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Conférence de presse de M. Samuel Poulin, ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises, et Mme Geneviève Hébert, adjointe parlementaire du ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises (volet petites et moyennes entreprises)

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mardi 17 mars 2026, 11 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Onze heures)

Le Modérateur : Alors, bonjour. Bienvenue à cette conférence de presse du ministre Samuel Poulin concernant la modernisation du secteur de l'alcool. Il est accompagné aujourd'hui de Geneviève Hébert, députée de... Saint-François. Excusez-moi, je n'étais plus certain. Alors, M. Poulin, je vous laisse la parole.

M. Poulin : Merci beaucoup, M. Carabin. Alors, oui, effectivement, très heureux d'être avec mon adjointe parlementaire qui travaille avec moi sur la modernisation de nombreuses lois au Québec qui concernent les petites et moyennes entreprises. Alors, merci beaucoup, Geneviève, de pouvoir être avec nous. Je suis accompagné également de deux grandes dames du Québec qui me font plaisir d'être avec moi, Mme Diane Lemieux et Mme France Dionne. Alors, merci à vous de m'accompagner, évidemment, aux membres de la presse qui sont avec nous.

Aujourd'hui, on fait une annonce évidemment très importante qui concerne la modernisation des lois sur les alcools au Québec. Depuis ma nomination en septembre dernier, nous avons posé certains gestes qui visent à alléger le fardeau réglementaire de l'industrie de l'alcool. Évidemment, on peut parler des microbrasseurs, des distilleries, mais également des vignobles au Québec qui font face à un fardeau réglementaire important.

Le principal défi que nous nous donnons aujourd'hui est de faire en sorte de libérer la créativité et d'amener évidemment cette industrie très importante à être les meilleurs au monde et à leur donner toute cette liberté-là pour pouvoir concurrencer non seulement au Canada, en Amérique du Nord, et également de pouvoir le faire à travers le monde.

J'ai choisi deux personnes avec un parcours formidable pour pouvoir mener ces travaux. Mme Lemieux, que vous connaissez, qui a été députée ici, à l'Assemblée nationale, de 1998 à 2007. Il y a beaucoup de choses dans les parcours de nos deux... nos deux collaboratrices, mais quand même, j'en cite quelques-uns. Mme Lemieux a été ministre dans le gouvernement de Lucien Bouchard et de Bernard Landry, ministre d'État au Travail et à l'Emploi, ministre d'État à la Culture et aux Communications, et également a été présidente-directrice générale de la Commission de la construction du Québec pendant plusieurs années, jusqu'à tout récemment, alors une réformatrice. Merci d'avoir accepté ce mandat. Mme Dionne, qui a été députée de Kamouraska-Témiscouata de 1985 à 1997, qui a également, pendant ce passage-là, fait beaucoup de choses, mais notamment a été adjointe du ministre de l'Industrie et du Commerce. Elle a été par la suite sous-ministre adjointe à la Culture et aux communications, il y a beaucoup de volets qui s'entrecoupent dans vos parcours aujourd'hui, j'ai constaté ça, qui a également été déléguée du Québec à Boston pendant plusieurs années, donc une vision de l'impact international de cette industrie, et qui est actuellement toujours directrice générale exécutive de l'ITHQ, alors qui connaît bien aussi l'industrie des alcools et de l'industrie et... de l'alimentation et de la restauration.

Alors, nous voulons revoir le corpus et la cohérence législative et réglementaire du secteur des boissons, qui comprend la Loi sur la Société des alcools du Québec, la Loi sur les permis d'alcool et la Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques et règlements afférents.

À l'heure actuelle, il est très complexe d'interpréter et de gérer ce cadre légal dans ce domaine, autant pour les intervenants gouvernementaux que pour les PME et les entreprises sur le territoire. Le cadre repose sur des assises qui datent d'il y a très longtemps et qui méritent d'être modernisées.

Pour ce faire, la première étape sera de tenir des consultations avec des acteurs du milieu, elles vont avoir lieu en mai prochain à Québec, à Montréal et en Estrie, plus précisément les 4, 11 et 15 mai prochain, les invitations seront communiquées sous peu, où les entreprises et les organismes concernés vont pouvoir venir participer et pouvoir être entendus.

