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(Huit heures vingt minutes)
M. Fortin :Bonjour, bonjour à vous tous. Merci d'être avec nous. Ça me
fait plaisir de vous présenter le chef du Parti libéral du Québec, M. Charles
Milliard.
M. Milliard (Charles) : Excellent.
Alors, merci beaucoup, merci beaucoup, André. Donc, aujourd'hui, c'est une
journée très importante pour le Québec, pour les Québécois. C'est une journée
où on va parler essentiellement de vos impôts, de la gestion des finances
publiques et de la gestion de la Coalition avenir Québec, qui nous a été vendu
en 2018 comme un gouvernement de comptables. Mais dont, de toute évidence, le
boulier est défectueux. Donc, c'est le huitième budget du ministre Girard
aujourd'hui, fort probablement une huitième déception. Le ministre nous a
proposé ou nous a promis, plutôt, un budget sobre, respectueux, équilibré et
que ce n'était pas le temps de faire des promesses. Or, je ne sais pas s'il a
lu le journal, mais hier, il y en a eu des promesses, gracieuseté de la CAQ, à
deux endroits, premièrement, la construction d'un nouvel hôpital et aussi la
conversion de 5000 places de garderies non subventionnées en garderies
subventionnées. Alors, bien honnêtement, les Québécois ne sont pas dupes des
annonces à minuit moins une comme ça, qui souvent sont des recyclages
d'annonces, plus personne ne croit les promesses de la Coalition avenir Québec.
Aujourd'hui, c'est aussi l'occasion de
dresser le bulletin du gouvernement de François Legault, un gouvernement qui se
disait prêt à faire des changements en économie, en éducation et en santé. Et
ce qu'on nous a livré, finalement, bien, c'est une décote, c'est un décrochage
scolaire et un décrochage d'enseignants en hausse et une démobilisation du
personnel de soins. Alors, j'aimerais bien que les Québécois prêtent l'oreille
à la lecture du budget aujourd'hui, mais si jamais, d'aventure, vous n'avez pas
le temps de... d'écouter l'ensemble du budget, je peux vous donner tout de
suite le punch. Le gouvernement va se vanter d'avoir un déficit de seulement 10 milliards de
dollars. Seulement 10 milliards. Est-ce que les gens réalisent à quel
point le service de la dette coûte cher, au Québec? Et d'être passé d'un
surplus de 7 milliards à un déficit qui soit de 12, 11 ou 10 milliards,
ce n'est pas de la bonne gestion des finances publiques.
Alors, au Parti libéral du Québec, nous,
on va surveiller de façon très importante des points très, très précis dans le
discours de M. Girard aujourd'hui. Premièrement, quelles sont les
prévisions de croissance économique qui seront utilisées pour conceptualiser la
hausse des revenus fiscaux du gouvernement? Alors, ça va être très important de
voir cette prévision-là, est-ce qu'elle sera plus confiante ou moins confiante
que la plupart des spécialistes et des économistes québécois et canadiens? On
va aussi regarder s'il y a de l'ordre qui est mis dans le PQI, qui a grandement
besoin d'un réordonnancement de projets. Et aussi, on va voir s'il y a des
mesures qui répondent à la principale aspiration et la principale préoccupation
des Québécois, à savoir le soutien à la crise du logement. Je vous rappelle que
nous, on a un projet qui... qui nous permettra, à terme, de construire jusqu'à 100 000 unités
par année. On pense que le gouvernement doit tout de suite commencer à mettre l'épaule
à la roue dans ce sens-là.
Je terminerai en mentionnant que je suis
quand même surpris de voir que le ministre Girard se donne la marge de manœuvre
ou la latitude de laisser une enveloppe discrétionnaire au prochain premier
ministre ou à la prochaine première ministre. Alors, je voudrais juste lui
rappeler que le dépôt du budget du Québec, c'est le 18 mars 2026, aujourd'hui,
et non le 13 mars 2026, où on aura un nouveau leader au gouvernement du
Québec. Alors, ce n'est pas une poignée de change, je pense, qui va faire la
différence, mais de toute évidence, on veut s'assurer de permettre au nouveau
sauveur de la CAQ de faire... de réaliser un certain nombre de promesses, mais à
voir la tempête de promesses à laquelle on assiste, où moi-même, j'en perds mon
latin, je ne pense pas que ça va suffire à remplir l'ensemble des promesses
assez populistes qu'on a entendues dans les derniers jours. Alors, voilà.
Merci.
