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Point de presse de M. Guillaume Cliche-Rivard, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de services sociaux

Version préliminaire

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Thursday, March 26, 2026, 11 h 42

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement


 

11 h 39 (version non révisée)

(Onze heures quarante-deux minutes)

M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup de votre présence. Écoutez, je voulais prendre le temps quand même de réagir aux dernières informations, là, sur le décès de deux personnes en situation d'itinérance dans les dernières heures à Montréal. Évidemment, d'entrée de jeu, je veux sincèrement envoyer puis proférer toutes mes condoléances à... aux familles, aux proches, puis au milieu communautaire qui se mobilise au quotidien. Il y a des gens qui côtoyaient ces deux personnes-là. Évidemment, on n'a pas beaucoup de nouvelles sur qui ils étaient et de leur parcours, mais, quand même, j'ai bon espoir qu'ils avaient des gens qui les connaissaient. Puis je sais qu'il y a des gens qui sont attristés, là. Je partage donc clairement l'indignation de la mairesse de Montréal.

Ça fait des mois, là, que je viens ici, plus que ça, même, vous parler, de toute façon, de l'itinérance, puis la situation, bien, force est de constater qu'elle est très, très difficile sur le terrain. La statistique qu'on avait, c'était que c'est 108 personnes qui étaient mortes en 2024, c'est le Bureau du coroner qui nous l'a confirmé, en situation d'itinérance. On n'a pas encore les chiffres de 2025, mais de savoir que tout ça continue, c'est dramatique. La crise de l'itinérance, ce n'est pas une fatalité, là. Les organismes, le milieu, tout le monde sait ce qu'il faut faire. Ça nous prend davantage de logement social, ça prend des ressources. Et là, bien, les dernières coupes en matière d'itinérance, notamment l'abandon du gouvernement fédéral, les 24 millions du... font très mal sur le terrain. Je l'ai salué, là. Le gouvernement a quand même envoyé les 24 millions coupés par le fédéral la semaine passée, mais cet argent-là n'est pas disponible sur le terrain. Comment ça se fait qu'à une semaine de la fin des enveloppes, on n'a pas encore vu le début du commencement de cet argent-là dans le milieu? Puis là, au contraire, on a de plus en plus le reportage sur des ressources qui ferment, des ressources d'accompagnement pour femmes, des centres de jour, plusieurs services de suivi qui existaient, qui là vont... Il y a un centre de jour aussi à Montréal-Nord, RAP Jeunesse, qui ne pourra pas ouvrir.

Ça fait que véritablement, on est à contre-courant, là, on ne s'en va pas dans la bonne direction. À la toute dernière minute, à la fin décembre, là, le gouvernement a renouvelé le programme québécois de financement de l'itinérance, mais ce programme-là ne fait l'objet d'aucune bonification substantielle ni indexation depuis qu'il a été mis en place il y a cinq ans maintenant. Ça fait que, je veux dire, je ne peux pas vous dire qu'on en fait assez, là, en matière d'itinérance, en fait, on en fait trop peu. Vous vous souvenez de Valérie Plante, qui avait déclaré quand même la catastrophe humanitaire qu'on vit, moi, j'étais d'accord. Là, on voit que la mairesse Soraya Martinez pense la même chose. Il faut qu'on bouge sur ce dossier-là. Ça n'a juste plus de bon sens. Puis les Québécois et Québécoises sont d'accord avec moi, ceux que je rencontre dans la rue m'en parlent, la crise et l'itinérance, là, il faut qu'on... il faut qu'on l'affronte. Puis là les décès tragiques d'aujourd'hui, ça fait juste ramener ça dans l'actualité, puis c'est des vies qu'on aurait dû pouvoir sauver.

Donc, j'implore la ministre Bélanger, sans délai, de débloquer des sommes supplémentaires pour qu'il n'y ait, à la limite, aucune perte de services, aucune perte de services. L'Anonyme, là, qui revendique l'ouverture de ses haltes-chaleur avec beaucoup plus d'heures, cette demande-là doit être acceptée. Puis l'ensemble des demandes qui permettent à des gens de rester en vie doivent être acceptées. Merci.

