Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.
(Huit heures vingt-six minutes)
Mme Ghazal : Alors, bonjour,
tout le monde. Ce matin, j'ai lu, comme vous tous probablement, le dossier
crève-cœur sur l'itinérance à Laval. Il y a des gens, là, ils travaillent, mais
ils n'y arrivent plus. Les gens au bas de l'échelle maintenant. Ils sont à une
ou deux badlucks de se retrouver à la rue, de perdre leur logement. On est en
pleine crise du logement. Il y a une manière très, très simple que Christine
Fréchette pourrait agir pour aider les locataires, une manière qui ne coûte
rien au gouvernement, une façon très efficace, c'est de prolonger l'interdiction
des évictions.
On se rappelle, sous l'impulsion puis le
travail de Québec solidaire, en 2024, le gouvernement a mis en place un
moratoire sur les évictions. Ce moratoire-là arrive à échéance en juin 2027.
Juin 2027, c'est demain matin. On s'en va en élections. Les gens, à cause de la
crise du logement, commencent à chercher des logements un an à l'avance et ils
commencent à y penser à l'avance, parce qu'il n'y en a pas, de logements qu'ils
sont capables de se payer. Donc, ça crée un stress supplémentaire. Avant d'aller
en élection, c'est très simple, Christine Fréchette, avec sa ministre de l'Habitation,
peut tout de suite, dès maintenant, mettre en place un article dans le projet
de loi, là. Il y a un projet de loi qui est ouvert en ce moment, le projet de
loi n° 22, pour prolonger le moratoire puis que les gens ne se fassent pas
mettre dehors pour être après ça dans la rue.
Moi, ce matin, je vais déposer, en fait,
Québec solidaire, on va déposer une motion pour demander de prolonger le
moratoire. Donc, j'espère de tout cœur pour les locataires, pour les gens qui
sont dans la rue, qui perdent leur logement, les familles qui souffrent, les
gens qui travaillent, qui font tout comme il faut, qui n'arrivent pas, j'espère
que Christine Fréchette et la CAQ vont... et tous les partis à l'Assemblée
nationale vont faire ce geste pour sauver les locataires, les gens qui se
privent, et voter pour notre motion.
Journaliste
: Est-ce
que Jean-François Roberge a raison de vouloir renforcer à nouveau la Loi de
protection de la langue française par la formation professionnelle et aux
adultes?
Mme Ghazal : Bien, le projet
de loi va être déposé, donc on va le regarder. J'ai de la difficulté à dire :
Est-ce que c'est une bonne idée, ce n'est pas une bonne idée? C'est sûr qu'à
Québec solidaire, nous, on veut renforcer la langue française, et toutes les
études le montrent, là, la façon la plus efficace, la meilleure, c'est quand
les gens travaillent, c'est la francisation au travail. En ce moment, la
francisation, ça ne fonctionne pas très bien et de protéger aussi la langue
française au travail. Maintenant, pour ce qui est de renforcer ça avec la CAQ,
il faut faire attention, le diable est dans les détails. Donc, on va regarder
le projet de loi. Ils arrivent comme ça à minuit moins une, parce que
Christiane Fréchette doit satisfaire son aile plus identitaire.
Journaliste
: C'est-tu réaliste
de faire ça avant vendredi prochain?
Mme Ghazal : En ce moment, il
y a des choses qui pressent beaucoup plus. On est en train de travailler, là,
puis il y a une bonne collaboration sur la loi Gabie Renaud. Il y a la loi...
aussi, le projet de loi pour... sur les boissons énergisantes à interdire pour
les enfants, pour les... pour les jeunes de moins de 16 ans. Donc, il y a
des choses qui pressent beaucoup plus. Moi, je ne pense pas que c'est réaliste,
là, il y a beaucoup de choses qui s'accumulent, mais c'est important qu'on
regarde, là, les détails, là. Là, ils le font, comme ça, on le voit, là, que ce
n'est pas pour protéger le français, c'est parce que Christine Fréchette a une
dette envers son aile plus nationaliste qui avait appuyé Bernard Drainville.
Journaliste
: Mais qu'est-ce
que ça veut dire, ça, sur la loi 101? D'abord, qu'est-ce que ça veut dire...
quand vous craignez que Mme Fréchette veuille plaire à sa frange nationaliste?
