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(Dix heures quarante-cinq minutes)
M. Fortin :
Bonjour, bonjour à vous tous. Bon mardi matin. Je vous présente le chef du
Parti libéral du Québec, M. Charles Milliard.
M. Milliard (Charles) :
Excellent. Merci beaucoup, André. Bon matin, bon matin, tout le monde. Alors,
on a une actualité qui est... qui est quand même assez chargée dans les
derniers jours et qui est assez diversifiée, qu'on pense évidemment à la
terrible tragédie de l'aéroport LaGuardia, il y a... il y a déjà très peu de
temps, aussi à plusieurs... plusieurs mouvements chez nos adversaires, on pense
évidemment aux débats à la Coalition avenir Québec, on pense aux rumeurs de
plus en plus persistantes de transfuges, on pense aussi aux propos du Parti
québécois sur la question des fonctionnaires fédéraux. Et pourtant, malgré tout
ça, qui est quand même assez passionnant, je pense que la principale nouvelle
ce matin, c'est la volonté du gouvernement du Québec d'enfin vouloir assouplir
les critères d'hospitalisation forcée pour des personnes qui sont dans un état
mental dangereux, qu'on appelle aussi le fameux P-38.
On se rappellera que c'était une demande
depuis quand même un certain nombre d'années de la part du Parti libéral du
Québec, entre autres, suite au décès de la policière de Louiseville, Mme
Maureen... Breau. Vous vous en rappellerez. Alors, je dis enfin, parce que ça
fait quand même plusieurs années qu'on attend des assouplissements, même le
ministre Carmant avait été assez clair sur ce besoin-là de le faire. Et je peux
vous dire que, comme pharmacien, comme professionnel de la santé, c'est quelque
chose qu'il faut accueillir avec prudence, mais avec ouverture, parce que,
quand on regarde au Québec, le mouvement des dernières années, entre autres,
sur la consommation de médicaments, la consommation de médicaments, ça en dit
très long sur l'état de santé d'une société. Quand on regarde l'augmentation
massive de consommation d'antipsychotiques, d'anxiolytiques, d'antidépresseurs,
on a un visage de ce que veut dire l'enjeu de la santé mentale au Québec.
Alors, de notre côté, on a l'intention
évidemment de prendre connaissance et de lire ce projet de loi, mais on a aussi
l'intention, et je trouve ça important de le dire ce matin, de collaborer à ce
qu'on puisse expédier cette nouvelle-là, parce que c'est une façon, évidemment,
de soutenir les patients qui sont à risque. Et on est à risque, pas seulement
quand on a un fusil ou un couteau dans les mains, on est à risque quand on a
une propension, justement, à commettre l'irréparable et malheureusement aussi l'impardonnable.
Et ça va être une façon aussi de soutenir les familles, parce que souvent, les
familles ne veulent qu'être ça, être des alliées dans cette situation-là, et
ils sont souvent menottés parce qu'ils ont conscience de la réalité qui existe
chez leurs proches, mais ils ne sont pas en mesure d'agir. Et ça va être une
façon évidemment d'aider aussi la communauté qui souvent voit des signes
avant-coureurs de ce triste... de cette triste situation.
Au Parti libéral du Québec, et je complète
là-dessus, ce serait, pour nous, collaborer à ce projet de loi là, un premier
pas vers l'établissement de la santé mentale comme une priorité nationale.
Alors, on... on va en faire mention à plusieurs reprises lors de la prochaine
campagne électorale. Et ça va passer par des investissements sur la détection
et le diagnostic des troubles mentaux.
Et, la belle chose avec l'intelligence artificielle,
on va peut-être en parler ce matin, c'est que justement les tests diagnostiques
s'améliorent de façon importante. Et on a plusieurs entreprises québécoises qui
sont prêts à faire... à aider les Québécois, entre autres, dans le traitement
précoce de la schizophrénie et du traitement de la maladie bipolaire et, etc.
Mais il faut soutenir ces entreprises-là.
Et on va aussi le faire dans le cadre d'un
meilleur accompagnement de nos enseignants dans les écoles. On sait que les
enseignants crient à l'aide. Le taux de décrochage des enseignants est très
élevé, entre autres, parce que la gestion des problèmes de santé mentale
demeure un fléau dans nos écoles.
