Point de presse de Mme Ruba Ghazal, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Alexandre Leduc, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de travail
Version préliminaire
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Tuesday, March 31, 2026, 11 h
Salle Bernard-Lalonde (1.131),
hôtel du Parlement
10 h 57 (version non révisée)
(Dix heures cinquante-neuf minutes)
Mme Ghazal :
Alors,
bonjour, tout le monde! Heureuse de me retrouver ici avec vous, avec mon
collègue Alexandre. Ça fait plusieurs années maintenant qu'on vit avec une
crise du logement, une crise de l'habitation sans précédent au Québec. Cette
crise-là, elle n'existe pas comme ça, par hasard. Elle ne nous a pas tombé
dessus comme ça. C'est le résultat de choix politiques qui ont été faits au
cours des 30 dernières années par le gouvernement de la CAQ, évidemment,
mais aussi par les gouvernements précédents du Parti québécois, du Parti
libéral du Québec, où on a laissé, et aussi le gouvernement fédéral... on a
laissé totalement le marché, le Far West, prendre toute la place. Et ça a mené
à une financiarisation du logement. Le logement, c'est devenu une marchandise
comme une autre, avec aucun contrôle. Et il y a eu un désinvestissement de l'État
pour construire des logements sociaux, des logements que les gens sont
réellement capables de payer avec leurs salaires.
Il faut prendre cette crise-là à
bras-le-corps. Il faut arriver avec des solutions réalistes, mais aussi
ambitieuses, avec surtout, surtout une vision à long terme, ce qui a totalement
manqué.
Nous, à Québec solidaire, vous nous
connaissez, on est tenaces. On a même eu... obtenu, tout en étant dans l'opposition,
des solutions, des gains par rapport à la crise du logement. Mais, hier, j'ai
déposé ce qui va être le début. J'ai dévoilé le début de ce qui va être la
pierre angulaire de la campagne électorale de Québec solidaire. Pour... Un
gouvernement Québec solidaire, il mettrait en place un plan comme celui-là, un
plan ambitieux. On va vous dévoiler les différentes mesures au courant des
différentes... des prochaines semaines, prochains mois, jusqu'à la campagne
électorale.
Et, hier, on a proposé une première
mesure. C'est une réforme du TAL. Qu'on soit locataire ou propriétaire, tout le
monde souffre du TAL, qui n'est pas capable de répondre à la demande qui est de
plus en plus grandissante. Donc, lui donner des mesures. Un investissement d'un
gouvernement de Québec solidaire, c'est 7 millions de dollars de
plus. Et aussi arrêter la discrimination des locataires qui portent plainte au
TAL mais qui malheureusement sont pénalisés parce qu'on peut facilement
trouver... les propriétaires peuvent facilement trouver leur nom. Ça leur fait
subir une discrimination, même s'ils étaient dans leur... même s'ils avaient
raison de porter plainte. Donc, on va rendre anonymes aussi les noms. Ça se
fait, par exemple, en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse...
11 h 02 (version non révisée)
Mme Ghazal : ...Nouveau-Brunswick,
en Alberta. Donc, il faudrait le faire ici, au Québec. Ça, c'est une première
mesure d'un plan ambitieux, rigoureux et réaliste que Québec solidaire va
proposer pour régler la crise du logement.
M. Leduc : Merci, Ruba. Je
vais vous parler rapidement des paramédics. Ça fait quelque temps qu'on les
accompagne dans leur bataille avec le gouvernement. Aujourd'hui, dans le fond,
c'est la dernière journée pour signer une pétition, que je parraine, pour les
paramédics, qui sont, tenez-vous bien, en négo depuis trois ans avec le
gouvernement, trois ans que le dossier traîne, que cette négo-là n'aboutit pas.
C'est des gens qui travaillent à la première ligne. On parle beaucoup de
première ligne dans les dernières 48 heures dans le domaine de la santé. Ces
gens-là sont au front. Ils aident les personnes qui ont des besoins médicaux. Ils
ont de la misère à négocier avec le gouvernement. Il y a une pénurie de main-d'œuvre,
de rétention de main-d'œuvre dans ce domaine-là, et ça fait trois ans que ça
traîne, cette négo-là. Alors, on aimerait ça que le gouvernement s'intéresse
aussi à ces gens-là qui sont en première ligne.
Journaliste
: Vous êtes
déçu que le gouvernement ait reculé pour ce qui est des pharmaciens?