Mme Ghazal : Ce n'est pas que
je craigne, c'est que c'est ça, la raison. Ce n'est pas pour protéger la langue
française, là, si on veut vraiment protéger la langue française, il y aurait
plus de mesures plus costaudes à mettre en place. Nous, on voudrait, par
exemple, que la loi 101 s'applique aux entreprises avec 10 employés
et plus, et non pas 25. Il y aurait beaucoup, beaucoup de choses à faire. Puis
la façon la plus efficace, c'est la langue du travail, ce qu'on appelle la
langue du pain.
Journaliste
: Sur les
boissons énergisantes, vous poussez beaucoup pour ce projet de loi là. Vous
avez fait multiples sorties avec les parents, notamment.
Mme Ghazal : Les parents de
Zacharie. Oui.
Journaliste
: Ça doit
vous agacer très fort que les conservateurs cherchent à bloquer ce projet de
loi là.
Mme Ghazal : Je trouve que c'est
une façon d'agir des conservateurs et de M. Éric Duhaime, que je qualifierais
de pas de cœur. Je l'invite à aller s'asseoir cinq minutes avec les parents de
Zacharie. Je vous le jure qu'il va changer d'idée tout de suite.
Journaliste
: Sur les
raisons qui les poussent à faire ça...
Mme Ghazal : Je ne les
comprends pas.
Journaliste
: C'est ça,
j'allais vous demander aussi, vous ne comprenez pas l'argument où il dit :
C'est la caféine, on ne comprend pas pourquoi. Tu sais, lui, il dit...
L'élément principal, de ce que je comprends, dans ce projet de loi là, dans les
ingrédients, les boissons énergisantes, qui ne fait pas son affaire, c'est la
caféine. Puis là il se dit : Bien, si on se met à interdire de la caféine
partout, on ne finira plus. C'est un peu l'argument qu'il nous a servi, je vous
avoue que je ne suis pas sûre de tout comprendre, là, mais...
Mme Ghazal : Est-ce qu'Éric
Duhaime est un scientifique? Est-ce que lui, il comprend mieux que les
médecins, il comprend mieux que les experts? Ça ne tient pas la route ce qu'il
dit. Il y a des jeunes adolescents qui meurent. Il y en a un qui meurt. Le
combat héroïque des parents de Zachary est incroyable. On ne peut pas avoir un
cœur et ne pas vouloir adopter ce projet de loi là. Guillaume Cliche-Rivard a
travaillé comme un forcené pour que ce sujet-là revienne à l'ordre du jour. Et
c'est grâce à ce travail-là de Guillaume, grâce à la mobilisation des parents,
à tout le milieu, des gens qui ont à cœur de la santé de nos jeunes, que la
ministre de la Santé a déposé ce projet de loi là, sinon on n'en aurait pas
entendu parler.
Donc j'invite Éric Duhaime à se
reconnecter sur son cœur, à penser aux jeunes puis à l'adopter.
Journaliste
: Mais le
fait qu'il demande de consulter davantage de scientifiques, vous, de votre
côté, vous jugez que des experts, il y en a... vous en avez suffisamment
entendu.
Mme Ghazal : Bien, je veux...
Si c'est ça qui l'inquiète, je vais le rassurer : Rassurez-vous, M.
Duhaime, les experts ont été consultés. Ils sont unanimes pour sauver nos
jeunes, sauver leur vie, on doit interdire les boissons énergisantes. On a un
projet de loi... Puis les Québécois aiment ça quand on travaille main dans la
main, de façon non partisane, sur des enjeux qui protègent les Québécois, qui
protègent les jeunes, ils aiment ça, c'est ce qu'ils nous demandent. Donc, je
l'invite à changer d'idée puis à travailler avec nous pour sauver les jeunes.
Journaliste
: ...a
coupé l'aide aux enfants sourds qui fréquentent l'école privée. Je voulais
savoir ce que vous en pensez. Est-ce que c'est une bonne chose de faire ça?
Comment...
Mme Ghazal : Non, ce n'est pas
une bonne chose de couper dans cette école-là privée, parce que ça a un impact
sur les enfants les plus vulnérables. D'ailleurs, moi, dans mon comté, j'ai eu
une école, c'est une école publique où les parents sont extrêmement mobilisés.
