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Point de presse de M. André Fortin, chef de l’opposition officielle, et M. Monsef Derraji, porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports et de mobilité durable

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Tuesday, February 17, 2026, 11 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Onze heures vingt-quatre minutes)

M. Fortin :Bonjour. Bonjour, tout le monde. Merci d'être... d'être ici en grand nombre. Ça me fait grand plaisir de vous présenter le chef du Parti libéral du Québec, M. Charles Milliard.

M. Milliard (Charles) : Bonjour! Bonjour. Merci, merci beaucoup de m'accueillir ici, chez vous. Merci de me permettre de m'adresser aux Québécois via... via, là, ce point de presse là. Ça me fait extrêmement plaisir d'être ici. C'est mon baptême de feu, vous le savez, alors je vais essayer de ne pas me brûler, mais je vais surtout essayer de répondre à la grande majorité, sinon à la totalité de vos questions.

Écoutez, je suis très honoré, très fier d'être devenu, ce week-end, le 17e chef du Parti libéral du Québec. 17e, c'est un signe de stabilité pour un parti qui en a plus de 158 ans. C'est une nouvelle page qui se tourne. C'est un renouveau évidemment que je souhaite incarner avec l'équipe. Je suis d'ailleurs entouré de deux de mes piliers, André et Monsef. Plus de 600 militants étaient présents à Trois-Rivières pour m'entendre parler de mes cinq priorités et de la façon dont je veux incarner ce renouveau-là, c'est-à-dire avec lucidité, mais aussi avec beaucoup de dynamisme et de bienveillance quand c'est possible, même si certains en doutent.

J'ai... J'ai eu l'occasion aussi de mentionner les cinq priorités qui vont constituer la base de ma plateforme électorale. Alors, je ne les passerai pas en revue avec vous ce matin, il y aura sûrement des questions, mais, bien sûr, l'économie, les services publics, santé, éducation, les régions, le logement, grand fléau qu'on a en ce moment, et la culture. Oui, il y aura un premier ministre libéral éventuellement en 2026 qui va parler beaucoup de culture au Québec.

Je vais quand même parler un peu de l'actualité, parce que c'est bien beau, l'élection au Parti libéral, mais il se passe bien des choses au Québec. Il se passe, entre autres, une conférence de Mme Fréchette, il y a... il y a une heure à peine, sur le fameux troisième lien, ce que je considérerais à être le dernier acte du vaudeville de la CAQ dans ce... dans ce dossier-là. Je pense qu'on a eu droit à un nouveau feu d'artifice dans un dossier où la CAQ est, de toute façon, la responsable du fait que c'est une zone sinistrée, ce sujet-là.

Par contre, je vais reconnaître à Mme Fréchette qu'elle a eu le bénéfice de vouloir faire des consultations. Et je pense que la dernière consultation qu'elle a faite, c'est probablement les quatre entrevues que j'ai données à Québec dans les dernières 24 h, où j'ai mentionné que j'étais favorable, justement, à un partenariat public-privé pour un troisième lien ainsi qu'à un péage. Alors, on aura évidemment l'occasion d'en parler. C'est une idée aussi que mon collègue Fred Beauchemin avait mis de l'avant lors de la première course à la chefferie, où il était un de mes opposants. Donc, au Parti libéral du Québec, on pense que c'est une idée qui est porteuse, et ce n'est certainement pas Mme Fréchette qui a inventé ça ce matin. C'était aussi sur le ton de la gentille rigolade de l'entendre dire qu'elle ne saluait pas la gestion du projet de troisième lien de la CAQ jusqu'à présent, alors qu'à deux pieds à côté d'elle, il y avait François Bonnardel. Alors, les gens jugeront de ce que ça signifie.

Pour ce qui est de la SAAQ, évidemment, avant d'être un politicien, je suis un citoyen, puis, comme plusieurs Québécois, je suis assez troublé sur ce qu'on a appris hier et sur ce que ça veut dire pour l'utilisation décente des fonds publics. Moi, je l'ai mentionné à Trois-Rivières hier, chaque dollar québécois doit être utilisé et travailler aussi fort que les Québécois. Et là on n'a pas été servis, évidemment, dans le dossier SAAQclic. Je me demande pourquoi c'est si compliqué, au Québec, de faire sa job et de dire la vérité. De toute évidence, le gouvernement savait. À plusieurs reprises, on a eu des traces de ça. Il y a aussi évidemment eu beaucoup d'enjeux de gestion de la vérité, évidemment, à la Société de l'assurance automobile. Il y aura des conséquences pour ces gens-là. Il y aura aussi des conséquences pour la Coalition avenir Québec. Et, cette conséquence-là, s'il n'en tenait qu'à moi, aurait lieu... aura lieu le 5 octobre prochain, lors des prochaines élections générales.

