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(Onze heures)
Le Modérateur : Alors,
bonjour. Bienvenue à cette conférence de presse du ministre Samuel Poulin
concernant la modernisation du secteur de l'alcool. Il est accompagné aujourd'hui
de Geneviève Hébert, députée de... Saint-François. Excusez-moi, je n'étais plus
certain. Alors, M. Poulin, je vous laisse la parole.
M. Poulin : Merci beaucoup, M.
Carabin. Alors, oui, effectivement, très heureux d'être avec mon adjointe
parlementaire qui travaille avec moi sur la modernisation de nombreuses lois au
Québec qui concernent les petites et moyennes entreprises. Alors, merci
beaucoup, Geneviève, de pouvoir être avec nous. Je suis accompagné également de
deux grandes dames du Québec qui me font plaisir d'être avec moi, Mme Diane
Lemieux et Mme France Dionne. Alors, merci à vous de m'accompagner, évidemment,
aux membres de la presse qui sont avec nous.
Aujourd'hui, on fait une annonce
évidemment très importante qui concerne la modernisation des lois sur les
alcools au Québec. Depuis ma nomination en septembre dernier, nous avons posé
certains gestes qui visent à alléger le fardeau réglementaire de l'industrie de
l'alcool. Évidemment, on peut parler des microbrasseurs, des distilleries, mais
également des vignobles au Québec qui font face à un fardeau réglementaire
important.
Le principal défi que nous nous donnons
aujourd'hui est de faire en sorte de libérer la créativité et d'amener
évidemment cette industrie très importante à être les meilleurs au monde et à
leur donner toute cette liberté-là pour pouvoir concurrencer non seulement au
Canada, en Amérique du Nord, et également de pouvoir le faire à travers le
monde.
J'ai choisi deux personnes avec un
parcours formidable pour pouvoir mener ces travaux. Mme Lemieux, que vous
connaissez, qui a été députée ici, à l'Assemblée nationale, de 1998 à 2007. Il
y a beaucoup de choses dans les parcours de nos deux... nos deux
collaboratrices, mais quand même, j'en cite quelques-uns. Mme Lemieux a été ministre
dans le gouvernement de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, ministre d'État
au Travail et à l'Emploi, ministre d'État à la Culture et aux Communications,
et également a été présidente-directrice générale de la Commission de la
construction du Québec pendant plusieurs années, jusqu'à tout récemment, alors une
réformatrice. Merci d'avoir accepté ce mandat. Mme Dionne, qui a été députée de
Kamouraska-Témiscouata de 1985 à 1997, qui a également, pendant ce passage-là,
fait beaucoup de choses, mais notamment a été adjointe du ministre de
l'Industrie et du Commerce. Elle a été par la suite sous-ministre adjointe à la
Culture et aux communications, il y a beaucoup de volets qui s'entrecoupent
dans vos parcours aujourd'hui, j'ai constaté ça, qui a également été déléguée
du Québec à Boston pendant plusieurs années, donc une vision de l'impact
international de cette industrie, et qui est actuellement toujours directrice
générale exécutive de l'ITHQ, alors qui connaît bien aussi l'industrie des
alcools et de l'industrie et... de l'alimentation et de la restauration.
Alors, nous voulons revoir le corpus et la
cohérence législative et réglementaire du secteur des boissons, qui comprend la
Loi sur la Société des alcools du Québec, la Loi sur les permis d'alcool et la
Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques et règlements
afférents.
À l'heure actuelle, il est très complexe
d'interpréter et de gérer ce cadre légal dans ce domaine, autant pour les
intervenants gouvernementaux que pour les PME et les entreprises sur le
territoire. Le cadre repose sur des assises qui datent d'il y a très longtemps
et qui méritent d'être modernisées.
Pour ce faire, la première étape sera de
tenir des consultations avec des acteurs du milieu, elles vont avoir lieu en
mai prochain à Québec, à Montréal et en Estrie, plus précisément les 4, 11 et
15 mai prochain, les invitations seront communiquées sous peu, où les
entreprises et les organismes concernés vont pouvoir venir participer et
pouvoir être entendus.
