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Point de presse de M. André Fortin, chef de l’opposition officielle

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mardi 24 mars 2026, 10 h 40

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures quarante-cinq minutes)

M. Fortin : Bonjour, bonjour à vous tous. Bon mardi matin. Je vous présente le chef du Parti libéral du Québec, M. Charles Milliard.

M. Milliard (Charles) : Excellent. Merci beaucoup, André. Bon matin, bon matin, tout le monde. Alors, on a une actualité qui est... qui est quand même assez chargée dans les derniers jours et qui est assez diversifiée, qu'on pense évidemment à la terrible tragédie de l'aéroport LaGuardia, il y a... il y a déjà très peu de temps, aussi à plusieurs... plusieurs mouvements chez nos adversaires, on pense évidemment aux débats à la Coalition avenir Québec, on pense aux rumeurs de plus en plus persistantes de transfuges, on pense aussi aux propos du Parti québécois sur la question des fonctionnaires fédéraux. Et pourtant, malgré tout ça, qui est quand même assez passionnant, je pense que la principale nouvelle ce matin, c'est la volonté du gouvernement du Québec d'enfin vouloir assouplir les critères d'hospitalisation forcée pour des personnes qui sont dans un état mental dangereux, qu'on appelle aussi le fameux P-38.

On se rappellera que c'était une demande depuis quand même un certain nombre d'années de la part du Parti libéral du Québec, entre autres, suite au décès de la policière de Louiseville, Mme Maureen... Breau. Vous vous en rappellerez. Alors, je dis enfin, parce que ça fait quand même plusieurs années qu'on attend des assouplissements, même le ministre Carmant avait été assez clair sur ce besoin-là de le faire. Et je peux vous dire que, comme pharmacien, comme professionnel de la santé, c'est quelque chose qu'il faut accueillir avec prudence, mais avec ouverture, parce que, quand on regarde au Québec, le mouvement des dernières années, entre autres, sur la consommation de médicaments, la consommation de médicaments, ça en dit très long sur l'état de santé d'une société. Quand on regarde l'augmentation massive de consommation d'antipsychotiques, d'anxiolytiques, d'antidépresseurs, on a un visage de ce que veut dire l'enjeu de la santé mentale au Québec.

Alors, de notre côté, on a l'intention évidemment de prendre connaissance et de lire ce projet de loi, mais on a aussi l'intention, et je trouve ça important de le dire ce matin, de collaborer à ce qu'on puisse expédier cette nouvelle-là, parce que c'est une façon, évidemment, de soutenir les patients qui sont à risque. Et on est à risque, pas seulement quand on a un fusil ou un couteau dans les mains, on est à risque quand on a une propension, justement, à commettre l'irréparable et malheureusement aussi l'impardonnable. Et ça va être une façon aussi de soutenir les familles, parce que souvent, les familles ne veulent qu'être ça, être des alliées dans cette situation-là, et ils sont souvent menottés parce qu'ils ont conscience de la réalité qui existe chez leurs proches, mais ils ne sont pas en mesure d'agir. Et ça va être une façon évidemment d'aider aussi la communauté qui souvent voit des signes avant-coureurs de ce triste... de cette triste situation.

Au Parti libéral du Québec, et je complète là-dessus, ce serait, pour nous, collaborer à ce projet de loi là, un premier pas vers l'établissement de la santé mentale comme une priorité nationale. Alors, on... on va en faire mention à plusieurs reprises lors de la prochaine campagne électorale. Et ça va passer par des investissements sur la détection et le diagnostic des troubles mentaux.

Et, la belle chose avec l'intelligence artificielle, on va peut-être en parler ce matin, c'est que justement les tests diagnostiques s'améliorent de façon importante. Et on a plusieurs entreprises québécoises qui sont prêts à faire... à aider les Québécois, entre autres, dans le traitement précoce de la schizophrénie et du traitement de la maladie bipolaire et, etc. Mais il faut soutenir ces entreprises-là.

Et on va aussi le faire dans le cadre d'un meilleur accompagnement de nos enseignants dans les écoles. On sait que les enseignants crient à l'aide. Le taux de décrochage des enseignants est très élevé, entre autres, parce que la gestion des problèmes de santé mentale demeure un fléau dans nos écoles.

