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Conférence de presse de M. Bernard Drainville, ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, et M. Daniel Bernard, ministre délégué à l’Économie et aux Petites et Moyennes Entreprises

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le mercredi 27 mai 2026, 14 h 30

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Quatorze heures trente-quatre minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour, bienvenue à cette conférence de presse sur l'annonce du nouveau Scientifique en chef du Québec. S'adresseront à vous aujourd'hui Bernard Drainville, ministre de l'Économie... Daniel Bernard, pardon, ministre délégué à l'Économie, et Jérôme Dupras, nouveau scientifique en chef du Québec.

M. Drainville, je vous laisse la parole.

M. Drainville : Merci beaucoup, tout le monde, merci pour votre présence. Alors, vous aurez reconnu à mes côtés un visage familier. Et ce n'est pas juste celui de Daniel Bernard. Je suis venu vous présenter le nouveau Scientifique en chef du Québec, M. Jérôme Dupras.

On le sait tous, la science joue un rôle essentiel dans le développement et l'avancement du Québec. La science, elle éclaire nos décisions, elle nourrit notre capacité d'innovation et elle contribue à bâtir un Québec plus fort, plus résilient, un Québec tourné vers l'avenir qui se bâtit en pensant à la jeunesse et aux prochaines générations.

On veut favoriser l'émergence de solutions qui vont répondre aux grands défis de notre société, et la science peut nous aider dans cette tâche. Le Scientifique en chef joue un rôle stratégique et central dans le développement et le rayonnement de notre écosystème de recherche. Il est le président-directeur général du Fonds de recherche du Québec, un fonds de plusieurs centaines de millions de dollars, il conseille les membres du gouvernement en matière de développement de la recherche et de la science. C'est aussi un acteur de premier plan de notre diplomatie scientifique sur les plans local, régional, national et international.

Avec Jérôme Dupras, nous accueillons... nous accueillons, dis-je bien, un scientifique en chef capable de rapprocher encore davantage la recherche de l'action gouvernementale, mais aussi des Québécois. Chercheur reconnu ici comme à l'international en économie écologique, notamment pour son implication au sein d'une chaire UNESCO, Jérôme Dupras mettra son expertise au service du Québec pour renforcer les liens entre la science, l'innovation et la prise de décisions publiques. Il est titulaire d'un doctorat en géographie de l'Université de Montréal, d'un postdoctorat en biologie de l'Université McGill. Jérôme Dupras possède un parcours absolument remarquable. Je vous invite d'ailleurs à le consulter. Il est professeur, il est chercheur, il est entrepreneur. C'est aussi un communicateur scientifique qui s'est distingué par sa capacité à mobiliser. Ses connaissances, sa vision et ses grandes qualités de vulgarisateur seront des atouts précieux pour rapprocher encore davantage la science de nos décisions collectives. Sa nomination, et j'en suis très fier, et nous en sommes très fiers, est une excellente nouvelle pour l'avenir de la recherche au Québec et pour notre esprit d'innovation. Je suis convaincu que Jérôme saura remplir ce mandat avec rigueur, engagement et ambition.

J'en profite en terminant pour saluer le travail remarquable de Rémi Quirion, ici présent. Depuis 2011, Rémi Quirion... J'ai tendance à l'appeler par son prénom, ce n'est pas pour manquer de respect. Depuis 2011, Rémi Quirion a contribué de façon exceptionnelle à renforcer la place de la science dans nos institutions et à faire connaître l'expertise québécoise bien au-delà de nos frontières. M. Quirion est, aura été un grand serviteur de l'État québécois et de la science. Nous lui devons notre profonde reconnaissance pour sa contribution au bien commun pendant toutes ces années.

Je veux maintenant céder la parole à mon collègue, Daniel Bernard, qui m'accompagne dans ses fonctions, donc, à l'Économie. Daniel, à toi la parole.

M. Bernard : Merci. Merci, Bernard. Bonjour, Jérôme. Bonjour, tout le monde. Aujourd'hui, là, je suis vraiment privilégié d'être ici avec vous tous pour présenter Jérôme.