Ils ont porté une pétition, on est rendu à 2 000 signatures de
parents qui demandent au gouvernement de ne pas couper dans une école qui...
pour les enfants à besoins particuliers, justement, sourds et muets, et aussi
qui souffrent... qui sont aveugles, de... Ils ont coupé une direction adjointe,
et ça a un impact énorme sur l'école. Les gens sont très, très inquiets, les
parents sont inquiets.
Donc, j'invite aussi la CAQ à arrêter de
couper pour les enfants les plus vulnérables dans nos écoles, qu'elles soient
publiques ou privées.
Journaliste
: Le Parti
libéral, M. Kelley, tout à l'heure, a dit que, compte tenu du fait qu'on est en
pénurie d'électricité puis qu'on n'est pas capable de fournir des entreprises
québécoises, qu'on n'aurait pas dû signer le fameux contrat d'approvisionnement
en électricité à la ville de New York. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui?
Mme Ghazal : Bien, pour nous,
c'est très important que l'électricité soit utilisée ici. On n'était pas
nécessairement en faveur pour tout signé avec les États-Unis. D'ailleurs, une
des mesures que Québec solidaire a mis de l'avant tout de suite quand Trump a
commencé sa guerre tarifaire avec nous, c'était de leur couper l'électricité ou
d'augmenter les montants... les tarifs comme façon de négocier. Ça fait que
c'est un bon point de négociation aussi pour le Québec, notre hydroélectricité.
Journaliste
: Avez-vous
a été convaincue par Danielle Smith, qui est venue au Québec hier, pour essayer
de créer une nouvelle alliance?
Mme Ghazal : Mme Smith, c'est
la première ministre de l'Alberta, donc, elle défend les intérêts de l'Alberta.
Christine Fréchette, moi, ma demande si, par rapport à Christine Fréchette, qui
est la première ministre du Québec, elle, elle doit défendre les intérêts du
Québec et les intérêts du Québec, c'est : aucun projet de transport de
gaz, de pétrole sale de l'Alberta. Ce n'est pas bon ni socialement, ce n'est
pas bon ni économiquement, ce n'est pas bon ni pour l'environnement. Aucun
intérêt pour nous. Et, en ce moment, quand j'écoute puis j'essaie de comprendre
le message de Christine Fréchette, je trouve qu'elle souffle le chaud et le froid.
Elle montre de l'ouverture pour le gaz et le pétrole, alors que nous, nous ne
sommes pas... le Québec n'est pas un État pétrolier, ce qui est le cas de
l'Alberta, l'Alberta est une province pétrolière, et elle n'est pas
transparente.
Je le sais qu'il y a des choses aussi, par
exemple, au projet de Marinvest, qui se discutent dans les portes closes, parce
que ces compagnies-là se sont rappelé comment il n'y avait pas d'acceptabilité
puis que ce n'était pas dans l'intérêt du Québec d'avoir le projet GNL Québec.
Mais les gens de Marinvest, eux autres, ils travaillent dans les portes closes
parce qu'ils entendent un signal où il y a comme une ouverture puis un préjugé
favorable pour le transport de pétrole sale. Moi, j'invite Christine Fréchette
à faire preuve de transparence. Donc, c'est ni Alber-bec ni Qué-berta, juste
Québec.
Journaliste :...est-ce
qu'elle aurait dû formuler des demandes à l'endroit de Mme Smith, des demandes
pour le Québec?
Mme Ghazal : Elle aurait dû
être claire, lui dire : C'est bon pour vous, je comprends que vous avez
besoin d'une porte de sortie pour vos... vos énergies fossiles sales, nous, au
Québec, c'est non merci, mais on peut travailler sur d'autres choses.
Journaliste
:
...sujets, est-ce qu'elle aurait dû... ou à votre connaissance, est-ce qu'elle
a apporté d'autres sujets, d'autres demandes...
Mme Ghazal : Je n'ai pas...
Non. Moi, ce que j'ai entendu, c'est Danielle Smith qui se... Danielle Smith
qui se bat pour sa province. J'ai... Je n'ai malheureusement pas entendu
Christine Fréchette avoir un message clair sur c'est quoi, les intérêts du
Québec puis le fait que les pipelines, bien, ce n'est pas dans nos intérêts. Je
l'invite à faire preuve de transparence parce que je pense que c'est la
confiance des Québécois qui pourrait être mise à mal.