Journaliste : Est-ce que... Mme Rouleau, tantôt, nous disait...


 
 

11 h 44 (version non révisée)

Journaliste : ...a mis en place un groupe d'intervention particulier à Montréal, dont fait partie Mme Rouleau, et elle dit : On travaille là-dessus. Cette réponse-là de dire : On a fait un comité, un groupe d'action puis on est là-dessus, est-ce que ça vous satisfait?

M. Cliche-Rivard : Bien, c'est sûr que c'est le début d'un commencement de quelque chose. Il y a une priorité, on l'a vu par l'administration Ferrada, quand même, sur la question de l'itinérance. Mais la ville fait ce qu'elle peut avec l'argent qu'elle a, on va se le dire, il manque cruellement de fonds. Pour Montréal, le RAPSIM, c'était 4,4 millions de pertes de Québec, là, en plus, on ajoutait les montants perdus par le fédéral. Ça fait que le financement fédéral, OK, a été compensé, mais le 4,4 millions qui manquent, juste pour Montréal, n'a pas été compensé, lui, du tout, là. Puis

ça, c'est des conséquences directes, là. C'est dans ma circonscription, c'est La Maison Benoît-Labre qui va devoir couper ses heures, c'est le Cap St-Barnabé à Hochelaga-Maisonneuve, puis c'est L'Anonyme qui n'aura pas ces heures-là. Puis là on pourrait commencer la discussion sur les surdoses aussi. Là, on en parlait ce matin, Spectre de Rue qui perd aussi des heures de financement.

On ne s'en va pas dans la bonne direction. Ça fait que je ne sais pas ce que Mme Rouleau fait. Je ne sais pas ce que le gouvernement fait, mais, sur le terrain, vous couvrez, au quotidien, les articles de fermeture de service, là. Ça fait juste commencer. Moi, j'ai parlé à des groupes de femmes aussi qui ont perdu leur financement puis qui vont sortir bientôt dans les médias en situation d'itinérance, là. C'est dramatique, là, ce qui se passe. Ça fait que, moi, j'implore la ministre, ça n'a plus de bon sens. Le statu quo, ce n'est pas possible puis on ne peut pas avoir des pertes de service avec la crise qui explose puis deux personnes qui meurent, là, dans les 24 dernières heures.

Journaliste : Qu'est-ce que ça envoie comme message à la population quand une mairesse d'une grande ville dit : Je me sens impuissante. Donc, pour les gens, là, les citoyens qui, eux, vivent dans ces situations-là d'itinérance, c'est ceux qui... autour de ces gens-là, on le sait que ça crée, des fois, des tensions sociales, de savoir que la mairesse dit : Je suis impuissante, là, et qu'on ne répond pas, finalement, à sa demande.

M. Cliche-Rivard : Bien, je la comprends, la mairesse, là, on est ici devant vous aujourd'hui, puis ça fait, je ne sais pas combien de fois que je me sens impuissant, puis on va continuer de se sentir impuissant. Mais elle fait la bonne chose, on refuse de baisser les bras. Puis son message, c'est un cri du coeur, un cri du coeur que je partage, puis j'espère finalement qu'on va pouvoir ébranler, là, un petit peu les colonnes du temple en haut, là, pour qu'il y ait quelque chose qui descende. Parce que, je veux dire, on le vit, moi, je le vis, là, dans le sud-ouest de Montréal, l'itinérance, on la côtoie, dans le centre-sud, à Hochelaga-Maisonneuve, mais bien au-delà de ça. Tu sais, je veux dire, quand on se promène puis quand on fait le tour, on va à Sherbrooke, quand on va à Québec et quand on va... quand on va partout au Québec, on le voit, là, la crise de l'itinérance, ça frappe fort, ça frappe lourd.