Bernard a mentionné le parcours remarquable que Jérôme a eu. Quand on l'a rencontré ensemble, entre autres, un des volets que j'ai vraiment appréciés, c'est sa capacité de communication. Il va probablement vous en parler, je vole un petit peu son punch, mais quand... quand tu as quelqu'un comme lui, qui allie deux sciences... la science, mais aussi la musique. On a vu souvent dans la vie que... de... beaucoup de grands scientifiques qui sont aussi des musiciens. Puis ça, c'est un... un volet... Puis moi, pour ceux... Je vous lance une petite anecdote. Moi, je dis que, Jérôme, ça va être notre Brian May du Québec. Ceux qui connaissent Brian May, c'est le guitariste de Queen qui détient un doctorat en astrophysique puis qui a continué des recherches. Alors, Jérôme, tu rentres dans un cercle, au niveau international, qu'on sait qui va faire avancer les choses.

L'autre volet que j'ai beaucoup aimé de... de Jérôme aussi, il a eu un volet entrepreneurial. Et ça, dans le contexte, il a eu sa firme qui a fait de la consultation puis, ça, dans toute l'échelle qu'on veut avoir au niveau de la science au Québec, on veut aussi faire avancer notre entrepreneurship, développer de la science... puis qui est un rôle à lui avec le Fonds... recherche Québec, amener... puis faire de l'innovation de la recherche fondamentale, puis on veut l'amener jusqu'au final à développer des nouvelles entreprises et autres. Donc, en connaissant le volet entrepreneurial aussi, dans tout son cheminement et vers où probablement il va amener la prochaine stratégie, bien, moi, je suis en confiance. Je suis en confiance pour le Québec, pour le futur. Puis à ce... puis le prochain rôle, les prochains cinq ans... Et qui sait, peut-être comme M. Quirion, peut-être qu'il va faire 15 ans. On verra qu'est-ce qu'il va arriver. Alors, on est en vraiment... en bonne posture, puis c'est un choix qui est... qui, convaincu, va faire un consensus dans la population du Québec au niveau des scientifiques.

Puis je termine, Rémi aussi, en te remerciant pour tout ce que tu as fait pour l'avancement du Québec. Ceux qui ne le savent pas, j'ai un petit volet scientifique tout de même puis j'ai été moi-même apte à regarder tout le travail, qu'est-ce que le... le Scientifique en chef a fait au cours des dernières années. Et c'est pour ça que je suis convaincu du travail de Jérôme au cours des prochaines années. Un excellent choix puis, à être assis ici à côté de Bernard et Jérôme, c'est vraiment une grande fierté pour moi, pour ce moment-là qui va marquer les prochaines années au Québec.

Une voix : Merci.

M. Drainville : À vous la parole. Jérôme Dupras.

M. Dupras (Jérôme) : Bonjour, tout le monde! D'emblée, je tiens à vous dire qu'il s'agit pour moi d'un... d'un grand honneur d'être nommé aujourd'hui Scientifique en chef du Québec. Ce sera un privilège de pouvoir agir à titre de conseiller scientifique pour le gouvernement et de diriger l'un des fleurons de notre société, le Fonds de recherche du Québec. Je tiens à remercier la première ministre Christine Fréchette, ainsi que les ministres Bernard Drainville et Daniel Bernard pour leur confiance. Un merci très, très sincère. Et c'est aussi avec beaucoup d'humilité que je succède à un grand bâtisseur, M. Rémi Quirion, qui a occupé ce poste au cours des 15 dernières années. Je tiens à remercier M. Quirion d'avoir défini cette fonction et de l'avoir assumée avec autant d'audace et de détermination pendant ces années. Merci, Rémi.

Mes motivations premières à cet engagement sont de promouvoir la science dans toutes les sphères de notre société et de pouvoir contribuer à en maximiser les retombées, qu'elles soient sociales, économiques ou environnementales. Des défis importants sont devant nous pour les prochaines années, du financement de la recherche à la défense de l'intégrité de la science, jusqu'au développement de notre économie du savoir. Parmi ces chantiers, une, sinon la priorité la plus chère à mon cœur, c'est la jeunesse. Je souhaite que notre société puisse donner des ailes aux plus de 500 000 étudiants et étudiantes dans les cégeps et les universités du Québec afin que leurs idées et leur créativité sculptent le Québec de demain. J'ai passé les 20 dernières années à me dédier à la recherche, à l'innovation, à l'entrepreneuriat scientifique, dans le développement de nombreux partenariats avec la société civile, créer des ponts entre la science et différents partenaires, autant au Québec qu'à travers le monde. Et, pour moi, c'est un privilège que ce bagage d'expériences que je compte puisse être mis au service du gouvernement du Québec afin que la science soit au cœur de l'avenir du Québec. Merci beaucoup.

