To use the Calendar, Javascript must be activated in your browser.
For more information

Home > News and Press Room > Press Conferences and Scrums > Point de presse de M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de culture et de communications, et Mme Manon Massé, porte-parole du deuxième groupe d’opposition pour la jeunesse

Advanced search in the News and Press Room section

Start date must precede end date.

Point de presse de M. Sol Zanetti, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de culture et de communications, et Mme Manon Massé, porte-parole du deuxième groupe d’opposition pour la jeunesse

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Thursday, May 28, 2026, 8 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

M. Zanetti :  17955 M. Zanetti :Bonjour, tout le monde! Alors, c'est un grand plaisir d'être ici, aujourd'hui, avec vous puis avec Manon pour aborder un thème très important. Hier, j'ai été invité, comme les autres chefs de partis, aussi, à participer à l'assemblée des chefs des Premières Nations du Québec et du Labrador qui se tenait à Montréal. Donc, c'est un événement très important. On a eu une heure de discussion ensemble, on a pu aborder des thèmes très importants, notamment le thème de la co-construction, le thème de comment est-ce qu'on peut, au Québec, avoir des lois qui... dans lesquelles il n'y a pas d'angles morts et dans lesquelles, justement, il y a une vraie, un vrai respect de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Je vais laisser Manon en parler davantage, donc, voilà.

Mme Massé :  Comme vous le savez, je passe le flambeau à Sol, alors, c'était... c'était un beau moment, hier, je n'étais pas là, mais juste de savoir que ce n'est justement pas moi qui était là. C'était vraiment un beau moment. Alors, mais ce matin, je vais déposer une loi, la Loi sur la co-construction des mesures législatives et réglementaires touchant les Premières Nations et les Inuits. Ce projet de loi vise à garantir le respect de leur droit au consentement préalable, libre et éclairé, tel qu'inscrit à la Déclaration des Nations unies pour les droits des peuples autochtones. Le projet de loi trace un chemin clair pur suivre... à suivre, pardon, pour co-construire, avec les Premières Nations et les Inuits, les lois, les politiques, les règlements qui les concernent. Ça fait plusieurs années que je me fais dire que ce n'est pas possible de faire ça en me faisant brandir le spectre de l'outrage au Parlement. Le respect des Premières Nations et des Inuits, c'est reconnaître qu'ils sont des peuples, des nations à part entière et qu'on doit les considérer comme des égaux. J'ai donc co-construit le contenu de ce projet de loi là avec les Premières Nations et les Inuits, par respect et par reconnaissance de leurs droits, bafoués depuis trop longtemps. Et pour honorer le lien de confiance que j'ai pris des années à construire, on a décidé de leur présenter en premier, hier, à l'assemblée générale des chefs de l'APNQL. Certains vont peut-être voir, là-dedans, une infraction aux règles. Bien, je leur rappellerai que le plus odieux des outrages, 1000 fois répété, c'est de ne pas, comme État du Québec, avoir abordé leurs représentants dûment élus, comme on le fait avec tous les autres gouvernements de la planète, d'égal à égal, de nation à nation, de peuple à peuple. J'ai décidé de faire cette exception pour mettre en lumière l'importance de changer d'attitude face aux Premières Nations et aux Inuits avec lesquels nous partageons ce territoire. Si on est sincère, comme État, et qu'on veut vraiment marcher vers la réconciliation, bien, ça inclut inévitablement la réconciliation législative. Et mon projet de loi, que je déposerai dans quelques minutes, est une première réponse, une première étape à cet impératif.

Des voix : ...

Journaliste : M. Zanetti, hier, est ce qu'il a été question de l'indépendance, dans votre... dans votre allocution avec les Premières Nations?

M. Zanetti : Oui, il a été question d'indépendance, puis d'ailleurs, ce sujet-là, 17955à la question, dans mon allocution de 10 minutes, j'en ai parlé, évidemment, c'est un thème qu'on aborde et après ça, les échanges de 45 minutes, je vous dirais que ça a occupé à peu près le deux tiers des échanges. Donc, la question de l'indépendance de la souveraineté, l'autodétermination de façon générale de... Puis c'est aussi en lien avec le thème de la coconstruction. Donc, on leur a présenté, on leur a montré le projet de loi, et ça a été présenté aussi comme le début d'un dialogue, ce projet de loi là, non pas comme une fin, mais comme le début d'un dialogue de coconstruction. Et ça a été... disons, cette intention-là a été vraiment bien accueillie.

