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(Treize heures vingt-huit minutes)
M. Zanetti : Bonjour, tout le
monde. Alors, je viens réagir, évidemment, à la déclaration du ministre des
Finances, Eric Girard, qui dit que... qui prétend que l'incertitude par rapport
à l'avenir du Québec et la possibilité d'un référendum coûte de l'argent public
au Québec, 20 milliards... 20 millions, selon lui.
Tout d'abord, les liens causals entre
notre situation politique, les projets et les rêves du peuple québécois et, ensuite
de ça, les points de pourcentages, d'intérêts, pour moi, c'est complètement
farfelu. Il ne peut pas rationnellement affirmer une telle chose avec un niveau
de précision, surtout, aussi... aussi assuré. Pour moi, c'est de l'esbroufe.
Ils ont vu ce matin le Parti libéral faire
une motion sur la question de l'indépendance puis dire qu'ils allaient être
dans le... chauffer l'autobus du camp du Non, et puis là leur réaction, c'est
de dire : Non, non, attendez, regardez, c'est nous, les vrais
fédéralistes, nous autres, on va faire ça. Alors, ils ont sorti quelque chose
rapidement de leur chapeau. Mais je pense qu'ils sont très mal préparés, d'abord,
à défendre cette option-là, aussi parce que ça nous coûte bien plus cher de
rester dans le Canada. C'est ça, l'affaire, à la base.
Écoutez, au... à la dernière élection, on
avait fait le calcul, donc les chiffres sont probablement plus élevés aujourd'hui,
mais c'est 5,6 milliards que ça nous coûte de rester dans le Canada juste
en dédoublements de programmes ou de ministères inutiles. Alors, ça, là, par
rapport aux 20 millions, là, c'est énorme.
Plus que ça, chaque année, 3 milliards
d'argent des Québécoises et des Québécois, d'argent durement gagné, financent
les sables bitumineux ou l'industrie des hydrocarbures de façon directe et
indirecte au Canada, chaque année 3 milliards.
Donc, juste avec ces deux exemples-là, là,
on est à huit, presque 9 milliards de dollars que ça nous coûte
annuellement de rester dans le Canada. Alors, la vraie urgence pour les
finances publiques du Québec, ce n'est pas de mettre le couvercle sur les rêves
d'émancipation légitimes du peuple québécois, c'est de sortir d'une structure
qui nous coûte un prix fou.
Je serais prêt à prendre vos questions si
vous en avez.
Journaliste : Est-ce que vous
diriez que M. Girard dit... Parce que M. St-Pierre Plamondon, il y a quelques
minutes, l'a accusé de répandre des faussetés. Est-ce que vous diriez la même
chose?
M. Zanetti : Je pense que c'est
des... c'est des faussetés. C'est des choses qui sont... qui manquent de rigueur.
D'abord, ce n'est pas un argument très fort parce que 20 millions par
rapport au coût de rester dans le Canada, c'est vraiment ridicule. Mais, en
plus, c'est complètement farfelu. Il ne peut pas faire ces calculs-là. Je veux
dire, sur quelle base?
Journaliste : Vous dites :
Ils ont un peu sorti ça de leur chapeau, pratiquement en réplique à ce que M.
Milliard a dit ce matin. Est-ce qu'on assiste déjà à une... je dirais, une
surenchère du camp du Non?
M. Zanetti : Bien oui, je
pense qu'il y a quelque chose comme un positionnement. C'est un sujet qui est
important. Les Québécoises, les Québécois, les nations... les Premières Nations
et les Inuits ont exprimé de façon très différente dans les dernières années,
mais tout de même, des volontés de souveraineté, de décider pour eux-mêmes, d'autodétermination,
de décider pour leur avenir, et ça, c'est quelque chose qu'il faut défendre
très fort. Et mettre le couvercle là-dessus sous prétexte qu'une incertitude
nous coûterait 20 millions alors que ça nous coûte bien plus cher de
rester dans la situation actuelle, pour moi, c'est irresponsable et c'est
manquer de sensibilité et de vision aussi pour le Québec.
Journaliste : ...la CAQ veut dire :
Je suis plus fédéraliste que... C'est moi la vraie défense contre ça, puis le
PQ... le PLQ dit : Moi aussi. Il y a comme... il y a une lutte...
M. Zanetti : Bien, il y a les
trois. Il y a le PCQ... Le camp fédéraliste est plus divisé que jamais. Il y a
le Parti conservateur du Québec, aussi, qui a fait des attaques récemment par
rapport à ça. Ils vont, clairement, les deux, tenter de s'arracher l'un l'autre
les clés de l'autobus du camp du Non. Et puis je pense que c'est à ça qu'on
assiste aujourd'hui.
Maintenant, il ne faut pas se laisser impressionner
par les peurs. Le camp du Non, historiquement, en 1980, en 1995, et là ça
commence et ça n'a jamais arrêté, a toujours tablé sur la peur. Quel genre de
projet de société peut vivre et peut amener du bien collectif lorsque c'est
ancré dans des peurs, qui sont des peurs irrationnelles, fausses et que nous
allons nous affairer à déconstruire?
Journaliste : Je vais vous reposer
la même question que j'ai posée un peu plus tôt à M. St-Pierre Plamondon. Comment...
Parce que, là, vous parlez de peur. Comment on fait pour la contrer si, en plus,
cette peur, comme vous dites, est ancrée dans le mensonge?
M. Zanetti : Oui. Je pense qu'il
faut débusquer tous les mensonges, il faut débusquer tous les manques de
rigueur, tous les arguments qui sont fallacieux. Moi, ça fait des années que je
fais ça. À Québec solidaire, ça fait des années qu'on fait ça. On a écrit un
livre, à la dernière législature, tout le caucus solidaire, par rapport à ça, Ce
qui nous lie. Et on va continuer à faire ça puis en même temps mettre de l'avant
les avantages pour le Québec de décider par lui-même et pour lui-même, autant
au niveau financier, fiscal, économique qu'évidemment environnemental, culturel
et identitaire. Merci.
(Fin à 13 h 33)