Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures quarante-six minutes)
M. Boissonneault : Bonjour,
tout le monde! Je veux commencer en vous parlant de l'étude des crédits. Hier,
j'ai eu l'occasion de poser des questions à la ministre de la Famille et ce que
j'ai entendu est préoccupant parce qu'essentiellement on comprend que le
gouvernement n'a pas l'information sur le nombre de familles qui sont sur les listes
d'attente pour avoir une place en garderie. Le chiffre qu'on avait, c'est qu'il
y avait 30 000 personnes en attente d'une place ou 30 000 familles,
devrais-je dire, en attente d'une place. Ça, ce sont des chiffres qui datent du
31 mai 2025. Et là, nous, évidemment, on essaie de faire une comparaison.
Les objectifs qu'on avait au départ, quand on parlait du chantier pour les
familles, par exemple, on disait, là, du côté de la CAQ, qu'il y aurait une
place par enfant et on fait le comparatif où... là où on en est rendu
aujourd'hui, le chiffre qu'on avait, donc, c'est qu'en 2022, on était à
33 000 places ou 33 000 familles en attente. Et le dernier
chiffre qu'on avait, c'est qu'il y avait encore 30 000 familles en
attente. Mais là, finalement, ça ne tient pas, ça.
Ça ne tient pas parce que, nous expliquait
la ministre, avec le nouveau portail, il y a un nettoyage nécessaire. On
affirme que 70 % des parents qui étaient sur les listes, qui, finalement,
ne se sont jamais connectées au nouveau portail, donc là, on dit qu'il y a une
opération de nettoyage à faire. Puis là, le résultat, c'est que, à quelques
semaines des élections, les Québécois et les Québécoises n'ont pas
l'information à savoir combien de gens attendent pour avoir une place en
garderie au Québec. C'est problématique. Les gens ont le droit de savoir. Moi,
je trouve ça inquiétant et je voulais vous partager ça ce matin.
M. Arseneau : Mais je vais
aussi vous parler des crédits, mais de la façon dont la CAQ, lorsqu'il est
question de reddition de comptes et de publier les données, a cette même
stratégie-là. Même chose en santé, on a posé des questions, par exemple, sur le
nombre de fonctionnaires et de cadres à Santé Québec. Et là, ce qu'on a voulu
nous faire valoir, c'est que l'unité de mesure qu'on avait, c'est-à-dire
combien il y a de personnes qui ont été embauchées au siège social, combien de
gens du ministère de la Santé ont été transférés du côté de Santé Québec, on
nous a dit : Ce n'est plus... Ce n'est plus la façon de voir les choses.
Maintenant, il faudrait regarder globalement, dans l'ensemble du réseau, avec
toues les... tous les établissements et, globalement, il y a une baisse
d'environ 200 personnes dans le nombre de fonctionnaires dans le réseau de
la santé. Mais la question, elle porte spécifiquement sur cette créature de la
CAQ, Santé Québec et de vérifier sa valeur ajoutée et ses coûts.
Alors, on n'a pas pu obtenir les coûts et
on n'a pas pu savoir de façon précise si la commande qui avait été donnée à
Santé Québec, de réduire de 20 % ses cadres supérieurs, avait été remplie.
Alors, c'est assez préoccupant.
Puis on pourrait parler, j'imagine, vous
poserez des questions tout à l'heure sur le déficit de maintien des actifs. Là
aussi, on veut reporter la publication des chiffres au-delà de la période
électorale. C'est préoccupant sur le plan de la transparence et de la reddition
de comptes auprès des Québécoises et des Québécois.