Maintenant, la question de l'indépendance a été abordée, c'est sûr, parce qu'elle a... elle a souvent, la confiance entre le gouvernement québécois, les indépendantistes, de façon générale, et puis les Premières Nations et Inuit, elle n'a pas été bâtie, là, elle a été plutôt brisée. Puis, je veux dire, quand on regarde même... je ne parle pas des souverainistes, mais je regarde le projet de loi n° 1, la Constitution de Simon Jolin-Barrette, ça a brûlé la confiance, tu sais, très, très récemment. Alors, je pense qu'il y a une confiance à rebâtir. Et puis ce qui est important, ce que j'ai entendu, c'est : Est-ce que c'est un autre projet colonial que vous proposez? Évidemment, nous, notre réponse, c'est bien sûr que non, l'idée, c'est de sortir de ça. Et la question de savoir comment on va sortir de deux États coloniaux, ensemble, sans retomber dans une dynamique coloniale, eh bien là, ça demande une coconstruction. Nous, on ne peut pas y arriver tout seuls, on aurait trop d'angles morts. Donc c'est pour ça. Et puis... ça a suscité, je vous dirais, d'excellentes discussions.

Journaliste : Mais sentiez-vous qu'il était prêt à parler d'indépendance? Parce que, ce matin, on voit que la démarche du livre bleu, que ce soit présenté demain... aujourd'hui, plutôt, le chef de l'APNQL n'est pas prêt à parler de ça, ce n'est pas leur priorité en ce moment, ils trouvent ça prématuré. Et puis ils n'ont d'ailleurs pas participé à la rédaction du livre bleu, donc, pour eux, ce n'est pas le bon moment. Est-ce que vous avez senti ça?

M. Zanetti : Moi, ce que je comprends de ça, c'est qu'effectivement ils veulent parler de ce genre de choses là dans le détail, de gouvernement à gouvernement. Alors, le gouvernement, en ce moment, il n'est pas souverainiste. Donc, il y a des discussions, je pense qu'il faut entendre qu'elles sont prématurées. Par contre, ce qui n'est pas prématuré, c'est d'établir des liens de confiance puis de partager des visions, puis d'amorcer des réflexions ensemble. Et ça, bien, Manon, je vais te laisser parler de ton expérience, tu l'as commencée depuis longtemps déjà.

Mme Massé : C'est ça, c'est-à-dire que faire l'indépendance du Québec dans une perspective d'une démarche d'assemblée constituante, qui est notre perspective, bien, tu ne vas pas t'asseoir avec les Premières Nations le jour où tu deviens un gouvernement, il faut que ça se fasse avant. Puis ça, c'est exactement ce que je vous ai présenté dans mon carnet qui, déjà, en juin 2019, comme chef parlementaire, j'avais entamé une tournée à travers l'ensemble des communautés. Je ne les ai pas toutes visitées, mais j'en ai visité une maudite gang. Et je me suis assise avec des élus, je me suis assise avec la société civile, et on a commencé à parler de cette dimension-là, de la souveraineté des peuples du Québec. Et, pour nous, à Québec solidaire, ça a toujours été tellement important de marcher épaule et épaule, côte à côte, de faire ce projet décolonial d'une vision d'un nouveau pays du XXIe siècle avec les Premières Nations.

Et je suis tellement surprise de l'ouverture que j'ai reçue durant ma démarche, je n'étais pas là hier, mais je ne suis pas surprise, parce que, oui, c'est trop tôt de se faire dire : Je vais te déposer un livre bleu, mais de dire : On va travailler à rebâtir les liens de confiance qui vont nous permettre, le jour venu, de s'asseoir et de discuter de comment on va faire ça, parce qu'on n'en a aucune idée. Il faut le faire avec eux autres.

Journaliste : Est-ce qu'ils ont exprimé des réticences, M. Zanetti, par rapport au projet du Parti québécois?

M. Zanetti : Le projet du Parti québécois n'a pas été l'objet des discussions hier, honnêtement...

Journaliste : On ne vous a rien souligné, là...

M. Zanetti : Non, ce qui était... c'est resté plus général que ça. La préoccupation était de savoir : Est-ce que... est-ce que votre vision est coloniale ou est-ce qu'elle n'est pas coloniale? Dit en d'autres mots : Est-ce que ça va respecter la Déclaration des droits... la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones? Puis est-ce que, là-dedans, c'est... Est-ce que c'est un autre piège essentiellement, ou est-ce qu'on peut vraiment arriver là avec un espoir sincère de dire : Nous allons, tous et toutes, cheminer vers l'autodétermination?

