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(Onze heures quarante-deux minutes)
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup de votre présence. Écoutez, je voulais prendre le temps quand même de
réagir aux dernières informations, là, sur le décès de deux personnes en
situation d'itinérance dans les dernières heures à Montréal. Évidemment, d'entrée
de jeu, je veux sincèrement envoyer puis proférer toutes mes condoléances à...
aux familles, aux proches, puis au milieu communautaire qui se mobilise au
quotidien. Il y a des gens qui côtoyaient ces deux personnes-là. Évidemment, on
n'a pas beaucoup de nouvelles sur qui ils étaient et de leur parcours, mais,
quand même, j'ai bon espoir qu'ils avaient des gens qui les connaissaient. Puis
je sais qu'il y a des gens qui sont attristés, là. Je partage donc clairement l'indignation
de la mairesse de Montréal.
Ça fait des mois, là, que je viens ici, plus
que ça, même, vous parler, de toute façon, de l'itinérance, puis la situation,
bien, force est de constater qu'elle est très, très difficile sur le terrain.
La statistique qu'on avait, c'était que c'est 108 personnes qui étaient
mortes en 2024, c'est le Bureau du coroner qui nous l'a confirmé, en situation
d'itinérance. On n'a pas encore les chiffres de 2025, mais de savoir que tout
ça continue, c'est dramatique. La crise de l'itinérance, ce n'est pas une
fatalité, là. Les organismes, le milieu, tout le monde sait ce qu'il faut
faire. Ça nous prend davantage de logement social, ça prend des ressources. Et
là, bien, les dernières coupes en matière d'itinérance, notamment l'abandon du
gouvernement fédéral, les 24 millions du... font très mal sur le terrain. Je l'ai
salué, là. Le gouvernement a quand même envoyé les 24 millions coupés par
le fédéral la semaine passée, mais cet argent-là n'est pas disponible sur le
terrain. Comment ça se fait qu'à une semaine de la fin des enveloppes, on n'a
pas encore vu le début du commencement de cet argent-là dans le milieu? Puis
là, au contraire, on a de plus en plus le reportage sur des ressources qui
ferment, des ressources d'accompagnement pour femmes, des centres de jour,
plusieurs services de suivi qui existaient, qui là vont... Il y a un centre de
jour aussi à Montréal-Nord, RAP Jeunesse, qui ne pourra pas ouvrir.
Ça fait que véritablement, on est à contre-courant,
là, on ne s'en va pas dans la bonne direction. À la toute dernière minute, à la
fin décembre, là, le gouvernement a renouvelé le programme québécois de
financement de l'itinérance, mais ce programme-là ne fait l'objet d'aucune
bonification substantielle ni indexation depuis qu'il a été mis en place il y a
cinq ans maintenant. Ça fait que, je veux dire, je ne peux pas vous dire qu'on
en fait assez, là, en matière d'itinérance, en fait, on en fait trop peu. Vous
vous souvenez de Valérie Plante, qui avait déclaré quand même la catastrophe
humanitaire qu'on vit, moi, j'étais d'accord. Là, on voit que la mairesse Soraya
Martinez pense la même chose. Il faut qu'on bouge sur ce dossier-là. Ça n'a
juste plus de bon sens. Puis les Québécois et Québécoises sont d'accord avec
moi, ceux que je rencontre dans la rue m'en parlent, la crise et l'itinérance,
là, il faut qu'on... il faut qu'on l'affronte. Puis là les décès tragiques d'aujourd'hui,
ça fait juste ramener ça dans l'actualité, puis c'est des vies qu'on aurait dû
pouvoir sauver.
Donc, j'implore la ministre Bélanger, sans
délai, de débloquer des sommes supplémentaires pour qu'il n'y ait, à la limite,
aucune perte de services, aucune perte de services. L'Anonyme, là, qui
revendique l'ouverture de ses haltes-chaleur avec beaucoup plus d'heures, cette
demande-là doit être acceptée. Puis l'ensemble des demandes qui permettent à
des gens de rester en vie doivent être acceptées. Merci.
