Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures quarante-trois minutes)
Mme Laflamme : Bonjour à tous.
Merci d'être là. Ce matin, je voulais quand même mettre la lumière sur un sujet
dont on ne parle jamais assez, c'est-à-dire la place des régions du Québec dans
nos décisions.
Vous savez, il y a un Conseil des régions
qui a été créé, on parle de 18 personnes qui va se... qui vont se
rassembler pour parler des réalités régionales. Vous comprendrez que, pour moi,
c'est un recul, mais c'est surtout un nouveau filtre pour se rendre au
gouvernement, parce qu'on va avoir 18 personnes qui vont être en charge,
donc, d'amener les réalités des régions, mais les projets des régions aussi, qu'ils
vont devoir convaincre quelqu'un qui lui-même va devoir convaincre un ministre.
Alors, je trouve ça déplorable qu'on en soit toujours là au Québec.
On s'entend que les CRÉ, les CLD sont
disparus en 2014-2015. Après deux législatures caquistes, je pense que c'était
clair que les régions devaient avoir accès à des nouvelles formules de
concertation et à des nouveaux moyens de pouvoir mettre en place leurs enjeux.
Alors, ce n'est pas ce que nous propose la CAQ, ce n'est pas ce que nous a
proposé Christine Fréchette non plus dans son discours, puisqu'une fois qu'on a
évacué et qu'on a annoncé ce conseil-là, on ne parle plus jamais des régions
qui vivent la crise forestière, qui vivent aussi les impacts majeurs reliés aux
tarifs, parce que c'est l'industrie manufacturière qui y goûte. Et
malheureusement, bien, ce n'est pas de ça dont on parle. Alors, voilà, je
voulais vous en parler ce matin. Merci.
M. Paradis : Ce matin, nous
déposons une motion pour demander au gouvernement de la CAQ de revenir sur sa
décision très mal avisée de couper le financement de l'Association
internationale d'études québécoises, qui, depuis des décennies, contribue au
rayonnement de la langue française à l'échelle internationale, au rayonnement
et à la prospérité et à... à l'épanouissement de notre culture un peu partout
dans le monde. Et cette décision-là, elle a été d'ailleurs dénoncée par cinq
anciens ministres des Relations internationales du Québec de différents partis.
Elle a été dénoncée par toutes les organisations de la société civile et par la
Communauté des relations internationales du Québec parce qu'elle est insensée.
Elle représente aussi ce gouvernement de
la CAQ, le même bon vieux gouvernement de la CAQ qui dit une chose et fait son
contraire. Parce que ce qui est intéressant, c'est que le ministre Skeete, le
gouvernement du Québec au reçu, il n'y a pas si longtemps, il y a quelques
semaines, au Québec, la secrétaire générale de l'Organisation
internationale de la Francophonie, et s'est vanté de ses politiques qui
visent à faire en sorte d'appuyer la langue française au Québec et à l'échelle
internationale. Et, du même souffle, c'est ce même gouvernement qui coupe les
vivres de cette association, qui fait vraiment un travail remarquable et qui, à
la fin, au bout du compte, ce n'est pas un budget important dont on parle par
rapport à l'ensemble des budgets du gouvernement du Québec, mais c'est une
contribution qui est immense, qui est très importante. Alors, on demande au
gouvernement de revenir sur cette décision. Et là-dessus on est prêts pour vos
questions.
Journaliste
: ...est-ce
que c'est possible de vous entendre sur... les stratégies de la ville de
Toronto de parler de l'instabilité économique créée par la possibilité d'un
référendum pour mousser sa candidature pour la banque de défense?
M. Paradis : Je vais citer la
mairesse de Montréal qui parle de tactique de peur, et ça, ce n'est pas
nouveau. Et on imagine bien Toronto utiliser ces stratégies. On peut parler de
plusieurs sujets qui nous distinguent, qui sont... qui font la force de
Montréal, mais à la fin, la décision, elle doit se prendre sur le mérite des
villes qui sont en lice. Et c'est Montréal qui se distingue très clairement, et
c'est Montréal qui se distingue, parce que c'est déjà une ville qui est l'hôte
de plusieurs sièges d'organisations internationales, parce qu'on est un lien
géographique naturel entre les différents pays membres de l'OTAN actuellement.
