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(Dix heures cinquante-neuf minutes)
Mme Ghazal : Alors, bonjour,
tout le monde. Heureuse de me retrouver ici avec vous, avec mon collègue
Alexandre. Ça fait plusieurs années maintenant qu'on vit avec une crise du
logement, une crise de l'habitation sans précédent au Québec. Cette crise-là,
elle n'existe pas comme ça, par hasard. Elle ne nous a pas tombé dessus comme
ça. C'est le résultat de choix politiques qui ont été faits au cours des 30 dernières
années par le gouvernement de la CAQ, évidemment, mais aussi par les
gouvernements précédents du Parti québécois, du Parti libéral du Québec, où on
a laissé, et aussi le gouvernement fédéral... on a laissé totalement le marché,
le Far West, prendre toute la place. Et ça a mené à une financiarisation du
logement. Le logement, c'est devenu une marchandise comme une autre, avec aucun
contrôle. Et il y a eu un désinvestissement de l'État pour construire des
logements sociaux, des logements que les gens sont réellement capables de payer
avec leurs salaires.
Il faut prendre cette crise-là à
bras-le-corps. Il faut arriver avec des solutions réalistes, mais aussi
ambitieuses, avec surtout, surtout une vision à long terme, ce qui a totalement
manqué.
Nous, à Québec solidaire, vous nous
connaissez, on est tenaces. On a même eu... obtenu, tout en étant dans l'opposition,
des solutions, des gains par rapport à la crise du logement. Mais, hier, j'ai
déposé ce qui va être le début. J'ai dévoilé le début de ce qui va être la
pierre angulaire de la campagne électorale de Québec solidaire. Pour... Un
gouvernement Québec solidaire, il mettrait en place un plan comme celui-là, un
plan ambitieux. On va vous dévoiler les différentes mesures au courant des
différentes... des prochaines semaines, prochains mois, jusqu'à la campagne
électorale.
Et, hier, on a proposé une première
mesure. C'est une réforme du TAL. Qu'on soit locataire ou propriétaire, tout le
monde souffre du TAL, qui n'est pas capable de répondre à la demande qui est de
plus en plus grandissante. Donc, lui donner des mesures. Un investissement d'un
gouvernement de Québec solidaire, c'est 7 millions de dollars de
plus. Et aussi arrêter la discrimination des locataires qui portent plainte au
TAL mais qui malheureusement sont pénalisés parce qu'on peut facilement
trouver... les propriétaires peuvent facilement trouver leur nom. Ça leur fait
subir une discrimination, même s'ils étaient dans leur... même s'ils avaient
raison de porter plainte. Donc, on va rendre anonymes aussi les noms. Ça se
fait, par exemple, en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick,
en Alberta. Donc, il faudrait le faire ici, au Québec. Ça, c'est une première
mesure d'un plan ambitieux, rigoureux et réaliste que Québec solidaire va
proposer pour régler la crise du logement.
M. Leduc : Merci, Ruba. Je
vais vous parler rapidement des paramédics. Ça fait quelque temps qu'on les
accompagne dans leur bataille avec le gouvernement. Aujourd'hui, dans le fond,
c'est la dernière journée pour signer une pétition, que je parraine, pour les
paramédics, qui sont, tenez-vous bien, en négo depuis trois ans avec le
gouvernement, trois ans que le dossier traîne, que cette négo-là n'aboutit pas.
C'est des gens qui travaillent à la première ligne. On parle beaucoup de
première ligne dans les dernières 48 heures dans le domaine de la santé.
Ces gens-là sont au front. Ils aident les personnes qui ont des besoins
médicaux. Ils ont de la misère à négocier avec le gouvernement. Il y a une
pénurie de main-d'œuvre, de rétention de main-d'œuvre dans ce domaine-là, et ça
fait trois ans que ça traîne, cette négo-là. Alors, on aimerait ça que le
gouvernement s'intéresse aussi à ces gens-là qui sont en première ligne.
Journaliste
: Vous êtes
déçu que le gouvernement ait reculé pour ce qui est des pharmaciens?
