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Point de presse de M. Guillaume Cliche-Rivard, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition, et M. Andrés Fontecilla, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’immigration, de francisation et d’intégration

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Tuesday, May 12, 2026, 12 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Douze heures quatre minutes)

Le Modérateur : Donc, bonjour, tout le monde. Bienvenue à ce point de presse de Québec solidaire. Prendront la parole, dans l'ordre, Guillaume Cliche-Rivard, leader parlementaire de Québec solidaire, Sabrina Kouider-Philippon, du regroupement Le Québec c'est nous aussi, Loïc Goyette, de l'Union étudiante du Québec, ainsi qu'avec des représentants et représentantes des associations de la FAECUM et du REMDUS, Sonia Bachelier, diplômée de l'Université de Montréal, ainsi que Fanny Pinto-Reis, travailleuse temporaire. Puis conclura Andrés Fontecilla, responsable solidaire en immigration.

M. Cliche-Rivard : Bonjour, tout le monde. Merci d'être nombreux et nombreuses. J'avais envie de dire, au début, là, content de vous voir, content d'être là. Mais ce n'est pas tout à fait vrai, là, les faits sont tels qu'on est rendus au troisième point de presse depuis la décision scandaleuse de Jean-François Roberge de décider unilatéralement de révoquer, annuler, déchiqueter le Programme de l'expérience québécoise, et vous avez tous été conscients, conscientes des grands mouvements de sensibilisation, de mobilisation de la société civile, des élus, des syndicats, des associations depuis qui se mobilisent, qui se sont mobilisé pour réclamer le retour du PEQ, et ce qui a permis à... pendant la course à la chefferie de la CAQ, à Christine Fréchette et à Bernard Drainville, de faire leurs promesses. C'est Mme Fréchette qui l'a emporté par la suite, qui avait promis une clause de droits acquis rapide, de l'emporter.

Mais là, force est de constater que ça fait un mois, un mois depuis son arrivée, et le PEQ n'est toujours pas de retour, malgré les engagements, malgré les promesses, malgré les mobilisations historiques de la société civile. Et là, la question qui demeure, parce que Mme Fréchette continue de dire, elle l'a encore dit la semaine dernière, à l'Assemblée : Le PEQ rouvrira. Mais quand? Quand, c'est la grande question, et à chaque jour, là, il y a des vies qui sont en suspend, il y a des rêves qui sont mis sur pause. Il y a des statuts, aussi, qui sont sur le point d'expirer. Il y a des entrepreneurs, des entreprises, des parcours d'intégration académique qui sont en suspend aussi. Et l'ensemble du Québec, là, attend avec impatience la fameuse date, le fameux jour où le nouveau ministre Bonnardel va sortir en conférence de presse pour dire : Voilà, je rouvre le PEQ, mais tout ça, là, ça commence à faire, ça commence à faire trop longtemps, et on est ici pour demander, là, que le PEQ soit réouvert dès maintenant.

Et donc, dans quelques minutes, là, au salon rouge, je vais déposer une motion qui demande, au plus tard, à ce que le PEQ soit réouvert officiellement à la fin... avant la fin des travaux de la session parlementaire, donc au plus tard le 12 juin, pour qu'au moment où les parlementaires partent ou va s'entamer ou commencer, là, officiellement la... la période électorale, que cette question-là soit derrière nous. La première ministre a pris des engagements clairs envers les Québécois et les Québécoises, envers les gens du PEQ, les orphelins du PEQ. M. Bonnardel a, par ailleurs, dit à plusieurs reprises qu'il allait tenter de rétablir la confiance envers les oubliés, ceux qui avaient été laissés pour compte dans la réforme catastrophique de Jean-François Roberge.