En santé, on a passé 6 heures avec la
ministre Bélanger et la grande conclusion à laquelle on peut en venir, c'est
que, lorsqu'il est question de présenter le résultat des huit années de la CAQ
en matière de santé, la ministre ne veut pas aller là. Elle dit : Moi, je
ne veux pas retourner sur le passé, là, je ne veux pas avoir à justifier l'action
de mon prédécesseur ou de mes prédécesseurs, on n'ira pas là. Quand il est
question de planifier l'avenir, elle dit : Écoutez, là, moi je... on n'ira
pas jusque là, là, parce qu'il y a encore beaucoup de travail à faire, puis je
veux me garder une saine prudence. Puis, lorsqu'on pose des questions sur le
présent, bien là, on pourrait peut-être demander à Santé Québec ce qu'ils en
pensent. Alors, moi, je trouve que, dans cet exercice-là, il y a quelque chose
d'assez révélateur. Il n'y a pas de bilan, il n'y a pas d'avenir, puis il y a
Santé Québec qui, maintenant, est roi et maître dans le domaine de la santé.
Donc, il y a plusieurs dossiers, là, qu'on pourrait mentionner, qui ont été
abordés et pour lesquels les réponses de la ministre n'étaient pas très claires
ou n'étaient tout simplement pas disponibles.
Puis je parle particulièrement, là, des
dossiers numériques où toutes les dépenses du passé, ça ne semble pas,
évidemment, être sa responsabilité ou la concerner outre mesure. C'est un peu...
ça fait partie de l'exercice. On signe un contrat, on ajoute des addendas, on
passe de 18 millions à 126 millions, c'est un peu dans l'ordre des
choses. Puis pour ce qui est de l'avenir, quand on parle du développement du
DSN, le Dossier santé numérique, bien, on sait que ça a fonctionné pas trop mal
avec un montant de 400 millions. Elle dit : On a respecté les budgets.
Le budget initial, il était de 265 millions, on est rendu à 400 millions,
c'est pour deux établissements sur 34.
Pour la suite... Pour la suite, aucune
espèce d'idée. On va vouloir le déployer et ça urge de se débarrasser des fax,
comme vous le savez, dans l'ensemble du réseau, mais on ne sait pas combien de
temps ça va prendre, combien ça va coûter puis avec qui on va faire affaire.
Alors, c'est un petit peu l'illustration, là, du fait qu'on fonctionne à
tâtons, on navigue à vue puis on aura perdu le cap en matière de santé, au
Québec, avec la CAQ.
Journaliste
: En santé,
justement, les médecins, là, vont dire qu'ils ont relevé le défi d'avoir
inscrit 500 000 patients, mais c'est des inscriptions collectives.
Est-ce que vous pensez que c'est un succès du côté des médecins?
M. Arseneau : C'était
prévisible que les médecins allaient aller chercher la prime qui leur était offerte
par la CAQ. La CAQ a même dû abaisser les standards de vérification pour savoir
si, effectivement, les gens qui sont inscrits, les gens qui reçoivent des
lettres, bien, ce sont des patients vulnérables ou ce sont des patients qui ont
besoin d'un médecin. Il y a des reportages qui ont été faits, notamment dans Le
Devoir, qui prouve que c'était un blitz aux inscriptions et à la
transmission de lettres. Mais parmi celles-là, bien, il y a des gens qui
étaient décédés, il y a des gens qui n'avaient pas besoin de médecins parce qu'ils
étaient institutionnalisés dans un CHSLD.
Et face à ça, le gouvernement a dit :
Bon, on va arrêter de vérifier, comme ça, on va être sûrs d'atteindre nos
objectifs. Ce que les Québécoises et Québécois... ce à quoi ils s'attendent, c'est
d'avoir une prise en charge, d'avoir un rendez-vous avec un médecin. Est-ce qu'on
est plus près d'une prise en charge? Non. On a rempli des listes. Est-ce qu'on
a davantage de rendez-vous? C'est à... C'est à suivre.
Journaliste
: Est-ce que,
comme Québec solidaire l'a dit précédemment, on aurait dû attendre avant de
donner le bonus de 75 millions, qu'on voie réellement ce qui se passe sur
le terrain avec ces rendez-vous-là?
