Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures une minute)
M. Beauchemin : Alors, bonjour,
tout le monde. Évidemment, hier, on a eu un budget de 10 milliards de
dollars, et le premier ministre, hier, a «spinné», là, dans les médias, comme
quoi qu'il laisse la maison en ordre. Honnêtement, ça ne doit pas être très,
très propre à la maison du premier ministre, malheureusement.
Il y a une baisse de productivité, qui est
probablement un des vecteurs qu'il faut absolument regarder, une baisse de
1 %. Il y a eu une baisse, évidemment, de la mise en chantier pour les
cinq prochaines années au Québec. C'est comme ignorer, là, évidemment, là, la
crise du logement. La démographie au Québec a été illustrée clairement dans le
budget d'hier, ce qui est en contraste avec ce que le ministre des Finances m'avait
dit au salon rouge. Donc, il accepte le fait qu'il y a zéro croissance
démographique au Québec, ce qui est un enjeu. Il y a la baisse des
investissements privés de 2,2 % puis, fait important à noter, la baisse
des machineries et matériaux de 5,7 %. Donc, si l'objectif, ici, c'est de
créer une économie nouvelle, une économie productive, une économie de l'avenir,
tous ces vecteurs-là vont dans le sens contraire de cet objectif.
Donc, c'est vraiment triste, le premier
ministre et le ministre des Finances, malheureusement, portent toujours des
lunettes roses. Le plan de retour à l'équilibre budgétaire n'est toujours pas
crédible. Il reste beaucoup de mesures à identifier. Et fait important, moi, ça
fait quatre ans que je regarde ça, ce processus-là, et, année après année, le
ministre des Finances sous-estime les dépenses, et c'est du quitte au double,
là, par rapport à la réalisation des dépenses. En moyenne, depuis les quatre
dernières années, les dépenses ont été estimées à 2,6 %, et la
concrétisation réelle, c'est que c'est au-dessus de plus que 5 %. Donc c'est
du quitte au double. C'est un danger majeur pour faire des prévisions
économiques qui tiennent la route.
Ce gouvernement a, en plus, le culot de
nous dire que c'est dans leur ADN de bien faire la gestion des finances
publiques. Moi, j'ai donné une cote de triple D au gouvernement, cette semaine,
en disant : déficit, dette, décote, mais j'en rajouterais un quatrième
pour : déconnecté.
M. Fortin :Merci. Merci, Frédéric. Il y a huit ans, François Legault est
arrivé au pouvoir en promettant de la rigueur, en promettant de l'ordre, en
promettant un gouvernement responsable, puis, après huit ans de règne caquiste,
bien, ce qu'on voit, essentiellement, c'est un déficit de 10 milliards de
dollars, c'est des services publics qui sont en déroute et c'est des
infrastructures publiques qui tombent en ruine. Et le symbole même de cette
infrastructure publique là qui tombe en ruine, c'est l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont. C'est aussi le symbole de l'incapacité caquiste à faire
avancer les dossiers au Québec. Les gens de Maisonneuve-Rosemont, si vous leur
parlez, ce matin, que ce soient les patients, que ce soit le personnel de
Maisonneuve-Rosemont qui tient cet hôpital-là à bout de bras, ils prennent ça
comme une... comme une claque au visage.
Ce que le gouvernement nous a
essentiellement annoncé, hier, c'est qu'il va continuer de revoir le projet, il
va continuer de limiter la portée du projet et il va continuer de repousser l'échéancier
de Maisonneuve-Rosemont, mais, pendant ce temps-là, pendant ce temps-là, le
ministre des Finances garde 1,3 milliard pour son prochain patron, il
cache 1,3 milliard en dessous du matelas caquiste pour offrir des bonbons
électoraux aux Québécois et aux Québécoises en précampagne électorale. C'est
digne des politiques que la CAQ nous a offertes au cours des dernières années.
Merci.
Journaliste : M. Fortin, vous
avez énormément critiqué la politique d'immigration du gouvernement du Québec.
Hier, c'est écrit noir sur blanc dans le budget, là, le fait qu'on baisse le
nombre d'immigrants, c'est une décroissance de la population, et il va y avoir
de la difficulté à combler les emplois. Est-ce que les babines suivent les
bottines?