Je vais céder la parole à mon collègue Monsef. Et je pense qu'on doit le remercier, parce que, si on a eu une commission Gallant et si on a eu un rapport aussi franc hier, c'est en grande partie grâce à Monsef Derraji. Alors, Monsef.

M. Derraji : Merci, chef! Et bienvenue à l'Assemblée nationale. Écoutez, j'ai deux messages aujourd'hui. Mon premier message s'adresse à Mme Hélène... France-Élaine Duranceau. Aujourd'hui, je l'ai entendue parler que la SAAQ nous a trompés. Je suis d'accord avec elle. C'est juste, elle a oublié une chose très importante, c'est que la cheffe de cabinet de M. Bonnardel a participé dans le stratagème de tromper les élus. Je tiens à vous rappeler, de son propre aveu, Véronique Aubry a fait retirer cette information, une information destinée aux élus. D'une manière délibérée, la cheffe de cabinet de M. François Bonnardel, qui, hier, sortait sur toutes les tribunes, on lui a menti. Mais quand il dit : On lui a menti, est-ce qu'il inclut sa cheffe de cabinet ou pas?

Le tableau transmis aux députés de la Commission de l'administration publique ne contenait donc aucune référence au retard qui se dessinait sur le tableau de bord. Ça, c'est le bras droit de François Bonnardel. «Tout ça se fait avec votre aval?» Question, a demandé la procureure Mélanie Tremblay. «Oui, tout à fait, a répondu Mme Aubry, je préférerais que ces informations-là soient retirées.»

Donc aujourd'hui, Mme France-Élaine Duranceau qui sortait sur la place publique accompagnée de ses deux collègues, fâchée de l'attitude de la SAAQ, je l'invite à un examen de conscience et d'honnêteté avec les citoyens québécois. S'il y a quelqu'un qui nous a trompés, entourloupés, ce sont les caquistes. Pourquoi? Parce qu'ils ne voulaient pas que les membres de la Commission de l'administration publique... Et, à l'époque, qui était président? Mon... Mon collègue Carlos Leitao. On voulait faire notre travail de l'opposition. D'ailleurs, je suis moi-même maintenant président de la CAP. C'est la seule commission à l'Assemblée nationale qui revient à l'opposition officielle. On voulait faire le suivi de ce projet. Mais c'est la CAQ qui nous a trompés, et c'est la cheffe du cabinet de M. Bonnardel. Donc, j'espère qu'ils vont avoir un examen de conscience quand ils disent que la SAAQ nous a menti.

Le deuxième message que j'ai pour M. Legault directement : je ne peux pas croire aujourd'hui qu'au Québec on peut jouer sur les règles. Et les règles, c'est quand il y a un dépassement de coût de 222 millions de dollars. Et j'ai deux comités au conseil d'administration qui me disent : Non, et j'ai Alain Généreux, qui était le conseiller de François Bonnardel, Denis Marsolais, qui préparent pendant l'été une stratégie contractuelle. Et cette stratégie contractuelle, je tiens à vous rappeler, a été surlignée en rouge par le Vérificateur général. Juin, la SAAQ avait besoin de 222 millions. Ils ont passé l'été parce que nous étions en pleine campagne électorale. Et il y avait deux choix. Lancer l'appel d'offres à 222 millions, ça ne ferait pas l'affaire de M. Legault, bien, ils ont décidé de fractionner en petits lots. Pourquoi? Et c'est mentionné dans les deux rapports, parce qu'après on a eu les documents à la Commission, et à un risque médiatique et politique élevé. Ma question à M. Legault, qui quitte la vie politique : Vous voulez vraiment quitter la vie politique en laissant sur la place publique, peu importe s'il y a un dépassement de coûts? Arrangez-vous, trouvez une stratégie contractuelle, lancez des petits lots en bas de 10 %, de toute façon, personne ne va la trouver? C'est honteux. Et M. Legault aujourd'hui doit des réponses à la population québécoise en nommant qui est le chef d'orchestre du fractionnement de ces contrats. Merci.

