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Point de presse de Mme Ruba Ghazal, cheffe du deuxième groupe d’opposition

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, May 13, 2026, 11 h 50

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures cinquante et une minutes)

Le Modérateur : Bonjour, tout le monde. Bienvenue à ce point de presse. Merci d'être ici en si grand nombre. Prendront la parole, dans l'ordre, Ruba Ghazal, porte-parole et cheffe parlementaire de Québec solidaire, suivie de Rachel Renaud, Nancy Boucher ainsi que Chantal Bertrand, conseillère régionale FTQ Laurentides-Lanaudière. Mme Ghazal.

Mme Ghazal : Merci beaucoup, Victor. Bonjour, tout le monde. Je suis vraiment très émue et touchée d'être entourée de toutes ces femmes. Merci, Nancy, merci, Rachel d'être ici. Merci à toutes les femmes qui sont ici en leur nom personnel ou au nom aussi d'organisations, de groupes de femmes de partout au Québec.

Écoutez, moi, je... À chaque fois qu'il y a un féminicide — puis Manon aussi peut en témoigner — à chaque fois, à chaque fois, je réagis, évidemment, comme tout le monde, puis je dis que ça n'a pas de bon sens, puis il faut que ce soit la dernière. Pas une de plus. Et, même en étant une élue à l'Assemblée nationale, je suis à chaque fois assaillie par un sentiment d'impuissance. Et, face à l'impuissance, moi, mon remède, c'est d'être en action, c'est de me mettre en action. Puis, quand il y a eu le... le meurtre de Gabie Renaud à l'été dernier, puis que j'ai vu Nancy aller dans les... excuse-moi, Rachel, Rachel Renaud, aller dans les médias et parler de sa sœur, puis dire à quel point ça n'avait pas de bon sens puis où est-ce qu'elle a organisé aussi une marche, je me suis dit : Je ne peux pas juste rester assise à réagir à ça puis à dire que ça n'a pas de bon sens. J'avais besoin d'une action. Puis j'ai répondu à l'appel de Rachel. Et je me rappelle très bien de cette marche, où il y avait beaucoup, beaucoup de gens à Saint-Jérôme, organisée par Rachel. Et l'émotion était palpable. Elle était là, il y avait la famille de Gabie, il y avait tout le monde qui était présent, et je n'aurais pas pensé, honnêtement, qu'on serait rendus à aujourd'hui avoir une loi, un projet de loi déposé par le gouvernement. Une loi Gabie Renaud pour, vraiment, de façon concrète et réelle sur le terrain, s'assurer de protéger les femmes puis que ce soit réellement pas une de plus.

Ce que ça me dit, ça, ce qu'on vit aujourd'hui, c'est... et... c'est qu'on peut agir, on peut faire des choses, faire des... des marches, des manifestations, être sur le terrain, dénoncer que ça vaut la peine. Puis à ceux et celles qui nous entendent puis qui disent ça ne sert à rien, bien, ce que ça nous montre, c'est que c'est possible de faire changer les choses, que la mobilisation, ça donne quelque chose, et on a... on a le résultat aujourd'hui. C'est vraiment incroyable! Puis c'est grâce à toute cette mobilisation-là, c'est grâce à vous, grâce à toi, notamment, Rachel, qui a pris la parole puis qui a dit : Je veux me mettre en action, qu'aujourd'hui on a cette loi-là. Merci.

Je vais te laisser la parole.

Mme Renaud (Rachel) : Bonjour. Donc, le 27 septembre dernier, tout semblait être une journée comme les autres. J'avais passé la journée avec ma nièce, la fille de ma sœur Gabie Renaud. Nous avions partagé un beau moment, ensemble, au Café Arthur. Nous avons ri, nous avons profité du moment. Rien ne laissait présager que, quelques heures plus tard, notre vie basculerait à jamais. À notre arrivée à la maison, une voiture de police nous attendait. Un policier s'est approché de moi et m'a annoncé que le corps de ma sœur avait été retrouvé, sans vie, dans son logement. À cet instant précis, je me suis effondrée. Et, au fond de moi, immédiatement, mon instinct me disait déjà : C'est lui qui a fait ça. Quelques heures plus tard, les enquêteurs de la Sûreté du Québec et de l'unité des crimes contre la personne me confirmaient que ma sœur avait été assassinée. À partir de ce moment-là, ma vie est devenue un cauchemar dont je ne me réveillerai jamais complètement. Ma sœur est devenue une victime de féminicide. La 12 ᵉ... le 12 ᵉ féminicide de l'année 2025.