Journaliste
: Est-ce
que... Mme Rouleau, tantôt, nous disait...
Journaliste
: ...a mis
en place un groupe d'intervention particulier à Montréal, dont fait partie Mme
Rouleau, et elle dit : On travaille là-dessus. Cette réponse-là de
dire : On a fait un comité, un groupe d'action puis on est là-dessus,
est-ce que ça vous satisfait?
M. Cliche-Rivard : Bien,
c'est sûr que c'est le début d'un commencement de quelque chose. Il y a une
priorité, on l'a vu par l'administration Ferrada, quand même, sur la question
de l'itinérance. Mais la ville fait ce qu'elle peut avec l'argent qu'elle a, on
va se le dire, il manque cruellement de fonds. Pour Montréal, le RAPSIM,
c'était 4,4 millions de pertes de Québec, là, en plus, on ajoutait les
montants perdus par le fédéral. Ça fait que le financement fédéral, OK, a été compensé,
mais le 4,4 millions qui manquent, juste pour Montréal, n'a pas été
compensé, lui, du tout, là. Puis
ça, c'est des conséquences directes, là. C'est
dans ma circonscription, c'est La Maison Benoît-Labre qui va devoir couper ses
heures, c'est le Cap St-Barnabé à Hochelaga-Maisonneuve, puis c'est L'Anonyme
qui n'aura pas ces heures-là. Puis là on pourrait commencer la discussion sur
les surdoses aussi. Là, on en parlait ce matin, Spectre de Rue qui perd aussi
des heures de financement.
On ne s'en va pas dans la bonne direction.
Ça fait que je ne sais pas ce que Mme Rouleau fait. Je ne sais pas ce que le gouvernement
fait, mais, sur le terrain, vous couvrez, au quotidien, les articles de
fermeture de service, là. Ça fait juste commencer. Moi, j'ai parlé à des
groupes de femmes aussi qui ont perdu leur financement puis qui vont sortir bientôt
dans les médias en situation d'itinérance, là. C'est dramatique, là, ce qui se
passe. Ça fait que, moi, j'implore la ministre, ça n'a plus de bon sens. Le statu
quo, ce n'est pas possible puis on ne peut pas avoir des pertes de service avec
la crise qui explose puis deux personnes qui meurent, là, dans les 24 dernières
heures.
Journaliste
: Qu'est-ce
que ça envoie comme message à la population quand une mairesse d'une grande
ville dit : Je me sens impuissante. Donc, pour les gens, là, les citoyens
qui, eux, vivent dans ces situations-là d'itinérance, c'est ceux qui... autour
de ces gens-là, on le sait que ça crée, des fois, des tensions sociales, de
savoir que la mairesse dit : Je suis impuissante, là, et qu'on ne répond
pas, finalement, à sa demande.
M. Cliche-Rivard : Bien, je
la comprends, la mairesse, là, on est ici devant vous aujourd'hui, puis ça
fait, je ne sais pas combien de fois que je me sens impuissant, puis on va
continuer de se sentir impuissant. Mais elle fait la bonne chose, on refuse de
baisser les bras. Puis son message, c'est un cri du coeur, un cri du coeur que
je partage, puis j'espère finalement qu'on va pouvoir ébranler, là, un petit
peu les colonnes du temple en haut, là, pour qu'il y ait quelque chose qui
descende. Parce que, je veux dire, on le vit, moi, je le vis, là, dans le
sud-ouest de Montréal, l'itinérance, on la côtoie, dans le centre-sud, à Hochelaga-Maisonneuve,
mais bien au-delà de ça. Tu sais, je veux dire, quand on se promène puis quand
on fait le tour, on va à Sherbrooke, quand on va à Québec et quand on va...
quand on va partout au Québec, on le voit, là, la crise de l'itinérance, ça frappe
fort, ça frappe lourd.
