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(Huit heures deux minutes)
M. Fontecilla : Bonjour, mesdames,
messieurs. Donc, hier on a eu une très bonne nouvelle de la part du
gouvernement de la CAQ, ils ont accepté d'adopter notre motion concernant la
réouverture du programme PEQ d'ici le 12 juin. C'était une excellente
nouvelle non seulement pour les milliers de personnes qui sont concernées par
cette mesure-là mais aussi pour l'ensemble du Québec, l'ensemble des milieux
économiques et universitaires et autres, sauf que nous avons été consternés,
sidérés de voir le Parti québécois se lever et bloquer cette motion... cette
motion-là, ne pas donner son consentement pour des raisons qui leur appartiennent,
mais qui nous semblent très, très questionnables. Ils brisent un consensus québécois,
un consensus qui a uni les milieux des affaires, les milieux universitaires, les
milieux des... les milieux municipaux un peu partout à travers le Québec, des
grandes villes, des moyennes et des petites villes. Et ça envoie un très, très
mauvais message à l'ensemble des personnes qui veulent émigrer au Québec. Ça a
été dit à la suite des représentantes de l'organisme. Le Québec c'est nous
aussi l'ont dit très clairement. Pour eux, le PQ leur envoie le message que le Parti
québécois ne veut pas de ces personnes-là ici, au Québec. Donc, nous aussi, on
partage cette consternation de la part du Parti québécois. Merci.
M. Cliche-Rivard : Bonjour, tout
le monde. J'appuie le... sans réserve ce que mon collègue vient de dire. J'étais
absolument abasourdi, absolument choqué, là. Je m'attendais à ce qu'on ait une
belle nouvelle hier à annoncer, là, que l'ensemble des élus était unanime sur
la réouverture du PEQ avant la fin de cette session parlementaire. Je n'en démords
pas, en fait, je n'en reviens pas.
Mais je veux vous parler d'autre chose ce
matin aussi. Hier, on a appris que... Bon. Je vous en avais parlé il y a
quelque temps, là, malheureusement, d'un fléau, là, qui s'appelle... qui se
nomme les fouilles à nu en centre jeunesse. Radio-Canada a déjà couvert ça.
D'autres médias aussi. La Presse avait couvert. Les chiffres qui sont
absolument spectaculaires et terribles. Et là, via les crédits et les demandes
d'accès à l'information, on sait qu'il y a encore 3 000 enfants,
l'année dernière, près de 3 000 enfants qui ont été forcés de se
dévêtir en centre jeunesse.
Là, pour être clair, une fouille à nu en
centre jeunesse, c'est loin d'être drôle. On demande à des mineurs, des enfants
d'enlever leurs vêtements, leurs sous-vêtements. Ils se cachent derrière une
serviette, évidemment. Puis là ils font des espèces de gestes, là, où ils
lèvent les bras, où ils sont examinés de fond en comble. Je trouve ça
absolument troublant pour des jeunes qui, par ailleurs, ont vécu pour beaucoup
des traumas graves, souvent de la violence sexuelle.
Et le ministre, Carmant et moi, là, on
s'est entendu pour qu'il y ait des directives nationales qui soient envoyées.
Ça a été envoyé l'année dernière pour réduire drastiquement ce chiffre-là, que
la CDPDJ avait jugé effarant. Mais là on est encore à 3 000, là,
3 000 jeunes à qui on a forcé, dans les centres jeunesse, à enlever leurs
vêtements. C'est absolument inacceptable. C'est huit jeunes par jour, là. C'est
supposé être une mesure d'exception. C'est supposé être rare qu'on fait ça.
Et moi, hier, quand j'ai questionné le
ministre et la directrice nationale de la DPJ pour savoir quel bilan on en
retirait puis combien d'objets avaient été saisis, dangereux ou illégaux,
suivant ces fouilles-là, on m'a dit qu'on n'était pas capables de répondre à
cette question-là.