Alors, aujourd'hui, on va voir... on va en avoir le cœur net. Est-ce que, oui ou non, la première ministre respecte ses engagements et s'engage à rétablir le PEQ avant la fin de la session parlementaire? Ou sinon, au contraire, est-ce qu'elle renie sa promesse? Et est-ce qu'elle envoie aux oubliettes, là, ou aux calendes grecques le retour du PEQ, ce qui serait absolument désastreux? Donc, on aura la réponse plus tard. Évidemment, vous connaissez notre position, on souhaite le retour du PEQ le plus vite possible. On pense que les délais ont déjà trop duré. Mme Fréchette s'est prononcée à la fin février. Ça fait déjà des mois qu'elle sait qu'elle va rétablir le PEQ, le délai actuellement, il est inacceptable. Il met beaucoup trop de familles, trop de vies en suspens. On lui demande d'agir dès maintenant. Merci beaucoup.

Mme Kouider Philippon (Sabrina) : Je m'appelle Sabrina Kouider Philippon, je suis vice-présidente du Québec c'est nous aussi et infirmière clinicienne en soutien à domicile, en soins palliatifs à domicile plus précisément.

Aujourd'hui, on est à nouveau devant l'Assemblée nationale pour dénoncer l'abolition du PEQ et l'urgence dans laquelle se trouvent des milliers de familles. Lors de sa campagne à la chefferie de la CAQ, Mme Fréchette a reconnu que l'abolition du PEQ avait été brutale et sans transition. Elle s'est engagée à protéger les personnes déjà engagées dans leur parcours d'immigration. Pourtant, aujourd'hui, rien n'a changé. Le ministre François Bonnardel a lui aussi reconnu les failles du PSTQ et promis d'être à l'écoute des orphelins du PEQ.

Mais sur le terrain, les familles attendent toujours. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. 13 102 invitations au PSTQ et seulement 270 CSQ délivrées en l'espace de 10 mois. Donc, ce n'est pas une solution, c'est une impasse. Nous sommes vos voisins, vos collègues, vos soignants. Nous vivons au Québec depuis des années, nous travaillons, nous parlons français, nous étudions en français, nous contribuons à la société québécoise. Nous sommes venus ici parce qu'une promesse claire avait été faite : travailler, étudier, s'intégrer et accéder à la résidence permanente grâce au PEQ. Aujourd'hui, cette promesse a été rompue et le temps des promesses est terminé.

Nous demandons la réouverture du PEQ sans délai afin de protéger les parcours déjà engagés. On demande aussi à ce que le Québec intervienne auprès d'Ottawa pour permettre le renouvellement des permis de travail des personnes admissibles. Nous demandons une simplification réelle du PSTQ avec un traitement plus rapide et surtout plus humain des dossiers. On ne demande pas de privilèges, on demande simplement le respect de la parole qui a été donnée, parce qu'au-delà des chiffres, il y a des vies humaines. Merci.

M. Goyette (Loïc) : Oui et rapidement, moi, c'est Loïc Goyette, président de l'Union étudiante du Québec. On est en accord total, là, avec les propos qui ont été tenus par Le Québec c'est nous aussi. Nous aussi, on demande rapidement que le PEQ soit réouvert dès maintenant. Ça fait des mois et des mois que les personnes étudiantes qui sont immigrées ici, qui sont arrivées au Québec avec la promesse du PEQ ne peuvent plus appliquer, des gens qui se trouvent dans des situations de détresse, dans des situations d'incertitude. Donc, on demande au ministre Bonnardel puis à Mme Fréchette de réouvrir le PEQ dès aujourd'hui.