M. Arseneau : Bien, le strict
minimum, ce serait que le gouvernement dise : Bien là, là, vous avez
envoyé des lettres à 500 000 personnes, on va faire une vérification
diligente. Puis moi, je proposerai même que ce soit un organisme neutre qui
puisse regarder le dossier en disant : Est-ce que la prime, elle est
véritablement méritée? Est-ce que ces gens-là ont tous besoin d'un médecin? Est-ce
que les 180 000 patients vulnérables sont des véritables patients
vulnérables? Ou est-ce que c'est des moins vulnérables, mais qui sont plus
payants parce qu'ils n'étaient pas déjà sur une liste collective? Vous vous
souvenez de cette saga-là. Alors même le Conseil... le Collège des médecins a
déploré la tactique de dire : On va prendre les patients les plus payants
et pas ceux qui ont davantage besoin d'un médecin.
Alors, moi, je pense que, minimalement,
avant de crier victoire du point de vue gouvernemental, on devrait faire une
vérification diligente et donner... pour donner une crédibilité à l'exercice,
donner ce mandat-là à un organisme indépendant qui pourrait attester que ces
gens-là...
Journaliste
: ...
M. Arseneau : Bien absolument.
Je ne pense pas qu'il y ait de médecins qui va avoir de la difficulté à payer
son épicerie si on retient le versement de la prime jusqu'à ce qu'on valide si
l'exercice a été rempli avec succès et avec les objectifs souhaités. Une
véritable prise en charge, bien ça, on pourra le vérifier dans l'avenir.
Journaliste
: Concernant
Gaza, est-ce que le gouvernement aurait dû dénoncer le comportement du ministre
de la Sécurité nationale vis-à-vis des militants de la flottille? Est-ce qu'il
devrait intervenir d'une quelconque façon, là?
M. Boissonneault : Écoutez, on
va prendre... on va comprendre le dossier avant de se prononcer, mais une chose
est certaine, quand on voit... on a vu les images, là...
Journaliste
: Vous
savez de quoi je parle?
M. Boissonneault : Oui, on a
vu les images, puis nous, on s'est déjà prononcés là-dessus quand on a vu ce
qui s'était passé avec M. Boulet, par exemple, on a dénoncé le fait que, lorsqu'il
y a des... ce genre de démonstration là, violente en public, c'est quelque
chose que l'on condamne. Donc, on part de cette base-là. Pour le reste, là, je
ne sais pas les actions qui ont été prises, là... Peut-être que je ne comprends
pas le...
Journaliste
: Non, c'est
ça, je pense...
M. Boissonneault : ...oui.
Journaliste
: ...la
semaine dernière, on a vu passer une vidéo d'un ministre israélien, là, qui
maltraitait des militants de la flottille qui étaient blindés, des gens à Gaza.
M. Boissonneault : Excusez,
j'étais complètement ailleurs, là, je pensais à des manifestations que j'avais
vues.
Journaliste : ...peut-être.
Ça n'a pas été dénoncé par le gouvernement du Québec. Ça l'a été, d'une
certaine façon, par le gouvernement du Canada hier. Est-ce que... Il y a eu une
motion de QS là-dessus hier. Est-ce que, selon vous, le gouvernement devrait
s'exprimer là-dessus?
M. Boissonneault : Bien, je
vais prendre ça en réserve, Mme Porter, parce que je ne veux pas me
prononcer sur un dossier que je n'ai pas pris le temps de voir.
Journaliste : ...sur la
culture référendaire. On a vu hier, là, M. Boulet sortir puis dire qu'il
sera dans le camp du non, M. Lacombe qui sera dans le camp du oui.
Clairement, la campagne électorale va être référendaire, entre guillemets, là.
Est-ce que la position va devenir inconfortable?
