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(Quatorze heures trente-quatre minutes)
Le Modérateur : Alors,
bonjour, bienvenue à cette conférence de presse sur l'annonce du nouveau
Scientifique en chef du Québec. S'adresseront à vous aujourd'hui Bernard
Drainville, ministre de l'Économie... Daniel Bernard, pardon, ministre délégué
à l'Économie, et Jérôme Dupras, nouveau scientifique en chef du Québec.
M. Drainville, je vous laisse la parole.
M. Drainville : Merci
beaucoup, tout le monde, merci pour votre présence. Alors, vous aurez reconnu à
mes côtés un visage familier. Et ce n'est pas juste celui de Daniel Bernard. Je
suis venu vous présenter le nouveau Scientifique en chef du Québec, M. Jérôme
Dupras.
On le sait tous, la science joue un rôle
essentiel dans le développement et l'avancement du Québec. La science, elle
éclaire nos décisions, elle nourrit notre capacité d'innovation et elle
contribue à bâtir un Québec plus fort, plus résilient, un Québec tourné vers l'avenir
qui se bâtit en pensant à la jeunesse et aux prochaines générations.
On veut favoriser l'émergence de solutions
qui vont répondre aux grands défis de notre société, et la science peut nous
aider dans cette tâche. Le Scientifique en chef joue un rôle stratégique et
central dans le développement et le rayonnement de notre écosystème de
recherche. Il est le président-directeur général du Fonds de recherche du
Québec, un fonds de plusieurs centaines de millions de dollars, il conseille
les membres du gouvernement en matière de développement de la recherche et de
la science. C'est aussi un acteur de premier plan de notre diplomatie
scientifique sur les plans local, régional, national et international.
Avec Jérôme Dupras, nous accueillons...
nous accueillons, dis-je bien, un scientifique en chef capable de rapprocher
encore davantage la recherche de l'action gouvernementale, mais aussi des
Québécois. Chercheur reconnu ici comme à l'international en économie
écologique, notamment pour son implication au sein d'une chaire UNESCO, Jérôme
Dupras mettra son expertise au service du Québec pour renforcer les liens entre
la science, l'innovation et la prise de décisions publiques. Il est titulaire d'un
doctorat en géographie de l'Université de Montréal, d'un postdoctorat en
biologie de l'Université McGill. Jérôme Dupras possède un parcours absolument
remarquable. Je vous invite d'ailleurs à le consulter. Il est professeur, il
est chercheur, il est entrepreneur. C'est aussi un communicateur scientifique
qui s'est distingué par sa capacité à mobiliser. Ses connaissances, sa vision
et ses grandes qualités de vulgarisateur seront des atouts précieux pour
rapprocher encore davantage la science de nos décisions collectives. Sa
nomination, et j'en suis très fier, et nous en sommes très fiers, est une
excellente nouvelle pour l'avenir de la recherche au Québec et pour notre
esprit d'innovation. Je suis convaincu que Jérôme saura remplir ce mandat avec
rigueur, engagement et ambition.
J'en profite en terminant pour saluer le
travail remarquable de Rémi Quirion, ici présent. Depuis 2011, Rémi Quirion...
J'ai tendance à l'appeler par son prénom, ce n'est pas pour manquer de respect.
Depuis 2011, Rémi Quirion a contribué de façon exceptionnelle à renforcer la
place de la science dans nos institutions et à faire connaître l'expertise
québécoise bien au-delà de nos frontières. M. Quirion est, aura été un grand
serviteur de l'État québécois et de la science. Nous lui devons notre profonde
reconnaissance pour sa contribution au bien commun pendant toutes ces années.
Je veux maintenant céder la parole à mon
collègue, Daniel Bernard, qui m'accompagne dans ses fonctions, donc, à l'Économie.
Daniel, à toi la parole.
M. Bernard : Merci. Merci,
Bernard. Bonjour, Jérôme. Bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, là, je suis
vraiment privilégié d'être ici avec vous tous pour présenter Jérôme.
Bernard a mentionné le parcours
remarquable que Jérôme a eu. Quand on l'a rencontré ensemble, entre autres, un
des volets que j'ai vraiment appréciés, c'est sa capacité de communication. Il
va probablement vous en parler, je vole un petit peu son punch, mais quand...
quand tu as quelqu'un comme lui, qui allie deux sciences... la science, mais
aussi la musique. On a vu souvent dans la vie que... de... beaucoup de grands
scientifiques qui sont aussi des musiciens. Puis ça, c'est un... un volet...