M. Leduc : Oui. C'était une
bataille pour la classe moyenne, la classe moyenne qui reçoit son talon de paie
puis qui voit, année après année, la ligne sur les cotisations pour le régime d'assurance
collective augmenter, augmenter, augmenter. Il y a des raisons objectives pour
ça, il y a différentes raisons, mais une d'elles, c'étaient les frais chargés
par les pharmaciens. Des fois, il y a des médicaments qui sont un peu plus
particuliers, là, il pouvait y avoir des frais qui sont des fois jusqu'à 70
fois plus chers que le frais perçu quand c'est avec la RAMQ. C'est un enjeu.
Les pharmaciens ont raison de ne pas être contents avec les remboursements de
la RAMQ.
D'ailleurs, nous, on n'a jamais proposé,
contrairement à ce qui a été écrit dans certains articles, que ça soit les
mêmes tarifs que la RAMQ. On n'a jamais dit ça. Si vous allez voir l'amendement
qu'on a proposé au ministre, qui, après ça, lui-même a rédigé et a déposé, c'était
qu'il y ait un pouvoir, que le pouvoir de la ministre de la Santé puisse être
exécuté pour venir encadrer les médicaments dans le régime particulier, comme
ça se fait dans d'autres provinces au Canada, d'ailleurs. On n'a jamais dit qu'il
fallait que ça soit la même chose que la RAMQ. Et les pharmaciens ont raison d'être
fâchés que la RAMQ ne paie pas assez. Mais ce n'est pas une raison, ça, pour aller
se ressaisir... se repayer dans les régimes particuliers, mettre une pression
et mettre en danger la pérennité des régimes particuliers au Québec à moyen et
à long terme.
Journaliste : ...eux, ils disent
que plafonner... eux, ils disent que plafonner les honoraires au privé, ça
aurait menacé leur modèle d'affaires, qu'il y en a même, au cours des derniers
jours, juste parce que l'amendement a été proposé, que... qui devaient revoir
leurs plans d'investissement, qui ont été contactés par leurs institutions
financières. Donc, ça, ce ne sont pas des arguments qui vous convainquent?
M. Leduc : Quand l'association
des pharmaciens a envoyé son communiqué en disant que ça... en sous-entendant
qu'on proposait que ça soit les mêmes tarifs de remboursement que la RAMQ, je
peux comprendre que ça peut faire paniquer certaines personnes, mais ce n'est
pas ça que nous avons proposé, ce n'est pas ça que nous pensons et ce n'est pas
ça que disait l'amendement. Alors, il y a peut-être des petites corrections qui
auraient pu être faites de leur côté, mais, bon, la balloune était partie.
Cela étant dit, la CAQ abandonne la classe
moyenne. C'est un vrai enjeu. Ça fait longtemps qu'on... qu'ils le savent, d'ailleurs,
les pharmaciens, qu'il y a une surfacturation, qu'il y a un phénomène puis que
rien ne se fait, rien ne se passe. Alors, M. Jean Boulet a beau avoir dit :
J'ai une entente de principe, au final, il n'y a rien, là, il a juste capitulé.
Il y a eu un petit comité puis il n'y a rien qui se passe.
Journaliste : ...de ne pas consulter
avant de faire un amendement comme ça, de ne pas considérer les conséquences
avant de faire un amendement dans un projet de loi comme celui-là?
M. Leduc : On a rencontré des
groupes. Je n'ai pas sorti ça de mon chapeau, moi, là, là, un bon matin. Le
ministre aussi, c'est lui, le responsable, hein, c'est lui qui a les accès avec
les équipes des différents ministères, que je n'ai pas. Moi, j'ai parlé à des
groupes, j'ai parlé à des associations. C'était quelque chose qui était partagé
par le Parti libéral du Québec aussi. Ils sont même venus me dire en confidence
que je les avais pris un peu de vitesse, j'avais été plus vite qu'eux parce qu'ils
avaient exactement le même amendement qu'ils avaient préparé. Alors, tout le
monde était unanime. C'est un vrai sujet, la question des... de la
surfacturation. Après ça, ça ne veut pas dire que la question de la RAMQ est
simple. Et ils n'ont pas... ils n'ont pas tort, les pharmaciens, d'être fâchés
par rapport à la RAMQ, mais ça ne règle pas l'enjeu de la surfacturation des
régimes particuliers.
Mme Ghazal : Je veux juste...