Donc, moi, en tant que critique en
services sociaux, responsables de la jeunesse, si on est pour, puis je ne pense
pas qu'on ne va jamais accepter ça, là, comme société, dire qu'il y a
3 000 enfants qui sont... à qui on demande d'enlever leurs vêtements
en centres jeunesse, là, puis qu'on n'est pas capables, après ça, de justifier
la raison du pourquoi du comment, puis on n'est pas capables de me dire quel
objet, combien de fois, puis pour quelles raisons on réussit à être extirpé, ou
retiré, ou saisi, là, de... de ces enfants-là, je n'en démords pas, je le
refuse et je demande au ministre Carmant de faire toute la lumière et de nous
arriver avec des bilans clairs, à savoir pourquoi sa politique nationale n'est
pas respectée par son réseau parce que 3 000 enfants, c'est
inacceptable, c'est inacceptable, puis il doit répondre à des camps parce que
c'est lui qui est responsable du dossier de la DPJ. Merci.
Journaliste : ...vous êtes
leader parlementaire, hein, c'est bien ça, votre titre?
M. Cliche-Rivard : Correct.
Journaliste
:Si je vous
dis : Paul St-Pierre Plamondon se dit obligé de présumer que le fédéral
les espionne lui et le PQ. La bonne nouvelle, c'est que, bien sûr, ça se
soigne. Et c'est signé Alexandre Boulerice. Vous dites quoi?
M. Cliche-Rivard : Je pense
que M. Boulerice répondu avec ironie et je... C'est quoi votre question,
finalement, là, sur le fond de ça, là?
Journaliste : ...maladie
mentale... Est-ce que sous-entendre ça, est-ce que c'est politiquement correct?
M. Cliche-Rivard : Je pense
que c'était de l'ironie, là. Je pense que M. Boulerice envoyait une
boutade, là. Je pense que c'est... je pense que c'est de l'humour. Je pense
qu'on est encore capables d'humour. Je pense que c'est ce que M. Boulerice
a fait, c'est une boutade. Il a utilisé de l'humour. Je pense que oui, on est
encore capables d'utiliser de l'humour.
Journaliste : Ça fait que
vous n'y croyez pas à ça, là, ce que le Parti québécois dit?
M. Cliche-Rivard : Moi, je
n'ai pas d'information plus que vous, là, privilégiée à cet effet-là.
Journaliste : ...le rapport
du directeur du SCRS qui a admis suivre de près ce qui se passe en Alberta et
s'intéresser aux séparatistes albertains en craignant de l'ingérence russe et
pro-Trump. Ça ressemble étrangement à ce qui s'est passé Claude Morin dans les
années 70.
M. Cliche-Rivard : Moi, j'en
appelle à ce que toutes les preuves à cet effet-là puis que toute la lumière
soit faite là-dessus, là. C'est quelque chose qu'on va prendre au sérieux quand
il y aura des éléments de preuve, quand il y aura des indications. Moi, je...
Si c'est le cas, je trouve ça absolument inacceptable. Et il y a des gens qui
vont solidement devoir rendre des comptes. Mais, pour l'instant, sincèrement,
moi, je n'ai pas d'indication puis je n'ai pas d'élément de preuve. Puis le PQ
a dit la même chose hier aussi à cet effet-là. Donc, moi, je demeure ouvert,
là, je... Mais je n'ai rien, je n'ai rien qui me donne...
Journaliste
: ...
M. Cliche-Rivard : Bien là,
on est dans deux solides différences, là. Vous dites une allégation
d'espionnage envers un parti politique versus une boutade, c'est effectivement
deux choses différentes, là.
Journaliste : Mais en quoi
c'est une boutade? Excusez-moi, mais je ne comprends pas la blague.
M. Cliche-Rivard : Bon, je
pense que j'ai répondu là.
Journaliste
: Mais
c'est quoi, la blague?
M. Cliche-Rivard : Bien,
M. Boulerice a fait une blague. Voilà. Il y a-tu d'autres questions?
Journaliste : Sur le nouveau
sondage de ce matin qui vous place encore, bon, à 8 %. Comment vous allez
faire pour... c'est presque la moitié de vos votes que vous avez perdus depuis
la dernière élection. Comment vous expliquez ça? Comment... C'est quoi votre
stratégie?