Et cette démarche va se baser sur six
principes, grands principes : tout d'abord, simplifier la structure des
permis de fabricants en réduisant le nombre de catégories de production
artisanale et en incluant la création d'un permis de fabricant industriel unique,
de regrouper les permis de fabricant, de détaillant et de réunion dans une
seule loi, adapter les exigences législatives afin de permettre et de
simplifier le développement des entreprises dans l'industrie de l'alcool,
assurer une interprétation uniforme de la Loi sur l'ensemble du territoire,
développer un encadrement simplifié de la production, du transport, de
l'entreposage et des ventes de boissons alcoolisées en s'alignant sur les
meilleures pratiques ailleurs au Canada, réduire le fardeau administratif pour
les entreprises, notamment en simplifiant les obligations de renouvellement et
de reddition.
Nous aurons évidemment un comité
interministériel pour mener à bien ces consultations-là. Et je voulais
absolument que ce rapport-là puisse avoir tous les outils, toute l'expérience
et toute l'expertise du gouvernement du Québec pour pouvoir écrire un rapport
qui est fonctionnel, qui est crédible et qui sera en mesure de pouvoir être mis
en place. D'ailleurs, le comité va regrouper des... des représentants de notre
ministère, le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, du
ministère des Finances, de la Sécurité publique, d'ailleurs, des représentants
de la Régie des alcools, des courses et des jeux qui sont avec nous
aujourd'hui, de la Justice, du ministère de la Santé et des Services sociaux,
de la SAQ et du Directeur des poursuites pénales et criminelles.
Également, on a fait des choses quand même
dans les sept dernières années. Dans le projet de loi 11, qui est
présentement en commission parlementaire, on vient déposer des amendements qui
allègent la vie des petites et moyennes entreprises et qui offrent également
des nouveaux marchés aux PME du Québec qui oeuvrent dans l'industrie de
l'alcool. Mais il faut aller beaucoup plus loin. Et c'est ce que nous comptons
faire, évidemment, avec ce comité qui va étudier les réglementations partout
dans le monde.
Alors, très heureux de cette belle
nouvelle pour une belle industrie qui n'a pas fini, évidemment, de se propulser
au Québec. On a planté énormément de vignes dans les dernières années. On a une
augmentation du nombre de distillateurs et de microbrasseurs. Ce sont des
emplois dans toutes les régions du Québec qui méritent d'avoir cette liberté et
cette créativité-là. Et aujourd'hui le gouvernement du Québec leur démontre
qu'ils sont non seulement considérés, mais que nous souhaitons les entendre
dans le cadre de cette révision.
Sur ce, merci. Et je vais céder la parole
à mon adjointe parlementaire, la députée de Saint-François, Mme Geneviève
Hébert.
Mme Hébert : Bien, merci, M.
le ministre. Mesdames Lemieux et Mme Dionne. Alors, mesdames, messieurs, je
suis vraiment très fière de me joindre à mon collègue, que j'aime
affectueusement dire mon ministre, pour cette annonce qui vise à moderniser le
cadre légal québécois en matière de boissons alcooliques.
Vous le savez, les PME de cette industrie
dynamisent nos régions, comme le dit M. le ministre, et favorisent l'achat
local, et produisent aussi, et propulsent... l'agrotourisme. Elles génèrent des
retombées économiques partout au Québec. Et notre gouvernement, bien, est
conscient de l'importance de ce secteur.
Donc, pour que ces entrepreneurs
continuent de contribuer au développement régional, bien, on veut les
accompagner, on veut aussi mieux les outiller et on veut leur offrir un
environnement d'affaires qui va leur permettre d'aller de l'avant avec leurs
projets. Ayant moi-même été entrepreneure, bien, je peux vous dire que je
comprends toute la nécessité d'avoir un environnement optimal pour réussir en
affaires.
Déjà, parmi les outils disponibles, bien,
je tiens à rappeler qu'on a le Programme d'appui au positionnement des alcools
québécois, le PAPAQ, qui soutient les producteurs et le développement du
secteur. On a aussi plusieurs microbrasseries et distilleries qui ont bénéficié
de financement dans le cadre du programme Essor afin d'accroître leur
compétitivité et leur productivité puis aussi de favoriser le développement
durable.