Journaliste : M. Milliard, quelle part est-ce que le Parti libéral est prêt à assumer dans le fiasco SAAQclic? Parce que M. Legault ne cesse de répéter que le contrat initial a été signé à l'époque du Parti libéral. Donc, quelle est la part de ce qui s'est passé par la suite que vous êtes prêt à assumer?

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, j'ai entendu M. Legault mentionner que c'était encore une fois la faute des libéraux. Ça me fait quand même un peu rire parce que c'est comme si on était au gouvernement il y a trois jours. Ça fait huit ans, presque 90 mois qu'il est au pouvoir. Alors, de rejeter le blâme sur sur le Parti libéral, honnêtement, je trouve ça un peu... je trouve ça un peu injuste. Puis je vais laisser peut-être André commenter, puisque, évidemment, vous étiez... ou Monsef?

M. Derraji : Avec plaisir. Bien, si on veut faire la ligne du temps, pas de problème, on peut faire la ligne du temps. Premièrement, après la signature du contrat, il y avait... les membres de la Commission de l'administration publique recevaient des indicateurs verts. En fait, nous avons perdu le pouvoir en 2018, et c'est le gouvernement libéral qui a resserré les règles qui ont été allégées par le Parti québécois en 2014. Mais là, si vous voulez qu'on reste sur ce bout, aucun problème. Mais il est suivi par la suite. La livraison zéro et la livraison un, il y avait des suivis que nous avons effectués. Vous parlez du Parti libéral? Le Parti libéral a perdu le pouvoir en 2018. Nous étions membres... Nous avons eu la Commission de l'administration publique, nous avons continué les suivis — il y a une citation d'ailleurs de mon collègue — suivis de ce projet, les indicateurs étaient au vert. Il n'y a personne qui a démontré que les premiers indicateurs de 2018 et 2019 étaient faux. Le...

Journaliste : ...par le Parti libéral, à votre avis, à l'époque, c'était un bon contrat?

M. Derraji : Bien, le gouvernement caquiste avait le choix...

Journaliste : ...je ne parle pas du gouvernement caquiste, je parle du gouvernement libéral, là, à l'époque. Les caquistes sont élus en 2018. Le contrat est signé deux ans avant, dans mon souvenir, là. Alors, est-ce qu'à ce moment-là, quand vous signez le contrat au Parti libéral... est-ce que vous considérez que c'est un bon contrat?

M. Derraji : Bien, écoutez, un, je n'étais pas là, mais, les éléments que j'ai devant moi, en 2018, il y avait beaucoup d'allers-retours avec l'alliance, il y avait beaucoup de négociations par rapport à la solution choisie, est-ce que... et il... On aurait dû faire plus, peut-être, mais le contrat... ceux qui sont venus par la suite en 2018 avaient tous, tous les moyens d'annuler le contrat. Le président du Conseil du trésor avait tous les moyens, si le contrat n'était pas bon, de l'annuler. Mais encore une fois c'est un raccourci de tout mettre sur le contrat, sachant que les problèmes, ils ont commencé plus tard avec la livraison de. Ni la livraison zéro ni la livraison 1, il n'y avait des enjeux. Les enjeux ont commencé avec le report de la livraison 2, et le report de la livraison 2. Je tiens à le rappeler, ça a commencé avec M. Éric Caire, qui était ministre de la Cybersécurité, et de M. Bonnardel. Donc, vouloir faire un raccourci aujourd'hui que tous les problèmes, c'est à partir du contrat, ça, c'est...

Journaliste : Bien, je ne fais pas... Moi, je ne fais aucun raccourci, M. Derraji.

M. Derraji : Non, non. Je parle de M. Legault, pas vous, pas vous. Je parle à M. Legault, je m'adresse à M. Legault. M. Legault, toujours, trouve un coupable ailleurs et lui n'est jamais coupable de rien.

Journaliste : Mais, juste pour résumer, parce que vous ne répondez pas clairement à ma question, est-ce qu'en... Quand vous signez le contrat, là, les libéraux...

M. Derraji : 2017.

Journaliste : ...2017, est-ce que ce contrat-là est un bon contrat? Vous avez dit tout à l'heure : Est-ce que... est-ce qu'on aurait pu faire mieux? Peut-être. Est-ce que c'est un bon contrat, ou vous reconnaissez que peut-être, aussi, le parti libéral s'est fait embarquer dans la... l'espèce de spin de la SAAQ?