M. Boissonneault : Bien,
évidemment. Moi, je me demande s'il n'y a pas des gens, à l'intérieur de la
CAQ, qui vont faire l'expérience de la dissonance cognitive, là. Parce que vous
avez vu ce qui s'est passé dans ce parti-là : La CAQ est devenue un Parti
libéral 2.0. Ils sont rouges comme Jean-Charest, là, quand on écoute
Christine Fréchette en période de questions. Hein, ça parle de référendum puis
les Québécois ne veulent pas de référendum. Donc, j'ai l'impression, pour des
gens comme, visiblement, M. Lacombe, qui est sorti, bien, il y a un
inconfort parce que la CAQ demeure un parti fédéraliste, d'autant qu'on a vu que
la troisième voie est un échec complet. Et nous, on salue le fait que les
langues se délient puis qu'il y ait des gens, finalement, qui ont peut-être
plus de difficulté à vivre ce changement-là, parce qu'on a un parti qui a
vraiment pris fait et cause pour la fédération, puis on le voit encore une fois
très bien avec la nouvelle première ministre de ce gouvernement
Legault-Charette... Fréchette, pardon.
Donc, je serai... je serai curieux de voir
ce qui... Ce sera intéressant de voir ce qui va se passer à partir de là, mais,
oui, j'ai l'impression qu'à partir de maintenant, là, il va y avoir
nécessairement des tensions, parce que tous les jours, au quotidien, ce qu'on a
démontré, c'est que la troisième voie ne fonctionne pas, avec la CAQ, mais
Christine Fréchette à la tête de ce parti-là, c'est le Parti libéral 2.0,
et elle n'a rien à envier à Jean-Charest en période de questions, là, on voit
très bien où on s'en va.
Journaliste : Mario Dumont a déjà
dit que la pire victoire référendaire, ce serait 50 % plus un. Êtes-vous
d'accord avec lui?
M. Boissonneault : Écoutez,
il peut avoir son opinion, son analyse de la situation. Moi, ce que je vous
dis, c'est que c'est la règle démocratique qui s'applique partout, 50 %
plus un.
Journaliste : Mais le pire résultat,
tu demeures gagnant, mais, en même temps, tu as tellement une faible majorité
que ça en devient inconfortable. C'est un peu ça, l'idée. Est-ce que vous êtes
d'accord avec ça?
M. Boissonneault : Moi, ce
que je considère, c'est qu'on veut rallier une majorité de personnes, puis,
évidemment, on veut que la majorité soit la plus importante possible. Ça, c'est
sûr, là. Nous, on se bat pour rassembler. Le Parti québécois, c'est un parti
rassembleur, on veut convaincre les gens que notre proposition est la bonne,
puis on est convaincus qu'elle est la bonne. Sauf que la règle qui s'applique,
c'est celle-là, c'est la même chose dans tous les pays démocratiques.
Et, si on parle de ça, parce qu'on en
parle évidemment avec la sortie de Mark Carney hier, moi, je trouve ça
inquiétant puis je trouve ça inacceptable. Mark Carney démontre encore une fois
toute la déconnexion avec le Québec. Ce qu'il est en train de démontrer, c'est
qu'il s'oppose à un consensus au Québec depuis des années, depuis le début,
depuis qu'on parle du statut du Québec puis de son avenir politique, et ça, ça
rallie les souverainistes et les fédéralistes, à savoir que l'autodétermination
du peuple québécois concerne les Québécois et que la règle qui s'applique,
c'est le 50 % plus un. On l'a mis dans une loi, la loi n° 99. On l'a
réitérée plusieurs fois en motion. Il y a une motion qu'on a adoptée à
l'unanimité à l'Assemblée nationale, il n'y a même pas deux semaines là-dessus,
pour parler de tout ce qui est... tout ce qui a trait au processus et de la
règle du 50 % plus un.
Donc, là, encore une fois, Mark Carney
fait non seulement la démonstration qu'il ne connaît pas le Québec, mais, en
plus, il démontre qu'il n'a pas d'argument pour défendre son projet, pour
défendre la fédération canadienne. Donc là, il dit : Je vais changer les
règles, je vais intervenir dans le processus parce qu'incapable de convaincre
que la fédération, c'est la bonne avenue pour le peuple québécois, bien, il va
commencer à dicter de cette façon-là au peuple québécois comment faire le
processus? Ça témoigne aussi du fait qu'il faut qu'on se sorte de cette
fédération-là parce qu'on a un gouvernement, visiblement, qui est encore aussi
centralisateur puis prédateur, à Ottawa.
