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Point de presse de Mme Ruba Ghazal, cheffe du deuxième groupe d’opposition

Version finale

Cette transcription a été réalisée à l’aide d’un logiciel de reconnaissance vocale. Elle pourrait donc contenir des erreurs.

Le jeudi 4 juin 2026, 8 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-six minutes)

Mme Ghazal : Alors, bonjour, tout le monde. Ce matin, j'ai lu, comme vous tous probablement, le dossier crève-cœur sur l'itinérance à Laval. Il y a des gens, là, ils travaillent, mais ils n'y arrivent plus. Les gens au bas de l'échelle maintenant. Ils sont à une ou deux badlucks de se retrouver à la rue, de perdre leur logement. On est en pleine crise du logement. Il y a une manière très, très simple que Christine Fréchette pourrait agir pour aider les locataires, une manière qui ne coûte rien au gouvernement, une façon très efficace, c'est de prolonger l'interdiction des évictions.

On se rappelle, sous l'impulsion puis le travail de Québec solidaire, en 2024, le gouvernement a mis en place un moratoire sur les évictions. Ce moratoire-là arrive à échéance en juin 2027. Juin 2027, c'est demain matin. On s'en va en élections. Les gens, à cause de la crise du logement, commencent à chercher des logements un an à l'avance et ils commencent à y penser à l'avance, parce qu'il n'y en a pas, de logements qu'ils sont capables de se payer. Donc, ça crée un stress supplémentaire. Avant d'aller en élection, c'est très simple, Christine Fréchette, avec sa ministre de l'Habitation, peut tout de suite, dès maintenant, mettre en place un article dans le projet de loi, là. Il y a un projet de loi qui est ouvert en ce moment, le projet de loi n° 22, pour prolonger le moratoire puis que les gens ne se fassent pas mettre dehors pour être après ça dans la rue.

Moi, ce matin, je vais déposer, en fait, Québec solidaire, on va déposer une motion pour demander de prolonger le moratoire. Donc, j'espère de tout cœur pour les locataires, pour les gens qui sont dans la rue, qui perdent leur logement, les familles qui souffrent, les gens qui travaillent, qui font tout comme il faut, qui n'arrivent pas, j'espère que Christine Fréchette et la CAQ vont... et tous les partis à l'Assemblée nationale vont faire ce geste pour sauver les locataires, les gens qui se privent, et voter pour notre motion.

Journaliste : Est-ce que Jean-François Roberge a raison de vouloir renforcer à nouveau la Loi de protection de la langue française par la formation professionnelle et aux adultes?

Mme Ghazal : Bien, le projet de loi va être déposé, donc on va le regarder. J'ai de la difficulté à dire : Est-ce que c'est une bonne idée, ce n'est pas une bonne idée? C'est sûr qu'à Québec solidaire, nous, on veut renforcer la langue française, et toutes les études le montrent, là, la façon la plus efficace, la meilleure, c'est quand les gens travaillent, c'est la francisation au travail. En ce moment, la francisation, ça ne fonctionne pas très bien et de protéger aussi la langue française au travail. Maintenant, pour ce qui est de renforcer ça avec la CAQ, il faut faire attention, le diable est dans les détails. Donc, on va regarder le projet de loi. Ils arrivent comme ça à minuit moins une, parce que Christiane Fréchette doit satisfaire son aile plus identitaire.

Journaliste : C'est-tu réaliste de faire ça avant vendredi prochain?

Mme Ghazal : En ce moment, il y a des choses qui pressent beaucoup plus. On est en train de travailler, là, puis il y a une bonne collaboration sur la loi Gabie Renaud. Il y a la loi... aussi, le projet de loi pour... sur les boissons énergisantes à interdire pour les enfants, pour les... pour les jeunes de moins de 16 ans. Donc, il y a des choses qui pressent beaucoup plus. Moi, je ne pense pas que c'est réaliste, là, il y a beaucoup de choses qui s'accumulent, mais c'est important qu'on regarde, là, les détails, là. Là, ils le font, comme ça, on le voit, là, que ce n'est pas pour protéger le français, c'est parce que Christine Fréchette a une dette envers son aile plus nationaliste qui avait appuyé Bernard Drainville.

