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(Douze heures quatre minutes)
Le Modérateur : Donc, bonjour,
tout le monde. Bienvenue à ce point de presse de Québec solidaire. Prendront la
parole, dans l'ordre, Guillaume Cliche-Rivard, leader parlementaire de Québec
solidaire, Sabrina Kouider-Philippon, du regroupement Le Québec c'est nous
aussi, Loïc Goyette, de l'Union étudiante du Québec, ainsi qu'avec des
représentants et représentantes des associations de la FAECUM et du REMDUS,
Sonia Bachelier, diplômée de l'Université de Montréal, ainsi que Fanny Pinto-Reis,
travailleuse temporaire. Puis conclura Andrés Fontecilla, responsable solidaire
en immigration.
M. Cliche-Rivard : Bonjour,
tout le monde. Merci d'être nombreux et nombreuses. J'avais envie de dire, au
début, là, content de vous voir, content d'être là. Mais ce n'est pas tout à
fait vrai, là, les faits sont tels qu'on est rendus au troisième point de
presse depuis la décision scandaleuse de Jean-François Roberge de décider
unilatéralement de révoquer, annuler, déchiqueter le Programme de l'expérience
québécoise, et vous avez tous été conscients, conscientes des grands mouvements
de sensibilisation, de mobilisation de la société civile, des élus, des
syndicats, des associations depuis qui se mobilisent, qui se sont mobilisé pour
réclamer le retour du PEQ, et ce qui a permis à... pendant la course à la
chefferie de la CAQ, à Christine Fréchette et à Bernard Drainville, de faire
leurs promesses. C'est Mme Fréchette qui l'a emporté par la suite, qui
avait promis une clause de droits acquis rapide, de l'emporter.
Mais là, force est de constater que ça
fait un mois, un mois depuis son arrivée, et le PEQ n'est toujours pas de
retour, malgré les engagements, malgré les promesses, malgré les mobilisations
historiques de la société civile. Et là, la question qui demeure, parce que Mme Fréchette
continue de dire, elle l'a encore dit la semaine dernière, à l'Assemblée :
Le PEQ rouvrira. Mais quand? Quand, c'est la grande question, et à chaque jour,
là, il y a des vies qui sont en suspend, il y a des rêves qui sont mis sur
pause. Il y a des statuts, aussi, qui sont sur le point d'expirer. Il y a des
entrepreneurs, des entreprises, des parcours d'intégration académique qui sont
en suspend aussi. Et l'ensemble du Québec, là, attend avec impatience la
fameuse date, le fameux jour où le nouveau ministre Bonnardel va sortir en
conférence de presse pour dire : Voilà, je rouvre le PEQ, mais tout ça,
là, ça commence à faire, ça commence à faire trop longtemps, et on est ici pour
demander, là, que le PEQ soit réouvert dès maintenant.
Et donc, dans quelques minutes, là, au salon
rouge, je vais déposer une motion qui demande, au plus tard, à ce que le PEQ soit
réouvert officiellement à la fin... avant la fin des travaux de la session
parlementaire, donc au plus tard le 12 juin, pour qu'au moment où les
parlementaires partent ou va s'entamer ou commencer, là, officiellement la... la
période électorale, que cette question-là soit derrière nous. La première
ministre a pris des engagements clairs envers les Québécois et les Québécoises,
envers les gens du PEQ, les orphelins du PEQ. M. Bonnardel a, par ailleurs,
dit à plusieurs reprises qu'il allait tenter de rétablir la confiance envers
les oubliés, ceux qui avaient été laissés pour compte dans la réforme
catastrophique de Jean-François Roberge.
Alors, aujourd'hui, on va voir... on va en
avoir le cœur net. Est-ce que, oui ou non, la première ministre respecte ses
engagements et s'engage à rétablir le PEQ avant la fin de la session
parlementaire? Ou sinon, au contraire, est-ce qu'elle renie sa promesse? Et
est-ce qu'elle envoie aux oubliettes, là, ou aux calendes grecques le retour du
PEQ, ce qui serait absolument désastreux? Donc, on aura la réponse plus tard.