Alors, tout ça va faire partie d'une grande stratégie. Mais ce matin, on voulait prendre la peine de saluer enfin cette collaboration-là de la part du gouvernement.

Journaliste : En décembre dernier, il y a un rapport qui avait été déposé, à la CAQ d'ailleurs... bien, que... bien, en fait, à tout le monde, mais qui disait notamment... qui recommandait de ne pas toucher à P-38 parce que ça soulevait des problèmes de droits de la personne importants. Alors... C'est un sujet qui est extrêmement délicat sur cet aspect-là, mais il faut quand même aller de l'avant, à votre avis?

M. Milliard (Charles) : Il faut... Il faut explorer. Il faut aller au-delà de nos... de nos... préjugés, peut-être, ou conceptions par rapport à cette réalité-là. L'Ontario, on aime bien se comparer à l'Ontario, j'ai remarqué ça dans les dernières années, est déjà beaucoup plus claire sur le rôle que peuvent jouer les policiers dans de telles situations.

Alors, bien sûr, là, je vous commente un projet de loi que je n'ai pas lu, ce qui n'est pas dans mes habitudes, mais je pense que ce matin, on se réveille avec une nouvelle intéressante, et ça pourrait être une dernière réalisation du gouvernement actuel qui pourrait être porteuse d'avenir, je pense.

Journaliste : ...vous allez le lire, mais est-ce que ça prend des consultations, dans votre cas? Parce que ça ne peut pas se faire en claquant des doigts, là...

M. Milliard (Charles) : Bien oui, je pense que des consultations peuvent être nécessaires. On verra la formule que le gouvernement va choisir. Mais je pense que d'ores et déjà, si les leaders politiques peuvent s'afficher en faveur d'une amélioration du climat, de la gestion de la santé mentale au Québec, là... Tout le monde parle de ça, c'est le «buzzword», mais il faut agir concrètement. Il y a des gens qui commettent l'irréparable. Et donc, si on avait des règles plus claires, entre autres avec l'assouplissement de P-38, on pourrait éviter un certain nombre d'événements irréparables.

Journaliste : ...voter ça avant la fin de la session parlementaire...

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, ce serait... ce serait à souhaiter, là. Vous connaissez le calendrier législatif, comme moi, qui est tout sauf évident, parce qu'il y a plein d'inconnus, à commencer par ce qui va se passer au Québec le 12 avril à midi ou le 13 avril. Ce sera au gouvernement actuel à gérer ça. Mais nous, on va... on a l'intention de collaborer pour expédier ça.

Journaliste : ...ça ne peut pas mener à des abus des autorités policières?

M. Milliard (Charles) : Oui. Bien, comme dans... Vous avez... Bien, comme dans tout, aller trop vite, ce n'est pas bon. Sauf que je pense que l'indication qui nous est donnée ce matin, elle est porteuse d'avenir. Alors, bien sûr, on pourra se reparler quand on l'aura évalué. Mais je trouvais important qu'à la fois le gouvernement, puis la société civile, puis les téléspectateurs qui nous écoutent sachent qu'il pourrait y avoir un mouvement transpartisan sur cette question-là.

Journaliste : ...vous positionnez, M. Milliard, par rapport aux transfuges? Comment vous vous positionnez par rapport aux transfuges?

Journaliste : ...

M. Milliard (Charles) : Juste terminer là-dessus. Je reviens. Oui?

Journaliste : ...le gouvernement avait attendu à la toute dernière minute pour déposer le projet de loi sur l'aide médicale à mourir. Ça va même mener à son abandon... Il était mort au feuilleton. Qu'est-ce que vous pensez du fait que le gouvernement, là... ça fait deux fois qu'on attend à la fin d'un mandat pour déposer des projets de loi aussi délicats, aussi...

M. Milliard (Charles) : Oui. J'aurais aimé que M. Carmant puisse... puisse procéder beaucoup plus rapidement. Vous connaissez l'histoire comme moi. Donc, on a l'agenda qu'on a, mais on a aussi les leaders politiques qu'on a. Et nous, au Parti libéral du Québec, on est en faveur d'explorer cette solution-là.

