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Home > News and Press Room > Press Conferences and Scrums > Point de presse de M. Alex Boissonneault, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de relations canadiennes, et M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé, de services sociaux et de soins à domicile

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Point de presse de M. Alex Boissonneault, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de relations canadiennes, et M. Joël Arseneau, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de santé, de services sociaux et de soins à domicile

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Wednesday, May 27, 2026, 8 h 40

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures quarante-six minutes)

M. Boissonneault : Bonjour, tout le monde! Je veux commencer en vous parlant de l'étude des crédits. Hier, j'ai eu l'occasion de poser des questions à la ministre de la Famille et ce que j'ai entendu est préoccupant parce qu'essentiellement on comprend que le gouvernement n'a pas l'information sur le nombre de familles qui sont sur les listes d'attente pour avoir une place en garderie. Le chiffre qu'on avait, c'est qu'il y avait 30 000 personnes en attente d'une place ou 30 000 familles, devrais-je dire, en attente d'une place. Ça, ce sont des chiffres qui datent du 31 mai 2025. Et là, nous, évidemment, on essaie de faire une comparaison. Les objectifs qu'on avait au départ, quand on parlait du chantier pour les familles, par exemple, on disait, là, du côté de la CAQ, qu'il y aurait une place par enfant et on fait le comparatif où... là où on en est rendu aujourd'hui, le chiffre qu'on avait, donc, c'est qu'en 2022, on était à 33 000 places ou 33 000 familles en attente. Et le dernier chiffre qu'on avait, c'est qu'il y avait encore 30 000 familles en attente. Mais là, finalement, ça ne tient pas, ça.

Ça ne tient pas parce que, nous expliquait la ministre, avec le nouveau portail, il y a un nettoyage nécessaire. On affirme que 70 % des parents qui étaient sur les listes, qui, finalement, ne se sont jamais connectées au nouveau portail, donc là, on dit qu'il y a une opération de nettoyage à faire. Puis là, le résultat, c'est que, à quelques semaines des élections, les Québécois et les Québécoises n'ont pas l'information à savoir combien de gens attendent pour avoir une place en garderie au Québec. C'est problématique. Les gens ont le droit de savoir. Moi, je trouve ça inquiétant et je voulais vous partager ça ce matin.

M. Arseneau : Mais je vais aussi vous parler des crédits, mais de la façon dont la CAQ, lorsqu'il est question de reddition de comptes et de publier les données, a cette même stratégie-là. Même chose en santé, on a posé des questions, par exemple, sur le nombre de fonctionnaires et de cadres à Santé Québec. Et là, ce qu'on a voulu nous faire valoir, c'est que l'unité de mesure qu'on avait, c'est-à-dire combien il y a de personnes qui ont été embauchées au siège social, combien de gens du ministère de la Santé ont été transférés du côté de Santé Québec, on nous a dit : Ce n'est plus... Ce n'est plus la façon de voir les choses. Maintenant, il faudrait regarder globalement, dans l'ensemble du réseau, avec toues les... tous les établissements et, globalement, il y a une baisse d'environ 200 personnes dans le nombre de fonctionnaires dans le réseau de la santé. Mais la question, elle porte spécifiquement sur cette créature de la CAQ, Santé Québec et de vérifier sa valeur ajoutée et ses coûts.

Alors, on n'a pas pu obtenir les coûts et on n'a pas pu savoir de façon précise si la commande qui avait été donnée à Santé Québec, de réduire de 20 % ses cadres supérieurs, avait été remplie. Alors, c'est assez préoccupant.

Puis on pourrait parler, j'imagine, vous poserez des questions tout à l'heure sur le déficit de maintien des actifs. Là aussi, on veut reporter la publication des chiffres au-delà de la période électorale. C'est préoccupant sur le plan de la transparence et de la reddition de comptes auprès des Québécoises et des Québécois.