Et cette démarche va se baser sur six principes, grands principes : tout d'abord, simplifier la structure des permis de fabricants en réduisant le nombre de catégories de production artisanale et en incluant la création d'un permis de fabricant industriel unique, de regrouper les permis de fabricant, de détaillant et de réunion dans une seule loi, adapter les exigences législatives afin de permettre et de simplifier le développement des entreprises dans l'industrie de l'alcool, assurer une interprétation uniforme de la Loi sur l'ensemble du territoire, développer un encadrement simplifié de la production, du transport, de l'entreposage et des ventes de boissons alcoolisées en s'alignant sur les meilleures pratiques ailleurs au Canada, réduire le fardeau administratif pour les entreprises, notamment en simplifiant les obligations de renouvellement et de reddition.

Nous aurons évidemment un comité interministériel pour mener à bien ces consultations-là. Et je voulais absolument que ce rapport-là puisse avoir tous les outils, toute l'expérience et toute l'expertise du gouvernement du Québec pour pouvoir écrire un rapport qui est fonctionnel, qui est crédible et qui sera en mesure de pouvoir être mis en place. D'ailleurs, le comité va regrouper des... des représentants de notre ministère, le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, du ministère des Finances, de la Sécurité publique, d'ailleurs, des représentants de la Régie des alcools, des courses et des jeux qui sont avec nous aujourd'hui, de la Justice, du ministère de la Santé et des Services sociaux, de la SAQ et du Directeur des poursuites pénales et criminelles.

Également, on a fait des choses quand même dans les sept dernières années. Dans le projet de loi 11, qui est présentement en commission parlementaire, on vient déposer des amendements qui allègent la vie des petites et moyennes entreprises et qui offrent également des nouveaux marchés aux PME du Québec qui oeuvrent dans l'industrie de l'alcool. Mais il faut aller beaucoup plus loin. Et c'est ce que nous comptons faire, évidemment, avec ce comité qui va étudier les réglementations partout dans le monde.

Alors, très heureux de cette belle nouvelle pour une belle industrie qui n'a pas fini, évidemment, de se propulser au Québec. On a planté énormément de vignes dans les dernières années. On a une augmentation du nombre de distillateurs et de microbrasseurs. Ce sont des emplois dans toutes les régions du Québec qui méritent d'avoir cette liberté et cette créativité-là. Et aujourd'hui le gouvernement du Québec leur démontre qu'ils sont non seulement considérés, mais que nous souhaitons les entendre dans le cadre de cette révision.

Sur ce, merci. Et je vais céder la parole à mon adjointe parlementaire, la députée de Saint-François, Mme Geneviève Hébert.

Mme Hébert : Bien, merci, M. le ministre. Mesdames Lemieux et Mme Dionne. Alors, mesdames, messieurs, je suis vraiment très fière de me joindre à mon collègue, que j'aime affectueusement dire mon ministre, pour cette annonce qui vise à moderniser le cadre légal québécois en matière de boissons alcooliques.

Vous le savez, les PME de cette industrie dynamisent nos régions, comme le dit M. le ministre, et favorisent l'achat local, et produisent aussi, et propulsent... l'agrotourisme. Elles génèrent des retombées économiques partout au Québec. Et notre gouvernement, bien, est conscient de l'importance de ce secteur.

Donc, pour que ces entrepreneurs continuent de contribuer au développement régional, bien, on veut les accompagner, on veut aussi mieux les outiller et on veut leur offrir un environnement d'affaires qui va leur permettre d'aller de l'avant avec leurs projets. Ayant moi-même été entrepreneure, bien, je peux vous dire que je comprends toute la nécessité d'avoir un environnement optimal pour réussir en affaires.

Déjà, parmi les outils disponibles, bien, je tiens à rappeler qu'on a le Programme d'appui au positionnement des alcools québécois, le PAPAQ, qui soutient les producteurs et le développement du secteur. On a aussi plusieurs microbrasseries et distilleries qui ont bénéficié de financement dans le cadre du programme Essor afin d'accroître leur compétitivité et leur productivité puis aussi de favoriser le développement durable.

