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(Onze heures quarante et une minutes)
La Modératrice : Bonjour.
Alors, bienvenue à ce... à ce point de presse du Parti libéral du Québec. Donc,
aujourd'hui, on a la députée de La Pinière, Linda Caron, qui dépose le projet
de loi n° 696 en tourisme, qui sera suivie de Véronyque
Tremblay, la PDG de l'Association hôtellerie du Québec, ensuite Marc-André Dandeneau,
président de l'Association hôtellerie du Québec et directeur général de l'Hôtel
Saint-Sulpice, et pour terminer on aura Aude Lafrance-Girard, présidente du Groupe
Majorat et propriétaire de l'Hôtel Château Laurier Québec.
Mme Caron : Alors, c'est
à titre de porte-parole en tourisme de l'opposition officielle que je présente
ce projet de loi aujourd'hui. Je suis accompagnée de leaders de l'industrie de
l'hôtellerie, alors je suis très heureuse qu'ils soient à mes côtés aujourd'hui.
C'est un plaisir de déposer un premier projet de loi en tourisme ce matin. Le
projet de loi s'intitule Loi visant à garantir la liberté des personnes
exploitant un établissement d'hébergement touristique quant à la détermination
des prix et des conditions applicables à la location d'unités d'hébergement.
Alors, le titre est long, mais le projet de loi est bref et va droit au but. En
fait, il s'agit de s'assurer que les hôteliers puissent établir librement leurs
tarifs.
Je vous fais une petite mise en contexte.
Dans les contrats qui sont conclus entre les hôteliers et les plateformes
numériques de réservation, que tout le monde connaît, je ne vais pas les nommer,
les plateformes numériques de réservation d'hôtel... Alors, dans ces contrats
avec les hôteliers, que ce soit de grandes chaînes d'hôtels ou des hôteliers
indépendants, il y a une clause ou des clauses de parité tarifaire qui
interdisent aux hôteliers de demander un prix inférieur à ce qui a été convenu
avec les plateformes. Or, les plateformes, elles-mêmes, ne respectent pas
toujours ce prix. Mais surtout, c'est que les hôteliers ratent de belles
occasions de conclure des contrats avantageux ou d'offrir des promotions, par
exemple, pour remplir leur établissement lorsque des chambres sont disponibles
à divers moments de l'année et qui pourraient offrir donc des prix avantageux
et remplir toutes leurs chambres.
Alors, ce projet de loi vient interdire de
restreindre cette liberté de la personne qui exploite un établissement d'hébergement
touristique de déterminer le prix et les conditions applicables pour la
location ou de consentir tout rabais ou tout autre avantage. J'ajoute que l'Union
européenne a banni ces clauses de parité tarifaire qui sont... qui étaient
imposées aux hôteliers pour redonner le pouvoir d'achat aux consommateurs, mais
aussi la liberté aux hôteliers. Alors, la législation européenne a résisté aux
tests des tribunaux, a augmenté la concurrence et même a fait réduire, au final,
les prix d'environ... jusqu'à 4 %, ce qui est bien, aussi, pour les
consommateurs.
Alors, il est temps que le Québec
modernise sa législation pour en faire autant. Et j'en profite pour rappeler
que la majorité de nos hôteliers sont des indépendants et qu'ils ont moins de...
un rapport de force moins grand envers les plateformes. Alors, une telle loi,
un tel projet de loi, s'il est adopté, pourra les aider, leur donner la liberté
nécessaire. Alors, je lance le défi à la CAQ, parce que c'est un projet de loi
qui est très court, qui va droit au but, et on aurait le temps de... La CAQ
aurait le temps de l'appeler, et on aurait le temps d'en débattre et de
l'adopter avant la fin de la session parlementaire. Ce serait un beau... un
beau message à envoyer à l'industrie touristique, qui est, quand même, une
industrie très, très, très importante, au quatrième rang après l'industrie des
mines au Québec. Merci.