Évidemment, vous connaissez notre position, on souhaite le retour du PEQ le
plus vite possible. On pense que les délais ont déjà trop duré. Mme Fréchette
s'est prononcée à la fin février. Ça fait déjà des mois qu'elle sait qu'elle va
rétablir le PEQ, le délai actuellement, il est inacceptable. Il met beaucoup
trop de familles, trop de vies en suspens. On lui demande d'agir dès
maintenant. Merci beaucoup.
Mme Kouider Philippon (Sabrina) :
Je m'appelle Sabrina Kouider Philippon, je suis vice-présidente du Québec c'est
nous aussi et infirmière clinicienne en soutien à domicile, en soins palliatifs
à domicile plus précisément.
Aujourd'hui, on est à nouveau devant
l'Assemblée nationale pour dénoncer l'abolition du PEQ et l'urgence dans
laquelle se trouvent des milliers de familles. Lors de sa campagne à la
chefferie de la CAQ, Mme Fréchette a reconnu que l'abolition du PEQ avait été
brutale et sans transition. Elle s'est engagée à protéger les personnes déjà
engagées dans leur parcours d'immigration. Pourtant, aujourd'hui, rien n'a
changé. Le ministre François Bonnardel a lui aussi reconnu les failles du PSTQ
et promis d'être à l'écoute des orphelins du PEQ.
Mais sur le terrain, les familles
attendent toujours. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. 13 102 invitations
au PSTQ et seulement 270 CSQ délivrées en l'espace de 10 mois. Donc,
ce n'est pas une solution, c'est une impasse. Nous sommes vos voisins, vos
collègues, vos soignants. Nous vivons au Québec depuis des années, nous
travaillons, nous parlons français, nous étudions en français, nous contribuons
à la société québécoise. Nous sommes venus ici parce qu'une promesse claire
avait été faite : travailler, étudier, s'intégrer et accéder à la
résidence permanente grâce au PEQ. Aujourd'hui, cette promesse a été rompue et
le temps des promesses est terminé.
Nous demandons la réouverture du PEQ sans
délai afin de protéger les parcours déjà engagés. On demande aussi à ce que le
Québec intervienne auprès d'Ottawa pour permettre le renouvellement des permis
de travail des personnes admissibles. Nous demandons une simplification réelle
du PSTQ avec un traitement plus rapide et surtout plus humain des dossiers. On
ne demande pas de privilèges, on demande simplement le respect de la parole qui
a été donnée, parce qu'au-delà des chiffres, il y a des vies humaines. Merci.
M. Goyette (Loïc) : Oui et
rapidement, moi, c'est Loïc Goyette, président de l'Union étudiante du Québec.
On est en accord total, là, avec les propos qui ont été tenus par Le Québec
c'est nous aussi. Nous aussi, on demande rapidement que le PEQ soit réouvert
dès maintenant. Ça fait des mois et des mois que les personnes étudiantes qui
sont immigrées ici, qui sont arrivées au Québec avec la promesse du PEQ ne
peuvent plus appliquer, des gens qui se trouvent dans des situations de
détresse, dans des situations d'incertitude. Donc, on demande au ministre
Bonnardel puis à Mme Fréchette de réouvrir le PEQ dès aujourd'hui.
Mme Bachelier (Sonia) :
Bonjour, donc je m'appelle Sonia, j'ai 22 ans et je suis étudiante, en
fait, diplômée de l'Université de Montréal. Je suis arrivée ici il y a quatre
ans avec une volonté de rester ici pour faire ma vie. J'ai d'ailleurs commencé
à construire cette vie ici. J'ai fini mes études, je me suis formée pour
travailler au Québec et pour rester au Québec. Aujourd'hui, quand j'ai fini mes
études il y a un an, j'ai appris que le PEQ allait être fermé. J'ai donc
compris très rapidement que mon avenir ici n'était pas certain que je n'étais
pas... je n'avais aucune certitude de pouvoir rester, qu'il y avait une
possibilité que j'ai à quitter mon appartement, mes amis, mon travail, mais
aussi que tout mon diplôme soit un peu perdu. C'est extrêmement compliqué de se
projeter dans un monde comme celui-ci, on ne sait pas vraiment où est-ce qu'on
va aller après, alors qu'on a réellement une volonté de rester, je n'ai pas
envie de devoir rentrer comme certains de mes amis ont dû le faire parce que le
PEQ n'est pas revenu. Et pour moi, en tant qu'étudiante avec un petit
baccalauréat, le PSTQ n'est pas une option. Donc on a besoin d'engagement clair
pour les personnes étudiantes comme nous qui viennent de terminer leurs études
ici et qui veulent continuer leur vie ici.
