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Point de presse de M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du troisième groupe d’opposition, et Mme Marie-Karlynn Laflamme, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’infrastructures

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Tuesday, June 2, 2026, 10 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures trente et une minutes)

M. St-Pierre Plamondon : Bonjour, tout le monde! Alors, quelques sujets avant de commencer sur vos questions.

Premièrement, juste souligner qu'à travers toutes les annonces tous azimuts du gouvernement dans cette démarche, là, dépensière et électoraliste dont on est témoin, il ne faut pas éluder qu'en huit jours on aura eu huit départs de la CAQ, ce qui est quand même un véritable sujet. Ça veut dire neuf départs depuis l'arrivée de Christine Fréchette. Et on a fait le total ce matin du nombre de partielles perdues, de départs comme indépendants et de personnes qui ont affirmé ne pas se représenter, et, à la CAQ, on est rendus à un total de 36 personnes qui ne reviennent pas pour zéro annonce de candidature.

Donc, ça me semble est une dynamique qui est pertinente, lorsqu'on regarde les trajectoires des partis. On fait souvent plusieurs analyses sur les sondages, mais regardez du côté du Parti québécois, on est rendu à 48 candidatures. Et ça s'accélère. Et donc, ça, c'est un point qui, je pense, est aussi structurant que d'autres indicateurs, comme le financement et les sondages.

Aussi, aujourd'hui, je pense que c'étaient les propos de Christine Fréchette, qu'elle veut accélérer la cadence des dépenses, puis que c'est une première annonce à Chicoutimi, il y en a d'autres aujourd'hui, que ça va continuer. Et, dans le sauve-qui-peut électoral qui amène Christine Fréchette à faire essentiellement comme François Legault, c'est-à-dire dépenser sans compter, 19289 donner l'impression qu'on règle les choses quelques semaines avant le rendez-vous électoral. C'est important de rappeler que c'est un modus operandi qu'on nous a fait souvent avec la CAQ. Et je vous rappelle — parce que, des fois, on ne se souvient pas — quelques faits, comme la partielle de Marie-Victorin, que le Parti québécois avait perdu de justesse. Quelques jours avant le scrutin, François Legault promettait le REM du Sud. Il était même capable de dire la couleur de la peinture du REM du Sud. Est-ce que vous avez déjà vu un REM du Sud? Non. Dans Jean-Talon, on nous annonçait Northvolt quelques jours avant le scrutin. Dans Terrebonne, c'était le REM de l'Est qui, évidemment, n'a pas eu lieu. REM de l'Est, qu'on a annoncé à chaque élection. Dans Arthabaska, on annonçait des nouvelles cliniques qui avaient déjà eu lieu. Combien de fois est-ce qu'on a annoncé le troisième lien? Et, on s'en va à la CAQ, vraisemblablement, sur des annonces d'investissements nouveaux dans le troisième lien et dans d'autres projets qui n'ont jamais eu lieu.

Donc, c'est important de voir la séquence actuelle qui est dépensière, mais presque magique, là, où tous les problèmes se règlent puis on annonce des millions dans toutes les directions. De le voir dans le modus operandi à laquelle la CAQ nous a tous habitués, à savoir acheter des votes quelques semaines avant l'élection, avec des annonces qui, finalement, ne se matérialiseront pas nécessairement une fois rendu de l'autre côté de l'élection. Et je pense que les Québécois sont désormais très conscients que c'est la manière d'opérer de la CAQ et que ça a posé problème. On voit aussi que la machine fédérale semble très intéressée à jouer un rôle, ou, en tout cas, s'intéresse à la prochaine élection québécoise.

