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Point de presse de Mme Maïté Blanchette Vézina, députée de Rimouski

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, April 1, 2026, 9 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Neuf heures sept minutes)

Mme Blanchette Vézina : Bonjour à tous. Aujourd'hui, il y a un an, le Canada abolissait la taxe sur l'essence, là. Ça a fait bénéficier à tous les automobilistes du Canada, sauf au Québec, d'une baisse de 17,6 sous. Vous comprendrez, là, que le Québec est défavorisé par rapport au reste du Canada dans ce dossier-là. Ça vient augmenter l'inflation, augmenter le coût de la vie au Québec. Et hier on était avec, notamment, là, des producteurs forestiers, des gens du secteur forestier qui mentionnent qu'eux aussi sont pénalisés puisque doivent... doivent faire transporter la matière première. Alors, ça impacte toutes les sphères de l'économie.

M. Duhaime (Éric) : Merci, Maïté. Effectivement, aujourd'hui, c'est un triste anniversaire, hein, ça fait un an que les Québécois paient plus cher leur essence que partout ailleurs au Canada, plus de taxes. Le Québec est le seul endroit où la taxe carbone n'a pas été abolie. Rappelez-vous qu'il y a un an, quand la taxe carbone a été abolie au fédéral par le premier ministre Carney, on disait, au Québec, que ça n'existait pas. Le Parti conservateur a contesté cette interprétation tordue, parce que les Québécois le paient, c'est juste que c'est une taxe hypocrite, hein, c'est une taxe qu'on ne voit pas quand on paie. On ne sait même pas exactement le montant de taxe carbone qu'on verse, alors que les cinq autres taxes que les Québécois paient sur l'essence, on sait c'est quoi. Hein, il y a six taxes au complet au Québec sur l'essence, on paie près de 40 % du prix de l'essence que ce n'est pas pour l'essence, c'est pour les taxes.

Et avec la montée récente des prix, avec le premier anniversaire de la taxe carbone, je pense que ce serait important que les autres partis commencent à prendre conscience du problème. Je sais que les deux candidats à la direction de la Coalition avenir Québec, dont un des deux va être premier ministre dans quelques jours, ont dit qu'ils voulaient abolir la taxe carbone ou rembourser la taxe carbone pour les agriculteurs. C'est très bien, on se réjouit, parce qu'effectivement les agriculteurs sont dans une situation désavantageuse par rapport aux agriculteurs d'ailleurs au Canada. Cela étant dit, il faut que la taxe carbone soit abolie pour les autres types d'entrepreneurs puis les autres Québécois, les autres automobilistes.

Comme l'a mentionné Maïté, hier on a rencontré des producteurs de l'industrie forestière. C'est une industrie qui a de la grande difficulté, hein? Près de la moitié, près de 30 000 emplois sont menacés au moment où on se parle. Il y a des scieries qui ferment pratiquement à toutes les deux semaines. Ces gens-là paient... En moyenne, ça représente, la taxe carbone, 3 $ du mètre cube de bois de plus produire au Québec que produire en Ontario? Ça, c'est un coût réel qu'on pourrait... dont on pourrait soulager les producteurs. Ce n'est qu'un exemple. Et on pense donc que c'est important.

Puis l'autre affaire qui est assez surprenante, puis qui démontre l'importance d'avoir Maïté maintenant, qui représente le Parti conservateur du Québec à l'Assemblée nationale, l'écrasante majorité des Québécois est d'accord avec nous. Il y a plus de 70 % des Québécois qui en ont assez, qui pensent que la taxe carbone doit être abolie. Et malheureusement, il n'y a aucun député des quatre partis traditionnels à l'Assemblée nationale qui a le courage de dire ça et d'appuyer ce que les Québécois souhaitent. Il y a 99 % des députés qui représentent un... une très faible minorité des Québécois sur cet enjeu.

Sur ce, ça va nous faire maintenant plaisir de répondre à vos questions.

Journaliste : C'est quoi, votre point de vue sur la Constitution? On sait qu'il y a des amendements qui s'en viennent, mais, sur le principe comme tel, d'une Constitution...

M. Duhaime (Éric) : Bien, j'ai cru comprendre, effectivement, qu'il y a des amendements qui s'en viennent, notamment sur la question de l'avortement. Maïté et moi, on avait fait des représentations en commission parlementaire notamment à cet effet-là. Et, de façon générale, l'idée de... que le Québec soit doté d'une Constitution, c'est quelque chose qu'on applaudit. On a toujours été favorables à ce que le Québec se dote d'une Constitution. D'ailleurs, on va publier, dans quelques semaines, un essai pour... sur l'autonomie québécoise, là, Destination autonomie, où il va en être abondamment question. Donc, on appuie l'initiative du gouvernement à cet égard-là.

La seule crainte qu'on a, c'est que, là, on a un gouvernement qui est un peu illégitime quand on regarde les sondages. En fin de mandat, un exercice qui n'a pas fait une consultation aussi importante que ça aurait été possible, on trouve qu'on devrait peut-être attendre l'arrivée d'un nouveau gouvernement pour adopter cette Constitution.

