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Point de presse de M. Pascal Paradis, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de justice, et Mme Marie-Karlynn Laflamme, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’infrastructures

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Thursday, May 7, 2026, 8 h 40

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures quarante-trois minutes)

Mme Laflamme : Bonjour à tous. Merci d'être là. Ce matin, je voulais quand même mettre la lumière sur un sujet dont on ne parle jamais assez, c'est-à-dire la place des régions du Québec dans nos décisions.

Vous savez, il y a un Conseil des régions qui a été créé, on parle de 18 personnes qui va se... qui vont se rassembler pour parler des réalités régionales. Vous comprendrez que, pour moi, c'est un recul, mais c'est surtout un nouveau filtre pour se rendre au gouvernement, parce qu'on va avoir 18 personnes qui vont être en charge, donc, d'amener les réalités des régions, mais les projets des régions aussi, qu'ils vont devoir convaincre quelqu'un qui lui-même va devoir convaincre un ministre. Alors, je trouve ça déplorable qu'on en soit toujours là au Québec.

On s'entend que les CRÉ, les CLD sont disparus en 2014-2015. Après deux législatures caquistes, je pense que c'était clair que les régions devaient avoir accès à des nouvelles formules de concertation et à des nouveaux moyens de pouvoir mettre en place leurs enjeux. Alors, ce n'est pas ce que nous propose la CAQ, ce n'est pas ce que nous a proposé Christine Fréchette non plus dans son discours, puisqu'une fois qu'on a évacué et qu'on a annoncé ce conseil-là, on ne parle plus jamais des régions qui vivent la crise forestière, qui vivent aussi les impacts majeurs reliés aux tarifs, parce que c'est l'industrie manufacturière qui y goûte. Et malheureusement, bien, ce n'est pas de ça dont on parle. Alors, voilà, je voulais vous en parler ce matin. Merci.

M. Paradis : Ce matin, nous déposons une motion pour demander au gouvernement de la CAQ de revenir sur sa décision très mal avisée de couper le financement de l'Association internationale d'études québécoises, qui, depuis des décennies, contribue au rayonnement de la langue française à l'échelle internationale, au rayonnement et à la prospérité et à... à l'épanouissement de notre culture un peu partout dans le monde. Et cette décision-là, elle a été d'ailleurs dénoncée par cinq anciens ministres des Relations internationales du Québec de différents partis. Elle a été dénoncée par toutes les organisations de la société civile et par la Communauté des relations internationales du Québec parce qu'elle est insensée.

Elle représente aussi ce gouvernement de la CAQ, le même bon vieux gouvernement de la CAQ qui dit une chose et fait son contraire. Parce que ce qui est intéressant, c'est que le ministre Skeete, le gouvernement du Québec au reçu, il n'y a pas si longtemps, il y a quelques semaines, au Québec, la secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie, et s'est vanté de ses politiques qui visent à faire en sorte d'appuyer la langue française au Québec et à l'échelle internationale. Et, du même souffle, c'est ce même gouvernement qui coupe les vivres de cette association, qui fait vraiment un travail remarquable et qui, à la fin, au bout du compte, ce n'est pas un budget important dont on parle par rapport à l'ensemble des budgets du gouvernement du Québec, mais c'est une contribution qui est immense, qui est très importante. Alors, on demande au gouvernement de revenir sur cette décision. Et là-dessus on est prêts pour vos questions.

Journaliste : ...est-ce que c'est possible de vous entendre sur... les stratégies de la ville de Toronto de parler de l'instabilité économique créée par la possibilité d'un référendum pour mousser sa candidature pour la banque de défense?