M. Leduc : Oui. C'était une
bataille pour la classe moyenne, la classe moyenne qui reçoit son talon de paie
puis qui voit, année après année, la ligne sur les cotisations pour le régime
d'assurance collective augmenter, augmenter, augmenter. Il y a des raisons
objectives pour ça, il y a différentes raisons, mais une d'elles, c'étaient les
frais chargés par les pharmaciens. Des fois, il y a des médicaments qui sont un
peu plus particuliers, là, il pouvait y avoir des frais qui sont des fois
jusqu'à 70 fois plus chers que le frais perçu quand c'est avec la RAMQ.
C'est un enjeu. Les pharmaciens ont raison de ne pas être contents avec les
remboursements de la RAMQ.
D'ailleurs, nous, on n'a jamais proposé,
contrairement à ce qui a été écrit dans certains articles, que ce soient les
mêmes tarifs que la RAMQ. On n'a jamais dit ça. Si vous allez voir l'amendement
qu'on a proposé au ministre, qui, après ça, lui-même a rédigé et a déposé,
c'était qu'il y ait un pouvoir, que le pouvoir de la ministre de la Santé
puisse être exécuté pour venir encadrer les médicaments dans le régime
particulier, comme ça se fait dans d'autres provinces au Canada, d'ailleurs. On
n'a jamais dit qu'il fallait que ce soit la même chose que la RAMQ. Et les
pharmaciens ont raison d'être fâchés que la RAMQ ne paie pas assez. Mais ce
n'est pas une raison, ça, pour aller se ressaisir... se repayer dans les
régimes particuliers, mettre une pression et mettre en danger la pérennité des
régimes particuliers au Québec à moyen et à long terme.
Journaliste : ...eux, ils
disent que plafonner... eux, ils disent que plafonner les honoraires au privé,
ça aurait menacé leur modèle d'affaires, qu'il y en a même, au cours des
derniers jours, juste parce que l'amendement a été proposé, que... qui devaient
revoir leurs plans d'investissement, qui ont été contactés par leurs
institutions financières. Donc, ça, ce ne sont pas des arguments qui vous
convainquent?
M. Leduc : Quand
l'association des pharmaciens a envoyé son communiqué en disant que ça... en
sous-entendant qu'on proposait que ça soit les mêmes tarifs de remboursement
que la RAMQ, je peux comprendre que ça peut faire paniquer certaines personnes,
mais ce n'est pas ça que nous avons proposé, ce n'est pas ça que nous pensons
et ce n'est pas ça que disait l'amendement. Alors, il y a peut-être des petites
corrections qui auraient pu être faites de leur côté, mais, bon, la balloune
était partie.
Cela étant dit, la CAQ abandonne la classe
moyenne. C'est un vrai enjeu. Ça fait longtemps qu'on... qu'ils le savent,
d'ailleurs, les pharmaciens, qu'il y a une surfacturation, qu'il y a un
phénomène puis que rien ne se fait, rien ne se passe. Alors, M. Jean Boulet a
beau avoir dit : J'ai une entente de principe, au final, il n'y a rien,
là, il a juste capitulé. Il y a eu un petit comité puis il n'y a rien qui se
passe.
Journaliste : ...de ne pas
consulter avant de faire un amendement comme ça, de ne pas considérer les
conséquences avant de faire un amendement dans un projet de loi comme celui-là?
M. Leduc : On a rencontré des
groupes. Je n'ai pas sorti ça de mon chapeau, moi, là, là, un bon matin. Le
ministre aussi, c'est lui, le responsable, hein, c'est lui qui a les accès avec
les équipes des différents ministères, que je n'ai pas. Moi, j'ai parlé à des
groupes, j'ai parlé à des associations. C'était quelque chose qui était partagé
par le Parti libéral du Québec aussi. Ils sont même venus me dire en confidence
que je les avais pris un peu de vitesse, j'avais été plus vite qu'eux parce
qu'ils avaient exactement le même amendement qu'ils avaient préparé. Alors,
tout le monde était unanime. C'est un vrai sujet, la question des... de la
surfacturation. Après ça, ça ne veut pas dire que la question de la RAMQ est
simple. Et ils n'ont pas... ils n'ont pas tort, les pharmaciens, d'être fâchés
par rapport à la RAMQ, mais ça ne règle pas l'enjeu de la surfacturation des
régimes particuliers.
Mme Ghazal : Je veux juste...
Journaliste
: ...est un
pharmacien. Est-ce que vous pensez qu'il devrait intervenir pour inciter ses
collègues à ne pas surfacturer?