Journaliste
: ...est un
pharmacien. Est-ce que vous pensez qu'il devrait intervenir pour inciter ses
collègues à ne pas surfacturer?
Mme Ghazal : Bien, en fait,
tous les partis qui étaient présents en commission parlementaire étaient d'accord,
y compris le Parti libéral du Québec. Donc, M. Milliard doit être au courant que...
Il y a même sa collègue, là, une députée du Parti libéral, qui était Mme Caron...
elle avait même préparé un amendement qui allait exactement dans le même sens.
Puis, si elle, elle l'avait déposé avant Alexandre, probablement que le ministre
aurait, après ça, lui-même saisi la balle au bond puis l'aurait rédigé. Donc,
tout le monde... Le Parti québécois, ils étaient absents. Après ça, ils disent
quand... quand il y a des conflits, ils disent que, ah! eux autres, ils ne sont
pas d'accord avec ça. On ne le saura jamais parce qu'ils sont absents.
Donc, il y a un problème en ce moment de
manque de contrôle complet. C'est le système, ce n'est pas juste d'aller
pointer les pharmaciens. Moi, ma sœur est pharmacienne puis elle m'a appelée en
panique aussi, là, tu sais. Ça fait que je le sais, là, je sais ce qu'ils ont
vécu. Sauf que l'amendement, il faut le lire, il ne disait pas... de baisser
totalement ce que... En ce moment, c'est le far west, il n'y a pas d'encadrement.
Et c'est qui qui paie? C'est les mêmes personnes, la classe moyenne, qui
souffrent du coût de la vie, qui souffrent du coût de logement, de l'habitation.
Moi, j'ai reçu...
11 h 07 (version non révisée)
Mme Ghazal :
...aussi
des gens dans mon bureau, ça fait des années qu'ils voient leur prime d'assurance
collective augmenter, et leur employeur, il ne sait pas quoi faire. Puis ils me
disent : Qu'est-ce que je fais? À un moment donné, c'est quasiment mieux
pour cette... personne-là qu'elle ne soit pas assurée. La solution, la vraie
solution, si on était au gouvernement, Québec solidaire, ça... puis ça fait
longtemps qu'on dit, c'est un régime d'assurance médicaments public et
universel. Mais on n'en est pas là en ce moment. Ce n'est pas nous qui sommes
au gouvernement. C'est ce gouvernement-là qui est d'accord qu'il faut encadrer.
Mais moi, je n'en reviens pas à la rapidité à laquelle le gouvernement a reculé
puis il laisse, après ça, en plan les gens de la classe moyenne. Il n'y a pas
de solution, là, maintenant pour l'encadrement.
Moi, je regarde maintenant les gens du
communautaire, les syndicats qui ont vu leur... tous leurs pouvoirs ou... tu
sais, moins de financement, bafoués, ils rêveraient d'avoir ça de l'oreille du
gouvernement, qui... comme ils l'ont eu rapidement avec les pharmaciens. C'est
vraiment deux poids, deux mesures.
Journaliste
:
...qu'est-ce que... qu'est-ce que M.... va faire maintenant? Est-ce qu'ils
doivent déposer un projet de loi d'ici la fin de la session pour venir
encadrer? Parce que, là, on dit : On a été trop rapidement, on n'a pas
consulté. Est-ce qu'il faut consulter puis faire un projet de loi?
Mme Ghazal :
Oui.
Bien, il faudrait qu'il fasse les choses dans l'ordre, qu'il arrête d'être
brouillon. Nous, on fait notre travail, qu'ils le fassent, c'est eux qui sont
autour de la table avec les pharmaciens. Même l'Association des propriétaires
pharmaciens, ils disent que : Nous, on a des solutions pour encadrer ça.
Bien, assoyez-vous à la table puis faites-le.
Nous, on est convaincus que l'amendement
qu'on a déposé, c'est ce qu'il faut faire. On est très, très déçu que
finalement ça a été mis de côté. C'est maintenant la responsabilité du
gouvernement de protéger le portefeuille de la classe moyenne qui n'y arrive
plus et de trouver une façon d'encadrer ces frais qui... où c'est le Far West,
là. Il n'y a pas de limites.
Journaliste
:
...appuyer la motion du Parti québécois sur la policière insultée pour qu'il
y ait comme une règle qui interdise ce type de comportement, là?
Mme Ghazal :
Oui.