En santé, on a passé 6 heures avec la ministre Bélanger et la grande conclusion à laquelle on peut en venir, c'est que, lorsqu'il est question de présenter le résultat des huit années de la CAQ en matière de santé, la ministre ne veut pas aller là. Elle dit : Moi, je ne veux pas retourner sur le passé, là, je ne veux pas avoir à justifier l'action de mon prédécesseur ou de mes prédécesseurs, on n'ira pas là. Quand il est question de planifier l'avenir, elle dit : Écoutez, là, moi je... on n'ira pas jusque là, là, parce qu'il y a encore beaucoup de travail à faire, puis je veux me garder une saine prudence. Puis, lorsqu'on pose des questions sur le présent, bien là, on pourrait peut-être demander à Santé Québec ce qu'ils en pensent. Alors, moi, je trouve que, dans cet exercice-là, il y a quelque chose d'assez révélateur. Il n'y a pas de bilan, il n'y a pas d'avenir, puis il y a Santé Québec qui, maintenant, est roi et maître dans le domaine de la santé. Donc, il y a plusieurs dossiers, là, qu'on pourrait mentionner, qui ont été abordés et pour lesquels les réponses de la ministre n'étaient pas très claires ou n'étaient tout simplement pas disponibles.

Puis je parle particulièrement, là, des dossiers numériques où toutes les dépenses du passé, ça ne semble pas, évidemment, être sa responsabilité ou la concerner outre mesure. C'est un peu... ça fait partie de l'exercice. On signe un contrat, on ajoute des addendas, on passe de 18 millions à 126 millions, c'est un peu dans l'ordre des choses. Puis pour ce qui est de l'avenir, quand on parle du développement du DSN, le Dossier santé numérique, bien, on sait que ça a fonctionné pas trop mal avec un montant de 400 millions. Elle dit : On a respecté les budgets. Le budget initial, il était de 265 millions, on est rendu à 400 millions, c'est pour deux établissements sur 34.

Pour la suite... Pour la suite, aucune espèce d'idée. On va vouloir le déployer et ça urge de se débarrasser des fax, comme vous le savez, dans l'ensemble du réseau, mais on ne sait pas combien de temps ça va prendre, combien ça va coûter puis avec qui on va faire affaire. Alors, c'est un petit peu l'illustration, là, du fait qu'on fonctionne à tâtons, on navigue à vue puis on aura perdu le cap en matière de santé, au Québec, avec la CAQ.

Journaliste : En santé, justement, les médecins, là, vont dire qu'ils ont relevé le défi d'avoir inscrit 500 000 patients, mais c'est des inscriptions collectives. Est-ce que vous pensez que c'est un succès du côté des médecins?

M. Arseneau : C'était prévisible que les médecins allaient aller chercher la prime qui leur était offerte par la CAQ. La CAQ a même dû abaisser les standards de vérification pour savoir si, effectivement, les gens qui sont inscrits, les gens qui reçoivent des lettres, bien, ce sont des patients vulnérables ou ce sont des patients qui ont besoin d'un médecin. Il y a des reportages qui ont été faits, notamment dans Le Devoir, qui prouve que c'était un blitz aux inscriptions et à la transmission de lettres. Mais parmi celles-là, bien, il y a des gens qui étaient décédés, il y a des gens qui n'avaient pas besoin de médecins parce qu'ils étaient institutionnalisés dans un CHSLD.

Et face à ça, le gouvernement a dit : Bon, on va arrêter de vérifier, comme ça, on va être sûrs d'atteindre nos objectifs. Ce que les Québécoises et Québécois... ce à quoi ils s'attendent, c'est d'avoir une prise en charge, d'avoir un rendez-vous avec un médecin. Est-ce qu'on est plus près d'une prise en charge? Non. On a rempli des listes. Est-ce qu'on a davantage de rendez-vous? C'est à... C'est à suivre.

Journaliste : Est-ce que, comme Québec solidaire l'a dit précédemment, on aurait dû attendre avant de donner le bonus de 75 millions, qu'on voie réellement ce qui se passe sur le terrain avec ces rendez-vous-là?

M. Arseneau : Bien, le strict minimum, ce serait que le gouvernement dise : Bien là, là, vous avez envoyé des lettres à 500 000 personnes, on va faire une vérification diligente. Puis moi, je proposerai même que ce soit un organisme neutre qui puisse regarder le dossier en disant : Est-ce que la prime, elle est véritablement méritée? Est-ce que ces gens-là ont tous besoin d'un médecin? Est-ce que les 180 000 patients vulnérables sont des véritables patients vulnérables? Ou est-ce que c'est des moins vulnérables, mais qui sont plus payants parce qu'ils n'étaient pas déjà sur une liste collective? Vous vous souvenez de cette saga-là. Alors même le Conseil... le Collège des médecins a déploré la tactique de dire : On va prendre les patients les plus payants et pas ceux qui ont davantage besoin d'un médecin.