Et, dans le cadre de ces ententes qu'on annonce aujourd'hui, j'aimerais quand même qu'on ait vérifié le contenu des ententes, parce qu'il y avait une raison pour laquelle un certain nombre de dossiers n'avançaient pas au cours des dernières années, à savoir que le fédéral voulait poser des conditions et choisir à la place de l'Assemblée nationale dans certains champs de compétence du Québec. Donc, il faudra aller voir aussi. Ces annonces-là, certes, elles l'ont... elles ont eu lieu juste avant l'élection, à des fins électoralistes, mais quel est le dénouement de négociations qui n'avançait pas parce que le fédéral ne respectait pas l'Assemblée nationale? Ça me semble être une question qu'on doit minimalement poser. Mais sinon, je trouve que la manière d'opérer de Christine Fréchette est identique à celle de François Legault, c'est-à-dire sortir le chéquier, sortir les promesses, juste avant l'élection, de manière à nous faire oublier qu'en fait il ne s'est rien passé pendant huit ans et de manière peut-être à suggérer qu'après l'élection, tout va continuer à fonctionner alors... Combien de fois la CAQ a fait l'inverse après ces promesses-là? Donc, ça me semble étrangement similaire avec ce que la CAQ a toujours fait.

Journaliste : ...aujourd'hui, M. Plamondon, vous laissez entendre que le fédéral va faire cinq annonces? Il a confirmé un montant tout à l'heure, 10 milliards de dollars, uniquement pour vous nuire à la prochaine élection.

M. St-Pierre Plamondon : Je n'ai jamais dit «uniquement». Est-ce que le fédéral s'intéresse à l'élection québécoise? Et est-ce que je vous ai dit mot pour mot il y a un mois : Attendez-vous à ce que le fédéral, tout d'un coup, devienne très généreux avec la CAQ à l'approche des élections? Je vous l'ai prédit mot pour mot il y a un mois. Ce n'est peut-être pas le seul facteur. Un autre facteur, c'est : Est-ce que Christine Fréchette a vraiment gardé toutes les revendications que François Legault avait, ou est-ce qu'on a laissé aller certains principes au niveau du fédéral qui tente de décider à notre place dans nos champs de compétence? Moi, je dis : Allez voir l'entente, mais on ne peut pas fermer les yeux sur le fait que, comme par magie, ces dossiers-là et cet argent-là commencent à couler juste avant l'élection, exactement comme les autres scrutins où la CAQ nous présente des troisièmes liens, nous présente des Northvolt, nous présente des chèques généreux juste avant les élections et traite ainsi la population comme de la marchandise électorale, pour ensuite faire l'inverse après l'élection.

Journaliste : ...vous parlez de marchandise électorale. Donc, vous dites qu'ils viennent s'immiscer, là. Le fédéral vient s'immiscer dans l'élection provinciale.

M. St-Pierre Plamondon : Le gouvernement fédéral a clairement beaucoup d'intérêt pour l'élection qui vient au Québec. Mais, quand je parle de marchandise électorale, je parle du comportement de la CAQ qui, de manière répétée, écrit des chèques, fait des promesses, dépense sans compter avant l'élection puis, après l'élection, fait exactement l'inverse. Mais ça fait combien de fois qu'ils font ça? Donc, Christine Fréchette est totalement dans la lignée, dans le comportement typique de François Legault, à la différence près. Il va falloir aller le vérifier qu'avec Christine Fréchette, il y a des risques que les revendications légitimes du Québec soient mises de côté pour arriver à une entente et pouvoir s'en servir à des fins électorales.

Journaliste : C'est quoi, les conditions qui seraient inacceptables de la reddition de comptes, par exemple? Ça, ce n'est pas quelque chose qui... que vous accepteriez? Mon collègue Sébastien Bovet faisait référence aussi à Bernard Landry, à un moment donné, qui avait refusé un financement pour l'aquarium, étant donné que le... le fédéral voulait comme avoir sa visibilité, puis il voulait qu'on indique qu'il finançait, là, tu sais. Il peut y avoir ce genre...

M. St-Pierre Plamondon : Mais je ne pense pas qu'on est là-dedans, ici, là.

Journaliste : OK...