Je n'ai pas lu la motion. Je n'ai pas vu qu'eux autres ils la déposaient. On va
prendre le temps, hein? Vous le savez, c'est important qu'on fasse ce travail-là
quand il y a des motions qui sont déposées. On se rappelle la motion du vagin,
si vous vous en rappelez. Donc, c'est important de bien lire les motions, de
comprendre le contenu. Puis on va être là-dessus. Mais, pour aller sur le
contenu, j'ai vu cette vidéo-là, je suis sur les réseaux sociaux, comme tout le
monde, je l'ai vue, et j'ai été... j'ai trouvé ce comportement-là complètement
inacceptable. Qu'une personne comme ça, en service, se fasse varloper avec des
propos totalement misogynes, c'est totalement inacceptable.
Journaliste
:
...qu'est-ce qu'il faut faire?
Mme Ghazal :
Bien,
il faut... il ne faut pas accepter ce genre de violence verbale. On va regarder
qu'est-ce... qu'est-ce qu'il faut faire.
Journaliste
:
...ça prendrait une règle, un peu comme...
Mme Ghazal :
Je
n'y ai pas réfléchi de façon très, très... Tout ce que je peux vous dire, c'est
que c'est inacceptable, et on ne peut pas accepter que les gens en service...
Que ce soient des policiers ou que ce soient des gens qui travaillent avec le
public, souvent, on le voit, là, quand on arrive dans des lieux publics, les...
il y a... il y a une pancarte qui dit : S'il vous plaît, soyez polis. Je
veux dire, ça devrait être la base dans notre société.
Journaliste
:
...ça pourrait être un cas de profilage racial? C'est ce qu'il dit, Mohamed
Bekkali.
Mme Ghazal :
Bien,
en ce moment, moi, ce que j'ai vu, c'est quelqu'un qui insultait. Puis il y
avait les vitres fermées. En tout cas, il y a beaucoup de questions à se poser
là-dessus, parce que les vitres étaient teintées, donc je ne sais pas si elle a
pu voir qui était à l'intérieur. Ce qui est important, c'est de ne pas accepter
ce genre de propos là.
Journaliste
:
...sur les réseaux sociaux, l'individu en question ne parle pas juste de ce
cas-là là. Il prétend qu'il est victime à plusieurs reprises de profilage, de
profilage racial. Entendez-vous parler de cas, vous, de profilage racial,
beaucoup, je ne sais pas, moi, par rapport aux corps policiers, par exemple?
Mme Ghazal :
Bien,
les... M. Fadi Dagher lui-même, il a déjà... je veux dire, le Service de police
de Montréal ont reconnu qu'il y a du racisme systémique. Je les félicite d'ailleurs
de le faire. Et ils savent qu'il y a des problèmes, et qu'il faut régler ce
problème-là, qui existe. Oui, ça a été documenté, il y a eu des rapports, moult
rapports. Ce n'est pas uniquement mon impression personnelle, moi, dans mon
quotidien, quand je rencontre du monde qui m'en parle. C'est un aspect qui est
prouvé et bien, bien documenté, donc c'est important de le régler.
Journaliste
:
...a parlé de masculinisme. Est-ce que vous, vous pensez que c'est du
masculinisme, ou du racisme, ou c'est quoi?
Mme Ghazal :
C'est...
Moi, ce que j'ai entendu, c'est de la misogynie. Ça ressemble aux propos que je
reçois, par exemple, sur mes réseaux sociaux. Il y a aussi de la cyberviolence.
Il y a une montée du discours violent contre les femmes. Il faut le combattre,
peu importe où est-ce qu'il vient.
Journaliste
:
Du fait que M. Roberge a fait évaluer les propositions de Bernard
Drainville et de Christine Fréchette en matière d'immigration, là, l'impact du
retour du PEQ, est-ce que le fait de se soumettre comme ça au ministère des
propositions partisanes, c'est une problématique?
Mme Ghazal :
Juste
peut-être me l'expliquer. C'est-à-dire qu'il a fait évaluer à... Oui, vas-y,
vas-y.
M. Leduc :
Je
peux répondre. Dossier institutions démocratiques, là, moi, je demanderais
peut-être au DGEQ de faire une petite enquête là-dessus, là. Parce que ça
pourrait être une utilisation inadéquate de ressources parlementaires pour une
campagne à la chefferie qui est encadrée, qui est supposée avoir son propre
financement. S'il elle veut... S'il veut faire des recherches, là, M....