Journaliste : C'est quoi, votre position, par rapport aux transfuges?

M. Milliard (Charles) : Ben, écoutez, premièrement, là, madame... Mme Blanchette Vézina semble vouloir faire son annonce dans quelques minutes, là. Je ne crois pas que ça danse dans les rues de Rimouski, suite... suite à cette annonce-là. Pour moi, c'est évident que les gens de la... de Rimouski ont choisi... ont choisi une députée de la Coalition avenir Québec. Alors, écoutez, elle se joint à un parti et elle est députée de Rimouski, je vous rappelle que quelques comtés plus loin, c'est la Gaspésie, une région qu'Éric Duhaime souhaitait fermer il y a quelques années. Alors, on verra quel genre de discussion ça va donner, mais honnêtement, je pense que ça augmente le cynisme chez la population, malheureusement.

Journaliste : Donc, si les gens de la CAQ veulent se joindre au Parti libéral, ils ne seraient pas bienvenus?

M. Milliard (Charles) : Je m'attendais à cette question-là. Écoutez, moi... nous, on a tellement de gens qui sont intéressés, en ce moment, à se présenter au Parti libéral du Québec. Je ne suis pas dans cet état d'esprit là. Je vous dirais que, par contre, les électeurs déçus de la CAQ sont bienvenus au PLQ, mais les élus qui ont déçu les Québécois ne sont pas bienvenus au PLQ.

Journaliste : Sur l'intelligence artificielle, il y a des chercheurs qui proposent un code de conduite pour encadrer la pratique des partis politiques. Est-ce que vous êtes favorables? Est-ce qu'il faut légiférer sur cette question-là?

M. Milliard (Charles) : Alors, la question, puis les articles de La Presse, entre autres ce week-end, ont été très révélateurs sur la situation des bénéfices, mais aussi des dangers de l'intelligence artificielle. Nous, on est en faveur de signer cette entente-là. Et j'ai cru comprendre que M. Plamondon s'engageait à le faire aussi. Alors, on attend ce que M. Duhaime va souhaiter faire, mais sachez que nous, on travaillait déjà sur une plateforme pour encadrer l'utilisation de l'intelligence artificielle avec la commission politique, avec les militants du PLQ. Alors, probablement que ça s'ajoutera à cette signature-là.

J'ai parlé tout à l'heure des bénéfices de l'intelligence artificielle, quand on parle de diagnostics médicaux, entre autres. Il faut permettre la pleine expansion de ça, mais il faut aussi protéger pour que ce qu'on a vu dans La presse ce week-end ne se reproduise pas.

Journaliste : Le Directeur général des élections, par exemple, dit que ça prend un encadrement législatif. Est-ce que vous pensez que... vous, est-ce que c'est... si vous prenez le pouvoir, est-ce que c'est quelque chose que vous feriez?

M. Milliard (Charles) : On n'aura pas le choix d'encadrer de façon législative, mais il va falloir être quand même flexible pour mettre en lumière les bénéfices de l'intelligence artificielle, parce qu'il faut se rappeler qu'il y a plusieurs bénéfices sur la productivité. On sait qu'on est des cancres de la productivité dans les pays de l'OCDE, au Québec. Alors, c'est une façon d'aider, mais il faut absolument éviter de l'usurpation d'identité, encore une fois, comme on l'a vu ce week-end.

Journaliste : Est-ce que le code de conduite devrait encadrer la pratique du troncage d'extraits vidéo sur les fonctionnaires fédéraux.

M. Milliard (Charles) : Il n'y avait rien d'artificiel dans cette intelligence-là. Ça me désole... Je ris, mais ça ne me fait pas rire, en fait, parce que ça me désole un peu qu'on nous accuse de faire un montage. S'il y a des gens qui ont une heure pour écouter l'intégral, grand bien leur fasse, c'est disponible sur sur Internet. On n'a pas fait de montage, André et moi, de ce qui a été proposé par... avancé par M. Plamondon, qui a lui-même accepté cette entrevue-là et qui doit simplement assumer ce qu'il a dit par rapport à la tenue d'un référendum puis par rapport à la réalité que ça signifie pour les fonctionnaires fédéraux. Et, en passant, ce n'est pas seulement en Outaouais, je vous rappelle qu'il y a des fonctionnaires fédéraux à Saguenay, à Shawinigan, à Montréal, dans plusieurs endroits au Québec, et plusieurs chroniqueurs ont souligné l'honnêteté de ces propos, puis, jusqu'à un certain point, j'en fais partie, mais qu'on nous accuse par contre de prendre un extrait... À moins que je ne me trompe, les journalistes en général prennent des extraits de quelque chose de plus long puis ils mettent des choses en valeur. Alors, je me sens tout à fait... on se sent tout à fait légitimés d'avoir fait ça.

