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Point de presse de Mme Michelle Setlakwe, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’enseignement supérieur

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, April 1, 2026, 8 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures deux minutes)

Mme Setlakwe : Bonjour. Bon matin à vous tous. J'espère que vous allez bien en ce 1er avril. Nous, nous étions ensemble, Charles et moi, hier, dans Chaudière-Appalaches, on était en tournée. Donc, heureuse d'être encore une fois avec lui ce matin. Ce qu'on a entendu hier est assez clair, là, les Québécois veulent du changement, ça, on le sait, mais je le résumerais de la façon suivante, c'est ma... c'est ce qu'on ressent, et c'était... c'est devenu clair encore hier. Est-ce qu'aujourd'hui, après huit ans de règne caquiste... Est-ce que le Québec est dans une meilleure situation qu'il y a huit ans? La réponse, c'est non.

Permettez-moi, là, de toucher à mes dossiers de porte-parole en enseignement supérieur, notamment la question des étudiants internationaux, ça, c'est une crise que la CAQ a créée. Et puis, en ce moment, la ministre Biron est en Europe pour réparer les pots cassés. Donc, créer une problématique puis ensuite aller à l'étranger pour réparer les pots cassés, travailler sur notre réputation à l'international, redorer notre blason, notre attractivité. Et ça, le mal est fait non seulement au niveau financier, là, au niveau de nos établissements d'enseignement supérieur, mais aussi c'est la question des régions puis de pouvoir continuer à assurer à donner des programmes complets, des cohortes complètes. On a besoin des étudiants internationaux. Donc, échec à la CAQ dans ce dossier-là.

Également, les infrastructures de nos... les cégeps, les infrastructures, c'est très inquiétant. Moi, je suis... je suis une mère de trois jeunes adultes, donc je reçois... je suis particulièrement sensible à cette question-là, de l'éducation, je reçois beaucoup de courriels, d'appels à mon bureau de circonscription, des parents inquiets. Est-ce que, vraiment, aujourd'hui, après huit ans de règne caquiste, on peut dire que nos jeunes évoluent dans un milieu qui est propice à leur réussite, alors que le ministre et le premier ministre Legault disaient que l'éducation, c'était la priorité des priorités? Je pense que la réponse, c'est non. Je suis inquiète pour nos jeunes.

Et puis, dernier point, au niveau de la transformation numérique, là... je ne peux pas passer sous silence la question de la transformation numérique. Est-ce qu'on peut dire qu'après deux mandats de gouvernement majoritaire de la CAQ on a fait des avancées importantes au niveau de la transformation numérique? Bien, poser la question, c'est y répondre. Puis là je ne parle même pas du fiasco SAAQclic. On n'a pas vu, de la part de la CAQ, le leadership qui était requis pour mener à bien la transformation numérique du Québec qui est tant attendue. Et, sur ce, je cède la parole à notre chef, Charles Milliard.

M. Milliard (Charles) : Merci beaucoup, Michelle. C'était un plaisir de faire une tournée avec toi hier. Content de vous revoir ce matin. Premièrement, je voudrais débuter en offrant mes plus sincères sympathies à la famille et aux proches de Louis Saia, qui a été un des grands dramaturges, un des grands scénaristes au Québec et qui a fait tellement rire et réfléchir beaucoup de Québécois, qu'on pense évidemment aux Boys, à Broue, mais je pense aussi à des pièces comme Les voisins et Appelez-moi Stéphane. Et pour l'anecdote, appelez-moi Stéphane, c'est la première pièce de théâtre que j'ai vue, pour la simple et bonne raison que ma mère l'a mise en scène pour des étudiants à la polyvalente de Lévis. Alors, j'avais assisté à toutes les répétitions... Alors, je ne dirais pas que je la connais par cœur, mais c'est un... c'est un moment qui est précis dans ma tête et je veux vraiment offrir mes sympathies à la famille de M. Saia.

