leadership de ma collègue. Et
puis je pense qu'elle fait un très bon travail, elle l'a prouvé. Ça fait que
moi, je suis positif, puis je vais donner toute mon énergie pour être capable
d'arriver avec des solutions puis un plan d'action qui va satisfaire les
Québécoises et les Québécois. Merci.
Le Modérateur : Merci
beaucoup. Nous allons maintenant passer à la période de questions. Je vous
demanderais d'indiquer votre nom et le média que vous représentez. On va se
limiter à une question et une question de suivi par journaliste. Merci
beaucoup.
Journaliste : Bonjour,
Marie-Michèle Sioui, au Devoir. Mme Duranceau, si vous parlez d'employés
qui auraient été sacrés dehors, dans le vrai monde, c'est-à-dire l'entreprise
privée, comme vous l'avez dit, vous reconnaissez, j'imagine, parce que c'est
écrit dans le rapport, que le cabinet de François Bonnardel a contribué à
envoyer de l'information trompeuse aux parlementaires, à la CAP. Vous le
reconnaissez?
Mme Duranceau : C'est une
question? Bien, écoutez, ce qui est écrit dans le rapport, moi, je ne le remets
pas en question, là, j'ai confiance en les conclusions de Me Gallant.
Journaliste : Il y a... il y
a une des personnes qui a contribué à envoyer ces... ces informations-là qui
étaient fausses qui travaillaient avec vous maintenant, qu'il a le dossier des
médecins au cabinet de la santé. Ce n'est pas que je veux personnaliser à lui,
là, mais en quoi c'est de l'imputabilité, ça, de... En quoi cette personne-là,
par exemple, ou en quoi vos agissements dans les derniers mois témoignent de
votre volonté de punir les coupables?
Mme Duranceau : Bien, je
pense que, là, on prend acte du rapport, du contenu du rapport. Puis la
transparence, ça s'applique à tout le monde, ça s'applique aux employés de la
société d'État, ça s'applique aux employés politiques. Alors, on prend acte des
recommandations et des commentaires qui ont été faits puis on va regarder ce
qui... ce qui doit être fait à l'égard de chacune des personnes qui est nommée
dans ce rapport-là.
Journaliste : ...ça
s'applique au politique aussi? Comment vous appliquez le principe de la
responsabilité ministérielle dans ce dossier-là?
Mme Duranceau : Bien, on a...
Notre gouvernement a déjà mentionné qu'il y aurait dû avoir plus de questions
de posées. On se ne cachera pas de ça, on aurait dû être plus pointilleux.
Certaines personnes auraient dû poser plus de questions. Maintenant, à un
moment donné, quand tu te fais mentir, il y a une limite à ce que tu vas avoir
comme réponse. Alors, je pense que ceux qui auraient dû poser plus de questions
ont payé le prix de ne pas avoir posé assez de questions, là.
Journaliste : J'ai une
question pour M. Bélanger, si je peux me permettre.
Le Modérateur : En terminant.
Journaliste : Il y a quelque
chose qui n'est pas éclairci pour moi dans le... dans le rapport, mais vous
avez eu plus de temps que nous pour le lire. En 2017, le gouvernement précédent
avait centralisé les contrôles au Conseil du trésor. Quand le gouvernement de
la CAQ est arrivé, la SAAQ a continué à échapper à ces contrôles-là, puis la
personne qui est montrée du doigt, c'est le sous-ministre, c'était M. Caire, on
dit qu'il a contribué au fait que la SAAQ puisse échapper, là, au cadre
réglementaire, mais on ne sait pas pourquoi. Est-ce que vous, vous l'avez,
cette réponse-là?
M. Bélanger : Bien, moi, je
pense qu'il faut partir de 2014 où la SAAQ a été... elle n'avait pas
l'obligation de faire de la reddition de comptes, n'avait pas non plus
d'obligation de rendre des comptes à son conseil d'administration. Donc, là, on
est au début, on est à la planification d'un projet, planification d'un projet,
dossier d'affaires, et, par la suite, il y a eu un contrat qui a été signé. Ça,
le contrat, puis le dossier d'affaires, c'est 80 % du risque d'un fiasco
éventuel. Ça fait que je pense qu'il faut fouiller plus à ce niveau-là. Par la
suite, la SAAQ a été délinquant, a été délinquant pendant des années, des
années, à nous fournir des rapports. On demandait des rapports, on n'obtenait
pas de rapport, donc on n'avait pas l'information. C'était un organisme public
autoportant, donc, techniquement, il y a une certaine habitude à ne pas faire
de reddition de comptes. Ça fait que c'est un enjeu qu'on va adresser, on va...
on va adresser l'enjeu d'imputabilité à venir, mais ça, c'est des enjeux qui
sont importants pour être capables d'avoir une bonne gouvernance au niveau des
projets d'informatique.