Derrière ce mot «féminicide», il y a une femme, une mère, une sœur, une fille, une amie, une famille entière détruites. Il y a des enfants qui grandiront sans leur mère. Il y a des anniversaires qui ne seront plus jamais célébrés de la même façon. Il y a des chaises qui resteront vides pour toujours. Il y a une douleur qui ne quitte jamais ceux qui restent. Cet homme, un multirécidiviste de la violence conjugale, a tué ma sœur. Gabie Renaud n'est plus. Je ne pourrai plus la serrer dans mes bras. Je ne pourrai plus lui dire que je l'aime. Je ne pourrai plus lui rappeler qu'elle n'était pas seule. Ses enfants grandiront sans entendre sa voix, sans sentir ses bras autour d'eux, sans pouvoir vivre pleinement l'amour d'une mère. Et malheureusement, les enfants qui perdent leur mère dans un contexte aussi violent porteront souvent ces blessures toute leur vie.

Au début de ce deuil, je voulais vivre cette souffrance seule, dans le silence. Mais, quelques jours plus tard, j'ai décidé que la mort de ma sœur ne pouvait pas devenir une simple statistique de plus. J'ai alors contacté la journaliste Geneviève Pettersen, qui avait déjà couvert les violences subies par Nancy Boucher. Grâce à sa générosité, à son écoute et son humanité, elle m'a permise d'entrer en contact avec des journalistes et de faire entendre nos voix. C'est à ce moment que mon combat a commencé. Parce que, lorsqu'une femme de notre famille ou de notre entourage est victime d'un féminicide, notre monde s'écroule. Et parce qu'aucune autre famille ne devrait avoir à vivre ce que nous vivons aujourd'hui. C'est pour cette raison que je me bats. Et c'est pour cette raison qu'aujourd'hui, nous avons déposé la loi Gabie Renaud. Cette loi représente beaucoup plus qu'un projet législatif. Elle représente une possibilité de prévenir, une possibilité de protéger, une possibilité de sauver des vies. Je pense à ma nièce. Je pense à mes nièces de cœur. Je pense à toutes les jeunes femmes du Québec, qui méritent de vivre des relations saines, sécuritaires et exemptes de violence. La loi Gabie Renaud permettra à des femmes de mieux connaître les antécédents violents d'un partenaire et de prendre des décisions éclairées pour leur sécurité. Parce qu'aucune femme ne devrait découvrir, tôt ou tard, qu'elle partage sa vie avec un homme violent. Aucune femme ne devrait avoir à vivre dans la peur. Aucune femme ne devrait être contrôlée, humiliée, battue ou terrorisée par celui qui prétend l'aimer.

Depuis le début de l'année 2026, déjà 10 femmes ont perdu la vie aux mains d'hommes violents. Dix femmes de trop. Combien d'autres devront mourir avant que les choses changent réellement? Oui, la loi Gabie Renaud est un début, mais il faudra aller beaucoup plus loin. Nous avons besoin de plus de places dans les maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale. Nous avons besoin d'un système de justice qui prend réellement en compte les antécédents des agresseurs violents. Nous avons besoin de peines qui reflètent la gravité de ces crimes. Et surtout, nous devons agir en prévention. Nous devons protéger nos jeunes des discours masculinistes toxiques qui banalisent la haine, le contrôle et la violence envers les femmes. L'éducation doit commencer tôt, dans les écoles, à la maison, dans notre société tout entière. Une femme n'appartient à personne. Une femme mérite le respect. Une femme mérite la sécurité. Et surtout, une femme mérite de vivre. Et ce message doit également s'appliquer à tous les hommes victimes de violence conjugale.

Aujourd'hui, j'invite la CAQ, ainsi que tous les partis d'opposition, à mettre de côté les lignes partisanes et à travailler ensemble afin que la loi Gabie Renaud soit adoptée avant la fin de la session parlementaire, parce que la sécurité des femmes ne devrait jamais être un enjeu politique.