Parce que notre diversité culturelle, notre diversité juridique, notre
diversité linguistique fait en sorte qu'on est la ville, que Montréal est la
meilleure ville pour accueillir ce siège, en plus de nos forces en
aéronautique, en intelligence artificielle, parce qu'il y a des institutions
financières très fortes qui sont... qui sont basées à Montréal. Donc, ce qu'il
faut, c'est que la candidature soit analysée à son mérite.
Journaliste
: ...c'est Mark
Carney qui va prendre la décision. Est-ce que vous pensez que c'est un argument
qui peut être... auquel il peut être sensible?
M. Paradis : Ce sont des
tactiques de peur. Et là, si on est en train de dire que le gouvernement
fédéral va officiellement embarquer dans des tactiques de peur, alors qu'on le
sait que ça existe toujours, ces tactiques-là, on le sait qu'elles sont là, on
le sait, que Toronto et peut-être d'autres villes vont les utiliser, mais ce qu'on
demande, c'est qu'évidemment la candidature de Montréal soit analysée à son
mérite.
Journaliste
:
...irrationnel, là, que Mark Carney choisisse d'autres villes en raison
notamment de cet argument-là?
M. Paradis : Bien, d'abord,
moi, j'aimerais qu'on me démontre que peu importe l'orientation du Québec en
matière d'indépendance ou de tenue d'un référendum ou pas... que le Québec n'a
pas été défavorisé historiquement. Vous savez que nous, on le répète,
qu'historiquement le Québec n'a pas été avantagé, que les décisions sont prises
par des députés qui proviennent majoritairement du reste du Québec et
qu'historiquement le Québec est désavantagé. Peu importe ce qui est la
situation politique au Québec, c'est ça, la réalité.
Donc, ensuite, les critères qui vont être
considérés, c'est les critères du mérite de chaque ville. Et Montréal se
distingue. Et Montréal se distingue aussi d'ailleurs, parce que le Québec a
déjà un historique en relations internationales, et Toronto, là, qui fait
beaucoup de bruit là-dessus, bien Toronto, c'est une ville qui est située en
Ontario, puis l'Ontario, c'est la province du premier ministre Doug Ford, qui a
démontré qu'en matière de relations internationales, il y a encore des croûtes
à manger par rapport au Québec. On se rappelle tous de sa campagne publicitaire
qui a fait achopper les discussions entre... avec le gouvernement américain de
Donald Trump. Je pense que ça, ça devrait compter dans la balance aussi.
Journaliste : Mais
faites-vous confiance à Mark Carney? Est-ce que vous faites confiance à Mark
Carney de prendre une décision où on a... pas compte justement d'une campagne
de peur, parce que vous lui reprochez essentiellement toujours de faire ça, là,
au gouvernement fédéral. Donc en quoi cette fois-ci il prendrait une décision
juste et équitable envers le Québec?
M. Paradis : Bien, le minimum
qu'on puisse exiger du premier ministre du Canada, c'est qu'il n'embarque pas
officiellement dans une campagne de peur. Qu'il n'aille pas dire aux gens de
Toronto : Bien oui, vous avez raison, puis continuez vos campagnes de
peur, puis on va vous donner raison. Mais je le redis, historiquement, c'est
plutôt l'inverse. Peu importe la situation politique au Québec, le gouvernement
fédéral n'avantage pas le Québec, prend plusieurs décisions, notamment en
matière de relations internationales, qui ne sont pas à l'avantage du Québec.
Alors, ça, ça existe déjà, peu importe la situation politique au Québec.
Journaliste : ...campagne de
peur, mais vous ne dites pas que c'est faux, par contre. Parce que si votre
gouvernement est élu, s'il y a un référendum, il y aura instabilité. Vous avez
parlé de l'OTAN, il n'y a rien qui dit que le Québec indépendant ferait partie
de l'OTAN, ou au moins pendant les premières années. Donc je ne peux pas dire
que c'est faux, qu'il n'y aura pas d'instabilité pendant quelques années pour
une organisation qui aurait à s'installer ici.