Le Modérateur : Merci à vous trois. On va passer à la période des questions, en commençant avec Charles Lecavalier, La Presse.

Journaliste : Bonjour à vous trois. À quel point vous êtes indépendant dans votre rôle par rapport au gouvernement? Est-ce que vous pouvez vous permettre, par exemple, de critiquer des décisions gouvernementales qui ne respectent pas la science?

M. Dupras (Jérôme) : C'est un... un poste neutre, c'est-à-dire qu'on va ici générer des avis pour la prise de décisions publiques. C'est un... c'est un poste névralgique dans le sens où on vient vraiment chercher l'ensemble de l'écosystème scientifique pour tout type d'avis, être au service du bureau de la première ministre mais aussi de l'ensemble des ministères pour aller chercher la meilleure intelligence, le meilleur savoir, les meilleures compétences et offrir des scénarios. Donc, ce n'est pas souvent une seule réponse, mais ce sont des incertitudes, des connaissances. C'est de pouvoir vraiment nourrir, d'être un aide à la décision publique.

Journaliste : Mais, tu sais, si je vous pose une question hypothétique, là, par exemple, est-ce que vous êtes à l'aise avec la décision de repousser l'atteinte de cibles climatiques comme le... même si la science dit que ce n'est peut-être pas une bonne idée, est-ce que c'est le genre de position que vous pouvez prendre?

M. Dupras (Jérôme) : Bien, moi, j'ai le... je ne dirais pas le poste facile, mais les décisions reviennent au ministre, reviennent au décideur. Alors, le rôle, c'est de pouvoir offrir la meilleure science, sachant qu'ensuite il y a des arbitrages à faire, des arbitrages qui appartiennent aux politiques. Et ici, ce sera de pouvoir se saisir des meilleures connaissances possibles pour offrir un indicateur supplémentaire dans le processus de décision. Évidemment, j'ai pris des positions dans le passé sur une panoplie de sujets, à titre individuel, d'artistes, de scientifiques. Je ne change pas mes valeurs, mes principes, mais la fonction change. C'est une fonction qui est maintenant neutre, qui est au service du gouvernement et c'est un rôle, c'est un rôle d'amener les meilleures connaissances pour servir les prises de décision.

Journaliste : M. Drainville, on sait que vous êtes un fan quand même, là. À quel point la...

M. Drainville : À quel point je suis objectif?

Journaliste : ...à quel point la notoriété du nouveau Scientifique en chef a pesé, disons, dans son dossier quand vous avez fait sa sélection?

M. Drainville : Bien, je dois vous dire, d'abord, le Scientifique en chef est nommé au terme d'un processus qui est extrêmement rigoureux. Il y avait un comité de sélection de cinq personnes, je ne sais pas si c'est sorti publiquement, mais si ce ne l'est pas, ça va l'être dans un instant, là. Yoshua Bengio faisait partie du comité de sélection, le recteur de l'UQTR, M. Christian Blanchette, M. Daniel Coderre, qui est président du conseil d'administration du Fonds de recherche du Québec, M. Richard Masse, sous-ministre adjoint au ministère de l'Économie, et Mme Madison Rilling, je pense, je le prononce comme il faut, qui est le DG d'Optonique. Et donc on a reçu une recommandation très favorable. Donc, ça, c'est le premier critère.