Journaliste : Mais qu'est-ce que ça veut dire, ça, sur la loi 101? D'abord, qu'est-ce que ça veut dire... quand vous craignez que Mme Fréchette veuille plaire à sa frange nationaliste?

Mme Ghazal : Ce n'est pas que je craigne, c'est que c'est ça, la raison. Ce n'est pas pour protéger la langue française, là, si on veut vraiment protéger la langue française, il y aurait plus de mesures plus costaudes à mettre en place. Nous, on voudrait, par exemple, que la loi 101 s'applique aux entreprises avec 10 employés et plus, et non pas 25. Il y aurait beaucoup, beaucoup de choses à faire. Puis la façon la plus efficace, c'est la langue du travail, ce qu'on appelle la langue du pain.

Journaliste : Sur les boissons énergisantes, vous poussez beaucoup pour ce projet de loi là. Vous avez fait multiples sorties avec les parents, notamment.

Mme Ghazal : Les parents de Zacharie. Oui.

Journaliste : Ça doit vous agacer très fort que les conservateurs cherchent à bloquer ce projet de loi là.

Mme Ghazal : Je trouve que c'est une façon d'agir des conservateurs et de M. Éric Duhaime, que je qualifierais de pas de cœur. Je l'invite à aller s'asseoir cinq minutes avec les parents de Zacharie. Je vous le jure qu'il va changer d'idée tout de suite.

Journaliste : Sur les raisons qui les poussent à faire ça...

Mme Ghazal : Je ne les comprends pas.

Journaliste : C'est ça, j'allais vous demander aussi, vous ne comprenez pas l'argument où il dit : C'est la caféine, on ne comprend pas pourquoi. Tu sais, lui, il dit... L'élément principal, de ce que je comprends, dans ce projet de loi là, dans les ingrédients, les boissons énergisantes, qui ne fait pas son affaire, c'est la caféine. Puis là il se dit : Bien, si on se met à interdire de la caféine partout, on ne finira plus. C'est un peu l'argument qu'il nous a servi, je vous avoue que je ne suis pas sûre de tout comprendre, là, mais...

Mme Ghazal : Est-ce qu'Éric Duhaime est un scientifique? Est-ce que lui, il comprend mieux que les médecins, il comprend mieux que les experts? Ça ne tient pas la route ce qu'il dit. Il y a des jeunes adolescents qui meurent. Il y en a un qui meurt. Le combat héroïque des parents de Zachary est incroyable. On ne peut pas avoir un cœur et ne pas vouloir adopter ce projet de loi là. Guillaume Cliche-Rivard a travaillé comme un forcené pour que ce sujet-là revienne à l'ordre du jour. Et c'est grâce à ce travail-là de Guillaume, grâce à la mobilisation des parents, à tout le milieu, des gens qui ont à cœur de la santé de nos jeunes, que la ministre de la Santé a déposé ce projet de loi là, sinon on n'en aurait pas entendu parler.

Donc j'invite Éric Duhaime à se reconnecter sur son cœur, à penser aux jeunes puis à l'adopter.

Journaliste : Mais le fait qu'il demande de consulter davantage de scientifiques, vous, de votre côté, vous jugez que des experts, il y en a... vous en avez suffisamment entendu.

Mme Ghazal : Bien, je veux... Si c'est ça qui l'inquiète, je vais le rassurer : Rassurez-vous, M. Duhaime, les experts ont été consultés. Ils sont unanimes pour sauver nos jeunes, sauver leur vie, on doit interdire les boissons énergisantes. On a un projet de loi... Puis les Québécois aiment ça quand on travaille main dans la main, de façon non partisane, sur des enjeux qui protègent les Québécois, qui protègent les jeunes, ils aiment ça, c'est ce qu'ils nous demandent. Donc, je l'invite à changer d'idée puis à travailler avec nous pour sauver les jeunes. 

Journaliste : ...a coupé l'aide aux enfants sourds qui fréquentent l'école privée. Je voulais savoir ce que vous en pensez. Est-ce que c'est une bonne chose de faire ça? Comment...