M. Derraji : Bien, si on regarde les conclusions du rapport, c'est... il démontrait clairement qu'au moment des négociations la SAAQ voulait un système et ce système impliquait beaucoup de partenaires. Le contrat expliquait, en quelque sorte, ce que la SAAQ voulait. Nous, vous posez la question au Parti libéral, la chose la plus importante que le Parti libéral... c'est ramener les règles qui ont été enlevées par le Parti québécois en 2014, parce que la SAAQ voulait... voulait l'allègement des règles et s'éviter la reddition de comptes, mais j'irais encore beaucoup plus loin. Parce que signer un contrat, ce n'est pas la fin, c'est le début d'un processus, et le processus commence par les suivis, et c'est les suivis qui n'ont pas... c'est les suivis de la CAQ qui ont failli à ce qu'on se ramasse avec un fiasco.

Journaliste : Mais, quand même, tu sais, dit autrement, les mensonges étaient déjà commencés à cette époque-là, en 2017, pour... si on se fie au rapport Gallant, puis le projet qui est présenté au gouvernement, vous êtes en poste, M. Fortin, est sous-estimé. C'est ce qu'on a vu, là, avec les travaux de la commission. Donc, la SAAQ était déjà, selon le rapport, en mesure de vous berner. Ça fait que qu'est-ce qui... qu'est-ce qui nous permet de croire qu'un gouvernement libéral aurait été moins berné qu'un gouvernement caquiste, par exemple?

M. Derraji : En fait, je pense que...

Journaliste : Oui, M. Fortin, vous étiez là à l'époque. C'est vous.

M. Fortin :Oui. Bien, en fait... en fait, c'était mon prédécesseur, là, qui est... qui était là au moment de la signature du contrat.

Journaliste : Je comprends, mais vous étiez au Conseil des ministres.

M. Fortin :Bien, non, mais quand même... je vais quand même répondre à votre question, là, j'étais député libéral à l'époque.

Journaliste : Ah oui! C'est vrai, excusez-moi.

M. Fortin :Mais, ce contrat-là, là, en 2018, là, en 2018, suite à un article publié par le Journal de Montréal, on savait qu'il devait y avoir un suivi extrêmement serré du projet. Ça, c'était clair pour tout le monde à ce moment-là, notamment à cause de la présence de M. Malenfant et à cause de son historique par rapport à certains autres contrats qui avaient peut-être mal viré.

En 2018, là, lorsque nous avons quitté le... le gouvernement, il y avait des indicateurs publics clairement disponibles pour nous, pour vous, pour tous les Québécois, à savoir l'état d'avancée de chaque partie de ce projet-là. En 2020, vous allez m'expliquer pourquoi le gouvernement a retiré ces indicateurs-là. Il n'y avait plus aucun indicateur public disponible, à savoir l'état d'avancée de chaque lot du projet. Ça, c'était un choix.

Journaliste : ...parti sur une mauvaise base quand même. Vous venez de dire quand même, clairement, en 2018, on savait, le contrat à la base était problématique.

M. Fortin :...ce que je vous dis, c'est que l'article du Journal de Montréal, là, il nous dit que certains des acteurs, par le passé, ont eu des difficultés. Là, j'entends l'argument de M. Legault aujourd'hui, qui dit : Ce contrat-là était peut-être trop gros. En 2019, donc après l'arrivée du gouvernement de la CAQ, le gouvernement de François Legault, puis la SAAQ à ce moment-là, fait le choix d'aller encore plus loin, fait le choix de rajouter tout le contrôle routier au contrat dans la livraison 2. Et ça, c'est une partie importante des dérapages qui ont eu lieu. Et à partir de 2020...

Journaliste : ...

M. Fortin : Et, à partir de 2020, on enlève tous les indicateurs publics. Nous, là, ce qu'on vous a dit, puis on était heureux de le faire à l'époque, c'est qu'il fallait avoir un suivi rigoureux de ce contrat-là. C'est ce que le Parti libéral, c'est ce que Carlos Leitão, à la Commission de l'administration publique, a demandé, et c'est à ce moment-là que le cabinet de François Bonnardel a fait le choix de donner de l'information fausse.