Alors, pour simplifier l'environnement d'affaires, on intervient également avec l'allègement réglementaire et administratif. Donc, ça, c'est une des priorités de notre gouvernement. On s'est d'ailleurs engagés à déposer annuellement un projet de loi omnibus en allègement réglementaire, ce qu'on a fait. Et je suis fière de dire qu'on a adopté, tous les secteurs confondus, plus d'une centaine de mesures d'allègement au cours des dernières années.

Dans le secteur des boissons alcooliques, ça prend la forme de mesures du PL 11, donc, par exemple, permettre l'autorisation de vente de prêts-à-boire à base d'alcool ou de spiritueux en épicerie, de nouvelles possibilités de sous-traitance pour les producteurs de boissons alcooliques, le retrait des limitations territoriales lors d'une livraison d'alcool effectuée par un titulaire de permis d'épicerie, la simplification des obligations administratives liées à l'autocollant de la Régie des alcools, des courses et des jeux, et j'en passe. Mais, pour ce secteur, bien, il faut aller un peu plus loin dans la démarche. Donc, il faut moderniser le cadre légal dans son ensemble. On entend régulièrement, sur le terrain, les acteurs qui nous le demandent. Alors, c'est exactement ce qu'on s'engage à faire avec la création de ce comité interministériel et les consultations qui vont être prévues auprès du milieu.

Alors, vraiment très heureuse d'être ici aujourd'hui pour ce jour 1 de cette consultation. Et je cède la parole à Mme Lemieux.

Mme Lemieux (Diane) : Merci. Merci à vous tous. Alors, quand le ministre a pris contact avec moi pour me parler de ce mandat, j'en ai été un peu étonnée. Je ne suis pas une spécialiste, je suis une consommatrice raisonnable, fascinée que, depuis à peine une décennie, on a maintenant, par exemple, des alcools au Québec. On n'est plus obligés de boire de la vodka de la Russie. C'est formidable. Alors, fascinée par... par ce milieu. Je vis moi-même un petit peu en périphérie de Montréal. Je suis consciente que c'est un secteur qui est en développement fulgurant depuis quelques années, des petites et moyennes entreprises dans les régions qui utilisent des produits locaux. Il y a quelque chose de très beau dans le développement de... l'émergence de ce secteur-là.

Ce que j'ai rapidement vu, puis c'est probablement ça qui m'a intéressée, c'est que ça s'est considérablement complexifié. C'est-à-dire qu'au fil des ans le cadre législatif et réglementaire s'est adapté à ces nouvelles productions, ce nouveau type de producteurs, ce nouveau type d'entreprises, si bien qu'il y a toutes sortes de couches de réglementation et législatives qui se sont adaptées. Alors, je pense qu'il y a un petit... il y a... il y a un besoin de prévisibilité, il y a besoin de clarifier les choses. Et tout ce qui est complexe me fascine. Je pense que c'est pour ça que j'ai accepté. Je suis quelqu'un qui a quand même le sens des services publics, alors je vois bien que ce secteur-là, il est en effervescence. Il y a encore beaucoup de développement et de potentiel de développement. Il faut que l'environnement, le cadre législatif et réglementaire soit prévisible. Il faut qu'il tienne compte de la réalité de ces entreprises-là et des produits qu'ils mettent en valeur, dans un contexte aussi où les enjeux de santé-sécurité ne sont pas nécessairement les mêmes qu'il y a 10 ans, mais il faut quand même considérer les enjeux de santé et sécurité pour la population. Alors, je crois qu'on peut faire cohabiter ces exigences-là, c'est-à-dire de faire en sorte que ce soit une industrie qui, devant des règles prévisibles, est fluide, tout en respectant l'environnement dans lequel nous vivons.