Journaliste : ...Mme Duranceau,
quel est le sort qui va être réservé aux entreprises privées qui ont participé
avec la SAAQ, selon ce qu'on lit dans le rapport, là, à la situation actuelle,
en fait, à avoir caché de l'information, etc.? Quelle est la responsabilité que
vous allez leur imputer et qu'est-ce qui va leur arriver? Est-ce que vous allez
les poursuivre? Quel va être le sort réservé aux entreprises privées qui ont
participé à ça?
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, on regarde les recours... les recours juridiques, là, les recours
légaux qui sont possibles dans les circonstances. Je rappelle qu'il y a une
enquête de l'AMP, l'Autorité des marchés publics, qui est en cours, il y a une
enquête de l'UPAC qui est en cours. Alors, ces enquêtes-là pourraient révéler
des comportements, des agissements qui ne sont pas acceptables, on verra
quelles sont les conclusions.
Mais je pense que ces entreprises-là, là,
ont aussi un examen de conscience à faire sur la gestion des projets
informatiques parce qu'ultimement, là, c'est toujours la même personne qui
paye, hein, c'est le contribuable. Puis je pense que les contribuables sont
tannés de payer pour des projets informatiques qui ne se déroulent pas comme il
se doit puis qui coûtent toujours plus cher que prévu. Alors, c'est un partenariat,
puis peut-être que c'est la façon de regarder les contrats aussi qu'il va
falloir qui évolue puis qu'il y ait un réel partenariat, comme on voit dans
certains contrats de construction. Des projets informatiques, là, ça ne s'en va
pas en diminuant, là, ça s'en va en augmentant. Alors, il va falloir se donner
le droit collectivement de regarder ça différemment aussi pour éviter des
dérives comme celles qu'on a... qu'on a connues, là.
Journaliste : Et vous parlez
de mesures disciplinaires dans le communiqué à l'égard d'employés de la Société
de l'assurance automobile. M. Julien a évoqué quelques noms tout à l'heure,
mais est-ce qu'il va y avoir une chasse aux sorcières à la SAAQ pour savoir qui
a fait quoi? Ou est-ce que les gens qui pourraient avoir ces mesures
disciplinaires là sont déjà identifiés?
M. Julien : La discussion...
Journaliste
: ...
M. Julien : Oui, c'est ça, la
discussion que j'ai eue avec Serge Lamontagne à son arrivée, puis avec sa
prédécesseure également, c'est : Ils ont carte blanche par rapport à la
gestion des ressources humaines. Naturellement, le rapport Gallant, M. Lacroix,
souligne à grands traits certains noms. Dans leurs travaux supplémentaires,
dans la suite des choses, s'ils observent d'autres personnes qui ont eu des
manquements, ce que je n'ai pas comme information, quand je dis qu'on ne l'a
pas comme information, eux non plus ne l'a pas, c'est-à-dire qu'on n'a pas
vérifié... on n'a pas obtenu de vérification de sceau de fait. Alors, pour
nous, ceux qui sont identifiés, c'est ceux qui ont contribué. Mais, le cas
échéant, M. Lamontagne a mon entier support, s'il y a des gestes supplémentaires
à poser envers certains employés suite à des agissements dans le dossier
SAAQclic, il va pouvoir les porter en toute sérénité.
Journaliste : Et ça pourrait
être quoi les mesures disciplinaires?
M. Julien : Encore là, c'est
une question hypothétique sur une question hypothétique, deux fois, c'est deux
fois plus hypothétique. Je n'irai pas là.
Mme Duranceau : Bien, M.
Lacroix, des mesures disciplinaires, là, c'est d'être suspendu sans solde,
c'est d'avoir... d'être rétrogradé dans tes fonctions, c'est d'avoir des notes
négatives à ton dossier qui vont t'empêcher de progresser aussi rapidement.