Mme Bachelier (Sonia) : Bonjour, donc je m'appelle Sonia, j'ai 22 ans et je suis étudiante, en fait, diplômée de l'Université de Montréal. Je suis arrivée ici il y a quatre ans avec une volonté de rester ici pour faire ma vie. J'ai d'ailleurs commencé à construire cette vie ici. J'ai fini mes études, je me suis formée pour travailler au Québec et pour rester au Québec. Aujourd'hui, quand j'ai fini mes études il y a un an, j'ai appris que le PEQ allait être fermé. J'ai donc compris très rapidement que mon avenir ici n'était pas certain que je n'étais pas... je n'avais aucune certitude de pouvoir rester, qu'il y avait une possibilité que j'ai à quitter mon appartement, mes amis, mon travail, mais aussi que tout mon diplôme soit un peu perdu. C'est extrêmement compliqué de se projeter dans un monde comme celui-ci, on ne sait pas vraiment où est-ce qu'on va aller après, alors qu'on a réellement une volonté de rester, je n'ai pas envie de devoir rentrer comme certains de mes amis ont dû le faire parce que le PEQ n'est pas revenu. Et pour moi, en tant qu'étudiante avec un petit baccalauréat, le PSTQ n'est pas une option. Donc on a besoin d'engagement clair pour les personnes étudiantes comme nous qui viennent de terminer leurs études ici et qui veulent continuer leur vie ici.

Mme Pinto-Reis (Fanny) : Bonjour à tous, je m'appelle Fanny Pinto-Reis, je suis arrivée en 2022 avec mon conjoint et mes deux enfants alors âgés de trois et sept ans. On a tout quitté pour venir au Québec, on a laissé nos emplois, on a vendu nos maisons, on a laissé nos familles, on a vécu des deuils à distance. Ça a été beaucoup de difficultés, mais ça a été également le plus beau... la plus belle décision qu'on n'ait jamais prise. On n'a jamais regretté. On a un fils qui a été, assez jeune, diagnostiqué TDAH sévère. Il avait beaucoup de difficultés, il avait fini par tomber dans une profonde dépression, seulement à l'âge de sept ans. Le Québec l'a sauvé, il lui a donné un traitement, il lui a donné une place, il lui a donné un avenir.

On a fait ce choix-là car on avait cette promesse de se dire que, si on travaillait pendant deux ans, si on respectait les règles, on pourrait demander la résidence permanente et ne pas ôter cette nouvelle vie à notre enfant. Malheureusement, le PEQ a été gelé deux jours avant qu'on puisse déposer notre dossier puis il a été aboli. Mme Fréchette et M. Bonnardel se sont... nous ont promis la réouverture. C'est une bonne nouvelle, mais la question, c'est qu'on ne peut pas vivre éternellement de permis temporaire en permis temporaire. Mon fils me demande continuellement quand est-ce qu'on aura l'accord du Québec pour rester pour toujours. Je ne peux pas lui promettre qu'on pourra rester pour toujours.

Le temps presse. Les familles sont séparées, les permis expirent, les gens quittent, abandonnent ce rêve pour lequel ils ont tant sacrifié. Je pense que les promesses, c'est bien. On en a eu, on a eu de belles paroles. Maintenant, on a besoin d'actes et on les a... on en a besoin maintenant, pardon. On a vu où les promesses nous ont menés, et, malheureusement, ça n'a jamais été suffisant. Merci.

M. Fontecilla : Donc, bonjour, mesdames, messieurs. Écoutez, vous connaissez l'histoire, l'ancien ministre de l'Immigration, M. Jean-François Roberge, a joué les apprentis sorciers en immigration, et il a suscité une tempête, il a créé un désastre, il a mis dans l'insécurité et dans la détresse des milliers... des dizaines de milliers de personnes, des familles, des enfants qui sont concernés, et, voilà, ils ont été obligés, grâce à une mobilisation historique des différents groupes de la société civile, une alliance rarement vue entre le milieu des affaires, les milieux syndicaux et les milieux universitaires... pour demander, de façon unanime, au gouvernement du Québec de revenir sur l'abolition catastrophique du PEQ. Et Mme Fréchette, entendant cette clameur des différents milieux, a fait une promesse, et ça a été dit : Il ne nous faut pas seulement une promesse, maintenant, on a... on veut une réponse. Ça va faire un mois que Mme Fréchette a assumé le poste de premier de premier ministre du Québec, là. C'est le temps de donner une réponse définitive et arrêter la détresse de ces dizaines de milliers de personnes. On a déposé, le 5 mai dernier, une pétition avec quelque 17 000 noms, ici, à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, on va déposer une motion demandant au gouvernement de finalement publier, annoncer la réouverture du programme PEQ. C'est important. Mme Fréchette s'en va en France dans une opération diplomatique, et elle va se faire questionner sur le fait que... qu'est-ce qui se passe avec les ressortissants français qui vivent une insécurité aussi grande, aujourd'hui? J'espère qu'elle va avoir une réponse. Quoi qu'il en soit, nous lui demandons d'annoncer très rapidement, dans les prochaines semaines, d'ici la fin de la session, d'annoncer la réouverture du PEQ, là, jusqu'au 12 juin pour donner une réponse non seulement à l'ensemble des parlementaires, mais à des dizaines de milliers de personnes qui vivent dans la détresse et à des milieux économiques, à des milieux universitaires, à des entreprises, à des collègues de travail, là, qui attendent cette réouverture du programme PEQ. Le temps presse. Mme Fréchette, M. Bonnardel, là, c'est le temps d'arrêter cela et annoncer la réouverture du PEQ. Merci.