Mme Ghazal : Non, ce n'est pas une bonne chose de couper dans cette école-là privée, parce que ça a un impact sur les enfants les plus vulnérables. D'ailleurs, moi, dans mon comté, j'ai eu une école, c'est une école publique où les parents sont extrêmement mobilisés. Ils ont porté une pétition, on est rendu à 2 000 signatures de parents qui demandent au gouvernement de ne pas couper dans une école qui... pour les enfants à besoins particuliers, justement, sourds et muets, et aussi qui souffrent... qui sont aveugles, de... Ils ont coupé une direction adjointe, et ça a un impact énorme sur l'école. Les gens sont très, très inquiets, les parents sont inquiets.

Donc, j'invite aussi la CAQ à arrêter de couper pour les enfants les plus vulnérables dans nos écoles, qu'elles soient publiques ou privées.

Journaliste : Le Parti libéral, M. Kelley, tout à l'heure, a dit que, compte tenu du fait qu'on est en pénurie d'électricité puis qu'on n'est pas capable de fournir des entreprises québécoises, qu'on n'aurait pas dû signer le fameux contrat d'approvisionnement en électricité à la ville de New York. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui?

Mme Ghazal : Bien, pour nous, c'est très important que l'électricité soit utilisée ici. On n'était pas nécessairement en faveur pour tout signé avec les États-Unis. D'ailleurs, une des mesures que Québec solidaire a mis de l'avant tout de suite quand Trump a commencé sa guerre tarifaire avec nous, c'était de leur couper l'électricité ou d'augmenter les montants... les tarifs comme façon de négocier. Ça fait que c'est un bon point de négociation aussi pour le Québec, notre hydroélectricité.

Journaliste : Avez-vous a été convaincue par Danielle Smith, qui est venue au Québec hier, pour essayer de créer une nouvelle alliance?

Mme Ghazal : Mme Smith, c'est la première ministre de l'Alberta, donc, elle défend les intérêts de l'Alberta. Christine Fréchette, moi, ma demande si, par rapport à Christine Fréchette, qui est la première ministre du Québec, elle, elle doit défendre les intérêts du Québec et les intérêts du Québec, c'est : aucun projet de transport de gaz, de pétrole sale de l'Alberta. Ce n'est pas bon ni socialement, ce n'est pas bon ni économiquement, ce n'est pas bon ni pour l'environnement. Aucun intérêt pour nous. Et, en ce moment, quand j'écoute puis j'essaie de comprendre le message de Christine Fréchette, je trouve qu'elle souffle le chaud et le froid. Elle montre de l'ouverture pour le gaz et le pétrole, alors que nous, nous ne sommes pas... le Québec n'est pas un État pétrolier, ce qui est le cas de l'Alberta, l'Alberta est une province pétrolière, et elle n'est pas transparente.

Je le sais qu'il y a des choses aussi, par exemple, au projet de Marinvest, qui se discutent dans les portes closes, parce que ces compagnies-là se sont rappelé comment il n'y avait pas d'acceptabilité puis que ce n'était pas dans l'intérêt du Québec d'avoir le projet GNL Québec. Mais les gens de Marinvest, eux autres, ils travaillent dans les portes closes parce qu'ils entendent un signal où il y a comme une ouverture puis un préjugé favorable pour le transport de pétrole sale. Moi, j'invite Christine Fréchette à faire preuve de transparence. Donc, c'est ni Alber-bec ni Qué-berta, juste Québec.

Journaliste :...est-ce qu'elle aurait dû formuler des demandes à l'endroit de Mme Smith, des demandes pour le Québec?

Mme Ghazal : Elle aurait dû être claire, lui dire : C'est bon pour vous, je comprends que vous avez besoin d'une porte de sortie pour vos... vos énergies fossiles sales, nous, au Québec, c'est non merci, mais on peut travailler sur d'autres choses.

Journaliste : ...sujets, est-ce qu'elle aurait dû... ou à votre connaissance, est-ce qu'elle a apporté d'autres sujets, d'autres demandes...

Mme Ghazal : Je n'ai pas... Non. Moi, ce que j'ai entendu, c'est Danielle Smith qui se... Danielle Smith qui se bat pour sa province. J'ai... Je n'ai malheureusement pas entendu Christine Fréchette avoir un message clair sur c'est quoi, les intérêts du Québec puis le fait que les pipelines, bien, ce n'est pas dans nos intérêts. Je l'invite à faire preuve de transparence parce que je pense que c'est la confiance des Québécois qui pourrait être mise à mal.