M. Fortin :Bien, je pense qu'il faut le regarder dans son ensemble,
puis je vais... je vais commencer la réponse et céder la parole à mon collègue
par la suite, mais, quand on regarde les données globales qui sont... et les
prévisions globales qui sont incluses dans ce budget-là, on parle d'une baisse
de la population québécoise, mais on parle aussi d'une baisse de la
productivité. Alors, combiner ces deux choses-là... et c'est un très mauvais
signal pour l'économie au Québec. Il y a moins de monde qui vont participer à
la vie active, au travail, au Québec, puis les gens qui vont y participer, ils
vont être moins productifs. Alors, je ne peux pas vous dire qu'après huit ans
de règne caquiste, on est en meilleure position pour faire compétition aux
juridictions voisines.
Journaliste : Mais, en
l'inscrivant noir sur blanc dans le budget, là, le ministre s'est quand même
donné une liberté de démontrer noir sur blanc qu'il y avait... en baissant, en
réduisant le nombre d'immigrants, qu'il allait y avoir un problème de
productivité puis de main-d'œuvre. Quand on lui a demandé s'il avait un message
à passer ou s'il voulait nous expliquer pourquoi, il a comme un peu évité la
question, là, finalement.
M. Beauchemin : Bien, c'est
parce que c'est totalement électoraliste de la part de la CAQ, là, de jouer
avec cette variable-là. Mais la réalité, en bout de piste, puis André en
faisait mention, c'est : ce qu'on doit comprendre, OK, c'est qu'en plus on
a un vieillissement de la population, donc on reste à 9 millions, mais le
mix change : moins... de moins en moins de jeunes, qui vont avoir à
prendre soin de personnes de plus en plus âgées, une baisse de la productivité,
une baisse des investissements.
Moi, j'entends Girard nous dire tout le
temps, là : On est fiduciaires de l'argent des Québécois, on est un
gouvernement responsable. C'est de la bullshit parce que la réalité, c'est que
ce gouvernement-là a fait tout à fait le contraire. Pour être responsable, là,
de l'argent des Québécois puis des prochaines générations, on devrait penser à
l'avenir des prochaines générations puis mettre la table à la bonne place,
envoyer le bateau dans la bonne direction, puis ça prend justement des investissements
pour s'assurer que la productivité va être au rendez-vous dans notre économie.
Journaliste : ...on a vu dans
La Presse, justement, qu'il y a plus de gens qui ont quitté le Québec
cette année qu'il y en a qui sont venus. Bon, hier, le ministre disait :
Oui, mais on a tellement ouvert les vannes à Ottawa que, là, on a plusieurs
années à éponger le surplus d'immigration.
M. Beauchemin : Bien, si vous
regardez les chiffres dans le budget, là, OK, c'est variable, dans le sens que,
les chiffres, on est à peu près... 9 070 000 puis, dans cinq ans, on
va être à 9 040 000. L'épongeage, là, il est fait, là, il n'y aura
pas plus de...
Des voix : ...
M. Beauchemin : Oui. La
bonne... La bonne direction, c'est qu'on doit être capables d'en faire plus
avec les moyens du bord. On doit être plus productifs...
Des voix : ...
M. Beauchemin : Bien oui,
c'est ça.
Des voix : ...
M. Beauchemin : C'est sûr
qu'actuellement ça prend du monde de plus, évidemment.
Journaliste : ...on va les
chercher où?
M. Beauchemin : Bien là,
évidemment, il y avait un programme québécois de l'expérience québécoise qui
devrait être, évidemment, remis en place, comme on le propose nous aussi.
Temporairement, c'est une mesure qui peut fonctionner. Mais, à long terme, ce
qu'on doit s'assurer de faire, c'est de donner les meilleurs équipements à nos
entrepreneurs, avoir les meilleurs outils, en faire plus avec ce qu'on a. On ne
demande pas au monde de travailler plus d'heures, on demande juste plus de
meilleurs outils, plus d'«output» pour que... pour chaque heure travaillée.