Le Modérateur : Merci... pour la période de questions.

Journaliste : Bonjour, Florence Royer, Noovo infos. Donc, on commence cette deuxième semaine, là, ici. Est-ce que vous commencez, peut-être, à douter de la sincérité de Mme Fréchette quand elle a fait cette promesse-là?

M. Cliche-Rivard : Mme Fréchette, elle est membre de la Coalition avenir Québec, elle est maintenant chef de la CAQ et la CAQ a brisé plusieurs promesses en immigration, ce qui fait en sorte que la confiance, elle est véritablement mise à mal, et elle est à rebâtir et à reconstruire. Je vais peut-être laisser des gens directement impactés répondre, mais là, moi, je ne comprends pas comment ça se fait, que ce soit long comme ça, là. Ça aurait dû être réglé avant même le retour au Parlement, cette question-là. Ça aurait dû être réglé le jour même de l'inauguration. Le ministre Bonnardel a tous les pouvoirs pour rouvrir le PEQ, on n'a pas besoin du Parlement pour ça. Donc, je ne comprends pas, là, que ça fasse déjà un mois puis que cette question-là ne soit pas déjà réglée. Mais peut-être que sur la question de confiance, je laisserais peut-être Le Québec, c'est nous aussi, là, ajouter par-dessus.

Mme Bollet Michel (Florence) : Je vais prendre la parole.

M. Cliche-Rivard : Oui.

Mme Bollet Michel (Florence) : Bonjour. Je pense qu'on veut y croire. Je m'appelle Florence Bollet Michel, je suis présidente du Québec, c'est nous aussi. On veut y croire, bien évidemment, on a besoin de cet espoir, c'est important. Mais en revanche, sur le terrain, aujourd'hui, on n'a rien. Rien n'a changé. Donc, effectivement, il y a des promesses. On en a eu beaucoup. Donc on veut faire confiance, mais maintenant, il nous faut des preuves. C'est vraiment primordial.

Journaliste : Deuxième question concernant, cette fois-ci, la mission à Paris. Vous en avez parlé, c'est quoi, vos attentes, par rapport au PEQ, là, lors de cette mission à Paris là? Est-ce que ça pourrait faire bouger les choses, justement?

M. Fontecilla : Bien, je l'espère bien, je l'espère bien, là. J'espère bien que les autorités françaises vont demander des comptes à Mme Fréchette, là. Vous savez, la première... une des premières responsabilités d'un État, c'est s'occuper de ses citoyens et citoyennes qui vivent, qui se trouvent à l'étranger pour toutes sortes de raisons. On sait qu'il y a plusieurs, entre autres... il y a beaucoup, beaucoup de ressortissants français ici au Québec, installés, qui vivent dans une situation d'insécurité, de détresse à cause de l'abolition du programme PEQ. Et j'espère que le gouvernement français va questionner Mme Fréchette sur cette question-là, et qu'elle va avoir des réponses, mais des réponses substantielles, là. Donc, si elle peut partir en France en ayant annoncé la réouverture du PEQ, bien, c'est un problème de moins pour elle, hein? Donc, c'est... logiquement, elle devrait... elle devrait partir en ayant... en ayant nettoyé cette question-là. Mais, nous, nous l'attendons au retour.