Je veux également remercier Ruba Ghazal et Nancy Boucher, qui ont été présentes à mes côtés depuis le décès de ma sœur et qui portent sincèrement cette cause avec humanité et détermination.

Je souhaite aussi remercier Mme la première ministre Christine Fréchette, qui a démontré une réelle sensibilité envers la cause des femmes victimes de violence conjugale. Sans l'appui de toutes ces personnes, nous ne serions pas ici aujourd'hui.

Et finalement nous souhaitons que cette loi porte officiellement le nom de la loi Gabie Renaud, parce que ma sœur représente malheureusement beaucoup trop de Québécoises qui ont perdu la vie aux mains d'hommes violents et récidivistes.

Je respecte le processus judiciaire actuellement en cours, mais, une chose demeure certaine, ma sœur est morte dans un contexte de féminicide, et aujourd'hui, je refuse qu'on l'oublie. Je refuse qu'on détourne le regard. Je refuse qu'une autre famille vive ce cauchemar dans le silence. Pour ma sœur, pour ses enfants et pour toutes les femmes du Québec. Merci.

Mme Boucher (Nancy) : Bonjour, tout le monde! Aujourd'hui, c'est avec énormément d'émotion, de fierté et d'espoir que je prends parole. Aujourd'hui, une étape historique est franchie pour la protection des victimes de violence conjugale. Aujourd'hui, je peux enfin le dire, c'est une immense émotion, la loi Gabie Renaud est officiellement déposée. C'est un pas immense pour les femmes. C'est un pas immense pour la violence conjugale.

Ce dépôt représente beaucoup plus qu'un projet de loi, il représente un changement, une prise de conscience, une volonté d'agir avant le pire. La loi Gabie Renaud est une avancée majeure pour mieux protéger les victimes de violence conjugale. Elle envoie un message clair, simple et fort : la violence conjugale est inacceptable, et désormais, nous choisissons d'agir. Cette loi permettra aux femmes de prendre des décisions mieux informées, des décisions pour leur... sécurité, pardon, des décisions pour leur avenir, et parfois même des décisions pour leur survie.

Aujourd'hui, malgré la douleur derrière cette histoire, il y a aussi de l'espoir, parce que Gabie ne sera jamais oubliée. De là-haut, elle continuera à veiller... de là-haut, elle continuera à veiller à travers ce projet de loi. Son histoire ne s'arrête pas ici, elle devient protection, elle devient action, elle devient un héritage qui pourra sauver des vies. Son nom devient aujourd'hui un symbole, son nom devient aujourd'hui un symbole d'espoir, de courage, de justice et de changement. Gabie, on pense à toi.

Mme Bertrand (Chantal) : Ouf! C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup d'émotion. M. Yves Imbeault était censé être avec nous aujourd'hui. Malheureusement, il ne peut y être. Papa de Joanie Imbeault, qui est aussi décédée en juin dernier, donc un autre féminicide de 2025. Les filles, on est de tout coeur avec vous autres. Ça prend beaucoup de courage de venir ici puis de prendre parole et d'indiquer à quel point il doit y avoir des changements au Québec. Donc, M. Imbeault est notre président de notre comité violence conjugale FTQ Laurentides–Lanaudière. On est fiers que ce soit un homme qui porte cette parole-là à la FTQ Laurentides–Lanaudière.

Puis, pour notre comité, l'instauration d'une loi de type Clare représente une avancée concrète vers une justice davantage axée sur la prévention. On va l'appeler la loi Gabie Renaud parce que nous aussi, on aimerait que ce soit cette appellation-là. Cette approche permettrait notamment aux victimes potentielles d'avoir accès à des informations essentielles leur permettant d'évaluer leur niveau de danger et de prendre des décisions éclairées pour leur sécurité. C'est superimportant. Les femmes ont le droit de savoir si elles sont en danger. Les informer, prévenir, protéger doit devenir une responsabilité collective afin d'éviter que d'autres drames aient lieu, et d'autres féminicides. On va appeler ça des meurtres, hein? Parce que c'est vraiment des meurtres.