Mme Ghazal : Bien, en fait,
tous les partis qui étaient présents en commission parlementaire étaient
d'accord, y compris le Parti libéral du Québec. Donc, M. Milliard doit être au
courant que... Il y a même sa collègue, là, une députée du Parti libéral, qui
était Mme Caron... elle avait même préparé un amendement qui allait exactement
dans le même sens. Puis, si elle, elle l'avait déposé avant Alexandre,
probablement que le ministre aurait, après ça, lui-même saisi la balle au bond
puis l'aurait rédigé. Donc, tout le monde... Le Parti québécois, ils étaient
absents. Après ça, ils disent quand... quand il y a des conflits, ils disent
que, ah! eux autres, ils ne sont pas d'accord avec ça. On ne le saura jamais
parce qu'ils sont absents.
Donc, il y a un problème en ce moment de
manque de contrôle complet. C'est le système, ce n'est pas juste d'aller
pointer les pharmaciens. Moi, ma sœur est pharmacienne puis elle m'a appelée en
panique aussi, là, tu sais. Ça fait que je le sais, là, je sais ce qu'ils ont
vécu. Sauf que l'amendement, il faut le lire, il ne disait pas... de baisser
totalement ce que... En ce moment, c'est le far west, il n'y a pas
d'encadrement. Et c'est qui qui paie? C'est les mêmes personnes, la classe
moyenne, qui souffrent du coût de la vie, qui souffrent du coût de logement, de
l'habitation.
Moi, j'ai reçu aussi des gens dans mon
bureau, ça fait des années qu'ils voient leur prime d'assurance collective
augmenter, et leur employeur, il ne sait pas quoi faire. Puis ils me
disent : Qu'est-ce que je fais? À un moment donné, c'est quasiment mieux
pour cette personne-là qu'elle ne soit pas assurée. La solution, la vraie solution,
si on était au gouvernement, Québec solidaire, ça... puis ça fait longtemps
qu'on dit, c'est un régime d'assurance médicaments public et universel. Mais on
n'en est pas là en ce moment. Ce n'est pas nous qui sommes au gouvernement.
C'est ce gouvernement-là qui est d'accord qu'il faut encadrer. Mais moi, je
n'en reviens pas à la rapidité à laquelle le gouvernement a reculé puis il
laisse, après ça, en plan les gens de la classe moyenne. Il n'y a pas de
solution, là, maintenant pour l'encadrement.
Moi, je regarde maintenant les gens du
communautaire, les syndicats qui ont vu leur... tous leurs pouvoirs ou... tu
sais, moins de financement, bafoués, ils rêveraient d'avoir ça de l'oreille du
gouvernement, qui... comme ils l'ont eu rapidement avec les pharmaciens. C'est
vraiment deux poids, deux mesures.
Journaliste : ...qu'est-ce
que... qu'est-ce que M.... va faire maintenant? Est-ce qu'ils doivent déposer
un projet de loi d'ici la fin de la session pour venir encadrer? Parce que, là,
on dit : On a été trop rapidement, on n'a pas consulté. Est-ce qu'il faut
consulter puis faire un projet de loi?
Mme Ghazal : Oui. Bien, il
faudrait qu'il fasse les choses dans l'ordre, qu'il arrête d'être brouillon.
Nous, on fait notre travail, qu'ils le fassent, c'est eux qui sont autour de la
table avec les pharmaciens. Même l'Association des propriétaires pharmaciens,
ils disent que : Nous, on a des solutions pour encadrer ça. Bien,
assoyez-vous à la table puis faites-le.
Nous, on est convaincus que l'amendement
qu'on a déposé, c'est ce qu'il faut faire. On est très, très déçu que
finalement ça a été mis de côté. C'est maintenant la responsabilité du
gouvernement de protéger le portefeuille de la classe moyenne qui n'y arrive
plus et de trouver une façon d'encadrer ces frais qui... où c'est le Far West,
là. Il n'y a pas de limites.
Journaliste : ...appuyer la
motion du Parti québécois sur la policière insultée pour qu'il y ait comme une
règle qui interdise ce type de comportement, là?