Journaliste
: Bon, vous
prédisez déjà un déficit qui va être quand même moins élevé que ce qu'on a vu
dans les dernières années, avec un déficit d'autour de 19 milliards de ce
qu'on entend. Est-ce que ça va être possible, pour le Parti libéral, si vous
formez le prochain gouvernement, d'avoir un budget équilibré dans un premier
mandat?
M. Milliard (Charles) :
Alors, dans l'objectif d'un nouveau gouvernement libéral, c'est de proposer un
plan de retour à l'équilibre budgétaire. Je ne pense pas que les Québécois
s'attendent à un retour nécessairement dans la première ou la deuxième année
d'un nouveau gouvernement, mais on doit donner une vision, et c'est ce qui a
manqué, je vais vous le dire, c'est ce qui a manqué au niveau fédéral dans les
dernières années, et c'est ce qui a amené un certain cynisme qu'on voit aussi
maintenant être transmis au gouvernement du Québec. Alors, on a besoin d'un
plan de retour. Et vous savez quoi? On a même besoin d'un plan de réduction de
la dette éventuellement. Donc, on a un déficit à régler, mais, éventuellement,
pour les prochaines générations, on a aussi une dette à réduire. Alors, nous,
on va s'engager à faire...
Journaliste
: ...à ce
que le premier budget de votre gouvernement, l'année prochaine, le déficit soit
moins important que celui qu'on a aujourd'hui.
M. Milliard (Charles) : Bien,
c'est l'objectif. On verra dans quel état ça nous est... ça nous est laissé,
là, parce qu'il reste encore... il reste encore un certain nombre de mois, mais
on va s'assurer de proposer un plan réaliste de retour à l'équilibre
budgétaire. Ça va passer, oui, par une révision de certaines dépenses avant
qu'on me le demande, mais ça va surtout passer par la création de richesses. Il
est temps d'avoir un gouvernement qui va s'intéresser à la création de richesse
du secteur privé, entre autres. Alors, c'est ce qu'on va proposer.
Journaliste
: C'est
quoi, votre... votre marge de manœuvre pour la prochaine campagne électorale,
alors que la marge de manœuvre financière du Québec est mince, comment vous
allez faire pour faire campagne avec ce qui va nous être présenté tout à
l'heure?
M. Milliard (Charles) : On va
le faire en travaillant sur les revenus qu'on peut générer au Québec. Je pense
qu'il y a une culture du non économique qui est très forte, ça fait longtemps
que j'en parle. On a besoin d'avoir davantage de leaders politiques, que ce
soit le premier ministre, que ce soit des ministres qui sont ouverts à explorer
un certain nombre de projets, entre autres, avec les PME. Je vous rappelle que
les PME ont été mises de côté dans ce gouvernement-là, dans les huit dernières
années, au profit de grandes annonces, de grands rubans coupés qui n'ont pas
donné grand-chose à part des maux de ventre et des maux d'estomac aux
Québécois.
Alors, on a besoin de générer davantage de
richesses, et donc, nous, on veut travailler sur le numérateur davantage que
sur le dénominateur.
Journaliste
: Sur
l'enveloppe laissée à Christine Fréchette ou Bernard Drainville, avez-vous un
montant, peut-être?
M. Milliard (Charles) : On ne
le connaît pas, à moins que je ne me trompe, on ne le connaît pas, alors on va
tous... on va tous découvrir ça ensemble.
Journaliste
: ...ça
peut être de quelle ampleur...
M. Milliard (Charles) : Bien,
écoutez...
Journaliste
: ...pour
réaliser des promesses comme ça puis de partir en campagne?
M. Milliard (Charles) :
...j'ai bien hâte de voir, mais à voir toutes les promesses, entre autres, de
Mme Fréchette pour se pousser du bilan actuel de la CAQ, je vois difficilement
comment... ce que j'appelle une poignée de change va suffire. C'est aussi
l'occasion, tu sais, ça... Au lieu d'avoir une enveloppe discrétionnaire, ce
serait peut-être l'occasion de corriger certaines erreurs. Je vais vous donner
un exemple. J'en ai parlé hier, puis j'espère ne pas en parler demain parce que
ce sera réglé, c'est le retour des investissements pour les sorties
culturelles. Il y a juste des belles histoires de jeunes qui découvrent nos
artistes, qui découvrent notre culture à travers les sorties culturelles dans
les écoles. C'est ignoble ce qui a été décidé, et j'espère qu'on va pouvoir
corriger ça aujourd'hui à titre d'exemple.
Alors, cet argent-là, plutôt que de la
laisser à la discrétion du prochain sauveur, réglons des problèmes tout de suite
aujourd'hui. C'est bon? Merci beaucoup.
(Fin à 8 h 26)