Aujourd'hui, cette semaine, en fait, c'est la dernière semaine de M. Legault comme premier ministre, en Chambre, puisque c'est relâche parlementaire la semaine prochaine. Alors, je me permettrai ce matin de faire un court bilan de son gouvernement et de son action. Je l'ai mentionné le 14 janvier dernier, et, je le répète, je salue sa résilience politique, d'avoir fait ce boulot-là pendant plus de 25 ans. Je peux dire à ceux qui nous écoutent aujourd'hui que ça prend des muscles assez développés, et je veux le féliciter pour ça. Et ça aura été aussi notre premier ministre durant la pandémie de COVID-19, qui nous semble loin, mais qui pourtant a été une épreuve extrêmement marquante pour les Québécois.

Par contre, quand on regarde le travail sur les missions de l'État, bien, évidemment ça se corse un peu, quand on regarde... ça se corse beaucoup, en fait. Quand on regarde... sur l'économie, pardon, vous savez qu'on est passé, je le répète, souvent, d'un surplus de 7 milliards à un déficit de 10 milliards. Il y a eu de l'interventionnisme à outrance dans l'économie du Québec, et on a aussi beaucoup laissé nos PME à elles-mêmes, ensevelies sous la réglementation, sous les nouvelles exigences, sous la reddition de comptes. Et je trouvais intéressant de voir l'ancien premier ministre Lucien Bouchard, hier, si je me rappelle bien, au Sommet du repreneuriat, à Montréal, mentionner que les Québécois ne peuvent pas s'abandonner à la passivité. Alors, il y a un aspect de lucidité, si je peux ramener ce terme-là, qui est intéressant, sur le besoin qu'on a justement de ne pas céder à la passivité et de se redonner un objectif collectif de prospérité économique. C'est le seul passeport pour générer les richesses et l'argent dont on a besoin pour payer les services publics.

Quand on parle, justement, des services publics, bien, en matière de santé, vous savez ce qui s'est passé dans les derniers mois. Surtout, on a braqué les médecins, on a déçu les patients sur les temps d'attente, évidemment, on a aussi semé la confusion, récemment, sur les pharmaciens. Et là, pouf!, Cendrillon, la semaine passée, à 23 h 59, on nous annonce une réforme des CLSC. Écoutez, il y a des éléments là-dedans qui méritent réflexion, mais qui va croire à une réforme en profondeur des CLSC à minuit moins une, comme ça? J'entendais Mme Fréchette aussi, qui n'est pas ministre de la Santé, mais promettre des salles d'attente virtuelles, est-ce que je peux... à l'urgence. Est-ce que je peux vous rappeler que, si quelqu'un va à l'urgence et est assez en forme pour aller attendre à la maison qu'on le rappelle, c'est parce que peut-être il n'a pas d'affaire à l'urgence, qu'il y a d'autres solutions qui existent dans le système de santé. Alors, ça, c'est une aberration dont j'aimerais qu'on discute dans les prochaines semaines, surtout si Mme Fréchette devient première ministre.

En éducation, Michelle en a fait mention, de plusieurs éléments, mais je pense qu'on est passé d'une priorité nationale à une inquiétude nationale. Est-ce que j'ai besoin de vous rappeler qu'il y a 9 000 enseignants qui sont non qualifiés au Québec en ce moment? Alors, quand on parle de faire des états généraux sur l'éducation, c'est pour parler de sujets aussi importants que ceux-là.

Les conclusions que je vous partage ce matin, bien, elles sont... elles ne sont pas seulement l'apanage, là, du Parti libéral du Québec, c'est aussi le résultat de consultations que j'ai faites beaucoup dans les dernières semaines. J'ai été beaucoup sur le terrain à rencontrer les milieux économiques, à rencontrer les milieux syndicaux aussi. J'ai rencontré plusieurs grands leaders syndicaux, entre autres hier et avant-hier, et aussi les milieux communautaires qui, je vous le rappelle, sont à boutte, et nous le ferons savoir à Québec demain lors d'une manifestation. Alors, écoutez, moi, je pense que les promesses de dernière minute de la CAQ, c'est trop tard. C'est un peu comme si la CAQ parlait aux Québécois sur la bande FM... sur la bande AM, et que nous, on était tous passés à la bande FM.

