To use the Calendar, Javascript must be activated in your browser.
For more information

Home > News and Press Room > Press Conferences and Scrums > Point de presse de M. André Fortin, chef de l’opposition officielle, et M. Frédéric Beauchemin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances

Advanced search in the News and Press Room section

Start date must precede end date.

Point de presse de M. André Fortin, chef de l’opposition officielle, et M. Frédéric Beauchemin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de finances

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Thursday, March 19, 2026, 8 h

Salle de l'Assemblée nationale (1.172), hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

M. Beauchemin : Alors, bonjour, tout le monde. Évidemment, hier, on a eu un budget de 10 milliards de dollars, et le premier ministre, hier, a «spinné», là, dans les médias, comme quoi qu'il laisse la maison en ordre. Honnêtement, ça ne doit pas être très, très propre à la maison du premier ministre, malheureusement.

Il y a une baisse de productivité, qui est probablement un des vecteurs qu'il faut absolument regarder, une baisse de 1 %. Il y a eu une baisse, évidemment, de la mise en chantier pour les cinq prochaines années au Québec. C'est comme ignorer, là, évidemment, là, la crise du logement. La démographie au Québec a été illustrée clairement dans le budget d'hier, ce qui est en contraste avec ce que le ministre des Finances m'avait dit au salon rouge. Donc, il accepte le fait qu'il y a zéro croissance démographique au Québec, ce qui est un enjeu. Il y a la baisse des investissements privés de 2,2 % puis, fait important à noter, la baisse des machineries et matériaux de 5,7 %. Donc, si l'objectif, ici, c'est de créer une économie nouvelle, une économie productive, une économie de l'avenir, tous ces vecteurs-là vont dans le sens contraire de cet objectif.

Donc, c'est vraiment triste, le premier ministre et le ministre des Finances, malheureusement, portent toujours des lunettes roses. Le plan de retour à l'équilibre budgétaire n'est toujours pas crédible. Il reste beaucoup de mesures à identifier. Et fait important, moi, ça fait quatre ans que je regarde ça, ce processus-là, et, année après année, le ministre des Finances sous-estime les dépenses, et c'est du quitte au double, là, par rapport à la réalisation des dépenses. En moyenne, depuis les quatre dernières années, les dépenses ont été estimées à 2,6 %, et la concrétisation réelle, c'est que c'est au-dessus de plus que 5 %. Donc c'est du quitte au double. C'est un danger majeur pour faire des prévisions économiques qui tiennent la route.

Ce gouvernement a, en plus, le culot de nous dire que c'est dans leur ADN de bien faire la gestion des finances publiques. Moi, j'ai donné une cote de triple D au gouvernement, cette semaine, en disant : déficit, dette, décote, mais j'en rajouterais un quatrième pour : déconnecté.

M. Fortin :Merci. Merci, Frédéric. Il y a huit ans, François Legault est arrivé au pouvoir en promettant de la rigueur, en promettant de l'ordre, en promettant un gouvernement responsable, puis, après huit ans de règne caquiste, bien, ce qu'on voit, essentiellement, c'est un déficit de 10 milliards de dollars, c'est des services publics qui sont en déroute et c'est des infrastructures publiques qui tombent en ruine. Et le symbole même de cette infrastructure publique là qui tombe en ruine, c'est l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. C'est aussi le symbole de l'incapacité caquiste à faire avancer les dossiers au Québec. Les gens de Maisonneuve-Rosemont, si vous leur parlez, ce matin, que ce soient les patients, que ce soit le personnel de Maisonneuve-Rosemont qui tient cet hôpital-là à bout de bras, ils prennent ça comme une... comme une claque au visage.

Ce que le gouvernement nous a essentiellement annoncé, hier, c'est qu'il va continuer de revoir le projet, il va continuer de limiter la portée du projet et il va continuer de repousser l'échéancier de Maisonneuve-Rosemont, mais, pendant ce temps-là, pendant ce temps-là, le ministre des Finances garde 1,3 milliard pour son prochain patron, il cache 1,3 milliard en dessous du matelas caquiste pour offrir des bonbons électoraux aux Québécois et aux Québécoises en précampagne électorale. C'est digne des politiques que la CAQ nous a offertes au cours des dernières années. Merci.