Journaliste : Juste pour être clair, vous, dans un gouvernement solidaire, là, qui ferait l'indépendance, vous reconnaîtriez donc le... les Premières Nations comme un troisième gouvernement, c'est ça? Donc, est-ce que... Avec la mise en œuvre de la Déclaration sur les droits autochtones, ils pourraient donc s'opposer à du développement économique. Je sais que ça revient souvent, c'est... mais est-ce que, donc, vous seriez à l'aise avec le fait que des Premières Nations décident : On ne développe pas tel secteur parce que c'est sur des terres ancestrales? Est-ce que vous seriez, donc, à l'aise à ce qu'ils soient partie prenante de toutes les décisions du Québec?

M. Zanetti : Bien, d'abord, les Premières Nations, je serais étonné que la conclusion de la co-construction du pays, ça fasse que ce soit un seul gouvernement, au sens où il y a 11 nations. Donc, ça va être... l'État du Québec serait plurinational. Et la forme de gouvernance est à déterminer. C'est une forme de gouvernance qu'il faut co-construire avec eux. Et il m'apparaît assez clair que la vision solidaire va aussi de pair avec l'idée d'avoir... de protéger l'environnement, hein, la planète. C'est notre seule vraie richesse. Si on l'épuise, il n'y en a plus après. Et là, en ce moment, on l'épuise à un rythme qui va plus... plus rapide que son taux de renouvellement. Et la date n'arrête pas de devenir plus hâtive d'année en année. Alors, moi, j'ai l'impression qu'on est près essentiellement, à Québec solidaire, à assumer la liberté des uns et des autres. C'est ça, le fond de l'affaire. Et on a... Et on a confiance aussi dans le fait que tout le monde là-dedans va vouloir la liberté pour sa nation, sans vouloir empiéter sur les autres, tu sais. Puis c'est... nous, c'est ce qu'on veut faire, essentiellement.

Journaliste : Mais qu'en est-il de la souveraineté territoriale? C'est une revendication traditionnelle des peuples autochtones.

M. Zanetti : Tout à fait.

Journaliste : Vous vous logez où là-dessus?

M. Zanetti : Bien, nous, on reconnaît la...

Journaliste : On en a déjà parlé, là, je vous repose la question.

M. Zanetti : Oui, oui. On en... On en... On reconnaît la souveraineté territoriale des nations autochtones et on pense que la façon dont... Tu sais, là, en ce moment, on est... on est tous ensemble sur ce magnifique territoire et on va trouver ensemble la façon de faire fonctionner ça. Je ne peux pas vous dire aujourd'hui...

Journaliste : Donc, le territoire du Québec est divisible, pour vous?

M. Zanetti : Ça, c'est un faux dilemme, c'est un faux dilemme parce que...

Journaliste : ...des revendications traditionnelles des peuples autochtones, ils veulent ravoir leurs territoires.

M. Zanetti : Il y a des choses qui ont... Bien, je te laisserais développer là-dessus, Manon, qui a plus l'expérience historique.

Mme Massé : Ce qu'ils veulent, c'est qu'on reconnaisse qu'ils ont droit à l'autodétermination et ils ont droit à se gouverner. Ça, là, nous, on le voit dans nos yeux de blancs, là, dans nos lunettes de... voyons, on vient d'où, nous autres? De la France? Ah oui! c'est vrai, je suis une immigrante de la France, j'avais oublié. On le voit à travers ces lunettes-là, donc on voit des frontières, des lignes tracées, ce qui appartient à toi, ce qui appartient à moi, qui n'est pas du tout la vision des Premières Nations et des Inuits. Cependant, nous, à Québec solidaire, on reconnaît, depuis le jour 1 de notre fondation, que ces territoires-là ont été volés. Et ça, quand tu reconnais ça, ce que ça fait, c'est que tu acceptes que, si tu veux développer un pays, qui est notre proposition, à Québec solidaire, bien, tu vas le faire avec ses peuples souverains. C'est exactement ce que mon projet de loi vient faire. On les considère comme des peuples, des nations à 100 %. Et donc, par conséquent, on veut faire le pays du Québec, «right», c'est super, mais on va le faire avec les gens qui étaient là pour nous accueillir.

Journaliste : Mme Massé, vous qui avez... vous qui avez longtemps été aspirante première ministre, vous pensez quoi d'une première ministre qui se retrouve en crédits budgétaires et qui est incapable de préciser la dette, qui ne sait pas la dette, le montant de la dette?

