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(Onze heures cinquante et une minutes)
Le Modérateur
: Bonjour,
tout le monde. Bienvenue à ce point de presse. Merci d'être ici en si grand
nombre. Prendront la parole, dans l'ordre, Ruba Ghazal, porte-parole et cheffe
parlementaire de Québec solidaire, suivie de Rachel Renaud, Nancy Boucher ainsi
que Chantal Bertrand, conseillère régionale FTQ Laurentides-Lanaudière. Mme Ghazal.
Mme Ghazal : Merci
beaucoup, Victor. Bonjour, tout le monde. Je suis vraiment très émue et touchée
d'être entourée de toutes ces femmes. Merci, Nancy, merci, Rachel d'être ici.
Merci à toutes les femmes qui sont ici en leur nom personnel ou au nom aussi d'organisations,
de groupes de femmes de partout au Québec.
Écoutez, moi, je... À chaque fois qu'il y
a un féminicide — puis Manon aussi peut en témoigner — à
chaque fois, à chaque fois, je réagis, évidemment, comme tout le monde, puis je
dis que ça n'a pas de bon sens, puis il faut que ce soit la dernière. Pas une
de plus. Et, même en étant une élue à l'Assemblée nationale, je suis à chaque
fois assaillie par un sentiment d'impuissance. Et, face à l'impuissance, moi,
mon remède, c'est d'être en action, c'est de me mettre en action. Puis, quand
il y a eu le... le meurtre de Gabie Renaud à l'été dernier, puis que j'ai vu
Nancy aller dans les... excuse-moi, Rachel, Rachel Renaud, aller dans les
médias et parler de sa sœur, puis dire à quel point ça n'avait pas de bon sens puis
où est-ce qu'elle a organisé aussi une marche, je me suis dit : Je ne peux
pas juste rester assise à réagir à ça puis à dire que ça n'a pas de bon sens. J'avais
besoin d'une action. Puis j'ai répondu à l'appel de Rachel. Et je me rappelle
très bien de cette marche, où il y avait beaucoup, beaucoup de gens à Saint-Jérôme,
organisée par Rachel. Et l'émotion était palpable. Elle était là, il y avait la
famille de Gabie, il y avait tout le monde qui était présent, et je n'aurais
pas pensé, honnêtement, qu'on serait rendus à aujourd'hui avoir une loi, un
projet de loi déposé par le gouvernement. Une loi Gabie Renaud pour, vraiment,
de façon concrète et réelle sur le terrain, s'assurer de protéger les femmes
puis que ce soit réellement pas une de plus.
Ce que ça me dit, ça, ce qu'on vit aujourd'hui,
c'est... et... c'est qu'on peut agir, on peut faire des choses, faire des...
des marches, des manifestations, être sur le terrain, dénoncer que ça vaut la
peine. Puis à ceux et celles qui nous entendent puis qui disent ça ne sert à
rien, bien, ce que ça nous montre, c'est que c'est possible de faire changer
les choses, que la mobilisation, ça donne quelque chose, et on a... on a le
résultat aujourd'hui. C'est vraiment incroyable! Puis c'est grâce à toute cette
mobilisation-là, c'est grâce à vous, grâce à toi, notamment, Rachel, qui a pris
la parole puis qui a dit : Je veux me mettre en action, qu'aujourd'hui on
a cette loi-là. Merci.
Je vais te laisser la parole.
Mme Renaud (Rachel) : Bonjour.
Donc, le 27 septembre dernier, tout semblait être une journée comme les
autres. J'avais passé la journée avec ma nièce, la fille de ma sœur Gabie
Renaud. Nous avions partagé un beau moment, ensemble, au Café Arthur. Nous
avons ri, nous avons profité du moment. Rien ne laissait présager que, quelques
heures plus tard, notre vie basculerait à jamais. À notre arrivée à la maison,
une voiture de police nous attendait. Un policier s'est approché de moi et m'a
annoncé que le corps de ma sœur avait été retrouvé, sans vie, dans son
logement. À cet instant précis, je me suis effondrée. Et, au fond de moi,
immédiatement, mon instinct me disait déjà : C'est lui qui a fait ça.
Quelques heures plus tard, les enquêteurs de la Sûreté du Québec et de l'unité
des crimes contre la personne me confirmaient que ma sœur avait été assassinée.
À partir de ce moment-là, ma vie est devenue un cauchemar dont je ne me
réveillerai jamais complètement. Ma sœur est devenue une victime de féminicide.