Journaliste : M. Fortin, vous avez énormément critiqué la politique d'immigration du gouvernement du Québec. Hier, c'est écrit noir sur blanc dans le budget, là, le fait qu'on baisse le nombre d'immigrants, c'est une décroissance de la population, et il va y avoir de la difficulté à combler les emplois. Est-ce que les babines suivent les bottines?

M. Fortin :Bien, je pense qu'il faut le regarder dans son ensemble, puis je vais... je vais commencer la réponse et céder la parole à mon collègue par la suite, mais, quand on regarde les données globales qui sont... et les prévisions globales qui sont incluses dans ce budget-là, on parle d'une baisse de la population québécoise, mais on parle aussi d'une baisse de la productivité. Alors, combiner ces deux choses-là... et c'est un très mauvais signal pour l'économie au Québec. Il y a moins de monde qui vont participer à la vie active, au travail, au Québec, puis les gens qui vont y participer, ils vont être moins productifs. Alors, je ne peux pas vous dire qu'après huit ans de règne caquiste, on est en meilleure position pour faire compétition aux juridictions voisines.

Journaliste : Mais, en l'inscrivant noir sur blanc dans le budget, là, le ministre s'est quand même donné une liberté de démontrer noir sur blanc qu'il y avait... en baissant, en réduisant le nombre d'immigrants, qu'il allait y avoir un problème de productivité puis de main-d'œuvre. Quand on lui a demandé s'il avait un message à passer ou s'il voulait nous expliquer pourquoi, il a comme un peu évité la question, là, finalement.

M. Beauchemin : Bien, c'est parce que c'est totalement électoraliste de la part de la CAQ, là, de jouer avec cette variable-là. Mais la réalité, en bout de piste, puis André en faisait mention, c'est : ce qu'on doit comprendre, OK, c'est qu'en plus on a un vieillissement de la population, donc on reste à 9 millions, mais le mix change : moins... de moins en moins de jeunes, qui vont avoir à prendre soin de personnes de plus en plus âgées, une baisse de la productivité, une baisse des investissements.

Moi, j'entends Girard nous dire tout le temps, là : On est fiduciaires de l'argent des Québécois, on est un gouvernement responsable. C'est de la bullshit parce que la réalité, c'est que ce gouvernement-là a fait tout à fait le contraire. Pour être responsable, là, de l'argent des Québécois puis des prochaines générations, on devrait penser à l'avenir des prochaines générations puis mettre la table à la bonne place, envoyer le bateau dans la bonne direction, puis ça prend justement des investissements pour s'assurer que la productivité va être au rendez-vous dans notre économie.

Journaliste : ...on a vu dans La Presse, justement, qu'il y a plus de gens qui ont quitté le Québec cette année qu'il y en a qui sont venus. Bon, hier, le ministre disait : Oui, mais on a tellement ouvert les vannes à Ottawa que, là, on a plusieurs années à éponger le surplus d'immigration.

M. Beauchemin : Bien, si vous regardez les chiffres dans le budget, là, OK, c'est variable, dans le sens que, les chiffres, on est à peu près... 9 070 000 puis, dans cinq ans, on va être à 9 040 000. L'épongeage, là, il est fait, là, il n'y aura pas plus de...

Des voix : ...

M. Beauchemin : Oui. La bonne... La bonne direction, c'est qu'on doit être capables d'en faire plus avec les moyens du bord. On doit être plus productifs...

Des voix : ...

M. Beauchemin : Bien oui, c'est ça.

Des voix : ...

M. Beauchemin : C'est sûr qu'actuellement ça prend du monde de plus, évidemment.

Journaliste : ...on va les chercher où?