Journaliste : Mais là, tous les autres partis ont dit qu'ils voteraient contre le projet de loi. Vous, vous allez... vous dites que c'est illégitime, vous étiez en faveur. Donc, vous allez voter pour le...

M. Duhaime (Éric) : Bien, je vais laisser Maïté parler.

Mme Blanchette Vézina : Oui, exact. Bien, en fait, sur le principe, je pense que c'est important que le Québec s'affirme sur les valeurs qui lui sont chères. Donc, pour moi, il est certain que, dans la mesure où le projet de loi cheminera jusqu'à un vote, oui, on pourra... on pourra voter pour.

Journaliste : La critique numéro un, tu sais, des partis d'opposition à l'Assemblée nationale, bien des organisations syndicales, bien des organisations de la société civile, c'est : aucune consultation en amont, aucun forum. Je... Mais vous n'êtes pas aussi fort là-dessus, je devrais dire, dans votre propos, M. Duhaime, par exemple, que les autres partis là-dessus. Êtes-vous mi-figue mi-raisin par rapport à ça?

Mme Blanchette Vézina : Bien, vous l'avez très bien dit, ça a été nommé, il a manqué de consultation en amont. Ceci étant, sur le principe, même le Parti libéral souhaite qu'il y ait une... qu'il y ait une Constitution qui soit adoptée. Je pense que c'est important quand même que le Québec se dote d'une constitution, mais il aurait pu faire mieux sur... en termes de consultations.

Journaliste : ...pour que vous votiez non?

M. Duhaime (Éric) : Écoutez, le principe, là, on est d'accord avec l'idée d'une constitution. Il faut arrêter de faire de la partisanerie, là. La Constitution, là, ce n'est pas une affaire d'un parti ou d'un autre, là, c'est quelque chose... c'est une loi fondamentale pour l'ensemble des Québécois. Puis, oui, il faut que ce soit rassembleur. Puis, pour ça, oui, il aurait fallu qu'une consultation plus importante ait lieu. Sauf que ce que je trouve déplorable, c'est que le Parti libéral fasse de la petite politique, eux qui ont... qui étaient favorables à un projet de constitution, là parce que ça ne vient pas d'eux sont contre. Même le Parti québécois puis Québec solidaire, qui sont supposément des partis souverainistes... Moi, celui qui m'a convaincu d'être pour une constitution, là, c'est Daniel Turp, l'ancien député péquiste, l'ancien député du Bloc québécois. De voir que le Parti québécois, parce que ça ne vient pas d'eux, ils sont contre, je trouve ça épouvantable. On n'avancera pas de cette façon-là. À un moment donné, quand il est question de... une question aussi fondamentale, je pense qu'il faudrait laisser notre... notre partisanerie au vestiaire puis être capable de s'unir plutôt que de...

Journaliste : Il y a eu 800 organisations qui étaient contre le projet de constitution, les syndicats, les groupes... beaucoup de groupes communautaires, environnementaux, les partis. Donc, c'est au-delà de la question que ce n'est pas juste eux qui ont proposé la Constitution, il y a... il y a une grogne. Le Barreau du Québec est contre ça. Donc, vous, vous dites... Vous... vous n'êtes pas sensibles, en fait, à ces groupes-là?

M. Duhaime (Éric) : On ne fait pas de conscient pour des lobbies, là, on fait une concession pour le peuple québécois. Est-ce que la population québécoise est en faveur d'une Constitution? La réponse, c'est oui. Donc, le... Pour nous, ce qui est important, là, c'est de voir pourquoi on fait une Constitution. Parce qu'on a des valeurs communes? Parce qu'on veut avoir une loi fondamentale, une loi-cadre? On est... on est... on est tous ici, à l'Assemblée nationale... en tout cas, officiellement, on est tous nationalistes, hein? C'est le Québec d'abord. Puis, pour ça, ça commence par une loi structurante comme un projet de constitution.

Journaliste : ...immigrant de... que... que ça... qu'on devrait accueillir de façon... de plus, au Québec, si on rouvrait le... le PEQ? Vous, vous pensez quoi de ça? Bien, votre... d'ailleurs, votre position sur le PEQ, rappelez-moi-la, c'est... Vous demandez qu'on le...

Mme Blanchette Vézina : On a déposé un projet de loi, d'ailleurs, il y a quelques semaines, là, pour régionaliser l'immigration. Puis, à l'intérieur de ça, il y a une clause de droits acquis. Il faut comprendre, le 125 000 est sur plusieurs années, là, ça fait... ça équivaut à environ 20 000 par année. Et nous... nous, notre posture, elle est claire, c'est il faut tenir compte de la capacité d'accueil dans les régions. C'est ça qu'on n'a pas comme données en ce moment. Puis, je pense que tous les partis, aujourd'hui, demandent à ce que le ministre rentre en... fasse preuve de transparence, rende disponible les données. Dans les régions, les gens sont déjà installés, alors... Et nous, ce qu'on souhaite, c'est que cette capacité d'accueil là, elle soit réellement comprise et notée par... par une régionalisation réelle de l'immigration.