Alors, moi, je pense que, minimalement, avant de crier victoire du point de vue gouvernemental, on devrait faire une vérification diligente et donner... pour donner une crédibilité à l'exercice, donner ce mandat-là à un organisme indépendant qui pourrait attester que ces gens-là...

Journaliste : ...

M. Arseneau : Bien absolument. Je ne pense pas qu'il y ait de médecins qui va avoir de la difficulté à payer son épicerie si on retient le versement de la prime jusqu'à ce qu'on valide si l'exercice a été rempli avec succès et avec les objectifs souhaités. Une véritable prise en charge, bien ça, on pourra le vérifier dans l'avenir.

Journaliste : Concernant Gaza, est-ce que le gouvernement aurait dû dénoncer le comportement du ministre de la Sécurité nationale vis-à-vis des militants de la flottille? Est-ce qu'il devrait intervenir d'une quelconque façon, là?

M. Boissonneault : Écoutez, on va prendre... on va comprendre le dossier avant de se prononcer, mais une chose est certaine, quand on voit... on a vu les images, là...

Journaliste : Vous savez de quoi je parle?

M. Boissonneault : Oui, on a vu les images, puis nous, on s'est déjà prononcés là-dessus quand on a vu ce qui s'était passé avec M. Boulet, par exemple, on a dénoncé le fait que, lorsqu'il y a des... ce genre de démonstration là, violente en public, c'est quelque chose que l'on condamne. Donc, on part de cette base-là. Pour le reste, là, je ne sais pas les actions qui ont été prises, là... Peut-être que je ne comprends pas le...

Journaliste : Non, c'est ça, je pense...

M. Boissonneault : ...oui.

Journaliste : ...la semaine dernière, on a vu passer une vidéo d'un ministre israélien, là, qui maltraitait des militants de la flottille qui étaient blindés, des gens à Gaza.

M. Boissonneault : Excusez, j'étais complètement ailleurs, là, je pensais à des manifestations que j'avais vues.

Journaliste : ...peut-être. Ça n'a pas été dénoncé par le gouvernement du Québec. Ça l'a été, d'une certaine façon, par le gouvernement du Canada hier. Est-ce que... Il y a eu une motion de QS là-dessus hier. Est-ce que, selon vous, le gouvernement devrait s'exprimer là-dessus?

M. Boissonneault : Bien, je vais prendre ça en réserve, Mme Porter, parce que je ne veux pas me prononcer sur un dossier que je n'ai pas pris le temps de voir.

Journaliste : ...sur la culture référendaire. On a vu hier, là, M. Boulet sortir puis dire qu'il sera dans le camp du non, M. Lacombe qui sera dans le camp du oui. Clairement, la campagne électorale va être référendaire, entre guillemets, là. Est-ce que la position va devenir inconfortable?

M. Boissonneault : Bien, évidemment. Moi, je me demande s'il n'y a pas des gens, à l'intérieur de la CAQ, qui vont faire l'expérience de la dissonance cognitive, là. Parce que vous avez vu ce qui s'est passé dans ce parti-là : La CAQ est devenue un Parti libéral 2.0. Ils sont rouges comme Jean-Charest, là, quand on écoute Christine Fréchette en période de questions. Hein, ça parle de référendum puis les Québécois ne veulent pas de référendum. Donc, j'ai l'impression, pour des gens comme, visiblement, M. Lacombe, qui est sorti, bien, il y a un inconfort parce que la CAQ demeure un parti fédéraliste, d'autant qu'on a vu que la troisième voie est un échec complet. Et nous, on salue le fait que les langues se délient puis qu'il y ait des gens, finalement, qui ont peut-être plus de difficulté à vivre ce changement-là, parce qu'on a un parti qui a vraiment pris fait et cause pour la fédération, puis on le voit encore une fois très bien avec la nouvelle première ministre de ce gouvernement Legault-Charette... Fréchette, pardon.

Donc, je serai... je serai curieux de voir ce qui... Ce sera intéressant de voir ce qui va se passer à partir de là, mais, oui, j'ai l'impression qu'à partir de maintenant, là, il va y avoir nécessairement des tensions, parce que tous les jours, au quotidien, ce qu'on a démontré, c'est que la troisième voie ne fonctionne pas, avec la CAQ, mais Christine Fréchette à la tête de ce parti-là, c'est le Parti libéral 2.0, et elle n'a rien à envier à Jean-Charest en période de questions, là, on voit très bien où on s'en va.