Mme Ghazal : Oui. Je n'ai pas
lu la motion. Je n'ai pas vu qu'eux autres ils la déposaient. On va prendre le
temps, hein? Vous le savez, c'est important qu'on fasse ce travail-là quand il
y a des motions qui sont déposées. On se rappelle la motion du vagin, si vous vous
en rappelez. Donc, c'est important de bien lire les motions, de comprendre le
contenu. Puis on va être là-dessus. Mais, pour aller sur le contenu, j'ai vu
cette vidéo-là, je suis sur les réseaux sociaux, comme tout le monde, je l'ai
vue, et j'ai été... j'ai trouvé ce comportement-là complètement inacceptable.
Qu'une personne comme ça, en service, se fasse varloper avec des propos
totalement misogynes, c'est totalement inacceptable.
Journaliste : ...qu'est-ce
qu'il faut faire?
Mme Ghazal : Bien, il faut...
il ne faut pas accepter ce genre de violence verbale. On va regarder
qu'est-ce... qu'est-ce qu'il faut faire.
Journaliste : ...ça prendrait
une règle, un peu comme...
Mme Ghazal : Je n'y ai pas
réfléchi de façon très, très... Tout ce que je peux vous dire, c'est que c'est
inacceptable, et on ne peut pas accepter que les gens en service... Que ce
soient des policiers ou que ce soient des gens qui travaillent avec le public,
souvent, on le voit, là, quand on arrive dans des lieux publics, les... il y
a... il y a une pancarte qui dit : S'il vous plaît, soyez polis. Je veux
dire, ça devrait être la base dans notre société.
Journaliste : ...ça pourrait
être un cas de profilage racial? C'est ce qu'il dit, Mohamed Bekkali.
Mme Ghazal : Bien, en ce
moment, moi, ce que j'ai vu, c'est quelqu'un qui insultait. Puis il y avait les
vitres fermées. En tout cas, il y a beaucoup de questions à se poser là-dessus,
parce que les vitres étaient teintées, donc je ne sais pas si elle a pu voir
qui était à l'intérieur. Ce qui est important, c'est de ne pas accepter ce
genre de propos là.
Journaliste : ...sur les
réseaux sociaux, l'individu en question ne parle pas juste de ce cas-là là. Il
prétend qu'il est victime à plusieurs reprises de profilage, de profilage
racial. Entendez-vous parler de cas, vous, de profilage racial, beaucoup, je ne
sais pas, moi, par rapport aux corps policiers, par exemple?
Mme Ghazal : Bien, les... M.
Fadi Dagher lui-même, il a déjà... je veux dire, le Service de police de
Montréal ont reconnu qu'il y a du racisme systémique. Je les félicite
d'ailleurs de le faire. Et ils savent qu'il y a des problèmes, et qu'il faut
régler ce problème-là, qui existe. Oui, ça a été documenté, il y a eu des
rapports, moult rapports. Ce n'est pas uniquement mon impression personnelle,
moi, dans mon quotidien, quand je rencontre du monde qui m'en parle. C'est un
aspect qui est prouvé et bien, bien documenté, donc c'est important de le
régler.
Journaliste : ...a parlé de
masculinisme. Est-ce que vous, vous pensez que c'est du masculinisme, ou du
racisme, ou c'est quoi?
Mme Ghazal : C'est... Moi, ce
que j'ai entendu, c'est de la misogynie. Ça ressemble aux propos que je reçois,
par exemple, sur mes réseaux sociaux. Il y a aussi de la cyberviolence. Il y a
une montée du discours violent contre les femmes. Il faut le combattre, peu
importe où est-ce qu'il vient.
Journaliste : Du fait que M.
Roberge a fait évaluer les propositions de Bernard Drainville et de Christine
Fréchette en matière d'immigration, là, l'impact du retour du PEQ, est-ce que
le fait de se soumettre comme ça au ministère des propositions partisanes,
c'est une problématique?
Mme Ghazal : Juste peut-être
me l'expliquer. C'est-à-dire qu'il a fait évaluer à... Oui, vas-y, vas-y.
M. Leduc : Je peux répondre.
Dossier institutions démocratiques, là, moi, je demanderais peut-être au DGEQ
de faire une petite enquête là-dessus, là. Parce que ça pourrait être une
utilisation inadéquate de ressources parlementaires pour une campagne à la
chefferie qui est encadrée, qui est supposée avoir son propre financement. S'il
elle veut... S'il veut faire des recherches, là, M. Drainville ou Mme
Fréchette, ils sont supposés pouvoir se payer des recherchistes pour faire ça
avec du financement privé qui a été ramassé dans le cadre de leur course.