Mme Pinto-Reis (Fanny) :
Bonjour à tous, je m'appelle Fanny Pinto-Reis, je suis arrivée en 2022 avec mon
conjoint et mes deux enfants alors âgés de trois et sept ans. On a tout quitté
pour venir au Québec, on a laissé nos emplois, on a vendu nos maisons, on a
laissé nos familles, on a vécu des deuils à distance. Ça a été beaucoup de
difficultés, mais ça a été également le plus beau... la plus belle décision
qu'on n'ait jamais prise. On n'a jamais regretté. On a un fils qui a été, assez
jeune, diagnostiqué TDAH sévère. Il avait beaucoup de difficultés, il avait
fini par tomber dans une profonde dépression, seulement à l'âge de sept ans. Le
Québec l'a sauvé, il lui a donné un traitement, il lui a donné une place, il
lui a donné un avenir.
On a fait ce choix-là car on avait cette
promesse de se dire que, si on travaillait pendant deux ans, si on respectait
les règles, on pourrait demander la résidence permanente et ne pas ôter cette
nouvelle vie à notre enfant. Malheureusement, le PEQ a été gelé deux jours avant
qu'on puisse déposer notre dossier puis il a été aboli. Mme Fréchette et
M. Bonnardel se sont... nous ont promis la réouverture. C'est une bonne
nouvelle, mais la question, c'est qu'on ne peut pas vivre éternellement de
permis temporaire en permis temporaire. Mon fils me demande continuellement
quand est-ce qu'on aura l'accord du Québec pour rester pour toujours. Je ne
peux pas lui promettre qu'on pourra rester pour toujours.
Le temps presse. Les familles sont
séparées, les permis expirent, les gens quittent, abandonnent ce rêve pour
lequel ils ont tant sacrifié. Je pense que les promesses, c'est bien. On en a
eu, on a eu de belles paroles. Maintenant, on a besoin d'actes et on les a...
on en a besoin maintenant, pardon. On a vu où les promesses nous ont menés, et,
malheureusement, ça n'a jamais été suffisant. Merci.
M. Fontecilla : Donc,
bonjour, mesdames, messieurs. Écoutez, vous connaissez l'histoire, l'ancien
ministre de l'Immigration, M. Jean-François Roberge, a joué les apprentis
sorciers en immigration, et il a suscité une tempête, il a créé un désastre, il
a mis dans l'insécurité et dans la détresse des milliers... des dizaines de
milliers de personnes, des familles, des enfants qui sont concernés, et, voilà,
ils ont été obligés, grâce à une mobilisation historique des différents groupes
de la société civile, une alliance rarement vue entre le milieu des affaires,
les milieux syndicaux et les milieux universitaires... pour demander, de façon
unanime, au gouvernement du Québec de revenir sur l'abolition catastrophique du
PEQ. Et Mme Fréchette, entendant cette clameur des différents milieux, a
fait une promesse, et ça a été dit : Il ne nous faut pas seulement une
promesse, maintenant, on a... on veut une réponse. Ça va faire un mois que
Mme Fréchette a assumé le poste de premier de premier ministre du Québec,
là. C'est le temps de donner une réponse définitive et arrêter la détresse de
ces dizaines de milliers de personnes. On a déposé, le 5 mai dernier, une
pétition avec quelque 17 000 noms, ici, à l'Assemblée nationale.
Aujourd'hui, on va déposer une motion demandant au gouvernement de finalement
publier, annoncer la réouverture du programme PEQ. C'est important.