Mme Tremblay (Véronyque) : Bonjour,
tout le monde. Je peux vous dire que l'Association hôtellerie du Québec salue,
comme une belle surprise, le dépôt du projet de loi d'intérêt privé de la
députée de La Pinière, Mme Linda Caron. Merci beaucoup. On propose enfin
de régler un enjeu sur lequel l'industrie hôtelière travaille depuis plusieurs
années : la liberté de fixer nos propres prix face aux géants mondiaux de
la réservation. On sait, l'Europe a déjà agi pour limiter l'emprise des
plateformes numériques. Le Québec a, aujourd'hui, l'opportunité historique de
devenir le premier gouvernement en Amérique du Nord à légiférer en ce sens. Ce
n'est pas logique qu'un hôtelier d'ici ne puisse pas offrir le meilleur prix,
sur son propre site Web. Le rapport de force est actuellement disproportionné.
Permettre aux hôteliers de reprendre le contrôle de leurs tarifs, c'est une
question de justice commerciale. Le cadre réglementaire doit, enfin, s'adapter
à l'ère numérique.
La structure unique de notre industrie
rend cette intervention législative vitale. Avec 83 % d'hôteliers
indépendants au Québec, le pouvoir de négociation face aux plateformes de
réservation étrangères est quasi inexistant. Des règles équitables. Donc, ce
projet de loi donne à David certains outils pour se tenir debout face à ces
Goliath technologiques. Protéger l'économie locale. En favorisant la
réservation directe, on s'assure que les revenus restent davantage dans nos
régions, plutôt que de s'envoler en commissions à l'étranger.
L'AHQ et ses partenaires soulignent que
l'heure est à l'action. À seulement un mois de la fin de la session
parlementaire, l'industrie demande la collaboration sincère du gouvernement et
de l'ensemble des partis d'opposition. Nous souhaitons vraiment plus qu'un
dépôt, nous souhaitons une adoption. L'industrie hôtelière appelle les élus à
faire preuve d'audace, de célérité, pour que ce projet de loi soit adopté avant
l'été. C'est vraiment un signal fort que le Québec enverrait au reste du
continent pour la protection de ses PME touristiques. Merci.
M. Dandeneau (Marc-André) : Bonjour
à tous. À première vue, c'est une excellente nouvelle. Enfin, on s'attaque à un
déséquilibre flagrant entre les hôteliers indépendants et les géants du Web.
Actuellement, ces plateformes exigent une parité tarifaire qu'elles sont
souvent les premières à ne pas respecter en passant par d'autres plateformes.
On demande simplement le droit de vendre notre propre produit, au prix que nous
choisissons, sur nos propres outils de vente. Les plateformes internationales
exigent une parité qu'elles ne respectent pas toujours elles-mêmes, créant une
confusion totale pour le voyageur. Ce projet de loi est la clé nous
permettre... nous permettant de reprendre le contrôle de notre marketing
numérique et de nos inventaires. Nous souhaitons une adoption rapide avant
l'été. Merci.
Mme Lafrance-Girard (Aude) :
Donc, je salue avec enthousiasme le dépôt de ce projet de loi, qui
reconnaît enfin que le cadre réglementaire et désuet. Aujourd'hui, on nous
impose des règles d'un autre temps. Il est aberrant qu'en tant qu'entrepreneur,
je ne puisse pas utiliser mon propre site Web, pour offrir le meilleur prix sur
la chambre à mes clients, sans avoir à le faire de façon détournée. Les
plateformes internationales exigent une parité qu'elles ne respectent pas
toujours elles-mêmes. On veut pouvoir dire à nos clients : Réservez en
direct, c'est ici que c'est le moins cher, sans que l'hôtelier, nous, on soit
pénalisés par les OTA. C'est une question de transparence et d'honnêteté envers
nos visiteurs. Merci.
La Modératrice : Alors, c'est
ce qui met fin à ce point de presse. Merci.
(Fin à 11 h 49)