La 12 ᵉ... le 12 ᵉ féminicide de l'année 2025.
Derrière ce mot «féminicide», il y a une
femme, une mère, une sœur, une fille, une amie, une famille entière détruites.
Il y a des enfants qui grandiront sans leur mère. Il y a des anniversaires qui
ne seront plus jamais célébrés de la même façon. Il y a des chaises qui
resteront vides pour toujours. Il y a une douleur qui ne quitte jamais ceux qui
restent. Cet homme, un multirécidiviste de la violence conjugale, a tué ma
sœur. Gabie Renaud n'est plus. Je ne pourrai plus la serrer dans mes bras. Je
ne pourrai plus lui dire que je l'aime. Je ne pourrai plus lui rappeler qu'elle
n'était pas seule. Ses enfants grandiront sans entendre sa voix, sans sentir
ses bras autour d'eux, sans pouvoir vivre pleinement l'amour d'une mère. Et
malheureusement, les enfants qui perdent leur mère dans un contexte aussi
violent porteront souvent ces blessures toute leur vie.
Au début de ce deuil, je voulais vivre
cette souffrance seule, dans le silence. Mais, quelques jours plus tard, j'ai
décidé que la mort de ma sœur ne pouvait pas devenir une simple statistique de
plus. J'ai alors contacté la journaliste Geneviève Pettersen, qui avait déjà
couvert les violences subies par Nancy Boucher. Grâce à sa générosité, à son
écoute et son humanité, elle m'a permise d'entrer en contact avec des
journalistes et de faire entendre nos voix. C'est à ce moment que mon combat a
commencé. Parce que, lorsqu'une femme de notre famille ou de notre entourage
est victime d'un féminicide, notre monde s'écroule. Et parce qu'aucune autre
famille ne devrait avoir à vivre ce que nous vivons aujourd'hui. C'est pour
cette raison que je me bats. Et c'est pour cette raison qu'aujourd'hui, nous
avons déposé la loi Gabie Renaud. Cette loi représente beaucoup plus qu'un
projet législatif. Elle représente une possibilité de prévenir, une possibilité
de protéger, une possibilité de sauver des vies. Je pense à ma nièce. Je pense
à mes nièces de cœur. Je pense à toutes les jeunes femmes du Québec, qui
méritent de vivre des relations saines, sécuritaires et exemptes de violence.
La loi Gabie Renaud permettra à des femmes de mieux connaître les antécédents
violents d'un partenaire et de prendre des décisions éclairées pour leur
sécurité. Parce qu'aucune femme ne devrait découvrir, tôt ou tard, qu'elle
partage sa vie avec un homme violent. Aucune femme ne devrait avoir à vivre
dans la peur. Aucune femme ne devrait être contrôlée, humiliée, battue ou
terrorisée par celui qui prétend l'aimer.
Depuis le début de l'année 2026, déjà
10 femmes ont perdu la vie aux mains d'hommes violents. Dix femmes de
trop. Combien d'autres devront mourir avant que les choses changent réellement?
Oui, la loi Gabie Renaud est un début, mais il faudra aller beaucoup plus loin.
Nous avons besoin de plus de places dans les maisons d'hébergement pour les
femmes victimes de violence conjugale. Nous avons besoin d'un système de
justice qui prend réellement en compte les antécédents des agresseurs violents.
Nous avons besoin de peines qui reflètent la gravité de ces crimes. Et surtout,
nous devons agir en prévention. Nous devons protéger nos jeunes des discours
masculinistes toxiques qui banalisent la haine, le contrôle et la violence
envers les femmes. L'éducation doit commencer tôt, dans les écoles, à la
maison, dans notre société tout entière. Une femme n'appartient à personne. Une
femme mérite le respect. Une femme mérite la sécurité. Et surtout, une femme
mérite de vivre. Et ce message doit également s'appliquer à tous les hommes
victimes de violence conjugale.
Aujourd'hui, j'invite la CAQ, ainsi que
tous les partis d'opposition, à mettre de côté les lignes partisanes et à
travailler ensemble afin que la loi Gabie Renaud soit adoptée avant la fin de
la session parlementaire, parce que la sécurité des femmes ne devrait jamais
être un enjeu politique.
Je veux également remercier Ruba Ghazal et
Nancy Boucher, qui ont été présentes à mes côtés depuis le décès de ma sœur et
qui portent sincèrement cette cause avec humanité et détermination.