Mme Fréchette s'en va en France dans une opération diplomatique, et elle
va se faire questionner sur le fait que... qu'est-ce qui se passe avec les
ressortissants français qui vivent une insécurité aussi grande, aujourd'hui?
J'espère qu'elle va avoir une réponse. Quoi qu'il en soit, nous lui demandons
d'annoncer très rapidement, dans les prochaines semaines, d'ici la fin de la
session, d'annoncer la réouverture du PEQ, là, jusqu'au 12 juin pour
donner une réponse non seulement à l'ensemble des parlementaires, mais à des
dizaines de milliers de personnes qui vivent dans la détresse et à des milieux
économiques, à des milieux universitaires, à des entreprises, à des collègues
de travail, là, qui attendent cette réouverture du programme PEQ. Le temps
presse. Mme Fréchette, M. Bonnardel, là, c'est le temps d'arrêter
cela et annoncer la réouverture du PEQ. Merci.
Le Modérateur : Merci... pour
la période de questions.
Journaliste : Bonjour,
Florence Royer, Noovo infos. Donc, on commence cette deuxième semaine, là, ici.
Est-ce que vous commencez, peut-être, à douter de la sincérité de
Mme Fréchette quand elle a fait cette promesse-là?
M. Cliche-Rivard : Mme Fréchette,
elle est membre de la Coalition avenir Québec, elle est maintenant chef de la
CAQ et la CAQ a brisé plusieurs promesses en immigration, ce qui fait en sorte
que la confiance, elle est véritablement mise à mal, et elle est à rebâtir et à
reconstruire. Je vais peut-être laisser des gens directement impactés répondre,
mais là, moi, je ne comprends pas comment ça se fait, que ce soit long comme
ça, là. Ça aurait dû être réglé avant même le retour au Parlement, cette
question-là. Ça aurait dû être réglé le jour même de l'inauguration. Le
ministre Bonnardel a tous les pouvoirs pour rouvrir le PEQ, on n'a pas besoin
du Parlement pour ça. Donc, je ne comprends pas, là, que ça fasse déjà un mois
puis que cette question-là ne soit pas déjà réglée. Mais peut-être que sur la
question de confiance, je laisserais peut-être Le Québec, c'est nous aussi, là,
ajouter par-dessus.
Mme Bollet Michel
(Florence) : Je vais prendre la parole.
M. Cliche-Rivard : Oui.
Mme Bollet Michel
(Florence) : Bonjour. Je pense qu'on veut y croire. Je m'appelle
Florence Bollet Michel, je suis présidente du Québec, c'est nous aussi. On veut
y croire, bien évidemment, on a besoin de cet espoir, c'est important. Mais en
revanche, sur le terrain, aujourd'hui, on n'a rien. Rien n'a changé. Donc,
effectivement, il y a des promesses. On en a eu beaucoup. Donc on veut faire
confiance, mais maintenant, il nous faut des preuves. C'est vraiment
primordial.
Journaliste : Deuxième
question concernant, cette fois-ci, la mission à Paris. Vous en avez parlé,
c'est quoi, vos attentes, par rapport au PEQ, là, lors de cette mission à Paris
là? Est-ce que ça pourrait faire bouger les choses, justement?
M. Fontecilla : Bien, je
l'espère bien, je l'espère bien, là. J'espère bien que les autorités françaises
vont demander des comptes à Mme Fréchette, là. Vous savez, la première... une
des premières responsabilités d'un État, c'est s'occuper de ses citoyens et
citoyennes qui vivent, qui se trouvent à l'étranger pour toutes sortes de
raisons. On sait qu'il y a plusieurs, entre autres... il y a beaucoup, beaucoup
de ressortissants français ici au Québec, installés, qui vivent dans une
situation d'insécurité, de détresse à cause de l'abolition du programme PEQ. Et
j'espère que le gouvernement français va questionner Mme Fréchette sur cette question-là,
et qu'elle va avoir des réponses, mais des réponses substantielles, là. Donc,
si elle peut partir en France en ayant annoncé la réouverture du PEQ, bien,
c'est un problème de moins pour elle, hein? Donc, c'est... logiquement, elle
devrait... elle devrait partir en ayant... en ayant nettoyé cette question-là.