Alors, tout ça va faire partie d'une
grande stratégie. Mais ce matin, on voulait prendre la peine de saluer enfin
cette collaboration-là de la part du gouvernement.
Journaliste : En décembre
dernier, il y a un rapport qui avait été déposé, à la CAQ d'ailleurs... bien,
que... bien, en fait, à tout le monde, mais qui disait notamment... qui recommandait
de ne pas toucher à P-38 parce que ça soulevait des problèmes de droits de la
personne importants. Alors... C'est un sujet qui est extrêmement délicat sur
cet aspect-là, mais il faut quand même aller de l'avant, à votre avis?
M. Milliard (Charles) : Il
faut... Il faut explorer. Il faut aller au-delà de nos... de nos... préjugés,
peut-être, ou conceptions par rapport à cette réalité-là. L'Ontario, on aime
bien se comparer à l'Ontario, j'ai remarqué ça dans les dernières années, est
déjà beaucoup plus claire sur le rôle que peuvent jouer les policiers dans de
telles situations.
Alors, bien sûr, là, je vous commente un
projet de loi que je n'ai pas lu, ce qui n'est pas dans mes habitudes, mais je
pense que ce matin, on se réveille avec une nouvelle intéressante, et ça
pourrait être une dernière réalisation du gouvernement actuel qui pourrait être
porteuse d'avenir, je pense.
Journaliste : ...vous allez
le lire, mais est-ce que ça prend des consultations, dans votre cas? Parce que
ça ne peut pas se faire en claquant des doigts, là...
M. Milliard (Charles) : Bien
oui, je pense que des consultations peuvent être nécessaires. On verra la
formule que le gouvernement va choisir. Mais je pense que d'ores et déjà, si
les leaders politiques peuvent s'afficher en faveur d'une amélioration du
climat, de la gestion de la santé mentale au Québec, là... Tout le monde parle
de ça, c'est le «buzzword», mais il faut agir concrètement. Il y a des gens qui
commettent l'irréparable. Et donc, si on avait des règles plus claires, entre
autres avec l'assouplissement de P-38, on pourrait éviter un certain nombre d'événements
irréparables.
Journaliste : ...voter ça
avant la fin de la session parlementaire...
M. Milliard (Charles) : Bien,
écoutez, ce serait... ce serait à souhaiter, là. Vous connaissez le calendrier
législatif, comme moi, qui est tout sauf évident, parce qu'il y a plein d'inconnus,
à commencer par ce qui va se passer au Québec le 12 avril à midi ou le 13 avril.
Ce sera au gouvernement actuel à gérer ça. Mais nous, on va... on a l'intention
de collaborer pour expédier ça.
Journaliste : ...ça ne peut
pas mener à des abus des autorités policières?
M. Milliard (Charles) : Oui.
Bien, comme dans... Vous avez... Bien, comme dans tout, aller trop vite, ce n'est
pas bon. Sauf que je pense que l'indication qui nous est donnée ce matin, elle
est porteuse d'avenir. Alors, bien sûr, on pourra se reparler quand on l'aura
évalué. Mais je trouvais important qu'à la fois le gouvernement, puis la société
civile, puis les téléspectateurs qui nous écoutent sachent qu'il pourrait y
avoir un mouvement transpartisan sur cette question-là.
Journaliste : ...vous
positionnez, M. Milliard, par rapport aux transfuges? Comment vous vous
positionnez par rapport aux transfuges?
Journaliste : ...
M. Milliard (Charles) : Juste
terminer là-dessus. Je reviens. Oui?
Journaliste : ...le
gouvernement avait attendu à la toute dernière minute pour déposer le projet de
loi sur l'aide médicale à mourir. Ça va même mener à son abandon... Il était
mort au feuilleton. Qu'est-ce que vous pensez du fait que le gouvernement,
là... ça fait deux fois qu'on attend à la fin d'un mandat pour déposer des
projets de loi aussi délicats, aussi...
M. Milliard (Charles) : Oui.
J'aurais aimé que M. Carmant puisse... puisse procéder beaucoup plus
rapidement. Vous connaissez l'histoire comme moi. Donc, on a l'agenda qu'on a,
mais on a aussi les leaders politiques qu'on a. Et nous, au Parti libéral du
Québec, on est en faveur d'explorer cette solution-là.