Alors, moi, en terminant, j'aurais deux... deux messages pour les aspirants candidats. Il y a une de ces deux personnes-là qui va devenir premier ministre le 12 avril prochain. La première chose, c'est s'il vous plaît, pouvez-vous assumer le bilan? Vous pouvez vous juste arrêter de contourner le bilan et assumer que les deux, vous étiez autour de la table du Conseil des ministres quand ces décisions-là ont été prises. Ce n'est pas un crime. C'est correct. Mais assumons ça et arrêtons de contourner. Et la deuxième chose, c'est : Est-ce qu'on pourrait savoir rapidement qu'est-ce que vous avez l'intention de faire avec le 1,3 milliard que le bon ministre des Finances, M. Girard, vous a laissé? Alors que les coûts augmentent, le coût de la vie explose, les services publics sont en déroute, est-ce qu'on pourrait, s'il vous plaît, ne pas avoir droit à... à un effeuillage partisan puis savoir tout de suite qu'est-ce qui va se passer avec cet argent-là? Alors, voilà.

Journaliste : On apprend ce matin que la proposition de Christine Fréchette de rouvrir le PEQ signifierait, selon le ministère de l'Immigration, d'accueillir 125 000 immigrants temporaires. M. Morin a milité dans la rue avec les gens qui sont touchés par l'abolition du PEQ. Vous demandiez qu'on le rouvre. Est-ce que ça refroidit vos ardeurs ce matin ce chiffre-là?

M. Milliard (Charles) : Bien, la première chose que je vous dirais, c'est qu'enfin on a des chiffres. Ça fait combien de fois que je me pointe devant vous pour vous dire qu'il faut que le ministère de l'Immigration donne des chiffres pour qu'on puisse objectiver ce débat-là. Alors là, on l'a eu. On l'a eu, par contre, par le concours d'un candidat à la course à la chefferie qui a demandé à ce qu'une analyse soit faite d'une de ses promesses. Je trouve ça quand même assez particulier, mais admettons que maintenant on décide qu'on a... qu'on a les chiffres. C'est un chiffre qui est important. Il faut savoir que, sur ce montant-là, ce n'est pas tout le monde qui va vouloir avoir la résidence permanente, mais c'est un chiffre qu'il va falloir prendre en considération.

Mais moi, ce que je vous dis ce matin, c'est qu'il n'y a rien qui a changé. Ces gens-là sont déjà ici, alors ne mêlons pas les Québécois ce matin en disant qu'il va y avoir... que j'espère ne pas voir un article mentionnant qu'il y a 125 000 nouvelles personnes qui vont arriver, ce sont des gens qui sont déjà ici, qui ont un toit, qui parlent français pour l'immense majorité et qui travaillent pour la plupart dans nos... dans nos entreprises ou qui sont étudiants dans nos cégeps, entre autres, en région puis dans nos universités. Alors, ces gens-là, ils sont déjà ici.

Donc, on va devoir voir comment déployer avec le fédéral, entre autres, cette réalité-là, mais ce ne sont pas des nouvelles personnes dont on parle aujourd'hui, et c'est la preuve qui existe, des informations, des données au ministère de l'Immigration. Et moi, je vais vouloir, si les Québécois nous choisissent, m'asseoir avec eux et discuter du fameux potentiel d'accueil par région.

Journaliste : ...pour vous, la nécessité de rouvrir le PEQ, même si ça signifie 125...

M. Milliard (Charles) : Ça ne change pas la...

Journaliste : ...rester au Québec, 125.

M. Milliard (Charles) : Ça ne change pas la nécessité de respecter la parole que les Québécois ont donnée. Quand je vois Martine Biron, qui revient d'une mission à l'international pour réparer les pots cassés, les pots cassés sont là parce qu'on a fait des promesses aux gens qu'on n'est pas capables de tenir. Alors, si, au Québec, on veut être une nation qui accueille ces gens-là, on doit le faire de bonne façon. Et je regardais les conditions que Mme Fréchette mettait en place par rapport au fait qu'elle n'a pas vraiment répondu à cette question-là samedi, soyons honnêtes, que les immigrants parlent français alors qu'on coupe dans les cours de francisation, qu'elle souhaite respecter la capacité d'accueil à 45 000, bien honnêtement, factuellement, les gens savent compter, ça ne fonctionne pas. Puis, troisièmement, qu'on écoute les entrepreneurs en région. Or, les entrepreneurs en région nous disent l'inverse de ce que propose la Coalition avenir Québec depuis huit ans.