Journaliste : Mario Dumont a déjà dit que la pire victoire référendaire, ce serait 50 % plus un. Êtes-vous d'accord avec lui?

M. Boissonneault : Écoutez, il peut avoir son opinion, son analyse de la situation. Moi, ce que je vous dis, c'est que c'est la règle démocratique qui s'applique partout, 50 % plus un.

Journaliste : Mais le pire résultat, tu demeures gagnant, mais, en même temps, tu as tellement une faible majorité que ça en devient inconfortable. C'est un peu ça, l'idée. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça?

M. Boissonneault : Moi, ce que je considère, c'est qu'on veut rallier une majorité de personnes, puis, évidemment, on veut que la majorité soit la plus importante possible. Ça, c'est sûr, là. Nous, on se bat pour rassembler. Le Parti québécois, c'est un parti rassembleur, on veut convaincre les gens que notre proposition est la bonne, puis on est convaincus qu'elle est la bonne. Sauf que la règle qui s'applique, c'est celle-là, c'est la même chose dans tous les pays démocratiques.

Et, si on parle de ça, parce qu'on en parle évidemment avec la sortie de Mark Carney hier, moi, je trouve ça inquiétant puis je trouve ça inacceptable. Mark Carney démontre encore une fois toute la déconnexion avec le Québec. Ce qu'il est en train de démontrer, c'est qu'il s'oppose à un consensus au Québec depuis des années, depuis le début, depuis qu'on parle du statut du Québec puis de son avenir politique, et ça, ça rallie les souverainistes et les fédéralistes, à savoir que l'autodétermination du peuple québécois concerne les Québécois et que la règle qui s'applique, c'est le 50 % plus un. On l'a mis dans une loi, la loi n° 99. On l'a réitérée plusieurs fois en motion. Il y a une motion qu'on a adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale, il n'y a même pas deux semaines là-dessus, pour parler de tout ce qui est... tout ce qui a trait au processus et de la règle du 50 % plus un.

Donc, là, encore une fois, Mark Carney fait non seulement la démonstration qu'il ne connaît pas le Québec, mais, en plus, il démontre qu'il n'a pas d'argument pour défendre son projet, pour défendre la fédération canadienne. Donc là, il dit : Je vais changer les règles, je vais intervenir dans le processus parce qu'incapable de convaincre que la fédération, c'est la bonne avenue pour le peuple québécois, bien, il va commencer à dicter de cette façon-là au peuple québécois comment faire le processus? Ça témoigne aussi du fait qu'il faut qu'on se sorte de cette fédération-là parce qu'on a un gouvernement, visiblement, qui est encore aussi centralisateur puis prédateur, à Ottawa.

Journaliste : Parlant de rassembler, là, est-ce que Mathieu Lacombe serait le bienvenu dans l'autobus du oui du PQ?

M. Boissonneault : Ça, je vais laisser ça aux instances qui s'occupent de nos processus de recrutement au Parti québécois. Honnêtement, je ne veux pas me prononcer là-dessus maintenant. Ce que je peux saluer, moi, c'est le fait...

Journaliste : ...moi, je ne parlais pas de recrutement, je parlais juste... est-ce que les caquistes...

M. Boissonneault : Ah, de l'autobus! OK.

Journaliste : De l'autobus, parce que vous avez déjà dit que vous ne vouliez pas de caquiste dans le mouvement, à moins que ça ait changé.

M. Boissonneault : Bien, l'autobus... Écoutez, l'autobus, non, tout le monde dans l'autobus pour le oui, ça, absolument. On rassemble tout le monde, ça, c'est clair. Excusez, je pensais...

Journaliste : Pour le recrutement, vous avez déjà dit que vous ne vouliez pas de caquiste, à moins que ça ait changé, là.

M. Boissonneault : Bien, c'est ça. Ça, je vous dis que, pour le recrutement, là, je ne sais pas où on en est puis je vais laisser aux partis, aux aux instances qui sont responsables de ça le soin de se pencher là-dessus.

Journaliste : Les taxes de Mme Fréchette vont diminuer, on annonce une baisse de taxes. Si vous prenez le pouvoir, est-ce que vous remontez ces taxes-là?

M. Boissonneault : Bon, ça, c'est une... c'est une bonne question.

Journaliste : Avez-vous une bonne réponse?