M. St-Pierre Plamondon : ...dans de la visibilité, c'est compliqué. Parce qu'essentiellement le fédéral veut centraliser les décisions puis affaiblir les parlements de chaque province en décidant à la place de ces parlements-là. Comment qu'on s'y prend? On pige dans la poche des Québécois. Puis, une fois que l'argent est rendu à Ottawa, on dit : Si vous voulez ravoir votre argent dans votre champ de compétence, vous allez remplir les conditions que nous, on vous impose. Ce qui est évidemment inacceptable, mais aussi anticonstitutionnel, là. C'est une fraude de la Constitution du Canada, qui ne prévoyait pas ce genre d'ingérence et d'abus de pouvoir. Donc...

Journaliste : ...par exemple, c'est-tu quelque chose que vous trouvez qui est exagéré?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, avant de se prononcer, moi, je veux le détail de l'entente pour voir s'il y a un recul sur la position historique de la CAQ. Il n'y en a peut-être pas. Mais, ce que je dis, c'est qu'il faut prendre ces annonces-là, qui pleuvent à coups de centaines de millions de dollars, dans toutes les directions, en perspective de ce que la CAQ a toujours fait, signer des chèques, donner des cadeaux, faire des annonces irréalistes puis, après les élections, arriver avec des changements de cap inexplicables et très décevants. Et je pense que, là, on est rendus à un point où cette façon de faire de la politique, les gens... veulent que ça change, n'en veulent plus, de ça. Et c'est... pour moi, important... pour moi, de juste le remettre en perspective. Parce qu'on se rendait compte ce matin, dans notre préparation, que dans chaque partielle et à chaque élection générale, ils refont exactement le même modus operandi. Et...

Journaliste : ...pas vraiment la même chose, dans le sens où c'est l'argent du gouvernement fédéral.

M. St-Pierre Plamondon : Ce n'est pas que l'argent du gouvernement fédéral. Ce sont des projets qui sont financés d'abord et avant tout par le gouvernement du Québec, et dans le cadre duquel on a fait des promesses fermes et solennelles à chaque élection pour arriver avec un bilan qui est complètement vide. Et là, évidemment, c'est là que je pense qu'il y a une volonté, du côté du fédéral, d'aider là où on peut pour prévenir. C'est ce que je vous ai dit il y a un mois, là. Je vous ai dit : Attendez-vous à ce que le fédéral s'implique pour tenter de prévenir un gouvernement indépendantiste. Mais le bilan de la CAQ demeure le même, c'est-à-dire l'ensemble vide. Et c'est trop facile d'arriver quelques semaines avant l'élection puis dire : Eille! Voulez-vous des millions? Millions ici, millions là, millions ici, millions là. Puis on le sait, ce qu'ils vont faire après l'élection. Ils vont simplement changer de cap, dire : Les circonstances ont changé. Puis c'est...

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : Bien, le tramway, c'est...

Journaliste : ...c'est bien, j'imagine? Vous êtes favorables à ça?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est-à-dire que c'est notre argent, puis je ne veux pas qu'on traite le retour de nos impôts comme un miracle. Je veux qu'on le voie dans la perspective du bilan de la CAQ, qui a fait eux-mêmes dérailler le projet de tramway en refaisant eux-mêmes la carte à la main au Conseil des ministres, qui ont encouru des délais et des coûts astronomiques à en refaire les études et n'en plus finir. Puis là on arrive après huit ans de caquisme, il n'y a rien de fait, comme dans tous les autres projets. Puis il suffirait d'étaler les promesses de millions de dollars quelques semaines avant les élections? Non. Tu sais, à un moment donné, ça suffit. Ce n'est pas normal et ce n'est pas une façon de gouverner. Et c'est la même façon de gouverner que François Legault. Il n'y a rien qui a changé.