M. Paradis : Je vais citer la mairesse de Montréal qui parle de tactique de peur, et ça, ce n'est pas nouveau. Et on imagine bien Toronto utiliser ces stratégies. On peut parler de plusieurs sujets qui nous distinguent, qui sont... qui font la force de Montréal, mais à la fin, la décision, elle doit se prendre sur le mérite des villes qui sont en lice. Et c'est Montréal qui se distingue très clairement, et c'est Montréal qui se distingue, parce que c'est déjà une ville qui est l'hôte de plusieurs sièges d'organisations internationales, parce qu'on est un lien géographique naturel entre les différents pays membres de l'OTAN actuellement. Parce que notre diversité culturelle, notre diversité juridique, notre diversité linguistique fait en sorte qu'on est la ville, que Montréal est la meilleure ville pour accueillir ce siège, en plus de nos forces en aéronautique, en intelligence artificielle, parce qu'il y a des institutions financières très fortes qui sont... qui sont basées à Montréal. Donc, ce qu'il faut, c'est que la candidature soit analysée à son mérite.

Journaliste : ...c'est Mark Carney qui va prendre la décision. Est-ce que vous pensez que c'est un argument qui peut être... auquel il peut être sensible?

M. Paradis : Ce sont des tactiques de peur. Et là, si on est en train de dire que le gouvernement fédéral va officiellement embarquer dans des tactiques de peur, alors qu'on le sait que ça existe toujours, ces tactiques-là, on le sait qu'elles sont là, on le sait, que Toronto et peut-être d'autres villes vont les utiliser, mais ce qu'on demande, c'est qu'évidemment la candidature de Montréal soit analysée à son mérite.

Journaliste : ...irrationnel, là, que Mark Carney choisisse d'autres villes en raison notamment de cet argument-là?

M. Paradis : Bien, d'abord, moi, j'aimerais qu'on me démontre que peu importe l'orientation du Québec en matière d'indépendance ou de tenue d'un référendum ou pas... que le Québec n'a pas été défavorisé historiquement. Vous savez que nous, on le répète, qu'historiquement le Québec n'a pas été avantagé, que les décisions sont prises par des députés qui proviennent majoritairement du reste du Québec et qu'historiquement le Québec est désavantagé. Peu importe ce qui est la situation politique au Québec, c'est ça, la réalité.

Donc, ensuite, les critères qui vont être considérés, c'est les critères du mérite de chaque ville. Et Montréal se distingue. Et Montréal se distingue aussi d'ailleurs, parce que le Québec a déjà un historique en relations internationales, et Toronto, là, qui fait beaucoup de bruit là-dessus, bien Toronto, c'est une ville qui est située en Ontario, puis l'Ontario, c'est la province du premier ministre Doug Ford, qui a démontré qu'en matière de relations internationales, il y a encore des croûtes à manger par rapport au Québec. On se rappelle tous de sa campagne publicitaire qui a fait achopper les discussions entre... avec le gouvernement américain de Donald Trump. Je pense que ça, ça devrait compter dans la balance aussi.

Journaliste : Mais faites-vous confiance à Mark Carney? Est-ce que vous faites confiance à Mark Carney de prendre une décision où on a... pas compte justement d'une campagne de peur, parce que vous lui reprochez essentiellement toujours de faire ça, là, au gouvernement fédéral. Donc en quoi cette fois-ci il prendrait une décision juste et équitable envers le Québec?

M. Paradis : Bien, le minimum qu'on puisse exiger du premier ministre du Canada, c'est qu'il n'embarque pas officiellement dans une campagne de peur. Qu'il n'aille pas dire aux gens de Toronto : Bien oui, vous avez raison, puis continuez vos campagnes de peur, puis on va vous donner raison. Mais je le redis, historiquement, c'est plutôt l'inverse. Peu importe la situation politique au Québec, le gouvernement fédéral n'avantage pas le Québec, prend plusieurs décisions, notamment en matière de relations internationales, qui ne sont pas à l'avantage du Québec. Alors, ça, ça existe déjà, peu importe la situation politique au Québec.

Journaliste : ...campagne de peur, mais vous ne dites pas que c'est faux, par contre. Parce que si votre gouvernement est élu, s'il y a un référendum, il y aura instabilité. Vous avez parlé de l'OTAN, il n'y a rien qui dit que le Québec indépendant ferait partie de l'OTAN, ou au moins pendant les premières années. Donc je ne peux pas dire que c'est faux, qu'il n'y aura pas d'instabilité pendant quelques années pour une organisation qui aurait à s'installer ici.