Journaliste
: Parlant
de rassembler, là, est-ce que Mathieu Lacombe serait le bienvenu dans l'autobus
du oui du PQ?
M. Boissonneault : Ça, je
vais laisser ça aux instances qui s'occupent de nos processus de recrutement au
Parti québécois. Honnêtement, je ne veux pas me prononcer là-dessus maintenant.
Ce que je peux saluer, moi, c'est le fait...
Journaliste
: ...moi,
je ne parlais pas de recrutement, je parlais juste... est-ce que les
caquistes...
M. Boissonneault : Ah, de
l'autobus! OK.
Journaliste
: De
l'autobus, parce que vous avez déjà dit que vous ne vouliez pas de caquiste
dans le mouvement, à moins que ça ait changé.
M. Boissonneault : Bien,
l'autobus... Écoutez, l'autobus, non, tout le monde dans l'autobus pour le oui,
ça, absolument. On rassemble tout le monde, ça, c'est clair. Excusez, je pensais...
Journaliste
: Pour le
recrutement, vous avez déjà dit que vous ne vouliez pas de caquiste, à moins
que ça ait changé, là.
M. Boissonneault : Bien,
c'est ça. Ça, je vous dis que, pour le recrutement, là, je ne sais pas où on en
est puis je vais laisser aux partis, aux aux instances qui sont responsables de
ça le soin de se pencher là-dessus.
Journaliste
: Les taxes
de Mme Fréchette vont diminuer, on annonce une baisse de taxes. Si vous
prenez le pouvoir, est-ce que vous remontez ces taxes-là?
M. Boissonneault : Bon, ça,
c'est une... c'est une bonne question.
Journaliste
: Avez-vous
une bonne réponse?
M. Boissonneault : Oui, vous
allez voir. Écoutez, on a un gouvernement de la CAQ qui fait toujours ce que la
CAQ a toujours fait. À l'approche d'élections, c'était la même chose, en 2018,
après ça, c'est en 2022. Là, on dépense, on donne des bonbons électoraux, on
offre... on achète essentiellement le vote des électeurs avec leur propre
argent. Donc, ça, c'est inquiétant, d'autant qu'on a un déficit qui frôle les
10 milliards de dollars.
Donc là, si on pose la question au Parti
québécois : Qu'est-ce que vous allez faire? Est-ce que vous allez ramener
ces taxes-là? Nous, évidemment qu'on n'est pas contre l'idée de diminuer les
taxes ou de diminuer le fardeau fiscal, sauf que ça prive le gouvernement d'un
revenu. Cet été, il va y avoir un rapport qui sera présenté par la Vérificatrice
générale, qui va nous donner un portrait de l'état des finances québécoises. Et
c'est avec ce portrait-là qu'on va pouvoir analyser la situation, parce que là
on annonce des mesures comme ça, à la va-vite, qui coûtent, qui coûtent cher
aux Québécois. Évidemment, on parle d'un revenu de moins, ce n'est pas une
dépense, mais c'est un revenu de moins, alors qu'on a un déficit important.
Donc, il va falloir qu'on fasse nos devoirs, puis c'est ce que la CAQ ne fait
pas, ça a toujours été le cas.
Journaliste
: Vous ne
le savez pas, la réponse, c'est que vous ne le savez pas.
M. Boissonneault : On n'a pas
le portrait pour pouvoir se pencher de façon sérieuse et rigoureuse sur cette
question-là...
Journaliste
: Mais vous
allez offrir une réponse avant la campagne...
M. Boissonneault : ...la Vérificatrice
générale va faire ce portrait-là, et nous, avec ça, on va pouvoir... on va
pouvoir décider de voir ce qu'on va faire.
