Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Dix heures trente et une minutes)
M. St-Pierre Plamondon : Bonjour,
tout le monde! Alors, quelques sujets avant de commencer sur vos questions.
Premièrement, juste souligner qu'à travers
toutes les annonces tous azimuts du gouvernement dans cette démarche, là,
dépensière et électoraliste dont on est témoin, il ne faut pas éluder qu'en
huit jours on aura eu huit départs de la CAQ, ce qui est quand même un
véritable sujet. Ça veut dire neuf départs depuis l'arrivée de Christine
Fréchette. Et on a fait le total ce matin du nombre de partielles perdues, de
départs comme indépendants et de personnes qui ont affirmé ne pas se
représenter, et, à la CAQ, on est rendus à un total de 36 personnes qui ne
reviennent pas pour zéro annonce de candidature.
Donc, ça me semble est une dynamique qui
est pertinente, lorsqu'on regarde les trajectoires des partis. On fait souvent
plusieurs analyses sur les sondages, mais regardez du côté du Parti québécois,
on est rendu à 48 candidatures. Et ça s'accélère. Et donc, ça, c'est un
point qui, je pense, est aussi structurant que d'autres indicateurs, comme le
financement et les sondages.
Aussi, aujourd'hui, je pense que c'étaient
les propos de Christine Fréchette, qu'elle veut accélérer la cadence des
dépenses, puis que c'est une première annonce à Chicoutimi, il y en a d'autres
aujourd'hui, que ça va continuer. Et, dans le sauve-qui-peut électoral qui
amène Christine Fréchette à faire essentiellement comme François Legault, c'est-à-dire
dépenser sans compter, 19289 donner
l'impression qu'on règle les choses quelques semaines avant le rendez-vous
électoral. C'est important de rappeler que c'est un modus operandi qu'on nous a
fait souvent avec la CAQ. Et je vous rappelle — parce que, des fois,
on ne se souvient pas — quelques faits, comme la partielle de Marie-Victorin,
que le Parti québécois avait perdu de justesse. Quelques jours avant le
scrutin, François Legault promettait le REM du Sud. Il était même capable de
dire la couleur de la peinture du REM du Sud. Est-ce que vous avez déjà vu un
REM du Sud? Non. Dans Jean-Talon, on nous annonçait Northvolt quelques jours
avant le scrutin. Dans Terrebonne, c'était le REM de l'Est qui, évidemment, n'a
pas eu lieu. REM de l'Est, qu'on a annoncé à chaque élection. Dans Arthabaska,
on annonçait des nouvelles cliniques qui avaient déjà eu lieu. Combien de fois
est-ce qu'on a annoncé le troisième lien? Et, on s'en va à la CAQ,
vraisemblablement, sur des annonces d'investissements nouveaux dans le
troisième lien et dans d'autres projets qui n'ont jamais eu lieu.
Donc, c'est important de voir la séquence
actuelle qui est dépensière, mais presque magique, là, où tous les problèmes se
règlent puis on annonce des millions dans toutes les directions. De le voir
dans le modus operandi à laquelle la CAQ nous a tous habitués, à savoir acheter
des votes quelques semaines avant l'élection, avec des annonces qui,
finalement, ne se matérialiseront pas nécessairement une fois rendu de l'autre
côté de l'élection. Et je pense que les Québécois sont désormais très
conscients que c'est la manière d'opérer de la CAQ et que ça a posé problème.
On voit aussi que la machine fédérale semble très intéressée à jouer un rôle,
ou, en tout cas, s'intéresse à la prochaine élection québécoise.