M. Paradis : Bien, on a déjà eu cette discussion-là. Nous, on a clairement annoncé qu'un Québec indépendant ferait partie de l'OTAN. Et l'argument de l'instabilité, l'argument de l'instabilité, ça, c'est ceux qui sont constamment du côté de la campagne de peur. On a déjà eu cette conversation-là et ce n'est pas démontré, toute cette histoire-là d'instabilité, ça, c'est la campagne de peur des fédéralistes. Pour l'instant, c'est qu'elle est la ville la plus à même d'accueillir ce siège social, compte tenu de ses avantages, compte tenu de ses avantages distinctifs et c'est clairement Montréal, et c'est là-dessus que la candidature de Montréal...

Journaliste : ...si Montréal est en lice en ce moment, c'est parce que la ville de Montréal fait partie du Canada. Si on était indépendant, je ne pense pas que la Banque de la défense... que Montréal serait candidate pour recevoir la Banque de la défense. Qu'est-ce que vous en pensez?

M. Paradis : Si on était indépendant, on aurait pu faire nos représentations nous-mêmes à l'OTAN et obtenir ce siège et pas avoir à se battre avec d'autres villes canadiennes après, donc...

Journaliste : ...ce que vous dîtes là, vous venez de dire : Ce n'est pas démontré toute cette histoire là d'instabilité, qu'est ce que vous voulez dire?

M. Paradis : Bien que ça fait partie de la campagne de peur que de dire qu'une démarche visant à consulter le peuple sur son avenir politique va nécessairement entraîner toutes sortes d'instabilité qui font en sorte qu'une décision, par exemple, sur le siège de la Banque de la défense de l'OTAN, ne pourrait pas se prendre aujourd'hui parce qu'on fait ces suppositions hypothétiques. C'est... Ce qui compte actuellement, c'est le mérite de la ville de Montréal à accueillir ce siège et on ne peut pas, on ne peut pas laisser la ville de Toronto, on ne peut pas laisser des gens faire monter cette campagne de peur. C'est la mairesse de Montréal elle-même qui...

Journaliste : ...promesse de tenir un référendum dans un premier mandat, alors est-ce que ça nuit... ça nuit au Québec?

M. Paradis : Non, parce que les facteurs qui vont être considérés, c'est sûr : quelle est la ville la plus à même d'accueillir le siège de cette Banque de la Défense? Et Montréal a vraiment des avantages distinctifs. Mais ma réponse, c'est ça. C'est que les avantages de Montréal, actuellement, font en sorte que c'est à Montréal qu'on devrait attribuer ce siège-là.

Journaliste : Pour revenir sur ma question de Caroline, vous avez dit : Ça n'a pas été démontré. Une démonstration, d'habitude, c'est sur la base d'expériences réelles. Là, tu sais, on pense, mettons, Brexit où il y en a eu de l'instabilité, vous allez le reconnaître, là, au nombre de premiers ministres qui se sont succédé. Donc, est-ce qu'il y a des exemples de transition comme ça qui se sont passés sans instabilité? Tu sais, quand vous dites c'est démontré... par quoi?

M. Paradis : Il y a... puis il y a plein d'exemples, comme celui, par exemple, de la Slovaquie qui a connu un boom économique, qui a connu une période de prospérité suivant son indépendance. Ces exemples-là, ils comptent. Bien sûr, les fédéralistes appuient moins sur ces... sur ces exemples-là, parce qu'on est toujours dans l'argument de la... de la peur, plutôt que dans l'argument de la construction d'un Québec prospère, d'un Québec qui va assurer la stabilité. Parce qu'en matière financière, en matière d'infrastructures économiques, le Québec est déjà très fort, et cette situation-là va continuer. Si le Québec est indépendant, cette situation-là va constituer...

Journaliste : Est-ce que c'est possible qu'il y ait de l'instabilité ou c'est totalement exclu?

M. Paradis : Nous, ce qu'on dit aujourd'hui, c'est que la banque doit être établie à Montréal, parce que c'est Montréal qui présente des avantages distinctifs, et qu'on ne peut pas aujourd'hui...

Journaliste : Est-ce que... est-ce que c'est exclu qu'il y ait de l'instabilité?