Journaliste
: Avant la
campagne...
M. Boissonneault : Pardon?
Journaliste
: Avant la
campagne électorale.
M. Boissonneault : Bien oui,
avant la campagne, parce que c'est là, l'enjeu. La CAQ, en ce moment, est en
train de distribuer des bonbons, on distribue l'argent des contribuables.
Écoutez, quand le ministre, qui est responsable d'un des déficits les plus
importants de l'histoire du Québec dit que vous exagérez, il y a un problème.
On a passé la somme de 250 millions qui était réservée à la personne qui
allait gagner la course à la direction de la CAQ. On l'a déjà dépensé, je pense
qu'on est rendu à 80 millions de plus en quelques semaines.
Journaliste
: ...c'est
toujours difficile pour un gouvernement de remettre une taxe qui a été enlevée
il y a six mois.
M. Boissonneault : Bien, c'est
pour ça qu'on veut faire les choses sérieusement aussi. Parce qu'évidemment,
sur l'idée d'enlever des taxes, on n'est pas contre ce principe-là, on n'est
pas contre l'idée de donner de l'oxygène aux Québécois et aux Québécoises,
mais, en même temps, il faut considérer le déficit qu'on a qui est important.
Il faut considérer l'impact que ça va avoir sur les finances. Le gouvernement
fait ces annonces-là à la va-vite, on a appris ça cette semaine. Donc, on va
faire nos devoirs, on va faire ça sérieusement. Quand on aura le rapport de la
VG cet été, bien, on pourra se pencher sur la question.
Journaliste
: Mais je
comprends que vous attendez le rapport de la VG, là, mais on peut aussi déduire
que le gouvernement, tu sais, déjà, on a un déficit extraordinaire. Hier, M.
Girard, de son propre aveu, a dit qu'on n'avait pas les moyens, en ce moment,
d'améliorer l'état des routes parce qu'il y a d'autres priorités. Alors, est-ce
qu'on a les moyens de... au Québec, d'offrir aux gens ce type de baisse de
taxe?
M. Boissonneault : Nous, on
veut des politiques qui défendent le bien commun. Donc là, quand on parle des
moyens qu'on a, quand on a un déficit de 10 milliards de dollars puis
qu'il y a des endroits où il y a des dépenses qui sont nécessaires, quand on
parle des infrastructures, par exemple, il y a des choix que ce gouvernement-là
est en train de faire. Ils ont un portrait que nous, on n'a pas, puis
visiblement ils font des annonces à la va-vite, ce que nous, on déplore. Et
c'est clairement dans une perspective électoraliste, donc, c'est ça qu'on
dénonce. Nous, il nous faut un portrait beaucoup plus clair pour précisément...
Parce qu'effectivement, quand on ramène une taxe, une fois qu'on l'a enlevée,
là, bien, il y a des questions qui doivent se poser.
Mais non seulement l'effet de ce qui a été
annoncé par Christine Fréchette est quand même, pour le portefeuille des
Québécois, somme toute, mineur, marginal, mais il y a un effet aussi sur la
perte de revenus pour l'État québécois, qui aura peut-être des conséquences
aussi. Donc, il faut quand même qu'on prenne ça en considération.
Journaliste
: Vous voulez
baisser les impôts des entreprises, pourquoi, ça, c'est correct, mais pas les
citoyens?
M. Boissonneault : Mais ce
qu'on a dit par rapport à ça, c'est qu'on veut une réduction historique du
fardeau fiscal des entreprises, mais, en même temps, nous, ce qu'on ne veut pas
faire, c'est un bar ouvert comme la CAQ l'a fait en subvention. Donc, il va y
avoir, à un moment donné, un choix qu'on va devoir faire où on va dire :
Bien, pour ce qui est des subventions, il va y en avoir moins, pour... et on va
mieux accompagner nos PME quand on va utiliser ce moyen-là. Mais surtout, ce
qu'on veut, c'est que l'argent reste dans les poches des PME au Québec. Donc,
il y a aussi ce choix-là à faire, puis on y a réfléchi à cette mesure-là, alors
que là on fait des annonces à la va-vite.