11 h 12 (version non révisée)
M. Leduc : ...M. Drainville
ou Mme Fréchette, ils sont supposés pouvoir se payer des recherchistes pour
faire ça avec du financement privé qui a été ramassé dans le cadre de leur
course.
Journaliste : Le DGEQ ou Commissaire
à l'éthique?
M. Leduc : Bien, les deux dans
ce cas-ci, les deux dans ce cas-ci.
Journaliste
: ...le
sondage, qu'est-ce que... comment vous expliquez, bien, d'abord, que vous soyez
à... toujours à 9 %, mais aussi, quand on regarde plus en détail, chez les
55 ans et plus, Québec solidaire est à 0 %, à quel point ça vous
préoccupe?
Mme Ghazal : Ça veut dire que
tous nos membres qui ont 55 ans et plus n'existent plus. Sérieusement, là,
je n'ai pas analysé puis je n'ai pas parlé avec le sondeur pour savoir, mais je
pense qu'il y a eu une erreur statistique ici, là. Maintenant, c'est sûr qu'on
stagne dans les sondages, on a déjà... on a été même plus bas, on est monté, on
stagne. Il y a dans certains... populations où est-ce qu'on monte, par exemple
chez les jeunes, chez les femmes. Cela dit, c'est sûr qu'on n'est pas là où j'aurais
voulu qu'on soit, à Québec solidaire, comme seul parti progressiste au Québec à
être clairement, résolument de gauche à l'Assemblée nationale. C'est une voix
qui existe au Québec et c'est important qu'elle soit entendue.
Maintenant, pour expliquer, parce qu'on me
demande d'analyser aussi le sondage, ça fait que je vais vous faire plaisir
puis je vais le faire, j'y ai réfléchis, qu'est-ce qui explique cette situation-là,
moi, je pense qu'en ce moment il y a beaucoup d'instabilité économique, les
gens sont inquiets, la crise du coût de la vie, mais aussi, tout ce qui se
passe dans le monde, la hausse du prix de l'essence, ce qui se passe avec Trump,
il y a une inquiétude. Et, quand on est inquiet, et moi, je la comprends, cette
inquiétude, je... je compatis avec les gens qui souffrent de cette instabilité
économique puis de ne pas savoir ce qui se passe dans l'avenir, souvent on va
se réfugier dans ce qu'on connaît. Puis Québec solidaire, on n'a jamais été au
pouvoir, donc peut-être que, pour les gens, on est l'inconnu, contrairement aux
anciens partis comme le Parti libéral ou le Parti québécois qui ont déjà été au
pouvoir. Donc, les gens veulent se réfugier dans quelque chose qu'ils connaîssent.
C'est l'explication que je peux donner.
Maintenant, c'est à nous, à Québec
solidaire, de convaincre la population que... de nous essayer, de nous envoyer
au pouvoir, c'est... Moi, j'en prends la responsabilité au nom de ma formation
politique, et c'est pour ça que je mets de l'avant des propositions fortes en
matière de logement. Parce que juste de chialer sur ce qui va mal, c'est assez.
Ce qu'il faut, c'est aussi trouver des propositions puis réparer ce qui a été
brisé au cours des 30, 40 dernières années par les gouvernements qui ont
été au pouvoir, qui ne sont pas Québec solidaire. Et c'est pour ça qu'on est à
l'offensive. Moi, je suis très à l'offensive, vous m'entendez? Je me tiens aux
abords des épiceries, je me tiens à côté des coopératives d'habitation, où les
gens me disent qu'es- ce qu'ils vivent. Et ce qu'on met de l'avant, c'est des
propositions populaires. Par exemple, une des propositions, c'est de limiter la
hausse des loyers à l'inflation. Elle est appuyée par 85 % de la population
qui soit propriétaire ou locataire. Donc, ça parle. C'est notre responsabilité
de le faire.
En ce moment, il y a beaucoup de choses
qui se passent, hein, c'est... on n'a pas de premier ministre, ou presque, et
il y a... il y a... il y a beaucoup, beaucoup de choses...
Journaliste
: ...M.
Boulerice?
Mme Ghazal : ...il y a
beaucoup de choses qui se passent. Moi, je pense que les gens en... je vais
vous revenir, M. Robitaille. Ce qui se passe en ce moment, c'est qu'à la ligne
de départ les gens vont plus nous écouter, c'est-à-dire le jour 1 de la
campagne électorale.
Journaliste : Est-ce que M. Boulerice
va se brancher?