Journaliste : At the... Last week or two weeks ago, Alexandre Leduc asked lots of questions to Minister Roberge on this upcoming bill this morning. Because he said : How many students do you think it will affect? And he said : Perhaps 27,000. And then Leduc said : Well, do you... do you... did you check with the school service centers if they'll be able to take all those students and give them francization classes? Do you have the impression that this is like it's too fast? This bill is... will be tabled and there are just five days left to this session.

Mme Ghazal : Yes. With the CAQ, it's important, on all matters and also on the protection of the French language of Québec, it's important to be aware of what they are doing. And, for this bill, we need to read it and to ask question. Yes, it's too late, but we will read it. We will see what's in it. And with the CAQ, the...

Journaliste : ...Roberge is doing for Miss Fréchette today. Because that was Miss Fréchette's promises, one of her key promises during the leadership race. What is Minister Roberge doing for Miss Fréchette today in table... in tabling this bill?

Mme Ghazal : Well, Christine Fréchette needs to satisfy the wing in the CAQ party that are more identity... for the identity, nationalists. So, this is the only purpose why she is asking Roberge to put in place this project of law. But the devil is in the details. So, we need to read the devil, the law to understand.

Journaliste : ...this possible reform?

Mme Ghazal : We need to... We have a lot of questions. We need to read more and to listen to the people who work in these... professional.

Journaliste : ...to adopt this bill before the end of the session next Friday?

Mme Ghazal : Very hard to say. It's... No, it's not realistic. We have other priorities, for example, the law Gabie Renaud, the law also for Zachary.

Journaliste : ...Radio-Canada just came up with an exclusive story that the CAQ Government will abandon Bill 20 on housing.

Mme Ghazal : Yes. So, the minister... I think the CAQ abandoned it. We have a crisis right now, housing crisis, and the only measure that the CAQ decided to do for the people who rent, have rent, is to punish people who live in «coopératives d'habitation», who have a very low rent. Imagine. It's a very good thing that they abandoned that. But they make... the CAQ make us waste our time. They make the people who live in this «coopérative» waste their time because they... there have been a very strong and important mobilization. And Andrés Fontecilla worked very hard and he asked a lot of questions to ask the CAQ to abandon this very bad law. And it's a good news that they abandoned it.

Journaliste : And just going back to the expansion of Bill 101, English school boards are worried that this will cause labor shortages. Is that a concern for you?

Mme Ghazal : It's important to listen to people who will live with this... the laws. So, if it's a concern for them, yes, we need to know more. It's not only this bill. The only purpose of this bill is to satisfy the nationalist wing of the CAQ party. And it's important not to create more problems. So, we... we don't have information. We need to have more information and to listen to the experts and to the people who will live with this law if it was adopted.

Journaliste : ...have you seen a rightward shift from the rival parties, would you say, a shift toward the right?

Mme Ghazal : For all the parties?

Journaliste : For the rival parties, yes.

Mme Ghazal : All... In the National Assembly of Québec, this is very clear for me, there's a lot of… all the parties are on… in the wing. The only party who is progressive, in the left wing, is Québec solidaire.

Journaliste : …a push toward the right or is that…

Mme Ghazal : Since… Since many years we feel that, that all the parties, even Parti québécois, is going to the right wing to try to have electors from the CAQ and from the Conservative Party.

Journaliste : And despite that you're the second choice of many PQ voters, and vice-versa too, they're the second choice of many of your voters, why do you think that it's the PQ… most voters? Think about switching between the two parties given that.

Mme Ghazal : And can you, please, just repeat? What voters from… the PQ and…

Journaliste : The Parti québécois voters see your party as their second choice according to polls, and vice-versa. So, why do you think?

Mme Ghazal : Why? Because, historically, in the very… in the past, the Parti québécois was more social-democratic. But this is the past, and there's a lot of people who are not happy about that. But, at Québec solidaire, we are always near our convictions for social justice, for equality. We didn't change because we have strong convictions. Thank you.

(Fin à 8 h 42)

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