M. Beauchemin : Bien là, évidemment, il y avait un programme québécois de l'expérience québécoise qui devrait être, évidemment, remis en place, comme on le propose nous aussi. Temporairement, c'est une mesure qui peut fonctionner. Mais, à long terme, ce qu'on doit s'assurer de faire, c'est de donner les meilleurs équipements à nos entrepreneurs, avoir les meilleurs outils, en faire plus avec ce qu'on a. On ne demande pas au monde de travailler plus d'heures, on demande juste plus de meilleurs outils, plus d'«output» pour que... pour chaque heure travaillée. C'est ça, la chose la plus importante, parce que... je m'excuse, mais, si on n'est pas capables de se rendre là, les choix vont devenir de plus en plus difficiles dans le temps.

Journaliste : Est-ce qu'un gouvernement libéral rehausserait les impôts ou enlèverait le plafond sur la taxe scolaire?

M. Beauchemin : On est la nation la plus fiscalement taxée, là, en Amérique du Nord. On n'est pas compétitifs, en fait. Donc, ce n'est pas la façon de faire. La façon de faire, c'est... justement, il y a... tu sais, on peut couper dans les dépenses ou on peut augmenter les revenus. Moi, je suis du camp d'augmenter les revenus. Puis augmenter les revenus, c'est beaucoup plus stimulant pour l'ensemble des Québécois. On stimule l'esprit entrepreneurship, on fait en sorte qu'on a le goût, le désir de vouloir relever les manches puis d'avancer. C'est ça qu'on doit faire. On doit vendre cette idée-là, ce rêve-là aux Québécois de vouloir tous pousser la roue par en avant.

Journaliste : Mais on ne ralentit pas les dépenses, en revanche?

M. Beauchemin : Tout est proportionnel dans la vie, OK? Donc, si, un jour, OK, la maison que vous avez vaut 400 000 $, vous avez une hypothèque de 200 000 $ puis que, dans cinq ans, elle en vaut 500 000 $, mais votre hypothèque est toujours à 200 000 $, bien, vous avez toujours la même dépense hypothécaire, mais vous êtes plus riche. Donc, c'est ça qui est l'objectif, on doit arriver à avoir la capacité de pouvoir avoir plus de revenus, plus de richesse au Québec, c'est ça.

Journaliste : Mais, par rapport à ce que vous avez dit au départ, pour vous, l'État québécois n'est pas trop de dépensier...

M. Beauchemin : Pardon?

Journaliste : Par rapport à ce que vous avez dit d'entrée de jeu, là, pour vous, l'État québécois n'est pas trop dépensier, c'est juste sur la manette des revenus, là, qu'il faut... qu'il faut jouer.

M. Beauchemin : Bien, c'est sûr qu'il y a des façons de faire, OK? Puis, tu sais, il y a des programmes qui ne sont peut-être pas utiles ou inutiles encore aujourd'hui. Puis ça, bien évidemment, tu sais, il va falloir qu'un ménage soit fait et je dois dire qu'à l'époque il y avait quand même une révision des programmes qui était faite annuelle. Il a fallu une décode de Standard & Poor's pour que la CAQ se réveille puis dise : Finalement, on va peut-être revisiter ce qui est à faire, là. Ce qui aurait dû être fait.

Journaliste : ...à la lumière de ce que vous avez vu hier?

M. Beauchemin : Pardon?

Journaliste : Est-ce qu'il fonctionne, leur ménage?

M. Beauchemin : Bien, comme je disais tantôt, entrée de base, OK? Il estime tout le temps des dépenses à 2,6 % en moyenne depuis les quatre dernières années et c'est cinq plus pourcent que la réalisation se trouve à être. Donc... ils disent une chose, mais ils font le contraire, ils ne sont pas capables.

M. Fortin : Mais le ménage...

Journaliste : ...

M. Fortin : Non, mais juste... juste pour terminer là-dessus, là, si vous le permettez, le ménage que la CAQ dit avoir amorcé, là, c'est le ménage de son propre gâchis, là. Ce que la CAQ doit ramasser aujourd'hui, c'est les fruits de ce qu'ils ont semé au cours des huit dernières années. Nous, on aimerait ça avoir une baguette magique puis revenir en arrière, puis dire : Au cours des huit dernières années, ça aurait été fun de ne pas gaspiller de l'argent comme ils l'ont fait, mais ça a été les choix de Christine Fréchette, ça a été les choix de François Legault, d'Éric Girard, de mettre de l'argent dans Northvolt, de mettre de l'argent dans Flying Whales, de mettre de l'argent dans les Kings, de gonfler la fonction publique de façon disproportionnée. Ils ont fait des choix d'investissement, ils ont fait des choix de dépenses qui nous rattrapent aujourd'hui en tant que... en tant que Québécois.