Journaliste : ...le seuil d'immigration permanente, ce serait quoi?

M. Milliard (Charles) : Sous un gouvernement Milliard, je vais m'asseoir avec le ministère de l'Immigration, c'est la même réponse que la semaine passée, on va évaluer le potentiel d'accueil dans chacune des régions pour mieux comprendre combien on peut accueillir d'immigrants par région et on va respecter la parole qu'on a donnée aux gens qui sont déjà ici, qui parlent déjà français et qui, probablement, ne nous écoutent pas ce matin parce qu'ils travaillent ou ils sont dans un cours, dans un cégep ou une université au Québec.

Journaliste : Il n'y en a pas trop?

M. Milliard (Charles) : Je... je n'ai pas de réponse à... à ça. Ce n'est pas qu'il y en a trop, qu'il n'y en a pas trop, c'est que...

Journaliste : ...

M. Milliard (Charles) : Moi, ce que je veux, c'est que les personnes qu'on a...

Journaliste : ...

M. Milliard (Charles) : Bien, je...

Journaliste : ...Montréal, Laval, est-ce qu'il y en a trop?

M. Milliard (Charles) : je vais faire mon gros possible pour répondre à votre question. Moi, je pense qu'il faut qu'on s'assoie avec le ministère de l'Immigration pour évaluer le potentiel d'accueil. Je n'ai pas vu un article ce matin qui explique c'est quoi, le potentiel d'accueil réel à Montréal et à Laval.

Journaliste : ...

M. Milliard (Charles) : Ce n'est pas que je ne crois pas le gouvernement, c'est qu'on n'a pas toute l'information. Et là, on en a qui est apparu grâce aux bons soins de la course à la chefferie.

Journaliste : ...la prétention du gouvernement. François Legault, Jean-François Roberge ne cessent de dire qu'il faut limiter l'immigration dans le centre-ville de Montréal, à Laval, Brossard, parce qu'il y a trop d'immigrants...

M. Milliard (Charles) : ...depuis quelques mois, je ne me fie pas sur Jean-François Roberge pour ma plateforme électorale. Ce que je vous dis, c'est qu'il faut mesurer par région le potentiel d'accueil. Et les chiffres de ce matin sont une preuve qu'il y a... il y a des données qui existent au Québec. C'est quand même riche. C'est déstabilisant peut-être pour certaines personnes de voir ça, mais c'est la preuve qu'il y a des chiffres qui existent.

Journaliste : ...pour prendre position là-dessus? Je veux dire, vous pourriez plaider pendant toute la campagne électorale que vous n'avez pas de données pour le faire...

M. Milliard (Charles) : ...que je ne prends pas position. Je vous explique que ce que je veux savoir, c'est, exemple, au Bas-Saint-Laurent, on peut accueillir combien de personnes. Moi, je pense qu'on peut objectiver ce débat-là. Et, si les politiciens comme moi, comme Michèle, comme n'importe qui, décident qu'on aimerait en avoir plus parce qu'on en a besoin de davantage, on va dire aux Québécois : Voilà les investissements qu'il faut qu'on fasse dans le Bas-Saint-Laurent pour pouvoir répondre à ce besoin-là. Alors, je comprends que ça ne fait pas... Je ne suis pas capable de vous expliquer ça en quatre secondes, mais, en 40 secondes, je pense que oui.

Journaliste : ...est-ce que, dans votre plateforme électorale, vous allez proposer des seuils en matière d'immigration en 2026?

M. Milliard (Charles) : C'est sûr qu'il va y avoir une grande partie qui va porter sur notre vision de l'immigration et notre vision de la francisation de l'immigration puis de la promotion...

Journaliste : ...des chiffres, des...

M. Milliard (Charles) : Il va y avoir des chiffres, mais peut-être pas des chiffres comme on les entend, là où on balance des 30 000, 100 000, on mélange les demandeurs d'asile là-dedans. Il y a beaucoup de détricotage à faire sur la question de l'immigration en ce moment.