Alors, c'est vraiment avec plaisir que j'ai accepté ce mandat. J'ai très hâte... J'ai commencé à lire, là, je suis une boulimique. J'ai très hâte de rencontrer les gens. Je sais qu'il y a des perspectives, des points de vue différents, mais j'ai senti aussi... puis ça, ça fait partie des éléments qui m'ont fait accepter, j'ai senti que le milieu était mûr, il était mûr pour discuter des vraies choses, pour mettre sur la table les problèmes mais en même temps examiner les pour et les contre d'un certain nombre de solutions. Alors, je pense qu'il y a une maturité qui s'est installée. C'était intéressant d'arriver dans un contexte comme celui-là pour faire évoluer les choses dans la bonne direction. Alors, voilà, c'est avec plaisir que je suis ici aujourd'hui.

M. Poulin : Merci beaucoup, Diane. Mme Dionne.

Mme Dionne (France) :Bien, merci beaucoup, M. le ministre. Moi, j'arrive d'un autre contexte, puisque... vous avez sûrement vu ce petit document, puisque, dans les années 2022-2023, le ministre de l'Agriculture de l'époque, M. Lamontagne, avait... nous avait confié, à l'ITHQ et à l'Institut de technologie agroalimentaire Saint-Hyacinthe et La Pocatière, de faire des consultations. Et les consultations n'ont pas, malheureusement, porté sur la réglementation. Beaucoup d'organismes qui sont venus nous rencontrer en ont parlé. On a fait un résumé de leurs demandes, mais nous, on s'était attardés sur la formation, sur le développement, sur la recherche. Et on avait aussi, comme première recommandation, proposé qu'il y ait un organisme ou une entité, appelons ça comme ça, là, qui regrouperait tous les efforts gouvernementaux à mettre pour le développement de cette industrie. Alors, c'est quand on regarde maintenant toute la réglementation, toutes les lois, tous les articles de loi qui touchent cette industrie, on s'aperçoit que la recommandation numéro un de l'époque est aussi pertinente aujourd'hui, parce que plusieurs ministères et organismes sont sur le dossier. Et je pense qu'aujourd'hui, en 2026, ce n'est peut-être plus le temps de travailler en silo, et travailler sur la complicité pour, d'un, le développement de l'industrie, le développement des régions, mais aussi en même temps s'assurer de la sécurité et de la santé puisque ce sont des éléments qui sont importants dans tout ce contexte-là.

Alors, dans ce sens-là, je suis contente puisque l'interministériel ou l'interorganisme, c'est un... c'est un grand défi. Je pense, quand on va s'asseoir... et, d'ailleurs, la consultation va peut-être permettre à beaucoup d'organismes d'être dans le milieu et d'échanger entre eux autres. Alors, je pense qu'on a une, M. le ministre, une belle façon, une belle approche de voir les choses.

Moi aussi, je suis fière d'être partie prenante de cette consultation pour une autre raison, bien, pour deux autres raisons. Une, pour mon passé dans Kamouraska-Témiscouata à titre de parlementaire, de députée pendant 11 ans. Et je vais vous rappeler qu'au Témiscouata, à Rivière-Bleue, il y a un musée qui parle de la prohibition. Vous vous souviendrez que dans les années 20, les Américains et les autres provinces canadiennes avaient décidé de mettre des lois, mais le Québec n'avait pas suivi. Ce qui a amené du bootlegging, qui a amené un tas d'histoires entre les États-Unis, le Nouveau-Brunswick, le Québec et... et ailleurs. Alors, donc, si vous avez le goût d'aller visiter le Témiscouata, il faut arrêter au musée, d'un. De deux, au niveau de... de l'acériculture, oui. Le premier... la première érablière qui a développé un alcool à partir du sirop d'érable, c'est Vallier Daigle et le groupe Acer. Donc, vous voyez, en allant au Témiscouata, vous devez arrêter à ces deux endroits. Un qui est près des États-Unis, puis l'autre qui est près du comté de Rimouski.

Alors, ça, c'est... c'est une des raisons que... Alors, je me rappelle de ça.