Mme Ghazal : Je n'ai pas d'annonce
à faire aujourd'hui. Je vais... J'ai entendu M. Boulerice dire qu'il réfléchit.
On va le laisser réfléchir.
Journaliste : Est-ce que vous
pourriez vous inspirer d'Avi Lewis pour vous sortir du marasme?
Une voix : Qui?
Journaliste
: D'Avi
Lewis, le nouveau...
Mme Ghazal : Moi, je m'inspire
beaucoup. Je l'ai déjà dit... Avi Lewis. Moi, je m'inspire... Moi, je me
réjouis tout le temps quand il y a des gens qui sont progressistes de gauche,
quand on voit une montée des droites partout à travers le monde, des gens qui
veulent aussi attaquer notre modèle québécois. Je veux dire, oui, notre modèle
québécois est malade, mais la solution n'est pas de tuer le malade, mais plutôt
de le réparer et de le soigner. C'est ce que nous, à Québec solidaire, on
propose. Donc, quand il y a des voies de gauche ou des gens de gauche qui sont
élus, je me réjouis de ça, de tous les pays, notamment, par exemple, le maire
de New York. Moi, je m'inspire beaucoup de Mamdani.
Journaliste : ...un retour
aux racines du parti, est-ce que c'est quelque chose qui pourrait vous aider à
remonter dans les sondages?
Mme Ghazal : Bien, il ne faut
vraiment pas m'avoir écoutée depuis que je suis porte-parole pour me poser
cette question-là. Je n'ai pas besoin de m'inspirer d'un autre parti politique.
Dès que je suis arrivée, j'ai dit que, Québec solidaire, il faut qu'on soit
connecté avec les travailleurs, travailleuses, les gens qui travaillent fort,
qui font tout bien, qui travaillent, là, et qui ne sont pas capables de payer
leur loyer ou ils doivent choisir entre payer le loyer puis le logement parce
qu'il y a une explosion des prix des loyers...
Journaliste
: ...M. Poilievre
plutôt que M. Lewis. On l'a vu, là, le candidat des syndicats, il est arrivé
quatrième, donc il n'est pas... M. Lewis, il n'arrive pas à la tête appuyé par
des travailleurs, des ouvriers comme... comme la vieille gauche, là.
Mme Ghazal : Je vais laisser
M. Lewis répondre à... puis gérer son propre parti...
11 h 17 (version non révisée)
Mme Ghazal : ...répondre à...
puis gérer son propre parti. Moi, je vais gérer mon propre parti. Nous, à Québec
solidaire... Je vous le dis, les gens sont inquiets puis ils se réfugient dans
ce qu'ils connaissent. Ils essaient de trouver une alternative à la CAQ, qui
est un gouvernement conservateur, qui a dit que moi, je vais être un bon
gestionnaire, je vais bien gérer l'argent puis je vais mettre du privé partout.
En fait, ce qu'ils proposent, ce qu'ils ont proposé, le... la CAQ de M. Legault,
c'est la même chose que ce que Charles Milliard nous propose, c'est plus de la
même chose qui a toujours existé, plus de privé pour construire des logements.
Le privé, il a son rôle à jouer, mais le privé, il a des intérêts, c'est ses
propres intérêts, ce n'est pas les intérêts de la population, il essaie de
faire du profit. C'est au gouvernement et à l'État de prendre soin du monde.
Journaliste : ...Bérubé?
Avez-vous écouté Pascal Bérubé?
Mme Ghazal : Non, parce que je
n'étais pas... je n'ai pas eu le temps de l'écouter, oui.
Journaliste : Non, vous étiez
en descendant. Alors, lui, il vous demande pourquoi vous appuyez La France
insoumise et les propos de M. Mélenchon.
Mme Ghazal : Je répète, nous...
je veux dire à... on n'appuie pas... quand M. Mélenchon est venu ici, je l'ai
dit puis je vais le répéter... peut-être que M. Bérubé m'écoute, contrairement
à tout à l'heure, moi, je ne l'ai pas écouté, je vais le réécouter... ce qui
est important, c'est... il y a des partis politiques partout à travers le
monde, avec différentes idées. Il y en a qui sont de gauche, il y a des gens de
droite, et les partis de droite peuvent discuter entre eux puis échanger. Ça ne
veut pas dire qu'on est d'accord. À tous les jours, à tous les jours, ici, à l'Assemblée
nationale, on rencontre des élus qui viennent de l'étranger, qui ont d'autres
propositions, et...