M. Paradis : Bien, on a déjà
eu cette discussion-là. Nous, on a clairement annoncé qu'un Québec indépendant
ferait partie de l'OTAN. Et l'argument de l'instabilité, l'argument de
l'instabilité, ça, c'est ceux qui sont constamment du côté de la campagne de
peur. On a déjà eu cette conversation-là et ce n'est pas démontré, toute cette
histoire-là d'instabilité, ça, c'est la campagne de peur des fédéralistes. Pour
l'instant, c'est qu'elle est la ville la plus à même d'accueillir ce siège
social, compte tenu de ses avantages, compte tenu de ses avantages distinctifs
et c'est clairement Montréal, et c'est là-dessus que la candidature de
Montréal...
Journaliste
: ...si
Montréal est en lice en ce moment, c'est parce que la ville de Montréal fait
partie du Canada. Si on était indépendant, je ne pense pas que la Banque de la
défense... que Montréal serait candidate pour recevoir la Banque de la défense.
Qu'est-ce que vous en pensez?
M. Paradis : Si on était
indépendant, on aurait pu faire nos représentations nous-mêmes à l'OTAN et
obtenir ce siège et pas avoir à se battre avec d'autres villes canadiennes
après, donc...
Journaliste : ...ce que vous
dîtes là, vous venez de dire : Ce n'est pas démontré toute cette histoire
là d'instabilité, qu'est ce que vous voulez dire?
M. Paradis : Bien que ça fait
partie de la campagne de peur que de dire qu'une démarche visant à consulter le
peuple sur son avenir politique va nécessairement entraîner toutes sortes
d'instabilité qui font en sorte qu'une décision, par exemple, sur le siège de
la Banque de la défense de l'OTAN, ne pourrait pas se prendre aujourd'hui parce
qu'on fait ces suppositions hypothétiques. C'est... Ce qui compte actuellement,
c'est le mérite de la ville de Montréal à accueillir ce siège et on ne peut
pas, on ne peut pas laisser la ville de Toronto, on ne peut pas laisser des
gens faire monter cette campagne de peur. C'est la mairesse de Montréal
elle-même qui...
Journaliste : ...promesse de
tenir un référendum dans un premier mandat, alors est-ce que ça nuit... ça nuit
au Québec?
M. Paradis : Non, parce que
les facteurs qui vont être considérés, c'est sûr : quelle est la ville la
plus à même d'accueillir le siège de cette Banque de la Défense? Et Montréal a
vraiment des avantages distinctifs. Mais ma réponse, c'est ça. C'est que les
avantages de Montréal, actuellement, font en sorte que c'est à Montréal qu'on
devrait attribuer ce siège-là.
Journaliste : Pour revenir
sur ma question de Caroline, vous avez dit : Ça n'a pas été démontré. Une
démonstration, d'habitude, c'est sur la base d'expériences réelles. Là, tu
sais, on pense, mettons, Brexit où il y en a eu de l'instabilité, vous allez le
reconnaître, là, au nombre de premiers ministres qui se sont succédé. Donc,
est-ce qu'il y a des exemples de transition comme ça qui se sont passés sans
instabilité? Tu sais, quand vous dites c'est démontré... par quoi?
M. Paradis : Il y a... puis
il y a plein d'exemples, comme celui, par exemple, de la Slovaquie qui a connu
un boom économique, qui a connu une période de prospérité suivant son
indépendance. Ces exemples-là, ils comptent. Bien sûr, les fédéralistes
appuient moins sur ces... sur ces exemples-là, parce qu'on est toujours dans
l'argument de la... de la peur, plutôt que dans l'argument de la construction
d'un Québec prospère, d'un Québec qui va assurer la stabilité. Parce qu'en
matière financière, en matière d'infrastructures économiques, le Québec est
déjà très fort, et cette situation-là va continuer. Si le Québec est
indépendant, cette situation-là va constituer...
Journaliste : Est-ce que
c'est possible qu'il y ait de l'instabilité ou c'est totalement exclu?
M. Paradis : Nous, ce qu'on
dit aujourd'hui, c'est que la banque doit être établie à Montréal, parce que
c'est Montréal qui présente des avantages distinctifs, et qu'on ne peut pas
aujourd'hui...
Journaliste : Est-ce que...
est-ce que c'est exclu qu'il y ait de l'instabilité?