Puis moi, pour ceux... Je vous lance une petite anecdote. Moi, je dis que,
Jérôme, ça va être notre Brian May du Québec. Ceux qui connaissent Brian May,
c'est le guitariste de Queen qui détient un doctorat en astrophysique puis qui
a continué des recherches. Alors, Jérôme, tu rentres dans un cercle, au niveau
international, qu'on sait qui va faire avancer les choses.
L'autre volet que j'ai beaucoup aimé de...
de Jérôme aussi, il a eu un volet entrepreneurial. Et ça, dans le contexte, il
a eu sa firme qui a fait de la consultation puis, ça, dans toute l'échelle
qu'on veut avoir au niveau de la science au Québec, on veut aussi faire avancer
notre entrepreneurship, développer de la science... puis qui est un rôle à lui
avec le Fonds... recherche Québec, amener... puis faire de l'innovation de la
recherche fondamentale, puis on veut l'amener jusqu'au final à développer des
nouvelles entreprises et autres. Donc, en connaissant le volet entrepreneurial
aussi, dans tout son cheminement et vers où probablement il va amener la
prochaine stratégie, bien, moi, je suis en confiance. Je suis en confiance pour
le Québec, pour le futur. Puis à ce... puis le prochain rôle, les prochains
cinq ans... Et qui sait, peut-être comme M. Quirion, peut-être qu'il va
faire 15 ans. On verra qu'est-ce qu'il va arriver. Alors, on est en
vraiment... en bonne posture, puis c'est un choix qui est... qui, convaincu, va
faire un consensus dans la population du Québec au niveau des scientifiques.
Puis je termine, Rémi aussi, en te
remerciant pour tout ce que tu as fait pour l'avancement du Québec. Ceux qui ne
le savent pas, j'ai un petit volet scientifique tout de même puis j'ai été
moi-même apte à regarder tout le travail, qu'est-ce que le... le Scientifique
en chef a fait au cours des dernières années. Et c'est pour ça que je suis
convaincu du travail de Jérôme au cours des prochaines années. Un excellent
choix puis, à être assis ici à côté de Bernard et Jérôme, c'est vraiment une
grande fierté pour moi, pour ce moment-là qui va marquer les prochaines années
au Québec.
Une voix : Merci.
M. Drainville : À vous
la parole. Jérôme Dupras.
M. Dupras (Jérôme) : Bonjour,
tout le monde! D'emblée, je tiens à vous dire qu'il s'agit pour moi d'un...
d'un grand honneur d'être nommé aujourd'hui Scientifique en chef du Québec. Ce
sera un privilège de pouvoir agir à titre de conseiller scientifique pour le
gouvernement et de diriger l'un des fleurons de notre société, le Fonds de recherche
du Québec. Je tiens à remercier la première ministre Christine Fréchette, ainsi
que les ministres Bernard Drainville et Daniel Bernard pour leur confiance. Un
merci très, très sincère. Et c'est aussi avec beaucoup d'humilité que je
succède à un grand bâtisseur, M. Rémi Quirion, qui a occupé ce poste au
cours des 15 dernières années. Je tiens à remercier M. Quirion
d'avoir défini cette fonction et de l'avoir assumée avec autant d'audace et de
détermination pendant ces années. Merci, Rémi.
Mes motivations premières à cet engagement
sont de promouvoir la science dans toutes les sphères de notre société et de
pouvoir contribuer à en maximiser les retombées, qu'elles soient sociales,
économiques ou environnementales. Des défis importants sont devant nous pour
les prochaines années, du financement de la recherche à la défense de
l'intégrité de la science, jusqu'au développement de notre économie du savoir.
Parmi ces chantiers, une, sinon la priorité la plus chère à mon cœur, c'est la
jeunesse. Je souhaite que notre société puisse donner des ailes aux plus de
500 000 étudiants et étudiantes dans les cégeps et les universités du
Québec afin que leurs idées et leur créativité sculptent le Québec de demain.
