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(Huit heures quarante-six minutes)
M. Fortin :Bonjour. Bonjour, tout le monde. Merci d'être là. Aujourd'hui
se termine... Aujourd'hui se termine l'étude de crédits budgétaires. Et je vous
dirais qu'à la lueur de ce qu'on a vu se produire au cours des deux dernières
semaines, là, on commence à comprendre comment s'est construit... s'est
construit la dette du Québec ou l'augmentation de la dette du Québec sous le
gouvernement de la CAQ. Ce qu'on a vu au cours des deux dernières semaines, là,
c'est des projets mal attachés, mal... mal ficelés. Je prends pour exemple les...
le 850 000 $, en moyenne, qu'on a payé pour une porte dans les
maisons... pour chaque porte dans les maisons des aînés, alors qu'il y a des
gens au gouvernement qui nous disent aujourd'hui : Bien voyons, on est
capables de faire ça pour 40 % de moins. On a constaté des ministres qui
ignorent les avis du... les avis des experts du ministère quand vient le temps
d'investir des milliards de dollars dans des projets comme Nemaska Lithium. On
a vu des ministres qui cachent des données ou qui ne donnent pas l'information
complète sur... qui est disponible quant à savoir combien on a besoin d'investir
dans les routes au Québec. On a des ministres qui ne semblent pas se soucier
quand les fonctionnaires accumulent les intérêts sur les cartes de crédit
gouvernementales ou qu'ils dépassent les forfaits cellulaires à la hauteur de
milliers et de milliers de dollars. Et on a des mesures qui sont mal ciblées,
qui coûtent cher au Trésor public, mais qui sont mal ciblées et qui ne
permettent pas d'aider les Québécois qui en ont réellement besoin. Puis, à
travers tout ça, il y a une première ministre qui ne connaît pas l'état de la
dette au Québec. Et, au-delà de savoir le chiffre, là, ce que ça nous dit, c'est
qu'elle ne s'en soucie pas, c'est que ça ne l'intéresse pas de savoir l'état de...
des finances publiques au Québec. Et ça, c'est particulièrement problématique
quand on fait des annonces préélectorales avec le Trésor public.
Je passe la parole à mon collègue Monsef.
M. Derraji : Merci, André.
Aujourd'hui, j'aimerais vous parler d'un sujet qui nous a tous interpelés hier.
Il y a quelques mois, je suis allé avec notre chef, Charles Millard, pour faire
une conférence de presse devant l'hôpital HMR. Nous en avons parlé avec
beaucoup de professionnels de la santé qui étaient outrés, qui se demandaient pourquoi
ce gouvernement retarde le début des travaux. Hier, à la grande surprise, nous
étions témoins d'une affaire que je peux qualifier de dégueulasse, d'un
gouvernement de fin de régime qui a préféré, qui a préféré laisser un cadeau à la
première ministre que soigner la santé des patients, qui a préféré gagner une
troisième élection que rassurer les gens de HMR et la population québécoise qui
demandait un hôpital digne, un hôpital où on donne des soins, un hôpital où il
n'y a plus de chauves-souris, un hôpital où il n'y a plus de rats, un hôpital
où il n'y a pas de fourmis.
Donc, aujourd'hui, les gens vont le voir,
que, malheureusement, ce gouvernement, il n'a pas à cœur les préoccupations des
Québécoises et des Québécois. Ce qui les intéresse, c'est coûte que coûte gagner
la prochaine élection. Et ça, je le trouve dégueulasse. Merci.
M. Fortin :
On va prendre vos questions.
Journaliste : La moitié des
routes du Québec sont en mauvais état, selon le dernier bilan que fait le
ministère des Transports. 51 % des routes du Québec, en moyenne, reçoivent
la note de D. Et il y a même 31 % des routes sont à E. Le déficit de
maintien d'actif, dans un document qui a été présenté le 14 mai par le
sous-ministre, M. Pellerin, démontre qu'effectivement le DMA est à 31 milliards
et non à 24,5 milliards. Alors, comment vous réagissez à ces informations-là?
On laisse les routes se détériorer au Québec en ce moment, et la facture ne
fait qu'augmenter.