M. Cliche-Rivard : Moi, je
suis déterminé, puis on est combatif, là, puis on va être hyper combatif encore
dans les prochains mois. On a des propositions claires, là, pour la population,
des populations... des propositions qui touchent les priorités des Québécois et
Québécoises. Je pense à la crise du logement puis à la crise du coût de la vie.
Moi, à tous les jours, quand je suis dans mon terrain, dans ma circonscription,
on parle de logement, là. Donc, moi, je suis optimiste et confiant à l'effet
que nos priorités sont les bonnes puis que le message doit percoler. Je sais
aussi que la campagne va permettre à notre cheffe Ruba Ghazal de se faire voir,
de se démarquer, et de plus en plus de Québécois qui vont la connaître puis de
plus en plus de Québécois qui vont apprécier... se rendre compte de la femme
exceptionnelle qu'elle est. Je pense qu'elle a beaucoup à offrir au Québec.
Donc, moi, je... On demeure
hypercombatifs. Je suis ici, au Parlement, à faire mon travail à tous les
jours. Je pense qu'on fait des gains aussi importants. Aujourd'hui, il y aura
la loi Gabie Renaud qui sera déposée. Si Québec solidaire n'avait pas été là,
on n'aurait pas parlé de ça. Je vous parle, depuis quelques semaines, des
boissons énergisantes, là, l'encadrement pour les enfants de moins de
16 ans. Je pense qu'on est sur le point d'aller peut-être chercher quelque
chose. Et on a parlé aussi de moratoire sur les évictions. Je pense que Québec
solidaire démontre sa pertinence. Puis on va continuer de marteler très fort.
Journaliste
: ...
M. Cliche-Rivard : Je pense
que c'est vrai pour l'ensemble des autres chefs de formations politiques. Puis
je pense que Mme Ghazal va avoir des énormes opportunités, puis les Québécois
vont être davantage attentifs, une campagne électorale, c'est à ça que ça sert,
et je pense qu'effectivement plus elle sera entendue, plus elle sera vue, plus
elle rayonnera. Puis je pense qu'elle, elle est capable de tirer son épingle du
jeu, effectivement.
Journaliste : ...ces
thèmes-là, ce n'est pas la première fois, que vous les abordez, le logement,
boissons énergisantes, Gabie Renaud. Pourquoi ça ne percole pas? Pourquoi la
population ne se range pas derrière vous? Vous avez votre frange de militants
qui est très derrière vous, là, vous avez des militants très engagés, mais
pourquoi le reste de la population ne vous écoute pas plus?
M. Cliche-Rivard : Moi, je
suis confiant — je reviens là-dessus — je suis confiant
qu'on est sur les bonnes mesures puis sur les bonnes priorités puis je... on va
se battre jusqu'au bout, puis on va se battre très fort. Moi, je suis sur le
terrain déjà. Vous ferez les analyses politiques. Moi, je... moi, je fais mon
travail politique, moi, je... moi, je suis sur mon terrain. J'entends qu'on est
sur le bon x, sur les bonnes priorités, que les gens sont contents des
interventions qu'on fait, et je vais continuer de marteler en ce sens à tous
les jours, jusqu'à l'élection, c'est certain.
Journaliste
: Dans
l'éducation, il y a une grosse manif... bien, «une grosse manif», une manif de
la FAE dehors ce matin. Votre collègue, M. Nadeau-Dubois avait comme voulu
lancer un débat sur l'école à trois vitesses, là, pendant la relâche.
Quelle suite vous allez donner à ça concrètement? Puis, selon vous, est-ce que
ça devrait être un enjeu de la campagne électorale?
M. Cliche-Rivard : Définitivement,
il va falloir se... que les partis politiques se positionnent à savoir c'est
quoi, l'avenir. Le constat est accablant puis il est partagé par plusieurs
experts, là, de la part de ce que Gabriel a soulevé, sur notamment les garçons
qui sont laissés derrière. Il va falloir définitivement que l'éducation
revienne au centre des discussions. Encore aujourd'hui, on voit qu'il y a un
papier dans lequel on voit que l'aide aux élèves, l'aide alimentaire est
coupée, là, de la part du gouvernement, en dessous de l'inflation. Mon collègue
est là pour le dénoncer. On va avoir des interventions à faire aujourd'hui
là-dessus. Moi, je souhaite ardemment que la question de nos services publics,
mais notamment de l'éducation, soit au coeur de cette campagne électorale là,
puis qu'on débatte de modèles, parce que le modèle actuel, il crée des
inégalités qui ne peuvent pas perdurer puis ça a été bien démontré.