M. Paradis : Mais pourquoi, au moment... pourquoi, au moment d'analyser où devrait s'installer ce siège aujourd'hui, on va commencer à laisser des gens de Toronto bâtir une campagne basée sur des arguments de peur, d'une instabilité hypothétique qui n'a pas été prouvée?

Journaliste : ...argument de peur, vous laissez entendre que c'est faux, cet argument-là. Donc, est-ce que c'est complètement exclu qu'il y ait de l'instabilité si le Québec... S'il y a un référendum gagnant, là, au Québec pour l'indépendance, est-ce que c'est exclu qu'il y ait de l'instabilité?

M. Paradis : On ne peut pas aujourd'hui laisser la ville de Toronto bâtir son argumentaire...

Journaliste : ...

M. Paradis : C'est ça, ma réponse. C'est ça, ma réponse. C'est qu'on ne peut pas... on ne peut pas accepter que Toronto... et que... bâtisse sa campagne sur des arguments de peur... je cite notamment la mairesse de Montréal, qui le voit très bien... et d'embarquer là-dedans... et d'embarquer là-dedans.

Journaliste : Vous ne pouvez pas l'exclure qu'il va y avoir de l'instabilité.

M. Paradis : Ce qu'on ne peut pas faire, c'est laisser une campagne de peur s'installer pour dire que c'est nécessairement ça qui va se passer.

Journaliste : Je comprends que vous ne voulez pas répondre. Mais, tu sais, c'est-tu complètement fou, de la part de Toronto, d'évoquer ça, l'instabilité... Est-ce que c'est faux?

M. Paradis : C'est... On ne peut pas laisser la campagne de peur dicter les décisions du fédéral. On ne peut pas laisser le fédéral embarquer là-dedans. La banque doit être établie dans la ville qui est la plus à même de l'accueillir, et c'est Montréal qui a les meilleurs avantages distinctifs.

Journaliste : Vous ne pouvez pas dire les mots : C'est faux, c'est faux, il n'y aura pas d'instabilité? Ça, vous ne pouvez pas affirmer ça aujourd'hui?

M. Paradis : Je vous ai dit tout à l'heure que tout cet argument de l'instabilité n'est pas démontré, que c'est toujours ceux qui veulent dire que ça va nécessairement générer ça. Ce n'est pas démontré, ce n'est... ce n'est pas démontré, et il y a des exemples à l'effet complètement inverse.

Journaliste : Ni l'un ni l'autre n'est démontré, ni la stabilité ni l'instabilité, là, à ce compte-là. On ne sait pas...

M. Paradis : C'est exactement... c'est exactement pour ça que je vous dis qu'actuellement on ne peut pas laisser la campagne de peur, les tactiques de peur, comme la mairesse de Montréal l'a dit, dicter l'agenda de la décision sur le siège de la Banque de la défense de l'OTAN. Il faut avoir des arguments rationnels, qui sont basés sur les avantages comparatifs de chaque ville. Et quand on regarde Toronto, par exemple, comparé à Montréal, moi, je vous dis qu'en matière de relations internationales, en matière de positionnement stratégique, géographique, culturel Montréal a des avantages comparatifs.

Journaliste : Je m'excuse d'insister, là, mais, je veux dire, c'est irrationnel. Tu sais, il y a quand même... il y a de l'empirique, là, dans le sens que ça s'est vécu ailleurs. Vous avez donné l'exemple de la Slovaquie. Ça, ça pourrait être un argument rationnel pour dire : Ça va rester stable. On a l'exemple du Brexit, qui pourrait être un argument rationnel pour dire : Ça va devenir instable. Vous comprenez ce que je veux dire?

M. Paradis : Bien, le Brexit, c'est d'autres choses. Le Brexit... le Brexit, c'est un pays qui sort d'un ensemble économique, hein? Nous, à l'inverse, on dit... Nous, on veut faire l'indépendance et joindre des ensembles économiques. Donc, ça, ce n'est pas la même chose. Mais ce que je vous dis, c'est qu'il faut cesser de toujours accepter ces arguments-là, qui sont des arguments de la peur, que voici ce qui va se passer, puis que ça va être épouvantable. On est ailleurs. Je vous rappelle que l'Assemblée nationale a voté une résolution unanime qui dit que le Québec a tout ce qu'il faut pour être un pays indépendant, que ça va être viable économiquement. On ne peut pas aujourd'hui laisser ces campagnes de peur influencer la décision d'Ottawa. Puis Ottawa ne peut pas embarquer là-dedans.