M. Derraji : M. Lacroix, premièrement,
je tiens à vous féliciter parce que vous avez confirmé une information que le
ministre, hier, des Transports ne voulait pas confirmer. Je pense que vous avez
évoqué aujourd'hui une présentation devant 300 personnes au ministère 17923des Transports et la seule personne qui ne
savait rien ou bien qui ne voulait rien savoir, c'est le ministre des
Transports lui-même. Maintenant, revenons sur les faits. On le voit année après
année. Ce que vous avez soulevé, aujourd'hui, dans votre chronique, c'est la
détérioration des routes, c'est l'augmentation flagrante du déficit du maintien
d'actifs et c'est l'état des routes qui est en déroute un peu partout. Et ça,
c'est à l'image de ce gouvernement qui a mal planifié les chantiers, qui n'a
pas pris le temps nécessaire de contrôler l'état des routes et, aussi, injecter
l'argent nécessaire. Et là, on le voit : Regardez la saison des
nids-de-poule, à Montréal, regardez l'ensemble des routes, vous l'avez
mentionné ce matin, en Abitibi, c'est la route où c'est le niveau le plus
catastrophique, on... dans un état très, très mauvais. Donc, encore une fois,
j'espère qu'à partir d'aujourd'hui, le gouvernement ne va pas nous dire :
On va attendre décembre lors du dévoilement du nouveau rapport. Le rapport, il
est public, on le sait, on connaît les chiffres. Moi, ce que je m'attends,
c'est comment on va régler ce déficit du maintien d'actif et si on va le
prendre au sérieux.
Journaliste : M. Girard
vient de dire, en mêlée de presse, qu'il maintient le chiffre de
24,5 milliards, même si le sous-ministre adjoint, M. Pellerin,
confirme, dans le document de présentation, que c'est bel et bien
31 milliards de DMA.
M. Derraji : Bien, je ne
sais pas sur quelle planète M. Girard vit. C'est une présentation d'un
sous-ministre. Donc, aujourd'hui, j'interpelle le ministre des Finances et le
ministre des Transports de nous dire pourquoi ils cachent encore un
600 milliards de déficit dans le maintien... le maintien d'actifs de nos
routes. C'est 31 milliards, qu'on arrête de parler de 25 milliards.
C'est un bon banquier, le ministre des Finances, donc qu'il arrête de jouer
avec les chiffres.
Journaliste : Bien, déjà, à
25 milliards, il y a une question qui se posait et qui se pose encore
davantage, rendus à 31 milliards, c'est : Devant un déficit de
maintien d'actifs aussi énorme, comment peut-on se lancer, là, dès cet été,
avec un appel d'intérêt international pour un gigantesque projet de troisième
lien entre Québec et Lévis? Est-ce qu'on a les moyens de se lancer dans une
aventure comme ça?
M. Derraji : Bien,
écoutez, vous soulevez une question extrêmement importante, et c'est en lien
avec les questions de mes collègues, hier. Vous savez pourquoi ils ne voulaient
pas parler de 31 milliards? Qu'est-ce qu'ils sont en train de faire,
maintenant? C'est distribuer les bonbons, c'est plus vendeur, pour la CAQ, de
distribuer les bonbons que de parler des vrais chiffres. C'est ça que je vous
dis que c'est un gouvernement de fin de régime. Un gouvernement de fin de
régime, il va se soucier de l'argent public. Parce que venir, aujourd'hui,
parler des vrais chiffres, 31 milliards, ça va faire... ça fait peur.
M. Lacroix, tout à l'heure, a mentionné un autre chiffre :
l'explosion des coûts de reconstruction. On parle de 169 milliards, si ma
mémoire, elle est bonne.
Journaliste
: 163...
M. Derraji :
163 milliards, c'est plus que le budget du Québec.
Journaliste : C'est ça, donc,
c'est un autre élément, les coûts explosent, mais donc, si le Parti libéral
prend le pouvoir, là, est-ce que vous, vous... Est-ce que vous poursuivez
l'aventure du troisième lien ou vous dites : Non, on doit s'attaquer
d'abord au DMA?
M. Derraji : Bon, premièrement,
ce qu'on a dit, depuis le début, il faut faire les choses correctement. Et
faire les choses correctement, c'est par étape. Charles Milliard, il était très
clair, c'est étape par étape. Premièrement, l'état des finances publiques, on
le voit, il y a les services essentiels, la santé, l'éducation, qu'on ne peut
pas reculer sur offrir les bons services à la population. Mais, encore une
fois, ce que je déplore aujourd'hui, c'est que le gouvernement essaye de nous
entourlouper, encore une fois. C'est ça qui est extrêmement parlant.