Journaliste : ...du Parti québécois ferait différemment dans la relation, justement, avec le gouvernement fédéral sur le financement des projets d'infrastructure, si vous prenez le pouvoir? Comme est-ce que vous iriez négocier avec Ottawa? Est-ce que vous laisseriez l'argent... l'argent là-bas? Qu'est-ce que vous feriez?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, vous connaissez nos positions, là. Nous, on ne trouve pas ça normal de quémander pour notre argent et d'avoir un gouvernement de trop abuser de son pouvoir en imposant des conditions.

Journaliste : ...un référendum gagnant, qu'est-ce que vous faites...

M. St-Pierre Plamondon : Donc, d'ici... d'ici à ce que le Québec devienne un pays, on va mener les dossiers pour obtenir un maximum pour le Québec. Et historiquement, lorsqu'il y a un parti indépendantiste au pouvoir, l'ironie ou le paradoxe, c'est qu'il y a plus d'offres raisonnables du fédéral, qui est obligé, comme dans le cas de l'Alberta, vous l'aurez noté, là, ils ont la même approche aux deux endroits... ils sont obligés de tenir compte qu'il y a une démarche sérieuse de se sortir de l'abus de pouvoir fédéral. Donc là, l'abus devient moindre, la générosité devient plus grande. On l'a vu dans les autres périodes qui ont mené à des référendums. C'est un peu paradoxal parce que malheureusement, ça peut finalement nuire à l'élan pour qu'on décide par nous-mêmes puis qu'on soit un peuple normal, qui gère son propre budget. Parce qu'on finit par démontrer que : Ah! le fédéralisme fonctionne. Mais, si on regarde l'histoire plus longue, il fonctionne de manière conjoncturelle, en fonction de l'échéance électorale d'un gouvernement indépendantiste ou d'un référendum. Mais, quand ces mouvements-là sont faibles, on l'a vu sous Legault, on l'a vu sous Couillard...

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : Je veux juste finir. On l'a vu sous Legault puis sous Couillard, quand il n'y a pas de levier de négociation, le Canada se moque des intérêts du Québec. Puis c'est assez grossier.

Journaliste : ...vous prémunir du fait que votre... si vous prenez le pouvoir en 2026, votre simple présence à Québec, selon vous, fera fonctionner le fédéralisme?

M. St-Pierre Plamondon : Il faut vivre avec ça. Tu sais, moi, je travaille pour le Québec, à la base, tu sais. À court terme, si du financement, qui est notre argent, nous revient, on va aller le prendre, là. On va aller...

il ne faut pas non plus... Il faut une approche qui est cohérente, mais qui, à court terme, est dans l'intérêt de projets ou de la population.

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : Mais... mais ce que j'essaie de faire, c'est une pédagogie sur 30, 40 ans de ce qu'on a observé pour qu'on prenne un pas de recul puis on dise : On a déjà joué dans ce film-là et c'est ça.

Journaliste : Danielle Smith va être à Québec cette semaine, allez-vous la rencontrer?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, nous, on n'a fait aucune demande dans ce sens-là. Je ne pense pas qu'on a de demande non plus.

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon : Bien, vous... on n'a pas fait de démarches en ce sens-là, là. C'est... de la même manière, en passant, que quand je suis allé en Alberta... quand je suis allé en Alberta, je n'ai pas rencontré non plus Danielle Smith. Donc, je pense que ce genre...

Journaliste : ...discuté avec elle?

M. St-Pierre Plamondon : Je pense que, sur le plan diplomatique, ce sont des questions qui vont se poser avec plus de pertinence après l'élection, dépendamment de qui représente et parle au nom du Québec. Dans l'intervalle, évidemment, on le voit, là, c'est qu'il y a des protocoles de qui tu peux rencontrer puis comment c'est interprété. Donc là, on n'est pas dans cette zone-là. Puis, mettez-vous à ma place aussi, là. Il y a certaines relations que je peux cultiver pour préparer un gouvernement, mais il y a d'autres relations qui attendent d'avoir une... tu sais, un résultat électoral entre les mains. Ma job, en ce moment, c'est de me préparer à... au meilleur rendement du Parti québécois aux prochaines élections. Puis, là-dessus, c'est là-dessus je mets mon temps.