Et il n'y a personne qui se dit que les prochaines années, là, ça va être simple, ça va être facile. Mais c'est pour ça qu'il faut travailler sur la productivité, c'est pour ça qu'il faut travailler sur la croissance des revenus, parce qu'on n'y arrivera pas, au Québec, si on ne travaille pas sur ces enjeux-là. C'est ça que le gouvernement de la CAQ a choisi de faire au cours des dernières années, la productivité, elle a stagné, la population, elle va stagner. Alors, aujourd'hui, après huit ans du gouvernement de la CAQ, on n'a pas les moyens de nos ambitions. C'est là-dessus qu'il faut travailler, c'est avoir les moyens, avoir les revenus pour qu'on puisse s'occuper des dépenses publiques.

Journaliste : ...si vous prenez le pouvoir, réduire les dépenses, réduire le nombre d'employés de l'État?

M. Fortin :La fonction publique là, elle a gonflé de façon très grande au cours des dernières années, elle a trop gonflé. Nous, on va vous présenter un cadre financier au cours de cette campagne-là, de la prochaine campagne, un cadre financier qui est responsable, avec des chiffres précis. Mais si vous me dites est-ce qu'il y a trop d'employés de la fonction publique après les huit ans du gouvernement de la CAQ? La réponse c'est oui, ce n'est pas dans les services, ce n'est pas dans... Ce n'est pas...

Journaliste : ...

M. Fortin : Laissez... Ce n'est pas dans les services directs à la population, je ne vous parle pas des infirmières, je ne vous parle pas des enseignantes, je vous parle des fonctionnaires au gouvernement du Québec.

Journaliste : Il faut dégonfler la fonction publique.

M. Fortin : Mais, ça, ce n'est pas nouveau, là. Ça, ce n'est pas nouveau. La CAQ l'a tellement gonflé, il y a une grande partie du travail du prochain gouvernement qui va être de réparer les erreurs du gouvernement de la CAQ, et ça en fait partie.

Journaliste : ...rappeler Lucienne Robillard ou quelqu'un pour revoir, refaire une révision permanente ou temporaire des programmes, là, un examen approfondi.

M. Fortin :Bien, on n'est pas là aujourd'hui, ce que...

Journaliste : ...

M. Fortin : On n'est pas là aujourd'hui, ce que je vous dis, c'est qu'on va avoir un cadre financier responsable qui va arriver avec des solutions précises. Mais, effectivement, la fonction publique, elle a trop augmenté au cours des dernières années.

Journaliste : ...cette année, par exemple, là, ils ont coupé 3 400 postes dans la fonction publique, mais ils en ont ajouté 6 000 en santé puis en éducation. Ça, est-ce que ça vous choque, cette hausse-là?

M. Beauchemin : C'est les... vas-y.

M. Fortin :La réalité demeure, là, on a des postes d'infirmières à combler, on a des postes de préposés à combler, on a des postes de technologues à combler et si on va... si on veut donner des services publics, des services directs à la population, on a besoin de ces gens-là. Ce n'est pas d'eux dont on parle aujourd'hui. On parle de la fonction publique québécoise, on parle des gens ici, à Québec, dans les tours à bureaux, on ne parle pas des gens qui offrent des services directs à la population, à l'enseignement, à l'enseignement de mes enfants ou à la santé.

Nous, ce qu'on dit depuis le début, là, ce que notre chef vous a dit, c'est qu'on ne toucherait pas aux postes que sont la santé, l'éducation, la culture, mais c'est certain qu'on a un exercice de priorisation à faire.