Journaliste : Donc, ce n'est pas alarmant pour vous, le fait qu'il y en ait autant, que le chiffre soit si élevé?

Mme Blanchette Vézina : Bien, quand on regarde sur les années dans lequel on prend ce calcul-là, c'est certain que c'est moins gros, là. C'est un chiffre qui a été, je pense, lancé de manière à... à donner un effet, un effet alarmant. Ceci étant, je pense qu'en régionalisant l'immigration, on peut réellement tenir compte de la capacité d'accueil de chacune des régions. C'est ça qui nous manque en ce moment. 125 000 immigrants à Montréal, c'est probablement plus difficile de les accueillir, mais dans des régions comme le Bas-Saint-Laurent, il y en a, de la capacité d'accueil.

Journaliste : Sauf qu'il y a des motions et du Parti libéral et du Parti québécois. Vous êtes plutôt d'accord. Vous allez les appuyer ces motions qui demandent essentiellement plus de... de données, en fait?

Mme Blanchette Vézina : Mais plus de transparence, effectivement.

Journaliste : Est-ce que vous trouvez ça problématique, là, le fait que des logements dits abordables, là, subventionnés ne le soient pas vraiment? On avait un cas ce matin, d'une dame qui habite dans un logement abordable à Montréal, qui doit consacrer 90 % de son revenu à se loger. Comment est-ce que vous voyez ce dossier-là?

M. Duhaime (Éric) : Mais, d'abord, le problème de l'habitation, vous avez raison de noter que le logement est inabordable pour un nombre grandissant de Québécois, je pense que ça, tout le monde est conscient de ça. Il y a une crise du logement au Québec, tout le monde est conscient de ça. Maintenant, quelle est la solution? Pour nous, la solution, ce n'est pas nécessairement de subventionner plus, c'est de permettre la construction plus rapide de logements à prix abordables. Et on croit à l'effet de domino aussi, là, même des logements plus chers, plus... vont avoir un effet, c'est-à-dire que les gens vont libérer potentiellement des... des logements un peu moins chers pour... pour monter l'échelle sociale, puis libérer des places, donc, pour ceux et celles qui ont moins les moyens. Donc, la solution, c'est d'augmenter l'offre. Et c'est pour ça que nous, la solution, c'est construisons, construisons, construisons. Arrêtons de mettre des bâtons dans les roues de ceux qui veulent développer, de ceux qui veulent construire puis faisons... assurons-nous que le prix baisse ou, à tout le moins, cesse de monter, là.

Journaliste : ...faire confiance au marché pour ramener l'accessibilité à... aux logements abordables?

M. Duhaime (Éric) : Bien, on a toujours fait confiance au marché dans l'histoire du Québec, là, c'est... Le marché a été celui qui a dicté davantage les normes historiquement.

Journaliste : ...si on construit, on construit, mais on n'intervient pas, là.

M. Duhaime (Éric) : Bien, c'est-à-dire que plus on va construire, plus... C'est... Moi, je suis... moi, je suis un capitaliste, là, comprenez-vous, je crois à l'offre et la demande. Et moi, je pense que présentement on a un problème d'offre parce que la demande monte puis l'offre n'augmente pas. Donc, il faut s'assurer que l'offre soit au rendez-vous puis la seule façon de le faire, c'est d'augmenter les... la construction.

Journaliste : ...on parle de la crise de l'abordabilité, dans le sens où il y a des logements qui sont vacants, qui sont des logements de luxe où il n'y a absolument personne dans ces logements-là parce que les loyers sont trop chers. Donc, d'augmenter l'offre, si on n'augmente pas des logements pas chers, ça ne va pas nécessairement aider.

Mme Blanchette Vézina : Mais les coûts de construction, prenons cet exemple-là on parle d'inflation, là, on disait tout à l'heure la... la taxe carbone qui a un effet, elle a un effet aussi sur les coûts de construction, ça fait que d'agir sur une taxe peut avoir un effet positif à la fin de la chaîne, lorsque les constructions se font. Si le coût du bois augmente parce que ça coûte plus cher produire, ça coûte plus cher transformer, à cause d'une taxe sur l'essence par exemple, bien, en agissant sur cet élément-là, comme on... on l'a mentionné en début de... en début d'entrevue, en agissant sur la taxe, on vient réduire les coûts de construction ou, à tout le moins, réduire l'inflation associée aux coûts de construction.

Journaliste : ...nécessairement se traduire par des baisses de loyer?

Mme Blanchette Vézina : Bien, en amont, si ça coûte moins cher puis qu'il y a de l'offre disponible, comme M. Duhaime le mentionnait, qu'il y a plus d'offres, oui, éventuellement, ça sera... ça sera effectivement moins cher. Mais là on voit une inflation galopante, puis ça ne va pas s'améliorer avec l'augmentation du prix de l'essence.

M. Duhaime (Éric) : Merci beaucoup.

Mme Blanchette Vézina : Merci.

M. Duhaime (Éric) : Bonne journée.

(Fin à 9 h 19)

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