Journaliste : Le DGEQ ou
Commissaire à l'éthique?
M. Leduc : Bien, les deux
dans ce cas-ci, les deux dans ce cas-ci.
Journaliste
: ...le
sondage, qu'est-ce que... comment vous expliquez, bien, d'abord, que vous soyez
à... toujours à 9 %, mais aussi, quand on regarde plus en détail, chez les
55 ans et plus, Québec solidaire est à 0 %, à quel point ça vous
préoccupe?
Mme Ghazal : Ça veut dire que
tous nos membres qui ont 55 ans et plus n'existent plus. Sérieusement, là,
je n'ai pas analysé puis je n'ai pas parlé avec le sondeur pour savoir, mais je
pense qu'il y a eu une erreur statistique ici, là. Maintenant, c'est sûr qu'on
stagne dans les sondages, on a déjà... on a été même plus bas, on est monté, on
stagne. Il y a dans certains... populations où est-ce qu'on monte, par exemple
chez les jeunes, chez les femmes. Cela dit, c'est sûr qu'on n'est pas là où
j'aurais voulu qu'on soit, à Québec solidaire, comme seul parti progressiste au
Québec à être clairement, résolument de gauche à l'Assemblée nationale. C'est
une voix qui existe au Québec et c'est important qu'elle soit entendue.
Maintenant, pour expliquer, parce qu'on me
demande d'analyser aussi le sondage, ça fait que je vais vous faire plaisir
puis je vais le faire, j'y ai réfléchis, qu'est-ce qui explique cette
situation-là, moi, je pense qu'en ce moment il y a beaucoup d'instabilité
économique, les gens sont inquiets, la crise du coût de la vie, mais aussi,
tout ce qui se passe dans le monde, la hausse du prix de l'essence, ce qui se
passe avec Trump, il y a une inquiétude. Et, quand on est inquiet, et moi, je
la comprends, cette inquiétude, je... je compatis avec les gens qui souffrent
de cette instabilité économique puis de ne pas savoir ce qui se passe dans
l'avenir, souvent on va se réfugier dans ce qu'on connaît. Puis Québec
solidaire, on n'a jamais été au pouvoir, donc peut-être que, pour les gens, on
est l'inconnu, contrairement aux anciens partis comme le Parti libéral ou le Parti
québécois qui ont déjà été au pouvoir. Donc, les gens veulent se réfugier dans
quelque chose qu'ils connaissent. C'est l'explication que je peux donner.
Maintenant, c'est à nous, à Québec solidaire,
de convaincre la population que... de nous essayer, de nous envoyer au pouvoir,
c'est... Moi, j'en prends la responsabilité au nom de ma formation politique,
et c'est pour ça que je mets de l'avant des propositions fortes en matière de
logement. Parce que juste de chialer sur ce qui va mal, c'est assez. Ce qu'il
faut, c'est aussi trouver des propositions puis réparer ce qui a été brisé au
cours des 30, 40 dernières années par les gouvernements qui ont été au
pouvoir, qui ne sont pas Québec solidaire. Et c'est pour ça qu'on est à
l'offensive. Moi, je suis très à l'offensive, vous m'entendez? Je me tiens aux
abords des épiceries, je me tiens à côté des coopératives d'habitation, où les
gens me disent qu'es- ce qu'ils vivent. Et ce qu'on met de l'avant, c'est des
propositions populaires. Par exemple, une des propositions, c'est de limiter la
hausse des loyers à l'inflation. Elle est appuyée par 85 % de la
population qui soit propriétaire ou locataire. Donc, ça parle. C'est notre
responsabilité de le faire.
En ce moment, il y a beaucoup de choses
qui se passent, hein, c'est... on n'a pas de premier ministre, ou presque, et
il y a... il y a... il y a beaucoup, beaucoup de choses...
Journaliste
: ...M.
Boulerice?
Mme Ghazal : ...il y a
beaucoup de choses qui se passent. Moi, je pense que les gens en... je vais
vous revenir, M. Robitaille. Ce qui se passe en ce moment, c'est qu'à la ligne
de départ les gens vont plus nous écouter, c'est-à-dire le jour 1 de la
campagne électorale.
Journaliste : Est-ce que M.
Boulerice va se brancher?