Et, dans le cadre de ces ententes qu'on
annonce aujourd'hui, j'aimerais quand même qu'on ait vérifié le contenu des
ententes, parce qu'il y avait une raison pour laquelle un certain nombre de
dossiers n'avançaient pas au cours des dernières années, à savoir que le
fédéral voulait poser des conditions et choisir à la place de l'Assemblée
nationale dans certains champs de compétence du Québec. Donc, il faudra aller
voir aussi. Ces annonces-là, certes, elles l'ont... elles ont eu lieu juste
avant l'élection, à des fins électoralistes, mais quel est le dénouement de
négociations qui n'avançait pas parce que le fédéral ne respectait pas
l'Assemblée nationale? Ça me semble être une question qu'on doit minimalement
poser. Mais sinon, je trouve que la manière d'opérer de Christine Fréchette est
identique à celle de François Legault, c'est-à-dire sortir le chéquier, sortir
les promesses, juste avant l'élection, de manière à nous faire oublier qu'en
fait il ne s'est rien passé pendant huit ans et de manière peut-être à suggérer
qu'après l'élection, tout va continuer à fonctionner alors... Combien de fois
la CAQ a fait l'inverse après ces promesses-là? Donc, ça me semble étrangement
similaire avec ce que la CAQ a toujours fait.
Journaliste : ...aujourd'hui,
M. Plamondon, vous laissez entendre que le fédéral va faire cinq annonces?
Il a confirmé un montant tout à l'heure, 10 milliards de dollars,
uniquement pour vous nuire à la prochaine élection.
M. St-Pierre Plamondon :
Je n'ai jamais dit «uniquement». Est-ce que le fédéral s'intéresse à l'élection
québécoise? Et est-ce que je vous ai dit mot pour mot il y a un mois :
Attendez-vous à ce que le fédéral, tout d'un coup, devienne très généreux avec
la CAQ à l'approche des élections? Je vous l'ai prédit mot pour mot il y a un
mois. Ce n'est peut-être pas le seul facteur. Un autre facteur, c'est :
Est-ce que Christine Fréchette a vraiment gardé toutes les revendications que
François Legault avait, ou est-ce qu'on a laissé aller certains principes au
niveau du fédéral qui tente de décider à notre place dans nos champs de
compétence? Moi, je dis : Allez voir l'entente, mais on ne peut pas fermer
les yeux sur le fait que, comme par magie, ces dossiers-là et cet argent-là
commencent à couler juste avant l'élection, exactement comme les autres
scrutins où la CAQ nous présente des troisièmes liens, nous présente des Northvolt,
nous présente des chèques généreux juste avant les élections et traite ainsi la
population comme de la marchandise électorale, pour ensuite faire l'inverse
après l'élection.
Journaliste : ...vous parlez
de marchandise électorale. Donc, vous dites qu'ils viennent s'immiscer, là. Le
fédéral vient s'immiscer dans l'élection provinciale.
M. St-Pierre Plamondon : Le
gouvernement fédéral a clairement beaucoup d'intérêt pour l'élection qui vient
au Québec. Mais, quand je parle de marchandise électorale, je parle du
comportement de la CAQ qui, de manière répétée, écrit des chèques, fait des
promesses, dépense sans compter avant l'élection puis, après l'élection, fait
exactement l'inverse. Mais ça fait combien de fois qu'ils font ça? Donc,
Christine Fréchette est totalement dans la lignée, dans le comportement typique
de François Legault, à la différence près. Il va falloir aller le vérifier
qu'avec Christine Fréchette, il y a des risques que les revendications
légitimes du Québec soient mises de côté pour arriver à une entente et pouvoir
s'en servir à des fins électorales.
Journaliste : C'est quoi, les
conditions qui seraient inacceptables de la reddition de comptes, par exemple?
Ça, ce n'est pas quelque chose qui... que vous accepteriez? Mon collègue
Sébastien Bovet faisait référence aussi à Bernard Landry, à un moment donné,
qui avait refusé un financement pour l'aquarium, étant donné que le... le
fédéral voulait comme avoir sa visibilité, puis il voulait qu'on indique qu'il
finançait, là, tu sais. Il peut y avoir ce genre...
M. St-Pierre Plamondon : Mais
je ne pense pas qu'on est là-dedans, ici, là.
Journaliste
: OK...