Alors, je pense que ce qui est important, c'est que s'il y en a qui ont des...
qui ont des agissements qui sont inacceptables dans le contexte de ce dossier 19257 là. Il y a des noms énoncés dans le
rapport. On va regarder ça ou la SAQ va regarder ça. Puis moi, je peux vous
assurer que le comité de suivi, là, ne va pas laisser ça en plan, parce que les
Québécois, les Québécoises, ça, ça comprend moi, là, on est tannés de ces
situations-là, alors il faut que ça cesse. L'imputabilité, c'est pour tout le
monde.
Journaliste : Bonjour. Mme
Duranceau, comment vous expliquez que le ministère des Finances ait pu être
informé en 2020, dès l'explosion des coûts, et ainsi... et aussi de l'impact
sur le déficit cumulé de la SAAQ? Donc, on parle, en 2020, le ministère des
Finances était au courant. Qu'est-ce qui s'est passé pour que le Conseil du
trésor et le cabinet du... au ministère des Finances ne soient pas mis au
courant?
Mme Duranceau : Bien,
écoutez, je sais, j'ai lu, moi aussi, que... qu'il y a de l'information qui a
été transmise au ministère des Finances. Est-ce qu'elle a été transmise dans
son ensemble, de manière suffisante, pour être capable de conclure...
Journaliste : ...c'est marqué
qu'il y avait... il allait y avoir un impact sur le déficit cumulé et le temps
que ça allait prendre pour le rembourser. On le voit aujourd'hui, là, le
déficit de la SAAQ, c'est une catastrophe, là.
Mme Duranceau : Oui, bien,
écoutez, je ne peux pas répondre pour le ministère des Finances. Je pense que
si l'information qui est transmise, elle est parcellaire... Et le délai de
remboursement du déficit, c'est une chose. L'ensemble des coûts d'un projet
puis le dérapage d'un projet, c'est une autre. Alors là, ce qui a été transmis
spécifiquement au ministère des Finances, puis comment ils ont pu se rassurer
que le déficit allait être remboursé dans un délai qui demeurait raisonnable...
Journaliste : ...dans ce
temps-là, lorsqu'une société d'État emprunte...
Mme Duranceau : Je vous
dirais que ça... je vous dirais que ça dépend des montants qui sont mentionnés,
ça dépend du délai qui est... qui est repoussé, là, sur... sur le
remboursement. Alors, spécifiquement, cette question-là, il faudrait la valider
avec les gens qui ont répondu à l'époque, là.
Journaliste : En 2018,
lorsque la CAQ a été élue, M. Caire promettait, justement, une espèce de «task
force», là, le... ce que M.... une «tiger team», comme M. Gallant le propose
dans son... dans son rapport, de les payer plus cher, de leur donner les moyens
d'agir, mais, au Conseil du trésor, ça n'a jamais passé. Pourquoi?
Mme Duranceau : Bien, on a eu
la création du MCM, du ministère, qui...
Journaliste : Les employés,
ils s'en vont au privé. Ils ne sont pas payés au salaire équivalent, là.
Mme Duranceau : Bien, je
pense que... Justement, je suis contente de vous entendre dire ça, parce que,
dès qu'on essaie de payer quelqu'un plus cher tout le monde critique, OK. Ça
fait que, si on la veut, la bonne expertise, là, bien, il faut s'assurer qu'on
est capables de les attirer, on est capables de retenir les talents puis qu'on
les met dans des conditions où ils vont être capables de livrer des projets.
Honnêtement, là, des «top guns» en informatique, là, ça en prend aussi, puis ça
en prend à l'intérieur du ministère, puis il faut se donner le droit de
travailler avec le secteur privé, peut-être dans des balises qui sont
différentes.
Je vous le dis, là, il ne faut pas qu'on
devienne tous paranoïaques sur les projets informatiques, là. Ça s'en va en
croissance, ces projets-là, il va falloir les livrer. Nos systèmes sont de plus
en plus âgés, il faut les remplacer par d'autres choses. Alors, il va falloir
se doter... s'organiser pour travailler de façon différente, pour livrer mieux,
moins cher, à l'intérieur des délais, pour les Québécois.
Journaliste : Une... une
dernière précision : En 2025, avez-vous été surpris de la ligne de
communication qu'on demandait aux élus, de dire que vous aviez été mis au courant
de rien, depuis 2023, concernant l'explosion des coûts?