Journaliste : C'est vos liens
avec La France insoumise qu'il questionne. Est-ce que vous avez des liens?
Mme Ghazal : C'est un autre
parti de gauche. Ils ont réussi à certains endroits, on peut s'en inspirer. Il
y a d'autres choses avec lesquelles on n'est pas du tout d'accord.
Journaliste
: ...«Epstin»
ou «Epstein»?
Mme Ghazal : Comment?
Journaliste
: Parce que
lui, il a dit qu'il faut dire «Epstein» pour souligner sa judéité.
Mme Ghazal : Vas-y, réponds,
parce que je ne comprends pas les questions. Moi, j'essaie d'être connectée
avec ce que les gens vivent pour vrai, comme la crise du logement.
M. Leduc : Bien, vous nous
contez... vous nous posez la question à la FI, mais M. PSPP, il est allé
rencontrer M. Zemmour en France. Moi, je trouve ça passablement inquiétant, là.
Journaliste
: ...
Journaliste : On peut-tu le laisser
finir...Moi, je fais de la TV, là. J'aimerais ça avoir... que le monde
puisse entendre ce que les gens disent. Qu'est-ce que vous disiez, M. Leduc, s'il
vous plaît?
M. Leduc : J'allais juste
dire : Vous nous posez la question sur la FI, mais il faudrait peut-être
reposer la question à M. PSPP, pourquoi il s'intéresse à aller rencontrer M.
Zemmour en France, par exemple.
Journaliste : Ça, vous avez
des preuves de ça?
Journaliste : Il l'a nié à
plusieurs reprises.
M. Leduc : Bien, il l'a nié à
plusieurs reprises, la rumeur persiste. On entend toutes sortes de choses.
Journaliste
: Est-ce
que vous avez des preuves de ce que vous avancez?
M. Leduc : Moi, je n'ai pas de
preuves personnelles, mais vous pouvez poser des questions.
Journaliste
: Parce que
Mélenchon est venu à un de vos... vos meetings.
Journaliste : Mme Ghazal, M.
Mélenchon a fait une blague sur les noms juifs. Pour vous, ce n'est pas un
repoussoir, ça?
Mme Ghazal : C'est très
important. Nous, là, quand il y a des gens qui viennent de l'étranger, puis,
après ça, ils demandent à nous rencontrer, on les rencontre. Est-ce que... Puis
d'autres députés d'autres... d'autres partis à travers le monde viennent, et on
les rencontre. Est-ce qu'on est d'accord à 100 %? Pas du tout. Moi...
Journaliste : ...blagues sur
les noms juifs. Est-ce que, pour vous, c'est un repoussoir pour rencontrer un
chef de parti ou un parti?
Mme Ghazal : Ce n'est... ce
n'est pas un repoussoir. C'est-à-dire que je... même si, par exemple, on n'est
pas d'accord avec ce genre de blagues là qui sont faits... Même, par exemple,
Rima Hassan, que, moi, j'aurais aimé ça rencontré ici, qu'elle venait ici d'un
pays étranger... C'est une élue, une députée européenne qui se fait censurer de
ne pas venir ici. Parce qu'à date, moi, j'ai demandé au gouvernement... on a
demandé au gouvernement fédéral qu'il s'explique sur sa venue. Ils ne l'ont pas
expliqué. Est-ce que je suis 100 % d'accord avec tout ce qu'elle dit? Bien
sûr que non, bien sûr que non.
À Québec solidaire, on a toujours été très,
très clairs. Moi, la cause palestinienne, c'est une cause humaniste, c'est une
cause humaniste, c'est comme ça que je la défends. Et tant et aussi longtemps
qu'il n'y a pas la paix entre les Israéliens, le peuple israélien et aussi le
peuple palestinien, bien, c'est toujours les mêmes, c'est les gens qui... c'est
la population qui sont pris en otage par le Hamas puis par le gouvernement de
Netanyahou qui bafoue tout le droit international.
Journaliste : ...M. Mélenchon
pourrait revenir à un meeting de Québec solidaire, comme ça a été fait par le
passé? Là, il a rencontré des militants, il s'adressait à des... Il
disait : Ce n'est pas juste une rencontre des loups, là.
Mme Ghazal : Quand il y a des
gens qui viennent, moi, je les rencontre. On peut parler avec les gens. Est-ce
qu'on est d'accord avec tout ce qu'ils disent? Pas du tout.
