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(Douze heures cinquante-neuf minutes)
La Modératrice : Bonjour à
tous. Merci d'être présents. Nous tenons aujourd'hui ce point de presse
conjointement avec la députée de Rimouski et le chef du Parti conservateur du
Québec. Les prises de parole se feront dans l'ordre suivant : Maïté
Blanchette Vézina, députée de Rimouski; Raynald Nadeau, vice-président,
Association des propriétaires de boisés privés des Appalaches; André
Desrosiers, président, Groupement forestier des cantons; Jocelyn Lessard,
directeur général de l'Association des grands propriétaires forestiers du
Québec; David Chouinard, directeur général du Groupement forestier du Grand-Portage;
et M. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec. Nous prendrons
ensuite vos questions. Mme Blanchette Vézina, à vous la parole.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Merci d'être là aujourd'hui. Un moment important. En fait, on tenait... et vous
avez vu, là, la délégation qui est derrière moi, on tenait à ce qu'un message
soit passé au ministre des Ressources naturelles et des Forêts et au ministre
délégué à l'Économie et responsable des PME, dans le cadre de l'étude du projet
de loi n° 11 touchant l'allègement réglementaire pour
plusieurs secteurs d'activité, mais qui omet un grand pan des activités
économiques des régions du Québec, soit celui de... entourant la forêt privée.
Puis le message que tous ces gens passent aujourd'hui, c'est qu'ils ont des
solutions, des solutions qu'ils ont proposées dans le cadre des consultations
particulières, dans le cadre des mémoires qui ont été présentés, dans le cadre
de rencontres également avec le ministre, et, malheureusement, il n'y a pas d'écoute
pour ce secteur.
Donc, j'ai avec moi, notamment, bien sûr,
M. Duhaime, le chef du Parti conservateur du Québec, Catherine Morissette,
candidate du Parti conservateur aussi dans Chicoutimi, qui vient tout juste de
terminer la campagne et qui sera là ensuite pour la prochaine. J'ai des élus,
mairesse de... la mairesse de Saint-Fabien-de-Panet, la mairesse de Notre-Dame-du-Rosaire,
des conseillers forestiers indépendants, des entrepreneurs aussi, des
transporteurs, des gens qui se font de la récolte, du transport, des groupements
forestiers, des gens de la Côte-du-Sud, de l'Estrie, du sud du Québec, de
Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent.
Alors, vous comprendrez que tout ce monde-là
s'est déplacé, a fait la route aujourd'hui pour passer un message, un message
qui est, je pense, constructif. L'idée derrière ça, c'est qu'il y a un élan
positif dans la forêt privée. Oui, l'industrie vit des grands défis, c'est des
emplois importants dans nos régions, partout au Québec, et la forêt privée, c'est
une source d'approvisionnement qui peut compenser pour certains défis en forêt
publique. Alors, ne pas l'oublier. Par contre, il y a une complexité
réglementaire, des couches de réglementations, dont les partenaires vont vous
parler, qui peut être allégée dans le cadre du projet de loi n° 11.
Alors, sans plus attendre, je céderais la parole à M. Raynald Nadeau, qui
est vice-président de l'Association des propriétaires de boisés privés des
Appalaches.
M. Nadeau (Raynald) : Bonjour.
Premièrement, je voudrais vous faire part que la première problématique qu'on a
dans le secteur de la foresterie privée, c'est qu'on est sur deux gouvernances.
On est sous la gouverne du ministère de l'Agriculture et sous la gouverne du
ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
Donc, le pourquoi qu'on est là, nous,
notre statut de producteur forestier, c'est le ministère des Ressources
naturelles et des Forêts qui nous l'accorde. Ensuite, on voudrait faire faire
une réflexion sur le territoire. 80 % du territoire forestier au Québec
est en forêt publique, qui est une ressource naturelle. Le 20 % qui reste,
c'est de la forêt privée. Et on se demande pourquoi que, la forêt privée, on
est considéré un produit agricole. Le pourquoi qu'on demande l'allègement de
fardeau administratif, on voudrait inclure un projet pilote en forêt privée
pour qu'on puisse prouver qu'en forêt privée on est capables de faire une mise
en marché sur une base volontaire. Merci.
Je vais céder la parole à André
Desrosiers, des groupements de forestiers des Cantons.
M. Desrosiers (André) : Bonjour.
La forêt privée, depuis cinq ans, là, ça a... Les groupements forestiers, on a
réussi à augmenter de près de 50 % les chiffres... le chiffre d'affaires,
32 % des superficies en aménagement. On a 3 000 propriétaires de
plus, ça veut dire qu'on a 29 000 propriétaires qui font confiance au
modèle des groupements forestiers parce qu'on a su s'adapter aux nouvelles
réglementations. Puis, même s'ils sont... Mais il y aurait place à
amélioration.