Journaliste : La réouverture
du PEQ, là, ce n'est pas un geste parlementaire comme tel à faire, là, pour le
rouvrir. En quoi le 12 juin était une date importante pour vous?
M. Fontecilla : Bien,
écoutez, le 12 juin, c'est important, c'est la fin de la session
parlementaire et c'est la dernière chance pour le gouvernement, là, d'offrir,
dans le cadre du travail parlementaire, une véritable réponse à la promesse
qu'ils ont... qu'ils ont faites eux-mêmes. Ensuite, on s'en va dans nos comtés.
La question risque de diluer et devenir de plus en plus une question électorale
parce que, là, on ne va pas se le cacher, on rentre, à toutes fins pratiques,
en précampagne électorale. Et donc ces sujets-là, c'est éminemment plus
compliqué de le traiter de façon électorale, de le traiter de façon partisane.
Donc, pour nous, il nous semble que la réponse doit être absolument donnée
avant la fin des travaux parlementaires.
Journaliste : ...il l'a dit,
M. Bonnardel, déjà, que ça allait être... que ça allait être appliqué avant la
fin de la session, il l'a déjà dit.
M. Fontecilla : Moi, je...
moi, je... Bien, hier... Hier on a eu la confirmation, mais avant on n'avait
pas eu la confirmation. Il y travaillait, il disait qu'il allait... qu'il
allait... qu'il allait le faire. Nous, on a présenté une motion en
disant : En établissant un échéancier... un échéancier, le 12 juin,
le gouvernement a accepté. Et on est satisfaits avec cette réponse-là, parce
qu'il y a nous, il y a des milliers de personnes qui s'attendent et attendent à
tous les jours une sortie de M. Bonnardel sur ce... sur ce sujet.
Journaliste : Pourquoi ça ne
peut pas être un enjeu électoral? Je ne comprends pas pourquoi ça ne peut pas
être...
M. Fontecilla : La question
de l'immigration, ce que je veux dire, là, la question de l'immigration de
façon générale, va être un enjeu électoral, on en discute. C'est un thème de...
un thème de société qui est porté très fortement par certains... certains
partis politiques. Mais ce que je veux dire, là, que l'essor, l'avenir des
dizaines de milliers de personnes, des gens concrets en chair et en os, des
familles, des enfants qui vont à l'école, il me semble que ce n'est pas... on
ne peut pas traiter de ce sujet-là de façon partisane dans un... dans un
contexte préélectoral ou électoral, d'autant plus qu'il y a eu une promesse de madame...
de Mme Fréchette, là, d'offrir une réponse rapidement à... aux demandes de
ces... de ces personnes-là, et non seulement de ces personnes-là, de plein de
milieux économiques, universitaires, municipaux au Québec, là. Donc, on doit
absolument régler cette question-là.
Et j'irai encore plus loin, là.
Mme Fréchette s'en va la semaine prochaine, je crois, là, à Paris. Donc,
ils s'envoient en mission diplomatique présenter... se présenter elle-même aux
autorités françaises. Il nous semble qu'il est fort possible que les... les
politiciens et politiciennes français... français lui demandent :
Qu'est-ce qui se passe avec les... avec les ressortissants français, dans le
cadre du programme PEQ? Il me semble que, Mme Fréchette, ce serait le
bienvenu qu'elle ait déjà une réponse à offrir au gouvernement... au
gouvernement français. Non seulement une réponse qu'elle va offrir, une réponse
à un moment donné, mais qu'elle arrive déjà avec la réouverture formelle du
programme PEQ.
Journaliste : ...là, vous
avez appuyé celle du PQ, là, concernant l'autodétermination du Québec. Jusqu'à
quel point... Pourquoi vous avez décidé de la soutenir, d'une part, puis
jusqu'à quel point vous êtes préoccupés par la remise à l'avant de la Loi sur
la clarté à Ottawa?