Journaliste : ...rassemblement à Shawinigan, M. St-Pierre Plamondon. On constate aussi ce matin qu'il y a eu un graffiti haineux envers les musulmans qui a été fait, là, dans un parc de Québec. Qu'est-ce qui se passe avec le vivre-ensemble au Québec en ce moment?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, avant de ne parler que du Québec, rappelons ce qui s'est passé à Shawinigan, parce que, bien, premièrement, constatons que c'est condamné de manière unanime et instantanée. Ça, c'est un premier signe de qui est le Québec puis comment on pense. Constatons ensuite qu'on fait référence à la couleur de peau blanche dans un slogan qui est tenu par des gens cagoulés, qui sont une vingtaine. Se pose la question : Qui sont ces personnes-là et qu'est-ce qui se passe? Et là-dessus, bien, je veux quand même... en tout cas, ma compréhension, à ce stade-ci de l'enquête journalistique, c'est qu'on est devant une organisation canadienne qui existe et qui a des cellules partout au Canada, qui est peut-être reliée aux États-Unis et qui veut lancer un chapitre, ouvrir une cellule au Québec.

Les drapeaux présents étaient des drapeaux canadiens loyalistes, là, dans... c'est-à-dire l'ancien drapeau du Canada de... du temps de la monarchie britannique, de même que des drapeaux de cette organisation-là qui s'appelle Second Sons of Canada. Donc, qui est véritablement derrière ça? Je pense qu'il faut unanimement condamner, mais se poser des questions sur quelle est l'organisation puis pourquoi ils étaient là, qui tenait cette bannière-là véritablement. Mais je pense que la réaction politique et sociale du Québec me semble très coordonnée et unanime sur le fait qu'on n'en veut pas puis que, si ça existe dans le reste du Canada, peut-être on devrait questionner le reste du Canada sur pourquoi eux ont ces mouvements-là puis qu'est-ce que ça dit sur...

Journaliste : ...des groupes comme ceux-là... Puis, encore... encore une fois, je reviens aussi au graffiti, là, qui a été constaté à Québec.Qu'est ce qui fait en sorte que des groupes comme ceux-là se sentent confortables de tenir des discours comme ceux-là au Québec?

M. St-Pierre Plamondon : On est devant une polarisation de notre société. Il y avait une manifestation, à l'autre extrême, récemment, où on est-ce qu'on pendait un Juif avec un chandail du Canadien à côté dans une manif. Tout l'Occident est secoué par la polarisation des débats. Tout ce qu'on peut faire...

Journaliste : ...par exemple, on a entendu Jean-François Roberge en fin de semaine... Oui, mais je reviens sur la... je parle... je vous parle de la religion...

M. St-Pierre Plamondon : ...entre les Second Sons of Canada puis la laïcité québécoise, là.

Journaliste : ...Jean-François Roberge, il dit qu'il ne faut pas devenir des radicaux de la laïcité. Est-ce que vous êtes en train de devenir un radical de la laïcité?

M. St-Pierre Plamondon : ...non, non, mais je veux juste finir, parce que, là, ce ne sont pas les mêmes sujets, mais absolument pas. Donc, il y a une polarisation partout en Occident. Mon espoir, c'est que le Québec, qui a quand même un historique de n'être pas parfait, mais un peu plus modéré que d'autres endroits dans le monde, à plusieurs périodes de notre... des histoires, notamment les guerres mondiales, là... Je souhaite qu'on garde le cap et qu'on condamne le plus possible les polarisations aux deux extrêmes et qu'on demeure dans le dialogue sur les politiques publiques. Et je pense qu'on est capables de mener la prochaine élection avec cet objectif-là.