C'est ça, la chose la plus importante, parce que... je m'excuse, mais, si on
n'est pas capables de se rendre là, les choix vont devenir de plus en plus
difficiles dans le temps.
Journaliste : Est-ce qu'un
gouvernement libéral rehausserait les impôts ou enlèverait le plafond sur la
taxe scolaire?
M. Beauchemin : On est la
nation la plus fiscalement taxée, là, en Amérique du Nord. On n'est pas
compétitifs, en fait. Donc, ce n'est pas la façon de faire. La façon de faire,
c'est... justement, il y a... tu sais, on peut couper dans les dépenses ou on
peut augmenter les revenus. Moi, je suis du camp d'augmenter les revenus. Puis
augmenter les revenus, c'est beaucoup plus stimulant pour l'ensemble des
Québécois. On stimule l'esprit entrepreneurship, on fait en sorte qu'on a le
goût, le désir de vouloir relever les manches puis d'avancer. C'est ça qu'on
doit faire. On doit vendre cette idée-là, ce rêve-là aux Québécois de vouloir
tous pousser la roue par en avant.
Journaliste : Mais on ne
ralentit pas les dépenses, en revanche?
M. Beauchemin : Tout est
proportionnel dans la vie, OK? Donc, si, un jour, OK, la maison que vous avez
vaut 400 000 $, vous avez une hypothèque de 200 000 $ puis
que, dans cinq ans, elle en vaut 500 000 $, mais votre hypothèque est
toujours à 200 000 $, bien, vous avez toujours la même dépense
hypothécaire, mais vous êtes plus riche. Donc, c'est ça qui est l'objectif, on
doit arriver à avoir la capacité de pouvoir avoir plus de revenus, plus de
richesse au Québec, c'est ça.
Journaliste : Mais, par
rapport à ce que vous avez dit au départ, pour vous, l'État québécois n'est pas
trop de dépensier...
M. Beauchemin : Pardon?
Journaliste
: Par
rapport à ce que vous avez dit d'entrée de jeu, là, pour vous, l'État québécois
n'est pas trop dépensier, c'est juste sur la manette des revenus, là, qu'il
faut... qu'il faut jouer.
M. Beauchemin : Bien, c'est
sûr qu'il y a des façons de faire, OK? Puis, tu sais, il y a des programmes qui
ne sont peut-être pas utiles ou inutiles encore aujourd'hui. Puis ça, bien
évidemment, tu sais, il va falloir qu'un ménage soit fait et je dois dire qu'à
l'époque il y avait quand même une révision des programmes qui était faite
annuelle. Il a fallu une décode de Standard & Poor's pour que la CAQ se
réveille puis dise : Finalement, on va peut-être revisiter ce qui est à
faire, là. Ce qui aurait dû être fait.
Journaliste : ...à la lumière
de ce que vous avez vu hier?
M. Beauchemin : Pardon?
Journaliste
: Est-ce
qu'il fonctionne, leur ménage?
M. Beauchemin : Bien, comme je
disais tantôt, entrée de base, OK? Il estime tout le temps des dépenses à
2,6 % en moyenne depuis les quatre dernières années et c'est cinq plus
pourcent que la réalisation se trouve à être. Donc... ils disent une chose,
mais ils font le contraire, ils ne sont pas capables.
M. Fortin :
Mais le ménage...
Journaliste
: ...
M. Fortin :
Non, mais juste... juste pour terminer là-dessus, là, si vous le permettez, le
ménage que la CAQ dit avoir amorcé, là, c'est le ménage de son propre gâchis,
là. Ce que la CAQ doit ramasser aujourd'hui, c'est les fruits de ce qu'ils ont
semé au cours des huit dernières années. Nous, on aimerait ça avoir une
baguette magique puis revenir en arrière, puis dire : Au cours des huit
dernières années, ça aurait été fun de ne pas gaspiller de l'argent comme ils
l'ont fait, mais ça a été les choix de Christine Fréchette, ça a été les choix
de François Legault, d'Éric Girard, de mettre de l'argent dans Northvolt, de
mettre de l'argent dans Flying Whales, de mettre de l'argent dans les Kings, de
gonfler la fonction publique de façon disproportionnée. Ils ont fait des choix
d'investissement, ils ont fait des choix de dépenses qui nous rattrapent
aujourd'hui en tant que... en tant que Québécois.