J'ai passé les 20 dernières années à me dédier à la recherche, à
l'innovation, à l'entrepreneuriat scientifique, dans le développement de
nombreux partenariats avec la société civile, créer des ponts entre la science
et différents partenaires, autant au Québec qu'à travers le monde. Et, pour
moi, c'est un privilège que ce bagage d'expériences que je compte puisse être
mis au service du gouvernement du Québec afin que la science soit au cœur de
l'avenir du Québec. Merci beaucoup.
Le Modérateur : Merci à vous
trois. On va passer à la période des questions, en commençant avec Charles
Lecavalier, La Presse.
Journaliste
: Bonjour à
vous trois. À quel point vous êtes indépendant dans votre rôle par rapport au
gouvernement? Est-ce que vous pouvez vous permettre, par exemple, de critiquer
des décisions gouvernementales qui ne respectent pas la science?
M. Dupras (Jérôme) : C'est
un... un poste neutre, c'est-à-dire qu'on va ici générer des avis pour la prise
de décisions publiques. C'est un... c'est un poste névralgique dans le sens où
on vient vraiment chercher l'ensemble de l'écosystème scientifique pour tout
type d'avis, être au service du bureau de la première ministre mais aussi de
l'ensemble des ministères pour aller chercher la meilleure intelligence, le
meilleur savoir, les meilleures compétences et offrir des scénarios. Donc, ce
n'est pas souvent une seule réponse, mais ce sont des incertitudes, des
connaissances. C'est de pouvoir vraiment nourrir, d'être un aide à la décision
publique.
Journaliste : Mais, tu sais,
si je vous pose une question hypothétique, là, par exemple, est-ce que vous
êtes à l'aise avec la décision de repousser l'atteinte de cibles climatiques
comme le... même si la science dit que ce n'est peut-être pas une bonne idée,
est-ce que c'est le genre de position que vous pouvez prendre?
M. Dupras (Jérôme) : Bien,
moi, j'ai le... je ne dirais pas le poste facile, mais les décisions reviennent
au ministre, reviennent au décideur. Alors, le rôle, c'est de pouvoir offrir la
meilleure science, sachant qu'ensuite il y a des arbitrages à faire, des
arbitrages qui appartiennent aux politiques. Et ici, ce sera de pouvoir se
saisir des meilleures connaissances possibles pour offrir un indicateur
supplémentaire dans le processus de décision. Évidemment, j'ai pris des
positions dans le passé sur une panoplie de sujets, à titre individuel,
d'artistes, de scientifiques. Je ne change pas mes valeurs, mes principes, mais
la fonction change. C'est une fonction qui est maintenant neutre, qui est au
service du gouvernement et c'est un rôle, c'est un rôle d'amener les meilleures
connaissances pour servir les prises de décision.
Journaliste : M. Drainville,
on sait que vous êtes un fan quand même, là. À quel point la...
M. Drainville : À quel point
je suis objectif?
Journaliste
: ...à quel
point la notoriété du nouveau Scientifique en chef a pesé, disons, dans son
dossier quand vous avez fait sa sélection?
M. Drainville : Bien, je dois
vous dire, d'abord, le Scientifique en chef est nommé au terme d'un processus
qui est extrêmement rigoureux. Il y avait un comité de sélection de cinq
personnes, je ne sais pas si c'est sorti publiquement, mais si ce ne l'est pas,
ça va l'être dans un instant, là. Yoshua Bengio faisait partie du comité de
sélection, le recteur de l'UQTR, M. Christian Blanchette, M. Daniel
Coderre, qui est président du conseil d'administration du Fonds de recherche du
Québec, M. Richard Masse, sous-ministre adjoint au ministère de
l'Économie, et Mme Madison Rilling, je pense, je le prononce comme il
faut, qui est le DG d'Optonique. Et donc on a reçu une recommandation très
favorable. Donc, ça, c'est le premier critère.
Est-ce que le comité de sélection, qui a
regardé les différentes candidatures, qui a reçu les candidats en entrevue...
quelle a été leur opinion, leur avis? Donc, le premier critère de décision de
Daniel et moi, c'était celui-là. Évidemment, on a une certaine autonomie dans
la décision, ne nous le cachons pas de le dire, parce qu'on nous fait... on
nous recommande trois candidatures, puis le gouvernement peut décider, les deux
ministres, en l'occurrence, auraient pu recommander une autre des trois
personnes qui avaient été recommandées par le comité. Il n'y en a jamais été
question, parce que quand on regarde le parcours de Jérôme Dupras, quand on
regarde la force avec laquelle il a été recommandé par le comité de sélection,
ça devient un choix incontournable.