Mme Ghazal : Je n'ai pas
d'annonce à faire aujourd'hui. Je vais... J'ai entendu M. Boulerice dire qu'il
réfléchit. On va le laisser réfléchir.
Journaliste : Est-ce que vous
pourriez vous inspirer d'Avi Lewis pour vous sortir du marasme?
Une voix : Qui?
Journaliste
: D'Avi
Lewis, le nouveau...
Mme Ghazal : Moi, je m'inspire
beaucoup. Je l'ai déjà dit... Avi Lewis. Moi, je m'inspire... Moi, je me
réjouis tout le temps quand il y a des gens qui sont progressistes de gauche,
quand on voit une montée des droites partout à travers le monde, des gens qui
veulent aussi attaquer notre modèle québécois. Je veux dire, oui, notre modèle
québécois est malade, mais la solution n'est pas de tuer le malade, mais plutôt
de le réparer et de le soigner. C'est ce que nous, à Québec solidaire, on
propose. Donc, quand il y a des voies de gauche ou des gens de gauche qui sont
élus, je me réjouis de ça, de tous les pays, notamment, par exemple, le maire
de New York. Moi, je m'inspire beaucoup de Mamdani.
Journaliste : ...un retour
aux racines du parti, est-ce que c'est quelque chose qui pourrait vous aider à
remonter dans les sondages?
Mme Ghazal : Bien, il ne faut
vraiment pas m'avoir écoutée depuis que je suis porte-parole pour me poser
cette question-là. Je n'ai pas besoin de m'inspirer d'un autre parti politique.
Dès que je suis arrivée, j'ai dit que, Québec solidaire, il faut qu'on soit
connecté avec les travailleurs, travailleuses, les gens qui travaillent fort,
qui font tout bien, qui travaillent, là, et qui ne sont pas capables de payer
leur loyer ou ils doivent choisir entre payer le loyer puis le logement parce
qu'il y a une explosion des prix des loyers...
Journaliste
: ...M.
Poilievre plutôt que M. Lewis. On l'a vu, là, le candidat des syndicats, il est
arrivé quatrième, donc il n'est pas... M. Lewis, il n'arrive pas à la tête
appuyé par des travailleurs, des ouvriers comme... comme la vieille gauche, là.
Mme Ghazal : Je vais laisser
M. Lewis répondre à... puis gérer son propre parti. Moi, je vais gérer mon
propre parti. Nous, à Québec solidaire... Je vous le dis, les gens sont
inquiets puis ils se réfugient dans ce qu'ils connaissent. Ils essaient de
trouver une alternative à la CAQ, qui est un gouvernement conservateur, qui a
dit que moi, je vais être un bon gestionnaire, je vais bien gérer l'argent puis
je vais mettre du privé partout. En fait, ce qu'ils proposent, ce qu'ils ont
proposé, le... la CAQ de M. Legault, c'est la même chose que ce que Charles
Milliard nous propose, c'est plus de la même chose qui a toujours existé, plus
de privé pour construire des logements. Le privé, il a son rôle à jouer, mais
le privé, il a des intérêts, c'est ses propres intérêts, ce n'est pas les
intérêts de la population, il essaie de faire du profit. C'est au gouvernement
et à l'État de prendre soin du monde.
Journaliste : ...Bérubé?
Avez-vous écouté Pascal Bérubé?
Mme Ghazal : Non, parce que
je n'étais pas... je n'ai pas eu le temps de l'écouter, oui.
Journaliste : Non, vous étiez
en descendant. Alors, lui, il vous demande pourquoi vous appuyez La France
insoumise et les propos de M. Mélenchon.
Mme Ghazal : Je répète,
nous... je veux dire à... on n'appuie pas... quand M. Mélenchon est venu ici,
je l'ai dit puis je vais le répéter... peut-être que M. Bérubé m'écoute,
contrairement à tout à l'heure, moi, je ne l'ai pas écouté, je vais le
réécouter... ce qui est important, c'est... il y a des partis politiques
partout à travers le monde, avec différentes idées. Il y en a qui sont de
gauche, il y a des gens de droite, et les partis de droite peuvent discuter
entre eux puis échanger. Ça ne veut pas dire qu'on est d'accord. À tous les
jours, à tous les jours, ici, à l'Assemblée nationale, on rencontre des élus
qui viennent de l'étranger, qui ont d'autres propositions, et...