Et il n'y a personne qui se dit que les
prochaines années, là, ça va être simple, ça va être facile. Mais c'est pour ça
qu'il faut travailler sur la productivité, c'est pour ça qu'il faut travailler
sur la croissance des revenus, parce qu'on n'y arrivera pas, au Québec, si on
ne travaille pas sur ces enjeux-là. C'est ça que le gouvernement de la CAQ a
choisi de faire au cours des dernières années, la productivité, elle a stagné,
la population, elle va stagner. Alors, aujourd'hui, après huit ans du
gouvernement de la CAQ, on n'a pas les moyens de nos ambitions. C'est là-dessus
qu'il faut travailler, c'est avoir les moyens, avoir les revenus pour qu'on
puisse s'occuper des dépenses publiques.
Journaliste : ...si vous
prenez le pouvoir, réduire les dépenses, réduire le nombre d'employés de
l'État?
M. Fortin :La fonction publique là, elle a gonflé de façon très grande
au cours des dernières années, elle a trop gonflé. Nous, on va vous présenter
un cadre financier au cours de cette campagne-là, de la prochaine campagne, un
cadre financier qui est responsable, avec des chiffres précis. Mais si vous me
dites est-ce qu'il y a trop d'employés de la fonction publique après les huit
ans du gouvernement de la CAQ? La réponse c'est oui, ce n'est pas dans les
services, ce n'est pas dans... Ce n'est pas...
Journaliste
: ...
M. Fortin :
Laissez... Ce n'est pas dans les services directs à la population, je ne vous
parle pas des infirmières, je ne vous parle pas des enseignantes, je vous parle
des fonctionnaires au gouvernement du Québec.
Journaliste
: Il faut
dégonfler la fonction publique.
M. Fortin :
Mais, ça, ce n'est pas nouveau, là. Ça, ce n'est pas nouveau. La CAQ l'a
tellement gonflé, il y a une grande partie du travail du prochain gouvernement
qui va être de réparer les erreurs du gouvernement de la CAQ, et ça en fait
partie.
Journaliste : ...rappeler
Lucienne Robillard ou quelqu'un pour revoir, refaire une révision permanente ou
temporaire des programmes, là, un examen approfondi.
M. Fortin :Bien, on n'est pas là aujourd'hui, ce que...
Journaliste
: ...
M. Fortin :
On n'est pas là aujourd'hui, ce que je vous dis, c'est qu'on va avoir un cadre
financier responsable qui va arriver avec des solutions précises. Mais,
effectivement, la fonction publique, elle a trop augmenté au cours des
dernières années.
Journaliste : ...cette année,
par exemple, là, ils ont coupé 3 400 postes dans la fonction
publique, mais ils en ont ajouté 6 000 en santé puis en éducation. Ça,
est-ce que ça vous choque, cette hausse-là?
M. Beauchemin : C'est les...
vas-y.
M. Fortin :La réalité demeure, là, on a des postes d'infirmières à
combler, on a des postes de préposés à combler, on a des postes de technologues
à combler et si on va... si on veut donner des services publics, des services
directs à la population, on a besoin de ces gens-là. Ce n'est pas d'eux dont on
parle aujourd'hui. On parle de la fonction publique québécoise, on parle des
gens ici, à Québec, dans les tours à bureaux, on ne parle pas des gens qui
offrent des services directs à la population, à l'enseignement, à l'enseignement
de mes enfants ou à la santé.
Nous, ce qu'on dit depuis le début, là, ce
que notre chef vous a dit, c'est qu'on ne toucherait pas aux postes que sont la
santé, l'éducation, la culture, mais c'est certain qu'on a un exercice de
priorisation à faire.
Journaliste : Mais,
l'argument du ministre, et vous semblez le rejeter du revers de la main depuis
des semaines, encore, en début de semaine, il disait : La pandémie a coûté
26 milliards aux Québécois. Puis hier, il a... il a redit que la
croissance des dépenses en santé a atteint 20 % lors de la pandémie. Je
pense que c'est ce qu'il a dit hier, lors du huis clos.