Mme Duranceau : Il n'y a
personne qui a dit qui n'a été mis au courant de rien. Il y a eu...
Journaliste : On était... on
était tous dans les corridors, et c'était...
Mme Duranceau : Bien,
personne...
Journaliste
: Là,
maintenant, vous martelez le 1,1 milliard, mais tout le monde martelait
qu'il n'y avait pas d'explosion des coûts, que personne n'avait été mis au
courant. Êtes-vous encore, aujourd'hui, étonnés d'avoir dû marteler cette ligne
de communication?
Mme Duranceau : Écoutez, chacun
a répondu selon sa connaissance du dossier, à l'époque, là, sur cette
question-là. Il y a des informations qui ont été transmises, il y a des
informations incomplètes, erronées qui ont été transmises. Alors, je pense que
le rapport fait bien état de la situation. Puis, comme mentionnait mon
collègue, si tu poses 10 questions à un menteur, tu vas avoir 10 mensonges.
Journaliste : M. Ducharme est
complètement blanchi, là, dans ce dossier-là.
Mme Duranceau : M.Ducharme
est un excellent fonctionnaire de l'État.
Journaliste : Est-ce qu'il a
été... est-ce qu'il a été sacrifié pour rien par Mme Guilbault?
Le Modérateur
: On va
passer à la prochaine question, s'il vous plaît.
Journaliste
:
Jean-François Poudrier, Noovo Info. Je voulais revenir peut-être avec M.
Bélanger, justement, sur ce fameux «tiger team». Est-ce que c'est des choses
qui ont déjà été discutées? Vous dites qu'il y a déjà des choses qui ont été
faites du côté de votre ministère. Est-ce que c'est avancé, comme discussion,
comme réflexion, de ce côté-là?
M. Bélanger : Bien, il y a eu
un rapport de la VG, il y a eu la commission Gallant. Pendant la commission
Gallant, nous autres, on les... on écoutait. Donc, il y a déjà des... il y a
déjà du travail qui se fait à ce niveau-là, il y a déjà du travail. J'ai
annoncé, vendredi passé... ça ne fait pas longtemps, là... j'ai annoncé,
vendredi passé, une stratégie de souveraineté numérique, pour être capables de
garder chez nous les données, 17925 j'ai
parlé de l'importance du code, de l'importance des licences. Je pense que j'ai
déjà fourni assez d'informations pour démontrer qu'on travaille activement sur
des solutions. Je n'ai pas une solution à vous proposer ce matin. Et puis, là,
il y a un comité qui va être en place, qui va être sous la direction de
France-Élaine, puis, moi, je pense que je suis très confiant, parce que
France-Élaine a prouvé qu'elle faisait un très bon travail. Ça fait que d'ici
quelques mois, peut-être quelques semaines, on va vous arriver avec des
éléments de solution. Mais on a déjà commencé. On a signé un décret conjoint
vendredi passé, il a été annoncé, un décret conjoint où on allait favoriser de
travailler plus localement avec des entreprises où il y a un partage de
risques. Je pense qu'on est à la bonne place, puis on a déjà pris acte puis on
est déjà en mouvement.
Merci.
Journaliste : Et, pour
Mme Duranceau, le comité, donc, qui a été mis en place, là, de suivi,
c'est... le mandat se termine quand? À quel moment est-ce qu'il doit vous
revenir? Est-ce que c'est avant la fin de la session...
Mme Duranceau : On va
commencer, là. On va commencer avant...
Journaliste : ...Mais avant
la prochaine élection?
Mme Duranceau : ...Bien
oui, tout à fait, là. Là, ça va être quelque chose qui va être suivi, là, de
manière très serrée pour vous revenir rapidement sur... sur les recommandations
puis comment on va les mettre en application. Alors, il y a un comité au niveau
administratif, qui est sous la supervision de la secrétaire du Conseil du
trésor, Mme Danièle Cantin. Les sous-ministres pertinents vont être autour
de la table et on analyse les recommandations. Puis, au niveau politique, bien,
il y a un comité de suivi que, moi, je préside, pour m'assurer que ça avance
puis que ça ne laisse pas... ça ne reste pas lettre morte, là.
Le Modérateur : On va prendre
une dernière question en français.
Journaliste : Bien, bonjour.