Journaliste : ...répondre à
ma question, par respect, M. Derraji. Est-ce que le Parti libéral juge
qu'il est opportun de poursuivre l'aventure du troisième lien à 10, 15,
20 milliards, avec un DMA de 31 milliards?
M. Derraji : Poursuivre
la réflexion en matière de la mobilité, au niveau de la Capitale-Nationale, est
un grand oui. On ne peut pas, aujourd'hui, parler, que ce soit la
Capitale-Nationale ou la Rive-Sud, qu'il n'y a pas un problème. Je suis
porte-parole en Transports, les gens me parlent, on me parle de Lebourgneuf, on
parle de l'accès au pont. Il y a un réel problème.
Journaliste
: Pour le
troisième lien, vous...
M. Derraji : Non, non,
j'arrive, j'arrive. Non, non, ne vous inquiétez pas, je vais vous répondre,
mais je vais vous répondre d'une manière rigoureuse. Est-ce qu'aujourd'hui, il
y a un problème de mobilité, au niveau de la Capitale-Nationale? La réponse est
oui. Il y a des projets structurants, de la part du RTC, qu'on n'a pas réglés,
que la CAQ n'a pas réglés. Il y a des... des projets structurants, au niveau de
la mobilité, au niveau de la Rive-Sud. Et je vais vous dire ce que notre chef
nous a dit : On ne peut pas enlever la réflexion sur un troisième lien.
Mais est-ce que c'est maintenant, au moment où on se parle? La réponse est non.
Mais on doit garder, dans la réflexion, un lien interrives. On ne peut pas
parler de la mobilité, au niveau de la grande région de la Capitale-Nationale,
sans avoir, comme réflexion, le troisième lien.
Journaliste : Qu'est-ce
qui... je n'ai pas bien compris. Dans le dossier HMR, là, qu'est-ce qui est
spécifiquement dégueulasse?
M. Derraji : Bien, ce
qui est dégueulasse, c'est que François Legault...
Une voix : ...
M. Derraji : Moi aussi,
moi aussi, mais ce n'est pas grave. 17923 Bien,
écoutez, j'étais... j'étais présent, j'étais, oui... Désolé. J'étais avec mon
chef. Nous avons parlé avec les professionnels de la santé. Nous avons vu la
détresse. Vous avez vu les reportages. On voyait des rats et des souris et des
fourmis. François Legault avait l'argent, il savait qu'il avait l'argent. Il a
entourloupé son ex-ministre de la Santé, M. Dubé, il a entourloupé tous les
Québécois. Pourquoi? Parce qu'il voulait laisser un cadeau électoral à la
prochaine première ministre. C'est ça que je trouve...
Journaliste
: Ah!
donc... passer au Conseil des ministres plus rapidement, puisque les sommes
étaient là? C'est ça...
M. Derraji : Si vous avez
l'argent, vous allez tout faire pour le faire passer. Est-ce qu'il y a quelque
chose de plus urgent que régler HMR après tout ce que nous avons entendu? Donc,
c'est là où je trouve ça... C'est un gouvernement de fin de régime, c'est
qu'ils ont préféré laisser un cadeau à la première ministre que régler les
problèmes des patients québécois qui voient la détérioration de l'hôpital, un,
et deux, les coûts explosent. Les gens de la coalition nous disaient : Il
faut absolument aller de l'avant. Si on retarde, c'est des coûts
supplémentaires, mais ces coûts supplémentaires, qui les paient? Ce sont les
contribuables québécois. Et c'est pour cela que je ne trouve aucun cas
qualificatif, en tout respect, à tout le monde, que c'est dégueulasse.
Journaliste
: Toujours
en santé, là, en soins à domicile, il y a un cas, ce matin, d'un jeune Benjamin
Leclerc, qui perd des heures de soins à domicile. Essentiellement, ce qu'on
fait, c'est qu'on réduit les heures ou on les offre à davantage de personnes?
Est-ce que... Puis je ne sais pas si vu le papier.
M. Derraji : Oui, j'ai vu le
papier.
Journaliste
: OK. Bon.
Est-ce que c'est acceptable comme façon de faire? Qu'est-ce que vous en pensez?