M. Fortin :Vous étiez là, on n'était pas là. On se fit sur vous, là.
Journaliste : Donc, pourquoi
vous ne le prenez pas en considération dans l'état des finances publiques
actuelles? Vous semblez tout le temps dire : On parle encore de la
pandémie. Mais il y a un impact à long terme sur cette grande croissance des
dépenses en santé.
M. Beauchemin : Bien, il y a
une partie de ça qui est structurelle puis il y a une partie de ça qui était
temporaire. Donc, tu sais, il faut quand même calibrer les chiffres, là, pour
avoir l'argument, un.
Deuxièmement, je pense que ce qui est
important, là, ici... On n'est pas en train de dire, là, qu'on veut traumatiser
la machine, là. Nous autres, ce qui est important de se rendre compte, c'est
que la machine doit se moderniser, puis, pour ça, bien, ça prend justement des
meilleurs outils, de la meilleure... des meilleures méthodes de travail. Puis
là, actuellement, il y a un gel d'embauche, là, pour certains niveaux de
fonctionnaires, les cadres, mais je pense que ça, c'est une bonne approche.
Puis, honnêtement, l'attrition naturelle, on parlait de 3 500 postes,
tantôt, là, l'attrition naturelle, là, au gouvernement, là, dans les
fonctionnaires, c'est 2 200 à 2 700 postes par année. Donc, je
veux dire, si on fait juste geler pendant quelques années, on va atteindre les
objectifs caquistes, là, qui étaient de 5 000 postes. Ça fait qu'il
n'y a pas... il n'y a pas... Ce n'est pas une solution miracle, là, que
France-Hélène a devinée, là.
Journaliste : Vous ne
craignez pas de nuire à la productivité des jeunes? Parce que, vu comme ça, ça
va être les vieux fonctionnaires qui vont rester en poste, les autres vont être...
les adjointes administratives vont être remplacées par l'intelligence
artificielle.
M. Beauchemin : Non, justement,
au contraire.
Journaliste : Les jeunes
professionnels, eux, qu'est-ce qu'ils vont devenir?
M. Beauchemin : Non, puis, justement,
au contraire, bon, premièrement, ceux qui prennent leur retraite, ce n'est pas
tous ceux qui ont comme, tu sais, plus que cinq ans d'expérience, c'est ceux
qui ont un certain nombre d'expérience, mais des gens encore avec 10, 15, 20 ans
d'expérience qui restent, un.
Deuxièmement, quand les gens à la retraite
partent à la retraite, dans la fonction publique, ça laisse de la place aux
jeunes. Les jeunes, eux, peuvent, à ce moment-là, arriver avec leurs nouveaux
outils puis être capables de pouvoir amener et comprendre les nouveaux outils
de productivité qui sont nécessaires pour faire avancer.
Journaliste : ...à offrir ce
qu'on appelle des packages, par exemple, pour ceux qui ont le plus
d'ancienneté, pour les convaincre à quitter avant le temps?
M. Beauchemin : Bien,
naturellement, comme je disais tantôt, il y en a proche de 2 500 par année
qui quittent à cause de la retraite. Ce rythme-là est soutenable. Ce rythme-là
permettrait d'arriver, après quatre ans, à 10 000 personnes, si
c'était le cas. Donc, on est... on a gonflé rapidement, et ce, beaucoup trop
vite, la machine. Là, maintenant, il faut juste prendre le temps de réfléchir.
Il y a du monde, évidemment, il y a des humains d'impliqués là-dedans. Donc,
allons-y aussi de façon humaine, mais, en bout de piste, l'objectif ultime,
ici, c'est de s'assurer qu'on puisse remettre la machine en bon état, remettre
l'État québécois dans des bonnes finances puis de pouvoir faire en sorte que
nos jeunes puissent avoir...
Journaliste : ...un conseil
aux partis politiques, il a dit : Soyez sobres, je vous en prie, soyez
sobres pendant la campagne électorale.
M. Beauchemin : Pourquoi
qu'il ne s'est pas écouté lui-même?
Journaliste : Est-ce que le
Parti libéral compte mener une campagne électorale sobre?