M. Boissonneault : Oui, vous allez voir. Écoutez, on a un gouvernement de la CAQ qui fait toujours ce que la CAQ a toujours fait. À l'approche d'élections, c'était la même chose, en 2018, après ça, c'est en 2022. Là, on dépense, on donne des bonbons électoraux, on offre... on achète essentiellement le vote des électeurs avec leur propre argent. Donc, ça, c'est inquiétant, d'autant qu'on a un déficit qui frôle les 10 milliards de dollars.

Donc là, si on pose la question au Parti québécois : Qu'est-ce que vous allez faire? Est-ce que vous allez ramener ces taxes-là? Nous, évidemment qu'on n'est pas contre l'idée de diminuer les taxes ou de diminuer le fardeau fiscal, sauf que ça prive le gouvernement d'un revenu. Cet été, il va y avoir un rapport qui sera présenté par la Vérificatrice générale, qui va nous donner un portrait de l'état des finances québécoises. Et c'est avec ce portrait-là qu'on va pouvoir analyser la situation, parce que là on annonce des mesures comme ça, à la va-vite, qui coûtent, qui coûtent cher aux Québécois. Évidemment, on parle d'un revenu de moins, ce n'est pas une dépense, mais c'est un revenu de moins, alors qu'on a un déficit important. Donc, il va falloir qu'on fasse nos devoirs, puis c'est ce que la CAQ ne fait pas, ça a toujours été le cas.

Journaliste : Vous ne le savez pas, la réponse, c'est que vous ne le savez pas.

M. Boissonneault : On n'a pas le portrait pour pouvoir se pencher de façon sérieuse et rigoureuse sur cette question-là...

Journaliste : Mais vous allez offrir une réponse avant la campagne...

M. Boissonneault : ...la Vérificatrice générale va faire ce portrait-là, et nous, avec ça, on va pouvoir... on va pouvoir décider de voir ce qu'on va faire.

Journaliste : Avant la campagne...

M. Boissonneault : Pardon?

Journaliste : Avant la campagne électorale.

M. Boissonneault : Bien oui, avant la campagne, parce que c'est là, l'enjeu. La CAQ, en ce moment, est en train de distribuer des bonbons, on distribue l'argent des contribuables. Écoutez, quand le ministre, qui est responsable d'un des déficits les plus importants de l'histoire du Québec dit que vous exagérez, il y a un problème. On a passé la somme de 250 millions qui était réservée à la personne qui allait gagner la course à la direction de la CAQ. On l'a déjà dépensé, je pense qu'on est rendu à 80 millions de plus en quelques semaines.

Journaliste : ...c'est toujours difficile pour un gouvernement de remettre une taxe qui a été enlevée il y a six mois.

M. Boissonneault : Bien, c'est pour ça qu'on veut faire les choses sérieusement aussi. Parce qu'évidemment, sur l'idée d'enlever des taxes, on n'est pas contre ce principe-là, on n'est pas contre l'idée de donner de l'oxygène aux Québécois et aux Québécoises, mais, en même temps, il faut considérer le déficit qu'on a qui est important. Il faut considérer l'impact que ça va avoir sur les finances. Le gouvernement fait ces annonces-là à la va-vite, on a appris ça cette semaine. Donc, on va faire nos devoirs, on va faire ça sérieusement. Quand on aura le rapport de la VG cet été, bien, on pourra se pencher sur la question.

Journaliste : Mais je comprends que vous attendez le rapport de la VG, là, mais on peut aussi déduire que le gouvernement, tu sais, déjà, on a un déficit extraordinaire. Hier, M. Girard, de son propre aveu, a dit qu'on n'avait pas les moyens, en ce moment, d'améliorer l'état des routes parce qu'il y a d'autres priorités. Alors, est-ce qu'on a les moyens de... au Québec, d'offrir aux gens ce type de baisse de taxe?

M. Boissonneault : Nous, on veut des politiques qui défendent le bien commun. Donc là, quand on parle des moyens qu'on a, quand on a un déficit de 10 milliards de dollars puis qu'il y a des endroits où il y a des dépenses qui sont nécessaires, quand on parle des infrastructures, par exemple, il y a des choix que ce gouvernement-là est en train de faire. Ils ont un portrait que nous, on n'a pas, puis visiblement ils font des annonces à la va-vite, ce que nous, on déplore. Et c'est clairement dans une perspective électoraliste, donc, c'est ça qu'on dénonce. Nous, il nous faut un portrait beaucoup plus clair pour précisément... Parce qu'effectivement, quand on ramène une taxe, une fois qu'on l'a enlevée, là, bien, il y a des questions qui doivent se poser.