M. St-Pierre Plamondon : ...dans
de la visibilité, c'est compliqué. Parce qu'essentiellement le fédéral veut
centraliser les décisions puis affaiblir les parlements de chaque province en
décidant à la place de ces parlements-là. Comment qu'on s'y prend? On pige dans
la poche des Québécois. Puis, une fois que l'argent est rendu à Ottawa, on
dit : Si vous voulez ravoir votre argent dans votre champ de compétence,
vous allez remplir les conditions que nous, on vous impose. Ce qui est
évidemment inacceptable, mais aussi anticonstitutionnel, là. C'est une fraude
de la Constitution du Canada, qui ne prévoyait pas ce genre d'ingérence et
d'abus de pouvoir. Donc...
Journaliste : ...par exemple,
c'est-tu quelque chose que vous trouvez qui est exagéré?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
avant de se prononcer, moi, je veux le détail de l'entente pour voir s'il y a
un recul sur la position historique de la CAQ. Il n'y en a peut-être pas. Mais,
ce que je dis, c'est qu'il faut prendre ces annonces-là, qui pleuvent à coups
de centaines de millions de dollars, dans toutes les directions, en perspective
de ce que la CAQ a toujours fait, signer des chèques, donner des cadeaux, faire
des annonces irréalistes puis, après les élections, arriver avec des
changements de cap inexplicables et très décevants. Et je pense que, là, on est
rendus à un point où cette façon de faire de la politique, les gens... veulent
que ça change, n'en veulent plus, de ça. Et c'est... pour moi, important...
pour moi, de juste le remettre en perspective. Parce qu'on se rendait compte ce
matin, dans notre préparation, que dans chaque partielle et à chaque élection
générale, ils refont exactement le même modus operandi. Et...
Journaliste : ...pas vraiment
la même chose, dans le sens où c'est l'argent du gouvernement fédéral.
M. St-Pierre Plamondon : Ce
n'est pas que l'argent du gouvernement fédéral. Ce sont des projets qui sont
financés d'abord et avant tout par le gouvernement du Québec, et dans le cadre
duquel on a fait des promesses fermes et solennelles à chaque élection pour
arriver avec un bilan qui est complètement vide. Et là, évidemment, c'est là
que je pense qu'il y a une volonté, du côté du fédéral, d'aider là où on peut
pour prévenir. C'est ce que je vous ai dit il y a un mois, là. Je vous ai
dit : Attendez-vous à ce que le fédéral s'implique pour tenter de prévenir
un gouvernement indépendantiste. Mais le bilan de la CAQ demeure le même,
c'est-à-dire l'ensemble vide. Et c'est trop facile d'arriver quelques semaines
avant l'élection puis dire : Eille! Voulez-vous des millions? Millions ici,
millions là, millions ici, millions là. Puis on le sait, ce qu'ils vont faire
après l'élection. Ils vont simplement changer de cap, dire : Les
circonstances ont changé. Puis c'est...
Journaliste : ...
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
le tramway, c'est...
Journaliste : ...c'est bien,
j'imagine? Vous êtes favorables à ça?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
c'est-à-dire que c'est notre argent, puis je ne veux pas qu'on traite le retour
de nos impôts comme un miracle. Je veux qu'on le voie dans la perspective du
bilan de la CAQ, qui a fait eux-mêmes dérailler le projet de tramway en
refaisant eux-mêmes la carte à la main au Conseil des ministres, qui ont
encouru des délais et des coûts astronomiques à en refaire les études et n'en
plus finir. Puis là on arrive après huit ans de caquisme, il n'y a rien de
fait, comme dans tous les autres projets. Puis il suffirait d'étaler les
promesses de millions de dollars quelques semaines avant les élections? Non. Tu
sais, à un moment donné, ça suffit. Ce n'est pas normal et ce n'est pas une
façon de gouverner. Et c'est la même façon de gouverner que François Legault.
Il n'y a rien qui a changé.
Journaliste : ...du Parti
québécois ferait différemment dans la relation, justement, avec le gouvernement
fédéral sur le financement des projets d'infrastructure, si vous prenez le
pouvoir? Comme est-ce que vous iriez négocier avec Ottawa? Est-ce que vous
laisseriez l'argent... l'argent là-bas? Qu'est-ce que vous feriez?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
vous connaissez nos positions, là. Nous, on ne trouve pas ça normal de
quémander pour notre argent et d'avoir un gouvernement de trop abuser de son
pouvoir en imposant des conditions.