Alors, pour simplifier l'environnement
d'affaires, on intervient également avec l'allègement réglementaire et
administratif. Donc, ça, c'est une des priorités de notre gouvernement. On
s'est d'ailleurs engagés à déposer annuellement un projet de loi omnibus en
allègement réglementaire, ce qu'on a fait. Et je suis fière de dire qu'on a
adopté, tous les secteurs confondus, plus d'une centaine de mesures
d'allègement au cours des dernières années.
Dans le secteur des boissons alcooliques,
ça prend la forme de mesures du PL 11, donc, par exemple, permettre
l'autorisation de vente de prêts-à-boire à base d'alcool ou de spiritueux en
épicerie, de nouvelles possibilités de sous-traitance pour les producteurs de
boissons alcooliques, le retrait des limitations territoriales lors d'une
livraison d'alcool effectuée par un titulaire de permis d'épicerie, la
simplification des obligations administratives liées à l'autocollant de la
Régie des alcools, des courses et des jeux, et j'en passe. Mais, pour ce
secteur, bien, il faut aller un peu plus loin dans la démarche. Donc, il faut
moderniser le cadre légal dans son ensemble. On entend régulièrement, sur le
terrain, les acteurs qui nous le demandent. Alors, c'est exactement ce qu'on
s'engage à faire avec la création de ce comité interministériel et les
consultations qui vont être prévues auprès du milieu.
Alors, vraiment très heureuse d'être ici
aujourd'hui pour ce jour 1 de cette consultation. Et je cède la parole à
Mme Lemieux.
Mme Lemieux (Diane) : Merci.
Merci à vous tous. Alors, quand le ministre a pris contact avec moi pour me
parler de ce mandat, j'en ai été un peu étonnée. Je ne suis pas une
spécialiste, je suis une consommatrice raisonnable, fascinée que, depuis à
peine une décennie, on a maintenant, par exemple, des alcools au Québec. On
n'est plus obligés de boire de la vodka de la Russie. C'est formidable. Alors,
fascinée par... par ce milieu. Je vis moi-même un petit peu en périphérie de
Montréal. Je suis consciente que c'est un secteur qui est en développement
fulgurant depuis quelques années, des petites et moyennes entreprises dans les
régions qui utilisent des produits locaux. Il y a quelque chose de très beau
dans le développement de... l'émergence de ce secteur-là.
Ce que j'ai rapidement vu, puis c'est
probablement ça qui m'a intéressée, c'est que ça s'est considérablement
complexifié. C'est-à-dire qu'au fil des ans le cadre législatif et
réglementaire s'est adapté à ces nouvelles productions, ce nouveau type de
producteurs, ce nouveau type d'entreprises, si bien qu'il y a toutes sortes de
couches de réglementation et législatives qui se sont adaptées. Alors, je pense
qu'il y a un petit... il y a... il y a un besoin de prévisibilité, il y a
besoin de clarifier les choses. Et tout ce qui est complexe me fascine. Je
pense que c'est pour ça que j'ai accepté. Je suis quelqu'un qui a quand même le
sens des services publics, alors je vois bien que ce secteur-là, il est en
effervescence. Il y a encore beaucoup de développement et de potentiel de
développement. Il faut que l'environnement, le cadre législatif et
réglementaire soit prévisible. Il faut qu'il tienne compte de la réalité de ces
entreprises-là et des produits qu'ils mettent en valeur, dans un contexte aussi
où les enjeux de santé-sécurité ne sont pas nécessairement les mêmes qu'il y a
10 ans, mais il faut quand même considérer les enjeux de santé et sécurité
pour la population. Alors, je crois qu'on peut faire cohabiter ces
exigences-là, c'est-à-dire de faire en sorte que ce soit une industrie qui,
devant des règles prévisibles, est fluide, tout en respectant l'environnement
dans lequel nous vivons.
Alors, c'est vraiment avec plaisir que
j'ai accepté ce mandat. J'ai très hâte... J'ai commencé à lire, là, je suis une
boulimique. J'ai très hâte de rencontrer les gens. Je sais qu'il y a des
perspectives, des points de vue différents, mais j'ai senti aussi... puis ça,
ça fait partie des éléments qui m'ont fait accepter, j'ai senti que le milieu
était mûr, il était mûr pour discuter des vraies choses, pour mettre sur la
table les problèmes mais en même temps examiner les pour et les contre d'un
certain nombre de solutions. Alors, je pense qu'il y a une maturité qui s'est
installée. C'était intéressant d'arriver dans un contexte comme celui-là pour
faire évoluer les choses dans la bonne direction. Alors, voilà, c'est avec
plaisir que je suis ici aujourd'hui.