Je souhaite aussi remercier Mme la
première ministre Christine Fréchette, qui a démontré une réelle sensibilité
envers la cause des femmes victimes de violence conjugale. Sans l'appui de
toutes ces personnes, nous ne serions pas ici aujourd'hui.
Et finalement nous souhaitons que cette
loi porte officiellement le nom de la loi Gabie Renaud, parce que ma sœur
représente malheureusement beaucoup trop de Québécoises qui ont perdu la vie
aux mains d'hommes violents et récidivistes.
Je respecte le processus judiciaire
actuellement en cours, mais, une chose demeure certaine, ma sœur est morte dans
un contexte de féminicide, et aujourd'hui, je refuse qu'on l'oublie. Je refuse
qu'on détourne le regard. Je refuse qu'une autre famille vive ce cauchemar dans
le silence. Pour ma sœur, pour ses enfants et pour toutes les femmes du Québec.
Merci.
Mme Boucher (Nancy) : Bonjour,
tout le monde! Aujourd'hui, c'est avec énormément d'émotion, de fierté et
d'espoir que je prends parole. Aujourd'hui, une étape historique est franchie
pour la protection des victimes de violence conjugale. Aujourd'hui, je peux
enfin le dire, c'est une immense émotion, la loi Gabie Renaud est
officiellement déposée. C'est un pas immense pour les femmes. C'est un pas
immense pour la violence conjugale.
Ce dépôt représente beaucoup plus qu'un
projet de loi, il représente un changement, une prise de conscience, une
volonté d'agir avant le pire. La loi Gabie Renaud est une avancée majeure pour
mieux protéger les victimes de violence conjugale. Elle envoie un message
clair, simple et fort : la violence conjugale est inacceptable, et
désormais, nous choisissons d'agir. Cette loi permettra aux femmes de prendre
des décisions mieux informées, des décisions pour leur... sécurité, pardon, des
décisions pour leur avenir, et parfois même des décisions pour leur survie.
Aujourd'hui, malgré la douleur derrière
cette histoire, il y a aussi de l'espoir, parce que Gabie ne sera jamais
oubliée. De là-haut, elle continuera à veiller... de là-haut, elle continuera à
veiller à travers ce projet de loi. Son histoire ne s'arrête pas ici, elle
devient protection, elle devient action, elle devient un héritage qui pourra
sauver des vies. Son nom devient aujourd'hui un symbole, son nom devient
aujourd'hui un symbole d'espoir, de courage, de justice et de changement.
Gabie, on pense à toi.
Mme Bertrand (Chantal) : Ouf!
C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup d'émotion. M. Yves Imbeault était censé être
avec nous aujourd'hui. Malheureusement, il ne peut y être. Papa de Joanie
Imbeault, qui est aussi décédée en juin dernier, donc un autre féminicide de
2025. Les filles, on est de tout coeur avec vous autres. Ça prend beaucoup de
courage de venir ici puis de prendre parole et d'indiquer à quel point il doit
y avoir des changements au Québec. Donc, M. Imbeault est notre président de
notre comité violence conjugale FTQ Laurentides–Lanaudière. On est fiers que ce
soit un homme qui porte cette parole-là à la FTQ Laurentides–Lanaudière.
Puis, pour notre comité, l'instauration
d'une loi de type Clare représente une avancée concrète vers une justice
davantage axée sur la prévention. On va l'appeler la loi Gabie Renaud parce que
nous aussi, on aimerait que ce soit cette appellation-là. Cette approche
permettrait notamment aux victimes potentielles d'avoir accès à des
informations essentielles leur permettant d'évaluer leur niveau de danger et de
prendre des décisions éclairées pour leur sécurité. C'est superimportant. Les
femmes ont le droit de savoir si elles sont en danger. Les informer, prévenir,
protéger doit devenir une responsabilité collective afin d'éviter que d'autres
drames aient lieu, et d'autres féminicides. On va appeler ça des meurtres,
hein? Parce que c'est vraiment des meurtres.