Journaliste : Mais, l'argument du ministre, et vous semblez le rejeter du revers de la main depuis des semaines, encore, en début de semaine, il disait : La pandémie a coûté 26 milliards aux Québécois. Puis hier, il a... il a redit que la croissance des dépenses en santé a atteint 20 % lors de la pandémie. Je pense que c'est ce qu'il a dit hier, lors du huis clos.

M. Fortin :Vous étiez là, on n'était pas là. On se fit sur vous, là.

Journaliste : Donc, pourquoi vous ne le prenez pas en considération dans l'état des finances publiques actuelles? Vous semblez tout le temps dire : On parle encore de la pandémie. Mais il y a un impact à long terme sur cette grande croissance des dépenses en santé.

M. Beauchemin : Bien, il y a une partie de ça qui est structurelle puis il y a une partie de ça qui était temporaire. Donc, tu sais, il faut quand même calibrer les chiffres, là, pour avoir l'argument, un.

Deuxièmement, je pense que ce qui est important, là, ici... On n'est pas en train de dire, là, qu'on veut traumatiser la machine, là. Nous autres, ce qui est important de se rendre compte, c'est que la machine doit se moderniser, puis, pour ça, bien, ça prend justement des meilleurs outils, de la meilleure... des meilleures méthodes de travail. Puis là, actuellement, il y a un gel d'embauche, là, pour certains niveaux de fonctionnaires, les cadres, mais je pense que ça, c'est une bonne approche. Puis, honnêtement, l'attrition naturelle, on parlait de 3 500 postes, tantôt, là, l'attrition naturelle, là, au gouvernement, là, dans les fonctionnaires, c'est 2 200 à 2 700 postes par année. Donc, je veux dire, si on fait juste geler pendant quelques années, on va atteindre les objectifs caquistes, là, qui étaient de 5 000 postes. Ça fait qu'il n'y a pas... il n'y a pas... Ce n'est pas une solution miracle, là, que France-Hélène a devinée, là.

Journaliste : Vous ne craignez pas de nuire à la productivité des jeunes? Parce que, vu comme ça, ça va être les vieux fonctionnaires qui vont rester en poste, les autres vont être... les adjointes administratives vont être remplacées par l'intelligence artificielle.

M. Beauchemin : Non, justement, au contraire.

Journaliste : Les jeunes professionnels, eux, qu'est-ce qu'ils vont devenir?

M. Beauchemin : Non, puis, justement, au contraire, bon, premièrement, ceux qui prennent leur retraite, ce n'est pas tous ceux qui ont comme, tu sais, plus que cinq ans d'expérience, c'est ceux qui ont un certain nombre d'expérience, mais des gens encore avec 10, 15, 20 ans d'expérience qui restent, un.

Deuxièmement, quand les gens à la retraite partent à la retraite, dans la fonction publique, ça laisse de la place aux jeunes. Les jeunes, eux, peuvent, à ce moment-là, arriver avec leurs nouveaux outils puis être capables de pouvoir amener et comprendre les nouveaux outils de productivité qui sont nécessaires pour faire avancer.

Journaliste : ...à offrir ce qu'on appelle des packages, par exemple, pour ceux qui ont le plus d'ancienneté, pour les convaincre à quitter avant le temps?

M. Beauchemin : Bien, naturellement, comme je disais tantôt, il y en a proche de 2 500 par année qui quittent à cause de la retraite. Ce rythme-là est soutenable. Ce rythme-là permettrait d'arriver, après quatre ans, à 10 000 personnes, si c'était le cas. Donc, on est... on a gonflé rapidement, et ce, beaucoup trop vite, la machine. Là, maintenant, il faut juste prendre le temps de réfléchir. Il y a du monde, évidemment, il y a des humains d'impliqués là-dedans. Donc, allons-y aussi de façon humaine, mais, en bout de piste, l'objectif ultime, ici, c'est de s'assurer qu'on puisse remettre la machine en bon état, remettre l'État québécois dans des bonnes finances puis de pouvoir faire en sorte que nos jeunes puissent avoir...

Journaliste : ...un conseil aux partis politiques, il a dit : Soyez sobres, je vous en prie, soyez sobres pendant la campagne électorale.