Journaliste : ...un
référendum gagnant, qu'est-ce que vous faites...
M. St-Pierre Plamondon : Donc,
d'ici... d'ici à ce que le Québec devienne un pays, on va mener les dossiers
pour obtenir un maximum pour le Québec. Et historiquement, lorsqu'il y a un
parti indépendantiste au pouvoir, l'ironie ou le paradoxe, c'est qu'il y a plus
d'offres raisonnables du fédéral, qui est obligé, comme dans le cas de
l'Alberta, vous l'aurez noté, là, ils ont la même approche aux deux endroits...
ils sont obligés de tenir compte qu'il y a une démarche sérieuse de se sortir
de l'abus de pouvoir fédéral. Donc là, l'abus devient moindre, la générosité
devient plus grande. On l'a vu dans les autres périodes qui ont mené à des
référendums. C'est un peu paradoxal parce que malheureusement, ça peut
finalement nuire à l'élan pour qu'on décide par nous-mêmes puis qu'on soit un
peuple normal, qui gère son propre budget. Parce qu'on finit par démontrer
que : Ah! le fédéralisme fonctionne. Mais, si on regarde l'histoire plus
longue, il fonctionne de manière conjoncturelle, en fonction de l'échéance
électorale d'un gouvernement indépendantiste ou d'un référendum. Mais, quand
ces mouvements-là sont faibles, on l'a vu sous Legault, on l'a vu sous
Couillard...
Journaliste : ...
M. St-Pierre Plamondon : Je
veux juste finir. On l'a vu sous Legault puis sous Couillard, quand il n'y a
pas de levier de négociation, le Canada se moque des intérêts du Québec. Puis
c'est assez grossier.
Journaliste : ...vous
prémunir du fait que votre... si vous prenez le pouvoir en 2026, votre simple
présence à Québec, selon vous, fera fonctionner le fédéralisme?
M. St-Pierre Plamondon : Il
faut vivre avec ça. Tu sais, moi, je travaille pour le Québec, à la base, tu
sais. À court terme, si du financement, qui est notre argent, nous revient, on
va aller le prendre, là. On va aller...
il ne faut pas non plus... Il faut une approche
qui est cohérente, mais qui, à court terme, est dans l'intérêt de projets ou de
la population.
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon :
Mais... mais ce que j'essaie de faire, c'est une pédagogie sur 30, 40 ans
de ce qu'on a observé pour qu'on prenne un pas de recul puis on dise : On
a déjà joué dans ce film-là et c'est ça.
Journaliste
: Danielle
Smith va être à Québec cette semaine, allez-vous la rencontrer?
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, nous, on n'a fait aucune demande dans ce sens-là. Je ne pense pas qu'on a
de demande non plus.
Journaliste
: ...
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, vous... on n'a pas fait de démarches en ce sens-là, là. C'est... de la
même manière, en passant, que quand je suis allé en Alberta... quand je suis
allé en Alberta, je n'ai pas rencontré non plus Danielle Smith. Donc, je pense
que ce genre...
Journaliste
:
...discuté avec elle?
M. St-Pierre Plamondon : Je
pense que, sur le plan diplomatique, ce sont des questions qui vont se poser
avec plus de pertinence après l'élection, dépendamment de qui représente et
parle au nom du Québec. Dans l'intervalle, évidemment, on le voit, là, c'est
qu'il y a des protocoles de qui tu peux rencontrer puis comment c'est
interprété. Donc là, on n'est pas dans cette zone-là. Puis, mettez-vous à ma
place aussi, là. Il y a certaines relations que je peux cultiver pour préparer
un gouvernement, mais il y a d'autres relations qui attendent d'avoir une... tu
sais, un résultat électoral entre les mains. Ma job, en ce moment, c'est de me
préparer à... au meilleur rendement du Parti québécois aux prochaines
élections. Puis, là-dessus, c'est là-dessus je mets mon temps.