M. Paradis : Mais pourquoi,
au moment... pourquoi, au moment d'analyser où devrait s'installer ce siège
aujourd'hui, on va commencer à laisser des gens de Toronto bâtir une campagne
basée sur des arguments de peur, d'une instabilité hypothétique qui n'a pas été
prouvée?
Journaliste : ...argument de
peur, vous laissez entendre que c'est faux, cet argument-là. Donc, est-ce que
c'est complètement exclu qu'il y ait de l'instabilité si le Québec... S'il y a
un référendum gagnant, là, au Québec pour l'indépendance, est-ce que c'est
exclu qu'il y ait de l'instabilité?
M. Paradis : On ne peut pas
aujourd'hui laisser la ville de Toronto bâtir son argumentaire...
Journaliste
: ...
M. Paradis : C'est ça, ma
réponse. C'est ça, ma réponse. C'est qu'on ne peut pas... on ne peut pas
accepter que Toronto... et que... bâtisse sa campagne sur des arguments de peur...
je cite notamment la mairesse de Montréal, qui le voit très bien... et
d'embarquer là-dedans... et d'embarquer là-dedans.
Journaliste : Vous ne pouvez
pas l'exclure qu'il va y avoir de l'instabilité.
M. Paradis : Ce qu'on ne peut
pas faire, c'est laisser une campagne de peur s'installer pour dire que c'est
nécessairement ça qui va se passer.
Journaliste : Je comprends
que vous ne voulez pas répondre. Mais, tu sais, c'est-tu complètement fou, de
la part de Toronto, d'évoquer ça, l'instabilité... Est-ce que c'est faux?
M. Paradis : C'est... On ne
peut pas laisser la campagne de peur dicter les décisions du fédéral. On ne
peut pas laisser le fédéral embarquer là-dedans. La banque doit être établie
dans la ville qui est la plus à même de l'accueillir, et c'est Montréal qui a
les meilleurs avantages distinctifs.
Journaliste
: Vous ne
pouvez pas dire les mots : C'est faux, c'est faux, il n'y aura pas
d'instabilité? Ça, vous ne pouvez pas affirmer ça aujourd'hui?
M. Paradis : Je vous ai dit
tout à l'heure que tout cet argument de l'instabilité n'est pas démontré, que
c'est toujours ceux qui veulent dire que ça va nécessairement générer ça. Ce
n'est pas démontré, ce n'est... ce n'est pas démontré, et il y a des exemples à
l'effet complètement inverse.
Journaliste : Ni l'un ni
l'autre n'est démontré, ni la stabilité ni l'instabilité, là, à ce compte-là.
On ne sait pas...
M. Paradis : C'est
exactement... c'est exactement pour ça que je vous dis qu'actuellement on ne
peut pas laisser la campagne de peur, les tactiques de peur, comme la mairesse
de Montréal l'a dit, dicter l'agenda de la décision sur le siège de la Banque
de la défense de l'OTAN. Il faut avoir des arguments rationnels, qui sont basés
sur les avantages comparatifs de chaque ville. Et quand on regarde Toronto, par
exemple, comparé à Montréal, moi, je vous dis qu'en matière de relations
internationales, en matière de positionnement stratégique, géographique,
culturel Montréal a des avantages comparatifs.
Journaliste : Je m'excuse
d'insister, là, mais, je veux dire, c'est irrationnel. Tu sais, il y a quand
même... il y a de l'empirique, là, dans le sens que ça s'est vécu ailleurs.
Vous avez donné l'exemple de la Slovaquie. Ça, ça pourrait être un argument
rationnel pour dire : Ça va rester stable. On a l'exemple du Brexit, qui
pourrait être un argument rationnel pour dire : Ça va devenir instable.
Vous comprenez ce que je veux dire?
M. Paradis : Bien, le Brexit,
c'est d'autres choses. Le Brexit... le Brexit, c'est un pays qui sort d'un
ensemble économique, hein? Nous, à l'inverse, on dit... Nous, on veut faire
l'indépendance et joindre des ensembles économiques. Donc, ça, ce n'est pas la
même chose. Mais ce que je vous dis, c'est qu'il faut cesser de toujours
accepter ces arguments-là, qui sont des arguments de la peur, que voici ce qui
va se passer, puis que ça va être épouvantable. On est ailleurs. Je vous
rappelle que l'Assemblée nationale a voté une résolution unanime qui dit que le
Québec a tout ce qu'il faut pour être un pays indépendant, que ça va être
viable économiquement. On ne peut pas aujourd'hui laisser ces campagnes de peur
influencer la décision d'Ottawa. Puis Ottawa ne peut pas embarquer là-dedans.