Vous parlez beaucoup de poursuites en justice, mais selon ma compréhension, là,
il va falloir prouver la mauvaise foi des gens, ce qui est quand même, ça peut
être quand même difficile, et puis, selon ma compréhension encore, on ne peut
pas utiliser ce qui a été dit pendant la commission d'enquête pour poursuivre
en... pour poursuivre les gens. Alors, comment est-ce que... comment est-ce que
vous comptez réaliser tout ça, là? Poursuites en justice, est-ce que c'est
vraiment réaliste?
Mme Duranceau : Bien, je
pense que le Procureur général est en train de regarder quelles sont les
avenues sur le plan juridique, par rapport à ce qui a été énoncé, là, dans le
cadre de la commission. Il y a les mesures disciplinaires dont je parlais
tantôt.
Journaliste : Mais,
strictement sur les poursuites. Est ce qu'il y en a, des avenues? Est-ce que
c'est réaliste de penser qu'on peut poursuivre?
Mme Duranceau : Bien là,
je ne peux pas répondre à ça ce matin. On l'analyse sur le plan juridique et je
rappelle que l'AMP a ses pouvoirs d'enquête, est en train de mener une enquête,
et l'UPAC aussi. Alors, peuvent découler de ça aussi des poursuites.
Journaliste : Et,
M. Bélanger, il y a eu des compressions dans votre ministère. Est-ce que
ça a été à votre lecture après la... Après avoir lu le rapport Gallant, est-ce
que vous pensez que ça a été une bonne idée de faire des compressions dans
votre ministère?
M. Bélanger : Bien, je
pense que je n'irai pas dans ce détail-là. Je pense que, évidemment, on a un
objectif au niveau du déficit, et puis le MCN a fait sa part, et on n'a pas
touché au niveau des ressources qui sont spécifiques à la transformation
numérique. Donc, il n'y a pas eu d'impact. On a quand même une petite équipe.
Et puis, là, on va vous revenir avec un plan, un plan qui va permettre de,
justement, adresser les enjeux au niveau de transformation numérique.
Je veux rajouter une chose, c'est que,
depuis 2018, on a des centaines de projets qui ont été amorcés puis qui ont été
réalisés. Savez-vous quel est le rapport par rapport au budget qui a été
investi, par rapport au budget qui a été autorisé? On les a faits à 14 %
sur les budgets autorisés. Ça fait que je pense que, depuis 2018, déjà, on est
à la bonne place. Est-ce qu'il reste du travail à faire? Oui. Puis au cours des
prochains mois, on va vous arriver avec un plan précis.
Journaliste : Oui, mais,
vous, est-ce que vous allez demander d'avoir plus de ressources dans votre
ministère, puis qu'on les paie plus cher?
M. Bélanger : Je pense
que c'est un... Bon. Vous parlez de payer plus cher. C'est quand même un milieu
qui travaille avec des paramètres salarials. Je crois qu'on va arriver avec des
solutions où il peut y avoir certains partenariats. On va vous revenir avec les
solutions plus précises.
Merci.
Journaliste : Qu'est-ce que
vous voulez dire?
Mme Duranceau : Il y a
des recommandations qui ont été faites, on les analyse, puis il y a déjà des
travaux qui ont commencé pour arriver à travailler les projets informatiques différemment.
Mais quand on va être prêts, on va vous donner tous les détails.
Journaliste : ...Radio-Canada.
On parle de poursuites civiles qui s'enlignent pour être compliquées, de
mesures disciplinaires. C'est beaucoup des gens retraités qui sont mentionnés
dans le rapport. Donc, quelle pogne vous avez, finalement?
Mme Duranceau : Bien, je
peux juste vous dire qu'on en veut une pogne, comme vous dites, là, puis on va
en trouver une.
Journaliste
: Comment?
Mme Duranceau : Bien là,
je vais laisser les avocats faire leur travail, là, mais je pense qu'il faut...
Tout le monde est outré de cette situation-là. Les Québécois sont outrés,
regardent ce qui se passe puis ils disent : Aïe! Si, moi, là, dans mon
travail, là, 19257dans ma job, j'avais
posé des gestes comme ceux-là, là, je ne m'en serais pas tiré indemne. Alors,
ils s'attendent à ce qu'il y ait des conséquences pour les gens qui ont menti
puis qui ont fait en sorte qu'il y ait des dépassements de coûts épouvantables.