Journaliste : ...revenir à un
meeting, parler avec les militants?
Mme Ghazal : Bien là, avec
les «si», on peut aller très loin, là. Ce n'est pas avéré. Moi, j'allais
rencontrer Rima Hassan puis on l'a censuré de venir parce qu'elle défend la
cause palestinienne ou pour d'autres raisons. Il faudrait que le gouvernement s'explique.
Journaliste : ...Mme Ghazal,
on vient d'apprendre que Gilbert Rozon devra verser 880 000 $ à sept
des neuf femmes qui le poursuivaient. Qu'est-ce que... Comment vous
réagissez?
Mme Ghazal : Vous me l'apprenez.
Moi, j'entendais ce... cette... la... Voyons, excusez-moi. J'attendais ce
jugement-là... j'attendais ce jugement-là depuis longtemps. Et ça va faire
jurisprudence. C'est très important, que la voix des victimes soit entendue.
Puis le fait que... Là, je... Là, par exemple, est-ce qu'il a été reconnu
coupable? Parce que je n'ai pas lu l'actualité, tout ça est en train de se
passer en direct, pendant que je vous parle, ça fait que je ne vais pas me
tromper.
Journaliste : Je ne sais même
pas si c'est encore confirmé, mais 880 000 $ à sept des neuf courageuses.
Mme Ghazal : Ce qui est
important, c'est que la honte change de camp puis que les femmes soient
encouragées à dénoncer. C'est ce qu'on leur dit souvent, c'est : Dénoncez.
Mais c'est important...
11 h 22 (version non révisée)
Mme Ghazal :
...c'est
dénoncer. Mais c'est important qu'il y a un système de justice qui les entend.
Et, si M. Rozon est reconnu coupable, s'il est reconnu coupable et qu'il doit
dédommager les victimes au civil, ce serait une bonne nouvelle pour toutes les
femmes.
Journaliste
:
So, you
believe that the 55 plus crowd in the polls is a statistical error. Why?
Mme Ghazal :
Well, because I meet a lot of people who are 55 years and more and
who vote for Québec solidaire, our members also. So, I think it's a statistical
error. But what's important is that for sure that I would like that the only
left-wing party in the National Assembly of Québec, that we have more in the
polls. Right now, I think people are very afraid and worry about the economical
instability that we are living in Québec, so they vote for those who they know.
For example, the old party like the Parti libéral and le Parti québécois, who
have already been in the Government, which is not the case of Québec solidaire.
So, my responsibility, our responsibility as a political party, is to convince
people to try us, to vote for us to be in the government for the first time.
Because what we propose to resolve, for example, the housing crisis is very
popular in the population. And we make a lot of suggestions and solutions to
resolve the housing crisis. And this is what we will continue to do. And I'm
sure that people will hear us at the day one of the electoral campaign in
October.
Journaliste
:
So, you
think the uncertainty caused by, you know, the war and Donald Trump is kind of
sinking your ship?
Mme Ghazal :
Well, I will not say «sinking our ship», because we are stabilized.
We had like less in our... the polls. Now we are more. We are increasing during
the last year with the youth and women. So, everything is not over for the one
and only one left party in Québec. Our voice will still continue to be heard by
the population. And people need Québec solidaire because we are the only... political
party that gives solution for the housing crisis, which is not the other...
what the other political party do. For example, Parti libéral du Québec, they
propose always the same thing that what have been exist, more private. The
private can't resolve the housing crisis. And the State should put their hand
to help the middle-class people. And this is what we are doing. And we will
convince, and I'm very motivate, to convince the population to try Québec
solidaire and to vote for us to be the government.
Journaliste
:
On the
civil action against Rozon, the fact that he has to pay to this women that said
that they were victims of sexual assault close to $900,000, what does that mean
for you... and for future causes like this?
Mme Ghazal :
As a woman, is a very... it's a very good news for all women in
Québec. It's a message that the justice system is sending to all women, that
they can have confidence on our system, they can speak loudly and have
complaints if they have sexual harassment or violence. And this is very
important. This judgment is important for all women.
Journaliste
:
Even
with a giant like Mr. Rozon?
Mme Ghazal :
Even if... with a giant like Mr. Rozon. I'm not sure I understand,
but I... Yes.
Journaliste
:
...
Mme Ghazal :
Yes, yes. So, it's important. So, it's important that the... «que la
honte change de camp». So, yes, there's no man who is above the law. Merci!
(Fin à 11 h 26)