De ça, bien, aujourd'hui, on s'entend
qu'avec les tarifs douaniers, le pétrole qui vient d'augmenter, ça augmente les
coûts énormément. Puis il y a certaines.... voyons, rigidité dans la mise en
marché qui fait qu'on a... on pourrait être plus gagnants.
Pour ça, il faudra harmoniser l'encadrement.
Ça veut dire arrêter de mettre de la fragmentation réglementaire importante,
qui se traduit par des délais juridiques puis complexes, ce qui amène des
difficultés autant aux entreprises qu'aux propriétaires... simplifier, excusez,
l'enregistrement des producteurs forestiers, c'est-à-dire reconnaître le statut
des producteurs, qui demeure un processus largement administratif, qui entraîne
des délais et des coûts qui ne sont plus adaptés aux réalités d'aujourd'hui,
être accompagnés des professionnels qualifiés, une... modernisation du
processus de reconnaissance, puis appuyée sur des outils numériques et
l'expertise existante, qui permettrait de réduire significativement les délais,
diminuer les coûts administratifs puis améliorer la qualité puis la...
cohérence de la traçabilité des données utilisées par l'État. Merci.
Mme Blanchette Vézina : J'ai
M. Jocelyn Lessard qui va prendre la parole.
M. Lessard (Jocelyn) : Bonjour.
Moi, je représente les grands propriétaires forestiers du Québec. On vient
simplement répéter le message qu'on avait passé en commission parlementaire du
projet de loi n° 97. Il y avait des dispositions qui étaient très
intéressantes pour la forêt privée. Malheureusement, avec l'abandon du projet
de loi, on est... on est un peu abandonnés. Et ce que tous mes collègues
viennent répéter ici, c'est ce que l'on souhaite, là, des allègements
administratifs pour la forêt privée, pour qu'elle puisse exprimer son plein
potentiel. David.
M. Chouinard (David) : Bonjour.
J'aimerais juste signaler depuis quelque temps qu'est-ce qu'on ressent. C'est
une incertitude du côté des contracteurs forestiers, une instabilité
économique. On voit la montée du carburant en plus qui s'est rajoutée depuis un
mois. On a eu bien sûr le côté tarifaire. Là, qu'est-ce qu'on ressent en plus,
c'est le côté mise en marché, un projet de règlement qui va encore amener une
lourdeur administrative.
Le projet de loi 11 pourrait nous
aider à alléger tout ce fardeau, et ça amènerait une belle certitude, là, point
de vue, là, contracteurs forestiers et au niveau des communautés forestières
présentes beaucoup dans ma région, au Bas-Saint-Laurent.
M. Duhaime (Éric) : Merci
beaucoup. Merci à tous ceux qui viennent de parler. Merci à tous ceux qui nous accompagnent
aujourd'hui. Je pense que vous entendez le message, hein? C'est un cri du cœur
de l'industrie forestière au Québec. Notre industrie se meurt. Puis ce n'est
pas moi qui le dis, là. Le premier ministre a dit en novembre dernier qu'il y
aurait 30 000 emplois de perdus au cours des prochains mois. C'est
près de la moitié des travailleurs de cette industrie-là. Pour plusieurs
régions du Québec, c'est une catastrophe. On sait que c'est une industrie qui
était historiquement viable, qui a développé nos régions, et aujourd'hui, ces
gens-là ont besoin d'aide.
Et qu'est-ce que le gouvernement fait? Il
a abandonné la réforme du régime forestier, il laisse à eux-mêmes les gens.
Pire que ça. On est en course à la direction à la CAQ, du gouvernement, donc, qui...
pour savoir qui va être le prochain premier ministre. Les deux candidats qui se
présentent à la direction disent qu'ils veulent abolir, par exemple, la taxe
carbone pour les agriculteurs, mais jamais ils n'ont mentionné l'industrie
forestière. Pourtant, les producteurs qui sont derrière moi, là, ils payent
3 $ du mètre cube juste... de plus, juste parce qu'il y a une taxe carbone
au Québec par rapport à leurs concurrents en Ontario ou ailleurs au Canada.
C'est une situation totalement inacceptable. On est en train de tuer une
industrie. On est en train de ratatiner nos régions.
Aujourd'hui, c'est un cri du cœur qu'ils
leur lancent. J'espère que le gouvernement va être à l'écoute. J'espère que les
autres oppositions vont être à l'écoute. Ce n'est pas acceptable, là, ce qui
est en train de se passer dans l'industrie forestière. Puis là, aujourd'hui, on
parle de l'industrie au niveau privé, la forêt privée, on aurait pu parler
aussi de la forêt publique, qui, elle aussi, a des très grands défis à l'heure
actuelle. Puis, malheureusement, ces gens-là ont le sentiment profond que le gouvernement
ne les écoute pas et ne fait absolument rien pour améliorer leur sort. Sur ce,
ça va maintenant me faire plaisir de répondre à vos questions.