Une prévention efficace doit aussi s'accompagner d'un financement adéquat et durable des maisons d'hébergement, qui jouent un rôle essentiel dans la protection de ces femmes-là et dans l'accompagnement des victimes. Une telle mesure permettrait notamment de reconnaître le droit des victimes potentielles à une information essentielle concernant leur sécurité, de prévenir les féminicides avant qu'il ne soit trop tard, d'accorder la prévention, une importance égale à l'intervention après les violences, de renforcer un filet de sécurité impliquant les corps policiers, les ressources d'aide, les maisons d'hébergement ainsi que les milieux de travail. Puis ça permettrait aussi d'assurer une continuité logique avec les revendications syndicales qui visent la protection des travailleuses vivant des violences conjugales.

La FTQ Laurentides–Lanaudière réitère son engagement à poursuivre son travail de sensibilisation, de prévention, d'accompagnement pour que les milieux de travail fassent partie des solutions dans la lutte contre les violences conjugales. Et nous serons là, et nous répondrons présents partout où nous pouvons l'être pour faire avancer la cause des féminicides au Québec. Merci.

Le Modérateur : Merci. Merci, Ruba. Merci, Nancy. Merci, Rachel, Merci, Chantal. On va maintenant prendre une période de questions, si vous pouvez vous nommer ainsi que votre média. On va commencer en français. Marie-Josée.

Journaliste : Oui. Marie-Josée Paquette-Comeau, Radio-Canada. Mme Ghazal, il y a le dépôt de ce projet de loi là. Est-ce que vous trouvez qu'il va assez loin? Est-ce que ça satisfait, en fait, votre désir actuellement? Puis on sait qu'il y avait... que Mme Fréchette a proposé de l'hébergement, de l'argent pour des maisons d'hébergement. Donc, vous, comment vous voyez un peu les actions du gouvernement actuellement par rapport à ça?

Mme Ghazal : Pour prévenir les féminicides puis qu'on n'ait plus cette liste horrible de femmes qui meurent aux mains de leurs conjoints ou leurs ex-conjoints, ça ne peut pas être une seule action, ça prend un ensemble d'actions. Aujourd'hui, la loi Gabie Renaud, c'est quelque chose qui a été demandé, que j'ai demandé et qui est déposé. On va regarder les détails.

Et, évidemment, c'est sûr que je salue le travail de la première ministre, puis le fait qu'elle l'ait déposé aussi rapidement, puis qu'on va l'adopter dans le peu de temps qui nous reste, mais, pour ce qui est de son engagement d'avoir plus de ressources dans les maisons d'hébergement pour femmes victimes de violence, ça ne répond pas du tout aux besoins. En ce moment, il faut savoir que, quand une femme prend son courage à deux mains pour appeler SOS violence conjugale, 50 % d'entre elles, puis, dans d'autres régions, plus que ça, se font dire qu'il n'y a pas de place. Et ce que ça prend, c'est des places en maison d'hébergement et aussi des intervenantes. Il faut qu'il y ait des ressources, des personnes qui aident aussi ces femmes-là. Et la proposition de Mme Christine Fréchette d'avoir 50 ressources temps plein, là, pour toutes les maisons d'hébergement, il y en a comme 155, ce n'est pas suffisant, ça, c'est sûr. Ce qui est demandé, c'est au moins d'en avoir une par maison d'hébergement. Donc, c'est sûr qu'on est loin du compte.

Il va y avoir les crédits tout à l'heure, où je vais interpeller Mme Christine... Biron, la ministre de la Condition féminine, et c'est sûr, que je vais lui poser des questions là-dessus, ça a été mentionné. C'est un pas important aujourd'hui. Ce que ça prend, c'est plus de places en maison d'hébergement, ça prend de la prévention, ça prend un ensemble de mesures. Et c'est pour ça aussi que j'ai interpelé la première ministre pour dire : Il va falloir qu'il y ait une cheffe d'orchestre qui s'assure de coordonner toutes ces actions-là avec la demande historique d'avoir un vrai, un vrai ministère de la Condition féminine, un vrai ministère des droits des femmes et non pas un secrétariat avec une ministre qui est occupée aussi avec d'autres dossiers. Ça ne se peut pas, ça ne se peut pas, ce n'est pas suffisant.

Journaliste : Puis ma question est peut-être pour Mme Renaud, Mme Boucher. En fait, commençons, Mme Renaud, aux femmes qui doutent, qui se pose des questions, qui pourraient utiliser cet outil-là, qu'est-ce que vous avez le goût de leur dire?