Et je trouve dommage, d'ailleurs, que... J'ai entendu mes collègues du Parti libéral ce matin, puis là ils dénoncent la campagne, mais, de l'autre côté, ils l'alimentent en disant que PSPP y contribue. On ne peut pas faire ça. On doit dire : Voici pourquoi Montréal doit avoir le siège, en raison du fait qu'elle est déjà l'hôte de plusieurs sièges qui ont choisi de s'établir ici il y a longtemps et qui prospèrent ici, qu'on est un lien géographique, culturel, politique, économique entre les membres de l'OTAN, qu'on a ici... qu'on est une... qu'on est une puissance en matière d'intelligence artificielle, en matière d'aéronautique.

Journaliste : Est-ce qu'un argument contre l'indépendance est nécessairement un argument de peur?

M. Paradis : Non, ce n'est pas... c'est...

Une voix : ...

M. Paradis : Non. Non, parce qu'il y a un débat légitime à avoir. Mais remarquez quels sont les arguments du camp fédéraliste et remarquez que c'est toujours le scénario catastrophe, que ça va aller mal, que le Québec n'est pas capable, que le Québec n'a pas ce qu'il faut. Nous, au contraire, nous, au contraire, on a le discours du Québec qui gagne, du Québec qui est capable, du Québec qui va faire son indépendance en assurant la stabilité.

Journaliste : ...arguments, c'est un peu ça que vous vous entendez?

M. Paradis : Bien, ce n'est pas ce que je sous-entends, je peux... je peux vous le dire très officiellement : Les fédéralistes ont de plus en plus de difficulté à défendre leur option, parce que les Québécois le voient très bien que, si on continue dans l'option Canada, dans le fédéralisme, on est de plus en plus minoritaires, il y a moins en moins de langue française, on participe de moins en moins aux décisions. On est dans un gouvernement fédéral. Mark Carney continue dans la lignée de Justin Trudeau, dans la lignée de Jean Chrétien, dans la lignée de Pierre Elliott Trudeau. Ce n'est pas moins d'empiétement, ce n'est pas moins d'Ottawa qui décide à notre place, c'est plus que jamais. Donc, les Québécois voient cet avenir très limité dans le Canada ou alors la possibilité de mener notre barque nous même, de participer au concert des nations, d'être capable de prendre nous-mêmes ces décisions-là, par exemple sur le siège de la banque de l'OTAN, plutôt que d'être dépendant de décisions qui se prennent encore à Ottawa à notre place.

Journaliste : ...dans la lignée de Pauline Marois. Pauline Marois à l'époque, indépendantiste de la première heure, ancienne première ministre, cheffe du PQ avait mentionné qu'il y aurait de l'instabilité, une période de transition notamment. Donc, le gouvernement fédéral pourrait s'appuyer pas juste sur du vent, là, comme vous essayez de mentionner ce matin, mais sur ces dires-là aussi, notamment.

M. Paradis : Ces arguments de l'instabilité font partie de la campagne de peur. On ne peut pas présumer du scénario catastrophe, du scénario qui va mal. Nous, nous sommes de l'école du scénario, par exemple, comme ceux que j'ai nommés tout à l'heure, de pays qui sont propulsés par leur indépendance, qui assurent la stabilité en raison de la force de leur... de leur économie, de leur posture. Déjà, le Québec serait une des puissances mondiales en matière économique. Donc, actuellement, Montréal, Montréal, sa candidature pour la Banque de la défense doit être jugée à son mérite, pas en fonction d'une campagne de peur.

Journaliste :  ...qui vous écoutent ce matin, là, ils doivent être un peu troublés de ne pas vous entendre dire : Il n'y aura pas d'instabilité si on fait l'indépendance du Québec. C'est comme si vous laissez la porte ouverte puis en disant : C'est possible, ça se peut qu'il y ait de l'instabilité pendant quelques années. On va voir, on va espérer pour le mieux.