Est-ce que le comité de sélection, qui a regardé les différentes candidatures, qui a reçu les candidats en entrevue... quelle a été leur opinion, leur avis? Donc, le premier critère de décision de Daniel et moi, c'était celui-là. Évidemment, on a une certaine autonomie dans la décision, ne nous le cachons pas de le dire, parce qu'on nous fait... on nous recommande trois candidatures, puis le gouvernement peut décider, les deux ministres, en l'occurrence, auraient pu recommander une autre des trois personnes qui avaient été recommandées par le comité. Il n'y en a jamais été question, parce que quand on regarde le parcours de Jérôme Dupras, quand on regarde la force avec laquelle il a été recommandé par le comité de sélection, ça devient un choix incontournable.

Mais je ne vais pas me défiler. Je vous dirais, la capacité de vulgariser la science, de parler aux jeunes, de la rendre accessible aux enfants dans les écoles, aux adolescents, jeunes adultes dans les cégeps et les universités, oui, ça a compté dans ma décision de le recommander au Conseil des ministres, parce que je pense que Jérôme peut avoir un impact très positif auprès de la jeunesse pour valoriser la science et susciter des vocations scientifiques. Et donc je dirais que c'est un... c'est une force supplémentaire à toutes celles qui avaient déjà été identifiées au cours du processus, notamment par le comité de sélection.

Le Modérateur : Merci. On va passer à Juliette Nadeau-Besse, Le Soleil.

Journaliste : Bonjour, M. Dupras. Vous vous qualifiez d'environnementaliste. C'est votre domaine d'expertise. Qu'est-ce que vous pensez des décisions qui ont été prises ou qui sont prises par le gouvernement en matière d'environnement pour le Québec?

M. Dupras (Jérôme) : Comme je le disais, j'ai pris des positions dans le passé, toujours basées sur la science. Pour moi, c'est un privilège de pouvoir maintenant être au sein du gouvernement. Je le disais, mes valeurs, mes principes ne changent pas. Ce qui est très, très important dans le monde scientifique, c'est la collaboration, c'est de pouvoir dialoguer, c'est de pouvoir informer. Alors, c'est cette science-là qui regarde les grands chantiers qui sont devant nous, hein, le Fonds de recherche du Québec a identifié les changements climatiques comme une priorité. Il y a aussi le vieillissement de la population, il y a l'intelligence artificielle, il y a l'entrepreneuriat, il y a l'économie. Le spectre est très, très large pour... pour prendre nos meilleures connaissances, les meilleures visions et d'alimenter la décision politique. Donc, moi, je suis très, très à l'aise dans ce... ce rôle-là pour créer un canal de collaboration et pouvoir informer le mieux possible les... les décisions politiques.

Journaliste : Mais est-ce que vous trouvez que les décisions prises par le gouvernement sont appuyées sur la science en matière d'environnement?

M. Dupras (Jérôme) : Ce n'est pas... ce n'est pas mon rôle. Comme je vous disais, le poste difficile, c'est celui de mes collègues de faire les arbitrages. Puis on est dans un monde changeant, une grande géopolitique, beaucoup de pression. C'est les décideurs qui ont à jongler avec toutes ces balles-là. Mon rôle, autant en prenant position qu'en amenant la science, c'est de pouvoir dire : Voici quels sont ces indicateurs-là, voici quelles sont les métriques d'incertitude, voici qu'est-ce que le Québec pourrait, devrait faire. Et ensuite, bien, c'est de donner les meilleurs outils à ceux qui choisiront la destinée du Québec.

Journaliste : Puis, en terminant, j'aimerais vous entendre, comme M. Drainville, parler du fait que c'est une force d'avoir l'expérience, bon, musicale plus personnalité publique, est-ce que vous, vous croyez que c'est un bagage qui va vous aider dans le rôle de scientifique en chef?

M. Dupras (Jérôme) : Bien, je crois que oui. Mon parcours scientifique n'est pas connu de tout le monde, du grand public, alors c'est... je pense, c'est une nouvelle... une nouvelle porte d'entrée. C'est une façon de susciter la conversation, de parler... de parler de science, aussi de parler de la diversité des parcours. Donc, il n'y a pas un seul chemin pour faire une carrière en recherche. Je pense notamment aux étudiants athlètes, à tous ceux qui nourrissent d'autres passions, qui veulent revenir vers la science plus tard dans leur vie. Tout ça est absolument possible. Puis je pense que c'est... c'est une façon de l'illustrer aussi qu'on peut conjuguer des... des passions, des carrières et de se réaliser par la science.