M. Fontecilla : Attendez,
répétez la deuxième question.
Journaliste : Jusqu'à quel
point vous êtes préoccupés par le fait que le gouvernement Carney veut ramener
la Loi sur la clarté référendaire à l'avant-plan?
M. Fontecilla : On est
opposés.
Journaliste : Vous... Non,
vous avez voté pour la motion, hier, de... de M. Paul St-Pierre
Plamondon...
M. Fontecilla : Oui, oui.
Tout à fait.
Journaliste
: ...mais
c'est en lien avec la Loi sur la clarté référendaire à Ottawa. Jusqu'à quel
point ça vous préoccupe, le recours possible à cette loi-là par le gouvernement
fédéral?
M. Fontecilla : Bien, c'est
une préoccupation constante sur le système, sur... dans le débat politique sur
l'avenir du Québec, et le gouvernement fédéral ramène, la... la Loi sur la
clarté avec une... avec un seuil d'acceptation d'un référendum qui n'a toujours
été pas clarifié de la part du gouvernement, là. Nous, on partage le point de
vue avec le Parti québécois qui est une majorité, au Québec, là, c'est
50 % plus un. Donc, on appuie cette revendication, qui me semble
déterminante pour l'avenir du Québec.
Journaliste : Puis est-ce que
ça vous inquiète la possible sécession de l'Alberta?
M. Fontecilla : Écoutez,
ça m'appartient... ça appartient aux Albertains de décider qu'est-ce qu'ils
vont faire de leur... de leur territoire. Nous, on regarde ça avec beaucoup,
beaucoup d'attention. C'est un débat qui leur appartient, mais qui aura aussi
des répercussions au Québec. Dans quel sens? On ne sait pas... on ne sait pas
encore. Est-ce que la volonté politique, d'une part, d'aller vers un processus
de sécession de la part de l'Alberta est véritablement enracinée dans la
société? Ça reste à voir. Donc, on regarde ça avec beaucoup attention.
Journaliste : ...doutez un
peu, donc, du... du mouvement? Est-ce que vous croyez que c'est un levier pour
aller chercher davantage d'autonomie, plutôt qu'une démarche très sérieuse
de... de devenir...
M. Fontecilla : Ça reste
à voir. Ça reste à voir. Mme... Vous avez vu la déclaration de Mme la première
ministre de... de l'Alberta, elle, elle n'est pas pour la séparation, la
sécession de l'Alberta. Elle conçoit... donc, elle conçoit ces processus-là
comme un levier de négociation par rapport au gouvernement fédéral. Donc, je
laisse ça aux Albertains de décider par où ils veulent mener leur processus. Il
y a deux avenues, grosso modo. Il peut y en avoir d'autres, là, mais c'est
soit... c'est retirer l'Alberta de la fédération canadienne, ou soit utiliser
ces... ces référendums-là comme pouvoir de négociation pour obtenir des
changements constitutionnels ou autre chose. Ça leur appartient. Et je pense
que les dés ne se sont pas encore jetés à ce niveau-là. Ça reste à... C'est à
eux de clarifier par où qu'ils veulent aller.
Journaliste : ...je reviens
juste au sondage. Mais, au... au niveau fédéral, au Québec, là, M. Carney
a 49 % d'appuis, là, c'est historique. Comment est-ce qu'on explique
l'amour des Québécois pour M. Carney?
M. Cliche-Rivard : C'est
une... c'est une bonne question, là. Moi, je... je ne vis pas de cet amour-là,
particulièrement. Donc, il va falloir poser la question à ceux qui l'appuient
avec autant de... de verve, là. Je... je vais vous laisser, là, vous,
analystes.
Journaliste
: ...
M. Cliche-Rivard : Pas
pour le moment.
Journaliste : Mais c'est
mauvais signe, quand même, pour une formation comme la vôtre, qui est à gauche
souverainiste, de voir que, les Québécois, présentement, donnent leur appui à
un parti fédéraliste.
M. Cliche-Rivard : Bien,
pour moi, c'est quand même deux choses dramatiquement différentes, là. Les
intentions de vote au fédéral versus les intentions de vote au provincial ne
sont pas toujours interreliées. On... Ne mélangeons pas les choses, là.