Mais je ne vais pas me défiler. Je vous
dirais, la capacité de vulgariser la science, de parler aux jeunes, de la
rendre accessible aux enfants dans les écoles, aux adolescents, jeunes adultes
dans les cégeps et les universités, oui, ça a compté dans ma décision de le
recommander au Conseil des ministres, parce que je pense que Jérôme peut avoir
un impact très positif auprès de la jeunesse pour valoriser la science et
susciter des vocations scientifiques. Et donc je dirais que c'est un... c'est
une force supplémentaire à toutes celles qui avaient déjà été identifiées au
cours du processus, notamment par le comité de sélection.
Le Modérateur : Merci. On va
passer à Juliette Nadeau-Besse, Le Soleil.
Journaliste : Bonjour,
M. Dupras. Vous vous qualifiez d'environnementaliste. C'est votre domaine
d'expertise. Qu'est-ce que vous pensez des décisions qui ont été prises ou qui
sont prises par le gouvernement en matière d'environnement pour le Québec?
M. Dupras (Jérôme) : Comme je
le disais, j'ai pris des positions dans le passé, toujours basées sur la
science. Pour moi, c'est un privilège de pouvoir maintenant être au sein du
gouvernement. Je le disais, mes valeurs, mes principes ne changent pas. Ce qui
est très, très important dans le monde scientifique, c'est la collaboration,
c'est de pouvoir dialoguer, c'est de pouvoir informer. Alors, c'est cette
science-là qui regarde les grands chantiers qui sont devant nous, hein, le
Fonds de recherche du Québec a identifié les changements climatiques comme une
priorité. Il y a aussi le vieillissement de la population, il y a
l'intelligence artificielle, il y a l'entrepreneuriat, il y a l'économie. Le
spectre est très, très large pour... pour prendre nos meilleures connaissances,
les meilleures visions et d'alimenter la décision politique. Donc, moi, je suis
très, très à l'aise dans ce... ce rôle-là pour créer un canal de collaboration
et pouvoir informer le mieux possible les... les décisions politiques.
Journaliste : Mais est-ce que
vous trouvez que les décisions prises par le gouvernement sont appuyées sur la
science en matière d'environnement?
M. Dupras (Jérôme) : Ce n'est
pas... ce n'est pas mon rôle. Comme je vous disais, le poste difficile, c'est
celui de mes collègues de faire les arbitrages. Puis on est dans un monde
changeant, une grande géopolitique, beaucoup de pression. C'est les décideurs
qui ont à jongler avec toutes ces balles-là. Mon rôle, autant en prenant
position qu'en amenant la science, c'est de pouvoir dire : Voici quels
sont ces indicateurs-là, voici quelles sont les métriques d'incertitude, voici
qu'est-ce que le Québec pourrait, devrait faire. Et ensuite, bien, c'est de
donner les meilleurs outils à ceux qui choisiront la destinée du Québec.
Journaliste : Puis, en
terminant, j'aimerais vous entendre, comme M. Drainville, parler du fait
que c'est une force d'avoir l'expérience, bon, musicale plus personnalité
publique, est-ce que vous, vous croyez que c'est un bagage qui va vous aider
dans le rôle de scientifique en chef?
M. Dupras (Jérôme) : Bien, je
crois que oui. Mon parcours scientifique n'est pas connu de tout le monde, du
grand public, alors c'est... je pense, c'est une nouvelle... une nouvelle porte
d'entrée. C'est une façon de susciter la conversation, de parler... de parler
de science, aussi de parler de la diversité des parcours. Donc, il n'y a pas un
seul chemin pour faire une carrière en recherche. Je pense notamment aux
étudiants athlètes, à tous ceux qui nourrissent d'autres passions, qui veulent
revenir vers la science plus tard dans leur vie. Tout ça est absolument
possible. Puis je pense que c'est... c'est une façon de l'illustrer aussi qu'on
peut conjuguer des... des passions, des carrières et de se réaliser par la
science.
Le Modérateur
: Merci.