Journaliste : Est-ce que c'est un enjeu qui a eu des... des échos du côté politique en France? Est-ce que ça a fait parler? Est-ce que...

M. Cliche-Rivard : Oui. Je vous... Je vous laisserais ajouter, mais il y a eu des prises de position de diplomates puis d'émissaires français. J'ajouterai que la motion d'aujourd'hui permet de régler la question. Si Mme Fréchette accepte la motion qui est déposée par Québec solidaire, qu'elle prend l'engagement ferme devant l'Assemblée nationale de rouvrir le PEQ avant le 12 juin, on règle la question. Si elle bat la motion, si elle refuse d'adopter la motion, on va se poser des sérieuses questions sur sa... la volonté réelle de réaffirmer puis de réouvrir le PEQ rapidement. Donc, si elle veut partir en France avec un engagement clair, qu'elle le prenne devant les parlementaires aujourd'hui. On lui fournit, là, cette occasion-là, qui permettrait de rassurer beaucoup de monde par ailleurs, donc qu'elle saisisse l'opportunité.

Mais, pour la question précise, je pense que vous, vous avez les réponses, hein? Allez-y.

Mme Bollet Michel (Florence) : Oui, bien évidemment, nous sommes en contact avec les élus français, qu'ils soient députés, sénateurs ou même la ministre des Français de l'étranger qui était ici il n'y a pas très longtemps. Ils sont bien évidemment au courant de la détresse des familles françaises. Ils sont préoccupés par cette détresse. L'image également du Québec est impactée en France. Il y a des articles, il y a des... il y a beaucoup de reportages. Ce rêve québécois dont on pouvait parler il y a quelques années en France, aujourd'hui, il est très, très abîmé. Je parle aussi pour les étudiants, tous ces étudiants qui venaient faire leurs études ici. On sait que les inscriptions baissent de façon drastique. Bien évidemment, l'image, elle est abîmée. Nos élus français sont préoccupés parce que la détresse est réelle, et on est vraiment sur des drames qui se jouent ici pour de nombreuses familles, mais effectivement des familles françaises.

Journaliste : Merci.

Journaliste : ...si jamais la réouverture ne se fait pas d'ici la fin de la session, comme vous le demandez, vous engagez-vous à en faire un enjeu électoral? Et pensez-vous que c'est un enjeu qui peut être porteur politiquement, la réouverture du PEQ?

M. Cliche-Rivard : Il y a une question... En fait, premièrement, je peine à croire que ce ne serait pour régler, et je serais extrêmement déçu. Et je pense que le leadership et la confiance des Québécois envers Mme Fréchette seraient impactés de manière très négative parce qu'elle en a fait une promesse, une promesse de ne pas faire ça en septembre prochain, là, une promesse de rétablir le PEQ. Puis elle a donné un mandat très clair à M. Bonnardel. Donc, moi, j'aurais beaucoup de misère à concevoir qu'on ne soit pas capables d'avoir réglé cette question-là avant.

Maintenant, nous, on l'a toujours dit, on s'engage fondamentalement à rétablir le PEQ dans sa forme précédente, tel qu'il avait été porteur pour le Québec depuis une décennie et plus, là. C'est un programme exceptionnel qui permet l'intégration de candidats à l'immigration exceptionnelle, qui sont francophones, qui émanent de nos universités, mais aussi de nos emplois, nos entreprises, de notre milieu culturel partout à travers le Québec. Donc, moi, je souhaite vraiment que cette question-là soit derrière nous avant l'élection. S'il faut aller se battre jusque là, nous, on va le faire. On va toujours être là, on a toujours été les premiers à revendiquer le retour du PEQ, on le sera. Mais Mme Fréchette, elle n'a pas dit qu'elle en ferait un enjeu électoral. Elle a dit qu'elle le ferait. Elle a pris cet engagement-là dans une course qu'elle a gagnée par ailleurs. Donc, il lui appartient de respecter sa promesse envers les Québécois, envers les Québécoises.