Le Modérateur : Merci. Marie-Josée Paquette-Comeau, Radio-Canada.

Journaliste : Oui. Bonjour. Bonjour à tous. M. Dupras, vous dites que vous avez encore vos principes. Votre groupe Les Cowboys Fringants était très, très virulent et très critique envers le gouvernement du Québec, peu importe le gouvernement à travers le temps. Vous avez écrit des chansons sur la fin du monde, Plus rien, parce que les décideurs ne prenaient pas à bras le corps la question de l'environnement. Qu'est-ce que vous... qu'est-ce que vous diriez aujourd'hui au Jérôme Dupras de 2004, 2005, 2008 et à Jérôme Dupras d'aujourd'hui? Parce que là vous êtes dans la machine. Et si on regarde les paroles de Cowboys Fringants, vous êtes du côté des méchants, là.

M. Dupras (Jérôme) : Je vous dirais que le dénominateur commun de tout ça, c'est... c'est l'amour du Québec. Alors, on peut... on peut le critiquer, on peut l'aimer, on peut vouloir le déployer de toutes les façons. Donc, on a absolument besoin des artistes, on a besoin d'objecteurs de conscience, on a besoin de ce très large spectre des parties prenantes de la société pour être capable d'avancer collectivement. On a besoin de la science, on a besoin des fonds de recherche du Québec, du Bureau du scientifique en chef. On a besoin d'une collaboration avec le politique. Puis c'est... c'est un peu cet... cet ensemble-là qui fait qu'on va pouvoir avancer ensemble en respectant la diversité des paroles.

Journaliste : Êtes-vous inquiet aujourd'hui? Parce qu'il y a quand même Steven Guilbeault qui a démissionné de son poste, qui quitte la politique, justement, parce qu'on est dans des reculs en terme environnemental, êtes-vous inquiet d'où le Québec, le Canada s'en va en matière de changements climatiques, en matière d'environnement en général?

M. Dupras (Jérôme) : Bien, je le disais, il y a des grands chantiers de société. Les changements climatiques, c'en est un, ça ne disparaîtra pas. On est les pieds dedans. Il faut... il faut regarder nos capacités de lutte et d'adaptation aux changements climatiques. Il y a matière à être inquiet pour plein de raisons, mais il y a matière aussi à être optimiste, parce qu'en matière de recherche le Québec a des pôles d'excellence. On parle d'intelligence artificielle, de sciences de la vie, d'aéronautique, les sciences de l'environnement, notre connaissance de l'Arctique. Nous sommes des champions du monde. Donc, il y a des... il y a des solutions qui peuvent naître ici. Et puis on parlait, avec M. Bernard aussi, de... de stimuler toute la chaîne de valeur de la science, de faire de la recherche fondamentale, qu'il devienne appliqué, qu'il devienne de l'innovation, qu'il devienne la commercialisation de ces solutions-là. Donc, dans ces crises-là, qui... où on doit les reconnaître, on doit les affronter, mais je pense qu'on a des bons outils au Québec grâce à nos... notre force scientifique.

Journaliste : Vous étiez membre du comité consultatif du gouvernement en matière d'environnement et de changement climatique, si je ne me trompe pas. Est-ce que vous allez rester membre? J'imagine que non.

M. Dupras (Jérôme) : En fait, c'est un comité qui relève du scientifique en chef, alors je serai impliqué.

Journaliste : ...vous êtes membre.

M. Dupras (Jérôme) : Impliqué indirectement, oui.

Journaliste : Donc, vous l'avez... vous avez quand même vu l'effet de... Parce que M. Webster est allé se présenter en commission pour la cible au... sur la cible de changement... voyons, de cible, là, des GES. Il a dit que ce n'était pas une bonne idée. Votre... Donc, votre comité a déjà dit au gouvernement qu'il allait à l'encontre de ses propositions. Qu'est-ce qu'on fait, une fois qu'on a recommandé et qu'on ne suit pas les recommandations, en tant que Scientifique en chef?