Une prévention efficace doit aussi
s'accompagner d'un financement adéquat et durable des maisons d'hébergement,
qui jouent un rôle essentiel dans la protection de ces femmes-là et dans
l'accompagnement des victimes. Une telle mesure permettrait notamment de
reconnaître le droit des victimes potentielles à une information essentielle
concernant leur sécurité, de prévenir les féminicides avant qu'il ne soit trop
tard, d'accorder la prévention, une importance égale à l'intervention après les
violences, de renforcer un filet de sécurité impliquant les corps policiers,
les ressources d'aide, les maisons d'hébergement ainsi que les milieux de
travail. Puis ça permettrait aussi d'assurer une continuité logique avec les
revendications syndicales qui visent la protection des travailleuses vivant des
violences conjugales.
La FTQ Laurentides–Lanaudière réitère son
engagement à poursuivre son travail de sensibilisation, de prévention,
d'accompagnement pour que les milieux de travail fassent partie des solutions
dans la lutte contre les violences conjugales. Et nous serons là, et nous
répondrons présents partout où nous pouvons l'être pour faire avancer la cause
des féminicides au Québec. Merci.
Le Modérateur
: Merci.
Merci, Ruba. Merci, Nancy. Merci, Rachel, Merci, Chantal. On va maintenant
prendre une période de questions, si vous pouvez vous nommer ainsi que votre
média. On va commencer en français. Marie-Josée.
Journaliste
: Oui.
Marie-Josée Paquette-Comeau, Radio-Canada. Mme Ghazal, il y a le dépôt de ce
projet de loi là. Est-ce que vous trouvez qu'il va assez loin? Est-ce que ça
satisfait, en fait, votre désir actuellement? Puis on sait qu'il y avait... que
Mme Fréchette a proposé de l'hébergement, de l'argent pour des maisons
d'hébergement. Donc, vous, comment vous voyez un peu les actions du
gouvernement actuellement par rapport à ça?
Mme Ghazal : Pour prévenir
les féminicides puis qu'on n'ait plus cette liste horrible de femmes qui
meurent aux mains de leurs conjoints ou leurs ex-conjoints, ça ne peut pas être
une seule action, ça prend un ensemble d'actions. Aujourd'hui, la loi Gabie
Renaud, c'est quelque chose qui a été demandé, que j'ai demandé et qui est
déposé. On va regarder les détails.
Et, évidemment, c'est sûr que je salue le
travail de la première ministre, puis le fait qu'elle l'ait déposé aussi
rapidement, puis qu'on va l'adopter dans le peu de temps qui nous reste, mais,
pour ce qui est de son engagement d'avoir plus de ressources dans les maisons
d'hébergement pour femmes victimes de violence, ça ne répond pas du tout aux
besoins. En ce moment, il faut savoir que, quand une femme prend son courage à
deux mains pour appeler SOS violence conjugale, 50 % d'entre elles,
puis, dans d'autres régions, plus que ça, se font dire qu'il n'y a pas de
place. Et ce que ça prend, c'est des places en maison d'hébergement et aussi
des intervenantes. Il faut qu'il y ait des ressources, des personnes qui aident
aussi ces femmes-là. Et la proposition de Mme Christine Fréchette d'avoir
50 ressources temps plein, là, pour toutes les maisons d'hébergement, il y
en a comme 155, ce n'est pas suffisant, ça, c'est sûr. Ce qui est demandé,
c'est au moins d'en avoir une par maison d'hébergement. Donc, c'est sûr qu'on
est loin du compte.
Il va y avoir les crédits tout à l'heure,
où je vais interpeller Mme Christine... Biron, la ministre de la Condition
féminine, et c'est sûr, que je vais lui poser des questions là-dessus, ça a été
mentionné. C'est un pas important aujourd'hui. Ce que ça prend, c'est plus de
places en maison d'hébergement, ça prend de la prévention, ça prend un ensemble
de mesures. Et c'est pour ça aussi que j'ai interpelé la première ministre pour
dire : Il va falloir qu'il y ait une cheffe d'orchestre qui s'assure de
coordonner toutes ces actions-là avec la demande historique d'avoir un vrai, un
vrai ministère de la Condition féminine, un vrai ministère des droits des
femmes et non pas un secrétariat avec une ministre qui est occupée aussi avec
d'autres dossiers. Ça ne se peut pas, ça ne se peut pas, ce n'est pas
suffisant.
Journaliste
: Puis ma
question est peut-être pour Mme Renaud, Mme Boucher. En fait, commençons,
Mme Renaud, aux femmes qui doutent, qui se pose des questions, qui pourraient
utiliser cet outil-là, qu'est-ce que vous avez le goût de leur dire?