Journaliste
:
...rassemblement à Shawinigan, M. St-Pierre Plamondon. On constate aussi ce
matin qu'il y a eu un graffiti haineux envers les musulmans qui a été fait, là,
dans un parc de Québec. Qu'est-ce qui se passe avec le vivre-ensemble au Québec
en ce moment?
M. St-Pierre Plamondon :
Bien, avant de ne parler que du Québec, rappelons ce qui s'est passé à
Shawinigan, parce que, bien, premièrement, constatons que c'est condamné de
manière unanime et instantanée. Ça, c'est un premier signe de qui est le Québec
puis comment on pense. Constatons ensuite qu'on fait référence à la couleur de
peau blanche dans un slogan qui est tenu par des gens cagoulés, qui sont une
vingtaine. Se pose la question : Qui sont ces personnes-là et qu'est-ce
qui se passe? Et là-dessus, bien, je veux quand même... en tout cas, ma
compréhension, à ce stade-ci de l'enquête journalistique, c'est qu'on est
devant une organisation canadienne qui existe et qui a des cellules partout au
Canada, qui est peut-être reliée aux États-Unis et qui veut lancer un chapitre,
ouvrir une cellule au Québec.
Les drapeaux présents étaient des drapeaux
canadiens loyalistes, là, dans... c'est-à-dire l'ancien drapeau du Canada de...
du temps de la monarchie britannique, de même que des drapeaux de cette
organisation-là qui s'appelle Second Sons of Canada. Donc, qui est
véritablement derrière ça? Je pense qu'il faut unanimement condamner, mais se
poser des questions sur quelle est l'organisation puis pourquoi ils étaient là,
qui tenait cette bannière-là véritablement. Mais je pense que la réaction
politique et sociale du Québec me semble très coordonnée et unanime sur le fait
qu'on n'en veut pas puis que, si ça existe dans le reste du Canada, peut-être
on devrait questionner le reste du Canada sur pourquoi eux ont ces
mouvements-là puis qu'est-ce que ça dit sur...
Journaliste
: ...des
groupes comme ceux-là... Puis, encore... encore une fois, je reviens aussi au
graffiti, là, qui a été constaté à Québec.Qu'est ce qui fait en sorte que des
groupes comme ceux-là se sentent confortables de tenir des discours comme
ceux-là au Québec?
M. St-Pierre Plamondon : On
est devant une polarisation de notre société. Il y avait une manifestation, à
l'autre extrême, récemment, où on est-ce qu'on pendait un Juif avec un chandail
du Canadien à côté dans une manif. Tout l'Occident est secoué par la
polarisation des débats. Tout ce qu'on peut faire...
Journaliste
: ...par
exemple, on a entendu Jean-François Roberge en fin de semaine... Oui, mais je
reviens sur la... je parle... je vous parle de la religion...
M. St-Pierre Plamondon :
...entre les Second Sons of Canada puis la laïcité québécoise, là.
Journaliste
:
...Jean-François Roberge, il dit qu'il ne faut pas devenir des radicaux de la
laïcité. Est-ce que vous êtes en train de devenir un radical de la laïcité?
M. St-Pierre Plamondon :
...non, non, mais je veux juste finir, parce que, là, ce ne sont pas les mêmes
sujets, mais absolument pas. Donc, il y a une polarisation partout en Occident.
Mon espoir, c'est que le Québec, qui a quand même un historique de n'être pas
parfait, mais un peu plus modéré que d'autres endroits dans le monde, à
plusieurs périodes de notre... des histoires, notamment les guerres mondiales,
là... Je souhaite qu'on garde le cap et qu'on condamne le plus possible les
polarisations aux deux extrêmes et qu'on demeure dans le dialogue sur les
politiques publiques. Et je pense qu'on est capables de mener la prochaine
élection avec cet objectif-là.
Maintenant, sur la... Vous vous...