Journaliste :
At the... Last week or two weeks ago,
Alexandre Leduc asked lots of questions to Minister Roberge on this upcoming
bill this morning. Because he said : How many students do you think it
will affect? And he said : Perhaps 27,000. And then Leduc said :
Well, do you... do you... did you check with the school service centers if
they'll be able to take all those students and give them francization classes?
Do you have the impression that this is like it's too fast? This bill is...
will be tabled and there are just five days left to this session.
Mme Ghazal :
Yes. With the CAQ, it's important, on
all matters and also on the protection of the French language of Québec, it's
important to be aware of what they are doing. And, for this bill, we need to
read it and to ask question. Yes, it's too late, but we will read it. We will
see what's in it. And with the CAQ, the...
Journaliste :
...Roberge is doing for Miss Fréchette
today. Because that was Miss Fréchette's promises, one of her key promises
during the leadership race. What is Minister Roberge doing for Miss Fréchette
today in table... in tabling this bill?
Mme Ghazal :
Well, Christine Fréchette needs to
satisfy the wing in the CAQ party that are more identity... for the identity,
nationalists. So, this is the only purpose why she is asking Roberge to put in
place this project of law. But the devil is in the details. So, we need to read
the devil, the law to understand.
Journaliste :
...this possible reform?
Mme Ghazal :
We need to... We have a lot of
questions. We need to read more and to listen to the people who work in
these... professional.
Journaliste :
...to adopt this bill before the end of
the session next Friday?
Mme Ghazal :
Very hard to say. It's... No, it's not
realistic. We have other priorities, for example, the law Gabie Renaud, the law
also for Zachary.
Journaliste :
...Radio-Canada just came up with an
exclusive story that the CAQ Government will abandon Bill 20 on housing.
Mme Ghazal :
Yes. So, the minister... I think the
CAQ abandoned it. We have a crisis right now, housing crisis, and the only
measure that the CAQ decided to do for the people who rent, have rent, is to
punish people who live in «coopératives d'habitation», who have a very low
rent. Imagine. It's a very good thing that they abandoned that. But they
make... the CAQ make us waste our time. They make the people who live in this
«coopérative» waste their time because they... there have been a very strong
and important mobilization. And Andrés Fontecilla worked very hard and he asked
a lot of questions to ask the CAQ to abandon this very bad law. And it's a good
news that they abandoned it.
Journaliste :
And just going back to the expansion of
Bill 101, English school boards are worried that this will cause labor
shortages. Is that a concern for you?
Mme Ghazal :
It's important to listen to people who
will live with this... the laws. So, if it's a concern for them, yes, we need
to know more. It's not only this bill. The only purpose of this bill is to
satisfy the nationalist wing of the CAQ party. And it's important not to create
more problems. So, we... we don't have information. We need to have more
information and to listen to the experts and to the people who will live with
this law if it was adopted.
Journaliste
: ...have you seen a rightward shift from the rival parties, would
you say, a shift toward the right?
Mme Ghazal : For all the parties?
Journaliste
: For the rival parties, yes.
Mme Ghazal :
All... In the National Assembly of
Québec, this is very clear for me, there's a lot of… all the parties are on… in
the wing. The only party who is progressive, in the left wing, is Québec
solidaire.
Journaliste :
…a push toward the right or is that…
Mme Ghazal :
Since… Since many years we feel that,
that all the parties, even Parti québécois, is going to the right wing to try to have electors from the CAQ
and from the Conservative Party.
Journaliste :
And despite that you're the second
choice of many PQ voters, and vice-versa too, they're the second choice of many
of your voters, why do you think that it's the PQ… most voters? Think about
switching between the two parties given that.
Mme Ghazal :
And can you, please, just repeat? What
voters from… the PQ and…
Journaliste :
The Parti
québécois voters see your party as their second choice
according to polls, and vice-versa. So, why do you think?
Mme Ghazal :
Why? Because, historically, in the
very… in the past, the Parti québécois was more social-democratic. But this is the past, and there's a lot
of people who are not happy about that. But, at Québec solidaire, we are always
near our convictions for social justice, for equality. We didn't change because
we have strong convictions. Thank you.
(Fin à 8 h 42)