M. Carney dirige... dirige le... le Canada. Moi, j'ai les deux yeux rivés
sur Québec, sur... sur l'élection qui s'en vient. Puis, pour moi, c'est deux
choses différentes, là.
Le Modérateur
: On va
passer en anglais.
Journaliste : C'est juste...
c'est une question sur les CPE pour Montréal. Il y a un deuxième CPE qui quitte
le centre-ville. Avez-vous peur que les CPE désertent le centre-ville de
Montréal, qu'il n'y ait plus de place pour les enfants?
M. Cliche-Rivard : Il
faut définitivement qu'il y ait des places partout pour les enfants, surtout
pour, bien, la conciliation, en ce sens où c'est beaucoup de ces CPE là qui...
Journaliste
: ...à
cause de l'itinérance.
M. Cliche-Rivard : Oui, bien,
il faut qu'on améliore la question. Moi, je n'en reviens pas que... je veux
dire, combien de fois je vous ai parlé d'itinérance ici? Là, on a
12 000 personnes en situation d'itinérance au Québec, c'est
inacceptable. En même temps... c'est beaucoup, mais, en même temps, c'est très
peu, là, dans le sens où on a tous les leviers et les pouvoirs politiques si on
décidait de le faire pour s'attaquer de fond au problème. 12 000
personnes, ce n'est pas 120 000 personnes, là. Donc, réglons une fois
pour toutes la question, ayons des mesures de cohabitation qui fonctionnent,
retrouvons des logements puis arrêtons de créer une crise qui ne cesse
d'augmenter. M. Carmant se vantait hier, avec Mme Fréchette, la
semaine passée aussi, à Lauberivière, d'avoir sorti
4 000-5 000 personnes de la situation d'itinérance, mais on est
encore à 12 000, le bilan a augmenté.
Donc, moi, j'ai eu des questions, avec M.
le ministre Carmant hier, à savoir : Il va-tu falloir qu'on monte à
20 000 ou à 25 000 pour que vous réagissiez, pour qu'on arrête
l'hémorragie? Est-ce que les gens qui sont en logement actuellement peuvent
juste rester en logement puis arrêter de tomber en situation d'itinérance? On
peut-tu arrêter d'accepter des hausses de loyer de 50 %, de 60 % qui
font en sorte que le monde sont pris à la gorge puis se retrouvent à la rue,
surtout des aînés?
Ça fait que, oui, effectivement, que les
citoyens et les citoyennes puis les CPE, maintenant, font les frais de cette
cohabitation-là difficile, mais c'est inacceptable. On a tous les moyens, comme
société, d'endiguer le problème, mais la CAQ refuse de se donner les moyens
puis on se pète les bretelles sur 1 000 PSL en trois ans. Ça, c'est
333 PSL par année. Il y a 12 000 personnes en situation
d'itinérance. Il est où, le plan pour les 11 700 de plus, là, qui va
devenir 14 000, quoi, l'année prochaine, puis 15 000 après, puis
20 000, puis là, à un moment donné, ça va prendre 20 000 PSL? Ça
finit quand, cette affaire-là? Puis moi, j'ai demandé sérieusement au ministre
Carmant d'avoir une discussion avec sa collègue à l'Habitation, ça suffit, et à
la DPJ lui-même, parce qu'on sait qu'un nombre effarant de jeunes de la DPJ se
retrouvent directement en situation d'itinérance. C'est inacceptable.
Ça fait qu'on prenne le dossier... le
taureau par les cornes, qu'on règle la question en amont puis en prévention,
puis il y en aura moins, des problèmes de cohabitation dans nos quartiers
centraux, puis les CPE vont pouvoir rester.
Journaliste :
In regards to Bill 101, yesterday
Minister Roberge announced that he plans to transfer 27 000 vocational
students from the English sector to the French sector. I just want to get your
reaction to the news.
M.
Cliche-Rivard :
I'm going to have to get back to you on this one specifically to
make sure what my colleague Alexandre Leduc's position is to be 100% sure. So,
we'll follow through. Thank you. Merci.
(Fin à 8 h 21)