L'autre aussi, c'est que, à l'ITHQ, nous, on donne des formations en sommellerie depuis des années. Nous avons des enseignants très compétents et ces enseignants présentent... D'ailleurs, quand j'étais à Montréal la semaine dernière, il est arrivé justement des... des représentants des vignobles qui venaient présenter leurs vins à nos étudiants et à nos enseignants. Et on est très fiers puisque, d'ailleurs, le dernier... le dernier concours québécois pour... le meilleur sommelier, il vient de l'ITHQ. C'est un diplômé de l'ITHQ. Alors, donc, vous voyez, on va... toute l'équipe de l'ITHQ va regarder les choses de près, parce qu'on croit beaucoup dans les produits québécois, on veut les promouvoir. Avec les changements climatiques, on a une des chances qu'on n'avait pas dans le passé, et on va probablement, on espère, à un moment donné, se retrouver à la même place que l'Ontario, la Colombie-Britannique et maintenant la Nouvelle-Écosse, qui est en train de développer ses produits.

Alors, voilà. M. le ministre, très heureuse d'être ici.

M. Poulin : Bien, à nouveau, je veux évidemment remercier Mme Dionne, Mme Lemieux, d'avoir accepté ce mandat, vous dire je suis très heureux d'avoir deux femmes fortes à mes côtés pour moderniser les lois sur l'industrie de l'alcool au Québec, avec mon adjointe parlementaire qui est extrêmement déterminée aussi à faire ces modifications.

Merci.

Le Modérateur : Merci à vous quatre. On va passer à la période des questions en commençant avec Juliette Nadeau-Besse, Le Soleil.

Journaliste : Bonjour. M. le ministre, vous avez dit vos consultations, on parle de la mi-mai. Après cette date-là, il va rester environ trois semaines de travaux parlementaires, là. Qu'est-ce que vous allez avoir le temps de mettre en place, concrètement, là, comme changement après ces consultations-là?

M. Poulin : Bien, vous dire, tout d'abord, que le projet de loi n° 11 est en cours, où on fait quand même des allègements réglementaires importants pour l'industrie de l'alcool. Maintenant, l'objectif est d'avoir le rapport d'ici le 24 juin. Alors, vous comprenez évidemment que la façon dont l'agenda législatif est fait et l'agenda parlementaire, ce rapport-là peut être travaillé pendant l'été par le gouvernement du Québec. Et, à l'automne, le prochain gouvernement pourra certainement mettre en branle le tout.

J'avais ça en tête, l'agenda et le calendrier, dès le départ. C'est pour cette raison-là que j'ai souhaité non seulement avoir deux personnes qui sont crédibles, traversent le temps et qui sont capables aussi d'avoir un regard extrêmement rigoureux sur cette industrie-là, également d'inclure dès le départ la fonction publique dans le travail de ce comité-là. Donc, je vous ai parlé des organisations qui en font partie, qui vont de la Régie des alcools, des courses et des jeux, le ministère de l'Économie, le ministère des Finances, pour qu'on puisse déjà, dans le rapport, proposer des choses qui peuvent se mettre en place et qui sont crédibles et fonctionnelles.

Alors, c'est un... L'objectif que nous avons avec ce rapport-là, c'est certainement, oui, d'amener des réflexions, mais aussi d'amener une sorte d'analyse législative un peu clé en main, je le mets entre guillemets, qui fait qu'il y a une possibilité réellement de pouvoir réécrire les lois et les changer. Alors, ce rapport-là, mon souhait, comme ministre, c'est qu'il traverse le temps, effectivement.

Journaliste : Puis vous avez déjà rencontré les gens de l'industrie, là, dans votre mandat. Qu'est-ce qui vous manque? Pourquoi... Pourquoi faire une consultation alors que vous avez déjà le pouls du milieu puis de... de leurs besoins?

M. Poulin : Bien, je vous présente ici un tableau du ministère des Finances, avec toutes les exceptions au niveau de l'industrie de l'alcool au Québec. Je peux vous parler de nombres de permis pour une industrie : si c'est le cidre, ce n'est pas la même chose que le vin, si c'est la bière, ce n'est pas la même chose que la distillerie, si votre grain est pris à la bouteille, vous pouvez vendre sur le permis de fabrication dans certains cas, d'autres pas. C'est un réel, j'allais dire... une réelle difficulté de se retrouver à l'intérieur des lois sur l'alcool au Québec parce qu'ils ont été, comme Mme Lemieux, Mme Dionne le disaient, mis au fil du temps. Et notre industrie est arrivée une maturité. Vous avez vu le nombre de microbrasseurs, le nombre de microdistillateurs dans les dernières années, on n'est plus du tout à la réalité de 2020, là. On a augmenté de façon considérable.