Journaliste : ...M. Fortin, est-ce que le Parti libéral a une part de responsabilité au départ, lors de la signature de ce contrat-là, ou vous dites : Non, nous, tout a été fait selon les règles de l'art? C'est ça, la question.

M. Fortin :Bien, moi, ce que je vous dis aujourd'hui, là, c'est qu'il y a énormément d'étapes subséquentes à la signature d'un contrat qui sont importantes pour s'assurer qu'un contrat est respecté, pour s'assurer que les choses sont faites dans l'ordre.

Journaliste : Ce n'est pas ma question. Est-ce qu'il y a une part de responsabilité à la signature du contrat ou non?

M. Fortin :La signature du contrat, regardez le témoignage de M. Lessard, là...

Journaliste : Je ne vous demande pas... Moi, je vous demande...

M. Fortin : Non, mais... non, non, mais... mais vous me parlez de la signature du contrat.

Journaliste : Ça se répond par oui ou non. Est-ce qu'il y a une part de responsabilité?

M. Fortin : ...du contrat, la SAAQ n'a aucune obligation, dans sa façon de faire, elle n'a aucune obligation d'informer le ministre des Transports de l'époque, M. Lessard, de la signature du contrat. C'est ça, la réalité. La réalité, c'est qu'elle n'a pas cette obligation-là. Alors là, aujourd'hui, dans la situation dans laquelle on se retrouve, c'est pour ça qu'il faut regarder l'ensemble des recommandations du juge Gallant, du commissaire Gallant, parce qu'ils contiennent des éléments très précis sur la suite des choses pour ne pas que ça arrive encore une situation comme celle-là.

Journaliste : Corrigez-moi si je me trompe, là, mais il me semble que, dans votre témoignage, vous avez dit que, quand vous, vous êtes en poste, vous avez connaissance que c'est 630 millions, là, que ce n'est plus 458.

M. Fortin :Bien, en fait, ça... ç'a toujours été ça. Bien oui.

Journaliste : Oui, c'est vrai, 630, c'était le projet. Vous, vous aviez compris la distinction entre projet et contrat. Puis là vous avez ce doute-là par rapport à M. Malenfant, à cause de son expérience passée à Hydro-Québec qui est dans le journal. Quand vous partez des Transports, vous dites-vous : Ce projet-là est sur la bonne voie ou est-ce que vous partez avec une inquiétude?

M. Fortin :Bien, encore là, tous les... Ce qui s'est... en 2018, là, à cette époque-là, la... la livraison zéro a eu lieu et elle a été faite dans les temps et les budgets. La livraison 1, elle a été faite dans les temps et les budgets. Les indicateurs publics de la Société de l'assurance automobile du Québec, ils sont disponibles pour tout le monde, là, vous pouviez les regarder, et je sais que certains d'entre vous le faisaient régulièrement, disaient qu'encore là tout était dans l'ordre. Mais, bien sûr, c'est... c'est pour ça qu'on l'a dit à l'époque, il fallait garder un œil sur ce projet là pour s'assurer que les choses soient faites correctement.

Journaliste : Mais pourquoi... Encore là, on est dans le précis, là, moi, ça me fatigue un peu de ne pas le savoir, pourquoi le MCN ne fait pas en sorte que la loi de 2017 que, je pense, c'est M. Moreau avait fait passer pour centraliser le suivi au Conseil du trésor, pourquoi il ne s'assure pas que c'est appliqué? Pourquoi la SAAQ peut continuer à s'auto-autoriser des ajouts sans passer par le Conseil du trésor?

M. Derraji : Bien, souvenez-vous de l'arrivée d'Éric Caire, et il a passé toute sa vie à critiquer les projets informatiques, et il a obtenu son ministère. Mais, une fois il a obtenu son ministère, il n'a pas fait son travail, parce que, quand on regarde les premières rencontres avec la SAAQ, il y a un certain moment il y avait une centralisation, mais à certains moments, il n'y avait rien.