Marie-Josée Paquette-Comeau, Radio-Canada.
Journaliste : Oui. Bonjour.
Bonjour à tous. M. Dupras, vous dites que vous avez encore vos principes.
Votre groupe Les Cowboys Fringants était très, très virulent et très critique
envers le gouvernement du Québec, peu importe le gouvernement à travers le
temps. Vous avez écrit des chansons sur la fin du monde, Plus rien,
parce que les décideurs ne prenaient pas à bras le corps la question de
l'environnement. Qu'est-ce que vous... qu'est-ce que vous diriez aujourd'hui au
Jérôme Dupras de 2004, 2005, 2008 et à Jérôme Dupras d'aujourd'hui? Parce que
là vous êtes dans la machine. Et si on regarde les paroles de Cowboys
Fringants, vous êtes du côté des méchants, là.
M. Dupras (Jérôme) : Je vous
dirais que le dénominateur commun de tout ça, c'est... c'est l'amour du Québec.
Alors, on peut... on peut le critiquer, on peut l'aimer, on peut vouloir le
déployer de toutes les façons. Donc, on a absolument besoin des artistes, on a
besoin d'objecteurs de conscience, on a besoin de ce très large spectre des
parties prenantes de la société pour être capable d'avancer collectivement. On
a besoin de la science, on a besoin des fonds de recherche du Québec, du Bureau
du scientifique en chef. On a besoin d'une collaboration avec le politique.
Puis c'est... c'est un peu cet... cet ensemble-là qui fait qu'on va pouvoir
avancer ensemble en respectant la diversité des paroles.
Journaliste : Êtes-vous
inquiet aujourd'hui? Parce qu'il y a quand même Steven Guilbeault qui a
démissionné de son poste, qui quitte la politique, justement, parce qu'on est
dans des reculs en terme environnemental, êtes-vous inquiet d'où le Québec, le
Canada s'en va en matière de changements climatiques, en matière
d'environnement en général?
M. Dupras (Jérôme) : Bien, je
le disais, il y a des grands chantiers de société. Les changements climatiques,
c'en est un, ça ne disparaîtra pas. On est les pieds dedans. Il faut... il faut
regarder nos capacités de lutte et d'adaptation aux changements climatiques. Il
y a matière à être inquiet pour plein de raisons, mais il y a matière aussi à
être optimiste, parce qu'en matière de recherche le Québec a des pôles
d'excellence. On parle d'intelligence artificielle, de sciences de la vie,
d'aéronautique, les sciences de l'environnement, notre connaissance de
l'Arctique. Nous sommes des champions du monde. Donc, il y a des... il y a des
solutions qui peuvent naître ici. Et puis on parlait, avec M. Bernard
aussi, de... de stimuler toute la chaîne de valeur de la science, de faire de
la recherche fondamentale, qu'il devienne appliqué, qu'il devienne de
l'innovation, qu'il devienne la commercialisation de ces solutions-là. Donc,
dans ces crises-là, qui... où on doit les reconnaître, on doit les affronter,
mais je pense qu'on a des bons outils au Québec grâce à nos... notre force
scientifique.
Journaliste : Vous étiez
membre du comité consultatif du gouvernement en matière d'environnement et de
changement climatique, si je ne me trompe pas. Est-ce que vous allez rester
membre? J'imagine que non.
M. Dupras (Jérôme) : En fait,
c'est un comité qui relève du scientifique en chef, alors je serai impliqué.
Journaliste : ...vous êtes
membre.
M. Dupras (Jérôme) : Impliqué
indirectement, oui.
Journaliste : Donc, vous
l'avez... vous avez quand même vu l'effet de... Parce que M. Webster est
allé se présenter en commission pour la cible au... sur la cible de
changement... voyons, de cible, là, des GES. Il a dit que ce n'était pas une
bonne idée. Votre... Donc, votre comité a déjà dit au gouvernement qu'il allait
à l'encontre de ses propositions. Qu'est-ce qu'on fait, une fois qu'on a
recommandé et qu'on ne suit pas les recommandations, en tant que Scientifique
en chef?