Journaliste : Mais croyez-vous que ça pourrait devenir un enjeu porteur électoralement?

M. Fontecilla : Écoutez, on ne connaît pas l'avenir, je ne sais pas si ça va devenir... je ne saurais vous dire si ça va devenir un enjeu électoral. Ce qui est certain, c'est qu'il y a, partout au Québec, dans toutes les régions, dans les grandes villes, les villes moyennes, les petits villages... il y a des centaines de milliers de personnes, de Québécois et Québécoises de souche, on va le dire, là, qui sont préoccupés par cette situation-là. Parce que les gens qui sont dans le... qui se trouvent dans cette situation-là, tous les ressortissants étrangers, là, qui travaillent dans différentes entreprises, là, apprécient ces collègues, apprécient la qualité des services professionnels. Il y a eu une... une coalition rarement vue, comme je l'ai dit tantôt, concernant un appui à ce qu'on puisse faire en sorte que ces personnes-là puissent demeurer au Québec et contribuer à l'économie du Québec. Aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est qu'il y a beaucoup de gens qui manifestent un désir et une appréciation très forte de ce qui est l'apport de l'immigration, particulièrement des gens issus... issus du PEQ, là, et ça, c'est une... c'est un enjeu qui va... oui, qui va certainement teinter la campagne électorale, là, mais on verra. Mais ce qui est certain, c'est que les gens du PEQ suscitent beaucoup, beaucoup de sympathie à travers tout le Québec.

Journaliste : ...with CTV News. If you could just repeat your announcement in English, but tell me specifically why June 12 is the deadline, and what happens if Fréchette misses it.

M. Cliche-Rivard : Mme Fréchette was very clear, in her race for CAQ's leadership, that the PEQ would be reopened, and it's very hard for me to understand why this has not been done at this time. So, in very good faith, we're putting forward the date of June 12, which is the end of our work here in Parliament. After that, we believe the electoral campaign is already starting and that this question should be… should be dealt with before that, in respect to the engagement she took for the CAQ members, but also in front of all Quebeckers. She took that promise, she stated it again last week, but then, it's been a month since she was elected Premier of Québec, and nothing has moved in this case.

So, in good faith, we would hope that the PEQ would be reopened tomorrow, in fact, yesterday, the week before, a month before. But I think the 12th would be a direct sign, and if she can't accept this engagement today, if she can't accept that she would publicly take the stand that it's going to be reopened before June 12, I think she is sending an extremely problematic message that she's not looking forward to respect her promise, and this would be extremely disappointing, and the mobilization and the campaign would start to grow more and more, I believe. So, let's see how she reacts today. She has the opportunity to deal with this issue, to take a public stand as to, yes, the PEQ will be reopened in the next three, four weeks. I really hope she will take that proposal positively, and that we can put this behind us as soon as we can. This is my best hope for today.

Journaliste : And if the PEQ doesn't open by June 12, do you know how many Quebeckers will be impacted? Do you have a number?

M. Cliche-Rivard : Every single day, there are Quebeckers being impacted. They're workers, they're students which permits expire. It's been the same for the last year since the PEQ closure. It's hard to assess directly because people are moving, people are changing provinces, people are taking new permits. People are deciding to leave. We had testimonies about nurses who are now in New Brunswick. They worked, and they studied here, and they did every course they could here, and they wanted to stay in Québec, but now, there's no future for them, and they're leaving. This is directly impacting our social services, our public services, our economy in the regions of Québec. So, every single day that we're losing here, we're losing some talents and we're losing people whose dream was to have a future in Québec, and which Québec profoundly disrespected their… their promise towards them, which is unacceptable.

Journaliste : Merci.

Le Modérateur : C'est ce qui conclut ce point de presse de Québec solidaire. Merci beaucoup.

(Fin à 12 h 25)