M. Poulin : Merci beaucoup,
Diane. Mme Dionne.
Mme Dionne
(France) :Bien, merci beaucoup, M. le
ministre. Moi, j'arrive d'un autre contexte, puisque... vous avez sûrement vu
ce petit document, puisque, dans les années 2022-2023, le ministre de
l'Agriculture de l'époque, M. Lamontagne, avait... nous avait confié, à
l'ITHQ et à l'Institut de technologie agroalimentaire Saint-Hyacinthe et La
Pocatière, de faire des consultations. Et les consultations n'ont pas,
malheureusement, porté sur la réglementation. Beaucoup d'organismes qui sont
venus nous rencontrer en ont parlé. On a fait un résumé de leurs demandes, mais
nous, on s'était attardés sur la formation, sur le développement, sur la
recherche. Et on avait aussi, comme première recommandation, proposé qu'il y
ait un organisme ou une entité, appelons ça comme ça, là, qui regrouperait tous
les efforts gouvernementaux à mettre pour le développement de cette industrie.
Alors, c'est quand on regarde maintenant toute la réglementation, toutes les
lois, tous les articles de loi qui touchent cette industrie, on s'aperçoit que
la recommandation numéro un de l'époque est aussi pertinente aujourd'hui, parce
que plusieurs ministères et organismes sont sur le dossier. Et je pense
qu'aujourd'hui, en 2026, ce n'est peut-être plus le temps de travailler en
silo, et travailler sur la complicité pour, d'un, le développement de
l'industrie, le développement des régions, mais aussi en même temps s'assurer
de la sécurité et de la santé puisque ce sont des éléments qui sont importants
dans tout ce contexte-là.
Alors, dans ce sens-là, je suis contente
puisque l'interministériel ou l'interorganisme, c'est un... c'est un grand
défi. Je pense, quand on va s'asseoir... et, d'ailleurs, la consultation va
peut-être permettre à beaucoup d'organismes d'être dans le milieu et d'échanger
entre eux autres. Alors, je pense qu'on a une, M. le ministre, une belle façon,
une belle approche de voir les choses.
Moi aussi, je suis fière d'être partie
prenante de cette consultation pour une autre raison, bien, pour deux autres
raisons. Une, pour mon passé dans Kamouraska-Témiscouata à titre de
parlementaire, de députée pendant 11 ans. Et je vais vous rappeler qu'au
Témiscouata, à Rivière-Bleue, il y a un musée qui parle de la prohibition. Vous
vous souviendrez que dans les années 20, les Américains et les autres
provinces canadiennes avaient décidé de mettre des lois, mais le Québec n'avait
pas suivi. Ce qui a amené du bootlegging, qui a amené un tas d'histoires entre
les États-Unis, le Nouveau-Brunswick, le Québec et... et ailleurs. Alors, donc,
si vous avez le goût d'aller visiter le Témiscouata, il faut arrêter au musée,
d'un. De deux, au niveau de... de l'acériculture, oui. Le premier... la
première érablière qui a développé un alcool à partir du sirop d'érable, c'est
Vallier Daigle et le groupe Acer. Donc, vous voyez, en allant au Témiscouata,
vous devez arrêter à ces deux endroits. Un qui est près des États-Unis, puis
l'autre qui est près du comté de Rimouski.
Alors, ça, c'est... c'est une des raisons que...
Alors, je me rappelle de ça.
L'autre aussi, c'est que, à l'ITHQ, nous,
on donne des formations en sommellerie depuis des années. Nous avons des
enseignants très compétents et ces enseignants présentent... D'ailleurs, quand
j'étais à Montréal la semaine dernière, il est arrivé justement des... des représentants
des vignobles qui venaient présenter leurs vins à nos étudiants et à nos
enseignants. Et on est très fiers puisque, d'ailleurs, le dernier... le dernier
concours québécois pour... le meilleur sommelier, il vient de l'ITHQ. C'est un
diplômé de l'ITHQ. Alors, donc, vous voyez, on va... toute l'équipe de l'ITHQ
va regarder les choses de près, parce qu'on croit beaucoup dans les produits
québécois, on veut les promouvoir. Avec les changements climatiques, on a une
des chances qu'on n'avait pas dans le passé, et on va probablement, on espère,
à un moment donné, se retrouver à la même place que l'Ontario, la
Colombie-Britannique et maintenant la Nouvelle-Écosse, qui est en train de
développer ses produits.