Et je trouve dommage, d'ailleurs, que...
J'ai entendu mes collègues du Parti libéral ce matin, puis là ils dénoncent la
campagne, mais, de l'autre côté, ils l'alimentent en disant que PSPP y
contribue. On ne peut pas faire ça. On doit dire : Voici pourquoi Montréal
doit avoir le siège, en raison du fait qu'elle est déjà l'hôte de plusieurs
sièges qui ont choisi de s'établir ici il y a longtemps et qui prospèrent ici,
qu'on est un lien géographique, culturel, politique, économique entre les
membres de l'OTAN, qu'on a ici... qu'on est une... qu'on est une puissance en
matière d'intelligence artificielle, en matière d'aéronautique.
Journaliste : Est-ce qu'un
argument contre l'indépendance est nécessairement un argument de peur?
M. Paradis : Non, ce n'est
pas... c'est...
Une voix : ...
M. Paradis : Non. Non, parce
qu'il y a un débat légitime à avoir. Mais remarquez quels sont les arguments du
camp fédéraliste et remarquez que c'est toujours le scénario catastrophe, que
ça va aller mal, que le Québec n'est pas capable, que le Québec n'a pas ce
qu'il faut. Nous, au contraire, nous, au contraire, on a le discours du Québec
qui gagne, du Québec qui est capable, du Québec qui va faire son indépendance
en assurant la stabilité.
Journaliste : ...arguments,
c'est un peu ça que vous vous entendez?
M. Paradis : Bien, ce n'est
pas ce que je sous-entends, je peux... je peux vous le dire très
officiellement : Les fédéralistes ont de plus en plus de difficulté à
défendre leur option, parce que les Québécois le voient très bien que, si on
continue dans l'option Canada, dans le fédéralisme, on est de plus en plus
minoritaires, il y a moins en moins de langue française, on participe de moins
en moins aux décisions. On est dans un gouvernement fédéral. Mark Carney
continue dans la lignée de Justin Trudeau, dans la lignée de Jean Chrétien,
dans la lignée de Pierre Elliott Trudeau. Ce n'est pas moins d'empiétement, ce
n'est pas moins d'Ottawa qui décide à notre place, c'est plus que jamais. Donc,
les Québécois voient cet avenir très limité dans le Canada ou alors la
possibilité de mener notre barque nous même, de participer au concert des
nations, d'être capable de prendre nous-mêmes ces décisions-là, par exemple sur
le siège de la banque de l'OTAN, plutôt que d'être dépendant de décisions qui
se prennent encore à Ottawa à notre place.
Journaliste : ...dans la
lignée de Pauline Marois. Pauline Marois à l'époque, indépendantiste de la
première heure, ancienne première ministre, cheffe du PQ avait mentionné qu'il
y aurait de l'instabilité, une période de transition notamment. Donc, le
gouvernement fédéral pourrait s'appuyer pas juste sur du vent, là, comme vous
essayez de mentionner ce matin, mais sur ces dires-là aussi, notamment.
M. Paradis : Ces arguments de
l'instabilité font partie de la campagne de peur. On ne peut pas présumer du
scénario catastrophe, du scénario qui va mal. Nous, nous sommes de l'école du
scénario, par exemple, comme ceux que j'ai nommés tout à l'heure, de pays qui
sont propulsés par leur indépendance, qui assurent la stabilité en raison de la
force de leur... de leur économie, de leur posture. Déjà, le Québec serait une
des puissances mondiales en matière économique. Donc, actuellement, Montréal,
Montréal, sa candidature pour la Banque de la défense doit être jugée à son
mérite, pas en fonction d'une campagne de peur.
Journaliste : ...qui vous
écoutent ce matin, là, ils doivent être un peu troublés de ne pas vous entendre
dire : Il n'y aura pas d'instabilité si on fait l'indépendance du Québec.