Mais, nous, nous l'attendons au retour.
Journaliste : Est-ce que
c'est un enjeu qui a eu des... des échos du côté politique en France? Est-ce
que ça a fait parler? Est-ce que...
M. Cliche-Rivard : Oui. Je
vous... Je vous laisserais ajouter, mais il y a eu des prises de position de
diplomates puis d'émissaires français. J'ajouterai que la motion d'aujourd'hui
permet de régler la question. Si Mme Fréchette accepte la motion qui est déposée
par Québec solidaire, qu'elle prend l'engagement ferme devant l'Assemblée
nationale de rouvrir le PEQ avant le 12 juin, on règle la question. Si
elle bat la motion, si elle refuse d'adopter la motion, on va se poser des
sérieuses questions sur sa... la volonté réelle de réaffirmer puis de réouvrir
le PEQ rapidement. Donc, si elle veut partir en France avec un engagement
clair, qu'elle le prenne devant les parlementaires aujourd'hui. On lui fournit,
là, cette occasion-là, qui permettrait de rassurer beaucoup de monde par
ailleurs, donc qu'elle saisisse l'opportunité.
Mais, pour la question précise, je pense
que vous, vous avez les réponses, hein? Allez-y.
Mme Bollet Michel (Florence) : Oui,
bien évidemment, nous sommes en contact avec les élus français, qu'ils soient
députés, sénateurs ou même la ministre des Français de l'étranger qui était ici
il n'y a pas très longtemps. Ils sont bien évidemment au courant de la détresse
des familles françaises. Ils sont préoccupés par cette détresse. L'image également
du Québec est impactée en France. Il y a des articles, il y a des... il y a
beaucoup de reportages. Ce rêve québécois dont on pouvait parler il y a
quelques années en France, aujourd'hui, il est très, très abîmé. Je parle aussi
pour les étudiants, tous ces étudiants qui venaient faire leurs études ici. On
sait que les inscriptions baissent de façon drastique. Bien évidemment,
l'image, elle est abîmée. Nos élus français sont préoccupés parce que la
détresse est réelle, et on est vraiment sur des drames qui se jouent ici pour
de nombreuses familles, mais effectivement des familles françaises.
Journaliste : Merci.
Journaliste : ...si jamais la
réouverture ne se fait pas d'ici la fin de la session, comme vous le demandez,
vous engagez-vous à en faire un enjeu électoral? Et pensez-vous que c'est un
enjeu qui peut être porteur politiquement, la réouverture du PEQ?
M. Cliche-Rivard : Il y a une
question... En fait, premièrement, je peine à croire que ce ne serait pour
régler, et je serais extrêmement déçu. Et je pense que le leadership et la
confiance des Québécois envers Mme Fréchette seraient impactés de manière très
négative parce qu'elle en a fait une promesse, une promesse de ne pas faire ça
en septembre prochain, là, une promesse de rétablir le PEQ. Puis elle a donné
un mandat très clair à M. Bonnardel. Donc, moi, j'aurais beaucoup de misère à
concevoir qu'on ne soit pas capables d'avoir réglé cette question-là avant.
Maintenant, nous, on l'a toujours dit, on
s'engage fondamentalement à rétablir le PEQ dans sa forme précédente, tel qu'il
avait été porteur pour le Québec depuis une décennie et plus, là. C'est un
programme exceptionnel qui permet l'intégration de candidats à l'immigration
exceptionnelle, qui sont francophones, qui émanent de nos universités, mais
aussi de nos emplois, nos entreprises, de notre milieu culturel partout à
travers le Québec. Donc, moi, je souhaite vraiment que cette question-là soit
derrière nous avant l'élection. S'il faut aller se battre jusque là, nous, on
va le faire. On va toujours être là, on a toujours été les premiers à
revendiquer le retour du PEQ, on le sera. Mais Mme Fréchette, elle n'a pas dit
qu'elle en ferait un enjeu électoral. Elle a dit qu'elle le ferait. Elle a pris
cet engagement-là dans une course qu'elle a gagnée par ailleurs. Donc, il lui
appartient de respecter sa promesse envers les Québécois, envers les
Québécoises.