Journaliste : C'est vos liens
avec La France insoumise qu'il questionne. Est-ce que vous avez des liens?
Mme Ghazal : C'est un autre
parti de gauche. Ils ont réussi à certains endroits, on peut s'en inspirer. Il
y a d'autres choses avec lesquelles on n'est pas du tout d'accord.
Journaliste
:
...«Epstin» ou «Epstein»?
Mme Ghazal : Comment?
Journaliste
: Parce que
lui, il a dit qu'il faut dire «Epstein» pour souligner sa judéité.
Mme Ghazal : Vas-y, réponds,
parce que je ne comprends pas les questions. Moi, j'essaie d'être connectée
avec ce que les gens vivent pour vrai, comme la crise du logement.
M. Leduc : Bien, vous nous
contez... vous nous posez la question à la FI, mais M. PSPP, il est allé
rencontrer M. Zemmour en France. Moi, je trouve ça passablement inquiétant, là.
Journaliste
: ...
Journaliste : On peut-tu le
laisser finir...Moi, je fais de la TV, là. J'aimerais ça avoir... que
le monde puisse entendre ce que les gens disent. Qu'est-ce que vous disiez, M.
Leduc, s'il vous plaît?
M. Leduc : J'allais juste
dire : Vous nous posez la question sur la FI, mais il faudrait peut-être
reposer la question à M. PSPP, pourquoi il s'intéresse à aller rencontrer M.
Zemmour en France, par exemple.
Journaliste : Ça, vous avez
des preuves de ça?
Journaliste : Il l'a nié à
plusieurs reprises.
M. Leduc : Bien, il l'a nié à
plusieurs reprises, la rumeur persiste. On entend toutes sortes de choses.
Journaliste
: Est-ce
que vous avez des preuves de ce que vous avancez?
M. Leduc : Moi, je n'ai pas de
preuves personnelles, mais vous pouvez poser des questions.
Journaliste
: Parce que
Mélenchon est venu à un de vos... vos meetings.
Journaliste : Mme Ghazal, M.
Mélenchon a fait une blague sur les noms juifs. Pour vous, ce n'est pas un
repoussoir, ça?
Mme Ghazal : C'est très
important. Nous, là, quand il y a des gens qui viennent de l'étranger, puis,
après ça, ils demandent à nous rencontrer, on les rencontre. Est-ce que... Puis
d'autres députés d'autres... d'autres partis à travers le monde viennent, et on
les rencontre. Est-ce qu'on est d'accord à 100 %? Pas du tout. Moi...
Journaliste : ...blagues sur
les noms juifs. Est-ce que, pour vous, c'est un repoussoir pour rencontrer un
chef de parti ou un parti?
Mme Ghazal : Ce n'est... ce
n'est pas un repoussoir. C'est-à-dire que je... même si, par exemple, on n'est
pas d'accord avec ce genre de blagues là qui sont faits... Même, par exemple,
Rima Hassan, que, moi, j'aurais aimé ça rencontré ici, qu'elle venait ici d'un
pays étranger... C'est une élue, une députée européenne qui se fait censurer de
ne pas venir ici. Parce qu'à date, moi, j'ai demandé au gouvernement... on a
demandé au gouvernement fédéral qu'il s'explique sur sa venue. Ils ne l'ont pas
expliqué. Est-ce que je suis 100 % d'accord avec tout ce qu'elle dit? Bien
sûr que non, bien sûr que non.
À Québec solidaire, on a toujours été
très, très clairs. Moi, la cause palestinienne, c'est une cause humaniste,
c'est une cause humaniste, c'est comme ça que je la défends. Et tant et aussi
longtemps qu'il n'y a pas la paix entre les Israéliens, le peuple israélien et
aussi le peuple palestinien, bien, c'est toujours les mêmes, c'est les gens
qui... c'est la population qui sont pris en otage par le Hamas puis par le
gouvernement de Netanyahou qui bafoue tout le droit international.
Journaliste : ...M. Mélenchon
pourrait revenir à un meeting de Québec solidaire, comme ça a été fait par le
passé? Là, il a rencontré des militants, il s'adressait à des... Il
disait : Ce n'est pas juste une rencontre des loups, là.
Mme Ghazal : Quand il y a des
gens qui viennent, moi, je les rencontre. On peut parler avec les gens. Est-ce
qu'on est d'accord avec tout ce qu'ils disent? Pas du tout.