Puis la mairesse de Montréal, elle fait
cette déclaration-là aujourd'hui, mais elle n'est pas toute seule, hein, le
maire Marchand est sorti très fort là-dessus. L'UMQ est sortie très fort
là-dessus aussi, ça fait des années. Je ne commence même pas à commencer le
début d'une réflexion, à savoir comment le fédéral a pu couper
24 millions, là, puis qu'est-ce qui ce serait passé si Québec n'avait pas
comme débloqué d'urgence ces fonds-là qui, par ailleurs, je le disais, ne sont
pas encore sur le terrain, mais ce n'est pas assez. Compenser le manque que le
fédéral allait couper, ce n'est pas répondre aux besoins, ça, là. Les besoins
sont énormes.
Puis, en terminant, on attend les chiffres
du dénombrement. Le gouvernement a dit qu'il le déposerait avant l'élection.
Comment ça se fait? On a ces chiffres-là. Puis ces chiffres-là, bien, vont
démontrer une augmentation qui va forcer le gouvernement à mettre les sous. Si
l'augmentation de l'itinérance, c'est 15, 20, 30, 40 %, il va falloir que
les budgets suivent. Mais tant et aussi longtemps qu'on n'a pas déposé ces
chiffres-là, bien, on ne les a pas, les chiffres, on n'est pas capable de
calculer la hausse réelle des besoins. Québec, les organismes communautaires de
Québec étaient avec nous en point de presse il y a deux semaines, juste pour
Québec, c'est une cinquantaine de refus par jour. Ça, c'est des gens qui
dorment dehors au lieu de dormir au chaud puis qui décèdent dans des situations
d'itinérance trop souvent malheureusement. Ça fait que faites-vous le constat à
la grandeur de Montréal puis du Québec, c'est gravissime.
Journaliste
: In English. Mayor says she's
powerless, she feels powerless in front of that situation. What does it say
about the actual situation now in Montreal, but in other cities as well?
M.
Cliche-Rivard : I clearly share her concern. I
feel powerless as well as Opposition party. I've been speaking here, I don't
know how many times, about homelessness and the fact that we need to address
this crisis right away. However, what I see from Mayor Martinez is her refusal
to stop the fight. She's going there and she's speaking from her heart, but she's
speaking like this for… and hoping for a reaction from the Québec government.
And I see there clearly a request, but also a compelling testimony for this to
stop. And hopefully someone of the Government hear what we're saying. And the
money comes through so that the people on the ground, the community workers,
are seeing finally that they get the resources necessary to make a difference,
a real difference.
Journaliste
: And it happens as the same time as those community groups are
actually asking money to the Government. What's the solution, I mean, if Québec
doesn't have the money, if Ottawa doesn't have the money? It seems to be…
M.
Cliche-Rivard : …well, Quebec has the money,
Quebec has the money and it's a choice not to invest. And we've been seeing
that there is money for multiple other projects from the Government. We also
saw that the Government is protecting some funds for the eventuality of a next
election, and what the next candidate will decide to do with. So, I mean, how
is it possible that this money is left behind while we've got citizens living
on the streets?
So, I mean, saying that
there's not enough money, I don't believe it because it costs so much more to
us. It was stated that it's about $75,000, $76,000 per people living on the
streets that the social services are paying. It would be less more if we would
pay in prevention. And all the lives that we can save and all those tragic
circumstances that we can prevent, we should, we should. And today,
unfortunately, is the result of the Government's inaction.
Journaliste
:
J'ai juste une petite question sur un autre sujet. Le PQ qui a changé d'idée
sur la motion de Rousseau, vous interprétez ça comment, vous?
M. Cliche-Rivard : Bien, ce
matin, en point de presse, je ne voulais pas dire que je le télégraphiais, mais
je voyais bien quand même... je ne voyais pas comment on pourrait justifier
autrement. Donc, tant mieux, tant mieux, l'Assemblée nationale envoie un
message plus fort, puis je pense qu'ils ont pris la bonne décision. Après, sur
comment ou pourquoi, là, je vais vous laisser leur poser la question, mais je
pense que c'était le résultat inévitable puis le bon résultat. Merci.
(Fin à 11 h 51)