Journaliste : ...excède la capacité d'accueil du Québec à votre avis?

M. Milliard (Charles) : Bien, c'est ce que je veux savoir, en regardant le potentiel d'accueil dans chacune des régions. C'est ce que... c'est ce que j'essaie de vous dire ce matin. On doit avoir une meilleure... Quand on dit, là, je ne sais pas, moi, exemple, le Parti québécois dit «35 000», on les met où, ces 35 000 là? Et quel est le potentiel dans chacune des régions? Ce n'est pas clair, cette question-là. Ça fait que moi, j'accueille même... j'accueille même...

Journaliste : ...

M. Milliard (Charles) : Si je peux juste terminer. J'accueille favorablement cette nouvelle-là, ce matin, parce que c'est la preuve qu'il y a des données qui existent. Puis moi, je veux aller au cœur de cette histoire-là pour arrêter qu'on manipule les Québécois sur un chiffre qui veut dire une chose et l'autre, dépendant à qui on parle.

Journaliste : ...ce que vous, vous pensez de ça. Donc, ce que... ce que vous allez proposer, parce que, pour l'instant, on n'entend pas votre version, votre calcul, votre façon de faire.

M. Milliard (Charles) : ...je vais me réessayer. Moi, je...

Journaliste : ...sur les seuils, elle est bonne, parce que c'est comme ça que tout le monde... tout le monde...

M. Milliard (Charles) : Oui, mais les seuils... les seuils qu'on nous mentionne, là, que ce soit le Conseil du patronat ou le Parti québécois, pensez-vous vraiment que les Québécois comprennent qu'est-ce que ça veut dire, ce chiffre-là? Qu'est-ce que ça inclut? Qu'est-ce que ça exclut? Moi, c'est ça que je décris en ce moment, c'est qu'on mélange tout le monde avec ces chiffres-là. Ce que je vous propose, moi, c'est de prendre l'enjeu à l'envers, de dire, dans les 17 régions du Québec c'est quoi, le potentiel d'accueil. Et, si on en veut plus, voilà les investissements qu'il va falloir qu'on fasse, dans les cours de francisation, dans les garderies. Moi, j'arrive d'une tournée en Abitibi-Témiscamingue, il y a deux semaines, tout le monde m'a dit qu'il manque de travailleurs, il manque d'immigrants, le salaire moyen est autour de 100 000 $ en Abitibi-Témiscamingue. Alors, le discours latent qu'on entend sur les seuils d'immigration, ce n'est pas toujours ce que j'entends quand je me pointe partout au Québec. Alors, je sais que je... je sais que la réponse ne fait peut-être pas l'affaire de tout le monde, mais moi, je pense que c'est la façon dont il faut aborder ce dossier-là.

Journaliste : ...permanente, là. Je veux dire, je comprends que temporaire, il y a certains...

M. Milliard (Charles) : ...oui.

Journaliste : ...un peu... c'est peut-être un peu plus dur à calculer, mais sur les seuils d'immigration permanente, toutes les formations politiques proposent un engagement. C'est assez facile à comprendre. Là, on est à 45 000 avec la CAQ, on a fait des études, des consultations. Bon, vous, votre seuil, ça va être quoi, pour l'immigration permanente?

M. Milliard (Charles) : Moi, écoutez, je vais... je vais le chiffrer davantage dans la plateforme électorale, mais je vais le chiffrer parce que je vais avoir étudié les données du potentiel d'accueil par région. Alors, je ne peux pas vous répondre autre chose. Je veux être conséquent avec moi-même, je veux avoir une méthode qui, peut-être, déplaît, mais que moi m'apparaît beaucoup plus rigoureuse puis respectueuse de l'intelligence des Québécois.

Journaliste : ...parlant de plateforme électorale, il y a plusieurs analystes économiques qui prédisent une récession pour... pour le Canada, pour le Québec, notamment. Tenez-vous compte de ça dans votre plateforme, programme électoral?