C'est comme si vous laissez la porte ouverte puis en disant : C'est
possible, ça se peut qu'il y ait de l'instabilité pendant quelques années. On
va voir, on va espérer pour le mieux.
M. Paradis : Non, c'est votre
avis. Moi, ce que je dis, moi, ce que je dis aux Québécoises et Québécois,
c'est : N'ayons pas peur, ayons confiance et cessons de croire au scénario
catastrophe et au scénario du pire, qui sont tout le temps ceux sur lesquels
les fédéralistes s'appuient pour leur campagne, parce qu'ils ne sont plus
capables d'expliquer aux Québécoises et aux Québécois c'est quoi, les
véritables avantages du fédéralisme. Parce qu'on le sait que si on continue
dans le... dans le régime fédéral actuellement, c'est le déclin de notre
culture, c'est le déclin de la langue française, c'est le déclin de notre
économie, parce que, de plus en plus, les décisions vont être prises à notre
insu. C'est ça que je dis aux Québécoises, aux Québécois.
Journaliste : Is economic
instability not a valid concern though in the context of a referendum?
M. Paradis :
No, it's part of a fear campaign. Mrs.
mayor of Montréal has clearly stated it. So, we must put aside this fear
campaign, these fear tactics. And the federal government is ought to decide by
the merits of each city. And Montréal clearly has distinctive advantages
because it's already hosting a number of international organizations, because
it is natural, geographical, political, economic link between the different
countries that are member of NATO, because it's already a powerhouse in
artificial intelligence, in financial services, in aerospace industry, and so
on. So clearly Montréal is the place for this new international organization.
Journaliste :
So, you don't think like, in the
context of a referendum, we could see, you know, companies moving employees out
of Québec because they're concerned or, you know, these kinds of things
happening? These organizations may be deciding to move out because they're not…
you're not in Canada anymore.
M. Paradis :
It's part of the problem with that
argument, always saying: Oh… Instilling fear and then saying that it's natural
to take into account that there is fear and always raising these kind of
concerns and issues. Whereas at the present moment, Montréal ought to be judged
by its own merits. And clearly Montréal is the place for this new international
organization.
Journaliste :
Montréal, Toronto, Vancouver, they're
all very similar cities. So, what's stopping Mr. Carney from taking this
argument and looking at it when he's kind of trying to make this decision and
decide by very small merit what city is better than the other for this defense
bank?
M. Paradis :
Well, once again, there are a number of
clearly distinctive advantages for Montréal. We are already an international
city, we are... we are already hosting a number of international organizations,
including international organizations whose mandate is related to that of the
future Bank, the International Civil Aviation Organization is based in Montréal
and so on. We have a culture, a language, a tradition, an economy, a
geographical position that is clearly a link between the member countries of
NATO. We are already a powerhouse in artificial intelligence, in quantic
studies and developments and innovation. We have big financial players based in
Montréal. So these are the factors to be considered, not fear campaign.
Journaliste :
...stopping him, if you're not coming
out and saying that it's a false argument even today?
M. Paradis :
What's the question? I'm sorry.
Journaliste :
You're not saying it's a false
argument, you're not saying it's not wrong, you're saying it's part of a fear
campaign, so what's...
M. Paradis :
It's a fear campaign and hence a false
argument. Each city should be evaluated, assessed by its own merits.
Journaliste :
...elle serait assujettie à la loi 101?
M. Paradis : Bien sûr. Et
c'est un avantage. Ces organisations internationales, là vous parlez à
quelqu'un qui a fait 25 ans de relations internationales, la multiplicité
des langues et la capacité d'être capable de communiquer dans plusieurs
langues, c'est un avantage. C'est pourquoi le Québec, d'ailleurs, a un nombre
absolument phénoménal de ces citoyens et citoyennes qui sont dans des très
hauts postes dans la plupart des organisations internationales, donc ici, c'est
un avantage.
Journaliste
: ...en
anglais, ce n'est pas fou en français. C'est fou ou ce n'est pas fou?
M. Paradis : C'est la
campagne de peur, là, on eu l'échange tout à l'heure alors nous, ça fait partie
d'une campagne de peur, on demande au fédéral... on demande au fédéral de ne
pas donner prise puis de ne pas démontrer très officiellement que pour lui
c'est la campagne de peur qui va compter.
(Fin à 9 h 06)