Journaliste
: Rapidement,
là. Le Commissaire au lobbyisme, hier, a déposé un rapport dans lequel il a
carrément écrit une loi, en disant aux parlementaires : Adoptez ça, parce
que la loi actuelle est pleine de trous, il y a des risques de scandale.
Qu'est-ce que vous faites avec ça?
M. Boissonneault : On a, au
Parti québécois, évidemment, un préjugé favorable pour plus de transparence.
Moi, je n'ai pas vu la proposition du Commissaire au lobbyisme, mais ce que je
peux vous dire, c'est qu'on a présenté une motion le 19 février 2026. Dans
cette motion-là, ce qu'on disait... c'est qu'on demandait au gouvernement de
légiférer pour réformer la Loi sur la transparence et l'éthique en matière de
lobbyisme, notamment pour combler ses lacunes en éliminant le seuil minimal
d'activité pour les lobbyistes d'entreprises. Donc, c'est quelque chose qui
nous préoccupe déjà au Parti québécois. Mais, pour la proposition du
Commissaire au lobbyisme comme telle, je vais prendre le temps de l'examiner,
mais, définitivement, au Parti québécois, on est favorables à ce qu'il y ait
plus de transparence.
Le Modérateur
: On va
passer en anglais.
Journaliste
: On the FMOQ, the fact that
they are starting the press conference as we speak, saying that they achieved
their objective of 500,000 patients, a month earlier than July, I think,
it was 1st of July. How do you react? Shall citizens take that for granted that
the objective has been achieved?
M. Arseneau :
I'm sorry?
Journaliste :
Do you think that citizens should take
that for granted that the objective has been achieved?
M. Arseneau :
What is... The question is : What
is the population's objective? Not the FMOQ. The FMOQ's objective is to get the
75 million dollars promised by the government. The government is... objective
is... we want a number. We want people on lists. What does the population want?
Being taken care of and having access to a doctor. And this has yet to be
proven that the measure that they put forward will give citizens better access
to a doctor. That's when we're going to be able to measure whether or not this
deal that was made with the FMOQ will work out for Quebeckers, for their health
and for... you know...
Journaliste :
...organization independent to
double... before the bonus is given to... is distributed to GPs?
M. Arseneau :
What I'm saying... Yes, my... my fear
is that they had a blitz on sending letters and telling people that they were
now on the list. And we know that there were flaws in... in these lists,
whereas some people were dead, some people were already taken care of in an
institution such as CHSLD along... So...
Journaliste :
Which is weird.
M. Arseneau : Which is concerning. And what the government said to this
revelation by some media was, well, we're no longer going to check who's on
these lists because, you know, it's too heavy, it's too long, and too hard
to... to, you know, check out whether or not it's valid. So, the question
is : Is it valid? And who's to say whether or not they chose the right
people who really needed to be taken care of and especially vulnerable
patients? They said 180 000 vulnerable patients would be taken care of, and
the Collège des médecins said
the method they used is ethically questioning... questionable, because doctors
tend to take less vulnerable people because they pay more than the people who
really need to have access to "prise en charge", but on... with a
doctor rather than collectively speaking. So, there's a lot to be, you know,
verified or to be checked to see whether or not this brings us further than we
were a year ago. I'm not saying whether or not they reach their objectives has
absolutely no meaning. The question is : Are Quebeckers getting better
access and more services for their 75 million dollars? The question remains.
Journaliste :
And Bill 99.
M.
Boissonneault :
Yes.
Journaliste :
How do you explain that Québec's law is
not in the vocabulary at Parliament Hill... on... well, I mean, the Carney
government?
M.