M. Milliard (Charles) : Bien sûr. Alors, comme chef de parti politique, il faut en tenir compte, mais comme ministre des Finances, il faut en tenir compte aussi, les prévisions économiques, c'est ce qui fait qu'on a une marge ou pas pour... pour générer pour... des nouveaux programmes, à titre d'exemple. Donc, oui, dans la plateforme électorale, on va tenir compte d'un potentiel de récession, regarder le contexte géopolitique, regarder la question du coût de la vie, regarder le niveau des cyberattaques dans le monde. Il y a plein de raisons d'être inquiets, excusez-moi de dire ça ce matin, sur la vitalité économique d'une nation comme la nôtre. Alors, on va devoir avoir des scénarios qui tiennent compte d'un potentiel de récession, ce que je ne souhaite pas, parce que, moi, ce que je souhaite, c'est augmenter la prospérité du Québec en ouvrant de nouveaux projets puis en générant des nouveaux revenus.

Journaliste : ...est-ce que le gouvernement doit intervenir sur la surfacturation, là, des honoraires des pharmaciens?

M. Milliard (Charles) : C'est une bonne question. Plusieurs... Évidemment, vous savez que je suis un fier pharmacien. Plusieurs personnes m'ont interpelé dans les derniers jours. Mon collègue Monsef Derraji a réagi à cette question-là de la semaine dernière. Moi, ce que je peux vous dire, c'est qu'on ne change pas un modèle sur le coin de la table comme ça, un jeudi soir, par un amendement un peu subtil, qui... d'ailleurs, je ne sais pas qui a poussé ça au ministre Boulet, mais je peux vous assurer que Mme Bélanger, qui est en négociation avec les pharmaciens en ce moment, n'aurait pas laissé passer un événement comme ce qui s'est passé en commission parlementaire la semaine passée.

Ceci étant dit, juste... juste...

Journaliste : ...

M. Milliard (Charles) : Écoutez, nous, on n'a pas déposé cet amendement-là. Cet amendement-là a été suggéré par plusieurs. Nous, là, on est en faveur de la promotion du rôle des pharmaciens, je veux être très, très clair là-dessus, mais je ne suis pas... je ne suis pas le...

Journaliste : ...est passé, avez-vous voté pour ou contre? Vos représentants à la commission parlementaire, ils ont voté pour l'amendement ou contre?

M. Milliard (Charles) : Alors, l'amendement a été déposé par la... par Québec solidaire, et les partis présents ont effectivement laissé passer ça.

Il y a eu...

Journaliste : Incluant vous?

M. Milliard (Charles) : Bien, le parti. Bien oui, bien, écoutez, c'est... c'est sur vidéo, là. Alors, ce que je vous dis, c'est que je pense que l'amendement... de toute évidence, l'amendement a été mal compris, y compris par le ministre. Puis, en passant...

Journaliste : ...par votre représentant.

M. Milliard (Charles) : Oui, oui, effectivement. Je ne suis pas...

Journaliste : ...

M. Milliard (Charles) : Bon, là, écoutez, non, tout le monde n'est pas amateur. Tout le monde doit se positionner sur la question...

Journaliste : ...

M. Milliard (Charles) : Tout le monde doit se positionner sur c'est quoi, le rôle des pharmaciens au Québec. Et il n'est pas question de changer un modèle comme ça à minuit moins une.

Alors, moi, je me questionne sur les coulisses qu'il y a eu autour de cette histoire-là. J'ai été très clair que, s'il y a des abus dans le système des honoraires aux pharmaciens, ça doit être revu. L'AQPP est d'accord avec ça. Alors, le ministre a décidé de retirer l'amendement. Je pense que ça a brassé beaucoup à la Coalition avenir Québec ce week-end, le week-end passé. Et donc, s'il y a des abus, ils doivent être corrigés, mais on ne va pas modifier un système comme ça alors qu'on est en négociation... alors que le gouvernement, pardon, est en négociation sur le projet de loi n° 67. Donc, la ministre Bélanger, vendredi matin, sort en disant : On va révolutionner les CLSC, la première ligne, les pharmaciens vont jouer un rôle important là-dedans. Un autre ministre de la... veut, à la dernière seconde, changer le modèle d'affaires. Donc, c'est sûr qu'il y a eu une incompatibilité là-dedans.

Des voix : ...