Alors, voilà. M. le ministre, très
heureuse d'être ici.
M. Poulin : Bien, à
nouveau, je veux évidemment remercier Mme Dionne, Mme Lemieux,
d'avoir accepté ce mandat, vous dire je suis très heureux d'avoir deux femmes
fortes à mes côtés pour moderniser les lois sur l'industrie de l'alcool au
Québec, avec mon adjointe parlementaire qui est extrêmement déterminée aussi à
faire ces modifications.
Merci.
Le Modérateur : Merci à vous
quatre. On va passer à la période des questions en commençant avec Juliette
Nadeau-Besse, Le Soleil.
Journaliste : Bonjour. M. le
ministre, vous avez dit vos consultations, on parle de la mi-mai. Après cette
date-là, il va rester environ trois semaines de travaux parlementaires, là.
Qu'est-ce que vous allez avoir le temps de mettre en place, concrètement, là, comme
changement après ces consultations-là?
M. Poulin : Bien, vous
dire, tout d'abord, que le projet de loi n° 11 est en
cours, où on fait quand même des allègements réglementaires importants pour
l'industrie de l'alcool. Maintenant, l'objectif est d'avoir le rapport d'ici le
24 juin. Alors, vous comprenez évidemment que la façon dont l'agenda
législatif est fait et l'agenda parlementaire, ce rapport-là peut être
travaillé pendant l'été par le gouvernement du Québec. Et, à l'automne, le prochain
gouvernement pourra certainement mettre en branle le tout.
J'avais ça en tête, l'agenda et le
calendrier, dès le départ. C'est pour cette raison-là que j'ai souhaité non
seulement avoir deux personnes qui sont crédibles, traversent le temps et qui
sont capables aussi d'avoir un regard extrêmement rigoureux sur cette
industrie-là, également d'inclure dès le départ la fonction publique dans le
travail de ce comité-là. Donc, je vous ai parlé des organisations qui en font
partie, qui vont de la Régie des alcools, des courses et des jeux, le ministère
de l'Économie, le ministère des Finances, pour qu'on puisse déjà, dans le
rapport, proposer des choses qui peuvent se mettre en place et qui sont
crédibles et fonctionnelles.
Alors, c'est un... L'objectif que nous
avons avec ce rapport-là, c'est certainement, oui, d'amener des réflexions,
mais aussi d'amener une sorte d'analyse législative un peu clé en main, je le
mets entre guillemets, qui fait qu'il y a une possibilité réellement de pouvoir
réécrire les lois et les changer. Alors, ce rapport-là, mon souhait, comme
ministre, c'est qu'il traverse le temps, effectivement.
Journaliste : Puis vous avez
déjà rencontré les gens de l'industrie, là, dans votre mandat. Qu'est-ce qui
vous manque? Pourquoi... Pourquoi faire une consultation alors que vous avez
déjà le pouls du milieu puis de... de leurs besoins?
M. Poulin : Bien, je vous
présente ici un tableau du ministère des Finances, avec toutes les exceptions
au niveau de l'industrie de l'alcool au Québec. Je peux vous parler de nombres
de permis pour une industrie : si c'est le cidre, ce n'est pas la même
chose que le vin, si c'est la bière, ce n'est pas la même chose que la
distillerie, si votre grain est pris à la bouteille, vous pouvez vendre sur le
permis de fabrication dans certains cas, d'autres pas. C'est un réel, j'allais
dire... une réelle difficulté de se retrouver à l'intérieur des lois sur
l'alcool au Québec parce qu'ils ont été, comme Mme Lemieux, Mme Dionne le
disaient, mis au fil du temps. Et notre industrie est arrivée une maturité.
Vous avez vu le nombre de microbrasseurs, le nombre de microdistillateurs dans
les dernières années, on n'est plus du tout à la réalité de 2020, là. On a
augmenté de façon considérable.