M. Beauchemin : Absolument.
Nous, on va être... on va définitivement être responsables et on va prendre le
rôle de fiduciaire de l'argent des Québécois au sérieux, ce qui est tout à fait
le contraire de ce qu'on a vu depuis les huit dernières années.
Journaliste : ...pas de feu
d'artifice, pas de grandes promesses?
M. Fortin :Bien, j'aimerais ça juste rajouter à la réponse de mon
collègue, là. Ça prend quand même un certain culot pour dire aux Québécois...
ou dire aux partis politiques, pardon : Il va falloir que vous soyez
sobres au cours de la prochaine campagne, on n'a plus de marge de manœuvre au
gouvernement du Québec.
C'est eux qui ont dilapidé les fonds
publics, c'est eux qui ont fait en sorte qu'on n'a plus de marge de manœuvre.
Ça, c'est le résultat de huit années caquiste, là, et ça aurait été le fun
qu'il s'écoute dans son propre budget. Il s'est donné 1,3 milliard pour
son prochain premier ministre, pour jouer... pour donner des bonbons électoraux
aux Québécois. Alors, il nous demande, à tous les autres partis politiques, il
dit : Vous, vous devez être sobres, mais nous, on se garde
1,3 milliard de côté comme bonbon électoral au cours des prochains mois.
Ça prend tout un culot pour faire ça.
Journaliste : Comment
expliquez-vous qu'il y a des milliers de camions sur les routes du Québec,
c'est le dossier de mon collègue Thomas Gerbet, qui roulent avec... pas de
système antipollution?
M. Fortin :Bon. De ce qu'on comprend, là, le gouvernement du Québec
sait que c'est un problème depuis deux ans, le gouvernement du Québec sait ce
que demandent les contrôleurs routiers aussi. Les contrôleurs routiers, là, ils
demandent à avoir de la formation additionnelle. Alors, formons les contrôleurs
routiers pour qu'ils puissent répondre à ces enjeux-là. Les contrôleurs
routiers nous disent : Bien, on n'a peut-être pas les pouvoirs
nécessaires, il faut changer le règlement. Alors, pourquoi le gouvernement ne
forme-t-il pas ces contrôleurs routiers et pourquoi ne change-t-il pas le
règlement? C'est un problème qu'ils connaissent depuis deux ans. À un moment
donné, l'aveuglement volontaire, ça a ses limites.
Journaliste : ...dernière sur
le budget, là. M. Girard, il a utilisé le mot «conservateur» pour se qualifier.
Il a dit : Je suis un banquier...
M. Beauchemin : Ça, c'est le
matin, quand il se réveille, hein, c'est ça?
Journaliste : Pardon?
M. Beauchemin : C'est le
matin, quand il se réveillait... conservateur?
Journaliste
: Oui, il
se réveille comme un banquier conservateur. Vous, l'adjectif que vous prendriez
pour décrire son style comme ministre des Finances, ce serait quoi? Qu'est-ce
qui le résume?
M. Beauchemin : Bien, il a
été à l'écoute de son patron, puis son patron a dit : Tu t'en vas
dépenser. Puis il a dépensé. Il n'a pas été... il n'a pas été le protecteur des
finances publiques, malheureusement.
Journaliste : Donc,
dépensier?
M. Beauchemin : Bien, il a écouté
ce qu'on lui a dit de faire. Il a écouté ce que le patron lui a dit de faire.
Ce n'est pas ses idées à lui. En tout et partout, il y en a peut-être
quelques-unes là-dedans, mais, en bout de piste, il a exécuté le plan de match
caquiste. Ça fait que c'est toute la CAQ qui est responsable du désert dans
lequel on est.
Journaliste : M. Fortin,
derrière le rideau derrière vous, là, il y a un paquet de chemises déchirées,
là, sur le PEQ, là, parce que vous avez déchiré votre chemise pendant cinq ans.
Je ne comprends pas votre sortie ce matin, là.
M. Fortin
:
Qu'est-ce que vous dire?