Mme Renaud (Rachel) : Bien, de
foncer, de ne pas prendre de chance, de... C'est leur sécurité qui est en jeu,
donc on ne connaît jamais vraiment une personne. Puis de savoir au moins si la
personne a des antécédents, ou qu'il y a eu des appels au 9-1-1 qui a été logé,
ou le niveau de dangerosité de la personne. Donc, c'est important. C'est sûr que
ce n'est pas... ce n'est pas infaillible. Il y a des hommes qui sont violents,
qui, malheureusement, n'a pas eu d'appel au 9-1-1 ou de choses comme ça. Donc,
c'est sûr que ce n'est pas parfait, mais ça reste que c'est un niveau de
sécurité de plus.
Journaliste :
…from CTV news. Ms. Rachel, if the bill
existed then, and your sister had access to the information, what do you think
she would have done with it?
Mme Renaud
(Rachel) : I don't think we can talk for the
past. This is very hard to do because what happened, happened. Actually, there
were already in the news a journalist, Geneviève Peterson, did an article in
TVA Nouvelles about what happened to Nancy with the accused. And my… my sister
knew about that. But, like we often say, the… the violence in a couple, it's…
it's a vicious cycle that when you were out of it, it's very difficult to
understand why they stay and all that. And I tried my best. My family tried
also for her to not go back to him, but she needed love. That was mostly the…
the answer she gave me at that time. And today she's not here to answer.
Journaliste
: And how significant is this moment for you?
Mme Renaud
(Rachel) : It's very significant because it makes
it that my sister is not dead for nothing. We will remember her forever. And
she's helping other women with a lot with her name on it and being victim of a
feminicide, she… she will make people understand really what it is, what could
happen. And you don't want to go there, that… use the Gabie Renaud law to make
sure that you're safe.
Journaliste
: Ms. Ghazal, this question is for you. I noticed that you also got
emotional while you were up there. Tell me why this story resonates with you.
Mme Ghazal : Yes. It's impossible not to be emotional when women are killed
because they are women in the hands of men that should love them. It's very,
very hard to be a human being and not to be touched about that. So, what we are
doing today is the result of the mobilization of the families, of the women who
are fighting for… against feminicides and for women, the right of women to be…
to live in security. And this is… this mobilization made that today, the
government is deposing this… this bill.
Journaliste
: …do you think this bill goes far enough?
Mme Ghazal : This bill is an important step. But to prevent feminicides, it's
not only one action, it's multiple actions. And that's why I'm asking also the
Government and Christine Fréchette to invest in the housing for women who
escape from… from violent home. And right now, 50% of the women, they don't
have any place to go. And this is not acceptable in Québec society, in our
society. So, it's not enough. We need to do more and to invest more and more to
prevent these feminicides.
Journaliste
: Perfect. Just last question to Ms. Nancy. If it's…
Mme Ghazal : She doesn't speak… she can't…
Journaliste
: She can… she can respond in French, that's fine, but I'll ask the question in English, if you don't mind. I
just want to know how helpful are you that this bill will make a difference for
women in Québec who are in these dangerous relationships.
Mme
Boucher (Nancy) : Bien, en fait, c'est... c'est très... c'est vraiment
très bien cette loi-là, parce que ça va pouvoir informer les femmes à demander
puis à prendre, dans le fond, des... des actions préventives. Et puis pour
justement prévenir avant qu'il soit trop tard, souvent, qu'on le sait après, et
ils vont pouvoir prendre des... dans le fond, des... Voyons! Je cherche mes
mots.
Mme Ghazal : Des bonnes
décisions.
Mme Boucher (Nancy) : Oui, des
bonnes décisions, oui, c'est ça pour leur avenir et puis aussi, là, parce que,
des fois, il y a... il y a la femme, mais il y a aussi la famille aussi. Ça
fait que faire rentrer un homme dangereux parmi... quand tu as des enfants, des
fois, c'est ce n'est pas vraiment la bonne chose, là. Donc, en étant informés,
ils vont... ils vont être en mesure, justement, de prévenir ça. Puis justement,
aussi, ils vont... avant de trop tomber amoureuses, ils vont pouvoir faire un
choix, justement, de partir, là, plutôt que de rester puis d'essayer de... de
changer, et tout, là. Ça fait que c'est vraiment bien pour ça, là. Beaucoup de
prévention, là, pour les femmes, pour la sécurité des femmes, c'est vraiment
important.
(Fin à 12 h 15)