M. Paradis : Non, c'est votre avis. Moi, ce que je dis, moi, ce que je dis aux Québécoises et Québécois, c'est : N'ayons pas peur, ayons confiance et cessons de croire au scénario catastrophe et au scénario du pire, qui sont tout le temps ceux sur lesquels les fédéralistes s'appuient pour leur campagne, parce qu'ils ne sont plus capables d'expliquer aux Québécoises et aux Québécois c'est quoi, les véritables avantages du fédéralisme. Parce qu'on le sait que si on continue dans le... dans le régime fédéral actuellement, c'est le déclin de notre culture, c'est le déclin de la langue française, c'est le déclin de notre économie, parce que, de plus en plus, les décisions vont être prises à notre insu. C'est ça que je dis aux Québécoises, aux Québécois.

Journaliste : Is economic instability not a valid concern though in the context of a referendum?

M. Paradis : No, it's part of a fear campaign. Mrs. mayor of Montréal has clearly stated it. So, we must put aside this fear campaign, these fear tactics. And the federal government is ought to decide by the merits of each city. And Montréal clearly has distinctive advantages because it's already hosting a number of international organizations, because it is natural, geographical, political, economic link between the different countries that are member of NATO, because it's already a powerhouse in artificial intelligence, in financial services, in aerospace industry, and so on. So clearly Montréal is the place for this new international organization.

Journaliste : So, you don't think like, in the context of a referendum, we could see, you know, companies moving employees out of Québec because they're concerned or, you know, these kinds of things happening? These organizations may be deciding to move out because they're not… you're not in Canada anymore.

M. Paradis : It's part of the problem with that argument, always saying: Oh… Instilling fear and then saying that it's natural to take into account that there is fear and always raising these kind of concerns and issues. Whereas at the present moment, Montréal ought to be judged by its own merits. And clearly Montréal is the place for this new international organization.

Journaliste : Montréal, Toronto, Vancouver, they're all very similar cities. So, what's stopping Mr. Carney from taking this argument and looking at it when he's kind of trying to make this decision and decide by very small merit what city is better than the other for this defense bank?

M. Paradis : Well, once again, there are a number of clearly distinctive advantages for Montréal. We are already an international city, we are... we are already hosting a number of international organizations, including international organizations whose mandate is related to that of the future Bank, the International Civil Aviation Organization is based in Montréal and so on. We have a culture, a language, a tradition, an economy, a geographical position that is clearly a link between the member countries of NATO. We are already a powerhouse in artificial intelligence, in quantic studies and developments and innovation. We have big financial players based in Montréal. So these are the factors to be considered, not fear campaign.

Journaliste : ...stopping him, if you're not coming out and saying that it's a false argument even today?

M. Paradis : What's the question? I'm sorry.

Journaliste : You're not saying it's a false argument, you're not saying it's not wrong, you're saying it's part of a fear campaign, so what's...

M. Paradis : It's a fear campaign and hence a false argument. Each city should be evaluated, assessed by its own merits.

Journaliste : ...elle serait assujettie à la loi 101?

M. Paradis : Bien sûr. Et c'est un avantage. Ces organisations internationales, là vous parlez à quelqu'un qui a fait 25 ans de relations internationales, la multiplicité des langues et la capacité d'être capable de communiquer dans plusieurs langues, c'est un avantage. C'est pourquoi le Québec, d'ailleurs, a un nombre absolument phénoménal de ces citoyens et citoyennes qui sont dans des très hauts postes dans la plupart des organisations internationales, donc ici, c'est un avantage.

Journaliste : ...en anglais, ce n'est pas fou en français. C'est fou ou ce n'est pas fou?

M. Paradis : C'est la campagne de peur, là, on eu l'échange tout à l'heure alors nous, ça fait partie d'une campagne de peur, on demande au fédéral... on demande au fédéral de ne pas donner prise puis de ne pas démontrer très officiellement que pour lui c'est la campagne de peur qui va compter.

(Fin à 9 h 06)

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