Mais non seulement l'effet de ce qui a été annoncé par Christine Fréchette est quand même, pour le portefeuille des Québécois, somme toute, mineur, marginal, mais il y a un effet aussi sur la perte de revenus pour l'État québécois, qui aura peut-être des conséquences aussi. Donc, il faut quand même qu'on prenne ça en considération.

Journaliste : Vous voulez baisser les impôts des entreprises, pourquoi, ça, c'est correct, mais pas les citoyens?

M. Boissonneault : Mais ce qu'on a dit par rapport à ça, c'est qu'on veut une réduction historique du fardeau fiscal des entreprises, mais, en même temps, nous, ce qu'on ne veut pas faire, c'est un bar ouvert comme la CAQ l'a fait en subvention. Donc, il va y avoir, à un moment donné, un choix qu'on va devoir faire où on va dire : Bien, pour ce qui est des subventions, il va y en avoir moins, pour... et on va mieux accompagner nos PME quand on va utiliser ce moyen-là. Mais surtout, ce qu'on veut, c'est que l'argent reste dans les poches des PME au Québec. Donc, il y a aussi ce choix-là à faire, puis on y a réfléchi à cette mesure-là, alors que là on fait des annonces à la va-vite.

Journaliste : Rapidement, là. Le Commissaire au lobbyisme, hier, a déposé un rapport dans lequel il a carrément écrit une loi, en disant aux parlementaires : Adoptez ça, parce que la loi actuelle est pleine de trous, il y a des risques de scandale. Qu'est-ce que vous faites avec ça?

M. Boissonneault : On a, au Parti québécois, évidemment, un préjugé favorable pour plus de transparence. Moi, je n'ai pas vu la proposition du Commissaire au lobbyisme, mais ce que je peux vous dire, c'est qu'on a présenté une motion le 19 février 2026. Dans cette motion-là, ce qu'on disait... c'est qu'on demandait au gouvernement de légiférer pour réformer la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de lobbyisme, notamment pour combler ses lacunes en éliminant le seuil minimal d'activité pour les lobbyistes d'entreprises. Donc, c'est quelque chose qui nous préoccupe déjà au Parti québécois. Mais, pour la proposition du Commissaire au lobbyisme comme telle, je vais prendre le temps de l'examiner, mais, définitivement, au Parti québécois, on est favorables à ce qu'il y ait plus de transparence.

Le Modérateur : On va passer en anglais.

Journaliste : On the FMOQ, the fact that they are starting the press conference as we speak, saying that they achieved their objective of 500,000 patients, a month earlier than July, I think, it was 1st of July. How do you react? Shall citizens take that for granted that the objective has been achieved?

M. Arseneau : I'm sorry?

Journaliste : Do you think that citizens should take that for granted that the objective has been achieved?

M. Arseneau : What is... The question is : What is the population's objective? Not the FMOQ. The FMOQ's objective is to get the 75 million dollars promised by the government. The government is... objective is... we want a number. We want people on lists. What does the population want? Being taken care of and having access to a doctor. And this has yet to be proven that the measure that they put forward will give citizens better access to a doctor. That's when we're going to be able to measure whether or not this deal that was made with the FMOQ will work out for Quebeckers, for their health and for... you know...

Journaliste : ...organization independent to double... before the bonus is given to... is distributed to GPs?

M. Arseneau : What I'm saying... Yes, my... my fear is that they had a blitz on sending letters and telling people that they were now on the list. And we know that there were flaws in... in these lists, whereas some people were dead, some people were already taken care of in an institution such as CHSLD along... So...

Journaliste : Which is weird.

M. Arseneau : Which is concerning. And what the government said to this revelation by some media was, well, we're no longer going to check who's on these lists because, you know, it's too heavy, it's too long, and too hard to... to, you know, check out whether or not it's valid. So, the question is : Is it valid? And who's to say whether or not they chose the right people who really needed to be taken care of and especially vulnerable patients? They said 180 000 vulnerable patients would be taken care of, and the Collège des médecins said the method they used is ethically questioning... questionable, because doctors tend to take less vulnerable people because they pay more than the people who really need to have access to "prise en charge", but on... with a doctor rather than collectively speaking. So, there's a lot to be, you know, verified or to be checked to see whether or not this brings us further than we were a year ago. I'm not saying whether or not they reach their objectives has absolutely no meaning. The question is : Are Quebeckers getting better access and more services for their 75 million dollars? The question remains.