Boissonneault :
I think it's totally unacceptable. And it shows, again, the
disconnection between Mark Carney and the Québec people. There's a consensus
here that is very clear. It's been expressed in the Bill 99 that has been
adopted at the beginning of the year 2000 and has been expressed in a motion
couple days ago, 12th of May, if I remember well. Here, we understand the fact,
first, that the status of Québec is a responsibility of Quebeckers. It's a
matter for Quebeckers only. And second, 50% plus one is the legitimate
democratic rule that has been applied before and the other referendum that we
had in Québec and everywhere in the world, in Scotland, and even in
Newfoundland when it joined the federation at the beginning... referendum with
50 plus one... 50% plus one. So, Mr. Carney right now is going against a
consensus in Québec that unites federalists and sovereigntists on these
matters.
Journaliste :
...which CAQ members would vote yes or
no in a referendum?
M.
Boissonneault :
I think it's relevant because, well, first, when it's going to be
the moment to pronounce ourselves on that matter, everybody is welcome to join
the... the camp, the "oui" camp. I don't know if we say that in
English. Yes camp? Yes camp. But it's important as well, because there's been a
change at the CAQ right now. And I think it's fascinating to see that some
people a20141nd I think it's going to
be more clear in the days to come. They're going to have a hard time to deal
with their conscience at this moment in the party, in the CAQ, when we... when
we know that some people probably have opinions that don't go in the sense that
Christine Fréchette has been... has been leading her party recently. You've
seen her in the question period, she talks like Jean Charest, basically, she
talks like with the Liberal Party 2.0. And now, we see that there are some
people that are going to have trouble with their conscience in that coalition
if they think that Québec should lead its own destiny, because, right now, we
have a red party that is expressing itself like so, we had a minister who said
that he would be in the No camp. And, obviously, for some people at the CAQ. I
would encourage you to ask them the question. It's going to be harder to deal
with. And it shows something about that party and the divisions inside of that
party.
Journaliste :
Does the Premier need to come out and
say whether or not she would vote yes or no?
M.
Boissonneault :
Would she have to do so? I would be interested to know. But you know
what? I know already what the answer... because when I hear her talk, it's
clear that this party, right now, is a federalist party. The CAQ has shown, at
eight years of... the third way is a total failure. And now, she's assuming,
even more than it was the case before, that the CAQ is basically a Liberal
Party 2.0. So, she's been expressing herself like this during the question
period, it's very clear, and there are some people in that party, ministers or
not, that probably going to have to deal with their conscience in the days to
come.
M. Arseneau :
Can I just add to it? Because it's a
very interesting question: Should she or not? We've asked the question to
Premier Legault time and time again, and he's always said, well, Quebeckers
don't want, you know, a consultation, they don't want a referendum, but it was
always kind of implied that, if there was a time where you had to choose, he
would choose Québec
sovereignty. That's what we kind of understood from his point of view. And now,
when you look at Fréchette, we think exactly the opposite. She seems very, very
comfortable with the status quo. Mr. Legault wanted some gain within Canada
because he thought independence wasn't in the making for the years to come.
We're going to prove him wrong. But that's what our goal is.
But when it comes to
Premier Fréchette, she seems to assume fully the idea that things won't change,
things shouldn't change, and when it comes to trying to reclaim some of the
powers from the federal government, it's a blank sheet right now. She's not
even able to repeat the 21 demands that Mr. Legault had. So that's why
when Alex says it's really the Liberal Party 2.0, it's... it's telling. Ms.
Fréchette... or Premier Fréchette is provoking, probably, questioning
throughout the coalition, and even her caucus, when she's so much into the
status quo when it comes to the regime.
Journaliste
: But she has to work with...
M. Arseneau : Yes, but, you know, that's one of the questions I have, is: Was she
ever, you know, a very militant independentist? I don't... I have no idea. I
can only judge from what I see right now. And she's really, you know,
reincarnating the Charest Government, you know, way of, you know, governing is
that within Canada, Québec will stay, and, no matter what, this is where I'm...
I'm going. So, it's telling.
(Fin à 9 h 13)