Journaliste : ...revenir à un
meeting, parler avec les militants?
Mme Ghazal : Bien là, avec
les «si», on peut aller très loin, là. Ce n'est pas avéré. Moi, j'allais
rencontrer Rima Hassan puis on l'a censuré de venir parce qu'elle défend la
cause palestinienne ou pour d'autres raisons. Il faudrait que le gouvernement
s'explique.
Journaliste : ...Mme Ghazal,
on vient d'apprendre que Gilbert Rozon devra verser 880 000 $ à sept
des neuf femmes qui le poursuivaient. Qu'est-ce que... Comment vous
réagissez?
Mme Ghazal : Vous me
l'apprenez. Moi, j'entendais ce... cette... la... Voyons, excusez-moi.
J'attendais ce jugement-là... j'attendais ce jugement-là depuis longtemps. Et
ça va faire jurisprudence. C'est très important, que la voix des victimes soit
entendue. Puis le fait que... Là, je... Là, par exemple, est-ce qu'il a été
reconnu coupable? Parce que je n'ai pas lu l'actualité, tout ça est en train de
se passer en direct, pendant que je vous parle, ça fait que je ne vais pas me
tromper.
Journaliste : Je ne sais même
pas si c'est encore confirmé, mais 880 000 $ à sept des neuf
courageuses.
Mme Ghazal : Ce qui est
important, c'est que la honte change de camp puis que les femmes soient
encouragées à dénoncer. C'est ce qu'on leur dit souvent, c'est : Dénoncez.
Mais c'est important qu'il y ait un système de justice qui les entend. Et, si
M. Rozon est reconnu coupable, s'il est reconnu coupable et qu'il doit
dédommager les victimes au civil, ce serait une bonne nouvelle pour toutes les
femmes.
Journaliste :
So, you believe that the 55 plus crowd
in the polls is a statistical error. Why?
Mme Ghazal :
Well, because I meet a lot of people
who are 55 years and more and who vote for Québec solidaire, our members also.
So, I think it's a statistical error. But what's important is that for sure
that I would like that the only left-wing party in the National Assembly of
Québec, that we have more in the polls. Right now, I think people are very
afraid and worry about the economical instability that we are living in Québec,
so they vote for those who they know. For example, the old party like the Parti
libéral and le Parti québécois, who have already been in the Government, which
is not the case of Québec solidaire. So, my responsibility, our responsibility
as a political party, is to convince people to try us, to vote for us to be in
the government for the first time. Because what we propose to resolve, for
example, the housing crisis is very popular in the population. And we make a
lot of suggestions and solutions to resolve the housing crisis. And this is
what we will continue to do. And I'm sure that people will hear us at the day
one of the electoral campaign in October.
Journaliste :
So, you think the uncertainty caused
by, you know, the war and Donald Trump is kind of sinking your ship?
Mme Ghazal :
Well, I will not say «sinking our
ship», because we are stabilized. We had like less in our... the polls. Now we
are more. We are increasing during the last year with the youth and women. So,
everything is not over for the one and only one left party in Québec. Our voice
will still continue to be heard by the population. And people need Québec
solidaire because we are the only... political party that gives solution for
the housing crisis, which is not the other... what the other political party
do. For example, Parti libéral du Québec, they propose always the same thing
that what have been exist, more private. The private can't resolve the housing
crisis. And the State should put their hand to help the middle-class people.
And this is what we are doing. And we will convince, and I'm very motivate, to
convince the population to try Québec solidaire and to vote for us to be the
government.
Journaliste :
On the civil action against Rozon, the
fact that he has to pay to this women that said that they were victims of
sexual assault close to $900,000, what does that mean for you... and for future
causes like this?
Mme Ghazal :
As a woman, is a very... it's a very
good news for all women in Québec. It's a message that the justice system is
sending to all women, that they can have confidence on our system, they can
speak loudly and have complaints if they have sexual harassment or violence.
And this is very important. This judgment is important for all women.
Journaliste :
Even with a giant like Mr. Rozon?
Mme Ghazal :
Even if... with a giant like Mr. Rozon.
I'm not sure to understand, but I... Yes.
Journaliste :
...
Mme Ghazal :
Yes, yes. So, it's important... So,
it's important that the... «que la honte change de camp». So, yes, there's no
man who is above the law. Merci.
(Fin à 11 h 26)