Journaliste
:
...j'aimerais ça poursuivre...parce que la police de Québec nous dit... ils ont
vu plusieurs fois des graffitis similaires avec des propos spécifiquement à
l'endroit des musulmans, vraiment sur ce même thème, là.
M. St-Pierre Plamondon : Qui?
Qui, si c'est plusieurs fois...
Journaliste
: ...la
police de Québec.
M. St-Pierre Plamondon : Non,
évidemment, mais ce n'est pas eux qui l'ont fait. Qui est derrière le graffiti?
Est-ce que c'est récurrent?
Journaliste : On n'a pas
d'indications à cet endroit-là. Mais le graffiti a été partagé aussi sur les
réseaux sociaux, puis des commentaires appuient ces propos-là. Est-ce que vous
pensez qu'il y a de l'islamophobie au Québec?
M. St-Pierre Plamondon : Il
faut les condamner, il faut les condamner de manière systématique. Il y a de
l'intolérance qui va s'exprimer dans certains groupuscules, aux deux extrêmes,
puis ce qu'on doit faire c'est condamner unanimement, et je dois mentionner que
c'est précisément ce que le Québec vient de faire. Et si le reste du Canada
essaie d'installer des cellules qui vont faire des gestes comme ceux-là, à
répétition, parce que tu n'as pas besoin de beaucoup de personnes dans une
société pour arriver à des choses comme celles-là, il me semble, le mieux qu'on
peut faire c'est d'être unis puis faire un front commun, en disant : Ça,
on n'en veut pas. Et on peut se distinguer, surtout si c'est une organisation
canadienne qui essaie d'implanter une cellule au Québec, alors qu'elle n'existe
pas.
Le Modérateur : On va prendre
une dernière en français.
Journaliste
:
...exprimer sur...
M. St-Pierre Plamondon : Oui,
bien, vous vous souviendrez que la CAQ a... ne s'est jamais gênée pour les
superlatifs, là. Il y avait Simon Jolin-Barrette, une fois, qui avait dit que
je m'en prenais à des enfants parce qu'on prônait la laïcité. Là, en désespoir
de cause, et c'est vraiment le thème des semaines... de la semaine dernière et
de la semaine qui vient, de la CAQ, en désespoir de cause, Jean-François
Roberge parle de positions radicales, alors que notre vision de l'éducation,
qui correspond à plusieurs pays, qui... notamment, dans certains pays,
l'uniforme à l'école est simplement la norme, nous, on dit : On n'est pas
dans l'uniforme obligatoire pour toutes les écoles, mais le fait de donner un
endroit qui permet à tous les enfants d'être simplement des enfants, sans
connotation religieuse, et politique, et autres, permet un environnement qui
est davantage propice à... au lien, à l'intégration, au lien entre les personnes.
Donc, notre position, elle est fondée sur
ce qu'on observe ailleurs dans le monde, elle n'est pas radicale si on compare
à plusieurs pays d'Occident à ce niveau-là. Et de parler de radicalité, moi, je
vous répète que ça parle davantage de la posture un peu désespérée, à ce
stade-ci, de la CAQ.
Journaliste : Juste une...
sur la loi 101 et les employés municipaux. On apprend ce matin que, bien, les
employés, ils devront désormais s'assurer que les commerces, que les
commerçants soient conformes à la loi 101 avant tout achat dans les
municipalités. Bon, on parle souvent de l'État lasagne, on ajoute une couche,
alors les municipalités ont déjà réagi ce matin en disant : Ça va coûter
cher, il va falloir engager du monde, il va falloir faire de nouvelles vérifications.
Est-ce qu'on va trop loin? Avec la loi 101, est-ce qu'on va trop loin?