Mme Renaud (Rachel) : Bien, de foncer, de ne pas prendre de chance, de... C'est leur sécurité qui est en jeu, donc on ne connaît jamais vraiment une personne. Puis de savoir au moins si la personne a des antécédents, ou qu'il y a eu des appels au 9-1-1 qui a été logé, ou le niveau de dangerosité de la personne. Donc, c'est important. C'est sûr que ce n'est pas... ce n'est pas infaillible. Il y a des hommes qui sont violents, qui, malheureusement, n'a pas eu d'appel au 9-1-1 ou de choses comme ça. Donc, c'est sûr que ce n'est pas parfait, mais ça reste que c'est un niveau de sécurité de plus.

Journaliste : …from CTV news. Ms. Rachel, if the bill existed then, and your sister had access to the information, what do you think she would have done with it?

Mme Renaud (Rachel) : I don't think we can talk for the past. This is very hard to do because what happened, happened. Actually, there were already in the news a journalist, Geneviève Peterson, did an article in TVA Nouvelles about what happened to Nancy with the accused. And my… my sister knew about that. But, like we often say, the… the violence in a couple, it's… it's a vicious cycle that when you were out of it, it's very difficult to understand why they stay and all that. And I tried my best. My family tried also for her to not go back to him, but she needed love. That was mostly the… the answer she gave me at that time. And today she's not here to answer.

Journaliste : And how significant is this moment for you?

Mme Renaud (Rachel) : It's very significant because it makes it that my sister is not dead for nothing. We will remember her forever. And she's helping other women with a lot with her name on it and being victim of a feminicide, she… she will make people understand really what it is, what could happen. And you don't want to go there, that… use the Gabie Renaud law to make sure that you're safe.

Journaliste : Ms. Ghazal, this question is for you. I noticed that you also got emotional while you were up there. Tell me why this story resonates with you.

Mme Ghazal : Yes. It's impossible not to be emotional when women are killed because they are women in the hands of men that should love them. It's very, very hard to be a human being and not to be touched about that. So, what we are doing today is the result of the mobilization of the families, of the women who are fighting for… against feminicides and for women, the right of women to be… to live in security. And this is… this mobilization made that today, the government is deposing this… this bill.

Journaliste : …do you think this bill goes far enough?

Mme Ghazal : This bill is an important step. But to prevent feminicides, it's not only one action, it's multiple actions. And that's why I'm asking also the Government and Christine Fréchette to invest in the housing for women who escape from… from violent home. And right now, 50% of the women, they don't have any place to go. And this is not acceptable in Québec society, in our society. So, it's not enough. We need to do more and to invest more and more to prevent these feminicides.

Journaliste : Perfect. Just last question to Ms. Nancy. If it's…

Mme Ghazal : She doesn't speak… she can't…

Journaliste : She can… she can respond in French, that's fine, but I'll ask the question in English, if you don't mind. I just want to know how helpful are you that this bill will make a difference for women in Québec who are in these dangerous relationships.

Mme Boucher (Nancy) : Bien, en fait, c'est... c'est très... c'est vraiment très bien cette loi-là, parce que ça va pouvoir informer les femmes à demander puis à prendre, dans le fond, des... des actions préventives. Et puis pour justement prévenir avant qu'il soit trop tard, souvent, qu'on le sait après, et ils vont pouvoir prendre des... dans le fond, des... Voyons! Je cherche mes mots.

Mme Ghazal : Des bonnes décisions.

Mme Boucher (Nancy) : Oui, des bonnes décisions, oui, c'est ça pour leur avenir et puis aussi, là, parce que, des fois, il y a... il y a la femme, mais il y a aussi la famille aussi. Ça fait que faire rentrer un homme dangereux parmi... quand tu as des enfants, des fois, c'est ce n'est pas vraiment la bonne chose, là. Donc, en étant informés, ils vont... ils vont être en mesure, justement, de prévenir ça. Puis justement, aussi, ils vont... avant de trop tomber amoureuses, ils vont pouvoir faire un choix, justement, de partir, là, plutôt que de rester puis d'essayer de... de changer, et tout, là. Ça fait que c'est vraiment bien pour ça, là. Beaucoup de prévention, là, pour les femmes, pour la sécurité des femmes, c'est vraiment important.

(Fin à 12 h 15)

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