Mme Massé : Ouf! Écoutez, je pense que, si elle n'était pas capable de le dire, c'est... Je ne le sais pas, je ne veux pas présumer. Est-ce qu'elle le savait? Est-ce qu'elle voulait éviter de nommer le chiffre? Est-ce que... Tu sais, hier, on a appris le PQI, c'est deux ans en avant, trois ans... Moi, je pense, là, que la première ministre, actuellement, sait très bien que les revenus que génère le Québec n'est pas suffisant pour répondre à l'ensemble des missions de... du gouvernement, que je parle en santé, en éducation, etc. Et, pour ça, elle sait qu'il faut qu'elle aille chercher de l'argent ailleurs, mais elle ne veut pas y aller auprès des 25 millions et plus. Ça, je ne comprends pas ça. Mais je pense que mon... ma collègue l'a questionnée aussi.

Journaliste : M. Zanetti, peut-être là-dessus.

M. Zanetti : Oui. Bien...

Journaliste : ...un mauvais quart d'heure en crédits hier?

M. Zanetti : Oui, je pense qu'elle a passé un mauvais quart d'heure en crédits. C'est un exercice difficile. En même temps, je pense qu'il faut avoir une idée approximative de la dette, et puis bon.

Journaliste : ...elle a failli à la tâche?

M. Zanetti : Bien, écoutez, moi, ce n'est pas là... moi, ce n'est pas... ce n'est pas pour moi le pire scandale, là. Le pire... là où elle faillit puis où la CAQ faillit puis faillit depuis huit ans, c'est le fait d'aller chercher l'argent où il est. Tu sais moi, c'est ça, la pire affaire, ne pas se souvenir du montant exact de la dette brute. Bon, là, aujourd'hui, je pense qu'elle sait pour longtemps, puis ça va fluctuer, mais elle va se tenir au courant, mais ce n'est pas ça qui a le plus gros impact sur l'avenir du Québec. Ce que l'avenir du Québec... ce qui est mis en péril, là, c'est le fait qu'on ne va pas chercher l'argent où il est puis ça va vouloir dire des coupures. Puis, quand je regarde les coupures qui sont faites, en ce moment, dans les services à domicile, là, ça me scandalise. Je n'en reviens pas. On est supposé faire un tournant vers les services à domicile, au Québec, puis là, il y a une personne qui se fait couper la moitié de ses heures et puis qui... qui va vivre dans... plus de la moitié de ses heures, dans une situation qui est... qui est terrible. Puis, pendant ce temps-là, on dit : Ah! mais il ne faudrait surtout pas toucher à la grande fortune des gens qui ont 25 millions et plus. Ça, moi, c'est... c'est le pire scandale.

Journaliste : ...vous parlez du cas de Benjamin, là, qui est dans Le Devoir, ce matin. Ce que répond le CISSS, c'est : Oui, lui, il a moins d'argent, mais il y a plus de monde qui ont de l'aide. Qu'est-ce que vous pensez de cette réponse-là?

M. Zanetti : Ça a l'air d'une réponse administrative, honnêtement, là. Moi, j'ai l'impression que quand j'entends de la détresse, là, je me dis : C'est la personne qui vit ça que je vais croire, pas la personne qui dit : Non, non, mais elle ne s'en rend pas compte, mais dans le fond, elle est vraiment avantagée, puis dans le fond, elle a plus de choses que l'autre, puis... Ça, pour moi, c'est... c'est un discours administratif qui se défend.

Journaliste : M. Zanetti, sur un enjeu plus local, vous avez certainement lu nos articles, là, sur le jardin Jean-Paul l'Allier, ce matin.

M. Zanetti : Oui, oui, allez-y.

Journaliste : Vous êtes un député de la Basse-Ville, tu sais, juste en m'en venant, ce matin, je suis passé par là, puis la situation qui est décrite, le camp de fortune que l'on voit là, en plein cœur du quartier Saint-Roch, vous pensez quoi, de ça? Je veux dire, il suffit de se promener, puis on voit des gens consommer. Ce matin, je voyais quelqu'un ramasser des seringues avec une petite boîte, là, en m'en venant. Est-ce qu'on peut tolérer cette situation là encore longtemps, dans Saint-Roch?

M. Zanetti : Bien, le problème de fond... Moi, je ne dirais pas tous les jours là, mais très souvent, au moins une fois par semaine, je viens à pied à l'Assemblée, puis je passe devant Lauberivière, c'est le chemin le plus court entre chez moi puis l'Assemblée, et on voit la détresse puis on voit jusqu'où le gouvernement a laissé déraper la crise du logement, la crise en santé mentale, aussi, et là, la crise de l'itinérance qui en découle, entre autres choses. Et pour moi, tu sais, la solution à ça, ce n'est pas de dire : Il faut envoyer du monde pour faire le ménage, là, l'idée, c'est de dire : Il faut... il faut un toit, pour ces personnes-là, puis des services d'accompagnement, puis ça, ça prend des ressources que le gouvernement n'a jamais été prêt à mettre. Puis, pendant...