Maintenant, sur la... Vous vous...

Journaliste : ...j'aimerais ça poursuivre...parce que la police de Québec nous dit... ils ont vu plusieurs fois des graffitis similaires avec des propos spécifiquement à l'endroit des musulmans, vraiment sur ce même thème, là.

M. St-Pierre Plamondon : Qui? Qui, si c'est plusieurs fois...

Journaliste : ...la police de Québec.

M. St-Pierre Plamondon : Non, évidemment, mais ce n'est pas eux qui l'ont fait. Qui est derrière le graffiti? Est-ce que c'est récurrent?

Journaliste : On n'a pas d'indications à cet endroit-là. Mais le graffiti a été partagé aussi sur les réseaux sociaux, puis des commentaires appuient ces propos-là. Est-ce que vous pensez qu'il y a de l'islamophobie au Québec?

M. St-Pierre Plamondon : Il faut les condamner, il faut les condamner de manière systématique. Il y a de l'intolérance qui va s'exprimer dans certains groupuscules, aux deux extrêmes, puis ce qu'on doit faire c'est condamner unanimement, et je dois mentionner que c'est précisément ce que le Québec vient de faire. Et si le reste du Canada essaie d'installer des cellules qui vont faire des gestes comme ceux-là, à répétition, parce que tu n'as pas besoin de beaucoup de personnes dans une société pour arriver à des choses comme celles-là, il me semble, le mieux qu'on peut faire c'est d'être unis puis faire un front commun, en disant : Ça, on n'en veut pas. Et on peut se distinguer, surtout si c'est une organisation canadienne qui essaie d'implanter une cellule au Québec, alors qu'elle n'existe pas.

Le Modérateur : On va prendre une dernière en français.

Journaliste : ...exprimer sur...

M. St-Pierre Plamondon : Oui, bien, vous vous souviendrez que la CAQ a... ne s'est jamais gênée pour les superlatifs, là. Il y avait Simon Jolin-Barrette, une fois, qui avait dit que je m'en prenais à des enfants parce qu'on prônait la laïcité. Là, en désespoir de cause, et c'est vraiment le thème des semaines... de la semaine dernière et de la semaine qui vient, de la CAQ, en désespoir de cause, Jean-François Roberge parle de positions radicales, alors que notre vision de l'éducation, qui correspond à plusieurs pays, qui... notamment, dans certains pays, l'uniforme à l'école est simplement la norme, nous, on dit : On n'est pas dans l'uniforme obligatoire pour toutes les écoles, mais le fait de donner un endroit qui permet à tous les enfants d'être simplement des enfants, sans connotation religieuse, et politique, et autres, permet un environnement qui est davantage propice à... au lien, à l'intégration, au lien entre les personnes.

Donc, notre position, elle est fondée sur ce qu'on observe ailleurs dans le monde, elle n'est pas radicale si on compare à plusieurs pays d'Occident à ce niveau-là. Et de parler de radicalité, moi, je vous répète que ça parle davantage de la posture un peu désespérée, à ce stade-ci, de la CAQ.

Journaliste : Juste une... sur la loi 101 et les employés municipaux. On apprend ce matin que, bien, les employés, ils devront désormais s'assurer que les commerces, que les commerçants soient conformes à la loi 101 avant tout achat dans les municipalités. Bon, on parle souvent de l'État lasagne, on ajoute une couche, alors les municipalités ont déjà réagi ce matin en disant : Ça va coûter cher, il va falloir engager du monde, il va falloir faire de nouvelles vérifications. Est-ce qu'on va trop loin? Avec la loi 101, est-ce qu'on va trop loin?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, sur celle-là, oui. Là, ce que la CAQ est en train de faire, c'est mettre sur les épaules des villes le soin de faire appliquer une loi au moment d'acheter des vis ou un débouche-toilette. C'est ça, la vérité. Et ce ne sont pas les villes, les particuliers qui sont en charge, dans une société, de faire appliquer la loi. Donc, ça peut être le commerçant, qui a la responsabilité de vendre des items qui sont conformes à la loi, et ça peut être des mécanismes d'inspection auprès des producteurs ou de la chaîne. Mais de dire à l'acheteur : Finalement, nous, on se lave les mains de l'application de la loi, puis c'est toi, l'acheteur, qui va devoir vérifier si ta vis était écrite en français, à mon avis, on est complètement dans l'erreur, là. Ce n'est pas ça non plus qui va faire que le français va progresser au lieu de décliner.