M. Derraji : Bien,
premièrement, on a le droit de se poser la question suivante : Est-ce que
le réseau de la santé est humain? C'est cette humanité qu'il faut ramener à ce
réseau. C'est inhumain ce qui se passe à cette personne. Moi, j'ai des gens que
je connais personnellement qui me parlent de la réduction des heures en soins à
domicile pour des personnes handicapées. Je connais personnellement quelqu'un
qui m'écrit chaque semaine, qui me parle des situations pareilles. Ce qui est
un peu troublant, c'est qu'on voit que Mme Fréchette a annoncé récemment
l'augmentation de quelques heures en soins à domicile, mais on laisse tomber
déjà des gens qui demandent des heures supplémentaires. Donc, ce que j'espère,
j'espère que ce cas sera un cas isolé et qu'on va le régler le plus tôt
possible. C'est un système qui nous coûte 57 milliards de dollars. On
ne peut pas tolérer qu'au Québec une société riche, que des gens pareils
souffrent en attendant des soins à domicile. C'est des gens très vulnérables.
Journaliste
: Votre
chef, hier, était... hier, si je ne m'abuse, était à Toronto. On est à quelques
semaines des élections. Pourquoi faire une priorité d'aller faire un discours
là-bas?
M. Fortin :
Bien, d'abord, d'abord, parce que l'Ontario, c'est un partenaire économique
majeur. L'Ontario, nos échanges commerciaux avec l'Ontario, l'exportation de
bière vers l'Ontario, c'est 15 fois la taille de ce qu'on exporte, par
exemple vers la France. Alors, il y a des liens à bâtir. Charles Milliard,
c'est un chef à saveur économique. Et l'économie est au cœur du Parti libéral
du Québec et de ce qu'on veut proposer aux Québécois. Alors, d'être capable
d'envoyer un signal que nous, on veut tisser cette relation-là, qu'on pense
qu'il y a davantage à faire avec la province de l'Ontario, que le commerce
interprovincial, c'est quelque chose qui peut être porteur pour l'économie
québécoise.
Nous, quand on voit, par exemple, que
l'Ontario signe des accords de libre-échange ou de commerce interprovincial
avec le Nouveau-Brunswick, avec la Nouvelle-Écosse, qui passe essentiellement
par-dessus le Québec, on se dit : Bien, voyons, c'est un de nos
partenaires économiques majeurs. On a besoin d'envoyer un signal aux Québécois
que, nous, on veut en faire davantage avec l'Ontario, qu'on peut faire
prospérer notre économie en travaillant avec l'Ontario, et envoyer un signal à
l'Ontario que le Québec est ouvert à une meilleure relation économique.
Journaliste
: Were you surprised yesterday
when Mme Fréchette didn't have the answers to your questions in crédits?
M. Fortin : I was surprised, I was surprised because, first of all, she was
Minister of the Economy for many years. Now, she's the Premier of the province.
She has been announcing a whole series of measures that do affect the deficit
and eventually the weight of the Québec debt. And, for her, not to know the
level of Québec debt means that
there's no consideration on her part, on her Government part about what we are
transmitting to future generations, what we are leaving for future generations
We are going to have to pay for that debt, eventually, but the fact that we
don't… the Premier of the province doesn't even now the level of the debt right
now, it tells you that there's… all that matters is: How can I win points in the
short term? What can I announce in the short term and not the long term good of
the province and its public finances.
Journaliste
: Of all the information that a premier should know, those numbers,
where would you rank that in terms of importance of knowing those numbers?
M. Fortin : It's at the top of the list. I mean, I'm one of the people who
think that we should have a running meter here at the National assembly of what
the debt... what the debt stands at. Every time we announce something, every
time we propose something, we have to measure it against is the short-term gain
worth the long-term pain that we are imposing by... by adding to the public
debt.
So, not knowing where we
are at, not knowing what we're passing on to future generation is a problem,
and I hope the premiere recognizes that now if she didn't for the past four
years that she's been here at the assembly.
Journaliste
: Un commissaire de la langue française released a report yesterday
talking about English on government website, saying... sort of denouncing that
you could still like click English on websites like Hydro-Québec,
and SAAQ, and easily get access to English without proving you have any
exemptions are whatever.
Do you... What do you think of that? Do you think that the government should remove
more English from its websites?
M. Fortin : I think we're going to start by looking at the report itself. I understand
there are recommendations in the report, but we haven't had... I haven't had
the chance to look at it thoroughly. Yesterday was a big day, as you know we
were in credits, so... But we will look at it and get back to you. Absolutely.
Des voix : Merci.
(Fin à 9 h 02)