M. St-Pierre Plamondon : Bien,
sur celle-là, oui. Là, ce que la CAQ est en train de faire, c'est mettre sur
les épaules des villes le soin de faire appliquer une loi au moment d'acheter
des vis ou un débouche-toilette. C'est ça, la vérité. Et ce ne sont pas les
villes, les particuliers qui sont en charge, dans une société, de faire
appliquer la loi. Donc, ça peut être le commerçant, qui a la responsabilité de
vendre des items qui sont conformes à la loi, et ça peut être des mécanismes
d'inspection auprès des producteurs ou de la chaîne. Mais de dire à
l'acheteur : Finalement, nous, on se lave les mains de l'application de la
loi, puis c'est toi, l'acheteur, qui va devoir vérifier si ta vis était écrite
en français, à mon avis, on est complètement dans l'erreur, là. Ce n'est pas ça
non plus qui va faire que le français va progresser au lieu de décliner.
Rappelons que, sous la CAQ, pendant qu'on
faisait ce genre de mesures là, comme les courriels en bilingue aussitôt qu'il
y a trois personnes là, pendant ce temps-là, on a connu le pire déclin du
français de l'histoire récente du Québec. Donc, ça témoigne d'une formation
politique qui est toujours dans l'image, et pas beaucoup dans la vision et la
réflexion sur la qualité des politiques publiques.
Le Modérateur
: On va
passer en anglais.
Journaliste :
On the agreements that Mr. Carney and
Ms. Fréchette will announce in Longueuil in the middle of the afternoon, Mr. Carney
said that it was a great day for Québec, with close to $10 000 billion that will be announced, don't
you think that citizens want to see results?
M. St-Pierre
Plamondon :
Well,
it's our own money, so let's put results between two... guillemets...
Une voix : ...
M. St-Pierre
Plamondon : ...between two quotation marks.
Those moneys have been sleeping in negotiations that went nowhere for the past
seven years. Why, all the sudden, our money would get back to us and allow us
to go ahead with projects that never 19289 worked
under the CAQ. Two factors. First of all, I think the federal government is
suddenly very interested in Québec and in the results of the upcoming
elections, and they have had the same stance in Alberta of just being more
generous and more considerate in order to prevent any national unity issue.
Journaliste :
...manipulation.
M. St-Pierre
Plamondon :
I
haven't said that. I said that they're very much interested in the result, and,
all of a sudden, they're very generous. And second point, there was a
reason why the CAQ didn't sign those agreements for seven, eight years, and
that reason is abuse of power by the federal within the decision-making powers
of the Assemblée nationale du Québec. So, we need to go and verify what
happened with those debates, why all of a sudden everything seems to... So, we
need to see if we did sustain the historic and normal legitimate stances,
positions of the National Assembly, namely that our money should come back without
condition when it's within our powers. So, we need to verify that as well.
But, as a whole, I would
just mention that the CAQ making very generous announcements on projects that
were never done a few weeks before the election has been the constant modus
operandi of that party for a decade now, and it's always been the same result.
A few weeks before they write checks, they make announcements. Millions are
flowing everywhere. It doesn't make sense from a budget standpoint. Even the
minister of Finance said it doesn't make sense. And, after the election, what
they do, they change their course. They say : Oh no, finally, we're not
going to do this and this, we'll have to revise the budget. So, I mean, we've
been through this already, and I think right now, in Québec, people are aware
that the CAQ does do that a few weeks before the election, and they want a
change in terms of reliability because they're not reliable at all.
Journaliste
: So, how would you do better?
M. St-Pierre
Plamondon : «Prévisibilité», foreseeability,
constant consistency, and if you have announcement and good work that you want
to put ahead, it's not normal that you wait a few weeks before the election
with nothing done over the past four and eight years preceding your announcement.
And I think we can obviously do better at... in that sense.
Journaliste :
...there's a protest today outside
about Bill 23, on involuntary hospitalizations. What's your view on the bill?
Is it raising the bar too low or lowering the bar too much in terms of...
M. St-Pierre
Plamondon :
On
what? I didn't hear...
Journaliste :
Bill 23, involuntary hospitalizations
of mental people, mental crises. The protesters are saying that the bill is
being lowered too much.
M. St-Pierre Plamondon :
I think there's a few issues with that
bill, and I've been inquiring, but I'm not... I don't have the answers already.
Namely also that I think the Court of Québec was in charge of those
determinations and it would be sent now to the administrative tribunal, which
also raises questions of guarantees and equity in the process. So, I'll come
back on that.