Journaliste : ...il va y avoir des amendements. Ce qui a été proposé actuellement, là, par Simon Jolin-Barrette, vous, allez... êtes-vous d'accord avec ça? Puis qu'est-ce que vous allez faire, là? L'étude commence aujourd'hui. Allez-vous déposer des amendements?

M. Milliard (Charles) : Écoutez, nous, on est contre l'adoption d'un projet de loi comme la Constitution du Québec dans les circonstances actuelles. Je trouve ça scandaleux que les... tous les... la grande majorité des groupes ne sont pas écoutés par le gouvernement actuel. Et, s'il fallait d'aventure qu'on se ramasse avec une adoption par bâillon, écoutez, ça serait... ça serait une hérésie parlementaire, là. On ne prend... On ne peut pas... adopter un projet de loi comme ça, qui doit être transpartisan, qui projette le Québec dans le futur, pour, je ne sais pas, moi, les 100 prochaines années, ça n'a pas de sens. Il faut que cette mascarade-là cesse. Alors, nous, on va s'opposer à ça le plus possible, dans les limites de ce qu'on peut faire de façon législative.

Journaliste : ...le PLQ mettrait fin au moratoire sur l'adoption internationale?

M. Milliard (Charles) : Bien, je suis très... Moi, je... d'un point de vue humain, je suis très inquiet de ce que je... de ce que j'ai vu ce matin, effectivement, et je me demande bien qu'est-ce qui s'est passé dans les 18 derniers mois, comment le dossier a avancé ou pas, on n'a pas de détail là-dessus, mais il y a des familles qui veulent avoir accès à de l'adoption internationale, puis je pense que le gouvernement doit leur répondre parce qu'il y a des... il y a des familles en devenir, là, qui... dont on parle ce matin.

Journaliste : Il n'y a aucun... Il n'y a aucun amendement possible qui pourrait vous faire pencher pour la Constitution?

M. Milliard (Charles) : Pour la Constitution? Non, pas à ce stade-ci, pas quand j'entends les Premières Nations, plusieurs groupes nous mentionner qu'ils ne se sentent pas concernés par ce projet-là. Moi, je ne suis pas négociable là-dessus.

La Modératrice : En anglais.

Journaliste : Actually, that's my question, because Mr. Jolin-Barrette   will hold a press conference at 9:15 to talk about his changes, because he wants to save his Bill 1. He wants this Constitution project to... like, to kick… to help the CAQ on the campaign trail. So, how far are you willing to go? Do you want Bill 1 to be adopted...

M. Milliard (Charles) : No. We do… We do not want… The process was failed from day one. No matter what kind of amendments would be proposed today, I don't think this is something that should be adopted, you know, at the last minute like this. We're at the end of a regime right now. This is not the time for what should be a transpartizan bill that will shape the future of Québec. So, there's no way we will be open to adopt that bill.

I will be listening to that press conference because it's always interesting to hear Mr. Jolin-Barrette, but I don't see any openings on our side…

Journaliste : Because there are stronger measures on the French language...

M. Milliard (Charles) : Because the different communities in Québec are almost all against that process, and it has been the case since the beginning. So, that's it.

Journaliste : ...25,000 is a correct number. What do you think will be...

M. Milliard (Charles) : What do you mean 25? A 125,000?

Journaliste : 125,000, sorry.

M. Milliard (Charles) : Well...

Journaliste : A 125,000. You won't say it's enough, so what is needed, especially when it comes to the regions?

M. Milliard (Charles) : Well, what I said is that those 125,000 people, and we heard the... we heard the number this morning, so that's the proof that there are data that are interesting at the ministère de l'Immigration, those people are already in Québec, already studying or working in Québec, and they already speak French. So, nothing has changed when it comes to the... from most of the people in the community, in different communities about preserving the PEQ.

What I'm telling Quebeckers is that if we are put to power, we will be asking the minister to open the books, the ministry to open the books, and to see what is the potential of welcoming in... in every region of Québec. That's the best way to... if... if I can say, to unpoliticize that process and by saying bluntly: Ware the capacity in each and every region of Québec? So, that's... that's a different perspective from my opponents. I realize that, but I rest my case. Merci.

(Fin à 8 h 25)

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