Journaliste : ...Lauberivière, à côté, c'est... on l'a visité, l'autre fois, avec la première ministre, puis c'est immense, c'est flambant neuf, et il y a beaucoup de ressources. On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de ressources dans le quartier saint Roch.

M. Zanetti : Non, je comprends. Il y a... il y a des ressources, dans le quartier Saint-Roch. La question, c'est, manifestement, s'il y a du monde qui dort dehors, c'est qu'il n'y en a pas assez. Puis l'autre affaire, aussi, c'est que, de plus en plus, les gens plaident pour qu'il y ait des plus petites ressources à plus d'endroits, parce que des très, très, très grosses ressources concentrent vraiment l'activité, puis ça... ça crée des enjeux de cohabitation. Alors là, il faut qu'on voie les choses différemment. Mais au lieu de dire : On ne réglera pas la crise de l'itinérance non plus, juste en ajoutant des Auberivières, il faut... il faut travailler sur l'urgence, mais il faut travailler sur la crise du logement, sur les services, sur la répartition de la richesse. Et il faut aller taxer les grandes fortunes de 25 millions et plus.

Journaliste : ...mais le campement, juste pour revenir, le campement, vous faites quoi, avec ça? Vous pensez quoi? Vous êtes un député de la basse-ville, je le répète : Est ce qu'on peut continuer à tolérer ce campement-là, qui est en infraction, de toute façon, de la réglementation?

M. Zanetti : Je comprends. C'est très délicat, là, parce qu'où ils vont aller, ces gens-là? Tu sais, moi, je pense que l'idée, ce n'est pas de tolérer ou ne pas tolérer, d'envoyer la police pour faire le ménage, l'idée, c'est de dire : Comment est-ce qu'on va aider ces gens-là? Ces gens-là, ce n'est pas leur premier choix de vie, là, alors aidons-les, puis c'est ça, la solution, finalement. Puis, il faut que ça prenne le temps que ça... que ça va prendre, pour les aider. L'idée, de n'est pas de dire : Tassez-vous, allez en dessous du pont, sur le bord de la rivière Saint-Charles, là, tu sais.

Journaliste : Il y a eu cette idée de sommet sur l'itinérance. Avez-vous entendu parler d'une volonté du gouvernement, dans les couloirs, de, peut être, aller de l'avant avant la campagne électorale, avec ce sommet-là, ou c'est mort dans l'oeuf?

M. Zanetti : Moi, je n'ai pas entendu de rumeurs par rapport à ça jusqu'ici. Évidemment, il y a plein de choses, le sommet est important, il y a plein de choses que le gouvernement peut faire dès maintenant. Puis les grandes choses cruciales, pour régler le problème de fond : agir de façon sérieuse sur la crise du logement, répartir la richesse, taxer les grandes fortunes. La CAQ refuse de le faire. Ça fait que moi, j'ai très peu d'espoir, avant les élections, pour une action du gouvernement. Alors, toute notre solidarité va avec, évidemment, les personnes qui vivent ça, le milieu communautaire qui soutient, à bout de bras, le filet social. Puis j'espère que le gouvernement va leur donner les aides qu'ils ont besoin d'ici là. Mais, pour les grands changements sociaux, je pense que ça va attendre le 5 octobre.

Journaliste : What do you think about the premier seemingly not knowing some of her numbers, some important numbers, and she didn't really seem to know what they were or that there is an upcoming tax in January...

M. Zanetti : It is surprising. It is surprising. Of course, she has been… she has not been well informed about their… all of this. But, for me, the main problem, you know, for the future of Québec is not that yesterday she didn't knew the exact number of the debt is... the problem is that she doesn't want to act to take care of everybody that is in the street right now. And they… she has to take… to realize that we have to tax more great fortunes, super rich people who have more than $25 million. We have to get the money where it is. And that is, for me, the biggest scandal.

Journaliste : Commissaire de la langue française released a report yesterday after looking at some government websites. One of the conclusions is there should be, in essence, like less English on Revenu Québec, Hydro-Québec, SAAQ, other government websites, except in like very narrow circumstances where there's a clear exemption. Do you think there's too much English on these websites? Should they be… Should you be able to click the English button on the… on various government websites?

M. Zanetti : We'll… We will analyze that more. It's… For us, the important thing is that the law, the bills are respected, you know. And I think that there is a balance right now. But we will take a closer look to what the Commissaire de la langue française published.

Journaliste : OK. Merci.

(Fin à 8 h 22)

Participants


Document(s) Related