Journaliste : C'est quoi,
votre position, par rapport aux transfuges?
M. Milliard (Charles) : Ben,
écoutez, premièrement, là, madame... Mme Blanchette Vézina semble vouloir faire
son annonce dans quelques minutes, là. Je ne crois pas que ça danse dans les
rues de Rimouski, suite... suite à cette annonce-là. Pour moi, c'est évident
que les gens de la... de Rimouski ont choisi... ont choisi une députée de la
Coalition avenir Québec. Alors, écoutez, elle se joint à un parti et elle est
députée de Rimouski, je vous rappelle que quelques comtés plus loin, c'est la
Gaspésie, une région qu'Éric Duhaime souhaitait fermer il y a quelques années.
Alors, on verra quel genre de discussion ça va donner, mais honnêtement, je
pense que ça augmente le cynisme chez la population, malheureusement.
Journaliste : Donc, si les
gens de la CAQ veulent se joindre au Parti libéral, ils ne seraient pas
bienvenus?
M. Milliard (Charles) : Je
m'attendais à cette question-là. Écoutez, moi... nous, on a tellement de gens
qui sont intéressés, en ce moment, à se présenter au Parti libéral du Québec.
Je ne suis pas dans cet état d'esprit là. Je vous dirais que, par contre, les
électeurs déçus de la CAQ sont bienvenus au PLQ, mais les élus qui ont déçu les
Québécois ne sont pas bienvenus au PLQ.
Journaliste : Sur
l'intelligence artificielle, il y a des chercheurs qui proposent un code de
conduite pour encadrer la pratique des partis politiques. Est-ce que vous êtes
favorables? Est-ce qu'il faut légiférer sur cette question-là?
M. Milliard (Charles) : Alors,
la question, puis les articles de La Presse, entre autres ce week-end,
ont été très révélateurs sur la situation des bénéfices, mais aussi des dangers
de l'intelligence artificielle. Nous, on est en faveur de signer cette
entente-là. Et j'ai cru comprendre que M. Plamondon s'engageait à le faire
aussi. Alors, on attend ce que M. Duhaime va souhaiter faire, mais sachez
que nous, on travaillait déjà sur une plateforme pour encadrer l'utilisation de
l'intelligence artificielle avec la commission politique, avec les militants du
PLQ. Alors, probablement que ça s'ajoutera à cette signature-là.
J'ai parlé tout à l'heure des bénéfices de
l'intelligence artificielle, quand on parle de diagnostics médicaux, entre
autres. Il faut permettre la pleine expansion de ça, mais il faut aussi
protéger pour que ce qu'on a vu dans La presse ce week-end ne se
reproduise pas.
Journaliste : Le Directeur
général des élections, par exemple, dit que ça prend un encadrement législatif.
Est-ce que vous pensez que... vous, est-ce que c'est... si vous prenez le
pouvoir, est-ce que c'est quelque chose que vous feriez?
M. Milliard (Charles) : On
n'aura pas le choix d'encadrer de façon législative, mais il va falloir être
quand même flexible pour mettre en lumière les bénéfices de l'intelligence
artificielle, parce qu'il faut se rappeler qu'il y a plusieurs bénéfices sur la
productivité. On sait qu'on est des cancres de la productivité dans les pays de
l'OCDE, au Québec. Alors, c'est une façon d'aider, mais il faut absolument
éviter de l'usurpation d'identité, encore une fois, comme on l'a vu ce
week-end.
Journaliste : Est-ce que le
code de conduite devrait encadrer la pratique du troncage d'extraits vidéo sur
les fonctionnaires fédéraux.
M. Milliard (Charles) : Il
n'y avait rien d'artificiel dans cette intelligence-là. Ça me désole... Je ris,
mais ça ne me fait pas rire, en fait, parce que ça me désole un peu qu'on nous
accuse de faire un montage. S'il y a des gens qui ont une heure pour écouter
l'intégral, grand bien leur fasse, c'est disponible sur sur Internet. On n'a
pas fait de montage, André et moi, de ce qui a été proposé par... avancé par
M. Plamondon, qui a lui-même accepté cette entrevue-là et qui doit
simplement assumer ce qu'il a dit par rapport à la tenue d'un référendum puis
par rapport à la réalité que ça signifie pour les fonctionnaires fédéraux. Et,
en passant, ce n'est pas seulement en Outaouais, je vous rappelle qu'il y a des
fonctionnaires fédéraux à Saguenay, à Shawinigan, à Montréal, dans plusieurs
endroits au Québec, et plusieurs chroniqueurs ont souligné l'honnêteté de ces
propos, puis, jusqu'à un certain point, j'en fais partie, mais qu'on nous
accuse par contre de prendre un extrait... À moins que je ne me trompe, les
journalistes en général prennent des extraits de quelque chose de plus long
puis ils mettent des choses en valeur. Alors, je me sens tout à fait... on se
sent tout à fait légitimés d'avoir fait ça.