La Modératrice
: Nous
allons maintenant passer à la période de questions.
Journaliste
: Donc,
allô, allô. Bon, voilà. Juste peut-être pour ceux qui ne comprennent pas
exactement l'impact du fardeau, je ne sais pas s'il y a un des messieurs à
qui... qui a parlé un peu précédemment, pourrait me donner un exemple concret
d'un problème de fardeau administratif, là. Qu'est-ce que ça fait concrètement?
Puis qu'est-ce que le projet de loi n° 11 pourrait vous aider à ne pas
faire, là?
M. Nadeau (Raynald) : Dans le
fond, ce qu'on veut faire reconnaître, c'est la reconnaissance de notre
professionnel, qui est un ingénieur forestier. C'est lui qui signe nos plans
d'aménagement pour pouvoir produire et obtenir notre statut de producteur
forestier au MRNF. On doit faire un plan d'aménagement forestier sur notre
terrain. Ça dit les parcelles avec la capacité forestière qu'on a. Ça, c'est
l'ingénieur qui le signe.
Ensuite, il faut envoyer tous nos
documents au centre d'enregistrement, souvent, qui est un... une agence de
vente ou un syndicat de producteurs forestiers, qu'eux retournent la
documentation au MRNF. On pourrait simplifier en reconnaissant la... le
professionnel, notre ingénieur forestier pourrait déjà déposer. Et, au lieu de
passer de... deux étapes de plus pour avoir notre statut de producteur
forestier, bien, on aurait un canal unique direct avec le MRNF, l'ingénieur
forestier, il nous enregistre. Comme ça, on allège beaucoup le fardeau
administratif. C'est tout simple à faire puis ce serait moins coûteux. Merci.
Mme Blanchette Vézina :
Peut-être un autre exemple. Harmonisation d'un point de vue MRC. En ce moment,
la réglementation, elle est adoptée par chacune des municipalités. Certaines
MRC se sont... ont décidé d'harmoniser les... la réglementation. Ça a des
effets très positifs. Donc, c'est un territoire plus grand, les MRC ont déjà
des rôles d'aménagement du territoire. C'est une responsabilité qui leur
incombe. C'était proposé dans le projet de loi, là, que... que la
réglementation puisse être harmonisée d'un point de vue des MRC plutôt que
chaque municipalité locale ait sa réglementation puis qui dédouble le travail
lorsqu'on... lorsqu'il y a des producteurs forestiers privés, là, sur le
territoire qui souhaitent faire la récolte.
Journaliste
: Je vais
continuer. Donc, une autre question. Mme Blanchette Vézina, pour vous, c'est
vous qui aviez piloté le régime forestier sous la CAQ, à l'époque, qui n'avait
absolument pas fonctionné. Vous aviez essayé de défendre ce projet-là.
Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui le milieu forestier pourrait avoir confiance
en vous pour travailler sur le milieu forestier?
Mme Blanchette Vézina : Je
vais laisser les intervenants avec nous vous répondre.
M. Nadeau (Raynald) : Pour
répondre, si vous me permettez, le dossier a été beaucoup contesté en forêt
publique, mais, par contre, comme vous avez vu, toutes les contestations, là,
on a... la foresterie privée a été... je dirais, pas mis de côté, mais on n'a
pas entendu parler vraiment beaucoup de nous autres. Mais qu'est-ce qui
apparaissait dans le projet de loi n° 97 pour la forêt privée, c'étaient des
très bons points, dont celui que je viens de vous parler, de l'allègement de
fardeau administratif. Bien, c'était inclus qu'on voulait faire la
reconnaissance d'acquis de nos ingénieurs forestiers. Il y avait beaucoup de
points qui étaient en faveur des producteurs de boisés en foresterie privée
dans le projet de loi n° 97. Malheureusement, c'est plus la portion
publique qui a pris l'ampleur dans ce dossier-là.
Journaliste
: Mais
donc, qu'est-ce que vous espérez pour la suite? Parce qu'il va y avoir un
prochain ou une prochaine première ministre. Donc, le projet de loi n° 11,
qu'est-ce que vous espérez pour la suite?