Journaliste :
Merci. Puis votre être objectif, c'est de mettre en œuvre quel pourcentage
des recommandations?
Mme
Duranceau : On va prendre le temps de tout analyser puis de s'assurer
que... de voir ce qui est pertinent dans les circonstances.
Le
Modérateur : La dernière question en français.
Journaliste
:
Deux petites questions si possible. J'aimerais rebondir sur la question de mon
collègue concernant M. Ducharme, parce qu'on dit, dans le rapport, qu'il y
a une cassure, là, à partir de 2023 sur l'information qui est véhiculée vers
les ministères. Comment se fait-il... parce que vous parlez beaucoup
d'imputabilité, comment se fait-il, donc, que M. Ducharme ait été licencié
en plein milieu de cette commission d'enquête publique l'année dernière?
M.
Julien : Bien, je n'irai pas sur les motifs parce que les motifs ne
sont pas nécessairement ceux de SAAQclic, il y avait une crise aussi,
également, là. Alors...
Journaliste
:
...
M.
Julien : ...bien, je vais répondre...
Journaliste :
C'est ma question, c'est exactement ma question.
M.
Julien : Bien, c'est ça. Alors, c'est ça que je suis en train de
répondre, si vous me laissez répondre.
Journaliste
:
Allez-y.
M.
Julien : Alors, il y avait une crise, on se rappellera, en termes de
fils de communications, d'enjeux de cette nature-là. Alors, moi, j'ai travaillé
avec Éric Ducharme quand il était au Trésor. J'ai vu son travail qu'il a fait à
SAAQclic, spécifiquement sur l'information Gallant, puis je pense qu'il a fait
bien son travail à cet égard-là. Donc, il n'y a pas nécessairement de cause à
effet dans le rapport Gallant et de la situation d'Éric Ducharme.
Journaliste
:
Merci beaucoup.
Journaliste :
D'accord. M. Gallant parlait de Tiger Team pour les projets de
transformation numérique. Bon, la profession qui aurait besoin d'être
valorisée, etc., mesures d'attractivité, de rétention, ce qui fait que
peut-être que le gouvernement était vulnérable, donc, à ce stade-ci. Vous allez
vous pencher là-dessus. Est-ce qu'il y a d'autres secteurs dans le
gouvernement, parce que vous êtes présidente du Conseil du trésor, qui
mériteraient une attention particulière de la part du Conseil du trésor pour
des projets pas nécessairement de transformation numérique, mais dans d'autres
secteurs comme celui-là?
Mme
Duranceau : Bien, je pense que le secteur de la construction est un
secteur qui a été beaucoup travaillé par ma prédécesseure puis aussi par les
ministres qui étaient aux infrastructures. Il a fallu se donner des leviers
pour faire les choses différemment. Les contrats en mode collaboratif, là,
permettre aux parties de se parler, de regarder les risques ensemble, de voir
comment ces risques-là vont pouvoir être gérés, d'attacher des dollars à, tu
sais, l'accomplissement du contrat pour faire en sorte d'arriver à la solution
optimale pour tout le monde puis qu'il y ait un partage de risques qui soit
plus équitable. Parce que, quand le gouvernement est constamment dans une
logique de risque zéro, là, bien, ça coûte quelque chose, ça.
Alors,
en construction, on l'a travaillé puis on le suit différemment de ce qui était
fait avant. Puis je pense qu'il faut se donner le droit, collectivement... puis
vous allez jouer un rôle là-dedans, les journalistes, à rapporter
l'information, il faut se donner le droit collectivement de regarder les
projets informatiques différemment. Puis c'est compliqué ces projets-là, même,
pour la population. Alors d'où votre votre pertinence, je pense, à parler de
ces choses-là, puis on va arriver avec des propositions prochainement.
Journaliste :
Est-ce qu'on paie trop cher en construction encore à ce stade-ci? Est-ce
que le gouvernement paie trop cher encore aujourd'hui?
Mme Duranceau : Il y a des
projets qui coûtent encore trop cher, tant qu'à moi, puis il y a différentes
raisons, là. Quand on parle de besoins qui sont infinis ou de devis techniques
qui veulent la lune, bien, il y a un coût à ça. Alors, c'est ce qu'on révise
pour faire en sorte de réduire les projets, notamment en construction. Alors,
il faut... Le coût, là, il est fonction de ce que tu demandes puis de toutes
les composantes de risques et de... qu'on y ajoute. Alors, on
va revoir ça.