Journaliste : Sur la loi n° 21, pensez-vous que la Cour suprême devrait rendre son jugement d'ici l'élection?

M. Milliard (Charles) : Bien, écoutez, ce n'est pas à moi à... ce n'est pas à moi à décider du calendrier, comme ce n'est pas à moi de décider pour les enquêtes policières aussi. D'ailleurs, j'ai noté ce matin... vous me permettez de mentionner une contradiction de M. Plamondon, qui voulait contrôler l'agenda de certaines enquêtes policières, mais pas l'agenda de la Cour suprême. Alors, moi, je vais laisser toutes les autorités gérer leur propre agenda puis on va gérer ça quand on aura les réponses.

Journaliste : Toujours sur la loi n° 21, on voit ce matin qu'il y a un sondage quand même exhaustif qui démontre que les parents ou les gens qui sont en attente d'avoir un enfant, il y a une place en garderie, en n'ont rien à faire de la loi n° 21 et des signes religieux pour... dans les services de garde. On ne semble pas les avoir écoutés, les parents, lors de l'étude détaillée du projet de loi. Ça pourrait être adopté cette semaine, ce projet de loi là. Est-ce qu'on va trop vite? Est-ce qu'on va trop loin? Est-ce qu'il faudrait les écouter?

M. Milliard (Charles) : Bien, quand les Québécois... on consulte les Québécois par sondage, habituellement on aime bien écouter les résultats. Et là 68 % des gens nous disent qu'ils sont à l'aise avec le port de signes religieux dans les garderies. Alors, moi, je ne suis pas surpris parce que c'est ce que j'entends sur le terrain.

Maintenant, je pense que la Coalition avenir Québec a fait ce projet de loi là pour servir ses propres intérêts et mettre en valeur l'aspect identitaire lors d'une élection générale. On a déjà vu ça dans le passé, alors on tente de nous refaire le même coup. Nous, on n'est pas en faveur de ce projet de loi là. Alors, je comprends que ça pourrait devenir une loi très bientôt, mais jusqu'à tant que ça ne le soit pas, nous, on va continuer de penser que ça va trop loin.

Journaliste : Avez-vous été surpris de voir M. Bélanger, hier, qui a presque laissé la porte ouverte à vous laisser le champ libre dans Orford?

M. Milliard (Charles) : Moi, je vais... on verra qui sera sur le bulletin de vote dans Orford avec moi. Mais ce qui est certain, c'est que j'ai l'intention de rapporter Orford, qu'importe qui sera à côté sur le bulletin.

Journaliste : What do you think of Mme Blanchette Vézina's jump over to the Duhaime side?

M. Fortin : Well, Mme Blanchette Vézina was elected as a CAQ member. The people in Rimouski voted as... voted for a CAQ member of the National Assembly, so they're probably not rejoicing right now in Rimouski at the news of her... her defection to the Conservative Party of Québec. But it seems that Mr. Duhaime, he appreciates this way of doing things. It's not the first time he's done it. He's doing it again today. But that's something he is going to have to justify to... to electors who... who plan to vote for his party next time.

Journaliste : Do you think it gives the party more visibility or more credibility in the legislature?

M. Fortin : I don't... I don't think the concept of leaving a party and joining another in the last few months of... before an election campaign adds credibility to the Conservative Party at all. Probably, he is doing it for one reason, let's be honest, he wants... he wants to be able to use this tribune here and speak... and speak to you guys. But it certainly does not add to the credibility of the... of the Conservative Party of Québec, no.

M. Milliard (Charles) : Merci.

(Fin à 10 h 58)

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