Journaliste : Quand c'est
écrit dans le budget qu'il y a une baisse de la population, puis il y a une
baisse de possibilité de créer des emplois, puis que les PME partout, dans
toutes les régions du Québec, disent «on a besoin de monde» puis ce matin, vous
êtes comme mou dans cette histoire-là, là, c'est le terme que j'ai employé,
qu'est-ce que vous faites, comme vous êtes un gouvernement en attente, pour
renverser la situation? On le sait que la population décroissante, puis le seul
moyen de faire gonfler la population, c'est l'immigration.
M. Fortin
:
Bien, il y a deux choses, là. D'abord, aujourd'hui, là, nos entreprises
font face à une situation où le gouvernement du Québec, de par ses politiques
en immigration, fait encore en sorte qu'ils vont perdre des employés au cours
des prochains mois. Il y a des gens qui vont devoir quitter leur emploi. Il y a
des gens qui vont devoir quitter leur entreprise à cause des décisions du
gouvernement. Et nous, on continue, on continue de demander à ce que ces
gens-là puissent rester ici, à ce qu'il y ait une clause grand-père pour tous
ces gens-là. Alors, ça, ça ne change pas, là, haut niveau de la population.
Mais on ne peut pas non plus ignorer
l'enjeu de la productivité. Il faut que les employés qu'on ait... qu'on a au
Québec, que nos entreprises ont au Québec, il faut que ces gens-là puissent
être plus productifs. Regardez le taux d'augmentation de la productivité aux
États-Unis versus le taux d'augmentation ou le taux de stagnation de la
productivité au Québec. On ne peut pas continuer comme ça. Oui, on a besoin des
gens qui sont ici, et c'est complètement fou de leur dire : Quittez votre
emploi, retournez dans votre pays, en ce moment, on n'a pas besoin de vous.
Mais, de l'autre côté, on ne peut pas non plus fermer les yeux puis dire que
la... la stagnation de la productivité, ce n'est pas un enjeu.
M. Beauchemin : C'est un...
c'est un équilibre pour... pour répondre rapidement à votre question,
M. Laforest, c'est vraiment un équilibre qui doit être fait.
Journaliste : Juste pour
boucler la boucle. François Legault, Eric Girard, lorsqu'ils ont pris le
pouvoir, ils sont allés voir M. Couillard, puis ils ont mentionné que le
gouvernement Couillard avait laissé les finances publiques dans un bon état. La
maison était en ordre. Dans quel état est la maison aujourd'hui, que va sans
doute léguer le gouvernement Legault?
M. Beauchemin : Bien, il n'y
a plus de mur, le lave-vaisselle ne fonctionne plus, je veux dire, je ne sais
pas quelle autre image on peut donner, là. Ils ont rempli les cartes de crédit.
Ils ont rempli les cartes de crédit. Puis là, maintenant, les choix difficiles
sont à faire. Il n'y a aucun courage politique de la part de ce
gouvernement-là.
Journaliste : Vous
sentez-vous menottés?
M. Beauchemin : Moi, je n'ai
jamais eu de feeling d'être menotté, mais je peux vous dire une affaire, ces
gens-là, là, OK, ont totalement cochonné les finances publiques. Puis là, aujourd'hui,
on se doit de prendre des décisions difficiles pour après la prochaine
élection. Le courage politique, là, ça n'existe pas à la CAQ.
Journaliste :
Bernard Drainville and Christine
Fréchette are not at the National Assembly today, but yesterday they received
like an amount, some money for their electoral promises. How important for
Quebeckers it is to understand this peculiar political situation?
M. Beauchemin :
It's… it's hugely important. The CFD,
as we call it, the cushion Frechette Drainville, okay, needs to be clearly
understood by all Quebeckers. These guys have decided to basically grab 1.3
billion and even more; they could grab into the reserve of $8 billion that we
have set 2 billion a year for the next four years if they want to, I'm not sure
they're going to go all the way, but they can grab up to 1.3 billion easily and
maybe more for promises, electoral promises, for winning this leadership race.
For… for turning the tide around, for making sure the Titanic doesn't hit the
iceberg. It's pathetic.