M. Dupras (Jérôme) : Bien, il
y a des avis qui sont donnés, puis ensuite, la décision, eh bien, elle est
politique. Dans les quelques années où le comité a été existant, là, il a fait
plusieurs avis avec plusieurs recommandations. Certaines ont été adoptées par
le gouvernement du Québec, certaines ont été réfléchies, ont influencé. Donc,
c'est... quand je parlais du canal de conversation, le dialogue, c'est ça qui
est important. Ce n'est pas de donner une réponse toute faite qui doit être appliquée.
C'est un canal de conversation. Puis, au-delà des avis, il y a d'autres façons
aussi d'avoir une forme d'influence. Je pense notamment à la formation sur les
changements climatiques qui a été suivie par l'ensemble de la députation du
Québec. Donc, ça aussi, c'est de... c'est de... pas d'avoir des avis noir sur
blanc, mais c'est de créer ce canal-là, de pouvoir en discuter, puis de voir,
saisir les opportunités où il y aura de l'espace pour agir par la suite.
Journaliste : Merci.
Le Modérateur : Merci. Je
vais me permettre quelques questions, puis vous pourrez regarder devant vous.
Peut-être pour M. Drainville d'abord. On parle depuis le début de la conférence
de presse des valeurs qui animent M. Dupras, des prises de position aussi qui...
qu'il a prises dans le passé, qu'il a démontrées dans le passé. Qu'est-ce que
vous en pensez, vous, de ces prises de position là? Est-ce que... Vous avez été
ministre de l'Environnement, est-ce que vous avez été dérangé dans le passé par
ce genre de prises de position là?
M. Drainville : Dérangé? Non,
pas dérangé. On prend... On prend acte des diverses positions qui nous sont
soumises. On écoute, on mesure, on analyse. Puis, à un moment donné, bien, il
faut prendre une décision. Moi, j'irais à l'essentiel. Je vous dirais que
j'ai... j'ai confiance au sens de l'État de Jérôme Dupras. C'est... C'est... Si
je devais résumer en quelques mots mon état d'esprit, j'ai confiance en son
sens de l'État.
Le Modérateur : Merci. Pour
revenir à vous, M. Dupras, bon, vous arrivez tout juste dans ces fonctions-ci.
J'imagine que vous avez quand même eu l'occasion de vous entretenir avec M.
Quirion. Quels sont les premiers gestes que vous comptez poser comme
Scientifique en chef du Québec?
M. Dupras (Jérôme) : Bien,
d'abord, je l'ai dit, c'est un poste que je prends avec beaucoup d'humilité et
de modestie, parce que la maison a été bâtie par M. Quirion, par l'ensemble de
toutes les parties prenantes des fonds de recherche du Québec, du Bureau du
scientifique en chef. Alors, mon premier réflexe, c'est celui de l'écoute, de
pouvoir parler à l'ensemble des équipes. Évidemment, il y a beaucoup de
documents qui sont publics, une planification stratégique, un renouvellement de
la Stratégie québécoise de la recherche et d'investissement en innovation, qui
sont des beaux et grands et stimulants chantiers devant nous. Donc, pour moi,
il y a une... il y a un apprentissage à faire, il y a une écoute, il y a
laisser les excellentes équipes qui sont là, parce que ça fait... bientôt deux
décennies que je travaille avec les fonds de recherche du Québec, je connais
les équipes, les programmes, puis c'est un fleuron de notre société. Donc,
c'est de voir quelles sont les idées à l'interne puis de pouvoir, moi aussi,
donner mon... mon petit grain de sel pour les propulser.
Le Modérateur : Très bien.
Merci. Je pense qu'il nous restait trois minutes. Donc...
Journaliste : Est-ce que vous
avez été approché ou vous avez soumis votre candidature de façon spontanée?
M. Dupras (Jérôme) : J'ai
soumis de façon spontanée.
Le Modérateur : D'ailleurs,
est-ce que... On peut-tu avoir une idée du nombre de candidatures qui ont été
reçues par le gouvernement? Est-ce que vous... C'est des chiffres que vous
avez?
M. Drainville : Plusieurs.
Non, je... je ne peux pas aller plus loin que ça, mais plusieurs.
Le Modérateur : Très bien.
Merci.
M. Drainville : C'est bon?
Le Modérateur : C'est ce qui
met fin à cette conférence de presse.
M. Drainville : Merci
beaucoup, tout le monde, merci.
M. Dupras (Jérôme) : Merci.
(Fin à 14 h 58)