M. Beauchemin : Pourquoi qu'il ne s'est pas écouté lui-même?

Journaliste : Est-ce que le Parti libéral compte mener une campagne électorale sobre?

M. Beauchemin : Absolument. Nous, on va être... on va définitivement être responsables et on va prendre le rôle de fiduciaire de l'argent des Québécois au sérieux, ce qui est tout à fait le contraire de ce qu'on a vu depuis les huit dernières années.

Journaliste : ...pas de feu d'artifice, pas de grandes promesses?

M. Fortin :Bien, j'aimerais ça juste rajouter à la réponse de mon collègue, là. Ça prend quand même un certain culot pour dire aux Québécois... ou dire aux partis politiques, pardon : Il va falloir que vous soyez sobres au cours de la prochaine campagne, on n'a plus de marge de manœuvre au gouvernement du Québec.

C'est eux qui ont dilapidé les fonds publics, c'est eux qui ont fait en sorte qu'on n'a plus de marge de manœuvre. Ça, c'est le résultat de huit années caquiste, là, et ça aurait été le fun qu'il s'écoute dans son propre budget. Il s'est donné 1,3 milliard pour son prochain premier ministre, pour jouer... pour donner des bonbons électoraux aux Québécois. Alors, il nous demande, à tous les autres partis politiques, il dit : Vous, vous devez être sobres, mais nous, on se garde 1,3 milliard de côté comme bonbon électoral au cours des prochains mois. Ça prend tout un culot pour faire ça.

Journaliste : Comment expliquez-vous qu'il y a des milliers de camions sur les routes du Québec, c'est le dossier de mon collègue Thomas Gerbet, qui roulent avec... pas de système antipollution?

M. Fortin :Bon. De ce qu'on comprend, là, le gouvernement du Québec sait que c'est un problème depuis deux ans, le gouvernement du Québec sait ce que demandent les contrôleurs routiers aussi. Les contrôleurs routiers, là, ils demandent à avoir de la formation additionnelle. Alors, formons les contrôleurs routiers pour qu'ils puissent répondre à ces enjeux-là. Les contrôleurs routiers nous disent : Bien, on n'a peut-être pas les pouvoirs nécessaires, il faut changer le règlement. Alors, pourquoi le gouvernement ne forme-t-il pas ces contrôleurs routiers et pourquoi ne change-t-il pas le règlement? C'est un problème qu'ils connaissent depuis deux ans. À un moment donné, l'aveuglement volontaire, ça a ses limites.

Journaliste : ...dernière sur le budget, là. M. Girard, il a utilisé le mot «conservateur» pour se qualifier. Il a dit : Je suis un banquier...

M. Beauchemin : Ça, c'est le matin, quand il se réveille, hein, c'est ça?

Journaliste : Pardon?

M. Beauchemin : C'est le matin, quand il se réveillait... conservateur?

Journaliste : Oui, il se réveille comme un banquier conservateur. Vous, l'adjectif que vous prendriez pour décrire son style comme ministre des Finances, ce serait quoi? Qu'est-ce qui le résume?

M. Beauchemin : Bien, il a été à l'écoute de son patron, puis son patron a dit : Tu t'en vas dépenser. Puis il a dépensé. Il n'a pas été... il n'a pas été le protecteur des finances publiques, malheureusement.

Journaliste : Donc, dépensier?

M. Beauchemin : Bien, il a écouté ce qu'on lui a dit de faire. Il a écouté ce que le patron lui a dit de faire. Ce n'est pas ses idées à lui. En tout et partout, il y en a peut-être quelques-unes là-dedans, mais, en bout de piste, il a exécuté le plan de match caquiste. Ça fait que c'est toute la CAQ qui est responsable du désert dans lequel on est.

Journaliste : M. Fortin, derrière le rideau derrière vous, là, il y a un paquet de chemises déchirées, là, sur le PEQ, là, parce que vous avez déchiré votre chemise pendant cinq ans. Je ne comprends pas votre sortie ce matin, là.