But just one point I
didn't make because it's so dense. So, we... sometimes we... So, I made a
mention of the candidates of the CAQ and people leaving. There's also another
thing that we need to think about. Have you seen the number of bills that are
not very far in the process with two weeks to go? I mean, how many of those
bills are currently on the table for a resolution and a final result before the
Saint-Jean-Baptiste, before the national... There's no time left.
Journaliste
:
That are close to being voted on, but the rest, no?
M. St-Pierre
Plamondon : Well, it depends, you mean...
Journaliste
:
Projet de loi n° 10.
M. St-Pierre
Plamondon : Yes, this one, the Constitution?
Journaliste
: The Constitution, not your vote, no.
M. St-Pierre
Plamondon : No, but, I mean, they... OK, maybe
I'm not clear. Look at all the bills that are still in some process, they're
not close, maybe, but there are numerous bills that are supposed to happen. I
mean, with a few weeks to go, look at the capacity of really doing a serious
job, think about Santé Québec, the Christmas where we were all for an
all-nighter in... trying to see where there are flaws in the law, it was just a
mess of «précipitation», of being rushed. And it looks like a similar pattern
where we're trying to work on numerous bills with two weeks to go, and we're
obviously not far enough in the process to have a serious and rigorous work on
those issues. So, that's also a topic, I think, in terms of what's the real
«bilan», what's the real...
Journaliste :
...about to CAQ. Because you may have
two more bills that will be tabled, one this week to extend Bill 101 to adult
education and vocational programs, and maybe another one to ban energy drinks.
So, it's not even over, the menu is not closed yet.
M. St-Pierre
Plamondon :
No.
And it doesn't fit. But it's the same good old CAQ. Whether it's in the modus
operandi of signing cheques and announcing millions everywhere on things that
should have been done over the past eight years, or whether it is through bills
that have not been worked on, and that they will rush and do a very dubious
work in terms of rigour, it's the good old... it's the same CAQ. I mean,
it's... that is for sure at this tense... at this point. It's the same CAQ,
with 36 elected members of Parliament missing, and no new persons. That's
what it is.
Journaliste : ...est-que vous
pensez qu'il va y avoir plusieurs bâillons? C'est ça que vous craignez?
M. St-Pierre Plamondon : C'est-à-dire
que je ne sais pas s'ils vont finir en bâillon. Je fais juste nommer que dans
notre lecture de ce qui se produit en ce moment, on doit nommer le nombre de
projets de loi qui existent, avec deux semaines à faire, et le risque qu'on a
déjà connu avec Stablex, avec Santé Québec et plein d'autres situations, où on
nous a fait des trucs de dernière minute, bâclés. Regardez le nombre. Il reste
deux semaines. Puis là, les projets de loi... Puis, je veux dire, on n'est pas
avancés. C'est la bonne vielle CAQ qui n'est pas capable de prévoir, qui n'a
pas de vision, qui arrive à la dernière minute et qui bâcle le travail puis,
pendant ce temps-là, qui signe des chèques puis fait des annonces de millions
de dollars pour essayer d'acheter la population, les électeurs, comme si
c'était de la marchandise électorale. Ça n'a pas changé. Ils opèrent exactement
de la même manière que sous François Legault.
Journaliste :
Just your reaction to the white
supremacist... that took place a couple days ago.
M. St-Pierre
Plamondon :
I
think you saw an immediate reaction of everyone in Québec, saying : We
don't want that and it's not acceptable. What we understand at this point is
that it's a Canadian organization by the name of Second Sons of Canada, who is
trying to open a chapter in Québec. And so, in front of that, before that, we
need just to be very firm. Of course, it's only 20 persons. How many are Québeckers,
how many are from those chapters in Canada, we don't know. But the objective
was to have a stunt, a publicity so as to maybe draw people to that organization.
And we need to be firm to the fact that it's not representative of Québec and
it's not acceptable.
Le
Modérateur : Merci.
(Fin à 11 heures)