Alors, le fruit est mûr. Maintenant, moi, je suis ministre depuis le mois de septembre, j'ai déposé trois projets de loi, et je pense que ça prend un travail sérieux. Et l'industrie aussi nous demande d'être consultés. Parce que, vous savez, dans l'industrie de la bière, on travaille d'une façon, dans l'industrie de la microdistillerie, du gin, de la vodka, d'une autre. Dans le vin, on a planté énormément de vignes dans les dernières années, alors on s'attend à produire énormément de bouteilles de vin au Québec d'ici cinq ans et, comme on le dit, à rivaliser avec le monde entier, bien, il faut que le gouvernement suive. Sinon, on va bloquer cette industrie-là.

Alors, ça fait six mois que je suis ministre, Mme. Je pense en avoir fait beaucoup.

Le Modérateur : Merci. Jean-François Poudrier, Noovo.

Journaliste : ...veine, en fait. Parce que moi, je me souviens personnellement d'avoir fait des reportages, même en 2022, à quel point les distillateurs disaient à quel point c'était compliqué, ils ne pouvaient pas vendre leurs spiritueux en même temps qu'ils vendaient leur hydromel. Bon. Donc, ça fait longtemps que ces gens-là demandent des allègements. Ce ne serait pas le temps justement d'aller plus rapidement, dans le contexte économique actuel, d'avoir au moins des règlements instaurés avant la fin de la session parlementaire?

M. Poulin : Bien, j'en fais, d'ici la fin de la session parlementaire. Les prêts à bord à base d'alcool en épicerie, c'est 120 produits québécois qui vont pouvoir avoir accès à 6 000 points de vente. J'ai retiré les limitations territoriales. Une bouteille de vin qui était livrée par une épicerie, si ce n'était pas sur le territoire de l'épicerie, ne pouvait pas y avoir accès. On a enlevé certaines obligations administratives concernant le registre. Au niveau du timbre, on a enlevé le timbre pour les microbrasseries. C'est mon collègue avant moi qui a fait ça. Et également on permet aux microbrasseries de passer directement à des permis de réunion au lieu de passer par des épiceries. Donc, on en a fait, des allègements, puis on va en faire encore. Mais aujourd'hui, j'annonce une volonté d'aller davantage en profondeur, mais le milieu me demande aussi d'être consulté. Alors, je pense que je prends les bons canaux pour pouvoir le faire.

Journaliste : Il y a beaucoup de ces règles-là qui avaient un lien aussi avec la SAQ, qui, bon, prend une cote, différentes réglementations. Est-ce que ça aussi ça risque d'être, comme on dit, possible d'avoir des modifications par rapport à ce qui se passe avec la SAQ et leur relation avec la SAQ?

M. Poulin : La SAQ est là pour demeurer. Évidemment, la SAQ sert bien une industrie qui leur permet d'avoir un certain volume, un certain nombre de commandes, d'avoir accès à un grand réseau. Alors, la SAQ sert aussi l'industrie des alcools au Québec. Mais est-ce que, dans le processus administratif et réglementaire, il y a des allègements ou des modifications qui peuvent être faits? La réponse est oui. Alors, la SAQ est là pour demeurer, mais entre-temps, il y a des améliorations qui peut être fait. Et ça fait partie du mandat de ce comité.

Journaliste : Je vais me permettre quelques questions là-dessus, justement, M. Poulin. François Carabin, Le Devoir. Est-ce qu'il faut considérer, dans vos consultations, une privatisation de la vente d'alcool au Québec?

M. Poulin : Non. Ce n'est pas... Ce n'est pas dans le mandat. Mais, si la SAQ est là pour demeurer, et, en fait, la SAQ est là pour demeurer, dans le processus réglementaire, dans l'allègement réglementaire, du point de vue de l'industrie puis du producteur d'alcool, il y a des allègements à faire. Mais la SAQ est là pour rester.