M. Fortin : Qu'est-ce que vous dire?

Journaliste : Quand c'est écrit dans le budget qu'il y a une baisse de la population, puis il y a une baisse de possibilité de créer des emplois, puis que les PME partout, dans toutes les régions du Québec, disent «on a besoin de monde» puis ce matin, vous êtes comme mou dans cette histoire-là, là, c'est le terme que j'ai employé, qu'est-ce que vous faites, comme vous êtes un gouvernement en attente, pour renverser la situation? On le sait que la population décroissante, puis le seul moyen de faire gonfler la population, c'est l'immigration.

M. Fortin : Bien, il y a deux choses, là. D'abord, aujourd'hui, là, nos entreprises font face à une situation où le gouvernement du Québec, de par ses politiques en immigration, fait encore en sorte qu'ils vont perdre des employés au cours des prochains mois. Il y a des gens qui vont devoir quitter leur emploi. Il y a des gens qui vont devoir quitter leur entreprise à cause des décisions du gouvernement. Et nous, on continue, on continue de demander à ce que ces gens-là puissent rester ici, à ce qu'il y ait une clause grand-père pour tous ces gens-là. Alors, ça, ça ne change pas, là, haut niveau de la population.

Mais on ne peut pas non plus ignorer l'enjeu de la productivité. Il faut que les employés qu'on ait... qu'on a au Québec, que nos entreprises ont au Québec, il faut que ces gens-là puissent être plus productifs. Regardez le taux d'augmentation de la productivité aux États-Unis versus le taux d'augmentation ou le taux de stagnation de la productivité au Québec. On ne peut pas continuer comme ça. Oui, on a besoin des gens qui sont ici, et c'est complètement fou de leur dire : Quittez votre emploi, retournez dans votre pays, en ce moment, on n'a pas besoin de vous. Mais, de l'autre côté, on ne peut pas non plus fermer les yeux puis dire que la... la stagnation de la productivité, ce n'est pas un enjeu.

M. Beauchemin : C'est un... c'est un équilibre pour... pour répondre rapidement à votre question, M. Laforest, c'est vraiment un équilibre qui doit être fait.

Journaliste : Juste pour boucler la boucle. François Legault, Eric Girard, lorsqu'ils ont pris le pouvoir, ils sont allés voir M. Couillard, puis ils ont mentionné que le gouvernement Couillard avait laissé les finances publiques dans un bon état. La maison était en ordre. Dans quel état est la maison aujourd'hui, que va sans doute léguer le gouvernement Legault?

M. Beauchemin : Bien, il n'y a plus de mur, le lave-vaisselle ne fonctionne plus, je veux dire, je ne sais pas quelle autre image on peut donner, là. Ils ont rempli les cartes de crédit. Ils ont rempli les cartes de crédit. Puis là, maintenant, les choix difficiles sont à faire. Il n'y a aucun courage politique de la part de ce gouvernement-là.

Journaliste : Vous sentez-vous menottés?

M. Beauchemin : Moi, je n'ai jamais eu de feeling d'être menotté, mais je peux vous dire une affaire, ces gens-là, là, OK, ont totalement cochonné les finances publiques. Puis là, aujourd'hui, on se doit de prendre des décisions difficiles pour après la prochaine élection. Le courage politique, là, ça n'existe pas à la CAQ.

Journaliste : Bernard Drainville and Christine Fréchette are not at the National Assembly today, but yesterday they received like an amount, some money for their electoral promises. How important for Quebeckers it is to understand this peculiar political situation?

M. Beauchemin : It's… it's hugely important. The CFD, as we call it, the cushion Frechette Drainville, okay, needs to be clearly understood by all Quebeckers. These guys have decided to basically grab 1.3 billion and even more; they could grab into the reserve of $8 billion that we have set 2 billion a year for the next four years if they want to, I'm not sure they're going to go all the way, but they can grab up to 1.3 billion easily and maybe more for promises, electoral promises, for winning this leadership race. For… for turning the tide around, for making sure the Titanic doesn't hit the iceberg. It's pathetic.