Rappelons que, sous la CAQ, pendant qu'on faisait ce genre de mesures là, comme les courriels en bilingue aussitôt qu'il y a trois personnes là, pendant ce temps-là, on a connu le pire déclin du français de l'histoire récente du Québec. Donc, ça témoigne d'une formation politique qui est toujours dans l'image, et pas beaucoup dans la vision et la réflexion sur la qualité des politiques publiques.

Le Modérateur : On va passer en anglais.

Journaliste : On the agreements that Mr. Carney and Ms. Fréchette will announce in Longueuil in the middle of the afternoon, Mr. Carney said that it was a great day for Québec, with close to $10 000 billion that will be announced, don't you think that citizens want to see results?

M. St-Pierre Plamondon : Well, it's our own money, so let's put results between two... guillemets...

Une voix : ...

M. St-Pierre Plamondon : ...between two quotation marks. Those moneys have been sleeping in negotiations that went nowhere for the past seven years. Why, all the sudden, our money would get back to us and allow us to go ahead with projects that never 19289 worked under the CAQ. Two factors. First of all, I think the federal government is suddenly very interested in Québec and in the results of the upcoming elections, and they have had the same stance in Alberta of just being more generous and more considerate in order to prevent any national unity issue.

Journaliste : ...manipulation.

M. St-Pierre Plamondon : I haven't said that. I said that they're very much interested in the result, and, all of a sudden, they're very generous. And second point, there was a reason why the CAQ didn't sign those agreements for seven, eight years, and that reason is abuse of power by the federal within the decision-making powers of the Assemblée nationale du Québec. So, we need to go and verify what happened with those debates, why all of a sudden everything seems to... So, we need to see if we did sustain the historic and normal legitimate stances, positions of the National Assembly, namely that our money should come back without condition when it's within our powers. So, we need to verify that as well.

But, as a whole, I would just mention that the CAQ making very generous announcements on projects that were never done a few weeks before the election has been the constant modus operandi of that party for a decade now, and it's always been the same result. A few weeks before they write checks, they make announcements. Millions are flowing everywhere. It doesn't make sense from a budget standpoint. Even the minister of Finance said it doesn't make sense. And, after the election, what they do, they change their course. They say : Oh no, finally, we're not going to do this and this, we'll have to revise the budget. So, I mean, we've been through this already, and I think right now, in Québec, people are aware that the CAQ does do that a few weeks before the election, and they want a change in terms of reliability because they're not reliable at all.

Journaliste : So, how would you do better?

M. St-Pierre Plamondon : «Prévisibilité», foreseeability, constant consistency, and if you have announcement and good work that you want to put ahead, it's not normal that you wait a few weeks before the election with nothing done over the past four and eight years preceding your announcement. And I think we can obviously do better at... in that sense.

Journaliste : ...there's a protest today outside about Bill 23, on involuntary hospitalizations. What's your view on the bill? Is it raising the bar too low or lowering the bar too much in terms of...

M. St-Pierre Plamondon : On what? I didn't hear...

Journaliste : Bill 23, involuntary hospitalizations of mental people, mental crises. The protesters are saying that the bill is being lowered too much.

M. St-Pierre Plamondon : I think there's a few issues with that bill, and I've been inquiring, but I'm not... I don't have the answers already. Namely also that I think the Court of Québec was in charge of those determinations and it would be sent now to the administrative tribunal, which also raises questions of guarantees and equity in the process. So, I'll come back on that.