Journaliste :
Bonjour, good day. Mrs Duranceau, on
the Gallant… in the Gallant report, it says, on page 50, that top management…
top managers at the SAAQ are protected against any judicial remedies, and it
refers to the law of the SAAQ, article 16. Why are you promising… Why are you
making this promise to Quebeckers that you can't fulfill? Don't you think Quebeckers had enough?
Mme Duranceau :
Well, they've have enough. I'm not
making a promise, I'm saying right now that we're looking at all legal actions
that are possible. There are also disciplinary measures that are going to be
looked at and implemented. And I want to recall that the AMP, Autorité des marchés publics, and l'UPAC are
also looking at the SAAQ file, and we'll see if there are any legal actions
that derive from those two…
Journaliste :
Back in 2023, the proper information
was shared by the SAAQ to key ministers and members of Mr. Legault's Cabinet.
How do you explain this? Was there a lack of experience for all those people to
question or ask the proper questions to the SAAQ?
Mme Duranceau :
I think information was transmitted,
incomplete information was transmitted, false information was transmitted. All
the background for the file wasn't transmitted. So, there... They knew some
information was... was there, that there were excess costs, but I don't think
they had access to all the information. So, I think we have to put that into
perspective. Again, if someone's lying to you, there's a limit to what you're
going to find out.
Journaliste :
Governments, when... bad things happen,
governments often set up committees as you were doing. But how realistic is it?
Because employees have rights. How realistic is it to say that you will
discipline people that did wrong things? It seems almost impossible.
Mme Duranceau :
Well, we're going to... we're going to
look at what's possible. And if nothing's possible, then we're going to... we
will look at what can be changed in the law to make it possible. So, that's
something we're going to be looking... looking at.
And again, I'm repeating,
but the AMP and «l'UPAC» are looking at this file and some legal actions can
also derive from those «enquêtes».
Journaliste :
Investigations.
Mme Duranceau : Investigations...
Journaliste :
But if you look at the Gomery
Commission, for example, the number of people that were actually punished after
all that... all that drama was very limited. So... I mean... I mean...
Mme Duranceau :
Yes, but the rules... the rules changed
after that also. So, we'll make sure that we don't waste this big crisis.
Journaliste :
...«anyone... anyone out there in the
private sector who had done something like this», can you elaborate on that?
Mme Duranceau :
Well, what I said, if... is that the
real people in the private sector, if they had done something like this, they
would have lost their job, and there wouldn't be any question about it. So,
it's... it's... We can't... We can't tolerate that in the public sector,
someone who lies, someone who transmits false information, who is not
transparent, who acts like there is no rule applicable to them, that they get
out of this without any impact. So, as I said, we're going to be looking at
what's feasible on the legal side and on the disciplinary side.
Journaliste :
Good morning... CTV News. This SAAQclic
fiasco happened mostly under the watch of the CAQ Governments. Now the same
Government is launching this committee. What do you say to Quebeckers who have
no faith that something tangible will come out of this?
Mme Duranceau :
Well, I just want to remind that it all
started back when the PQ was there, «hein», and they gave more... they changed
the rules, they gave more latitude to the SAAQ, and it created the environment
where they could act like they did. So, that's one thing.
And then, when some
people decide that they're lying and they want to... they want to realize a
project without any other considerations, well, it's what happened. So, as I
said, we're going to be looking at everything that's feasible on the legal
side, on the disciplinary side. And also, we'll be waiting for the conclusions
of the AMP and «l'UPAC» on what they're analyzing on this file.
Le Modérateur :
En terminant.
Journaliste :
What do you say to Quebeckers who have
no trust, no faith that something will come out of this?
Mme Duranceau :
Well, I say that I understand what... how
they feel because I feel the same way, and that we shouldn't be wasting a good
crisis like this one. And we'll... we'll change what needs to be changed in the
law or in any regulations.
Le Modérateur :
Dernière question.
Journaliste :
Is this considered the biggest IT
failure in Québec?
Mme Duranceau :
I... It's a good question. It's
probably a big... It's probably in the top three I would say. And I hope it's
the last one.
Le Modérateur :
Merci beaucoup!
(Fin à 9 h 45)