M. Fortin :
It's a… it's a reverse... It's almost a
reverse Robin Hood scenario, where the… the finance minister yesterday decided
to take $1.3 billion from money that Quebeckers could use today to fix health
care, to fix infrastructure, to fix all of their current daily needs, which are
pressing right now. and give it to Christine Fréchette and Bernard Drainville
to… to have an electoral slush fund for the CAQ. That's basically what… what
they did yesterday. So, if I'm Christine Fréchette or Bernard Drainville, I may
be very happy to have this money and say: Here's what I'll be able to promise
Quebeckers in the next election. But that is money that Quebeckers paid to the
state, to the province of Québec, and that should be returning in services to
the province of Québec and not be used for an electoral slush fund for the CAQ.
Journaliste :
Just on that question, how do you think
Quebeckers feel that there's… they're struggling with the rising cost of
living, and here their government is kind of keeping some extra cash?
M. Fortin :
I think... I think Quebeckers are not...
are seeing right through what the CAQ is doing. They've seen right through what
the CAQ has been doing for the last eight years. They see that we have a
massive deficit in Québec. They see that our public services are not up to par.
They see that our infrastructure is crumbling. And the case of
Maisonneuve-Rosemont Hospital in Montréal is… is absolutely stunning, that the
CAQ, who has promised this hospital time after time after time, can once again
turn their backs on the needs of the population that is served there, of the
needs of the doctors and nurses and the staff of the hospital, who deserve to
be working in better conditions. The money that the CAQ has promised to keep
under the mattress for their electoral slush fund is money that should be going
towards these projects and nothing else.
Journaliste :
How disappointed were you that, like,
other hospitals too, you know, we can think of the Douglas, the Neuro that's
been in the news this week, were, you know, mostly ignored here?
M. Fortin :
Well, the CAQ's prioritization has
always been problematic, but there's a bit of a different situation with
regards to Maisonneuve-Rosemont
in that the CAQ has promised it time and time again, and it's almost a… it's
become in Québec a symbol of the… of the state of our infrastructure. I mean,
the walls are holding with barbed wire or chicken wire. The… There's… There's
not a waiting room in the hospital that doesn't have a leak once in a while.
There are surgeries and treatments that are being delayed because of the poor
infrastructure in the hospital. So, absolutely, infrastructure is pressing
right across the province, it's pressing in a lot of our hospitals, but that
specific hospital is something that the CAQ committed to, something that they
promised and something that they're turning their back on once again.
Journaliste :
How are you guys going to remember this
government after eight budgets, I mean, and assuming they don't get reelected?
How are you going to remember their… the way they managed Québec's finances?
What do you think their legacy is?
M. Fortin :
I mean, I'd hope to forget, to be
honest, I'd hope to forget about their passage here in power in Québec City.
I'd love to have a magical wand and say : Let's go back eight years and
pretend it never happened, let's pretend Northvolt never happened, let's
pretend that Flying Whales never happened, let's pretend that money to the Los
Angeles Kings never happened, that… But the reality is that those are the
choices that Christine Fréchette made, they're the choices that François Legault made, that Eric
Girard made, and it has led to the state in which we're in in Québec right now.
Journaliste
: …
M. Beauchemin :
I'll sum it up in just one comment,
because we've got to go, but they're a bunch of drunken sailors.
Journaliste
: And you guys would not be drunken sailors if elected this fall,
would you?
M. Beauchemin : Absolutely
not.
Journaliste
: Juste une
précision. Le 1,3 milliard, là, est-ce que vous considérez que c'est un
montant, une cagnotte qui est disponible pour tous les partis politiques? Dans
le fond, est-ce que c'est un montant que... qui va pouvoir servir à faire des
promesses mais pour tous les partis politiques?
M. Fortin :
Bien, vous, vous étiez là, nous, on n'était pas là lorsqu'Eric Girard a précisé
sa pensée autour de ça. Mais, nous, ce qu'on comprend, c'est que c'est un fonds
électoral ou préélectoral pour Mme Fréchette, pour M. Drainville, dès qu'ils
deviendront premier ministre, qui leur est disponible. Mais les Québécois ont
besoin de cet argent-là tout de suite, ils ont besoin de ces services-là tout
de suite.
M. Beauchemin : Merci.
(Fin à 8 h 28)