M. Dupras (Jérôme) : Bien, il y a des avis qui sont donnés, puis ensuite, la décision, eh bien, elle est politique. Dans les quelques années où le comité a été existant, là, il a fait plusieurs avis avec plusieurs recommandations. Certaines ont été adoptées par le gouvernement du Québec, certaines ont été réfléchies, ont influencé. Donc, c'est... quand je parlais du canal de conversation, le dialogue, c'est ça qui est important. Ce n'est pas de donner une réponse toute faite qui doit être appliquée. C'est un canal de conversation. Puis, au-delà des avis, il y a d'autres façons aussi d'avoir une forme d'influence. Je pense notamment à la formation sur les changements climatiques qui a été suivie par l'ensemble de la députation du Québec. Donc, ça aussi, c'est de... c'est de... pas d'avoir des avis noir sur blanc, mais c'est de créer ce canal-là, de pouvoir en discuter, puis de voir, saisir les opportunités où il y aura de l'espace pour agir par la suite.

Journaliste : Merci.

Le Modérateur : Merci. Je vais me permettre quelques questions, puis vous pourrez regarder devant vous. Peut-être pour M. Drainville d'abord. On parle depuis le début de la conférence de presse des valeurs qui animent M. Dupras, des prises de position aussi qui... qu'il a prises dans le passé, qu'il a démontrées dans le passé. Qu'est-ce que vous en pensez, vous, de ces prises de position là? Est-ce que... Vous avez été ministre de l'Environnement, est-ce que vous avez été dérangé dans le passé par ce genre de prises de position là?

M. Drainville : Dérangé? Non, pas dérangé. On prend... On prend acte des diverses positions qui nous sont soumises. On écoute, on mesure, on analyse. Puis, à un moment donné, bien, il faut prendre une décision. Moi, j'irais à l'essentiel. Je vous dirais que j'ai... j'ai confiance au sens de l'État de Jérôme Dupras. C'est... C'est... Si je devais résumer en quelques mots mon état d'esprit, j'ai confiance en son sens de l'État.

Le Modérateur : Merci. Pour revenir à vous, M. Dupras, bon, vous arrivez tout juste dans ces fonctions-ci. J'imagine que vous avez quand même eu l'occasion de vous entretenir avec M. Quirion. Quels sont les premiers gestes que vous comptez poser comme Scientifique en chef du Québec?

M. Dupras (Jérôme) : Bien, d'abord, je l'ai dit, c'est un poste que je prends avec beaucoup d'humilité et de modestie, parce que la maison a été bâtie par M. Quirion, par l'ensemble de toutes les parties prenantes des fonds de recherche du Québec, du Bureau du scientifique en chef. Alors, mon premier réflexe, c'est celui de l'écoute, de pouvoir parler à l'ensemble des équipes. Évidemment, il y a beaucoup de documents qui sont publics, une planification stratégique, un renouvellement de la Stratégie québécoise de la recherche et d'investissement en innovation, qui sont des beaux et grands et stimulants chantiers devant nous. Donc, pour moi, il y a une... il y a un apprentissage à faire, il y a une écoute, il y a laisser les excellentes équipes qui sont là, parce que ça fait... bientôt deux décennies que je travaille avec les fonds de recherche du Québec, je connais les équipes, les programmes, puis c'est un fleuron de notre société. Donc, c'est de voir quelles sont les idées à l'interne puis de pouvoir, moi aussi, donner mon... mon petit grain de sel pour les propulser.

Le Modérateur : Très bien. Merci. Je pense qu'il nous restait trois minutes. Donc...

Journaliste : Est-ce que vous avez été approché ou vous avez soumis votre candidature de façon spontanée?

M. Dupras (Jérôme) : J'ai soumis de façon spontanée.

Le Modérateur : D'ailleurs, est-ce que... On peut-tu avoir une idée du nombre de candidatures qui ont été reçues par le gouvernement? Est-ce que vous... C'est des chiffres que vous avez?

M. Drainville : Plusieurs. Non, je... je ne peux pas aller plus loin que ça, mais plusieurs.

Le Modérateur : Très bien. Merci.

M. Drainville : C'est bon?

Le Modérateur : C'est ce qui met fin à cette conférence de presse.

M. Drainville : Merci beaucoup, tout le monde, merci.

M. Dupras (Jérôme) : Merci.

(Fin à 14 h 58)

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