Journaliste : Mais
croyez-vous que ça pourrait devenir un enjeu porteur électoralement?
M. Fontecilla : Écoutez, on
ne connaît pas l'avenir, je ne sais pas si ça va devenir... je ne saurais vous
dire si ça va devenir un enjeu électoral. Ce qui est certain, c'est qu'il y a,
partout au Québec, dans toutes les régions, dans les grandes villes, les villes
moyennes, les petits villages... il y a des centaines de milliers de personnes,
de Québécois et Québécoises de souche, on va le dire, là, qui sont préoccupés
par cette situation-là. Parce que les gens qui sont dans le... qui se trouvent
dans cette situation-là, tous les ressortissants étrangers, là, qui travaillent
dans différentes entreprises, là, apprécient ces collègues, apprécient la
qualité des services professionnels. Il y a eu une... une coalition rarement
vue, comme je l'ai dit tantôt, concernant un appui à ce qu'on puisse faire en
sorte que ces personnes-là puissent demeurer au Québec et contribuer à
l'économie du Québec. Aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est qu'il y a beaucoup de
gens qui manifestent un désir et une appréciation très forte de ce qui est
l'apport de l'immigration, particulièrement des gens issus... issus du PEQ, là,
et ça, c'est une... c'est un enjeu qui va... oui, qui va certainement teinter
la campagne électorale, là, mais on verra. Mais ce qui est certain, c'est que les
gens du PEQ suscitent beaucoup, beaucoup de sympathie à travers tout le Québec.
Journaliste
: ...with CTV News. If
you could just repeat your announcement in English, but tell me specifically
why June 12 is the deadline, and what happens if Fréchette misses it.
M.
Cliche-Rivard :
Mme Fréchette was very clear, in her race for CAQ's leadership, that
the PEQ would be reopened, and it's very hard for me to understand why this has
not been done at this time. So, in very good faith, we're putting forward the
date of June 12, which is the end of our work here in Parliament. After
that, we believe the electoral campaign is already starting and that this
question should be… should be dealt with before that, in respect to the
engagement she took for the CAQ members, but also in front of all Quebeckers.
She took that promise, she stated it again last week, but then, it's been a
month since she was elected Premier of Québec, and nothing has moved in this
case.
So, in good faith, we
would hope that the PEQ would be reopened tomorrow, in fact, yesterday, the
week before, a month before. But I think the 12th would be a direct sign, and
if she can't accept this engagement today, if she can't accept that she would
publicly take the stand that it's going to be reopened before June 12, I think
she is sending an extremely problematic message that she's not looking forward
to respect her promise, and this would be extremely disappointing, and the
mobilization and the campaign would start to grow more and more, I believe. So,
let's see how she reacts today. She has the opportunity to deal with this
issue, to take a public stand as to, yes, the PEQ will be reopened in the next
three, four weeks. I really hope she will take that proposal positively, and
that we can put this behind us as soon as we can. This is my best hope for
today.
Journaliste :
And if the PEQ doesn't open by June 12,
do you know how many Quebeckers
will be impacted? Do you have a number?
M.
Cliche-Rivard :
Every single day, there are Quebeckers being impacted. They're workers, they're students which permits
expire. It's been the same for the last year since the PEQ closure. It's hard
to assess directly because people are moving, people are changing provinces,
people are taking new permits. People are deciding to leave. We had testimonies
about nurses who are now in New Brunswick. They worked, and they studied here,
and they did every course they could here, and they wanted to stay in Québec,
but now, there's no future for them, and they're leaving. This is directly
impacting our social services, our public services, our economy in the regions
of Québec. So, every single day that we're losing here, we're losing some
talents and we're losing people whose dream was to have a future in Québec, and
which Québec profoundly disrespected their… their promise towards them, which
is unacceptable.
Journaliste
:
Merci.
Le Modérateur
: C'est
ce qui conclut ce point de presse de Québec solidaire. Merci beaucoup.
(Fin à 12 h 25)