Journaliste : And Bill 99.

M. Boissonneault : Yes.

Journaliste : How do you explain that Québec's law is not in the vocabulary at Parliament Hill... on... well, I mean, the Carney government?

M. Boissonneault : I think it's totally unacceptable. And it shows, again, the disconnection between Mark Carney and the Québec people. There's a consensus here that is very clear. It's been expressed in the Bill 99 that has been adopted at the beginning of the year 2000 and has been expressed in a motion couple days ago, 12th of May, if I remember well. Here, we understand the fact, first, that the status of Québec is a responsibility of Quebeckers. It's a matter for Quebeckers only. And second, 50% plus one is the legitimate democratic rule that has been applied before and the other referendum that we had in Québec and everywhere in the world, in Scotland, and even in Newfoundland when it joined the federation at the beginning... referendum with 50 plus one... 50% plus one. So, Mr. Carney right now is going against a consensus in Québec that unites federalists and sovereigntists on these matters.

Journaliste : ...which CAQ members would vote yes or no in a referendum?

M. Boissonneault : I think it's relevant because, well, first, when it's going to be the moment to pronounce ourselves on that matter, everybody is welcome to join the... the camp, the "oui" camp. I don't know if we say that in English. Yes camp? Yes camp. But it's important as well, because there's been a change at the CAQ right now. And I think it's fascinating to see that some people a20141nd I think it's going to be more clear in the days to come. They're going to have a hard time to deal with their conscience at this moment in the party, in the CAQ, when we... when we know that some people probably have opinions that don't go in the sense that Christine Fréchette has been... has been leading her party recently. You've seen her in the question period, she talks like Jean Charest, basically, she talks like with the Liberal Party 2.0. And now, we see that there are some people that are going to have trouble with their conscience in that coalition if they think that Québec should lead its own destiny, because, right now, we have a red party that is expressing itself like so, we had a minister who said that he would be in the No camp. And, obviously, for some people at the CAQ. I would encourage you to ask them the question. It's going to be harder to deal with. And it shows something about that party and the divisions inside of that party.

Journaliste : Does the Premier need to come out and say whether or not she would vote yes or no?

M. Boissonneault : Would she have to do so? I would be interested to know. But you know what? I know already what the answer... because when I hear her talk, it's clear that this party, right now, is a federalist party. The CAQ has shown, at eight years of... the third way is a total failure. And now, she's assuming, even more than it was the case before, that the CAQ is basically a Liberal Party 2.0. So, she's been expressing herself like this during the question period, it's very clear, and there are some people in that party, ministers or not, that probably going to have to deal with their conscience in the days to come.

M. Arseneau : Can I just add to it? Because it's a very interesting question: Should she or not? We've asked the question to Premier Legault time and time again, and he's always said, well, Quebeckers don't want, you know, a consultation, they don't want a referendum, but it was always kind of implied that, if there was a time where you had to choose, he would choose Québec sovereignty. That's what we kind of understood from his point of view. And now, when you look at Fréchette, we think exactly the opposite. She seems very, very comfortable with the status quo. Mr. Legault wanted some gain within Canada because he thought independence wasn't in the making for the years to come. We're going to prove him wrong. But that's what our goal is.

But when it comes to Premier Fréchette, she seems to assume fully the idea that things won't change, things shouldn't change, and when it comes to trying to reclaim some of the powers from the federal government, it's a blank sheet right now. She's not even able to repeat the 21 demands that Mr. Legault had. So that's why when Alex says it's really the Liberal Party 2.0, it's... it's telling. Ms. Fréchette... or Premier Fréchette is provoking, probably, questioning throughout the coalition, and even her caucus, when she's so much into the status quo when it comes to the regime.

Journaliste : But she has to work with...

M. Arseneau : Yes, but, you know, that's one of the questions I have, is: Was she ever, you know, a very militant independentist? I don't... I have no idea. I can only judge from what I see right now. And she's really, you know, reincarnating the Charest Government, you know, way of, you know, governing is that within Canada, Québec will stay, and, no matter what, this is where I'm... I'm going. So, it's telling.

(Fin à 9 h 13)

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