Puis la mairesse de Montréal, elle fait cette déclaration-là aujourd'hui, mais elle n'est pas toute seule, hein, le maire Marchand est sorti très fort là-dessus. L'UMQ est sortie très fort là-dessus aussi, ça fait des années. Je ne commence même pas à commencer le début d'une réflexion, à savoir comment le fédéral a pu couper 24 millions, là, puis qu'est-ce qui ce serait passé si Québec n'avait pas comme débloqué d'urgence ces fonds-là qui, par ailleurs, je le disais, ne sont pas encore sur le terrain, mais ce n'est pas assez. Compenser le manque que le fédéral allait couper, ce n'est pas répondre aux besoins, ça, là. Les besoins sont énormes.

Puis, en terminant, on attend les chiffres du dénombrement. Le gouvernement a dit qu'il le déposerait avant l'élection. Comment ça se fait? On a ces chiffres-là. Puis ces chiffres-là, bien, vont démontrer une augmentation qui va forcer le gouvernement à mettre les sous. Si l'augmentation de l'itinérance, c'est 15, 20, 30, 40 %, il va falloir que les budgets suivent. Mais tant et aussi longtemps qu'on n'a pas déposé ces chiffres-là, bien, on ne les a pas, les chiffres, on n'est pas capable de calculer la hausse réelle des besoins. Québec, les organismes communautaires de Québec étaient avec nous en point de presse il y a deux semaines, juste pour Québec, c'est une cinquantaine de refus par jour. Ça, c'est des gens qui dorment dehors au lieu de dormir au chaud puis qui décèdent dans des situations d'itinérance trop souvent malheureusement. Ça fait que faites-vous le constat à la grandeur de Montréal puis du Québec, c'est gravissime.

Journaliste : In English. Mayor says she's powerless, she feels powerless in front of that situation. What does it say about the actual situation now in Montreal, but in other cities as well?

M. Cliche-Rivard : I clearly share her concern. I feel powerless as well as Opposition party. I've been speaking here, I don't know how many times, about homelessness and the fact that we need to address this crisis right away. However, what I see from Mayor Martinez is her refusal to stop the fight. She's going there and she's speaking from her heart, but she's speaking like this for… and hoping for a reaction from the Québec government. And I see there clearly a request, but also a compelling testimony for this to stop. And hopefully someone of the Government hear what we're saying. And the money comes through so that the people on the ground, the community workers, are seeing finally that they get the resources necessary to make a difference, a real difference.

Journaliste : And it happens as the same time as those community groups are actually asking money to the Government. What's the solution, I mean, if Québec doesn't have the money, if Ottawa doesn't have the money? It seems to be…


 
 

11 h 49 (version non révisée)

M. Cliche-Rivard : …well, Quebec has the money, Quebec has the money and it's a choice not to invest. And we've been seeing that there is money for multiple other projects from the Government. We also saw that the Government is protecting some funds for the eventuality of a next election, and what the next candidate will decide to do with. So, I mean, how is it possible that this money is left behind while we've got citizens living on the streets?

So, I mean, saying that there's not enough money, I don't believe it because it costs so much more to us. It was stated that it's about $75,000, $76,000 per people living on the streets that the social services are paying. It would be less more if we would pay in prevention. And all the lives that we can save and all those tragic circumstances that we can prevent, we should, we should. And today, unfortunately, is the result of the Government's inaction.

Journaliste : J'ai juste une petite question sur un autre sujet. Le PQ qui a changé d'idée sur la motion de Rousseau, vous interprétez ça comment, vous?

M. Cliche-Rivard : Bien, ce matin, en point de presse, je ne voulais pas dire que je le télégraphiais, mais je voyais bien quand même... je ne voyais pas comment on pourrait justifier autrement. Donc, tant mieux, tant mieux, l'Assemblée nationale envoie un message plus fort, puis je pense qu'ils ont pris la bonne décision. Après, sur comment ou pourquoi, là, je vais vous laisser leur poser la question, mais je pense que c'était le résultat inévitable puis le bon résultat. Merci.

(Fin à 11 h 51)


 
 

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