Journaliste : Sur la loi n° 21, pensez-vous que la Cour suprême devrait rendre son
jugement d'ici l'élection?
M. Milliard (Charles) : Bien,
écoutez, ce n'est pas à moi à... ce n'est pas à moi à décider du calendrier,
comme ce n'est pas à moi de décider pour les enquêtes policières aussi.
D'ailleurs, j'ai noté ce matin... vous me permettez de mentionner une
contradiction de M. Plamondon, qui voulait contrôler l'agenda de certaines
enquêtes policières, mais pas l'agenda de la Cour suprême. Alors, moi, je vais
laisser toutes les autorités gérer leur propre agenda puis on va gérer ça quand
on aura les réponses.
Journaliste : Toujours sur la
loi n° 21, on voit ce matin qu'il y a un sondage
quand même exhaustif qui démontre que les parents ou les gens qui sont en
attente d'avoir un enfant, il y a une place en garderie, en n'ont rien à faire
de la loi n° 21 et des signes religieux pour... dans
les services de garde. On ne semble pas les avoir écoutés, les parents, lors de
l'étude détaillée du projet de loi. Ça pourrait être adopté cette semaine, ce
projet de loi là. Est-ce qu'on va trop vite? Est-ce qu'on va trop loin? Est-ce
qu'il faudrait les écouter?
M. Milliard (Charles) : Bien,
quand les Québécois... on consulte les Québécois par sondage, habituellement on
aime bien écouter les résultats. Et là 68 % des gens nous disent qu'ils
sont à l'aise avec le port de signes religieux dans les garderies. Alors, moi,
je ne suis pas surpris parce que c'est ce que j'entends sur le terrain.
Maintenant, je pense que la Coalition
avenir Québec a fait ce projet de loi là pour servir ses propres intérêts et
mettre en valeur l'aspect identitaire lors d'une élection générale. On a déjà
vu ça dans le passé, alors on tente de nous refaire le même coup. Nous, on n'est
pas en faveur de ce projet de loi là. Alors, je comprends que ça pourrait
devenir une loi très bientôt, mais jusqu'à tant que ça ne le soit pas, nous, on
va continuer de penser que ça va trop loin.
Journaliste : Avez-vous été
surpris de voir M. Bélanger, hier, qui a presque laissé la porte ouverte à
vous laisser le champ libre dans Orford?
M. Milliard (Charles) : Moi,
je vais... on verra qui sera sur le bulletin de vote dans Orford avec moi. Mais
ce qui est certain, c'est que j'ai l'intention de rapporter Orford, qu'importe
qui sera à côté sur le bulletin.
Journaliste : What do you
think of Mme Blanchette Vézina's jump over to the Duhaime side?
M. Fortin :
Well, Mme Blanchette Vézina was elected as a CAQ member. The
people in Rimouski voted as... voted for a CAQ member of the National Assembly,
so they're probably not rejoicing right now in Rimouski at the news of her...
her defection to the Conservative Party of Québec. But it seems that Mr.
Duhaime, he appreciates this way of doing things. It's not the first time he's
done it. He's doing it again today. But that's something he is going to have to
justify to... to electors who... who plan to vote for his party next time.
Journaliste
: Do you think it gives the party more visibility or more credibility
in the legislature?
M. Fortin : I don't... I don't think the concept of leaving a party and joining
another in the last few months of... before an election campaign adds
credibility to the Conservative Party at all. Probably, he is doing it for one
reason, let's be honest, he wants... he wants to be able to use this tribune
here and speak... and speak to you guys. But it certainly does not add to the
credibility of the... of the Conservative Party of Québec, no.
M. Milliard (Charles) :
Merci.
(Fin à 10 h 58)