Alors, le fruit est mûr. Maintenant, moi,
je suis ministre depuis le mois de septembre, j'ai déposé trois projets de loi,
et je pense que ça prend un travail sérieux. Et l'industrie aussi nous demande
d'être consultés. Parce que, vous savez, dans l'industrie de la bière, on travaille
d'une façon, dans l'industrie de la microdistillerie, du gin, de la vodka,
d'une autre. Dans le vin, on a planté énormément de vignes dans les dernières
années, alors on s'attend à produire énormément de bouteilles de vin au Québec
d'ici cinq ans et, comme on le dit, à rivaliser avec le monde entier, bien, il
faut que le gouvernement suive. Sinon, on va bloquer cette industrie-là.
Alors, ça fait six mois que je suis
ministre, Mme. Je pense en avoir fait beaucoup.
Le Modérateur : Merci.
Jean-François Poudrier, Noovo.
Journaliste : ...veine, en
fait. Parce que moi, je me souviens personnellement d'avoir fait des
reportages, même en 2022, à quel point les distillateurs disaient à quel point
c'était compliqué, ils ne pouvaient pas vendre leurs spiritueux en même temps
qu'ils vendaient leur hydromel. Bon. Donc, ça fait longtemps que ces gens-là
demandent des allègements. Ce ne serait pas le temps justement d'aller plus
rapidement, dans le contexte économique actuel, d'avoir au moins des règlements
instaurés avant la fin de la session parlementaire?
M. Poulin : Bien, j'en fais,
d'ici la fin de la session parlementaire. Les prêts à bord à base d'alcool en
épicerie, c'est 120 produits québécois qui vont pouvoir avoir accès à
6 000 points de vente. J'ai retiré les limitations territoriales. Une
bouteille de vin qui était livrée par une épicerie, si ce n'était pas sur le
territoire de l'épicerie, ne pouvait pas y avoir accès. On a enlevé certaines
obligations administratives concernant le registre. Au niveau du timbre, on a
enlevé le timbre pour les microbrasseries. C'est mon collègue avant moi qui a
fait ça. Et également on permet aux microbrasseries de passer directement à des
permis de réunion au lieu de passer par des épiceries. Donc, on en a fait, des
allègements, puis on va en faire encore. Mais aujourd'hui, j'annonce une
volonté d'aller davantage en profondeur, mais le milieu me demande aussi d'être
consulté. Alors, je pense que je prends les bons canaux pour pouvoir le faire.
Journaliste : Il y a beaucoup
de ces règles-là qui avaient un lien aussi avec la SAQ, qui, bon, prend une
cote, différentes réglementations. Est-ce que ça aussi ça risque d'être, comme
on dit, possible d'avoir des modifications par rapport à ce qui se passe avec
la SAQ et leur relation avec la SAQ?
M. Poulin : La SAQ est là
pour demeurer. Évidemment, la SAQ sert bien une industrie qui leur permet
d'avoir un certain volume, un certain nombre de commandes, d'avoir accès à un
grand réseau. Alors, la SAQ sert aussi l'industrie des alcools au Québec. Mais
est-ce que, dans le processus administratif et réglementaire, il y a des
allègements ou des modifications qui peuvent être faits? La réponse est oui.
Alors, la SAQ est là pour demeurer, mais entre-temps, il y a des améliorations
qui peut être fait. Et ça fait partie du mandat de ce comité.
Journaliste : Je vais me
permettre quelques questions là-dessus, justement, M. Poulin. François Carabin,
Le Devoir. Est-ce qu'il faut considérer, dans vos consultations, une
privatisation de la vente d'alcool au Québec?
M. Poulin : Non. Ce n'est
pas... Ce n'est pas dans le mandat. Mais, si la SAQ est là pour demeurer, et,
en fait, la SAQ est là pour demeurer, dans le processus réglementaire, dans
l'allègement réglementaire, du point de vue de l'industrie puis du producteur
d'alcool, il y a des allègements à faire. Mais la SAQ est là pour rester.
Journaliste : OK. La SAQ a
englouti près de 1 million de dollars dans l'entreposage des alcools
américains, dans les derniers mois, en raison du conflit tarifaire avec le
voisin du Sud. Est-ce que c'est une occasion à saisir pour les distillateurs,
les microbrasseries et les vignobles du Québec?