Mon hypothèse, je ne suis pas juge, je n'ai pas interrogé tous les témoins, de ce que j'ai vu... je pense que, pendant la création de ce ministère, le Conseil du trésor et le MSN, il y a quelque chose parce qu'on a perdu la traçabilité des projets. Et, par la suite, c'est là où il y avait les critères et on ne voyait plus des critères, et là il y avait beaucoup d'intervenants, le ministère des Transports, le Trésor qui suivait. Vous avez, comme moi... hier, vous avez vu que le ministère des Finances était avisé. Moi, ça a été ma grande surprise hier. Le ministère des Finances, tous ces gens siégeaient au Conseil des ministres. Le ministre des Finances siégeait, le ministre des Transports siégeait, le ministre de la Cybersécurité siégeait, et on vient nous dire : Écoutez, on n'était pas informés, il y avait un dépassement de coûts, mais on ne le savait pas, on nous l'a caché. Il n'y a personne au Québec qui va croire cette version. Il y avait un laxisme, il y avait un laisser-aller. Il y avait un ministre de la Cybersécurité qui voulait contrôler tout et être le shérif des projets informatiques, mais c'est lui qui a tout failli. Il n'a pas joué son rôle. Le DPI, vous avez vu le DPI aussi, il est où dans cette histoire? Et c'est pour cela que je m'inquiète par rapport au futur. Le chef vient de le mentionner.       Sommes-nous à l'abri d'un autre fiasco SAAQclic? Et c'est sur ça qu'on doit tous, tous aujourd'hui, travailler. Sommes-nous à l'abri d'un autre fiasco SAAQclic sachant que, dans les autres ministères, il y a des transformations numériques, dans les autres sociétés d'État, il y a des transformations en numérique? J'espère que le gouvernement ne va pas nous revenir avec : On ne le savait pas, ou bien : On nous a menti.

Journaliste : M. Milliard, sur troisième lien, juste... je suis curieux de vous entendre sur le moment où ça pourrait être fait. Parce que je vous ai entendu dire : Bon, oui, je suis pour un troisième lien à l'est, je suis aussi pour un pont sur le Saguenay... l'autoroute 20. Tout ça, c'est beaucoup d'argent. Vous savez, l'état des infrastructures est en décrépitude. Est-ce que c'est dans un premier mandat pour vous, un troisième lien à l'est de Québec?

M. Milliard (Charles) : Je veux faire très attention aux promesses qu'on va faire aux gens de Québec puis de Chaudière-Appalaches, là, ils ont été extrêmement blessés dans les dernières années.

Donc, moi, mon projet, il a deux phases. La première phase, c'est de se débarrasser du gouvernement de la Coalition avenir Québec. Et, la deuxième phase, c'est d'ouvrir une discussion rapide quand même sur l'importance d'avoir un troisième lien. De toute évidence, le tracé central fait l'unanimité contre lui. Alors, moi, je pense qu'on doit avoir, oui, de l'autoroutier, mais aussi de la mobilité durable. Je pense que le fédéral va devoir se mêler de ça aussi. Mais je pense que ce lien-là... moi, je le vois comme un outil puissant de développement économique pour la capitale nationale et l'est du Québec. Donc, quand je parle d'un projet d'avenir...

Journaliste : ...discussion, donc ce n'est même pas une promesse de construire un troisième lien... une discussion.

M. Milliard (Charles) : Écoutez, au nombre d'entrevues puis au nombre de fois que je me suis commis sur ce dossier-là, j'imagine que vous allez me ressortir ça avec plaisir.

Journaliste : Vous êtes d'accord pour un partenariat public privé...

M. Milliard (Charles) : Plus à l'est qu'il l'est en ce moment, c'est certain. Oui.

Journaliste : Et vous êtes d'accord pour avoir trois voies en direction Québec-Lévis? Je ne sais pas. Vous embrassez en partie le projet de Christine Fréchette, vous trouvez que ça fait du sens, là?

M. Milliard (Charles) : C'est comme je l'ai mentionné tout à l'heure, j'ai mentionné hier, entre autres, et à quelques... à plusieurs reprises que j'étais favorable à un partenariat public privé. Je pense que le péage, c'est peut-être une solution, c'est assurément une solution qui pourrait être une solution mitoyenne pour essayer de régler ce dossier-là. Je vous rappelle qu'on a bien d'autres choses à faire au Québec que de parler du troisième lien aussi.

Journaliste : On comprend qu'il n'y a pas d'engagement de votre part de lancer le projet dans les quatre premières années dans un premier mandat. Il n'y a pas d'engagement.

M. Milliard (Charles) : Je n'ai pas mentionné ça pour l'instant, mais, écoutez, moi, ce que je voulais, c'est que les Québécois sachent que le nouveau chef du Parti libéral est favorable à ce projet-là parce qu'il y a de l'ambition pour la Capitale-Nationale et l'est du Québec. Alors, je sais que vous voulez savoir quand, combien, où. C'est normal, c'est normal, puis je vais avoir l'occasion de préciser ça, mais, en ce moment, au Parti libéral du Québec, c'est ça, notre position sur le troisième lien.