M. Nadeau (Raynald) :
Premièrement, j'aimerais vraiment que ce soit reconnu pour le PL no 11
qu'on gagne les points qu'on a mentionnés aujourd'hui, qu'on pourrait inclure
facilement dans le projet de loi n° 11. Sinon, bien, c'est sûr que, si
on... ça ne se rend pas là, le prochain gouvernement qui va prendre place va
devoir absolument intervenir en foresterie, parce que tout le secteur forestier,
là, il y a des problématiques qu'il faut qui soient réglées absolument, ça fait
qu'il va y avoir une très grosse réflexion à faire dans le domaine de la forêt.
Journaliste
: ...dans
le dernier budget pour la foresterie. Est-ce que c'était trop peu?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
écoutez, dans... dans le secteur forestier, l'aménagement, c'est important,
c'est le gouvernement qui est en charge... et responsable de l'aménagement
forestier. C'est ce qui permet de garder un couvert forestier suffisant pour
récolter et avoir une possibilité forestière, le grand terme, là, qui dit
qu'on... on ne récolte que les intérêts de la forêt. Mais si on gruge dans
notre capital puis qu'on ne revient pas remettre un peu d'argent dans le...
dans la... dans l'entretien des plantations, bien, on creuse le déficit puis on
va se retrouver, lorsque le forestier en chef va recalculer la possibilité
forestière, à avoir une baisse de possibilités. Et là ce qui est annoncé dans
le budget n'est pas suffisant pour couvrir l'inflation, ce qui fait qu'on
creuse le déficit. Et ce qui va arriver... tu sais, ce n'est pas moi qui vais
le dire, c'est le Forestier en chef, mais ce qu'il risque d'arriver, c'est que
l'entretien n'aura pas été suffisant et il y aura une baisse de possibilités,
donc encore moins de récoltes, encore moins de dynamisme économique dans nos
régions, alors que la solution, c'est de faire de l'entretien, de faire de la
sylviculture plus intensive. Mais le gouvernement n'a pas mis suffisamment
d'argent pour couvrir ne serait-ce que l'inflation.
Journaliste : Puis une
dernière question pour M. Duhaime, autre sujet.
M. Duhaime (Éric) : Oui.
Journaliste
: J'aimerais
vous entendre par rapport à l'incident à Montréal de ce conducteur qui a
injurié une policière. Et là on demande un changement dans la Loi sur la
police. Êtes-vous d'accord avec ces changements-là? Qu'est-ce que vous pensez
de cette situation-là?
M. Duhaime (Éric) : Bien,
d'abord, il faut déplorer. Je pense que tout le monde doit condamner, là, des
gestes aussi disgracieux. Que des jeunes, aujourd'hui, se sentent le plaisir et
le loisir de mettre des vidéos comme celles-là en ligne en pensant que c'est
tout à fait rigolo, ça témoigne de beaucoup. Le fait aussi que le respect à
l'autorité dans notre société, hein, puis c'est un thème plus général, là,
qu'on a souvent défendu au Parti conservateur du Québec, là... mais il y a
quelque chose de totalement inacceptable de traiter une policière de cette
façon-là.
Les changements à la loi, je veux bien,
là, mais on en a, des lois pour empêcher les gens d'agir de cette façon-là à
l'heure actuelle, là. Puis moi, je trouve qu'il y a eu beaucoup de laxisme là-dedans,
et de voir la réaction des autorités, ça ne me rassure pas. Puis, le fait
qu'ils vont y penser puis qu'ils veulent peut-être aménager puis changer les
choses, je veux bien qu'on... que ça soit plus encadré, là, mais je pense qu'il
faut aussi faire respecter l'autorité, puis on a déjà des lois pour ça. Et je
comprends que...
Journaliste
: ...
M. Duhaime (Éric) : Bien non,
mais je comprends... Bien, le respect, je veux dire, un policier ne peut pas se
faire injurier, là, tu sais, il y a un minimum de civilité.
Journaliste : Bien, il n'y a
pas de règlement comme ça à Montréal, là.
M. Duhaime (Éric) : Bien,
pas... peut-être pas dans... à Montréal, mais, allez n'importe où dans le
monde, pensez-vous vraiment qu'aux États-Unis, si quelqu'un avait injurié un
policier comme ça... qu'il aurait eu le même traitement que cet individu-là a
eu? Pensez-vous qu'après l'individu aurait été se vanter sur les réseaux
sociaux de ce qu'il venait de faire à la policière? Jamais ça n'aurait été même
toléré. Donc, je pense que, ça, il y a un... il y a un bout à faire, là. Puis
je pense que, tu sais, on a... Maintenant que les événements sont filmés, il y
a des... il y a une certaine crainte, il faut le dire aussi, de la part des
autorités policières. Et j'espère qu'on va revenir à une ligne un peu plus
dure, là. La loi et l'ordre, c'est important. Merci.
La Modératrice : Merci
beaucoup.
(Fin à 13 h 15)