M. Fortin : It's a… it's a reverse... It's almost a reverse Robin Hood scenario, where the… the finance minister yesterday decided to take $1.3 billion from money that Quebeckers could use today to fix health care, to fix infrastructure, to fix all of their current daily needs, which are pressing right now. and give it to Christine Fréchette and Bernard Drainville to… to have an electoral slush fund for the CAQ. That's basically what… what they did yesterday. So, if I'm Christine Fréchette or Bernard Drainville, I may be very happy to have this money and say: Here's what I'll be able to promise Quebeckers in the next election. But that is money that Quebeckers paid to the state, to the province of Québec, and that should be returning in services to the province of Québec and not be used for an electoral slush fund for the CAQ.

Journaliste : Just on that question, how do you think Quebeckers feel that there's… they're struggling with the rising cost of living, and here their government is kind of keeping some extra cash?

M. Fortin : I think... I think Quebeckers are not... are seeing right through what the CAQ is doing. They've seen right through what the CAQ has been doing for the last eight years. They see that we have a massive deficit in Québec. They see that our public services are not up to par. They see that our infrastructure is crumbling. And the case of Maisonneuve-Rosemont Hospital in Montréal is… is absolutely stunning, that the CAQ, who has promised this hospital time after time after time, can once again turn their backs on the needs of the population that is served there, of the needs of the doctors and nurses and the staff of the hospital, who deserve to be working in better conditions. The money that the CAQ has promised to keep under the mattress for their electoral slush fund is money that should be going towards these projects and nothing else.

Journaliste : How disappointed were you that, like, other hospitals too, you know, we can think of the Douglas, the Neuro that's been in the news this week, were, you know, mostly ignored here?

M. Fortin : Well, the CAQ's prioritization has always been problematic, but there's a bit of a different situation with regards to Maisonneuve-Rosemont in that the CAQ has promised it time and time again, and it's almost a… it's become in Québec a symbol of the… of the state of our infrastructure. I mean, the walls are holding with barbed wire or chicken wire. The… There's… There's not a waiting room in the hospital that doesn't have a leak once in a while. There are surgeries and treatments that are being delayed because of the poor infrastructure in the hospital. So, absolutely, infrastructure is pressing right across the province, it's pressing in a lot of our hospitals, but that specific hospital is something that the CAQ committed to, something that they promised and something that they're turning their back on once again.

Journaliste : How are you guys going to remember this government after eight budgets, I mean, and assuming they don't get reelected? How are you going to remember their… the way they managed Québec's finances? What do you think their legacy is?

M. Fortin : I mean, I'd hope to forget, to be honest, I'd hope to forget about their passage here in power in Québec City. I'd love to have a magical wand and say : Let's go back eight years and pretend it never happened, let's pretend Northvolt never happened, let's pretend that Flying Whales never happened, let's pretend that money to the Los Angeles Kings never happened, that… But the reality is that those are the choices that Christine Fréchette made, they're the choices that François Legault made, that Eric Girard made, and it has led to the state in which we're in in Québec right now.

Journaliste :

M. Beauchemin : I'll sum it up in just one comment, because we've got to go, but they're a bunch of drunken sailors.

Journaliste : And you guys would not be drunken sailors if elected this fall, would you?

M. Beauchemin : Absolutely not.

Journaliste : Juste une précision. Le 1,3 milliard, là, est-ce que vous considérez que c'est un montant, une cagnotte qui est disponible pour tous les partis politiques? Dans le fond, est-ce que c'est un montant que... qui va pouvoir servir à faire des promesses mais pour tous les partis politiques?

M. Fortin : Bien, vous, vous étiez là, nous, on n'était pas là lorsqu'Eric Girard a précisé sa pensée autour de ça. Mais, nous, ce qu'on comprend, c'est que c'est un fonds électoral ou préélectoral pour Mme Fréchette, pour M. Drainville, dès qu'ils deviendront premier ministre, qui leur est disponible. Mais les Québécois ont besoin de cet argent-là tout de suite, ils ont besoin de ces services-là tout de suite.

M. Beauchemin : Merci.

(Fin à 8 h 28)

Participants


Document(s) Related