Journaliste : ...était contre le troisième lien. Est-ce que, pour vous, c'est une façon d'aller chercher des votes à l'extérieur de la région de Montréal?

M. Milliard (Charles) : Écoutez, je vous comprends de penser que c'est une stratégie politique parce qu'on fait de la politique, mais c'est vraiment ce que je pense. Je suis de Lévis, j'ai habité 25 ans à Lévis. Lévis a deux réalités qui sont importantes. La première, c'est que ça a explosé dans les 25 dernières années. Quiconque... et plusieurs personnes qui commentent le troisième lien n'ont jamais mis les pieds à Lévis. Ça pourra faire l'objet d'une autre discussion. Mais ces gens-là doivent comprendre que Lévis, Chaudière-Appalaches, Bellechasse, l'est du Québec, on veut que ce soit en expansion.

La deuxième chose, c'est qu'il faut développer aussi des instincts de mobilité durable sur la Rive-Sud. Encore une fois, je vous le dis, j'ai habité près de 25 ans à Lévis. J'ai pris l'autobus deux fois en 25 ans. Donc, ce que ça veut dire, c'est que les gens de mon âge, on n'a pas développé ce réflexe-là à Lévis et qu'il va falloir le faire.

Alors, je viens avec un certain nombre de bonnes nouvelles pour la région, mais aussi un certain nombre de devoirs, que la mobilité durable dans des villes qui veulent avoir de l'ambition, puis qui veulent grandir, puis qui veulent se densifier, puis changer leur aménagement urbain, bien, ça vient aussi avec la mobilité durable.

Journaliste : Alors, vous pensez que les Québécois... une autre campagne électorale sur le projet de troisième lien?

M. Milliard (Charles) : Bien non. Bien non. J'espère que ça ne sera pas une campagne sur le troisième lien, je compte sur vous.

Journaliste : C'est ce qui va arriver, vous voulez une discussion... pour vous, le troisième lien...

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, on va... dans notre plateforme électorale, ça va être très clair, la position, là. Là, on est le 16 février, ça fait 72 heures que je suis arrivé. Je pense que je me suis assez avancé sur ce dossier-là, mais j'espère que la prochaine campagne électorale va porter sur les résultats du sondage, somme Le Soleil il y a deux semaines, à savoir, le coût de la vie, le logement, la santé, l'éducation. Je peux juste faire ma part de ce que moi, je vais parler. Je vais répondre aux questions des autres, mais c'est ça, les priorités des Québécois.

Journaliste : Allez-vous être souvent ici... souvent ici?

M. Milliard (Charles) : Bien sûr, bien sûr, je vais être souvent ici. Mais je vais être aussi... je vais être aussi sur la route, parce qu'il faut se promener partout au Québec pour, évidemment, chercher des candidats, mais pour aller comprendre les différentes réalités régionales, entre autres, à Chicoutimi, en passant, hein, il faut... c'est important d'aller à Chicoutimi.

Journaliste : Une fois par semaine ici, ou... Environ une fois par semaine?

M. Milliard (Charles) : J'ai l'intention d'être ici de deux... deux à trois jours-semaine, minimum, deux jours. Alors, on...

Journaliste : Marwah Rizqy, on a une réponse cette semaine?

M. Milliard (Charles) : Alors, Marwah Rizqy, ça aussi, j'en ai parlé à plusieurs reprises. Je suis maintenant le chef de l'équipe, donc je veux faire une dernière consultation de l'équipe, le premier caucus est cet après-midi. Alors, le hasard des choses fait qu'on se parle ce matin...

Journaliste : Donc, demain, on va avoir une réponse?

M. Milliard (Charles) : ...mais on ne se quittera... on ne finira pas la semaine sans que je vous sois revenu, d'accord, sur Marwah Rizqy, point.

Journaliste : As you heard, the Gallant report... another scathing report on the SAAQ... sparks a lot of political cynicism within the population. How would you make sure, and how would you do that, if Quebeckers don't know you, as of now, to reassure them about what happened?