M. Poulin : En fait, il y a
toujours des occasions à saisir pour les microdistillateurs du Québec,
indépendamment de ce qui se passe avec les États-Unis. Mais je vous dirais deux
choses, deux, trois choses dans mes rencontres avec la SAQ. Le nombre de
produits québécois a augmenté sur les tablettes dans les dernières années, mais
il doit continuer d'augmenter. D'ailleurs, on l'a vu, les Québécois ont
consommé moins de vins américains et se sont tournés vers des vignobles
québécois. Alors, ça, c'est une bonne nouvelle. J'ajoute les prêts-à-boire à
base d'alcool, 120 produits du Québec, et les prêts-à-boire, c'est une industrie
de 450 millions de dollars, qui fonctionne très bien, et la SAQ, vous
le voyez comme moi, leur a fait une grande place, aux prêts-à-boire à base
d'alcool, au niveau du Québec.
Alors, il y a toujours de la place pour
des produits québécois. Là, évidemment, on parle de la distillerie, du vin,
mais je pourrais aussi vous parler de la bière, des microbrasseurs, qui, eux,
font affaire avec des épiceries, par exemple, ou des dépanneurs, pour la vente.
Alors, eux aussi ont des enjeux de commercialisation, d'espace, de place, et on
veut le regarder, oui, sous l'angle de la bière, du vin, mais aussi de la
microdistillerie. Et, oui, oui, moi, je veux toujours plus de produits
québécois à la SAQ et je suis convaincu que les deux personnes qui
m'accompagnent aujourd'hui auront le tout en tête lors de la rédaction du
rapport.
Le Modérateur : Merci.
Olivier Lemieux, Radio-Canada. Je ne sais pas si vous avez des questions? Oui?
Journaliste : Ah! bien, je
peux peut-être en ajouter une, oui. Peut-être, M. Poulin, là, est-ce que les
conclusions du rapport à venir, dans votre esprit, pourraient se frayer un
chemin dans une éventuelle plateforme électorale régionale pour votre parti?
Est-ce que c'est l'ambition que vous avez avec l'approche des élections?
M. Poulin : Ce n'est pas fait
dans le cadre d'un calendrier électoral ou d'une plateforme électorale. Moi, je
veux vraiment que ce soit pour les Québécois et pour l'industrie de l'alcool au
Québec. J'ai été nommé en septembre dernier, j'ai fait des constats, j'ai fait
des changements, j'en ai proposé. J'avais annoncé en décembre dernier mon
intention, trois mois après mon assermentation, de réviser de fond en comble.
Aujourd'hui, je vous... je vous arrive avec une partie de la réponse, en
nommant deux personnes pour jeter les bases, en ayant un comité de gens
crédible au gouvernement du Québec. Alors, non, l'objectif, il est d'abord
gouvernemental, et l'objectif, il est pour l'industrie des alcools au Québec,
indépendamment du calendrier.
Journaliste : Peut-être,
rapidement, en fait, là, je viens d'y penser. L'Association de la santé
publique du Québec... pour la santé publique du Québec a émis des... des
inquiétudes par rapport à... aux allègements visant les prêts-à-boire dans les
dépanneurs, les épiceries. Qu'est-ce que vous répondez à ces inquiétudes-là?
M. Poulin : Oui. On a eu la
chance de répondre à ce niveau-là. Simplement vous dire, il y avait une
certaine inquiétude au niveau du pourcentage d'alcool. Important de mentionner
que les prêts-à-boire à base d'alcool sont à 7 %, et que les prêts-à-boire
qui se retrouvent déjà, à base de malt, dans les épiceries sont à 7 %,
alors on est sur le même niveau du degré d'alcool. Les épiceries et les
dépanneurs vendent déjà des produits alcoolisés, ils font déjà un contrôle au
niveau du 18 ans et plus. Alors, ce sont des organisations qui ont déjà
une expérience au niveau de la vente d'alcool.
Le Modérateur : Merci. Si on
n'a pas de question supplémentaire, c'est ce qui met fin à cette conférence de
presse.
M. Poulin : Merci beaucoup.
(Fin à 11 h 25)