But just one point I didn't make because it's so dense. So, we... sometimes we... So, I made a mention of the candidates of the CAQ and people leaving. There's also another thing that we need to think about. Have you seen the number of bills that are not very far in the process with two weeks to go? I mean, how many of those bills are currently on the table for a resolution and a final result before the Saint-Jean-Baptiste, before the national... There's no time left.

Journaliste : That are close to being voted on, but the rest, no?

M. St-Pierre Plamondon : Well, it depends, you mean...

Journaliste : Projet de loi n° 10.

M. St-Pierre Plamondon : Yes, this one, the Constitution?

Journaliste : The Constitution, not your vote, no.

M. St-Pierre Plamondon : No, but, I mean, they... OK, maybe I'm not clear. Look at all the bills that are still in some process, they're not close, maybe, but there are numerous bills that are supposed to happen. I mean, with a few weeks to go, look at the capacity of really doing a serious job, think about Santé Québec, the Christmas where we were all for an all-nighter in... trying to see where there are flaws in the law, it was just a mess of «précipitation», of being rushed. And it looks like a similar pattern where we're trying to work on numerous bills with two weeks to go, and we're obviously not far enough in the process to have a serious and rigorous work on those issues. So, that's also a topic, I think, in terms of what's the real «bilan», what's the real...

Journaliste : ...about to CAQ. Because you may have two more bills that will be tabled, one this week to extend Bill 101 to adult education and vocational programs, and maybe another one to ban energy drinks. So, it's not even over, the menu is not closed yet.

M. St-Pierre Plamondon : No. And it doesn't fit. But it's the same good old CAQ. Whether it's in the modus operandi of signing cheques and announcing millions everywhere on things that should have been done over the past eight years, or whether it is through bills that have not been worked on, and that they will rush and do a very dubious work in terms of rigour, it's the good old... it's the same CAQ. I mean, it's... that is for sure at this tense... at this point. It's the same CAQ, with 36 elected members of Parliament missing, and no new persons. That's what it is.

Journaliste : ...est-que vous pensez qu'il va y avoir plusieurs bâillons? C'est ça que vous craignez?

M. St-Pierre Plamondon : C'est-à-dire que je ne sais pas s'ils vont finir en bâillon. Je fais juste nommer que dans notre lecture de ce qui se produit en ce moment, on doit nommer le nombre de projets de loi qui existent, avec deux semaines à faire, et le risque qu'on a déjà connu avec Stablex, avec Santé Québec et plein d'autres situations, où on nous a fait des trucs de dernière minute, bâclés. Regardez le nombre. Il reste deux semaines. Puis là, les projets de loi... Puis, je veux dire, on n'est pas avancés. C'est la bonne vielle CAQ qui n'est pas capable de prévoir, qui n'a pas de vision, qui arrive à la dernière minute et qui bâcle le travail puis, pendant ce temps-là, qui signe des chèques puis fait des annonces de millions de dollars pour essayer d'acheter la population, les électeurs, comme si c'était de la marchandise électorale. Ça n'a pas changé. Ils opèrent exactement de la même manière que sous François Legault.

Journaliste : Just your reaction to the white supremacist... that took place a couple days ago.

M. St-Pierre Plamondon : I think you saw an immediate reaction of everyone in Québec, saying : We don't want that and it's not acceptable. What we understand at this point is that it's a Canadian organization by the name of Second Sons of Canada, who is trying to open a chapter in Québec. And so, in front of that, before that, we need just to be very firm. Of course, it's only 20 persons. How many are Québeckers, how many are from those chapters in Canada, we don't know. But the objective was to have a stunt, a publicity so as to maybe draw people to that organization. And we need to be firm to the fact that it's not representative of Québec and it's not acceptable.

Le Modérateur : Merci.

(Fin à 11 heures)