M. Milliard (Charles) : Well, first, they'll get to know me, because I'll be... I'll be on the ground, I'll be everywhere in the coming months, so I'm... I'm very happy to... to make sure that they will be... they will know me. That being said, on SAAQclic, I think yesterday was a sad day for the trust of Quebeckers in public spending. I think the... I think we need to thank Monsef for the hard work he did in making sure we actually established that... that Gallant Commission. We need to implement those 26 recommendations, that's for sure, and there needs to be consequences, both from a management point of view with the SAAQ, but also from a political point of view, and, hopefully, that will come on October 5th, with the next general election.

Journaliste : As you said, you're going to spend about two days here, the rest on the ground, like, on the field. It's very, very hard for a leader to establish his leadership, because you're not going to be there, so how are you going to make sure that your caucus remains together and are disciplined? Because Pablo Rodriguez is gone, and he had the same mission than you.

M. Milliard (Charles) : Well, I think the fact that I succeeded in making sure that all the caucus members supported me in the just-ended... the second leadership race is a huge sign of unity, and I want to thank them for that. And I have people that were officers that are... that are with me as well. So, the caucus has never been that united in a very long time. But this party needs to start working together again, and I'll make sure, with Monsef, with André, with Marc and all the officers, that this will be happening. And so, I'm... I'm leading the party right now, so it's going to go my own way.

Journaliste : What do you think of the outrage that was expressed this morning by Mme Duranceau, saying she's furious about what happened with the SAAQclic? They've been in power eight years, and now, they're going to get the bad guys. What... what are the chances... of that happening?

M. Milliard (Charles) : Well, and I'll let Monsef comment on that, but I think it was... it was quite interesting to hear her mentioning that we need to go above the fray. You can have a look at the past footage of all the time that they blamed us before they came into power. So, I don't think we have... we need to get lessons from them. But I'll... I'll let Monsef comment on that as well.

M. Derraji : Yes, just, I have only one word to send to Élaine Duranceau: Véronik Aubry. That's it. If she has, like, a few minutes, go and, like, try to see what she said during the Commission. She changed all the information coming from the SAAQ to... as a member of this Commission, so...

Journaliste : But what are the chances of anyone being punished is what I want to know.

M. Derraji : I hope so, I hope so. The SAAQ but also the political staff. Because we want that... We have so many projects now, we have so many digital transformations now. And we should be prudent now, and all the ministers, they should play their role, follow all the projects, and to have the real... the real «portrait», the...

Des voix : ...

M. Derraji : ...the picture, the real picture of all the projects.

Journaliste : Mr. Milliard, what's the process that will lead to a decision on Marwah Rizqy and when will it be delivered?

M. Milliard (Charles) : Well, I've met all of caucus members separately and Ms. Risky as well. So, I want to have, you know, a last discussion with the team. I think it's... Again, as I mentioned, the Liberal Party of Québec needs to work as a team. But again, the decision will be mine and I will... and I will assume it a 100 %. So, it will be coming this week as I mentioned, so that we can tackle other topics as well, because it's pretty busy right now.

Journaliste : Can you repeat what your priorities are?

M. Milliard (Charles) : Yes. So, my priorities that I mentioned in Trois-Rivières with our members are obviously the economy, making huge space for small and medium enterprises in Québec, the vitality of our public services, mainly healthcare and education, taking care finally of our different regions with a new… a new way to deal with the relationships with municipalities, housing, I have the ambition of building 100,000 units per year. It is an ambitious project, but it is doable, and last but not least, our culture. So, we will be a party promoting both our culture and our language, and this will be done through initiatives in schools, in French courses and in all the different regions of Québec, not only in Montréal and Laval, as an example.

Journaliste : Paul St-Pierre Plamondon said he's excited to debate you. How do you size him up as an adversary in these coming times?

M. Milliard (Charles) : Well, I noticed that he wished me luck for my first «point de presse». So, I want to… I want to thank him. He also mentioned that I went… what did he say, that I went once to Chicoutimi. Just for… Just for him, in 2020, when he was doing actually his first «point de presse», I was the CEO of the Federation of Chambers of Commerce of Québec, traveling, touring Québec five days a week. So, there is huge possibilities that during his first «point de presse», I was actually in Chicoutimi meeting with the Chamber of Commerce out there.

Journaliste : We want to know exactly how many days you were in Chicoutimi!

M. Milliard (Charles) : Well… obviously my agenda is very… is something that is going to be very looked upon. We'll see about that. Thank you. Merci!

(Fin à 11 h 54)

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