Journaliste : OK. La SAQ a englouti près de 1 million de dollars dans l'entreposage des alcools américains, dans les derniers mois, en raison du conflit tarifaire avec le voisin du Sud. Est-ce que c'est une occasion à saisir pour les distillateurs, les microbrasseries et les vignobles du Québec?

M. Poulin : En fait, il y a toujours des occasions à saisir pour les microdistillateurs du Québec, indépendamment de ce qui se passe avec les États-Unis. Mais je vous dirais deux choses, deux, trois choses dans mes rencontres avec la SAQ. Le nombre de produits québécois a augmenté sur les tablettes dans les dernières années, mais il doit continuer d'augmenter. D'ailleurs, on l'a vu, les Québécois ont consommé moins de vins américains et se sont tournés vers des vignobles québécois. Alors, ça, c'est une bonne nouvelle. J'ajoute les prêts-à-boire à base d'alcool, 120 produits du Québec, et les prêts-à-boire, c'est une industrie de 450 millions de dollars, qui fonctionne très bien, et la SAQ, vous le voyez comme moi, leur a fait une grande place, aux prêts-à-boire à base d'alcool, au niveau du Québec.

Alors, il y a toujours de la place pour des produits québécois. Là, évidemment, on parle de la distillerie, du vin, mais je pourrais aussi vous parler de la bière, des microbrasseurs, qui, eux, font affaire avec des épiceries, par exemple, ou des dépanneurs, pour la vente. Alors, eux aussi ont des enjeux de commercialisation, d'espace, de place, et on veut le regarder, oui, sous l'angle de la bière, du vin, mais aussi de la microdistillerie. Et, oui, oui, moi, je veux toujours plus de produits québécois à la SAQ et je suis convaincu que les deux personnes qui m'accompagnent aujourd'hui auront le tout en tête lors de la rédaction du rapport.

Le Modérateur : Merci. Olivier Lemieux, Radio-Canada. Je ne sais pas si vous avez des questions? Oui?

Journaliste : Ah! bien, je peux peut-être en ajouter une, oui. Peut-être, M. Poulin, là, est-ce que les conclusions du rapport à venir, dans votre esprit, pourraient se frayer un chemin dans une éventuelle plateforme électorale régionale pour votre parti? Est-ce que c'est l'ambition que vous avez avec l'approche des élections?

M. Poulin : Ce n'est pas fait dans le cadre d'un calendrier électoral ou d'une plateforme électorale. Moi, je veux vraiment que ce soit pour les Québécois et pour l'industrie de l'alcool au Québec. J'ai été nommé en septembre dernier, j'ai fait des constats, j'ai fait des changements, j'en ai proposé. J'avais annoncé en décembre dernier mon intention, trois mois après mon assermentation, de réviser de fond en comble. Aujourd'hui, je vous... je vous arrive avec une partie de la réponse, en nommant deux personnes pour jeter les bases, en ayant un comité de gens crédible au gouvernement du Québec. Alors, non, l'objectif, il est d'abord gouvernemental, et l'objectif, il est pour l'industrie des alcools au Québec, indépendamment du calendrier.

Journaliste : Peut-être, rapidement, en fait, là, je viens d'y penser. L'Association de la santé publique du Québec... pour la santé publique du Québec a émis des... des inquiétudes par rapport à... aux allègements visant les prêts-à-boire dans les dépanneurs, les épiceries. Qu'est-ce que vous répondez à ces inquiétudes-là?

M. Poulin : Oui. On a eu la chance de répondre à ce niveau-là. Simplement vous dire, il y avait une certaine inquiétude au niveau du pourcentage d'alcool. Important de mentionner que les prêts-à-boire à base d'alcool sont à 7 %, et que les prêts-à-boire qui se retrouvent déjà, à base de malt, dans les épiceries sont à 7 %, alors on est sur le même niveau du degré d'alcool. Les épiceries et les dépanneurs vendent déjà des produits alcoolisés, ils font déjà un contrôle au niveau du 18 ans et plus. Alors, ce sont des organisations qui ont déjà une expérience au niveau de la vente d'alcool.

Le Modérateur : Merci. Si on n'a pas de question supplémentaire, c'est ce qui met fin à cette conférence de presse.

M. Poulin : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 25)

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